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mardi, 03 avril 2012

ONE-MAN-SHOW DE OUATTARA SUR LA RTI: ENCORE UN FESTIVAL DE CONTREVERITES


OUATTARA. INTERVIEW RTI 1.png

Prodada indécente à la Une. Les téléspectateurs ivoiriens qui ont regardé l'interview d'Alassane Ouattara  diffusée hier sur les antennes de la RTI1 ont sans doute été dans leur grande majorité agacés par les saillies particulièrement prétentieuses de l'homme fort d'Abidjan. Dans une situation économique et sociale désastreuse, Ouattara ne peut s'empêcher de se glorifier et d'affirmer, en dépit des faits, qu'il a mieux fait en un an que Laurent Gbagbo en dix ans. Alors que toute sa politique se fonde sur le programme PPTE arrivé au point de décision sous Gbagbo, et que ses ministres de premier plan ont tous été ministres de Gbagbo. Martelant des chiffres totalement déconnectés de la réalité économique ivoirienne, il a sans doute renforcé au sein de l'opinion publique l'impression d'arrogance au sommet. Même si son discours a plu aux «ADOrateurs» les plus fanatiques.

Des contrevérités en direct

Le Nouveau Courrier reviendra bien entendu sur cette prestation de l'actuel chef de l'Etat. Mais il est à noter qu'il a cédé à son péché mignon : la contrevérité flagrante. Devant la nation entière, il a désavoué le concept de «rattrapage ethnique» qu'il avait pourtant assumé lors d'une interview à l'hebdomadaire français L'Express.

Evoquant la ''nomination des nordistes'' aux postes clés au sein de l'appareil d'Etat, il avait expliqué qu'«il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité». Ce dérapage est gravé noir sur blanc pour la postérité, Alassane Ouattara doit l'assumer.

Consécration de l'impunité des seigneurs de guerre

Le plus important dans cette intervention télévisée, c'est que Ouattara dévoile sa stratégie d'organisation de son impunité ainsi que de celle de Guillaume Soro et de ses hommes. Durant la semaine qui s'achève, nous avons été inondés des rumeurs sur le processus de transfèrement à La Haye de la première dame Simone Ehivet Gbagbo, puis sur la magnanimité du prince qui lui a évité la Cour pénale internationale (CPI). Tout cela est destiné à préparer l'opinion à un signal clair que le régime de Ouattara a finalement envoyé : aucune personnalité de son camp ne finira à la CPI. Pour faire passer la pilule, Ouattara joue au grand seigneur... En réalité, il sait que tout transfert de plus d'un pro-Gbagbo signifierait naturellement le début du transfert des ses hommes à lui. Au risque de faire perdre à la CPI le peu de crédit qui lui reste.

Non seulement les pro-Ouattara n'iront pas à la CPI mais ils ne seront jugés en Côte d'Ivoire que si Ouattara le veut. Pour éviter toute surprise, il a en effet confié à la juge Matto Loma Cissé - tellement proche de lui qu'il  vient de la nommer ministre déléguée à la Justice - une commission qui encadrera strictement le travail des juges qui enquêteront sur les crimes de la guerre post-électorale. Cette commission se chargera de blanchir Soro Guillaume, Chérif Ousmane et les com'zones les plus importants pour le régime qui livrera à la justice ivoirienne le menu fretin pro-Ouattara et le plus grand nombre possible de pro-Gbagbo. On attend la réaction de la communauté des défenseurs des doits de l'homme qui s'est déjà indignée de la composition de cette fameuse commission de blanchiment pro-Ouattara.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

Commentaires

Ce monsieur n est pas normal

Écrit par : le wise | jeudi, 05 avril 2012

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