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mardi, 10 avril 2012

AHOUA DON MELLO TOUJOURS DANS LA LUTTE - 11 AVRIL 2011: REGARD RETROSPECTIF

 

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Le 28 mars 2011, dans l'attente de la mission du 5 avril 2011 du Ministre des affaires étrangères du Cap-Vert désigné par l'Union Africaine pour une solution négociée du contentieux électoral, la France, l'ONUCI et les rebelles déclenchent la guerre à la Côte d'Ivoire à partir de la ligne de front qui sépare les Forces de Défense et de Sécurité (FDS : forces loyalistes) des rebelles.

A Duékoué, les rebelles attaquent le front Ouest et exterminent 800 civils en une journée après avoir établi leur identité. Leur sort est ainsi scellé : souvent égorgés, leur sang est bu comme breuvage d'invulnérabilité.


A Daloa, sur le front centre-Ouest, protégés par des tirs aériens de l'ONUCI, les rebelles prennent possession du deuxième bataillon de l'armée ivoirienne.


A Tiébissou, sur le front centre, les FDS sont stoppées par des tirs aériens de l'ONUCI.


A Bondoukou, sur le front Est, les chars de l'ONUCI encadrent les rebelles dans leur progression.


Sur tous les sites de combat, l'ONUCI est la compagnie de transport officielle et privilégiée des rebelles et de leurs armes.


Dans leur progression de la ligne de front vers Abidjan, des villages entiers sont brulés, les maisons des pro-GBAGBO saccagées, des civils massacrés et tous les bâtiments publics sont systématiquement pillés, des prisonniers sont libérés et armés pour grossir en nombre le rang des rebelles.


Les forces de défense et de sécurité décrochent des fronts et se regroupent à Abidjan pour organiser la résistance.


La bataille d'Abidjan commence le 31 mars 2011 et les rebelles appuyés par l'ONUCI battent en retraite sous les feux des forces de défense et de sécurité.


Face à cette déroute, dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, 7 avions cargos transal de l'armée française débarquent un régiment de bérets verts de la légion étrangère avec des armes lourdes et prennent par effraction l'aéroport international d'Abidjan. Près de 50 chars de l'armée française quadrillent l'aéroport pour permettre le débarquement des hommes, des munitions et des armes lourdes.


Du 4 au 6 avril 2011, les Français sont exfiltrés de leur résidence pour le 43ème BIMA qui est l'actuel camp militaire de l'armée française : la Licorne.


Le bombardement des sites stratégiques des FDS commence le 6 avril 2011, simultanément par des hélicos français et Onusiens.

Le bombardement de la résidence du Président Laurent GBAGBO s'intensifie, le vendredi 8 et le samedi 9 avril 2011.

Après avoir détruit le dispositif sécuritaire de la résidence présidentielle et massacré à la bombe des centaines de jeunes patriotes amassés devant la résidence, la chambre du Président est directement visée, le dimanche 10 avril 2011, par deux tirs d'hélico, à 16h47 et à 16h49 avec pour objectif clair : atteindre mortellement le Président de la République.

N'ayant pas eu le résultat escompté, les tirs reprennent à 18h41 pour s'achever à 23h47 se soldant par 15 bombardements sur la résidence.

Le lundi 11 avril à 10h, les chars de l'armée française se positionnent sur les axes routiers conduisant à la résidence du chef de l'Etat. A 10h20, deux bombardements fracassent l'entrée principale de la résidence et les chars pénètrent dans la résidence.


A 14h05, le ministre Tagro Désiré est mortellement atteint, le Président GBAGBO est arrêté par les forces de l'armée française et remis aux rebelles qui le conduisent au Golf Hôtel d'Abidjan avec son épouse, son fils et certains de ses collaborateurs.

Un homme a été arrêté mais le peuple s'interroge encore et toujours et ces interrogations constitueront autant de contentieux à régler pour juguler totalement la crise ouverte en Côte d'Ivoire et identifier clairement les responsables de la destruction de l'Etat et des massacres ante et post-crises.

1- Doit-on retenir définitivement, avec la jurisprudence ivoirienne, qu'en cas de contentieux électoral comme il en existe et en existera toujours dans toute démocratie, le règlement de ce contentieux se fera par la raison du plus fort? Pourquoi la communauté internationale est restée sourde au recomptage des bulletins de vote proposé par le Président GBAGBO comme dans toute démocratie moderne ou survient un litige électoral et a choisi le chemin de la barbarie pour compter des morts?


2- Sur quelle base légale et selon quel ordre constitutionnel, sans procès verbal légal dûment signé par l'ensemble des membres de la commission électorale indépendante (CEI) comme le prescrit le code électoral ivoirien, le Président de la commission électorale indépendante et le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire ont-ils annoncé et certifié les résultats des élections présidentielles en Côte d'Ivoire? Est-il possible aujourd'hui d'exhiber un document légal signé par tous les membres de la CEI donnant les résultats des élections présidentielles en dehors de la tradition orale servie pendant la crise par le Président de la CEI et le représentant de l'ONU?


3- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'ONUCI dont l'unique raison d'être en Côte d'Ivoire depuis les accords de Linas-Marcoussis est le désarmement des rebelles a-t-elle convoyé, armé les rebelles et a assisté en spectateur actif au massacre de la population et au pillage de l'Etat et des civils ?


4- Sur quelle base légale, quel ordre constitutionnel, quelle charte ou convention, des banques installées en Côte d'Ivoire ferment-elles leurs portes d'une manière unilatérale, privant la population de ses propres avoirs pour se soigner et se nourrir? Doit-on comprendre que les entreprises Européennes installées en Côte d'Ivoire échappent aux lois ivoiriennes? Doit-on comprendre que les accords de coopération UE-ACP peuvent être amendés au gré de l'Union Européenne pour priver la population ivoirienne des biens vitaux à son existence?


5- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'armée française s'autorise t-elle à braquer l'aéroport international de la République de Côte d'Ivoire pour débarquer ses militaires, bombarder les habitants d'un pays indépendant et souverain, massacrer sa jeunesse, bombarder la résidence du Chef de l'Etat et arrêter le Président constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire ? Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité des forces onusiennes et françaises sont-ils impunis? L'ONU donne-t-elle des mandats pour perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et combattre les décisions des institutions souveraines d'un pays membre?


6- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, le candidat à la présidence de la République du RDR s'autoproclame Président des ivoiriens et le secrétaire général des forces rebelles se fait-il élire Président de l'Assemblée Nationale sans remplir les conditions d'éligibilité?


7- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel des milliers d'ivoiriens sont contraints à l'exil, d'autres emprisonnés sans motif, des comptes bancaires gelés, des plantations occupées par des étrangers, des étudiants en vacance permanente, des travailleurs licenciés pour leur appartenance politique ou leur origine ethnique ?


8- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, des civils appelés DOZOS, sans permis de port d'armes et sans avoir été recrutés dans l'armée, la gendarmerie ni la police, se donnent pour mission d'assurer la sécurité des ivoiriens avec droit de vie et de mort sur chaque citoyen en toute impunité ?


9- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, les manifestations pacifiques de l'opposition sont systématiquement réprimées avec morts d'hommes et destruction de bien en toute impunité ? Quel est ce modèle de démocratie qui a peur de la concurrence politique et qui préfère emprisonner le Président et les vice-présidents, des cadres du plus grand parti pour mieux installer la démocratie?


10- Quel Etat de droit, quelle démocratie et quel ordre constitutionnel veut-on promouvoir dans la sous région lorsqu'on les ignore notoirement chez soi, imitant ainsi le cordonnier mal chaussé ?


Voilà dix questions dont les réponses permettront, à notre sens, de régler définitivement la crise ivoirienne, de situer les responsabilités et clarifier nos rapports avec les partenaires internationaux pour emprunter le chemin de la démocratie, de la paix et du développement dans l'unité.


La destruction de l'Etat de Côte d'Ivoire a commencée en fait le 19 septembre 2002. Elle s'est achevée par la destruction de la résidence du Chef de l'Etat et son arrestation par les forces françaises le 11 avril 2011, laissant un pays exsangue et sans Etat où le banditisme à grande échelle est organisé pour piller les ressources du pays, massacrer, emprisonner et exiler toute forme de résistance. L'occident impérialiste, criblé de dette et avec un chômage croissant, a trouvé comme solution à la crise de la dette et au redressement de son économie, le pillage à mains armées par rebelles interposés des richesses des pays faibles. L'Afghanistan, réservoir de gaz, de pétrole, de cuivre, de fer et de pierres ornementales, a ouvert le bal suivi de l'Irak, du Soudan, de la République Démocratique du Congo (RDC), de la C ôte d'Ivoire, de la Libye, etc.


La procédure est bien rodée. Cela commence par une campagne médiatique qui désigne le régime du pays comme dictature et donc son Dirigeant comme dictateur qui massacre ses compatriotes à l'arme lourde ou à l'arme de destruction massive. Alors la machine se met en branle, la France, l'Angleterre ou les USA font voter à l'ONU une résolution à but humanitaire mais qui dans son exécution se transforme en bombardement du pays voire l'assassinat de son dirigeant. La CPI menace uniquement un camp et passe sous silence les crimes de l'autre camp. Le chaos se met en place pour permettre le pillage des matières premières du pays.


Tout pays faible possédant des matières premières et non soumis à cet ordre, est ou sera considéré comme un pays de dictature où les dirigeants sont subitement pris de folie, massacrant leurs citoyens et détournant les richesses de leur pays. Les anciens colons qui n'ont pas fait preuve de respect des droits de l'homme lorsqu'ils colonisaient ces pays, se découvrent des dons de protecteurs des peuples qu'ils ont opprimé des siècles durant et qu'ils continuent d'exploiter. A l'inverse, les dirigeants de tout pays installés par bombardement, ont le droit de massacrer leur peuple et de piller ses richesses avec le silence assourdissant de leurs parrains. Les régimes actuels d'Afghanistan, d'Irak, du Soudan du Sud, de la Côte d'Ivoire et de Libye enregistrent plus de massacres et de pillages que les régimes les ayant précédé mais sont considérés comme des exemples de démocratie et de respect des droits de l'homme par leurs parrains, avec la bénédiction de la Cour Pénale Internationale. La population quant à elle, attend toujours les pluies de milliards promis dans ces différents pays depuis dix ans pour certains et ne voit autour d'elle que des pluies de massacres et de pillages.

La Côte d'Ivoire s'est malheureusement inscrite sur cette longue liste d'attente de pluie de milliards et le régime n'a d'autre choix que de prolonger la campagne électorale là où le peuple attend des solutions à ses problèmes. Incapable de rassembler les ivoiriens et d'assurer la mission première d'un Etat : la sécurité des biens et des personnes, le régime s'est lancé dans une campagne d'auto réconciliation et d'auto satisfaction sur l'achèvement des travaux et programmes du régime précédent et un recours massif à l'assistance technique et militaire française en mettant au chômage les compétences nationales avec un ré-endettement incontrôlé, hypothéquant dangereusement l'avenir.

Durant plusieurs siècles, avec la complicité de certains de ses fils, l'Afrique a toujours pensé que son salut viendrait de l'extérieur et de l'extérieur est venu l'humiliation, la soumission et la pauvreté. Aujourd'hui encore, il en existe malheureusement certains qui attendent des pluies de milliards sous un ciel peu nuageux asséché par l'harmattan de la dette de l'occident impérial.

Le temps de la responsabilité pleine et entière est venu et le développement de l'Afrique ne sera que l'œuvre des africains dignes et responsables débarrassés de tout complexe, agissant dans l'unité et la solidarité. Les dignes fils d'Afrique doivent donc rompre avec l'inaction et le silence pour se donner les moyens nécessaires de redresser le destin tordu de notre continent et fermer la honteuse parenthèse de la tentative de recolonisation.


DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ministre de l'Equipement et de l'Assainissement
du Gouvernement AKE NGBO

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: KOACI.COM

Commentaires

Bien dit et bien écrit ! Monsieur le Ministre - car vous l'êtes encore constitutionnellement !-vous avez écrit simplement sans haine et surtout sans parti pris vraiment. Je n'en suis pas étonné, par ce que Le Président Gbagbo ne peut choisir tout lemonde pour être le Porte parole d'un Gouivernement comme celui du Pr AKE N'GBO.
Pour moi, vous êtes au travail une année après. Bien sûr les circonstances ont changé, vous êtes en exil, mais vous travaillez, simplement comme un Ivoirien digne de ce nom le ferait pour la Côte d'Ivoire.
Votre analyse hier comme aujourd'hui est juste, pertinente. Sinon comment ne pas voir et comprendre que ce que l'armée française a détruit c'est bien l'Etat et le régime actuel ne fait que parachever le reste. Quelques signes simple :
- Ils commencent par bombarder les Camps Militaires; càd il détruisent la défense du pays alors qu'ils n'ont pas déclaré jusridiquemment la guerre à la Côte d'Ivoire. Autrement dit, ils détruisent le premier symbole de la souveraineté d'un Etat, l'Armée ! C'est clair, la France ne veut pas d'une Armée digne de ce nom dans une de ses ex-colonie ! Mais... ce combat est vain ! Ils ont détruit l'infrastructure et des hommes ! Mais le coeur est là ! L'esprit est encore vivace. Mieux des personnes, que dis-je des Officiers, des Oscars dignes de ce nom sont encore là ! Des Noms réveillent encore l'effroi chez ces "conquérants venus d'ailleurs : Boniface, Abehi, Dje Bi Poin, et encore et encore et encore !!!!
- Deuxième symbole, les Finances ! Là encore, c'était le fiasco total ! sinon comment comprendre qu'en un seul week-end des cadres ivoiriens rétablissent complètement le système bancaire et continuent de faire fonctionner les banques ? Là encore des Noms : Dalo, Katina, Feh Kesse, Bohoun BOUABRE (Paix en son Ame et Honneur à cet Ivoirien DIGNE !!!) et encore, et encore et encore !!!!
Ils continuent de susciter l'effroi chez ces gens qui ne savent qu'emprunter pour faire fonctionner l'Etat, et Comment ?
Leur vrai crainte est venu du fait que ces dignes fils pouvaient créer une monnaie ! La preuve, ils détiennent encore en prison sans motif légal AKE N'GBO, Désiré DALO, Le Gouverneur DAKOURY !
- Le système d'Information Publique : On ne fera pas de dessin voir voir avec quel acharnement ils ont pilonner la RTI ! Là aussi la qualité des émissions sur la vérité de la crise a si bien contribué à forger l'opinion ivoirienne, africaine et internationale qu'on se demande aujourd'hui s'ils avaient besoin de détruire autant la RTI ? Ils ont même sacagé des rédactions entières. Ici également des ivoiriens dignes, au péril de leurs vies ont assuré et continue de susciter l'effroi chez ces nous maîtres ! Des Noms :Brou Amessan, Herman Aboa, Jean Baptiste AKROU, et encore d'autres dignes fils d'Afrique venus du Pays de Ruben U'm NYOBE, je cite THéophile Kouamouo, Charles ONANA et encore et encore et encore !
- L'Ecole, l'institution de l'avenir et pour l'avenir de la Côte d'Ivoire ! Ils ont bombardé l'Université de Cocody, l'Université d'Abobo Adjamé et les Cités Universitaires ! La logique est simple à comprendre au delà même de cette scabreuse histoire de rattrapage. La France a compris que si ces Officiers que dis-je ces Oscars ont résisté pendant plus de 10ans à la mort de l'Etat, si ces juristes, ces medecins, ces économistes et financiers et ces ingénieurs ont pu mettre en déroute pendant dix ans ces assacins d'un autre âge, c'est bien par ce qu'il y avait et il y a encore des intellectuels dignes de ce nom pour faire barrage à l'imposture ! Mais encore une fois ce vivier de gens dignes et compétents existe encore !
Et pour ne citer que ces institutions, ils après le 11 Avril remis à leurs gens de parachever l'oeuvre destructrice ! Et pour preuve, l'Université est fermée et je pense encore pour quelques temps, les banques ne peuvent faire de bénéfices dans cette atmosphère économique en deça de morose !
D'armée, il ne reste que des DOZOS ! Un Général d'operette et deux soldats de rangs désignés dont l'un pour chasser les "faux FRCI" et l'autre pour faire la guerre aux coupeurs de routes !
La liste est longue et pourtant comme au bout du chemin de croix, La Lumière se profile à l'horizon ! Monsieur le Ministre, vous au travail ! continuez et vous verrez !
Du courage à tous !
La Côte d'Ivoire vaincra sans haine avec DIEU !

Écrit par : Michel EPONON | mercredi, 11 avril 2012

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