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lundi, 23 avril 2012

MADAGASCAR: LETTRE OUVERTE A LA SADC

MARC RAVALOMANANA 2.jpg

 

Mise en garde contre les manœuvres politiciennes de la France pour éliminer le Président Ravalomanana.

 

A la veille de l'examen du cas de Madagascar par la Troïka, il est de notre devoir de vous alerter sur la situation nationale désastreuse qui devient de plus en plus insupportable voire désespérante pour l’ensemble de la population.

 Alors que plus de 500 000 personnes sont sans emploi et 8 Malagasy sur 10 vivent avec moins de 1 EUR par jour (selon le PNUD), les conséquences sont tout simplement dramatiques:

- le niveau de pauvreté atteint actuellement 77% de la population, le plus élevé en Afrique (une augmentation de 20% depuis 2008 d’après la Banque Mondiale),

- 57% de la population ne mangent plus à leur faim (selon le quotidien La Gazette de la GI dans son édition du 6 mars 2012),

- un million d'enfants ne peuvent plus être scolarisés faute de moyens pour les parents,

- de plus en plus d'enfants souffrent de malnutrition.

Il faut ajouter à cette triste énumération, une corruption généralisée, l'insécurité quotidienne, des pratiques mafieuses diverses.

Actuellement, la France, qui a n’a jamais caché son soutien très actif aux putschistes, mène une campagne tous azimuts auprès de la Communauté Internationale en général et le Parlement européen en particulier, pour empêcher les trois présidents élus (Mrs Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana) ayant une légitimité certaine de se présenter aux élections. Nous exprimons notre indignation car cela constitue une insulte à la Démocratie et au peuple Malagasy déjà meurtri par plus de 36 mois de régime totalitaire.

Fort de l'appui de la France, Rajoelina et sa clique continuent, non sans arrogance, de défier la Communauté Internationale en persistant dans leur unilatéralisme habituel confirmé par plusieurs faits:  

  • la  mise en place unilatérale de toutes les institutions de transition,
  • le recours à de faux partis politiques pour “gonfler” la liste des participants aux Institutions de la Transition et donner ainsi l’impression d’une adhésion massive à la politique de la HAT,
  • la violation continue des articles 16 et 20 de la feuille de route, permettant l’apaisement et stipulant l’arrêt des poursuites judiciaires, des répressions et le retour des exilés politiques, notamment du président Ravalomanana et sa famille,   
  • la volonté unilatérale et précipitée d’organiser des élections pour cette année et ce, avec le concours de la France à travers l'OIF et la COI, deux organismes à très forte influence française,
  • l'adoption sans aucun amendement de la loi d'amnistie en l'absence des membres des mouvances de l'opposition.

Tout ceci fait partie de la stratégie mise en place par le pouvoir de fait, obsédé par la recherche de la reconnaissance internationale, de vouloir induire en erreur la Communauté Internationale.

Aussi, nous demandons urgemment à  la Troïka :

  • de contraindre les autorités de transition à mettre en œuvre sans délai les mesures d'apaisement prévues, à savoir l’ouverture des médias de l’opposition, la liberté d’expression et la libération des prisonniers politiques,
  • d'exiger des autorités de fait l'application stricte de l'article 20 de la  Feuille de Route pour permettre le retour des exilés politiques notamment celui de Marc Ravalomanana,Président élu démocratiquement, avec toutes les mesures de sécurité nécessaires,
  • de ne pas se laisser séduire par les arguments fallacieux des putschistes et de refuser toute reconnaissance officielle à ce régime totalitaire,
  • de s'opposer aux manœuvres politiciennes de la France qui n'ont d'autres objectifs que l'élimination politique du Président élu Ravalomanana,
  • d’exiger un vrai gouvernement de transition inclusif et consensuel où toutes les mouvances sont équitablement représentées. C'est la seule garantie pour des élections libres et transparentes,
  • de confirmer l’application effective des sanctions décidées par l’Union Africaine à l’encontre des auteurs du coup d’Etat,
  • de garantir le respect des droits civiques et politiques de tous les Malagasy sans exception surtout le droit de participer  librement aux élections,
  • d’assurer le respect des droits fondamentaux pour tous les Malagasy sans exception, plus particulièrement ceux de pouvoir entrer et sortir librement du territoire,        
  • de se porter caution pour l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles et ne pas la laisser à d’autres organismes à la solde de l’ancienne puissance coloniale dont l’objectivité et la neutralité sont douteuses.

Enfin, en 3 ans de combat contre ce régime dictatorial, le peuple Malagasy, exténué par une si longue crise qu'il n'a pas choisie, attend de vous FERMETE ET INTRANSIGEANCE vis à vis de ce régime voyou qui tue son propre peuple à petits feux, il y va de la crédibilité de la SADC.


C'est quand même la vie de 20 millions de personnes qui est en jeu.


Source: TSIMOKI GASIKARA

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