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dimanche, 06 mai 2012

LE BILAN ECONOMIQUE ET FINANCIER DE OUATTARA EST DECEVANT (LIDER)

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Promesses, désillusions et perspectives - Séminaire-bilan d’un an de gouvernance Ouattara

 
Abidjan, le mardi 1er mai 2012
 

Promesse: «Nous poursuivrons l’assainissement de la gestion de nos finances publiques pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE qui permettra d’alléger le fardeau de la dette extérieure (6 300 milliards de FCFA) devenue insupportable avec un service de plus 400 milliards de FCFA par an.»

Réalité:
 
La dette extérieure de la Côte d’Ivoire se situe aujourd’hui entre 7000 et 8000 milliards FCFA. Le service de la dette publique coûterait à l’Etat ivoirien 500 milliards de francs CFA par an. L'initiative PPTE ne va pas sauver la Côte d’Ivoire. Car près de la moitié de l’allégement a été déjà reçu sous forme de rééchelonnements et d’opérations d’apurement d’arriérés soit 1.5 milliards dollars US. Le Président endette les Ivoiriens et compromet l’avenir des futures générations sans consulter le peuple. Lui seul sait combien cela coûtera aux générations futures.

Promesse: Le gouvernement sera constitué «hommes et de femmes ayant un sens élevé de l’intérêt général, selon des critères de compétence, de mérite et de probité.»
 
Réalité:
 
Les mauvaises pratiques constatées sous les régimes précédents persistent : le Ministre de la Salubrité Urbaine de Ouattara, a de façon irrégulière tenté d’octroyer un marché de gestion d’ordures ménagères, à la societé Satarem-Greensol – dirigée par le frère d’un de ses collègues du gouvernement. Alors que la Société Abidjanaise de Salubrité (SAS) détenue à 65% par la société belge Sirio Technologie et 35% par l’Etat, avait été créée pour régler ce problème chronique d’insalubrité de la ville d’Abidjan. Cet appel d’offres a été annulé par l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics mais le Ministre a été maintenu au gouvernement.

Promesse: «Nous gérerons (…) tous les (…) secteurs de notre économie, dans la transparence et avec rigueur.»
 
Réalité:
 
Népotisme, favoritisme et collusion au sommet de l’Etat sont devenus la règle. Un ministre du gouvernement Ouattara, en charge de l’éducation nationale, a décidé que l’inscription à raison de 6 000 FCFA des 5 millions d’élèves du primaire et du secondaire se fera désormais électroniquement. Ce mode opératoire qui gèrera potentiellement 30 milliards est confié de gré à gré à CELPAID, une société dont l’actionnaire unique est l’actuel ministre de la Construction.

Promesse: «Nous sommes un parti libéral.»
 
Réalité:
 
«Si la France s’en va, la Côte d’Ivoire n’a plus d’économie, mais Paris risque aussi de perdre 1.200 entreprises» Patrick Lucas, Président Medef International (patronat français). L’an 1 de M. Ouattara aura donc été consacré à la préservation des monopoles français en Côte d’Ivoire.
 
• Le 25 janvier 2012, signature d’un nouvel accord de défense, visiblement, pour protéger les intérêts français car c’était l’objectif de celui signé en 1961. Il garantirait par exemple un monopole sur les équipements militaires.
 
• Depuis quelques années, la France perdait du terrain. Elle ne contribuait plus qu’à environ 20% du PIB ivoirien et à 30% des recettes fiscales.
 
• Entre 2004 et 2010, malgré la baisse des intérêts français, la croissance économique est restée entre 1,2 et 3%.
 
• 27 janvier 2012: Le Président en visite d’Etat annonce aux français qu’il va privatiser les banques publiques et leur demande de faire leurs offres en premier.
 
• 14 février 2012: 3 nouveaux champs pétroliers à TOTAL.
 
Promesse: «Le réseau routier est en train de mourir. Si rien n’est fait dans les 2 à 3 ans qui viennent, il ne s’agira plus de dépenser des dizaines de milliards de FCFA pour le renforcer mais des centaines de milliards de FCFA pour le reconstruire».
 
Réalité:
 
En réalité le financement de la plupart des projets de colmatage de la voirie et d’extension de réseau routier avait été bouclé depuis 2009 avec les bailleurs de fonds. La fin de la crise permet de facto leurs exécutions (cf Interview du DG de l’AGEROUTE au magazine Tycoon N°14 – Dossier: Où va la route ivoirienne?). Aucune gloire n’est à attribuer au gouvernement actuel. Pour l’heure, les Ivoiriens attendent toujours de voir la réalisation des promesses faites sur la réfection de la côtière.

Promesse: «Nous poursuivrons l’extension et la modernisation des ports d’Abidjan et de San-Pedro».
 
Réalité:
 
Rien n’a été fait dans ce sens au contraire: Le trafic de marchandises au PAA a chuté de 26% en 2011, en raison de l’embargo sur la destination Abidjan et de l`interdiction de la vente du cacao, premier produit d`exportation de la Côte d`Ivoire décrété par Alassane Ouattara appuyé, par l’Union Européenne et la CEDEAO. Un trafic global de 16,6millions de tonnes en 2011 contre 22,5millions de tonnes en 2010 au PAA. Les taxes portuaires sont très élevées. Le PAA est le plus cher de la sous-région. 5 fois plus cher que le port de Tema au Ghana – 4 fois plus cher que le port de Lomé au Togo.

Promesse: «Nous prendrons des mesures pour favoriser le développement des transports par bus de grande capacité et par train ou tramway face à l’asphyxie des grandes voies d’Abidjan… ».
 
Réalité:
 
• Le transport rapporte plus de 300 milliards à l’Etat mais n’est toujours pas organisé.
 
• Les bus d’occasion RENAULT ont refait surface plutôt que les nouveaux bus indiens (TATA) ou iraniens dont les usines de montage ont été installées à Abidjan.
 
• 5 août 2011, un bus de la SOTRA s’est renversé dans la lagune avec ses occupants, faisant plus d’une cinquantaine de morts.
 
• En mars 2012, le gouvernement a tenté d’activé un crédit bail de 50milliards avec la SIB pour le renouvellement des engins mais les conditionnalités n’ont pas permis à la majorité des transporteurs d’en bénéficier.

Promesse: «Nous pouvons viser un taux de croissance réel de 6% par an en moyenne, un peu moins en début de mandat, plus vers la fin».
 
Réalité:
 
Tous les indicateurs sont quasiment tous en berne: Taux de croissance en 2011 est de – 5,1% alors que le taux d’accroissement naturel avoisine les 2,5%. Pour la première fois le PAA en baisse de 26%. L’agriculture vivrière a connu un léger recul par rapport à 2010 passant de 3,3% à 3% en 2011. L’extraction minière et pétrolière a connu également une baisse de 14,8% par rapport à 2010. C’est le cas du gaz naturel avec une baisse de 2,2%. Le secteur secondaire et le secteur tertiaire ont respectivement reculé de 7,5% et 13,3%.

Promesse: «La défense des intérêts des producteurs sera notre première priorité. L’État définira une organisation collectivement efficace, « protégeant les petits » tout en traitant loyalement les autres.»
 
Réalité:
 
Le prix minimum d’achat n’est toujours pas garantit. Le plan de sauvetage n’est pas à l’ordre du jour. Les paysans attendent toujours la restructuration du secteur.

Promesse: «Pour faciliter la vie des contribuables, le système d’imposition sera simplifié : réduction du nombre d’impôts, généralisation du prélèvement à la source…».
 
Réalité:
 
Dans les faits, la réalité est tout autre: le Président Alassane Ouattara a institué 8 nouvelles taxes en vue d’atteindre l’objectif budgétaire de 1 060 milliards FCFA pour 2012. Les charges patronales et sociales se sont accrues dans le secteur privé et dans le secteur public. Elles passent à 12% cette année puis 14% l’an prochain.
 
Les fonctionnaires n’ont pas du tout été vernis. Leurs cotisations sont majorées de 18 à 25%. Même les chauffeurs de taxis ont vu leurs patentes passées de 125 000 FCFA à 145 000 FCFA/semestre. Soit une augmentation de 20 000 FCFA tous les 6 mois.

Promesse: «Il s’agira d’inciter les banques modernes à faire plus et moins cher».
 
Réalité:
 
Le Président de l’APBEF lui a répondu en ces termes: Nous avons des problèmes liés à la suspension des compensations de la période allant du 25 janvier 2011 à la fermeture provisoire des banques ; Il faut améliorer l’environnement des affaires, la sécurité des biens et des personnes; La requalification par les autorités des créances en souffrance nées de la crise ; La réforme du ratio de transformation ; La réforme de la fiscalité du crédit-bail et la réforme du cadastre. Conclusion: On est toujours au point mort aucune avancée.

Promesse: «Ce n’est pas 20 ou 30 milliards de FCFA qu’il faut injecter en microcrédit, mais 200 à 300 milliards de FCFA…».
 
Réalité:
 
75 structures de microfinance retirées de la liste; Le Président, pendant sa visite d’Etat dans l’Ouest, a dit que son épouse allait monter des structures de micro-crédit pour les femmes. Nous dénonçons ce fait car ce n’est pas son rôle mais celui du MEF; Sous la pression des bailleurs de fonds, les institutions de microfinance ont cherché à assainir leur gestion et leur mode de fonctionnement plutôt que de favoriser la réduction de la pauvreté; Le soutien du gouvernement n’est toujours pas probant.


CONCLUSION BILAN ECONOMIQUE ET FINANCIER
 
Le bilan économique et financier du président Alassane Ouattara, un an après sa prise de pouvoir, est décevant. Tous les secteurs de l’économie ivoirienne sont sous tension. De l’employeur à l’employé, tout le monde grogne parce que la «Solution» a des problèmes.
 
 
 
LIDER (Liberté et démocratie pour la République)

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