topblog Ivoire blogs

dimanche, 24 juin 2012

LE SYNARES APPELLE A FAIRE ECHEC AUX MESURES ARBITRAIRES DU GOUVERNEMENT


Le gouvernement a fixé la rentrée universitaire au 3 septembre prochain. Le syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur dénonce les mesures impopulaires prises par le gouvernement Ouattara ainsi que les actes au quotidien qui compromettent l’effectivité de cette rentrée

Le Syndicat National de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (SYNARES) a appris, de la part du gouvernement, que la date de la prochaine rentrée universitaire est fixée au lundi 03 septembre 2012. Ainsi, considérant qu’il demeure toujours acquis en Côte d’Ivoire, que « chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses idées… » (article 10 de la loi n° 2000-513 du 1er août 2000 portant Constitution de la République de Côte d’Ivoire), Le SYNARES tient, à ce sujet, à faire une analyse de la situation sociopolitique à travers les observations qui suivent, lesquelles porteront successivement sur :

– le limogeage des présidents élus des universités ;

 – la destruction sélective des structures universitaires ;

 – la violation constante, par les autorités étatiques, des lois ivoiriennes au sommet desquelles se classe la Constitution de la République de Côte d’Ivoire;

 – le délitement de l’Etat de Côte d’Ivoire ;

 – l’accentuation de la fracture sociale.

Notre analyse sera suivie d’un appel aux intellectuels ivoiriens de tous bords politiques et de recommandations à l’intention de nos militants au sujet de la rentrée universitaire. Depuis le mois de février 2012, le gouvernement a entrepris de nommer certaines personnes en qualité de présidents des universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé ; l’université de Bouaké semble, pour le moment, ne pas être concernée par cette mesure. Ces personnes répondant aux noms de Bakayoko Ly Ramata et Tano Yao ont ainsi subtilisé, par le biais de ces nominations, les fauteuils de N’gbo Aké Gilbert-Marie, élu à ce poste en mai 2010, à la tête de l’université de Cocody, détenu depuis mai 2011, sans aucun jugement, à la prison de Boundiali, et de Gourene Germain élu dans la même période à la présidence de l’Université d’Abobo-Adjamé.

Le Synares tient à rappeler à la Nation tout entière, que depuis la loi n° 95-696 du 7 septembre 1996 relative à l’enseignement et les décrets qui l’ont suivie, les présidents des universités ivoiriennes sont élus par des représentants – eux-mêmes élus – des enseignants et chercheurs, des étudiants, des personnels administratifs et techniques et des personnalités extérieures à l’université. Il convient de noter que l’avènement de cette législation est le résultat d’une véritable bataille engagée et gagnée, à l’époque, par les enseignants et chercheurs au travers de leur syndicat : le Synares.

En effet, les enseignants et les chercheurs y compris notamment Bakayoko Ly Ramata, Tano Yao et Cissé Ibrahim Bakongo, refusaient dorénavant la nomination par le gouvernement à la tête des universités, de personnalités à la solde du pouvoir étatique, dont les agissements, bien souvent étaient en total déphasage avec les impératifs propres au fonctionnement de nos établissements d’enseignement supérieur. Ils ont donc proposé et obtenu, en accord avec le gouvernement, de désigner eux-mêmes, par voie d’élections, les dirigeants des universités. Les mêmes dispositions légales étaient d’ailleurs, à la demande de nos militants, en passe d’être prises et appliquées au fonctionnement des Grandes Ecoles. C’est donc sur la base de ces dispositions, déjà appliquées à deux précédents mandats, qu’ont été élus au cours de l’année universitaire 2009-2010, les présidents des différentes universités de Côte d’Ivoire : N’gbo Aké Gilbert-Marie à Cocody, Gourene Germain à Abobo-Adjamé et Poamé Lazare à Bouaké.

En décidant de nommer aujourd’hui les présidents des universités, le gouvernement commet une grave violation du principe de leur élection. Il viole surtout, et ce par voie de conséquence, les droits de la communauté universitaire qui a porté son choix sur les personnalités ci-dessus citées, donnant à chacune d’elles mandat de diriger l’université du lieu de sa fonction. Il y a ici mépris, oppression. En effet, toute réforme de la loi et des décrets y assortis tendant à supprimer la voie électorale pour revenir au principe de la nomination des présidents des universités est considérée par le Synares comme arbitraire, liberticide, injuste. Elle est anachronique et nous ramène vingt ans en arrière. Le Synares considère donc ces décisions de nomination comme nulles et de nul effet. Elles seront par nous combattues.

Toutefois, la nomination des présidents des universités ivoiriennes n’est pas la seule mesure de violation des lois de la République. Nous verrons, un peu plus loin, que bien d’autres actes ou discours du pouvoir actuel en donnent également la preuve. L’Université de Bouaké a été, dès le lendemain de la tentative du coup d’Etat du 19 septembre 2002, agressée par la rébellion armée. Ses locaux ont été attaqués et détruits, ses enseignants contraints d’abandonner la ville de Bouaké. Elle a, depuis cette période, trouvé refuge à Abidjan, dans des locaux disséminés dans différents quartiers sur au moins 13 sites distants les uns des autres.

Les Universités d’Abobo-Adjamé et de Cocody vont subir le même sort, respectivement dans les mois de mars et avril 2011. L’Université d’Abobo-Adjamé a été la première à être violemment attaquée dans le courant du mois de mars 2011. Tout y a été détruit. Dès le lendemain du lundi 11 avril 2011, l’université de Cocody a reçu la visite des agresseurs. Les amphithéâtres, les salles de cours, les laboratoires de recherche, l’administration (la présidence en tête), les bureaux des enseignants et des chercheurs… ont été éventrés, saccagés, pillés. Curieusement et heureusement, des établissements tels que le Centre Africain et Mauricien de Perfectionnement des Cadres (CAMPC) et l’Ecole Nationale de Statistiques et Economies Appliquées (ENSEA) qui se trouvent dans la même enceinte de l’université de Cocody, ont été totalement épargnés ; l’on y a, semble-t-il, seulement volé des véhicules. Les résidences universitaires, lieux d’hébergement des étudiants, ont été pillées, décoiffées, détruites, à la suite du départ forcé des étudiants, sommés par le gouvernement le lendemain du 11 avril 2011 d’évacuer immédiatement les lieux. Même des murs des résidences universitaires situées dans la commune de Port-Bouet ont été volés aux fins d’être vendus. Et pourtant, pour des raisons qu’on devine aisément, des résidences affectées aux élèves de l’Institut National de la Formation Sociale (INFS), contigües aux résidences universitaires de Port-Bouet n’ont subi aucun dommage ; des élèves y sont actuellement hébergés. Il en est de même de la Cité Saint-Jean située à quelques pas de la Cité Rouge de Cocody.

L’Institut National Polytechnique Houphouet- Boigny (INP-HB) a été amputé par le gouvernement de son antenne située à Abidjan- Cocody avec comme conséquence, la fermeture de plusieurs centres de formation annexes, dont les pauvres étudiants et autres auditeurs se trouvent brutalement privés, sans aucune réparation, de l’enseignement qui leur est dû. La suppression de cette antenne de Cocody a entrainé le licenciement de 170 employés qui y étaient en service. Il est important de souligner que cette antenne, démembrement de l’INP-HB sis à Yamoussoukro, permettait la coordination, par l’administration, des activités de cet Institut de formation sur le territoire d’Abidjan, en particulier l’organisation et le suivi par les enseignants, des stages des étudiants qui ne peuvent s’effectuer qu’à Abidjan ; étant entendu que la ville de Yamoussoukro est dépourvue de toutes entreprises industrielles et commerciales susceptibles d’offrir aux étudiants, des stages de formation. Depuis cette fermeture, les rencontres entre l’enseignant et l’étudiant stagiaire ont lieu soit au domicile de l’enseignant, soit dans un café.

Le Synares tient à indiquer que le gouvernement, à travers les décisions de nomination sus-incriminées, dévoilait déjà à la Nation tout entière ses intentions de remettre en cause à l’avenir, en les abrogeant ou en les modifiant profondément, ou même en les ignorant purement et simplement, la plupart des lois votées dans l’intérêt du peuple ivoirien. A preuve, les dispositions de la loi n° 2000-513 du 1er août 2000 portant Constitution de la République de Côte d’Ivoire (la constitution elle-même semble être ignorée par les autorités étatiques) concernant notamment le droit à la vie, le droit de vivre en Côte d’Ivoire, la présomption d’innocence et les droits syndicaux sont gravement violés par le gouvernement. La loi portant régime juridique de la presse, elle aussi, n’est pas respectée dans son esprit. Enfin, la loi sur le régime foncier rural est en passe d’être modifiée au préjudice des populations ivoiriennes. Sommes-nous en train de vivre la suspension de fait de la Constitution et la mise de la Côte d’Ivoire sous tutelle de l’ONU, deux mesures réclamées par le passé à cor et à cri – et apparemment obtenues de fait aujourd’hui – par la coalition RHDP manipulée par ses parrains? En fait, par lettre adressée le 20 octobre 2006 « A Son Excellence KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations unies. New York », il est écrit : «… suite à nos interrogations, nous sollicitons qu’il vous plaise d’examiner avec la plus grande attention les propositions ciaprès : Nous demandons avec insistance la suspension de la Constitution. En lieu et place, nous demandons que la nouvelle Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies soit le seul Acte juridique qui régisse la nouvelle transition…


Yapo Yapi André


SourceIVORIAN.NET

Commentaires

je voudrais ici apporter mon soutient sans faille à la famille des enseignants, depuis le 11 avril 2011, la c.i n'existe plus, nous avons vu arrivé à la tete de cet état les enfants des immigrés qui ont oublié le bon accueil que nous leur avons accordé.Ils ont fait la remarque selon laquelle leurs enfants ont pris des racourcis pour obtenir l'argent en vitesse et aujourd'hui ils utilisent non conventionnels pour accéder à tous les postes, ce n'est pas faire de la xénophobie.Ils prétendent dire que ce sont eux qui ont construit la c.i à ce titre, ils doivent se comporter comme ils veulent dans cette nation, je dis une chose si tel est le cas qu'ils construisent chez eux comme si bien le faire, je ne peux en aucun cas aimé le pays d'un tiers plus que lui.

Écrit par : gnamien | jeudi, 28 juin 2012

Les commentaires sont fermés.