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samedi, 21 juillet 2012

DUEKOUE - UN CAMP DE REFUGIES ATTAQUE PAR LES FRCI, LES DOZOS ET LA POPULATION, AU NEZ ET A LA BARBE DE L'ONUCI

 

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Duékoué: Un camp de réfugiés attaqué par les FRCI, les dozos et la population, au nez et à la barbe de l’ONUCI. 13 morts et des dizaines de blessés

 

Une attaque de grande envergure perpétrée par les FRCI, les chasseurs dozos, et la population, contre le camp de réfugiés de Nahibly à l’entrée de Duékoué, s’est soldée hier par 13 morts et plusieurs blessés.

Cette attaque s’est opérée au nez et à la barbe des soldats de l’ONUCI, pourtant chargés de la sécurisation de l’Ouest ivoirien.

L'ONU, à la manière d’un pompier après le feu, a condamné ces attaques perpétrées hier par les FRCI, les dozos, et la population, contre le camp de Nahibly. Le représentant spécial du secrétaire de général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders n'a pas expliqué pourquoi le contingent de Casques bleus chargé de protéger le camp n'avait pu empêcher cette expédition punitive.

Il a juste "déploré cet acte criminel perpétré en violation flagrante du droit humanitaire international et souligné encore une fois la gravité de la situation dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire".

Il a tenté de dédouaner son organisation de la façon la plus maladroite en appelant à la responsabilité des autorités nationales et locales de faire plus d’efforts pour assurer la sécurité sur place, alors que c’est bien les casques bleus qui étaient chargés de protéger le camp de Nahibly.

"Je n'arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer pour que l'ONU n'ait pas réussi à maintenir (à l'extérieur, ndlr) la foule venue se venger", a confié le père Cyprien Ahouret, curé de la mission catholique de Duékoué. Il a regretté qu'un "braquage" ait mené à ce drame: "Ici, lorsqu'il y a une crise, les ethnies se l'approprient".

Les Malinké sont considérés comme des soutiens d'Alassane Ouattara, tandis que les Guéré sont vus comme favorables au Président Laurent Gbagbo.

Que fait donc l’ONUCI en Côte d’Ivoire si les FRCI, les dozos, et les populations peuvent mettre à feu et à sang, un camp de réfugiés sous leurs yeux ?

Comment en est-on arrivé-là?

Selon nos sources, tout serait parti d’attaques perpétrées dans la nuit du jeudi au vendredi par des bandits à Duékoué, quartier résidentiel extension II, et causant la mort de quatre personnes. C’est aux environs de minuit à 2 heures du matin que l’attaque a eu lieu.

En représailles, les populations de ce quartier également appelé "Kokoma", ont décidé de se faire justice elles-mêmes.

Ainsi, accompagnées de FRCI et de chasseurs Dozos, elles ont lancé une expédition punitive sur le camp des réfugiés de Nahibly, car selon eux, les bandits viendraient de ce camp.

Tout s’est passé au nez et à la barbe des casques bleus de l’Onuci, pourtant commis à la sécurité du camp. Le portail du camp a été forcé et la clôture mise à terre. Le camp ensuite mis à feu et à sang. Les 5.000 réfugiés de ce camp prennent la clé des champs. C’est le branle-le-bas de combat. Des coups de feu fusent de partout ainsi que les coups de machettes, de gourdins, etc…

Après, c’est au tour du petit camp qui abrite 3.000 personnes, et qui est situé derrière la Mission catholique, d’être attaqué par la population, les FRCI et les dozos.

Bilan de la razzia d’hier : 13 morts parmi les réfugiés des deux camps et des dizaines de blessés.

Nous y reviendrons.

 

Serge Touré

Commentaires

Ce n'est pas possible...encore.Le bilan est très lourd..attaquer lachement un camps de réfugiés de fortune.S'en prendre à une population qui a déjà tout perdu.Malheureusement nous assistons impuissants à ce inième désastre contre les guérés.Fatigués de ces règlements de comptes qui n'en finissent pas.L'ONUCI a toujours été indulgente envers tous ceux qui attaquent sans relache des innocents...l'impunité à son paroxysme pour des fauteurs de troubles...qui détruisent tout sur leur passage en y laissant des traces.

Écrit par : RitaFlower | dimanche, 22 juillet 2012

Et même qu'il y a pire, RITAFLOWER! Sur France 24, une responsable du HCR a dit que non seulement ils ont détruit le camp des réfugiés, mais ils les pourchassent maintenant dans les forêts où ils se sont enfuis.

Donc tu peux aisément imaginer le tableau: chasse implacable à l'homme, avec des chiens, massacres et exécutions sommaires comme aux premières heures du génocide, les 29 et 30 mars 2012 et au moment de la visite récente d'Alassane Ouattara dans l'Ouest du pays, où ces chiens ont été utilisés pour traquer les Wè dans les brousses et les obliger à venir lui faire une haie d'honneur.

Ouattara est le seul et unique responsable de ces tueries. Le mal ne restant pas impuni, un jour, il devra en répondre.

Écrit par : Dindé | dimanche, 22 juillet 2012

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