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vendredi, 27 juillet 2012

THEODORE B., RESCAPE DE NAHIBLY: «COMMENT NOUS AVONS ETE ATTAQUES»


côte d'ivoire,Théodore B.,rescapé de Nahibly,"Comment nous avons été attaqués",Gilles Nesmon,le quotidien Le Nouveau Courrier


Réfugié dans le camp de Nahibly depuis plusieurs mois, Théodore B. n’a eu la vie sauve que grâce à sa «réactivité» lors du massacre perpétré par des assaillants, vendredi dernier (20 juillet 2012). Il raconte!


"Le vendredi à 5h45, j’ai entendu des cris provenant d’un grand rassemblement à l’entrée du camp. Nos envahisseurs scandaient bruyamment : «On va vous tuer tous, vous les Guéré-là. C’est dans votre camp ici que se trouvent des miliciens pro-Gbagbo. Depuis longtemps, on vous guette. Nous allons vous tuer». Dans le même temps, j’ai entendu de grands bruits à l’entrée principale de Nahibly, ensuite une grande détonation. C’était une roquette qui venait d’exploser à l’intérieur du camp. Cet engin a fait des morts sur le coup et des blessés graves. Parmi les victimes se trouvent des enfants dont certains fréquentent l’école primaire qui se trouve sur le site.

C’est à la vue de ce spectacle que j’ai réalisé que le camp de Nahibly dans lequel j’ai trouvé refuge depuis plus d’un an était attaqué par une foule immense de personnes qui venaient de défoncer le portail principal. De par ma position en hauteur, j’ai pu identifier des jeunes en tenue bigarrée, des Dozos qui résident à Duékoué depuis la crise postélectorale et des personnes en treillis militaires. Ils étaient pour certains armés d’armes de guerre quand d’autres avaient des machettes, des gourdins et de gros cailloux. Lorsqu’ils sont rentrés dans le camp après avoir défoncé le portail de l’entrée principale, ils se sont aussitôt jetés sur les réfugiés du camp sans faire de tri. La furia avec laquelle ils s’attaquaient à nous a amené chacun à sauter par-dessus la clôture pour trouver refuge dans la forêt environnante. C’était l’erreur qu’il ne fallait pas faire pour certains d’entre nous qui ont connu des fortunes diverses.

Des personnes tiraient à balles réelles, trois personnes sont tombées à côté de moi…

Nos envahisseurs du jour ont certainement pris soigneusement le temps d’encercler le camp des réfugiés de Nahibly avant de lancer leur offensive. D’autant plus que du côté de la façade adossée à la forêt, il y avait des personnes armées qui tiraient à balles réelles sur nous au moment où nous sautions la clôture. J’ai vu trois personnes tomber sur le coup à côté de moi, gisant dans une mare de sang. Face à ce danger, je me suis d’abord blotti au sol pour ensuite ramper quelques instants après en vue de me mettre à l’abri. Derrière moi, je voyais une fumée épaisse à l’intérieur du camp et j’entendais des cris stridents de femmes et d’enfants au milieu de bruits de rafales assourdissants. C’était horrible !

Depuis quelques jours, nous assistons à un matraquage médiatique contre le camp de Nahibly qui, selon certaines autorités, abriterait des miliciens. Face à ces accusations qui étaient de nature à nous créer de graves préjudices, des représentants du camp sont entrés en contact avec les autorités avec lesquelles d’autres discussions étaient en cours pour le retour sécurisé des réfugiés dans leurs villages respectifs. Puisque depuis le passage du chef de l’Etat à Duékoué, les autorités administratives de la ville, lui emboîtant le pas, ont exigé que nous retournions chez nous. Nous entendions de commun accord mener des actions soit de sensibilisation soit de dénonciation à l’endroit des résidents du camp qui s’adonneraient à des pratiques peu recommandables quand nous avons été surpris le vendredi très tôt par une cohorte d’assaillants. J’ai alors conclu que cette attaque contre notre camp était une action préméditée et planifiée vu le dispositif d’attaque qui a été mis en place.

Un de mes jeunes frères trouvé mort ligoté dans une rivière

Certains assaillants défonçaient la porte d’entrée, tandis que d’autres étaient terrés dans la broussaille autour du camp pour cueillir les fuyards. En plus, nous n’avons pas compris l’attitude des casques bleus de l’Onuci qui surveillent les entrées et venues dans le camp et qui veillent dans les miradors d’où ils ont une grande vue. Comment s’y sont-ils pris pour ne pas voir venir ces envahisseurs qui proviennent des quartiers situés à au moins 3 kilomètres du camp? Pourquoi ont-ils laissé pendant un long moment les envahisseurs défoncer le portail de l’entrée principale alors qu’ils sont armés, possèdent de petits chars sur les lieux des événements et pouvaient en plus vite appeler du renfort?

En sortant de ma cachette en brousse, j’ai découvert sur mon chemin quatre cadavres. Je suis convaincu que les chiffres, à savoir sept morts, annoncés par les autorités ne sont pas exacts d’autant plus que moi-même j’ai dénombré déjà sept morts, c’est-à-dire les trois qui ont été atteints par nos bourreaux lorsque nous fuyions, dont les parents ont confirmé le décès, et les quatre autres que j’ai dénombré en rentrant de ma cachette. Des corps ont également été exposés à l’hôpital général où des éléments des Frci s’opposent à toute prise de vue pour empêcher certainement des témoignages accablants. Un de mes jeunes frères a été retrouvé mort dans une rivière, mains et pieds ligotées. Il était avec nous au camp des refugiés juste avant l’attaque.

Pour ma part, je pense que les déclarations des autorités ivoiriennes tendant à justifier l’attaque du camp des réfugiés de Nahibly par la présence de miliciens révèle clairement une volonté diabolique de faire partir les occupants des lieux. Les autorités administratives et certaines organisations humanitaires nous avaient demandé de regagner nos villages. Qu’une fois que nous serions sur les lieux, ils pourraient nous appuyer dans la reconstruction de nos cases qui ont été détruites. Pour nous convaincre davantage, ils nous faisaient savoir que la Côte d’Ivoire n’était plus une priorité dans le système des Nations Unies parce que le pays avait renoué avec la paix. Mais nous soulevions toujours les questions de sécurité persistantes. Depuis lors, l’aide se faisait rare et les autorités locales semblent se détourner de nos problèmes existentiels".


Gilles Nesmon, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"


Source: EBURNIENEWS

Commentaires

heureux lè affligés, car ils seront consolés!!
heureux ceux ki ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!!
mathieu 5v4 a6. courage mè frères

Écrit par : LILY | dimanche, 29 juillet 2012

heureux lè affligés, car ils seront consolés!!
heureux ceux ki ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!!
mathieu 5v4 a6. courage mè frères

Écrit par : LILY | dimanche, 29 juillet 2012

Arretons d tjrs invoquer le nom de DIEU TOUT PUISSANT meme qd on a tor,mem qd on es le bouro.Alon pluto a une reconciliation vrai basé sur une repentance sincere d par et dotr. DIEU es o control

Écrit par : LE TIRAILLEUR | dimanche, 29 juillet 2012

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