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mardi, 31 juillet 2012

AUGMENTATION DES FRAIS D'INSCRIPTION A L'UNIVERSITE, UN COUP DE BLUFF DE OUATTARA?

 

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Jamais une décision n’a créé une telle « unanimité » en cette période post-électorale. Est-ce (enfin?) le sujet qui réconcilie tous les ivoiriens ? Même le Rdr, parti au pouvoir et ses partis satellites, Pdci, Udpci, etc, ont tous exprimé le même désaccord face à la décision prise par les présidents d’université de faire passer les frais d’inscription de 6000 Fcfa, à 100.000 Fcfa, jusqu’à 300.000 Fcfa.

Le Rdr a qualifié cette décision de « disproportionnée ». Tous les syndicats d’élèves et d’étudiants, ont dénoncé cette décision unilatérale et ont exigé qu’elle soit revue au plus vite. Même Blé Goudé, en sa qualité d’ex-secrétaire général de la Fesci a exprimé son « cri du cœur », en adressant à son ex-camarade de syndicat, Soro Guillaume un courrier. Courrier dans lequel il se dit d’abord « choqué et sidéré par une telle décision», avant d’inviter son ex-compagnon à dire « Non » à une telle décision qui visiblement, va à l’encontre des étudiants issus de familles pauvres.

C’est une donc une décision en définitive impopulaire qui provoque une levée de bois verts contre les autorités universitaires et le ministère de l’enseignement supérieur, sinon contre le régime actuel. « C’est un génocide intellectuel », disent certains. Pour d’autres, « c’est un vrai suicide collectif ». Cela, pour traduire leur colère et leur l’indignation et partant, celui de tous les ivoiriens.

Ainsi, élèves et étudiants, parents d’élèves, leader d’opinion et partis politiques, sont unanimes. Cette décision d’augmenter les frais d’inscription dans les universités publiques revêt un caractère impopulaire et risque de perturber la rentrée universitaire fixée au 03 septembre prochain. Soit.

Cependant, quelques détails assez curieux dans cette affaire « d’augmentation des frais d’inscription », ont attiré notre attention.

Le contexte de misère post-crise avéré

Dans son communiqué relatif à cette décision, le Rdr parti politique dont monsieur Ouattara est encore le président, décrit la période post-crise actuelle comme une période de « paupérisation galopante ».

D’autres ivoiriens interrogés sur le contexte inapproprié de cette cynique décision, ont évoqué « la vie chère et le manque d’emploi ».

Si donc le Rdr et monsieur Ouattara sont conscients que le contexte actuel ne se prête nullement à de telles décisions et que l’ivoirien lambda s’en plaint au point d’exprimer ouvertement toute sa colère, pensez-vous que monsieur Ouattara et son régime en perte de vitesse, puissent prendre néanmoins le risque de laisser prospérer cette décision si impopulaire soit-elle?

Par ailleurs, comment se fait-il que cette décision, annoncée le 25 juillet dernier, se situe juste à un mois seulement de la rentrée universitaire prévue pour le 03 septembre ?

N’est-ce pas cette même Côte d’Ivoire, version Ouattara, qui annonçait fièrement avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative Ppte et son récent corolaire d’annulation quasi-totale de la dette ivoirienne par la France ?

Pourquoi monsieur Ouattara, de retour d’une tournée internationale, garde encore le silence, alors que la colère des populations se fait de plus en plus entendre ?

Toutes ces questions nous ont interpellé et nous ont poussés à dire que nous sommes bien en face d’un coup de bluff en préparation. Ce coup consiste à faire « mijoter » la colère et l’indignation des ivoiriens avant de venir jouer les « pompiers sauveurs de l’humanité ».

On se rappelle comment, au temps de Laurent Gbagbo, ce dernier a réussi à « décanter » certaines situations que l’on pensait irréversiblement perdues d’avance. Ce qui lui a valu une certaine sympathie de la population ivoirienne. Monsieur Ouattara va-t-il s’inscrire dans cette voie ? Alors, le scénario (monté de toutes pièces) pourrait bien être celui où ce dernier se dressera comme le dernier recours, la Solution ultime, juste pour faire grimper sa côte de popularité et celle de son régime.

C’est donc mécontents que les étudiants et les parents d’élèves, chercherons alors à voir « le grand chef » pour lui présenter leurs doléances. Bien évidemment pour que les frais d’inscription soient revus à la baisse. Alors, celui-ci, en homme « providentiel », présenté comme « le libéral à visage humain », interviendra, tout naturellement, pour que ces tarifs connaissent une baisse significative. C’est alors que ses « ADOrateurs » crieront victoire ! Quel coup ! En cette période de crispation socio-politique et de drames récents. Ne soyez donc pas étonnés qu’après, notre cher « grand cousin et bluffeur patenté » se prévale d’être la Solution à nos malheurs. Bien sûr, puisque c’est lui qui les a créés.

 

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

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