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mardi, 31 juillet 2012

QUI PROTEGE LE CHEF DE GUERRE DU MONT PEKO? - L'ETAT IVOIRIEN INTERPELLE

 

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Le burkinabé Amadé Ouérémi arborant une tenue FRCI. Comment est-ce possible?


Ouest de la Côte d'Ivoire: Amadé Ouérémi, la grande inquiétude - Qui protège le chef de guerre du Mont Péko? - L'Etat interpellé.

 

Il ne fait aucun doute qu'il règne en véritable seigneur dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, précisément dans la forêt classée du Mont Péko. Amadé Ouéremi, à l'état civil Ouédraogo Rémi, est aussi bien connu des autorités ivoiriennes, et même au niveau international.

Selon certaines sources, il est né en 1964. Originaire du Burkina Faso, il s'est installé avec ses parents dans le village de Bagohouo en 1986.

D'abord réparateur de vélos, Amadé a ensuite trouvé refuge en 2003 dans la forêt du Mont Péko qu'il a appris à connaître et à maîtriser. Reconverti en planteur, sa bonne connaissance de cette immense forêt classée, fait de lui le maître des lieux. Tout le monde ne jure que par son nom. A la faveur de la crise qui a éclaté en Côte d'Ivoire en septembre 2002, et qui a connu de fréquents rebondissements jusqu'à la bataille post-électorale, Amadé Ouéremi se retrouve à la tête d'une troupe de combattants disséminés dans cette forêt et dont le nombre exact n'est pas connu. Certains les estiment à 400 combattants, d'autres parlent de moins de 100 combattants.

Toutefois, il faut le noter, le jeune réparateur de vélos a échangé les clés et autres tourne-vis, contre les fusils calibre 12 et les Kalachnikovs. Il s'est ainsi bâti un territoire et une armée qui échappent encore aux autorités. Selon un agent des Eaux et Forêts dont nous taisons le nom, Amadé Ouéremi et ses combattants sont effectivement maîtres dans la forêt classée du Mont Péko. Au cours d'une mission d'inspection et d'évaluation dans cette forêt, témoigne-t-il, lui et ses compagnons se sont cru en terrain conquis, lorsqu'ils ont vu des hommes armés sortir des broussailles par petits groupes pour les encercler. Les assaillants les ont sommés de quitter les lieux dans le quart d'heure qui suivait, menaçant de les tuer. Toute chose qui démontre la dangerosité de cette forêt devenue un camp militaire sur lequel règne Amadé Ouéremi. Mais là-dessus, c'est motus et bouche cousue. Ce qui n'est cependant pas le cas des organismes internationaux de défense des droits de l'Homme (Human Rights Watch, et Amnesty International) dont les différents rapports l'épinglent bien souvent pour des cas de violations « graves » des droits de l'Homme dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire.

Des tueries et massacres qui ont été perpétrés à Duékoué sont mis sur le compte de ce national burkinabé. Ses hommes et lui ont été notamment accusés dans un rapport de l'ONU publié en mai 2011, d'être les auteurs des massacres du quartier Carrefour, toujours à Duekoué pendant la bataille post-électorale. Dans son dernier rapport pour l'année 2011 rendu public le lundi 23 juillet dernier, la Commission nationale des droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI) a encore cité Amadé Ouéremi et ses combattants comme les instruments de la spoliation des terres des autochtones guéré au profit des allogènes burkinabé. « La milice à Amadé Ouéremi qui occupe la forêt classée du Mont Péko en constitue un exemple probant », dénonce le rapport de la CNDHCI, soulignant que cette spoliation des terres constitue des risques d'explosion des conflits fonciers encore latents dans la région Ouest.

Le silence coupable de l'Etat

Parler d'Amadé Ouéremi et de ses hommes semble être classé dans la catégorie des crimes d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Même les autorités de la ville de Duekoué ne s'autorisent aucun commentaire de façon ouverte ou désobligeante sur son cas. Dans les circuits officiels de l'appareil étatique, c'est aussi le silence.

Et pourtant, il est de notoriété publique que Amadé Ouéremi est installé dans la forêt classée du Mont Péko, à la tête de centaines de combattants. Pourquoi est-il dans cette forêt ? Avec l'autorisation de qui ou sous la protection de qui ? Est-il membre des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ? Des dozos ? Pour qui travaille-t-il ? Pourquoi n'est-il pas désarmé ? Autant de questions qui ont tout leur sens dans cette région du Guémon en proie à l'instabilité chronique. Il faut toutefois souligner que Amadé Ouéremi se réclame des ex-Forces nouvelles. Il arbore fièrement une tenue militaire estampillée FRCI et faisait partie, avec ses hommes, du contingent qui a combattu aux côtés des forces républicaines pendant la crise post-électorale. Au moment où il est de plus en plus question de pacifier l'Ouest, le cas Ouéremi devrait interpeller les autorités. Sur le volet du désarmement, certes le seigneur du Mont Péko et ses combattants se sont prêtés volontiers à deux séances de dépôt des armes.

D'abord, le 10 août 2011 avec l'Onuci, qui a vu 85 éléments déposer les armes, ensuite le 30 septembre 2011, toujours avec la mission onusienne, en collaboration avec la commission nationale sur les armes légères. Cette dernière opération a enregistré le désarmement de 28 combattants, dont les tenues militaires ont été brûlées. D'autres séances de désarmement concernant les troupes d'Amadé Ouéremi étaient prévues. Ont-elles eu lieu ? On n'en sait pas plus. Cela laisse toutefois croire qu'ils sont nombreux, ses éléments encore en armes dans la forêt classée. Cette présence sur ce site, supposé être inviolable par les hommes, devrait à elle seule interpeller les autorités ivoiriennes, afin de mettre fin au séjour d'Amadé Ouéremi et ses combattants dans la forêt classée du Mont Péko.

 

Hamadou Ziao, in le quotidien ivoirien "L'Inter"


Source: IVORIAN.NET

ALASSANE OUATTARA, LE TEMPS DE L'ISOLEMENT DIPLOMATIQUE

 

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Au-delà des flonflons de la communication officielle et des images de poignées de main avec les grands de ce monde, il est aujourd’hui évident que le régime d’Alassane Ouattara vient d’entrer dans une nouvelle phase dans son rapport avec ce qu’il est convenu de nommer «la communauté internationale». Très clairement, l’actuel maître d’Abidjan est mis à l’épreuve par les puissances qui l’ont soutenu et ont participé à le hisser sur le trône sur lequel il siège depuis le 11 avril 2011. Le temps des complaisances est fini. Vient celui du doute, de la prise de distance voire de l’isolement.

Alors que tous les regards ivoiriens étaient fixés sur Paris, scrutant avec angoisse les moindres paroles de François Hollande, c’est de New York, le siège des Nations Unies, que sont venus les signes les plus pertinents. Ainsi, le Conseil de sécurité a refusé d’accéder au souhait du régime d’Abidjan de voir maintenus les 10 968 Casques bleus présents sur le sol ivoirien, et a réduit leur nombre à 8 837. Le message est limpide : «Débrouillez-vous pour assurer progressivement les missions régaliennes dévolues à chaque Etat. Nous en avons fait assez pour vous. Prenez vous désormais en main.» En cette époque de crise financière mondiale, le gaspillage de l’argent du contribuable mondial au profit d’un exécutif qui préfère armer des milices ethniques – les Dozos – plutôt que de travailler à la mise en place des conditions d’une paix durable est de plus en plus difficile à admettre.

Une feuille de route impérative du Conseil de sécurité

Vendredi dernier, il s’est passé quelque chose d’assez inhabituel. Lors d’un point de presse, Bert Koenders, le patron de l’ONUCI, a utilisé un ton particulièrement dur pour transmettre «les grands messages du Conseil de sécurité de l’ONU». Des messages qui ont tout l’air d’une feuille de route impérative.

- Le Conseil de sécurité «prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales». Haro sur la justice des vainqueurs ! Le régime doit désormais livrer, pour sa survie, ses propres enfants ! Tous aux abris !

- Le Conseil de sécurité prie également le Gouvernement de veiller, le plus rapidement possible, «à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Koenders précise : «Je lance donc un appel au Gouvernement ivoirien à mettre fin à l’impunité». Guillaume Soro et les com’zones ont du souci à se faire ! Ils risquent de payer par leur incarcération le choix de Ouattara d’envoyer Gbagbo à La Haye.

- Le Conseil de sécurité estime qu’il faut en faire plus pour la réconciliation. «Il y a une certaine demande du Conseil de sécurité d’accélérer le processus», commente Koenders. Il faut faire «participer activement les groupes de la société civile», pour «remédier aux causes profondes des crises que connaît la Côte d’Ivoire». Il faut «dégager un large consensus national sur la façon de régler les questions d’identité et de propriété foncière», ce qui signifie que l’Assemblée nationale monopolisée par la coalition au pouvoir n’est pas l’endroit le mieux indiqué pour trancher ce sujet. Le gouvernement doit «ménager un espace politique à l’opposition», en particulier celle qui n’est pas représentée à l’Assemblée nationale. Il doit clarifier ses intentions en matière de DDR, et l’ONUCI doit avoir un droit de regard sur ce chantier.

- Pour les élections locales et régionales, le gouvernement doit favoriser «la représentation politique», c’est-à-dire convaincre l’opposition d’y participer. Il doit faire «les réformes électorales utiles», notamment, on l’imagine, en rééquilibrant la Commission électorale indépendante (CEI). Il doit faire régner la «sécurité» et choisir une «date opportune». La participation de l’opposition représentative, c’est-à-dire le FPI, est clairement un enjeu.

C’est l’ONU qui a accompagné la mascarade électorale qui s’est déroulée lors des dernières législatives, alors que ce qu’elle décrie aujourd’hui était déjà en place ; c’est l’ONU qui s’est félicitée de ce scrutin vicié d’avance ; c’est l’ONU qui reprend aujourd’hui implicitement à son compte les arguments de l’opposition complètement ignorés hier. Ainsi, dans une récente dépêche, IRIN, service de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) évoque les «enlèvements», les «arrestations» et les mauvais traitements infligés par les FRCI et les Dozos à des jeunes, notamment ceux qui ont été présentés comme «des mercenaires fomentant un coup d’Etat».«Nous n'avons pas vu la lumière du soleil pendant dix jours. Des hommes armés nous ont attaché les mains et les pieds. Parfois, nous n'avions que de l'eau et des biscuits (…) Lorsque nous sommes arrivés, une dizaine d'autres personnes étaient enfermées dans une autre cellule dans des conditions difficiles (…) Les deux premières fois, j'ai eu de la chance, car j'avais ma carte d'identité professionnelle, mais cette fois-ci, mon nom était associé avec la région de l'ancien président. Les soldats nous ont humiliés. Je ne crois pas à la réconciliation dans notre pays dans les conditions actuelles», témoignent des personnes dont les propos sont repris par la dépêche de l’agence onusienne. N’est-ce pas ce type de récits qu’une partie de la presse ivoirienne, notamment Le Nouveau Courrier, relaie depuis des mois dans l’indifférence internationale ?

Profiter des frémissements en cours pour re-démocratiser le pays

Pourquoi la «communauté internationale» se rebiffe-t-elle aujourd’hui ? Les changements à la tête de l’ONUCI y sont sans doute pour quelque chose. Le temps de Young Jin Choi, qui aurait pu prendre sa carte au RDR tant il roulait pour Ouattara, est passé ; et un certain nombre d’informations remonte jusqu’à New York désormais. Les mauvaises manières du régime, qui s’est défaussé sur l’ONUCI lors du massacre de Nahibly, y sont aussi pour quelque chose. Au sein de la communauté diplomatique d’Abidjan, l’ambassadeur américain, Philip Carter III, a pris ses distances depuis plusieurs mois, même s’il envoie épisodiquement des signaux contraires. La France a désormais «honte» de son «homme à Abidjan», même si des réseaux puissants continuent de le soutenir, y compris et surtout au Quai d’Orsay, où règne le Françafricain Laurent Fabius.

Plus profondément, l’incapacité pratique de Ouattara à stabiliser durablement la Côte d’Ivoire et à servir – comme Félix Houphouët-Boigny hier – d’efficace relais en Afrique de l’Ouest le rend, au fond, presque «inutile». Dans un premier temps, les Occidentaux lui ont donné tous les moyens pour réussir une pacification «à l’ancienne», c’est-à-dire par la terreur puis la fabrication de «l’unité nationale». Mais il n’a réussi qu’à établir un système violent, porteur de risques pour l’avenir proche, garanti par une force armée disparate, illettrée et criminalisée, et qui ne peut survivre en dehors de la présence structurelle de forces internationales mises en situation de soutien à une dictature qui n’est plus si naissante que cela. Intronisé chef de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, il n’a pas d’armée et ne peut donc pas fournir de troupes pour aller, par exemple, au Mali – et doit subir les sarcasmes d’un Idriss Déby qui explique très clairement qu’il faut arracher le dossier à la CEDEAO donc au couple ivoiro-burkinabè si l’on veut qu’il envoie ses hommes au combat. Au-delà des aspects «logistiques», Ouattara ne semble pas particulièrement briller par son habileté manœuvrière et sa capacité à trouver des solutions ingénieuses aux problèmes sous-régionaux en dehors d’un bellicisme de mauvais aloi. L’insécurité et la corruption compromettent une véritable reprise économique dans l’ancien poumon de l’Afrique de l’Ouest francophone. «Tout ça pour ça ?», soupirent les chancelleries.

Les mois qui viennent s’annoncent politiquement passionnants en Côte d’Ivoire. Le régime peut-il abandonner sans s’affaiblir profondément la «gouvernance par la violence» décryptée avec talent par le politologue Michel Galy, et qui lui a jusqu’ici si bien réussi ? Alors qu’il est mis au pied du mur par ses alliés internationaux, peut-il s’en sortir par la pratique de la seule politique et de la négociation, qu’il répugne profondément ? Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), d’abord soudé par une allégeance commune à la France et à la «communauté internationale», survivra-t-il alors que le PDCI se soumet au RDR d’abord et avant tout parce qu’il croit que c’est ce que Paris veut de tout son cœur ?

Alors que des signes montrent qu’une partie de la «communauté internationale» parie désormais sur une normalisation démocratique, n’est-il pas temps qu’une vaste coalition allant des partis politiques aux activistes des droits de l’Homme, en passant par les syndicats et les associations de jeunesse, se mette en place sur la base d’une plateforme minimale de re-démocratisation du pays afin de profiter au maximum des frémissements que l’on peut observer sur l’échiquier diplomatique ? Le débat est ouvert.

 

Théophile Kouamouo

 

SourceLE NOUVEAU COURRIER

AUGMENTATION DES FRAIS D'INSCRIPTION DANS LES UNIVERSITES: CHARLES BLE GOUDE ECRIT A GUILLAUME SORO


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Monsieur le président et ancien compagnon de lutte,

Je voudrais humblement vous demander de bien vouloir excuser le caractère peu protocolaire de cette correspondance. Comme vous le savez, mon statut actuel ne m'offre que cette voie pour vous faire parvenir mon cri de cœur. Loin de moi, l'intention de vous juger publiquement; je n'en ai ni les moyens, ni la capacité. Mais ce que mes yeux ont lu et que mes oreilles ont entendu au sujet de l'augmentation drastique des frais d'inscription dans les universités de notre pays, oblige mon regard à se tourner vers vous. Je le fais aussi pour des raisons historiques.



Monsieur le président, de mon lieu d'exil, je viens d'apprendre qu'il a été notifié aux étudiants de Côte d'Ivoire et à leurs parents, la décision d'augmenter les frais d'inscription qui passent désormais de six mille francs CFA à cent mille francs CFA, deux cents mille francs CFA et trois cents mille francs CFA selon les cycles. Comme beaucoup d'Ivoiriens, je suis choqué et sidéré par une telle décision.

Monsieur le président et cher ancien compagnon de lutte, cette décision d'augmentation des frais d'inscription constitue à n'en point douter, une remise en cause des acquis de notre combat que nous avons mené en faveur des étudiants issus de familles aux revenus modestes (familles pauvres) quand nous étions les dirigeants du principal mouvement étudiant à l'époque . Par le truchement de la fédération estudiantine et scolaire de Côte d'ivoire (FESCI), Nous avons fait grève, meetings, sit in, grève de la faim afin d'obtenir une réduction des frais d'inscription qui étaient de six mille francs. Nous avons même fait la prison pour cette cause en faveur des enfants des pauvres dont nous étions les portes voix. Pour nous, il fallait faire sauter les goulots d’étranglement, car la pauvreté ne saurait constituer un frein à l’éducation. Les élèves et étudiants, nos camarades, nos seuls soutiens à l'époque, ont cru en nous et ils ont souffert le martyr avec nous. Grâce à leur détermination, les frais d'inscription n'ont pu connaître une augmentation malgré les multiples tentatives de l'administration d'alors. 



Monsieur le président, ancien dirigeant d'étudiants, vous êtes aujourd'hui le président de l'Assemblée Nationale d'un pouvoir sous lequel les frais d'inscription viennent d'être augmentés à plus de 1600%. Cette décision est prise dans une Côte d'Ivoire post crise où la pauvreté gagne du terrain, avec son cortège de cherté de la vie, de licenciements. C'est pourquoi, je m'interroge: Quel problème le pouvoir veut il solutionner en procédant à une telle augmentation? Quel diagnostic de l'école avez vous posé au point d'aboutir à une telle solution, qui a y regarder de près, me semble plus meurtrière que le problème lui même ? Est-ce la voie que le pouvoir a choisie en vue de donner les chances égales aux enfants de notre pays pour l'accès à l'éducation ?

Monsieur le président, même si nos visions et positions actuelles nous opposent, il est indéniable quenous avons en commun, notre passé de militants pour de meilleures conditions d'études et de vie des élèves et étudiants. C'est pourquoi, je vous invite à dire "non" à cette solution de destruction massive de l'intelligentsia. Elle est un frein d'accès à ce temple de connaissances, qu'est l'université pour les enfants de pauvres. Pour une famille pauvre qui enregistre un bachelier, avec un étudiant en maîtrise, la joie risque de se transformer en en des funérailles, puisqu'il va falloir réussir à débourser la bagatelle somme de quatre cents mille francs CFA pour inscrire les enfants à l'université, sans compter les frais de fournitures scolaires, de transport, de restauration , d'hébergement, etc... 

Monsieur le président, comme vous pouvez le comprendre aisément , la solution n'est pas appropriée. Et le mécontentement se lit sur les visages apeurés des parents d'élèves et étudiants. Quant aux étudiants, eux même ne peuvent publiquement dénoncer cette décision, de peur de représailles de la part des FRCI. C'est pourquoi je me tourne vers vous, monsieur le président et ancien compagnon de lutte. Vous n'avez pas le droit de vous taire. Car le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Pour le respect de la mémoire de KPEA DOMIN, assassiné le 02 mars 1990, Akpélé AKpélé Marcelin, Elélé Sombo Mages, deux étudiants morts respectivement en janvier 1997 et en mai 1998, sous votre mandat, pour cette cause, vous devez dire "non" à cette décision. L'homme politique doit savoir se fidéliser aux mécanismes des idées et de la constance qui doivent être le moteur de son action. C'est pourquoi, au nom de notre combat commun contre la souffrance des élèves et étudiants, et au delà de tout calcul politicien, je vous invite à dire "NON".

Les anciens étudiants de la génération de Martial Ahipaud, Eugène Djué, Jean Blé Guirao, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, Jean Yves Dibopieu, feu Kuyo Serges, Koffi Serges, Mian Augustin , vous regardent.Monsieur le président, prenez rendez vous avec l'histoire, car elle aussi vous regarde. Tout en vous traduisant ma gratitude pour le temps que vous avez pris pour me lire, et dans l'espoir que mes propos trouveront auprès de vous un écho favorable, veuillez agréer, monsieur le président, l'expression de mes sentiments respectueux.


Fait le 29 juillet 2012 

De mon lieu d'exil 

Charles Blé Goudé 

Ancien dirigeant étudiant (1998-2000), Opposant en exil forcé


SourceABIDJAN.NET

GENOCIDE WE DE DUEKOUE: LAURENT FABIUS LACHE OUATTARA EN DIRECT, A L'HOTEL MEURICE

 

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Présenté comme la pièce maitresse du dispositif Ouattara auprès du gouvernement Hollande, le go-between entre ce dernier et Ouattara, Laurent Fabius ne s’est pas gêné pour lâcher le chef d’Etat ivoirien lors de sa dernière visite en France. Signe que le ministre français des Affaires Etrangères n’est pas si proche de Ouattara qu’on le croit, où qu’il n’est pas près de prendre tous les risques pour lui.

Le lâchage de Laurent Fabius a eu lieu à l’hôtel Meurice où Ouattara est descendu avec sa délégation.

En effet, la veille de sa rencontre avec le Président François Hollande, ADO y a reçu le ministre Fabius, pour les derniers réglages avant l’Elysée. Une heure durant, Alassane Ouattara l’a reçu en tête à tête. Signe de la complexité des sujets abordés.

Pendant ce temps-là, les journalistes attendaient pour le point de presse qui devait sanctionner la rencontre.

Durant cette dernière, un journaliste ivoirien a posé à Laurent Fabius la question suivante : « Pour répondre à la question sécuritaire à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, précisément à Duekoué, des massacres ont eu lieu la semaine dernière. Est-ce que ça a été au menu de vos discussions ?».

Et contre toute attente, Laurent Fabius, auréolé du titre d’ami de Ouattara, lui assène le coup de grâce: « Je préfère laisser le Président Ouattara s’exprimer ».

Selon les usages diplomatiques, Laurent Fabius aurait dû répondre à la question, même à minima, et ensuite passer le relais à Ouattara pour plus d’éclairage.

Son attitude a été décryptée comme la preuve qu’il n’avait pas du tout l’intention de protéger Ouattara sur le génocide WÊ de Duekoué, ou de prendre des coups à sa place.

Ouattara, surpris par l’attitude de son ami, de répondre que « la situation avait dérapé à l’ouest, qu’il condamnait la violence, que l’attaque du camp des réfugiés était inacceptable, qu’une commission d’enquête avait été mise sur pied qui est en cours de faire son travail et à l’issue de son travail, les juges prendront le dossier et ceux qui ont commis des crimes seront punis ».

Et le journaliste de poursuivre : « Vous êtes au courant des seigneurs de guerre issus du Burkina Faso?».

ADO: «Attendez que la Commission d’enquête fasse son travail et à l’issue de ce travail, il n’y aura pas d’impunité. Tous ceux qui ont commis des actes seront transférés à la justice internationale».

Sur ce, la conférence fut interrompue de façon brutale, ADO prenant congé de Fabius de la façon la plus lapidaire qui soit, contrairement au protocole.

Plus tard à l’hôtel Meurice, le journaliste ivoirien sera menacé par Ally Coulibaly, ministre de l’intégration africaine, et injurié copieusement par Charles Diby Koffi, ministre de l’Economie et des Finances du régime Ouattara, qui l’a qualifié de petit ingrat.


Christian Vabé


Source: IVOIREBUSINESS.NET

AUGMENTATION DES FRAIS D'INSCRIPTION A L'UNIVERSITE, UN COUP DE BLUFF DE OUATTARA?

 

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Jamais une décision n’a créé une telle « unanimité » en cette période post-électorale. Est-ce (enfin?) le sujet qui réconcilie tous les ivoiriens ? Même le Rdr, parti au pouvoir et ses partis satellites, Pdci, Udpci, etc, ont tous exprimé le même désaccord face à la décision prise par les présidents d’université de faire passer les frais d’inscription de 6000 Fcfa, à 100.000 Fcfa, jusqu’à 300.000 Fcfa.

Le Rdr a qualifié cette décision de « disproportionnée ». Tous les syndicats d’élèves et d’étudiants, ont dénoncé cette décision unilatérale et ont exigé qu’elle soit revue au plus vite. Même Blé Goudé, en sa qualité d’ex-secrétaire général de la Fesci a exprimé son « cri du cœur », en adressant à son ex-camarade de syndicat, Soro Guillaume un courrier. Courrier dans lequel il se dit d’abord « choqué et sidéré par une telle décision», avant d’inviter son ex-compagnon à dire « Non » à une telle décision qui visiblement, va à l’encontre des étudiants issus de familles pauvres.

C’est une donc une décision en définitive impopulaire qui provoque une levée de bois verts contre les autorités universitaires et le ministère de l’enseignement supérieur, sinon contre le régime actuel. « C’est un génocide intellectuel », disent certains. Pour d’autres, « c’est un vrai suicide collectif ». Cela, pour traduire leur colère et leur l’indignation et partant, celui de tous les ivoiriens.

Ainsi, élèves et étudiants, parents d’élèves, leader d’opinion et partis politiques, sont unanimes. Cette décision d’augmenter les frais d’inscription dans les universités publiques revêt un caractère impopulaire et risque de perturber la rentrée universitaire fixée au 03 septembre prochain. Soit.

Cependant, quelques détails assez curieux dans cette affaire « d’augmentation des frais d’inscription », ont attiré notre attention.

Le contexte de misère post-crise avéré

Dans son communiqué relatif à cette décision, le Rdr parti politique dont monsieur Ouattara est encore le président, décrit la période post-crise actuelle comme une période de « paupérisation galopante ».

D’autres ivoiriens interrogés sur le contexte inapproprié de cette cynique décision, ont évoqué « la vie chère et le manque d’emploi ».

Si donc le Rdr et monsieur Ouattara sont conscients que le contexte actuel ne se prête nullement à de telles décisions et que l’ivoirien lambda s’en plaint au point d’exprimer ouvertement toute sa colère, pensez-vous que monsieur Ouattara et son régime en perte de vitesse, puissent prendre néanmoins le risque de laisser prospérer cette décision si impopulaire soit-elle?

Par ailleurs, comment se fait-il que cette décision, annoncée le 25 juillet dernier, se situe juste à un mois seulement de la rentrée universitaire prévue pour le 03 septembre ?

N’est-ce pas cette même Côte d’Ivoire, version Ouattara, qui annonçait fièrement avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative Ppte et son récent corolaire d’annulation quasi-totale de la dette ivoirienne par la France ?

Pourquoi monsieur Ouattara, de retour d’une tournée internationale, garde encore le silence, alors que la colère des populations se fait de plus en plus entendre ?

Toutes ces questions nous ont interpellé et nous ont poussés à dire que nous sommes bien en face d’un coup de bluff en préparation. Ce coup consiste à faire « mijoter » la colère et l’indignation des ivoiriens avant de venir jouer les « pompiers sauveurs de l’humanité ».

On se rappelle comment, au temps de Laurent Gbagbo, ce dernier a réussi à « décanter » certaines situations que l’on pensait irréversiblement perdues d’avance. Ce qui lui a valu une certaine sympathie de la population ivoirienne. Monsieur Ouattara va-t-il s’inscrire dans cette voie ? Alors, le scénario (monté de toutes pièces) pourrait bien être celui où ce dernier se dressera comme le dernier recours, la Solution ultime, juste pour faire grimper sa côte de popularité et celle de son régime.

C’est donc mécontents que les étudiants et les parents d’élèves, chercherons alors à voir « le grand chef » pour lui présenter leurs doléances. Bien évidemment pour que les frais d’inscription soient revus à la baisse. Alors, celui-ci, en homme « providentiel », présenté comme « le libéral à visage humain », interviendra, tout naturellement, pour que ces tarifs connaissent une baisse significative. C’est alors que ses « ADOrateurs » crieront victoire ! Quel coup ! En cette période de crispation socio-politique et de drames récents. Ne soyez donc pas étonnés qu’après, notre cher « grand cousin et bluffeur patenté » se prévale d’être la Solution à nos malheurs. Bien sûr, puisque c’est lui qui les a créés.

 

Marc Micael

Zemami1er@yahoo.fr

LE CYNISME DANS LA GOUVERNANCE EN COTE D'IVOIRE: UNE PREUVE DE L’INCAPACITE DE OUATTARA

 

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Le régime issu du coup d’Etat de la France en Côte d’Ivoire, dans sa gestion du pays fait montre d’un cynisme déconcertant, depuis ses activités de sabotage pour arriver au pouvoir jusqu’à sa gestion actuelle des affaires. Les actes et mesures de gouvernance du régime de M. Alassane Ouattara sont si cyniques et si grotesques qu’on a carrément le sentiment qu’il se moque des Ivoiriens et du monde. Mais il faut comprendre que dans le fond, cet homme est resté égal à lui-même : c’est-à-dire un incapable faussement apprécié, qui avait déjà montré sa nullité dans la conduite des affaires de l’Etat, dans les années 1990. Il croyait pouvoir gouverner par ordonnance de ses amis, à l’image d’un simple exécutant, comme du temps où il était employé sans véritable pouvoir de décision au FMI. Oui ! Ayant vu ses limites, ou son incapacité, dans les années 1990, Ouattara espérait, 20 ans plus tard, compter sur ses parrains pour gouverner la Côte d’Ivoire par procuration. Le changement de régime en France, et la perspective d’un vent nouveau en Afrique montrent à ce tricheur que le jeu n’est pas gagné d’avance. Alors le voilà qui tâtonne, dans une gouvernance hasardeuse et grotesque. A la vérité, cet homme est un incapable notoire!

Au début des années 1990, il ya 22 ans

L’homme, Alassane Dramane Ouattara, nous avait déjà donné un aperçu de sa médiocrité dans la gestion de la chose publique. Ayant fanfaronné, à l’image de tous les fats, avec une vaine promesse de tout régler en 100 jours, il n’a rien fait   que des trafics de toutes sortes tout le temps qu’il a trôné à la primature du pays. On a pensé à la méchanceté et peut-être, pour ce venu d’ailleurs, à un certain compte à régler aux Ivoiriens. Il n’aura été capable, sous prétexte d’appliquer les « programmes (tout faits) d’ajustement », que de chamboulé et l’économie et la société de ce pays, par des privatisations sauvages, le détournement du patrimoine national avec sa complice de femme, qui est en fait le cerveau de tout le jeu, la mise à la rue de nombreuses familles, la création de la carte de séjour, et le sabotage du système éducatif, avec des mesures à effet de démotivation dont les salaires à double vitesse. Ouattara est en réalité un incapable, et sa gestion scandaleuse de la chose publique n’est pas seulement la fait de la méchanceté, même si pour se mettre dans les rôles qu’il joue, il faut une bonne dose de cruauté. Il est méchant, ce qui est inhérent à tous les médiocres envieux et outrancièrement ambitieux ; mais il est surtout incapable !

Aujourd’hui, après avoir été imposé, l’imposteur continue le massacre

Dans une coalition diabolique avec le PDCI et certains groupements de personnes avides et sans ambition pour la nation, Alassane Dramane Ouattara, devenu Alassane Ouattara, a été installé à la tête de la Côte d’Ivoire. Cette installation, faut-il le rappeler, s’est faite dans une imposture sans nom, dont seules peuvent se vanter « les personnes sans aucun sens de l’honneur » comme cet homme, ainsi que le dit Thabo Mbeki, l’ex chef d’Eta sud africain, et des impérialistes tricheurs, véreux et racistes de la graine d’un Nicolas Sarkozy, totalement déficient au plan moral. Alors, cet imposteur sans pudeur n’en finit plus de faire assassiner les Ivoiriens, de les affamer, de les priver de liberté, de travail, de terre, d’instruction, de tout. Le dernier « kata » de l’imposteur, c’est de rappeler à tous que l’école demeure l’une des cibles principales dans sa destruction de la Côte d’Ivoire. On sait que ses milices, aujourd’hui transformées en armée étatique appelée FRCI, ont détruit les universités et de nombreuses écoles ; on sait qu’il a nommé à la tête de l’Education Nationale, une illettrée notoire, qui fait toutes sortes de vilénies dans le système. A présent, il joue avec les nerfs du peuple ivoirien, en annonçant des mesures qui n’ont d’objectif que de faire porter au  peuple ses incapacités, et justifier un statut quo de souffrance pour les Ivoiriens, qui fait son sadique bonheur.

L’augmentation des frais d’inscription à l’université participe, comme les tueries de Duékoué et de partout ailleurs dans le pays, d’un plan de maintien du statu quo

L’insécurité comme gage de maintien des forces étrangères et d’achat d’armes :

L’insécurité au niveau maximal en Côte d’Ivoire permet à Alassane Dramane Ouattara de parcourir le monde pour demander, d’une part le maintien des soldats de l’ONU CI, qui n’ont aucune envie de partir de la Côte d’Ivoire, ce qui explique qu’ils assistent passifs aux massacres des populations par les hommes armés par Ouattara, s’ils ne participent pas carrément à ces massacres ; d’autre part, l’insécurité lui permet de demander que les troupes françaises et onusiennes demeurent sur le sol ivoirien, et de requérir des armes d’autres pays. Tout cela dans l’objectif de continuer une dictature sanguinaire dans ce pays.     

L’augmentation des coûts des inscriptions, une manœuvre pour garder fermées les universités:

Alassane Dramane Ouattara a promis la rentrée universitaire pour le 3 septembre prochain. Or, rien dans la réalité ne présage la possibilité de cette rentrée. Rien ne sera prêt à cette date. Alors, l’imposteur, qui n’en finit pas de montrer son incapacité à tenir la moindre promesse, a mis en avant cette décision, pour que la non effectivité de la rentrée soit vue comme un problème lié aux coûts, plutôt qu’à la vérité qui est qu’il n y aura aucune infrastructure prête à la date du 3 septembre ; par ailleurs, ayant emprisonné ou contraint à l’exil de nombreux enseignants chercheurs, il sait qu’il ne pourra pas, à cette date, ouvrir les universités, si tant est qu’il avait la moindre volonté de les ouvrir.

Alassane Dramane Ouattara est fondamentalement négatif et surtout incapable. Il cache son incapacité dans des actes et décisions totalement cyniques et grotesques, pour continuer tranquillement de conduire sa dictature. L’histoire retiendra l’époque du passage de cet homme-là au sommet de l’Etat de Côte d’Ivoire comme la pire des impostures que peut subir une nation.


Que Dieu nous protège.   


Nda Adjoua Suzanne

lundi, 30 juillet 2012

LA REINE ELISABETH II REFUSE DE RECEVOIR ALASSANE OUATTARA EN AUDIENCE A BUCKINGHAM PALACE

 

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Annoncé à grands renforts de publicité par le service de Communication de la présidence ivoirienne, la rencontre entre Alassane Ouattara et Elisabeth II d’Angleterre n’a finalement pas eu lieu. Le chef de l’Etat ivoirien est rentré à Abidjan sans avoir rencontré la souveraine britannique.

Ce qui devait être le clou de sa visite au Royaume Uni, a été annulé sine die.

Selon nos sources à Londres, les services de sa très gracieuse majesté ont annulé la rencontre entre le chef de l’Etat ivoirien et la monarque britannique. La raison invoquée : Rencontre sensible et susceptible de créer des troubles et d’entacher la cérémonie d’ouverture des JO de Londres, dont la Reine a fait du succès et du rayonnement, la priorité des priorités.

La visite mouvementée de Ouattara à Chatham House vendredi, où Ouattara rencontrait les potentiels investisseurs britanniques en direction de la Côte d’ivoire, a fini par convaincre Scotland Yard, la police britannique, du risque Ouattara pour l’image de la Grande Bretagne, au moment où toutes les cameras du monde ont les yeux rivés sur les JO de londres. On se rappelle que près de 200 manifestants gonflés à bloc étaient venus huer et conspuer Alassane Ouattara à Chatham house. ADO a dû être obligé de quitter Chatham house par la porte dérobée, sur insistance de Scotland yard.

Dès la réception de ce rapport d’exfiltration de Ouattara pour éviter une foule hostile, la Reine Elisabeth II a annulé sa rencontre avec lui.

Les patriotes ivoiriens du royaume Uni mettent cette annulation de la visite de Ouattara à Buckingham sur le compte de leur mobilisation. Ils affirment que grâce à eux, l’opinion publique anglaise est désormais au courant du Génocide WÊ de Duékoué perpétré par les FRCI et les Dozos de Ouattara, dont le dernier acte est le massacre de 211 réfugiés WÊ au camp de Nahibly (Duékoué), pourtant protégé par l’ONUCI.

La photo qui allait immortaliser Elisabeth II et Alassane Ouattara, l’ami des grands de ce monde, montrant ce dernier à Buckingham Palace avec la Reine, n’aura donc pas été prise.

Selon nos sources, ADO est très affecté de n’avoir pas pu rencontrer la Reine, qu’il vénère et pour qui il a une grande admiration.


Catherine Balineau


Source: FACEBOOK DEBOUTCIV

dimanche, 29 juillet 2012

QUAND L'AFP RECONNAIT QUE LES BEAUX REVOLUTIONNAIRES SYRIENS SONT DES ISLAMISTES

 

ISLAMISTES SYRIENS.jpg


Il y a comme ça des pépites de vérité que l'on trouve, par hasard, dans le fumier de la guerre de l'information. Alors qu'en Occident tous ceux qui émettent des doutes sur le soutien sans équivoque à "l'Armée syrienne libre", aux démocrates armés syriens spécialistes des attentats terroristes, etc... sont considérés comme des infréquentables défenseurs d'une tyrannie, une dépêche de l'AFP vient nous en dire plus sur l'identité de ces beaux combattants de la liberté. Que nous apprend-elle ?

"Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et des étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes). Il y a des Tchétchènes, des Algériens et même des Suédois et des Français de confession musulmane. 

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge - sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" - qui tirent à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée."

Fort intéressant tout cela.

Les "Français de confession musulmane" qui se trouvent là-bas, jumeux idéologiques de l'ennemi public numéro un d'il y a quelques mois, Mohammed Merah, sont-ils en contact avec les forces spéciales françaises qui soutiennent la rébellion syrienne ? Dans la mesure où ils nourrissent le même grand dessein que leur pays et ont strictement les mêmes alliés, seront-ils en cas de victoire décorés voire intégrés dans les Forces spéciales ? Vont-ils a contrario être jetés en prison ou mis sur la liste noire des "terroristes" à surveiller de très près ?

Alors que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius appelle au déploiement de forces africaines "capables" et "organisées" pour chasser du Nord-Mali les "islamistes armés" qui y sont installés, on aimerait lui poser une question: quelle est la différence entre les "islamistes armés" qui sont au Mali et les "révolutionnaires" salafistes qui sont en Syrie ? Ils sont de la même obédience idéologique et jouissent des largesses des mêmes financiers, notamment l'émir du Qatar, qui leur envoie sans doute des Western Union entre deux Conseils d'administration du PSG.

Au fait, de qui se moque-t-on ?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 28 juillet 2012

KANDIA CAMARA MOUILLEE DANS UNE AFFAIRE DE RECRUTEMENT PARALLELE - VASTE FRAUDE AU CONCOURS D'ENTREE AU CAFOP

 

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Les Instituteurs adjoints (IA) et Instituteurs ordinaires (IO) ont pris connaissance le mardi 10 juillet dernier des résultats du concours de recrutement à la fonction d’enseignant auquel ils ont participé.  Malheureusement, une vaste fraude dans laquelle est citée la ministre Kandia Camara s’y est invitée. Jugez-en par vous-mêmes ! Le mercredi 16 mai dernier, Le Nouveau Courrier avait levé le lièvre sur la vaste fraude qui s’organisait autour des résultats du concours direct d’entrée au Cafop, session 2012. Mais cette révélation n’a pas empêché aux auteurs d’aller au bout de leurs idées d’injecter des candidats recalés sur les listes finales. La magouille est tellement grotesque qu’elle saute aux yeux. Et pourtant, Alassane Ouattara et ses ministres avaient promis d’exercer de respecter la plus stricte transparence. C’est de la poudre aux yeux.



Pour ceux qui veulent s’en convaincre, en ce qui concerne le département de l’Education nationale dont Kandia Camara est la première responsable, des preuves sont disponibles pour ce qui est du concours d’entrée au Cafop.  Allez dans le portail de la Direction des examens et concours (Deco), www.deco.ci et cliquez sur le lien «résultats d'admission du concours d'entrée au Cafop IO et IA session 2012», rechercher par numéro de table, pour ce qui est précisément des candidats (Instituteurs adjoints IA), en entrant ces six numéros triés sur le volet parmi des centaines d’autres (plus de 800) dont Le Nouveau Courrier a eu connaissance dans son investigation : 2MM13505, 2GM30282, 2GA30272, 2GB30274, 2GI30276, 2GF10367, votre ordinateur vous indiquera ceci : «Félicitation ! Vous êtes admis au concours d'entrée au CAFOP Session 2012 (Instituteur Adjoint)». Ensuite, allez à: 

http://www.deco.ci/examens-concours/CAFOP/Admissibilite2012/

C’est-à-dire pour vérifier au préalable l’admissibilité des candidats déclarés admis sur la liste définitive, et entrer ces mêmes numéros, toujours dans la catégorie IA. Il sera marqué avec stupéfaction : «Désolé ! Les informations entrées ne correspondent à aucun candidat admissible au concours d'entrée au CAFOP Session 2012 (Instituteur Adjoint)».

Alors question ! Comment peut-on être définitivement admis à un concours direct d’entrée au Cafop si l’on n’a pas pu avoir au préalable son nom sur la liste des candidats admissibles ? Seuls la ministre de l’Education nationale, Kandia Camara, et son cabinet, peuvent expliquer ce «miracle».


Saint-Claver Oula


SourceLE NOUVEAU COURRIER

FRANCE, ANGLETERRE… OUATTARA PRIS EN CHASSE PAR LA DIASPORA AFRICAINE

 

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 Une vue des patriotes de Londres, sortis massivement devant l'hôtel "Chatham House" où Ouattara donnait une conférence de presse. La mobilisation était si forte que Ouattara a dû quitter les lieux par une porte dérobée.


Sitôt sa visite en France achevée, le chef de l’Etat ivoirien a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il est arrivé hier. Précédé par la diaspora africaine qui hante désormais ses nuits et ses voyages.

Sans que l’hallali n’ait véritablement sonné pour Alassane Ouattara, la diaspora africaine le suit à la trace dans ses pérégrinations européennes. A l’Elysée où il était jeudi, la police française a eu du mal à se débarrasser de ses adversaires qui se sont constitués en une véritable meute et qui hurlaient des slogans hostiles à sa venue en France. Finalement, elle n’a trouvé de répit qu’en la garde à vue de la totalité de la tête du mouvement pendant plusieurs heures. Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, voilà encore le chef de l’Etat ivoirien assailli par un autre groupe qui lui reproche sa dictature, l’emprisonnement de la plupart des cadres du FPI et les massacres de Duékoué sur lesquels ONUCI et gouvernement ivoirien se rejettent la responsabilité de l’incurie.

Selon des sources à la Chatham house, le chef de l’Etat ivoirien a quitté la Chatham house, où il animait une conférence, par une porte dérobée pour éviter de faire face à ses adversaires qui faisaient face à un groupe de pro-Ouattara. Les services de sécurité anglais ont jugé, selon plusieurs sources relayées abondamment par des réseaux sociaux, qu’il était inopportun de laisser le conférencier abondamment chahuté, quitter les lieux par l’entrée principale, occupée par les manifestants anti-Ouattara. L’un des organisateurs de la manifestation a indiqué sur un ton ironique que le « champion de la communauté internationale qui est par ailleurs capable de larguer des bombes, a eu peur de passer devant nous. C’est une victoire pour les patriotes qu’en lieu et place d’un tapis rouge triomphal, Ouattara passe par une porte de service cachée. O honte!! ».

Mais comme à ses habitudes, le régime de Ouattara a lancé depuis quelques jours la contre-offensive médiatique en accusant le front populaire ivoirien d’être le principal artisan de ces massacres. Un peu comme si le FPI lui avait fait un pont d’or puisque le gouvernement rechigne toujours à voir se réinstaller le camp de Nahibly dont les rescapés n’ont pas encore obtenu la moindre compassion. Alors que le gouvernement parlait de six morts, l’ONU est venue à son secours hier dans un communiqué qui souligne la mort de six personnes dans le camp de Nahibly, assiégé selon le rapport d’un de ses soldats, tôt le matin de l’horreur par trois cent personnes dont des FRCI et des dozos armés jusqu’aux dents pour venger la mort de cinq ressortissants malinké dans le quartier Kôkôma.

La fronde au niveau de la Grande-Bretagne est dirigée par le Cpad, l’association qui prend en charge l’organisation des voyages à La Haye des pro-Gbagbo. Cette association regroupe aussi des panafricains dont les Camerounais restent aujourd’hui encore les plus enthousiastes avec les Congolais. Leur présence est symbolique puisque cela ne devrait pas changer ni l’ordre protocolaire ni l’agenda personnel de Ouattara qui est attendu, selon ses thuriféraires sur place, par les plus hautes autorités du pays. Cela dit, du point de vue de l’image, Ouattara enregistre ses plus grands revers postélectoraux. Jusque-là, le chef de l’Etat ivoirien avait réussi à se donner, surtout auprès des pays occidentaux, une image d’homme qui n’aime pas les extrêmes. En partie parce que ses adversaires sur place sont peu enclins à ce genre de coups déloyaux en parfaite combine avec les médias internationaux mais parce que croyaient-ils, seul le jugement des Ivoiriens feraient le reste.

Alassane Ouattara devrait aussi se rendre au Japon où il espère glaner les lauriers promis depuis avant l’élection présidentielle. Les derniers voyages en Chine puis en France n’ont pas tenu la promesse de la fleur, notamment à Pékin où le chef de l’Etat a réussi à se faire recevoir avant le sommet Chine-Afrique. M. Ouattara s’est contenté d’appeler les investisseurs chinois à venir à Abidjan où la présence des FRCI terrorise toujours les étrangers. Quant à la France, elle s’est contentée de parapher des accords annulant une partie de la dette ivoirienne consentie dans le cadre du ppte. Pour le reste, le pays est toujours exsangue, plus d’un an après l’arrivée de Ouattara au pouvoir. L’année universitaire annoncée depuis septembre est compromise, surtout après que ses autorités aient publié les nouveaux frais d’écolage à l’Université d’Abidjan qui a repeint ses vieilles tuiles mais à qui il faut beaucoup de milliards pour faire face aux pillages des dernières heures de l’offensive anti-Gbagbo à Abidjan.


Joseph Titi, in le quotidien "Aujourd’hui" du 28 juillet 2012.

vendredi, 27 juillet 2012

HAUSSE DES FRAIS D'INSCRIPTION DANS LES UNIVERSITES PUBLIQUES: LES ETUDIANTS EN COLERE

 

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Cissé Bacongo et Asalfo en visite sur le chantier de l'université d'Abidjan Cocody

 

Une fois n'est pas coutume, même le quotidien "Le Patriote", pro-Ouattara invétéré, toujours solidaire dans le mal et authentique brûlot génocidaire, est obligé de le reconnaître: la hausse des frais d'inscription dans les universités publiques est excessive et inacceptable. Il titre ce matin, en Une: "Universités: Tollé généralisé sur les nouveaux frais de scolarité trop élevés", et nous propose ce panel qui expose l'avis d'étudiants mécontents d'une décision anachronique et impopulaire (c'est en tout cas le moins qu'on puisse dire) dans cet article titré: "Hausse des frais d'inscription dans les universités publiques: les étudiants en colère". Où sont donc passées les pluies de milliards qui devaient épargner le petit peuple de ses mesures injustes et appauvrissantes et où sont les fameuses solutions brandies pendant la campagne présidentielle? Ouattara, c'est vraiment une désolation. Bonne lecture!

 

Après l’annonce des nouveaux frais d’inscription, nous avons rencontré des étudiants au Centre Ivoirien de Recherche Economique et Social (Cires), situé à Cocody, pour recueillir leurs avis. 

 

1- Aurelie Amani, 

Etudiante en maitrise de sociologie

“Ça sera difficile de faire de longues études”

« Les étudiants qui sont dans les universités publiques ont pour la plupart des parents qui n’ont pas les moyens. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui se prennent pratiquement en charge. La scolarité qui passe de 6.000 FCFA à 100.000 FCFA c’est trop ! Nous qui sommes en maîtrise, nous devons payer 200.000 FCFA. Ça sera difficile pour nous de faire de longues études si on doit payer 300.000 FCFA chaque année. Le comble, c’est qu’on n’est même pas sûr d’avoir du boulot. Il faut que le gouvernement diminue les frais d’inscription pour nous encourager à continuer nos études.


2- Amont Venance

Etudiant en licence d’histoire :

«La rentrée risque d’être menacée»

« J’estime que le coût est trop élevé pour les étudiants. Si l’Etat pouvait faire un effort de revoir les coûts, je pense que cela serait avantageux pour nous. Avant, il était même difficile pour les étudiants de s’acquitter de leur scolarité qui était à 6.000 FCFA , à plus forte raison 100.000 FCFA. Il faut que le gouvernement se concerte encore sinon la rentrée universitaire risque d’être menacée. 


3- Akoué Marcel

Etudiant en maîtrise de criminologie :

«Pourquoi à quelques semaines de la rentrée !» 

« J’ai été surpris par cette nouvelle parce qu’aujourd’hui tout le monde sait comment les choses évoluent. Les temps sont très difficiles actuellement et tout est cher. Quand on vient ajouter cela à nos problèmes, on ne sait plus comment faire. Sincèrement, je ne pense pas avoir 200.000 FCFA pour la rentrée prochaine. J’ai perdu mon père depuis que j’étais en classe de 4ème, ma mère ne travaille pas. C’est mon grand-frère qui payait mes inscriptions jusque-là. Actuellement, il est trop occupé avec sa petite famille. Moi, je fais de petits "gombos" pour l’aider. Payer 200.000 FCFA pour m’inscrire à l’université, je ne pense pas y arriver. Ce que je déplore le plus, c’est que la décision soit tombée à quelques semaines de la rentrée. J’aurais souhaité qu’on nous le dise depuis l’année dernière pour qu’on commence à prendre nos dispositions. Il faut que le gouvernement revoie cette décision, sinon nous risquons de ne pas aller à l’université cette année.


4- Atsain Atsain Moïse

Etudiant en maîtrise de criminologie :

«C’est un suicide»

« Je suis vraiment sidéré. Je suis toujours sous le choc. C’est un vrai suicide. Comment comprendre qu’un étudiant qui avait déjà du mal à payer 6.000 FCFA comme frais d’inscription puisse payer 200.000 FCFA. J’étais heureux quand j’ai appris que la rentrée universitaire était fixée au 3 Septembre. Mais cette nouvelle vient briser mon rêve. Le Président Ouattara dit qu’il comprend nos problèmes mais je ne comprends pas pourquoi nous faire payer 100.000 FCFA, 200.000 FCFA et 300.000 FCFA comme frais d’inscription. D’autant plus que nous n’exerçons aucun métier. Nous, enfants de pauvres, comment pouvons-nous, nous en sortir dans ces conditions. Moi mes parents sont tous au village et nous sommes quatre étudiants. Ils arrivent à peine à manger. Moi, j’ai commencé à me prendre en charge depuis ma première année à l’université. J’ai toujours fait des petits métiers pour y parvenir. Mais trouver 200.000 FCFA à moins de deux mois de la rentrée, c’est quasiment impossible pour moi. Et si ça continue comme ça, il y aura à peine 500 étudiants à la rentrée. Ils disent que d’autres étudiants payent 1 million FCFA dans des universités privées. Mais, eux ils en ont les moyens. C’est parce que nous n’avons pas les moyens que nous sommes dans une université publique. »


5- Blé Guissi Maxime

Etudiant en maîtrise de criminologie :

«Cela s’apparente à un génocide intellectuel»

« Les étudiants sont tombés des nues. A l’annonce de cette décision, nous avons été tous indignés. Cette décision s’apparente plus à un génocide intellectuel qu’à autre chose. Je voudrais en appeler au bon sens de nos dirigeants académiques afin qu’ils revoient les coûts à la baisse. Surtout que le Chef de l’Etat lui-même s’évertue à dire aux Ivoiriens qu’il comprend leurs souffrances et leur impatience et que le Premier ministre demande une trêve sociale. Ce n’est pas le moment de venir dire aux étudiants de payer des sommes faramineuses. Là où l’étudiant n’a même pas 6.000 FCFA pour s’inscrire. Renseignez vous aujourd’hui à l’université. il y a des étudiants qui ont des scolarités de deux à trois années impayées. Je pense que c’est un suicide collectif et un vrai génocide intellectuel. La rentrée est totalement menacée avec cette nouvelle parce que nous ne nous sentons pas concernés par ces prix-là. C’est vrai que le ministre Cissé Bacongo a dit que les universités sont autonomes et qu’on leur doit cette autonomie. Mais je pense qu’avant de prendre une décision, il faut quand même consulter les étudiants et les parents d’élèves. Nous en tant qu’étudiants nous ne nous reconnaissons pas dans cette décision. Nous allons faire une doléance au Président de la République dès son retour pour qu’il nous aide dans ce sens. Parce que la crise post-électorale a déjà causé plusieurs chômeurs et de nombreux bandits sont dans nos rues. Il n’est pas question que les étudiants viennent grossir ces rangs par faute de moyens.

 

Réalisé par Soumba O. (Stagiaire), in le quotidien ivoirien pro-Ouattara "Le Patriote", du vendredi 27 juillet 2012.

 

Source: Le blog de Benoît Boéhi

ALASSANE OUATTARA, LE CURIEUX SAUVEUR DES PAUVRES

 

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Alassane Dramane Ouattara serait-il devenu le bon samaritain des tropiques ? Nous ne réprimerons pas l’envie de répondre oui. Mais ici, il est un curieux sauveur. En effet, lors de l’une de ses nombreuses pérégrinations, Ouattara aperçu la Côte d’Ivoire gisant dans son sang, ses bassesses et ses souffrances. Il s’approcha de l’épave et eu la gentillesse de verser quelques fines larmes bien chaudes. Il récupéra la Côte d’Ivoire pour dit-il, la soigner, à sa manière bien sûr. Et depuis plus d’un an, il soigne notre pauvre pays, un pays où le taux de pauvreté avoisine les 50%. Un pays où le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) est fixé à 36 607 FCFA. Depuis plus d’un an, les tendances des prix des produits de première nécessité est à la hausse. Les finances des ménages ont toutes connues un dépérissement au point où des commerçants ont cru bon créer le slogan « Gbagbo ka fissa » c’est-à-dire « Gbagbo est mieux » en langue malinké. Les travaux « herculéens » engagés est un rideau translucide qui dévoile la misère du bas peuple.  Depuis qu’il soigne ce pays, rien ne va. La Côte d’Ivoire vit au rythme des massages cardiaques, des comas répétés et des convalescences précaires Pourtant elle est entre les mains d’un sauveur, un sauveur des pauvres, un bien curieux sauveur !

Après avoir secoué plusieurs entreprises en vue d’extirper les indésirables et grossir le cercle des pauvres, il met aujourd’hui le cap sur les universités publiques. Il veut, pour sauver les pauvres, secouer ces universités en vue de les tenir  en marge du système. C’est la dernière thérapie qu’il vient de décrocher. Il ne s’est pas gêné de la publier. Désormais donc, pour sauver tous les pauvres qui auront la chance d’être orientés dans les universités publiques de Côte d’Ivoire, ceux-ci devront prendre les médicaments suivants : Inscription en Licence : 100 000 FCFA, Master : 200 000 FCFA, Doctorat : 300 000 FCFA (système LMD). Et puisque notre Alassane Dramane Ouattara est le nouveau chantre de l’intégration sous régionale (cela se comprend aisément), tous les étudiants de l’espace UEMOA sont alignés sur le même tarif. La situation de ceux qui sont hors espace UEMOA est pire que le cancer où le choléra ; Licence 300 000 FCFA, Master 400 000 FCFA, Doctorat 500 000 FCA.

Pour le bon samaritain des tropiques, le présent tableau des tarifs vise à sécréter des diplômés mieux formés, bien armés, compétitifs. C’est donc les yeux noyés de larmes que la pauvre Côte d’Ivoire a appris cette nouvelle. Un bref retour sur nos pas nous présente un tableau tarifaire totalement différent. Tous ceux qui faisaient les années antérieures (1980-2011), leurs premiers pas dans une université publique, déboursaient la modique somme de 7.000 FCFA et 6.000 FCFA pour les réinscriptions. Parallèlement, les étudiants orientés dans les grandes écoles privées déboursaient à l’inscription, la somme de 40 000 FCFA. Avec Ouattara le curieux sauveur, les universités publiques sont plus chères que celles dites privées. Vive la Solution ! Avec Ouattara le bon samaritain des tropiques, dire d’une personne qu’elle est pauvre ne suffit pas à son bonheur. Il veut voir cette personne devenir une loque humaine offerte aux railleries des riches. Curieux sauveur des pauvres !

L’on a encore en mémoire, la thérapie qu’il avait destinée aux étudiants et enseignants lorsqu’il était 1er Ministre du père fondateur, notre seul nanan. Il avait généreusement supprimé les cars de transport des étudiants. Les restaurants universitaires avaient été concédés à des privés. Il avait supprimé les cartes de bus que l’Etat distribuait gratuitement aux élèves de l’enseignement secondaire. Les enseignants quant à eux, avaient reçu une bonne dose d’amour du sauveur des pauvres. Il avait particulièrement pensé à eux en leur attribuant un salaire à double vitesse. C’est ce que l’on a appelé le raccrochage. Toutes ces mesures ont affecté l’école ivoirienne. Mais comme ce coup n’a pas été suffisant pour détruire définitivement tout le système, Ouattara le sauveur des pauvres a réinventer une autre thérapie. Pour la faire passer, il s’exerce à un lugubre jeu de séduction qu’il maîtrise bien : miroiter un lendemain aussi radieux que celui de ceux qui sortent de Harvard ou des sciences Po de Paris. L’on a ainsi entendu dire que cette mesure est la meilleure manière de crédibiliser les diplômes, de rendre les étudiants plus compétitifs, en un mot elle permettra de fournir au pays des têtes bien faites. C’est à croire que depuis sa création jusqu’à ce jour, l’université n’a offerte à notre pays que des têtes creuses. Tellement creuses qu’actuellement les administrations sont tenues par les coopérants français et les institutions internationales ne comptent pas d’ivoiriens en leur sein. Le sauveur des pauvres  se cachera certainement derrière le statut d’Etablissement Public National (EPN) de l’Université publique pour se dérober. Comme pour dire que l’université est un micro état à l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Il se cachera peut être derrière les langues de peinture passées sur les murailles des universités pillées par ses partisans. Il ne dira certainement pas qu’il a construit de nouveaux amphithéâtres qui lui ont coûté les yeux de la tête et que les frais d’inscription faramineux devraient amortir.

Pour appliquer sa mesure, il peut compter sur le zèle de ses courtisans. Oh ! Combien sont-ils à avoir claironné sur tous les boulevards, traitant les refondateurs de tous les noms d’oiseaux parce que l’idée de porter les frais d’inscriptions à 50 000 FCFA (tous les cycles) faisait son chemin dans le milieu universitaire. Ces courtisans sont aujourd’hui pris entre porter un coup d’œil dans leur maigre bourse et broder le siège du Rassemblement Des Républicains (RDR). Mais comme pour eux, les intérêts tribaux sont plus forts que le devoir d’objectivité, ils applaudiront les hérésies du pouvoir. La Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui avait opposé un refus catégorique au projet de révision à la hausse des frais d’inscription, a été mise au cachot par le pouvoir.. Elle ne pourra plus freiner l’ardeur morbide des gouvernants. L’association des parents d’élèves, quant à elle, n’existe que de nom. Elle est juste là pour pondre de vagues communiqués. Les populations sont cloitrées dans les salons ; toutes tétanisées par les gris-gris des Dozos et uniformes bigarrés des nervis du pouvoir. Ceux-ci n’attendent que la moindre fronde pour brandir leurs armes assoiffées de vies humaines.  Les pauvres sont donc aux mains de celui qui prétend travailler pour eux. La thérapie qu’il propose est pour les riches et non les pauvres.

Bientôt l’on regardera le visage des résidences universitaires, elles aussi afficheront leurs prix faramineux. Ainsi va la Côte d’Ivoire sous Alassane Dramane Ouattara le curieux sauveur des pauvres.


Que Dieu nous sauve.

 

Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com

OUATTARA SOMME DE NEGOCIER LA PAIX AVEC SES OPPOSANTS

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Le président français a descendu quelques marches pour accueillir hier son homologue ivoirien à l’Elysée où les apparences ont été pour le moment préservées. Mais Ouattara sait désormais qu’il n’a plus tout à fait son destin entre les mains puisqu’il est sommé de négocier la paix avec ses opposants.


Un chef de l’Etat sur écoute, humilié la veille à l’aéroport parisien où François Hollande n’a daigné envoyer ne serait-ce que  le moins gradé de ses conseillers. Hier, l’opération était plus à soigner les apparences qu’à autre chose. Ainsi, le président français qui a ostensiblement boudé son homologue ivoirien durant de longues semaines, y compris sur des questions dont celui-ci avait directement la gestion comme celle du Mali, a tenté de jouer à l’acteur parfait devant un parterre de photographes qui n’ont sans doute pas oublié que des mois plus tôt, Ouattara était encore dans les mêmes murs, pour soutenir une dernière fois, l’ami Sarkozy sorti perdant de l’élection présidentielle. Signe des temps, les ministres des finances des deux pays ont signé le document annulant officiellement l’essentiel de la dette ivoirienne due à la France. Une opération-colifichet en fait pour laquelle Ouattara a usé de sa tendance chronique à la mystification. « Monsieur le président, je voulais vous remercier parce que nous avons signé avec le ministre des Finances avant hier (mardi) une annulation de la dette de la Côte-d’Ivoire à l'égard de la France de 99,5%, c’est-à-dire plus de trois milliards d’euros. Cela va nous permettre de renforcer les investissements dans les secteurs sociaux et je voudrais vous dire un grand merci ». Pourtant, rien de nouveau sous le soleil. La Côte d’Ivoire qui vient d’obtenir le point d’achèvement de l’initiative PPTE a déjà fêté cette décision qui devenait automatique. Ainsi tant qu’à rechercher les symboles, surtout de relations cordiales, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas son pareil. Mais loin des yeux, les amabilités ont fait face à des visages plus graves. Car selon le journal français Libération, Ouattara a été sommé de négocier la paix avec ses opposants en relançant le processus de réconciliation nationale en panne depuis de longs mois. Il doit aussi former un gouvernement d’union nationale et collaborer avec la justice internationale en permettant le transfèrement des criminels de son camp. Une décision de la CPI rendue le 15 novembre 2011 par la chambre préliminaire III présidée à l’époque par la juge Silvia Fernandez De Gurmendi met en effet gravement en cause la responsabilité personnelle de Guillaume Soro dans la commission de crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Côte d’Ivoire, notamment sur les événements de Duékoué. Coopérer avec la CPI signifierait procéder au transfèrement de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Ouattara est accusé par les officiels français de se désintéresser de la réconciliation nationale et d’attiser les foyers de tension dans son pays. C’est ce qu’avait déjà dit Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La présidence française a d’ailleurs tenu à préciser que la coopération entre les deux pays se fera désormais à l’aune de ces questions. «la question de la réconciliation nécessaire entre les Ivoiriens, passe par le dialogue, la lutte contre l’impunité et la justice. A cet égard, le renforcement de l’Etat de droit et du système judiciaire en Côte-d’Ivoire fera aussi partie des priorités de la coopération bilatérale», a assuré la présidence française.

Pas d’autre façon de tordre le bras à quelqu’un qui avait jusque-là profité de la bienveillance de l’Elysée, y compris pour triompher du président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a toujours freiné sur ces questions et notamment sur la libération des cadres du FPI qu’il continue de maintenir en prison et contre qui la justice ivoirienne invente chaque jour des délits. Par exemple,  Simone Gbagbo a été d’abord poursuivie pour vol en réunion avant que le Procureur de la République ne décide de lui coller le délit de crime contre l’humanité. D’ailleurs sur les plateaux de France 24, Alassane Ouattara a affirmé que s’il ne poursuit pas les criminels de son camp, c’est parce qu’eux n’ont pas été pris en flagrant délit de commission des actes criminels qui leur sont reprochés ; ce qui ne serait pas le cas des cadres du FPI qui ont généralement BAC + 10.

Comment Ouattara peut-il donc négocier la paix s’il développe une telle peur et une telle inhumanité et que la commission dialogue vérité et réconciliation n’a toujours pas reçu le moindre kopeck pour financer ses activités ? Interrogé d’ailleurs sur cette réalité avant-hier, le chef de l’Etat, comme à ses habitudes, a préféré verser dans la démagogie facile et accuser le FPI de ne pas vouloir qu’advienne la paix. Pendant ce temps, son parti le RDR continue de faire de la provocation en accusant journalistes proches de l’opposition et le FPI d’être les auteurs des massacres de Duékoué. Le gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas esquissé le moindre acte de compassion à l’égard des rescapés que le régime lui-même  ne veut plus voir retourner sur le site de l’ancien camp. Leur déguerpissement était, pour ainsi dire, planifié. Comme l’est aussi sûrement le délitement de l’école publique dans notre pays puisque Ouattara y a augmenté les frais d’écolage, notamment à l’Université d’Abidjan où les inscriptions passent de 6000 f à 100.000 f pour le premier cycle, 200.000 f pour le second cycle et 300.000 f pour les troisièmes cycle. De quoi rendre perplexe tous ceux qui espèraient la fin de l’instabilité.  

                                                                                                                                                                 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du 27 juillet 2012. 

THEODORE B., RESCAPE DE NAHIBLY: «COMMENT NOUS AVONS ETE ATTAQUES»


côte d'ivoire,Théodore B.,rescapé de Nahibly,"Comment nous avons été attaqués",Gilles Nesmon,le quotidien Le Nouveau Courrier


Réfugié dans le camp de Nahibly depuis plusieurs mois, Théodore B. n’a eu la vie sauve que grâce à sa «réactivité» lors du massacre perpétré par des assaillants, vendredi dernier (20 juillet 2012). Il raconte!


"Le vendredi à 5h45, j’ai entendu des cris provenant d’un grand rassemblement à l’entrée du camp. Nos envahisseurs scandaient bruyamment : «On va vous tuer tous, vous les Guéré-là. C’est dans votre camp ici que se trouvent des miliciens pro-Gbagbo. Depuis longtemps, on vous guette. Nous allons vous tuer». Dans le même temps, j’ai entendu de grands bruits à l’entrée principale de Nahibly, ensuite une grande détonation. C’était une roquette qui venait d’exploser à l’intérieur du camp. Cet engin a fait des morts sur le coup et des blessés graves. Parmi les victimes se trouvent des enfants dont certains fréquentent l’école primaire qui se trouve sur le site.

C’est à la vue de ce spectacle que j’ai réalisé que le camp de Nahibly dans lequel j’ai trouvé refuge depuis plus d’un an était attaqué par une foule immense de personnes qui venaient de défoncer le portail principal. De par ma position en hauteur, j’ai pu identifier des jeunes en tenue bigarrée, des Dozos qui résident à Duékoué depuis la crise postélectorale et des personnes en treillis militaires. Ils étaient pour certains armés d’armes de guerre quand d’autres avaient des machettes, des gourdins et de gros cailloux. Lorsqu’ils sont rentrés dans le camp après avoir défoncé le portail de l’entrée principale, ils se sont aussitôt jetés sur les réfugiés du camp sans faire de tri. La furia avec laquelle ils s’attaquaient à nous a amené chacun à sauter par-dessus la clôture pour trouver refuge dans la forêt environnante. C’était l’erreur qu’il ne fallait pas faire pour certains d’entre nous qui ont connu des fortunes diverses.

Des personnes tiraient à balles réelles, trois personnes sont tombées à côté de moi…

Nos envahisseurs du jour ont certainement pris soigneusement le temps d’encercler le camp des réfugiés de Nahibly avant de lancer leur offensive. D’autant plus que du côté de la façade adossée à la forêt, il y avait des personnes armées qui tiraient à balles réelles sur nous au moment où nous sautions la clôture. J’ai vu trois personnes tomber sur le coup à côté de moi, gisant dans une mare de sang. Face à ce danger, je me suis d’abord blotti au sol pour ensuite ramper quelques instants après en vue de me mettre à l’abri. Derrière moi, je voyais une fumée épaisse à l’intérieur du camp et j’entendais des cris stridents de femmes et d’enfants au milieu de bruits de rafales assourdissants. C’était horrible !

Depuis quelques jours, nous assistons à un matraquage médiatique contre le camp de Nahibly qui, selon certaines autorités, abriterait des miliciens. Face à ces accusations qui étaient de nature à nous créer de graves préjudices, des représentants du camp sont entrés en contact avec les autorités avec lesquelles d’autres discussions étaient en cours pour le retour sécurisé des réfugiés dans leurs villages respectifs. Puisque depuis le passage du chef de l’Etat à Duékoué, les autorités administratives de la ville, lui emboîtant le pas, ont exigé que nous retournions chez nous. Nous entendions de commun accord mener des actions soit de sensibilisation soit de dénonciation à l’endroit des résidents du camp qui s’adonneraient à des pratiques peu recommandables quand nous avons été surpris le vendredi très tôt par une cohorte d’assaillants. J’ai alors conclu que cette attaque contre notre camp était une action préméditée et planifiée vu le dispositif d’attaque qui a été mis en place.

Un de mes jeunes frères trouvé mort ligoté dans une rivière

Certains assaillants défonçaient la porte d’entrée, tandis que d’autres étaient terrés dans la broussaille autour du camp pour cueillir les fuyards. En plus, nous n’avons pas compris l’attitude des casques bleus de l’Onuci qui surveillent les entrées et venues dans le camp et qui veillent dans les miradors d’où ils ont une grande vue. Comment s’y sont-ils pris pour ne pas voir venir ces envahisseurs qui proviennent des quartiers situés à au moins 3 kilomètres du camp? Pourquoi ont-ils laissé pendant un long moment les envahisseurs défoncer le portail de l’entrée principale alors qu’ils sont armés, possèdent de petits chars sur les lieux des événements et pouvaient en plus vite appeler du renfort?

En sortant de ma cachette en brousse, j’ai découvert sur mon chemin quatre cadavres. Je suis convaincu que les chiffres, à savoir sept morts, annoncés par les autorités ne sont pas exacts d’autant plus que moi-même j’ai dénombré déjà sept morts, c’est-à-dire les trois qui ont été atteints par nos bourreaux lorsque nous fuyions, dont les parents ont confirmé le décès, et les quatre autres que j’ai dénombré en rentrant de ma cachette. Des corps ont également été exposés à l’hôpital général où des éléments des Frci s’opposent à toute prise de vue pour empêcher certainement des témoignages accablants. Un de mes jeunes frères a été retrouvé mort dans une rivière, mains et pieds ligotées. Il était avec nous au camp des refugiés juste avant l’attaque.

Pour ma part, je pense que les déclarations des autorités ivoiriennes tendant à justifier l’attaque du camp des réfugiés de Nahibly par la présence de miliciens révèle clairement une volonté diabolique de faire partir les occupants des lieux. Les autorités administratives et certaines organisations humanitaires nous avaient demandé de regagner nos villages. Qu’une fois que nous serions sur les lieux, ils pourraient nous appuyer dans la reconstruction de nos cases qui ont été détruites. Pour nous convaincre davantage, ils nous faisaient savoir que la Côte d’Ivoire n’était plus une priorité dans le système des Nations Unies parce que le pays avait renoué avec la paix. Mais nous soulevions toujours les questions de sécurité persistantes. Depuis lors, l’aide se faisait rare et les autorités locales semblent se détourner de nos problèmes existentiels".


Gilles Nesmon, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"


Source: EBURNIENEWS

jeudi, 26 juillet 2012

MASSACRE DE DUEKOUE: LE SILENCE DES ENFANTS DE L’OUEST

 

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Un infime échantillon des horreurs commises au camp des réfugiés de Duékoué


Dans certaines cultures, semble-t-il, les grandes douleurs sont muettes. Le silence d’une personne affectée par un malheur devient alors tout aussi, sinon plus communicatif pour son entourage que les cris et les pleurs qui servent à d’autres de dissiper la douleur. Les fils et filles de l’ouest - ministres, députés, maires, cadres militaires et administratifs -  sont-ils de ceux-là ? Mais si eux, pour des raisons qui leur sont propres, ne peuvent montrer de signes extérieurs de souffrance, sont-ils de ce fait devenus sourds pour ne pas entendre les cris de détresse, les appels au secours de leurs parents ? Sont-ils devenus aveugles pour ne pas se rendre compte que leurs parents ne possèdent plus de villages, ni de plantations ? Et que, depuis le vendredi 20 juillet, des dizaines d’entre eux qui avaient trouvé refuge dans le camp de Nahibly, à Duékoué, ont été massacrés, que ce camp a été détruit et complètement incendié, jetant dans l’inconnue plusieurs autres milliers aux trousses desquels sont lancés, comme des bêtes enragées, FRCI et dozos ?

A Abidjan, le gouvernement peut multiplier les communiqués sans craindre de se ridiculiser car rien de tout ce qu’il peut dire maintenant ne sera plus condamnable que cette tragédie où sa responsabilité est totalement engagée. Le gouvernement parle de tout sauf de l’action concrète en faveur des survivants de Nahibly que le traumatisme a poussés de nouveau dans la brousse et nulle part.

Cyniquement, sans s’interroger sur leur situation actuelle, le gouvernement, à travers son communiqué du 24 juillet, promet « d’aider à la réinstallation des populations déplacées dans leur village d’origine ». Naturellement, la solidarité gouvernementale aidant, il est à supposer que les ministres ressortissants de la région de l’ouest tels Dagobert Banzio et Anne Ouloto, sont consentants pour ce redéploiement fictif. Sont-ils eux au moins en mesure de nous dire où retrouver la population survivante de Nahibly, dispersée par les menaces de mort ? Ils n’ont pas d’excuse de ne pas apporter assistance aux parents sinistrées de l’ouest que l’on sait abandonnés par l’Etat, moyennement encadrés par les structures d’aides sociales et malmenés par les dozos et les FRCI.

Au village, c’est pourtant une fierté pour tous de savoir qu’une fille ou un fils de la communauté connait une ascension sociale car on en espère toujours une assistance en cas de nécessité. Ce qui explique d’ailleurs généralement les conflits entre partisans des candidats aux élections locales. Les candidats eux-mêmes contribuent souvent à alimenter les querelles par des promesses fallacieuses et démagogiques. Mais les élections législatives de l’ère Ouattara présentent tout un autre aspect.  Cette année, du fait de l’exclusion de l’opposition du jeu politique, tous les élus de l’ouest, comme partout ailleurs, sont du RHDP, groupement politique au pouvoir d’Etat. On imagine dès lors qu’il devrait être plus aisé  pour Deh Paul, député de Taï, Onsio Georges, député de Guiglo, Guiri Aimé et Oulata Gahoudi, députés de Bangolo, Guéi Boniface, député de Kouibly, Oulaï Madeleine, député de Bloléquin et Désiré Gnonkonté, Maire de Taï de se mobiliser tous en faveur de la paix dans leur région d’origine. Ils peuvent utiliser leur double avantage d’être d’abord fils et filles du terroir, et d’appartenir ensuite  au groupement politique dont les sympathisants et les protégés se montrent si souvent d’une extrême violence à l’égard de leurs parents, même s’ils ne mangent pas à la même table idéologique.

Malheureusement, comme des adeptes de la théorie des douleurs muettes, ils se terrent dans un silence tout aussi coupable que les fuites en avant du gouvernement. Quand certains d’entre eux veulent paraitre actifs, c’est de se jouer du drame des pauvres populations en portant des accusations simplistes contre le FPI et des fictifs pro-gbagbo. Il y en a un futur candidat aux municipales de Touleupleu qui, en annonçant sa candidature dans la presse, au lendemain des tueries de Duékoué, a suscité la réaction suivante chez quelqu’un qui, devant la tragédie est encore capable d’humour : «pour être sûr de se faire entendre, a-t-il dit, ce candidat là devra apprendre à parler les nouvelles langues de peuplement de l’Ouest». 

 

Dekaus Badaud, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du 26 juillet 2012.

EN VISITE OFFICIELLE DEPUIS 48 HEURES, OUATTARA ACCUEILLI SANS HONNEUR EN FRANCE

 

ALASSANE OUATTARA - ARRIVEE SANS OFFICIEL FRANçAIS.jpg

 

Attendu hier matin par le ministre français des Affaires étrangères pour une séance de travail, Alassane Ouattara est arrivé un jour plus tôt  à l’aéroport de Paris où aucun officiel français ne l’attendait. Pour un homme à qui Nicolas Sarkozy a habitué aux flons flons et aux ors français, la descente aux enfers est pour le moins  terrible.

 

 Le chef de l’Etat ivoirien est arrivé deux jours avant son rendez-vous à l’Elysée où il doit rencontrer aujourd’hui François Hollande pour un premier tête-tête depuis l’arrivée de celui-ci au pouvoir. Sans doute pour cela, les apparences étaient donc d’une importance capitale parce qu’elles peuvent  permettre en outre de décrypter la suite des relations personnelles entre les deux hommes mais surtout aider à comprendre  si oui ou non les appuis forcenés de l’ivoirien à l’ex président ont été oubliés par le socialiste. Premiers frissons, l’arrivée à l’aéroport parisien, à quelques heures du tête-à-tête des ministres de l’Economie et des finances des deux pays pour une séance protocolaire d’annulation d’une partie de la dette ivoirienne obtenue, il faut bien le préciser,  dans le cadre du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvre très endetté (PPTE). Mais on est aussi  à la veille de la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de François Hollande qui est une rencontre éminemment politique.

Un jour plutôt, Bernard Valero le porte-parole avait copieusement flingué le chef de l’Etat ivoirien en pointant du doigt l’instabilité et l’insécurité chroniques  en Côte d’Ivoire où la réconciliation est bloquée. « La sécurité en Côte d’Ivoire est étroitement liée au processus de réconciliation » que Ouattara a jeté aux orties. Retour sur terre. A l’aéroport  de Paris, justement. Pas une seule tête blanche à des centaines de mètres à la ronde. Aucun officiel et pas même un conseiller n’a daigné venir recevoir le chef de l’Etat ivoirien qui doit rencontrer le président français, ce matin à l’Elysée. La file de personnalités qui sacrifient au protocole sont plutôt les membres du gouvernement Ouattara. Ils étaient dans le même avion que lui. Cette visite en France est pourtant officielle et les thuriféraires du chef de l’Etat avaient été soulagés par son annonce. Mais visiblement, il est désormais périlleux d’y trouver quelques enjeux de communication interne, comme en Chine même si le résultat est le même.

En janvier dernier, Ouattara était sur le même aéroport qui avait affiché tous les ors de la République française en son honneur. Tapis rouge depuis la descente de l’échelle de coupée, garde républicaine en tenue d’apparat, Ouattara s’était offert une revue de troupes en compagnie de Claude Guéant, ami personnel de Sarkozy et ministre de l’Intérieur… Ce 23 juillet, seul le personnel de l’aéroport dévoile quelques têtes blanches sur le parcours de Ouattara qui entre dans le pavillon où il est attendu par les mêmes qui l’ont accueilli et une poignée d’Ivoiriens arborant de menus drapeaux tricolores aux couleurs ivoiriennes.

La déculottée diplomatique est terrible, surtout que la journée d’aujourd’hui réserve son lot d’hostilités à Ouattara sur le perron de l’Elysée. Les résistants ivoiriens composés de ceux de la diaspora française ont multiplié les appels sur les réseaux sociaux pour réserver un accueil inamical au chef de l’Etat ivoirien, fragilisé un peu plus par la tragédie des Wê de Duékoué. Selon la Croix Rouge qui table sur des bilans encore provisoires, 211 personnes ont été massacrées dans le camp de Nahibly et des milliers d’autres refugiés sont portés disparus. Mais alors que le monde entier condamne et appelle le gouvernement  à plus de responsabilité, celui-ci a fait une déclaration sur les antennes de la télévision nationale dans la soirée du 24 juillet pour menacer les journalistes de l’opposition qui auraient traité d’une façon politicienne l’actualité de ses massacres. Le gouvernement promet aussi de se rendre à Duékoué où aucun ministre n’a toujours pas mis les pieds. Même les cadres de cette région membres du RHDP ou du gouvernement n’ont pas daigné apporter la compassion fraternelle aux rescapés que le régime refuse par ailleurs de reloger sur un autre site.

Le jour de la tragédie, les premiers témoignages avaient indiqué que le gouvernement avait ciblé ce camp comme un repère de bandits. Ses pensionnaires qui se sont retrouvés là pour avoir tout perdu et en raison des menaces dont ils sont l’objet, avaient déjà subi une diminution de la ration alimentaire. Et le gouvernement maintient toujours son refus de les réinstaller alors qu’ils ont tout perdu et ne savent plus où aller.

Mais ces crimes risquent de laisser des traces profondes. Même les associations jusque-là tolérantes comme la Commission des droits de l’homme dirigée par l’épouse du président du Conseil constitutionnel, Françis Wodié, rallié à Ouattara pendant le deuxième tour de la présidentielle, s’est élevée publiquement contre la torture en Côte d’Ivoire « devenue une chose banale ». Mais ces FRCI qui sont au centre de toutes les condamnations, et notamment  françaises ont continué de faire parler d’elles les jours qui suivirent. Elles se sont affrontées entre elles dans la commune d’Abobo. Bilan : trois tués. Le lendemain, elles remettaient ça mais cette fois-ci en poignardant un chauffeur de gbaka ; ce qui a provoqué la grève de ces mini cars dans toute la commune.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du 26 juillet 2012.

COTE D’IVOIRE: LE PCF «CONDAMNE LA POLITIQUE REPRESSIVE DE OUATTARA»

 

Logo PCF

 Le PCF a condamné mardi dans un communiqué la "politique répressive" du président ivoirien Alassane Ouattara, deux jours avant sa visite en France où il doit rencontrer le président François Hollande.

"Les autorités françaises, lors de cette rencontre, doivent exprimer l’exigence vis-à-vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l’Etat de droit en Côte d`Ivoire et de la sécurité des populations", écrit dans un communiqué le PCF.

Le PCF envisage aussi à l’Assemblée nationale, où il compte une dizaine d’élus, "l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire concernant les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne".

"Le PCF condamne la nouvelle attaque portée contre le camp de déplacés de Nahibly à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, ayant fait une dizaine de morts et des dizaines de blessés", ajoute le parti, déplorant que la mission de l’ONU (ONUCI) soit "incapable d’assurer la sécurité des populations déplacées".

"Emprisonnements arbitraires, impunité du régime actuel concernant les violences meurtrières commises en 2011, non respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de " rassemblement et de réconciliation ", violations des droits civils et politiques, les populations paient le prix d’une justice inéquitable", selon les communistes.

 

Publié le mardi 24 juillet 2012, AFP

GHANA: JOHN ATTA-MILLS, UN PRESIDENT PANAFRICANISTE ET PRAGMATIQUE

 

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Décédé brutalement et mystérieusement mardi 24 juillet, le président ghanéen John Atta-Mills était arrivé au pouvoir de justesse en 2009, après un scrutin tendu et deux tentatives infructueuses. Ce portrait signé Christophe Boisbouvier et publié dans Jeune Afrique n° 2505 (du 11 au 17 Janvier 2009) retrace l'ascension d'un homme d'État réputé pour son intégrité.

Article publié le 12/01/2009 : "La revanche de John Atta-Mills".

Après avoir concédé à deux reprises la victoire à John Kufuor, l’ancien vice-président de Jerry Rawlings a cette fois fait preuve de pugnacité. Le nouveau chef de l’État doit maintenant prouver qu’il est capable de s’affranchir de son mentor.

La photo était belle. Côte à côte, le 7 janvier 2009 sur la place de l’Indépendance à Accra, le sortant John Kufuor, le nouvel élu John Atta-Mills et un Jerry Rawlings tout sourires, visiblement ravi de revenir sur le devant de la scène par procuration. Vêtu d’un kente – le tissu traditionnel ghanéen – assorti d’une chemise traditionnelle elle aussi, le nouveau maître du Ghana a prêté serment sur la Bible. Une vraie cérémonie consensuelle… Puis tout à coup, le « gentil Atta-Mills » a décoché un trait : « Lors des élections, la démocratie a été mise à l’épreuve, mais finalement la volonté du peuple a prévalu. » La petite phrase en dit long sur l’âpreté du combat.

De fait, jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir. Campagne à l’américaine, pressions sur la commission électorale… Les partisans de Nana Akufo-Addo ont parié sur la répétition du scénario de 2004 : un scrutin très disputé et, au final, un Atta-Mills qui concède la défaite pour ne pas provoquer d’affrontements. Le NPP était tellement sûr de sa victoire qu’il avait déjà fait venir de France des caisses de champagne…

Jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir.

Mais cette fois-ci, Atta-Mills s’est rebellé. Après le premier tour du 7 décembre, il a fait savoir à son adversaire que, si d’aventure il tentait de s’autoproclamer président, ce serait l’épreuve de force, y compris dans la rue. Au lendemain du second tour du 28 décembre, le Congrès national démocratique (NDC) d’Atta-Mills a même lâché publiquement qu’il ne serait plus en mesure de contrôler ses militants si jamais… Pour gagner, le « prof » à la voix douce a dû sortir les griffes.

Un homme de loi

John Atta-Mills, 64 ans, c’est d’abord un lawyer, comme disent les anglophones. Un homme de loi. Contrairement à la légende, il n’est pas issu d’une famille pauvre. Né à Tarkwa, dans l’ouest du pays, le jeune Atta-Mills a été poussé dans ses études par un père enseignant. Docteur en droit à Londres, il a occupé une chaire à l’université d’Accra pendant vingt-cinq ans. D’où son surnom de « prof ». « Une fois, se souvient un de ses étudiants, il m’a donné l’argent pour que je puisse aller aux obsèques de mon père. »

Au fil des ans, et surtout après son passage à la Direction des impôts, John Atta-Mills s’est forgé la réputation d’un homme d’une honnêteté scrupuleuse. C’est sans doute pour cela que le capitaine Rawlings l’a choisi comme vice-président en 1996. C’est aussi pour cette raison que ses adversaires, faute de trouver un dossier compromettant à son sujet, ont lancé des rumeurs sur son état de santé. Il y a un an, ils ont évoqué une hospitalisation pour maladie grave. Démenti formel de l’intéressé. Il a juste subi une opération de la cataracte à un œil. Cette fameuse honnêteté n’est pas une légende. Confidence de son frère, Cadman Atta-Mills : « Un jour de 1996, John a reçu à la maison la visite d’un homme d’affaires qui voulait le féliciter pour son élection à la vice-présidence. Quand il est reparti, il a laissé une enveloppe sur la table basse. Sur le coup, John n’y a pas fait attention. Puis il l’a vue. Dedans, il y avait 40 000 deutsche Mark. Tout de suite, il s’est affolé. Il a appelé son visiteur en lui disant : “Vous avez oublié votre argent.” Celui-ci lui a répondu que c’était pour payer ses dettes de campagne. Alors John lui a rétorqué : “Mais c’est de la corruption que vous êtes en train de faire !” et lui a fait remettre son enveloppe. Quand l’anecdote a été rapportée à Jerry Rawlings, celui-ci a dit bravo. » Qui sait si cette visite n’avait pas été montée par Rawlings lui-même pour tester son nouveau colistier ?

Père tranquille

Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah.

Autre facette du personnage : le père tranquille. Marié à une éducatrice, Ernestina Naadu Mills, et père d’un garçon de 19 ans, John Atta-Mills va à l’office tous les dimanches et adore le sport. Il a même été sélectionné une fois dans l’équipe nationale de hockey sur gazon. Comme tous ses compatriotes, Atta-Mills aime le foot. Un temps, il était au comité directeur des Hearts of Oak, l’un des deux grands clubs du pays. Le nouveau maître du Ghana est aussi un supporteur acharné du Manchester United. Depuis ses études à Londres, l’homme a adopté un style très british. Mais pour la table, ses goûts le portent vers la cuisine française. Pas fou, Atta-Mills.

Il est un autre aspect du personnage qui est moins connu. C’est son idéalisme. Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah. Évidemment, à Accra, il est de bon ton de se réclamer du père de la nation, mais Atta-Mills a fait un peu plus. Dans sa jeunesse, il a étudié au fameux Institut idéologique de Winneba, fondé par Nkrumah à l’époque du socialisme scientifique. En bon disciple, il croit au panafricanisme… et aux États-Unis d’Afrique. « Mais attention, précise l’un de ses conseillers, il veut y aller doucement. »

John Atta-Mills n’a pas le charisme d’un Nkrumah ou d’un Rawlings. De son propre aveu, il est incapable d’électriser une foule. Du coup, ses adversaires disent qu’il est trop « tendre » pour la fonction. « En Afrique, il faut être costaud pour gouverner. » Réalité ou apparence ? Quand les gisements pétroliers récemment découverts entreront en exploitation, en 2010, on verra si l’homme qui a fait campagne contre la corruption sera capable de tenir à distance les prédateurs. « Vous savez, il n’a pas l’air comme ça, dit son frère Cadman, mais il a un sacré caractère. Et quand il a décidé quelque chose, il ne bouge plus. » Atta-Mills dur comme du bois ? En français, Hearts of Oak signifie « Cœurs de chêne ».


Source: JEUNE AFRIQUE

MASSACRES DE DUEKOUE - UNE RESSORTISSANTE DU NORD AVERTIT SES FRERES: «LA VENGEANCE RISQUE D'ETRE TERRIBLE!»

 

 

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Je m'abstiens en général de les regarder, mais cette fois-ci, il était quasi impossible de les éviter. Aussi ai-je versé quelques larmes en voyant les images de la dernière tuerie, de Nahibly près de Duékoué. L'ouest! Oui encore lui! Région martyre qui paie très cher son soutien à Laurent Gbagbo – d'après ce qu'on dit. A moins que ce ne soit plutôt la présence de terres fertiles.

Je souffre avec cette population qui n'a même pas trouvé de protection alors qu'elle pensait trouver refuge dans ce camp de réfugiés, auprès de casques bleus sensés la protéger. Après avoir tout perdu, il ne leur restait - pour la plupart d'entre eux - que la vie. Ils viennent elle aussi de la perdre de manière brutale. Non, que dis-je? De manière barbare, car cela ressemble à une vraie boucherie.

Je n'ai pas pu regarder toutes les images tellement elles étaient brutales, horribles. Imaginez alors le sentiment de tous ceux qui les voient «en direct» et non derrière un écran d'ordinateur comme moi. La souffrance de ceux-là qui ont perdu de cette manière un père, une mère, un frère, une soeur, un oncle, une tante, etc... ou même un ami.

Est-ce cela la réconciliation? Je n'ai pas encore entendu Konan Banny. Cette barbarie l'a-t-elle rendu muet?

Les explications données par le représentant du gouvernement ne me satisfont pas: il y aurait eu des miliciens pro-Gbagbo dans ce camp?  J'ai envie de répondre: «Et puis?». N'y a-t-il plus de lois dans ce pays? Ne pouvait-on pas les arrêter au lieu d'occasionner une telle boucherie? Personne ne mérite une telle fin, fût-il «milicien  pro-Gbagbo», comme ils disent. Encore que cela reste à prouver. C'est de mon avis une bien piètre excuse. Où est passée la compassion pour ces populations qui souffrent déjà depuis trop longtemps et paient un très lourd tribut de leur soutien à Laurent Gbagbo? Même si les politiciens des autres régions leur accordent peu d´intérêt, où sont passés leurs «frères» qui  font partie de ce gouvernement? Ne peuvent-ils pas exiger qu'on les protège? Pauvre Côte d'Ivoire! On en est arrivé à ce point où la vie de ceux d'un autre bord poilitique ne semble plus avoir aucune valeur! Ces gens seraient-ils morts au combat, les armes à la main – dans un combat équitable donc – que vous ne m'auriez pas entendue. Mais je refuse de participer à cette déshumanisation de mon pays qui a lieu sous nos yeux à tous. C'est vrai  que je n'y peux pas grand-chose, mais je voudrais au moins ouvrir la bouche pour dire ma désaprobation.

Et quand je lis que ce sont les populations du Nord (encore une fois) avec l'aide de celles des pays de la sous-région qui sont responsables de ce massacre, je me pose la question: Mes frères du Nord ont-ils perdu le Nord? Je ne reconnais plus mon pays, je ne reconnais plus les gens de ma région. Mon coeur saigne pendant que j'écris ces lignes. Car si ces meurtres sont vraiment leur fait, qu'ils s'attendent à la pareille au moment où le pays sera libéré d'Alassane Ouattara et de ses complices. Je ne m'en réjouis pas – loin de là – mais c'est un fait et j'aimerais tant que quelqu'un ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard. J'ai l'impression de crier dans le désert. Ce qui semble tellement évident à un grand nombre de personnes, ne semble sauter aux yeux d'aucun des membres de ce gouvernement!!! Ils mènent ceux qu'ils sont venus «libérer» - je me demande bien de quoi - tout droit à la boucherie, sur une route pavée il est vrai des corps de toutes leurs victimes depuis 2002...

Cette question me revient toujours: Quel est le but véritable de ces tueries répétées? Et où se trouve cette «communauté internationale» instauratrice de  «démocratie » en Côte d'Ivoire, qui donnait tant de la voix du temps de Laurent Gbagbo?  Rien que des protestations timides quand ce n'est pas le silence total. De toute façon, je ne crois  que nous les intéressions vraiment, ou que nous ayons quoi que ce soit à attendre d'eux. En effet, tant qu'ils ont la mainmise sur les richesses du pays, que leur importe que nous nous entretuions ?

 

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire !!!

 

N. Coulibaly

mercredi, 25 juillet 2012

DECLARATION DES MILITANTS DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D’IVOIRE EN EUROPE ET EN AMERIQUE

 

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Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, leaders du RHDP

 

Le PDCI-RDA, ce Grand Parti qui a conduit notre pays à l’indépendance, formé la grande majorité des cadres qui font aujourd’hui la fierté de la Côte d’Ivoire, posé les fondements de l’Etat ivoirien, commencé la construction de la nation ivoirienne et propulsé notre pays au rang des nations reconnues et respectées, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

En effet, depuis le malencontreux coup d’Etat de 1999, ce Parti donne l’impression de s’étioler à cause de ses inlassables querelles intestines, de certaines de ces décisions politiques qui laissent pantois le plus ordinaire de ses militants et sympathisants. Pour ces raisons, nous avons le devoir de donner de la voix afin d’attirer l’attention des dirigeants actuels sur l’avenir de ce Parti qui nous interpelle tous: Anciens, Doyens, Intellectuels, Cadres, Jeunes du Parti, Femmes du Parti ainsi que sympathisants.

Le dernier élément d’appréciation des décisions prises par les responsables du Parti qui nous met tous en demeure de réagir ici et maintenant est cette alliance dénommée Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et son but inavoué.

Bien que toute alliance politique pour l’avancement de la démocratie véritable soit un acte politique de haute stratégie, il convient de reconnaître que le RHDP qui n’est HOUPHOUETISTE que de nom, dessert les objectifs et la vision du président Houphouët, fondateur du PDCI-RDA, parce qu’à l’épreuve de l’action politique, le RHDP s’est révélé aux antipodes de la philosophie principale d’Houphouët-Boigny qui est la paix, le respect de la vie et de la parole donnée. En outre, le PDCI-RDA en tant que parti politique, avant même la perte du pouvoir d’Etat en 1999, avait déjà renoncé à l'application du projet de développement économique et social du président Houphouët-Boigny pour la Côte d’Ivoire.

Que nous est-il donc donné de constater avec le RHDP?

Un groupement politique hétéroclite qui s’est appuyé sur une rébellion armée pour parvenir au pouvoir alors qu’Houphouët-Boigny nous a toujours enseigné le dialogue pour la résolution de tout conflit.

En sus, l’unité nationale devient un lointain souvenir avec les actes que pose quotidiennement le gouvernement du RHDP: les arrestations arbitraires d’Ivoiriens, les enlèvements et détentions injustifiées, les bastonnades et mauvais traitements que subissent les jeunes raflés partout sur toute l’étendue du territoire jusqu’à ce que mort s’en suive parfois.

En fait, un régime de répression et de torture avec les meurtres et assassinats à répétition dans notre pays aujourd’hui transformé en un véritable Far-West. En particulier à l'Ouest du pays où les autochtones sont pourchassés, déplacés et parqués pendant qu'un mouvement continu de populations venues d'ailleurs occupe leurs terres illégalement créant ainsi une situation insupportable.

Devant de tels actes, nous, militants du PDCI-RDA, nous nous interrogeons sur la nécessité de nous maintenir dans cette alliance qui constamment viole notre éthique morale et politique mais aussi notre idéal humain et avons donc décidé de prendre nos responsabilités.

Concernant la vie du Parti, nous joignons nos voix à celles des membres du Bureau Politique du PDCI-RDA dont la dernière rencontre a suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir du Parti pour leur demander de poursuivre la réflexion afin de sortir notre pays du marasme politique dans lequel il s’enfonce de jour en jour, en plus d’une gestion partisane voire ethniciste du pouvoir d’Etat.

C’est pourquoi, considérant les éléments énumérés ci-dessus qui ne sont d’ailleurs pas exhaustifs, nous militants et militantes du PDCI-RDA,

Exigeons:

-Le retrait du PDCI-RDA de cette alliance du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ;

-La publication de la date du prochain Congrès ordinaire de notre Parti qui a été repoussée à plusieurs reprises afin de permettre le renouvellement des structures du PDCI-RDA mais surtout de revenir aux fondamentaux du projet de société du président Houphouët Boigny notamment l'action à l'endroit du monde paysan et la promotion de la jeunesse par la formation et préparer notre Parti aux futurs défis qui se présentent au pays et qui doivent être relevés pour le bonheur des Ivoiriens et repositionner la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international ;

-Lançons un appel à la communauté internationale: l’ONU et ses agences très impliquées en Côte d’Ivoire, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la France, les Etats-Unis, la Russie et tous les pays amis et alliés qui continuent de soutenir ce pays, la Côte d’Ivoire, pour demander au gouvernement RHDP au pouvoir:

*La restauration de l'autorité de l'Etat central sur l'ensemble du territoire national en s'appuyant sur l'armée régulière la gendarmerie, et la police et dans le même temps le désarmement de toutes les milices et le démantèlement de tous les trafics organisés par les chefs de guerre dans toutes les régions du pays ;

*La libération de tous les prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire, le retour immédiat et libre de tous les réfugiés Ivoiriens des pays voisins et lointain dans leur pays sans qu’aucun d’entre eux ne soit arbitrairement poursuivi ;

*Plus généralement, la restitution de tous les biens et avoirs aux personnes morales et physiques injustement spoliées.

 

Fait, le 13 juillet 2012

En Côte d’Ivoire, en France, en Suisse, en Suède, aux Etats-Unis, et au Canada.


SIGNEE:


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Côte d’Ivoire,
Le Coordonnateur: Beugré Jérôme


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en France,
Le Coordonnateur: Kouakou Kouassi Bernard


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suisse,
La Coordonnatrice: Tra Brigitte


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suède,
La Coordonnatrice: Silué Maïlé


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA aux Etats-Unis,
Le Coordonnateur: Essis Mel Antoine


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA au Canada,
Le Coordonnateur: Tia Oulai Ferdinand


AMPLIATION:


- Secrétariat Général du PDCI-RDA

- Secrétariat Général de l’ONU

- Présidence de la Commission Européenne

- Présidence de l'Union Africaine

- Présidence de la Commission de l'Union Africaine

- Présidence de la République Française

- Présidence des Etats-Unis

- Gouvernement du Canada

- Présidence de Russie

- Confédération Helvétique

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET