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dimanche, 05 août 2012

LIMOGEAGE DU DAAF DE BACONGO - QUELQUE CHOSE DE POURRI DANS LA MAISON OUATTARA!

 

CISSE BACONGO - REHABILITATION UNIVERSITES.jpg

 

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a limogé hier jeudi 2 août 2012, à travers un décret, le directeur des Finances et du patrimoine du ministère de l’Enseignement supérieur, Adama Méïté, suite à des «problèmes de gouvernance»  dans la gestion du budget des travaux de réhabilitation de l’université d’Abidjan. Mais cette décision pourrait bien cacher une complicité tacite avec les vrais personnages principaux de ce qui pourrait se révéler une affaire d’Etat. Malversations et/ou surfacturation du budget des travaux de réhabilitation de l’université de Cocody ?  En tout cas, fortement indexé et mis en cause, Adama Méïté, DAAF du ministère de l'Enseignement supérieur dirigé par Cissé Bacongo, dont il est l’homme de main, a été limogé hier par Alassane Ouattara. Son limogeage selon le communiqué de la présidence, fait suite «aux problèmes de gouvernance constatés lors des travaux de réhabilitation de l’Université d’Abidjan». Le chef de l’Etat a demandé au Premier ministre de diligenter une enquête sur «les conditions d’attribution» du marché de réhabilitation de l’Université. 

Les travaux de réhabilitation de l’université de Cocody (et d’Abobo-Adjamé) avaient été estimés à 47 milliards de FCFA, avant de connaitre une hausse de 20 milliards de FCFA, passant du coup à 67 milliards de FCFA au moment de l’exécution du projet. Et contre toute attente, le coût total des travaux de réhabilitation en cours d’exécution a finalement atteint la bagatelle somme de 100 milliards de FCFA.

Sans que pour autant le cahier de charges ne connaisse un changement ou une modification. Ce juteux marché avait été attribué du temps de la primature de Soro, dont on soupçonnait la main invisible dans la mesure où le bénéficiaire de cette «manne» était son ami très proche Sidi Kagnassi. Qui a subitement atterri dans l’univers du bâtiment et des travaux publics après le juteux marché du recensement électoral gagné aux côtés de l’entreprise française Sagem.
 
Adama Meité, encore un autre bouc émissaire 
 
Il y a décidément quelque chose de pourri au sein de la maison Ouattara. Et tout porte à croire que, pour illusionner la communauté internationale et se protéger d’une éventuelle fronde étudiante, le régime a déjà choisi de se trouver un bouc émissaire en marge du vrai système. En effet, des questions se posent. Exécutant de par sa fonction, Adama Méité est-il celui qui a signé le contrat ? Est-il celui qui a empêché la mise en place d’une procédure d’appel d’offres conforme au Code ivoirien des Marchés publics, piétiné rageusement au profit d’un contrat de gré à gré amical et, selon toute évidence, affairiste ? Qui a décaissé les fonds pour les travaux et dans quelles conditions, sous quelles influences ? Voilà autant de questions qui rappellent fort bien qu’Adama Meité n’est que la face visible d’un immense iceberg. Le DAAF du ministère de l’Enseignement supérieur n’est ni le ministre de tutelle («l’autorité contractante» selon le Code des marchés publics). Un Code des marchés publics qui stipule que dans chaque ministère il y a toute une cellule chargée de la passation des marchés publics. Adama Meité n’est pas à lui seul l’ensemble de cette cellule. L’article 46 du Code des marchés publics attire très clairement les regards sur le ministre Cissé Bacongo himself. «En ce qui concerne les marchés de l’Etat, les ministres techniques, à l’échelon central ont le pouvoir de signature, lorsque le marché est d’un montant supérieur au seuil du contrôle de validation de la Structure chargée des marchés publics», peut-on lire. Comment peut-on croire une seule seconde que Meité Adama a agi dans cette affaire en électron libre, alors qu’il n’avait aucun pouvoir réel de décision ? Cette mascarade est de trop.

Visiblement, Alassane Ouattara protège une fois de plus un de ses ministres, une de ces figures du RDR abonnées à tous les gouvernements depuis une décennie.
 
Le «ADO comedy club» cartonne

Ouattara s’attend-il à ce que les Ivoiriens applaudissent son récent limogeage, que les thuriféraires zélés du régime assimileront dès aujourd’hui à un acte extraordinaire de moralisation de la vie publique ou de bonne gouvernance ? Malheureusement pour lui, les Ivoiriens ne sont pas dupes. Ouattara continue de protéger les «responsables» de premier plan pour ne s’en prendre qu’aux seconds couteaux quelques fois. 

Cela devient une habitude. Le 1er aout 2011, il y a eu «dysfonctionnement» à la Rti selon ses termes, Ouattara a limogé sans crier gare le directeur général d’alors, Brou Aka Pascal, sans demander le moindre compte au ministère de tutelle, et tout en protégeant la cellule de communication de la Présidence, pilotée par sa nièce Masséré Touré. Lors des évasions à la Maca et à la prison d’Agboville, les premiers responsables sont ignorés et les directeurs pénitentiaires sont liquidés. Au ministère de la Salubrité urbaine, un scandale dans l’attribution d’un marché de ramassage d’ordures impliquant la ministre Anne-Désirée Ouloto et le frère du ministre d’alors, Adama Bictogo, a éclaté et fait trembler la République. L’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ANRMP) est montée au créneau pour désavouer Anne Ouloto. Seul Ouattara est resté sourd, muet et aveugle devant ce flagrant délit de légèreté et de copinage. Il a maintenu sa ministre fautive au gouvernement, y compris après le dernier remaniement. Comme il a maintenu la ministre Kandia Camara qui a attribué dans la plus grande opacité un marché relatif à la collecte des frais d’inscription dans les écoles publiques à Celpaid, l’entreprise de son collègue, le ministre Mamadou Sanogo. Limogé à la suite de la révélation du scandale de l’indemnisation des déchets toxiques, l’ancien ministre de l’Intégration africaine Adama Bictogo a bénéficié d’une opération de blanchiment de première classe montée par le procureur de la République Simplice Koffi Kouadio, sans aucune autre forme de procès.  Les scandales qui éclaboussent le «règne» de Ouattara font craindre le pire.
 


Frank Toti


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