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dimanche, 05 août 2012

UN MEMBRE DU STAFF JURIDIQUE DE GBAGBO EXPLIQUE: «CPI, POURQUOI LE NOUVEAU REPORT DE L'AUDIENCE EST UNE VICTOIRE»

 

LAURENT GBAGBO EN FAMILLE.jpg

 

La nouvelle est tombée hier matin comme un couperet, sous la forme d’un communiqué publié sur le site Internet de la Cour pénale internationale (CPI). «Le 2 août 2012, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de reporter l’audience de confirmation des charges dans l’affaire à l’encontre de Laurent Gbagbo jusqu’à ce que l’évaluation médicale de son aptitude à y participer soit faite. L’ouverture de l’audience était initialement programmée le 13 août 2012.A la demande de la Défense, la Chambre avait, le 26 juin 2012, désigné trois experts médicaux pour procéder à un examen médical de M. Gbagbo dans le but d’évaluer son aptitude à participer à la procédure portée contre lui. Les rapports médicaux confidentiels ont été communiqués le 19 juillet.

Dans sa décision du 2 août, la Chambre a ordonné au Procureur et à la Défense de soumettre leurs observations sur les rapports médicaux, respectivement, les 13 et 21 août. Au vu de l’importance de cette question, la Chambre a reporté l’audience de confirmation des charges jusqu’à ce que cette question soit tranchée», a-t-on pu lire.

Les patriotes ivoiriens et africains qui avaient prévu de se rendre en masse à La Haye le 13 août sont quelque peu contrariés, même si nombre d’entre eux veulent rééditer «l’exploit» du 18 juin, date du premier report de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges. Ils s’étaient tout de même réunis à La Haye pour une manifestation de soutien au président Laurent Gbagbo. Et ils pourraient bien le faire une fois de plus. Mais au-delà de ces questions d’ordre pratique, une sorte d’angoisse a parcouru une partie de l’opinion publique. A quoi riment ces reports répétés ? Pendant ce temps, Gbagbo est toujours en prison ! La stratégie de la Défense ne vient-elle pas à la rescousse de ses adversaires en ralentissant la procédure et en retardant la fin du calvaire qui pourrait passer par une infirmation des charges à la suite d’une confrontation âprement menée ? Quitte à être jugé par une juridiction éminemment politique, ne vaut-il pas mieux donner à Gbagbo la tribune nécessaire à la manifestation de la vérité sur la crise ivoirienne ?

"Il faut regarder cette procédure avec du recul"

Le Nouveau Courrier a pu entrer en contact avec un membre du premier cercle du think-tank juridique du président Laurent Gbagbo. Qui accueille la nouvelle du report avec satisfaction. «C’est plus qu’une bonne nouvelle, c’est une excellente nouvelle, c’est une grande nouvelle», jubile-t-il. «Il faut regarder toute cette procédure avec du recul. Il faut se souvenir que la Défense a fait, dans un premier temps, une demande de report fondée sur la fatigue du président, consécutive aux traitements inhumains et dégradants qu’il a subis à Korhogo et sur l’inégalité de moyens entre l’Accusation et nous. La Défense a dit que pour ces raisons, le procès ne serait pas équitable. La Juge a admis l’argument de l’inégalité des moyens en nous attribuant des moyens supplémentaires, et s’est gardée de se prononcer sur l’état de santé du président. Par la suite, la Défense a basé sa demande de liberté provisoire sur trois piliers.

Une argumentation juridique, d’abord : les éléments qui justifient le maintien en détention ne sont pas réunis au regard du statut de Rome. Les garanties de représentation ensuite : la Défense a énuméré toutes les raisons qui justifiaient le fait qu’on puisse être sûr que le président ne se déroberait pas, ne fuirait pas. Troisièmement, la question de l’état de santé du président, c’est-à-dire des séquelles de son incarcération inhumaine à Korhogo, a été mise sur le tapis. Le procureur n’a pas vraiment répondu aux arguments de la Défense, mais a utilisé une stratégie de la «terreur». En gros, il a tenté de démontrer que, même si les éléments de maintien en détention ne sont pas réunis, Gbagbo va mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang s’il obtient la liberté provisoire. Il a un réseau, des gens qui le soutiennent, il y a eu 140 000 appels à la CPI. Bref, il terrorisait la juge, pour ne pas répondre juridiquement à l’argumentaire adverse. La juge l’a suivi, et n’est pas entrée dans le fond du dossier dans sa décision de refus à la demande de mise en liberté provisoire», explique-t-il.

Trois nouvelles expertises médicales confirment que Gbagbo a été torturé

C’est au regard de ce contexte que la dernière décision de la Chambre préliminaire I doit donc être analysée. «Que dit la juge ? En gros, que les nouveaux éléments présentés par la défense sont préoccupants, qu’ils sont pertinents. Il faut donc qu’on pose ouvertement la question de l’état de santé du président. La Cour ne peut plus échapper à ce débat. La juge doit prendre ses responsabilités, se déterminer par rapport à cette question brûlante», explique notre interlocuteur. Qui fait une révélation.

«Après la première expertise d’un expert assermenté sollicitée par la Défense, et qui attestait que l’état de santé de Gbagbo témoignait de traitements assimilables à de la torture, trois autres médecins ont été sollicités pour des contre-expertises. La Défense en a désigné deux et l’Accusation un. Au final, toutes les quatre expertises indiquent qu’il a été maltraité. On a désormais une preuve, et non des allégations. On a la preuve des mauvais traitements subis par Gbagbo».

Et le fait que ces mauvais traitements soient désormais au centre des observations que la Défense et l’Accusation sont appelées à transmettre à la juge, et au centre de la décision qu’elle rendra, n’est pas sans conséquence. «Il est désormais prouvé que ceux qui ont dit et écrit que le président Gbagbo a été bien traité, ont trompé la Cour et le monde entier. De qui s’agit-il ? Du procureur Louis Moreno-Ocampo ainsi que des avocats de Ouattara, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît. Ils sont placés face à leurs omissions et à leurs mensonges. Quant à la juge, elle est très clairement devant ses responsabilités», tranche notre interlocuteur. Interrogé par Le Nouveau Courrier, Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, va dans le même sens. «Gbagbo devait arriver au procès chargé de tous les péchés du monde. Ils ne pourront plus occulter le fait qu’il est un homme qui a souffert, et qu’ils sont, eux, ceux qui ont couvert ces souffrances d’une chape de plomb», nous a-t-il indiqué. «Cette décision matérialise le changement du rapport de force. La Défense est désormais maîtresse du calendrier. Et elle a l’avantage psychologique», souligne un observateur.

Une chose est sûre : la situation ressemble à s’y méprendre à une situation de blocage et de double neutralisation – Gbagbo est toujours incarcéré, et l’Accusation se retrouve en situation d’accusée. Mais comment en sortir ? «Des ouvertures existent. Je ne peux pas en dire plus», conclut mystérieusement notre interlocuteur.


Frank Toti et Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

Commentaires

Oui, c'exact!!! Gbagbo se présentera à la barre avec tous ses péchés, que dis-je avec tous les péchés de la Côte d'Ivoire. Les péchés de GBAGBO sont entre autres d'avoir défié le Blanc, l'Autorité, le Colon, le tout puissant: la france et ses alliés.

Oui comment a-t-il pu oser défier la france, la communauté internationale, refuser de répondre aux coups de fil des maîtres du monde: sark..y, obama.

Oui, il n'aurait jamais pu faire ça. Il aurait pu simplement abdiquer et dire "oui, chers maîtres, j'ai perdu les élections. je me plie à votre décision même si elle est anticonstitutionnelle. Même si elle est contraire à l'expression de la grande majorité au vu des résultats et des conditions de vote et de délibération.

Oui, il aurait pu accepter la proposition de obama d'aller se reposer aux états unis et laisser le pouvoir à leur valet. Mais non, il a donné sa poitrine.

Il a joué au courageux! il a accepté de mourir pour ses idées et pour ses convictions. Parceque sa conviction, c'est qui 'il est le gagnant des élections et a proposé que le contraire lui soit démontré par un collège d'experts de toutes les contrées de la terre. il en a fait la proposition, mais on lui a dit "écarte toi de là".

GBAGBO se présentera donc à la barre parce qu’il n'a fait qu'être un homme. Etre homme, c'est assumer ce que tu fais, ce que tu dis, vaille que vaille, quoi que cela te coûte.

A Abidjan, nombreux sont ceux qui croient comme SORRO GUILLAUME qu'il aurait dû fuir, ne pas s'entêter et quitter le pouvoir. Un point un trait.

Comme les martyrs au temps de JESUS, GBAGBO est dans sa logique. Il ne regrette pas ce qui lui arrive, pour preuve il a toujours demandé à ses oppresseurs de libérer ses compagnons parceque c'est lui, le responsable. Il n'a jamais fui ses responsabilités et il ne fuira jamais ses responsabilités. Il est donc parfaitement en harmonie avec lui même. C'est nous qui sommes peinés, c'est nous qui le pleurons, mais lui, il est fier d'avoir joué ce rôle dans cette partie de mission qui était celle de la Côte d'Ivoire. Car tout changement passe par les hommes et ce sont les hommes qui font le changement.

GBAGBO sera donc à la barre avec ses péchés et ceux de la Côte d'Ivoire. Et ceux qui n'ont jamais péché le jugeront. Et le verdict sera celui de la victoire d'un homme contre tous. Peu importe...Il a étudié l'Histoire... et l'Histoire le retiendra.

Écrit par : wilgan | lundi, 06 août 2012

Bien dit, mon frère WILGAN! Un vrai homme assume sans fuir. GBAGBO l'a fait et il l'a fait pour l'amour et la dignité de son pays.

L'Histoire le retiendra! Et cela ne restera pas sans suite.

Écrit par : Dindé | lundi, 06 août 2012

JE CROIS EN LA VERITE DE DIEU ET NON a la verite des hommes.la verite viendra un jour

Écrit par : stephane | lundi, 20 août 2012

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