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mardi, 04 septembre 2012

A L’ECOLE DE LAURENT GBAGBO

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Un petit recueil croustillant de citations et de propos de l'homme politique, de l'icône africaine. Ne vous en privez pas. La politique est véritablement un métier; ne s'y aventure pas qui veut. Bonne lecture!

 

CICÉRON « La première loi de l’histoire est d’oser ne rien dire de faux et ne rien cacher de vrai. », De l’Orateur, II

Signalons que, selon le témoignage de son épouse Simone GBAGBO, Cicéron était le surnom du Président Laurent GBAGBO à cause de son excellence dans les langues latine et grec. Il dira d’ailleurs que la bourse qu’il a eue pour aller étudier en France était pour devenir professeur de ces deux langues, c’est quand il s’était rendu compte qu’il lui manquait l’étude de l’histoire pour militer efficacement qu’il changera de spécialité en France.

Laurent Gbagbo a été un opposant exceptionnel parmi ceux de sa génération en Afrique noire. Il a battu tous ses adversaires, blancs comme africains, en stratégie politique. Comme le dit à raison le journaliste Blaise Pascal TALLA Laurent GBAGBO est « un Professeur de stratégie politique ».

Selon le journaliste Pascal AIRAULT, dans un article intitulé « Côte d’Ivoire : Les clés du duel », paru deux semaines avant la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle  dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, N° 2600, du 7 au 13 novembre 2010, pp. 26 à 28, et je le cite ad litteram, Laurent GBAGBO est « le politicien le plus doué de sa génération ». Ce n’est pas la première fois que Laurent GBAGBO est gratifié, et d’ailleurs à raison, de la qualité d’homme politique talentueux, lui quia toujours considéré la Politique comme « son Métier ». Pascal TALLA dans le numéro 370 de Jeune Afrique Economique paru en juin 2006 le qualifiait de « Professeur de stratégie politique » (C’est le titre principal sur la page de couverture de ce même numéro).

Je vous demande donc, non de lire simplement, mais de méditer ces différentes sages et profondes paroles du président Laurent GBAGBO. Vous trouverez deux écrits qui ne sont pas de lui mais qui sont dans la même logique. C’est un homme politique dont le genre est en voie de disparition. C’est aussi pour s’instruire tous ceux qui défendent sa vision du monde et qui se sont donnés pour mission de continuer son combat. C’est aussi une obligation pour nous de Penser cette crise afin d’en tirer des leçons pour l’avenir car c’est le destin de l’Afrique qui s’est joué en filigrane dans cette crise post-électorale.  Ce texte est ma contribution personnelle comme essai ou tentative de compréhension de cette crise afin de remplir mon devoir vis-à-vis de l’Histoire, de l’Avenir et de tous ceux qui sont morts dans ce noble combat. Ils seraient morts en vain si nous nous contentions simplement de chanter leurs mérite sans nous engager aussi afin d’imiter leur exemple. La plume est un moyen de combat.

Et toute action (praxis) est précédée de la théorie (théoria). Que chacun fasse donc son travail, ceux qui savent Penser le fasse et que ceux qui savent Agir de même. Pourquoi un jeune comme moi se donnerait tant de mal à faire des recherches approfondies pour écrire sur la vie d’un homme  qui n‘a rien à voir, semble-t-il, avec ses études universitaires personnelles ?

Trois raisons motivent mon engagement : d’abord comprendre la vie et la pensée politique d’un grand leader qui a lutté pour la véritable indépendance, la Liberté, le développement de son pays et de l’Afrique, pour la Dignité de l’Homme Noir afin de perpétuer sa mémoire, faire la promotion de son combat, m’y engager et encourager d’autres à imiter son exemple.

Ensuite, en tirer des leçons de sagesse afin de continuer son noble combat : il y a deux cas en ce sens: vanter ses mérites, la justesse et la noblesse de son combat ou imiter son exemple en s’engageant (continuer) dans son noble combat. J’ai personnellement choisi la deuxième option, ce qui ne me dispense pas de la première. Enfin, favoriser (encourager, susciter) l’étude de sa pensée politique dans l’objectif d’en tirer (élaborer) une théorie politique à la lumière de ses discours (écrits) et de ses actions (stratégie politique). Car j’ai toujours été convaincu qu’il est un exemple d’homme politique et un modèle qui mérite d’être enseigné dans les facultés de sciences politiques africaines et dans le monde, en plus d’être un leader qui à influencer (inspirer et inspirera toujours) toute une génération d’Africains (les Jeunes) et beaucoup d’autres personnes dans le monde.

Comme lui-même l’affirmait à la fin du documentaire sur sa vie «  Un homme, une Vision » :

«ON NE PEUT PAS ÊTRE IGNORANT ET ÊTRE REVOLUTIONNAIRE»

Bonne Lecture!  Veuillez, s’il vous plaît, diffuser ce texte à tous vos contacts et ami partout dans le monde.

Extrait d’un livre en préparation intitulé : Laurent GBAGBO habite notre Avenir - Appel à la Jeunesse Ivoirienne et Africaine

 

Imhotep MAÂT, Penseur de Gauche,

Théoricien de la Renaissance Africaine

imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr

Imhotep_maat@yahoo.fr

Imhotep2012maat@gmail.com


 

« Chaque crise a ses bon côtés. Celui qui n’a pas été instruit par cette crise ne le sera jamais. »

Laurent GBAGBO, le 14 septembre 2006 devant les FDS au palais présidentiel


« Les élections, c’est le moyen d’expression des hommes civilisés. On va aux élections. Le peuple qui est souverain, choisit. Si le peuple ne t’a pas choisi, tu vas t’asseoir et tu attends les prochaines élections. C’est cela qui est la règle. Et, c’est comme cela que tous les pays se développent. Si le peuple ne t’a pas choisi, tu vas t’asseoir et tu attends les prochaines élections présidentielles. Si le peuple t’a choisi alors tu gouvernes. Celui qui n’est pas capable de comprendre cela, n’est pas digne de faire de la politique. »

Laurent GBAGBO, lors d’un meeting.

 

« Aux hommes politiques ivoiriens, dire ceci : toute ambition politique est légitime sinon je n’aurais pas combattu pour être président de la République. Mais j’ai combattu trente ans et jamais on ne m’a retrouvé dans un camp d’entrainement, jamais on ne m’a trouvé des armes, un pistolet, un couteau à la main. (…) Nous voyons, depuis que je suis au pouvoir, une nouvelle race d’opposants qui avancent avec des masques, sans visage, en armant des troupes. Déposez vos armes et attendez les prochaines élections ! Déposez vos armes et attendez les suffrages populaires. Comme on est à l’aise quand on est oint par le suffrage populaire ! C’est ce suffrage, qui, seul confère la légitimité. (…) Vous qui vous engagez dans la voie de la politique, attendez les élections de 2005, préparez vos arguments et nous nous attaquerons pacifiquement sur le terrain des élections. »  

Laurent GBAGBO, Message télévisé à la nation le 8 octobre 2002.

 

« J’engage les hommes politiques ivoiriens à prendre la voie de la responsabilité. Je les engage à être responsables et à penser à la Côte d’Ivoire. Je les engage à être responsables et à penser au développement de la Côte d’Ivoire. Je les engage à cela. La Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire ; tel doit être notre souci permanent, si nous voulons faire la politique. Et, si on veut faire de la politique, alors qu’on laisse la politique à ceux qui savent la faire. Un faiseur de coup n’est pas un homme politique. »

Laurent GBAGBO, discours lors du meeting de clôture de sa visite d’Etat dans l’Agneby.

 

« En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture). (…)

Nous devons tous avoir à l’esprit qu’aucun pays ne peut se développer avec l’effort exclusif des contribuables d’un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peupleC’est à la fois utopique et dangereux de croire et de soutenir le contraire. (…)

Demeurons toujours mobilisés et confiantsCar, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique.»

Laurent GBAGBO, Message aux Ivoiriens le 7 Août 2011.

 

« Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge.

  Elle a la limpidité de l’eau de pluie

  Et la violence de l’ouragan.

  Le monde est malheureux

  Parce que les hommes ne se souviennent pas.

  Or hier n’est pas encore loin

  Et demain est profond,

  D’une profondeur pleine d’espoir.

  Ecoutez ma parole : elle ne sait qu’avancer !

  Ecoutez ma parole : l’Histoire est Vérité ! »

GBAGBO Laurent, Soundjata, Lion du Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p.102.

 

« La première chose qu'il faut comprendre, c'est que, dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect. Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : “Je te fais un prêt, voici les conditions”. Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à venirLa génération que je représente, c’est de donner la dignité, c’est de forcer le respect. … Nous n’avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom d’intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! »  

Président Laurent Gbagbo à l’occasion de l’ouverture du 2ème Sommet international du Congrès de la Jeunesse Panafricaine (COJEP) le samedi 18 décembre 2004 au Palais des Congrès de l’Hôtel Ivoire.

 

«  La souveraineté de la Côte d’Ivoire, c’est elle que je suis chargée de défendre. Et elle, je ne la négocie pas. »

Discours d’investiture du Président Laurent Gbagbo le 4 décembre 2010.

 

« On a de grands combats à mener. Et, les grands combats qu’on a à mener, ce n’est pas pour se venger des gens. C’est pour être Hommes, aussi, comme les autres. C’est ce qu’on appelle la dignité. Quand quelqu’un passe, il faut qu’on sache que c’est un Homme qui passe. C’est tout ce que nous voulons ; c’est tout ce que nous recherchons. On ne cherche pas à dominer ceux qui nous ont dominés hier ; à nous venger ; non. Mais, on veut qu’on reconnaisse que nous sommes des Hommes, au même titre que les autres. (…) Quand tu passes, il faut qu’on dise : voici un Homme qui passe. »

Laurent GBAGBO, lors de la remise officielle du film-documentaire : « Un Homme, une Vision » réalisé par le cinéaste Abdérhamane N’Diaye.

 

« Nous ne ferons pas ce que les autres nous dictent. Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur, ni Sous-préfet, ni préfet, ni représentant de quelqu’un. Je suis Chef de l’État élu par son peuple, c’est tout ! » 

Laurent GBAGBO, Discours lors de l’intronisation du Chef du village d’Anonkoua-Kouté – commune d’Abobo – le samedi 30 septembre 2006.

 

« Pendant ces trente années de combat dans l'opposition, jamais je n'ai pris aucune arme contre aucune institution de la Côte d'Ivoire (applaudissements). Jamais, pendant ces trente années, alors que je subissais les affres de la prison - mon père a été en prison, moi-même j'ai été en prison, mon oncle a été en prison, mon épouse a été en prison, mon fils a été en prison, ma sœur a été en prison-mais jamais, jamais, nous n'avons songé à prendre les armes contre la Côte d'Ivoire. Parce que nous croyons en nous. Parce que nous avons confiance en nous. Et nous avons confiance en notre relation avec le peuple. Nous savions que, tôt ou tard, ce peuple-là, que nous défendions, allait nous reconnaître et nous donner le pouvoir. Quand on a confiance en soi, on ne prend pas les armes pour faire la guerre civile. Quand on a confiance en soi, on ne cherche pas les fusils comme moyen d'accession au pouvoir. »

Laurent GBAGBO, lors d’un discours.

 

« Je serais heureux si après ma mort, cette phrase était inscrite sur ma tombe : « Cet homme a travaillé pour son pays et pour l’Afrique.»

GBAGBO Laurent, Le Temps de l’Espoir, Johannesburg, Les Editions Continentales, 1995, p. 131. 

***

« Peuple de Côte d’Ivoire, mon Peuple. Nous sommes ensemble depuis toujours. Donc je vous connais et vous me connaissez. Jamais je ne vous ai trahi et jamais je ne vous trahirai. Je me rends compte que, vous-mêmes, jamais vous ne m’avez trahi. Depuis 1990, vous n’avez cessé de m’apporter votre chaleur et votre soutien. C’est Dieu qui pourra vous remercier. En tout cas, moi en tant qu’homme, je ferai tout ce que je peux pour mériter votre confiance. »

Laurent GBAGBO Message à la Nation du 7 janvier 2003.

 

« On ne peut pas dire de moi qu’il est mort dans la peur. Chez nous, on ne peut pas dire cela d’un homme ; d’un « garçon ». Là où meurt un « garçon », il y a toujours des traces de lutte pour édifier la postérité. Quand, sur le lieu d’un combat, les arbres sont tombés, les herbes sont en vrac et que le terrain est jonché de feuilles, on dit : « Ici est mort un garçon ». »

Allocution devant les peuples Abbey et Krobou reçus en audience le 17 octobre 2003 au Palais présidentiel.

 

« Ce n’est pas devant les fusils que Gbagbo fuira. Ce n’est pas devant les fusils que Gbagbo abandonnera. Non, non et non ! Je ne laisserai jamais dissoudre ma nation. Je ne vendrai pas mon pays. Je ferai toujours face à l’adversité.»

Allocution lors de la visite d’Etat dans la région du Moyen-Comoé, à l’étape de Niablé le 11 février 2004.

 

« Les intellectuels et les hommes politiques ont en commun le désir de comprendre le monde pour le transformer. Mais ce sont surtout les premiers, c’est-à-dire les intellectuels, qui ont les moyens de la compréhension. Le paradoxe veut que celui qui comprend soit guidé par celui qui a besoin de comprendre. Il faut donc remettre la pensée à sa place et rendre l’action servante de sa pensée. »

Allocution lors de la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures et des Diasporas africaines (ASCAD) le 18 juillet 2005.

 

SOURCE : BAILLY Jérôme Diégou, Laurent Gbagbo: le verbe en action, Abidjan, Presses des Universités de Côte d’Ivoire, 2010. Préface du Professeur Séry BAILLY.

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« Une nouvelle Afrique arrive, Parce que les gens qui pensent ce que je pense sont plus nombreux. Aujourd’hui plus qu’hier. »

Laurent GBAGBO, Discours de clôture du colloque sur le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire le 5 août 2010 à la Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro.

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« Le néo-colonialisme aujourd’hui représente l’impérialisme à son stade final, peut-être le plus dangereux. (...) L’essence du néocolonialisme, c’est que l’État qui y est assujetti est théoriquement indépendant, possède tous les insignes de la souveraineté sur le plan international. Mais en réalité, son économie, et par conséquent sa politique, sont manipulées de l’extérieur. Cette manipulation peut revêtir des aspects divers. Par exemples, dans un cas extrême, les troupes de la puissance impériale peuvent être stationnées sur le territoire de l’État néo-colonial et en contrôler le gouvernement. Plus fréquemment pourtant le contrôle est exercé par des moyens économiques ou monétaires. L’État néo-colonial peut-être obligé d’acheter les produits manufacturés de la puissance impérialiste à l’exclusion des produits concurrents venus d’ailleurs. » p. 9.

« La lutte contre le néo-colonialisme n’a pas pour but d’interdire des capitaux des pays développés dans les pays qui le sont moins, mais d’empêcher l’utilisation de la puissance financière des nations industrielles à l’appauvrissement des nations moins développées. Le néo-colonialisme est aussi la pire forme de l’impérialisme. Pour ceux qui le pratiquent, il signifie le pouvoir sans la responsabilité et, pour ceux qui le subissent, l’exploitation sans contreparties. » pp. 10-11.

« Le néo-colonialisme, comme le colonialisme avant lui, est une tentative d’exploitation des conflits sociaux des pays capitalistes. Le succès temporaire de cette politique apparaît dans l’élargissement de l’écart entre les nations riches et les nations pauvres du globe. Mais les contradictions internes et les conflits du néo-colonialisme sont la preuve qu’il ne pourra pas demeurer une politique mondiale permanente. Comment en amener la fin ? Voilà le problème que devraient étudier par-dessus tout les nations développées du monde parce qu’elles subiront le contre coup de son échec ultime. Plus il continuera, plus il est clair que son effondrement final détruira le système social dont il est le fondement. » pp. 11-12.

« Le système du néo-colonialisme a donc été institué et, à court terme, il a admirablement servi les puissances développés. C’est à long terme que ses peuvent être pour elles catastrophiques. » p.13.

NKRUMAH Kwamé, Le néo-colonialisme : dernier stade de l’impérialisme, Paris, Présence Africaine, 1973, 269 p.

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« Le fait est qu’on ne peut libérer un peuple qui se pense et se décrit libre. Et notre peuple a tellement vécu dans des chaînes qu'il ne sent même plus le poids de ses fers. Il se prétend libre lorsqu'il croule sous les charges du colonialisme le plus violent et le plus pilleur. On ne peut rien faire face à une majorité d’africains prêts à être contre l’anticolonialisme et à proclamer que l'Afrique ne subit rien de la part du monde extérieur. En vertu d'ailleurs de cette conviction, des africains sont capables de haïr à mort les leurs qui essaient de leur ouvrir les yeux sur la réalité du monde. C’est-à-dire que dans cette institution d’inversion de responsabilités installée par le colonialisme, les africains prennent effectivement leurs ennemis pour leurs plus fidèles amis et leurs seuls amis, leurs pires ennemis. Que faire si une large part de nous-mêmes n'a pas encore compris où se situe notre devoir et comment notre intérêt vital exige d'organiser à partir de nous-mêmes dans un esprit d'ensemble les moyens de résolution de nos difficultés pour la plupart nées de la rencontre de l'Afrique avec le monde extérieur? Autant, il n'y pas de créations sans créateurs, autant il n'y a pas de libération sans libérateurs. A nos enfants, nous dirons donc ceci : nous avons essayé de vous laisser une autre Afrique, une voie en dehors de celle imposée par le colonialisme, nous avons essayé de ne pas vous laisser en héritage le statut de peuple à terre. Hélas ! Nous avons été férocement combattus par beaucoup de nos propres frères et sœurs. Ces derniers se sont opposés à nous plus que les maîtres dont ils sont l’émanation et donc des alliés objectifs. Et en matière de combat d’un peuple, il n’y a pas plus redoutables adversaires que ses propres congénères. C’est ainsi que nous avons dû faire face simultanément à deux fronts : celui de notre propre peuple et celui des loups du monde extérieur. Un front solidement uni par les liens de sujétion, de fascination voire de subjugation que les dominateurs ont exercé et exercent sur la partie la plus arriérée et la plus aliénée de notre peuple. »

Komla KPOGLI, Leader du Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique (MOLTRA).

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