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lundi, 03 septembre 2012

IL A ETE CONDAMNE A 6 MOIS DE PRISON - LAURENT AKOUN, LE FILM D'UN PROCES EN SORCELLERIE!

 

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Digne jusqu’au bout. Entourée de deux de ses enfants, au premier rang de la salle d’audience, Gisèle Akoun, l’épouse du secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), a tout de même eu un choc, et n’a pas pu cacher ses yeux embués de larmes, à la lecture du verdict du procès frappant son mari. Six mois de prison fermes. Un an de déchéance de ses droits civilques et politiques. Un an d’interdiction de séjour en Côte d’Ivoire en dehors de son village, Memni, dans le voisinage d’Alépé. Ce verdict, que les avocats de la Défense contesteront en appel, si l’on en croit Maître Hervé Gouaméné du Collectif qui s’est constitué, est pourtant l’aboutissement logique d’une procédure bien plus politique que judiciaire.

L’accusation, campée par les procureurs Richard Adou Koffi et (surtout) Allah Kouadio, n’a pas caché cette réalité centrale, tout au long de l’audience, qui s’est étalée de 10 heures à 15 heures. Elle n’a cessé de faire dériver le procès sur le terrain de la polémique passionnelle. Le procureur Allah Kouadio a par exemple multiplié les questions sournoises sur le code électoral, sur «qui est président de la République ?», sur les résultats de la prochaine présidentielle. Il a également tenté d’établir un lien entre des propos de Laurent Akoun offensifs mais demeurant dans la stricte logique de l’affrontement civilisé – «tenez-vous prêts, restez mobilisez, les lignes bougent, bientôt il y aura des meetings et des marches pour la reconquête du pouvoir par la voie démocratique» – et les attaques du ou des commandos mystérieux contre les FRCI de ces dernières semaines. Puisque ces attaques sont survenues après les propos incriminés.

Au terme de ses envolées partisanes, il a requis cinq ans de prison ferme contre le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), et a demandé au juge de ne lui accorder aucune circonstance atténuante. Un juge, Koné Brahman, manifestement gêné de la posture de l’Accusation et ne cessant de la ramener à l’affaire elle-même quand elle se perdait dans des propos à caractère notoirement politique. Au final, il a fait ce qu’il savait qu’il devait faire – condamner Laurent Akoun pour des «propos séditieux de nature à troubler l’ordre public, à jeter un discrédit sur les institutions et les autorités qui les incarnent», tout en restant prudent – il ne faut pas insulter l’avenir ! – et en frappant bien moins fort que ce que l’accusation demandait.

 
Laurent Akoun : «Gbagbo est mon maître»
 
De son côté, la défense de Laurent Akoun, composée d’une dizaine d’avocats conduits par Me Toussaint Dako Zahui, s’est évertuée à discréditer l’argumentaire de l’accusation en revenant à un certain nombre de questions fondamentales frappées au coin du bon sens. Elle s’est attardée sur l’article de presse brandi par l’accusation et reprenant les propos prétendument insurrectionnels d’Akoun, qui insistaient pourtant sur la reconquête politique par les urnes. Elle a fait remarquer, pour démonter le rapport de causalité établi entre les propos d’Akoun et les attaques contre les FRCI, que ce n’est pas la première fois qu’il tenait des propos dans ce registre, et que les fois d’avant aucune offensive armée n’avait été enregistrée par la suite. Elle a aussi demandé à Akoun s’il avait été confronté à des assaillants arrêtés et qui l’auraient cité au nombre de leurs commanditaires. Bien entendu, Laurent Akoun a répondu par la négative…

Le visage colonisé par une barbe de quelques jours, vêtu d’un jean et d’une chemise à carreaux, Laurent Akoun est apparu fatigué mais combatif. Il a affirmé haut et fort que Laurent Gbagbo était son «maître» en politique, et n’a pas manqué d’adresser des signes à ses camarades de parti, bien entendu choqués, après le verdict, quand il retournait au «violon» du Palais de Justice d’Abidjan. Bien entendu, parmi ces signes, il y avait le fameux «V» de la victoire !
 
 

Saint-Claver Oula



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