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samedi, 08 septembre 2012

LE RDR PEUT-IL CASSER LE FPI, LE PARTI DE LAURENT GBAGBO?


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Le Rassemblement des républicains (Rdr), parti au pouvoir, est décidé à briser son rival le Front populaire ivoirien (Fpi) par tous les moyens. Après s’être donné les moyens de réduire au silence le géant aux pieds d’argile qu’est le Pdci version Konan Bédié. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont bons. Intimidations de toutes sortes, répression des meetings, agressions, enlèvements, arrestations, emprisonnements, etc, tout y passe.

Mais au lieu de faire capituler le Fpi, au contraire les méthodes sauvages du pouvoir ne font que ragaillardir l’opposition significative. Lorsque le régime constate l’inflexibilité du parti de Laurent Gbagbo quant à sa ferme volonté de participer au débat politique, il change de stratégie. Le jeu consiste désormais à le décapiter en mettant aux arrêts tous ses responsables. Pour ce faire, les arguments les plus farfelus sont fabriqués depuis les laboratoires de la rue Lepic: atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre public, vol aggravé, etc. En tout cas pour Alassane Ouattara et ses acolytes, il faut casser vaille que vaille le front populaire ivoirien. Mais en ont-ils seulement les moyens ? En sont-ils capables ? Non, ils n’en ont pas les moyens !

D’abord l’histoire récente de la Côte d’Ivoire est là qui rappelle à la mémoire collective que tenter de faire disparaitre un parti es la plus grave erreur politique qu’un pouvoir puisse commettre. Konan Bédié qui pratique à ce jour un suivisme dégoûtant et humiliant pour le Pdci en sait quelque chose. En effet, c’est lui qui a emprisonné toute la direction du Rdr en 1998, suscitant ainsi un regain de vitalité de ce parti et même la sympathie de toute la Côte d’Ivoire pour Henriette Dagri Diabaté, alors secrétaire générale du Rdr.

Rancunier et sans grand bagage politique, il s’acharne sur son opposition par les brimades en tous genres, faisant ainsi la publicité d’un parti qui n’avait rien d’autre à offrir aux Ivoiriens que l’incivisme et la violence. La suite, on la connait. Lorsqu’il chute brutalement sous les coups de boutoirs de Ouattara (voir Le Patriote N°58 du 13 septembre 1999), c’est tout le peuple qui applaudit sa chute. Même ses propres partisans ont ri sous cape. Face à cet enseignement de l’histoire, Ouattara n’osera pas commettre la même erreur. Sauf s’il est frappé de cécité ou aveuglé par la haine viscérale qu’il n’a jusque-là pas cessé de manifester envers l’opposition.

Par ailleurs, le Front populaire lui-même est né dans l’adversité comme aimait à le dire Laurent Gbagbo, son fondateur. Que n’a pas fait le tout-puissant Houphouët-Boigny pour faire taire l’impénitent de Gbagbo qui osait le critiquer quand tout le peuple se prosternait devant lui ? Le contexte de feu dans lequel évolue le Fpi lui forge une carapace telle qu’il n’y a aucune adversité qui soit au-delà de ses forces. Il l’a prouvé par neuf pendant son règne.

En dix années de gouvernance, en effet, avec un panier à crabes en guise de gouvernement et un pays coupé en deux, l’enfant de Mama a tenu correctement le pays avec des finances assainies, les salaires régulièrement payés, les dettes intérieure et extérieure honorées, de grands chantiers entrepris. Dans cette situation pas évidente, l’opposition est ménagée avec un financement conséquent. Même pour le Rdr, absent à l’Assemblée nationale. Alors que cette opposition fait montre d’un incivisme qui paralysait toute entreprise politique, LG surmonte avec brio les difficultés du moment. A son génie qui transforme toute difficulté en opportunité, Gbagbo sait communiquer avec son peuple. Cela lui vaut la profonde sympathie et la popularité qui ne cessent de grandir au sein des populations y compris dans les rangs mêmes du Rdr.

Aujourd’hui encore, avec l’épée de Damoclès que le pouvoir fait peser sur le Fpi, le parti est plus que jamais debout. Tenez, pendant que le régime procède à des enlèvements ou à l’arrêt des responsables frontistes, le Fpi, comme une hydre repousse à chaque fois et continue de fonctionner comme si de rien n’était. C’est dans cette atmosphère politiquement empestée que le Front populaire prévoit une conférence, des meetings et fait des déclarations. Le message que ce parti livre est on ne peut plus clair: si le serpent ne nous a pas fait peur, ce n’est pas le ver de terre qui nous effrayera.

 

Pascal Bellasset, in le quotiden ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

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