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jeudi, 27 septembre 2012

LE «CLUB DE LA PRESSE» SUR LA RTI: HISTOIRE D'UNE CENSURE MAL FICELEE

 

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Tout commence par l'enregistrement, le vendredi 21, de l'émission "Le Club de la Presse", dans les studios de la RTI. Jusqu'ici, tout va bien. L'émission, qui voit débattre des journalistes de différents journaux, est toujours enregistrée le vendredi pour être diffusé le dimanche. Sauf que, cette fois-ci, l'émission ne passe pas. Des "problèmes techniques", nous dit-on. Antoine Assalé Tiémoko, du journal "L'Eléphant déchaîné", se... déchaîne le premier sur Facebook.

"Ce jour, dimanche 23 septembre, à 18 heures 8 minutes, sur la RTI1, une bande déroulante a annoncé la non diffusion du CLUB DE LA PRESSE pour des "raisons techniques". Interrogé par "L'éléphant Déchaîné", Emmanuel Grattié Lavry, le présentateur de l'émission a déclaré qu'il avait été lui-même informé dans la soirée que l'émission ne sera pas diffusée pour des raisons techniques, sans plus de précisions. En réalité, cette émission, enregistrée le vendredi 21 septembre ne sera jamais diffusée et pas à cause de raisons techniques. Elle a été purement et simplement censurée. 

Il y avait comme invités: Assalé Tiémoko (Directeur général et gérant de l'éléphant Déchaîné"), Saint Claver Oula (rédacteur en chef de le nouveau courrier), Eddy Pehé (directeur de publication de le nouveau réveil), Célestin Gnonzion (enseignant-chercheur, spécialiste de l'éthique de la presse). Les thèmes débattus étaient la rébellion de 2002 (bilan, financement), les rencontres de la CDVR, l'enquête sur la mort de Guéi, la drogue dans les écoles, le conseil des ministres (le code de déontologie des fonctionnaires et agents de l'Etat), l'attaque du commissariat à Port-bouet, la suspension de la sanction contre les journaux bleus. 

Eh bien les vérités qui ont été dites au cours de l'enregistrement de l'émission n'ont pas semble-t-il, fait plaisir en haut lieu. L'émission a été purement et simplement censurée. Ce qui provoque la colère non seulement des invités, mais des autres confrères. Nous courons donc vers un boycott de cette belle émission et donc sa mort prochaine. Car, tant que cette édition du dimanche 23 septembre ne sera pas diffusée, plus personne ne répondra à l'invitation de la RTI. La suite et les détails des propos tenus au cours de l'enregistrement et qui ont provoqué la censure, dans "l'éléphant Déchaîné" du mardi 25 septembre."

Assalé Tiémoko a raison. L'émission n'est pas rediffusée le lundi, comme le veut la tradition. Mais les censeurs étant des personnes "paresseuses", selon l'expression du caricaturiste Issa Nyaphaga, l'émission se retrouve sur le site Internet de la RTI, avant d'être ôtée. Ce qui confirme la thèse de la censure (et renforce l'opprobre sur la direction générale de la RTI), sans pour autant d'être de la moindre efficacité. Puisque l'émission se retrouve, bien entendu, sur Youtube. En trois parties.

 

 

 

 

Bien entendu, le destin de cette émission est connu. Après Youtube, elle atterrira dans les disques durs et les cartes mémoire des téléphones des Ivoiriens qui auront désormais une idée précise du type de vérités que le régime qui les domine veut leur cacher. Le comble du ridicule et de l'amateurisme !

Alors, forcément, les sarcasmes se déchaînent... Laissons le mot de la fin à Anderson Diédri, reporter au Nouveau Courrier, qui fait un parallèle avec le limogeage fantaisiste de l'ancien directeur général de RTI, Brou Aka Pascal, finalement re-nommé au poste de président du Conseil d'administration de l'institution par le même Alassane Ouattara qui l'avait dégommé.

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"Le directeur général de la RTI Aka Sayé Lazare va-t-il être limogé pour "dysfonctionnement" (...) puisque malgré la "censure" de l'émission "le Club de la presse" dimanche, l'intégralité de l'enregistrement circule aujourd'hui sur Internet ?"

 

SourceLE NOUVEAU COURRIER

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