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mercredi, 24 octobre 2012

LE MEGASYNDICAT INTERNATIONAL DU CRIME - 1ère et 2ème PARTIE


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1ère PARTIE

Les pires criminels savent se donner bonne apparence. Les Hells Angels n’installent pas leur repaire devant un bar de danseuses. La famille Rizutto ne vend pas de stupéfiants dans ses résidences luxueuses. Parlez-en aux voisins, à Cartierville, et ils vous diront que les mafiosos sont des gens paisibles qui ne dérangent personne. Beaucoup plus polis et souriants, en fait, que la police de Montréal lorsqu’elle rend visite aux «rats mangeux de marde et gratteux de guitare», pour reprendre une expression à la mode au Québec.


Dans la seconde partie, demain, il sera particulièrement question de la venue à Québec du chef de guerre et terroriste ivoirien Guillaume Soro, auquel Ottawa accorde gentiment un visa, comme si de rien n’était. 

Les Québécois d’origine ivoirienne et leurs sympathisants seront dimanche à 15 heures devant l’Assemblée nationale, à Québec, pour manifester leur ras-le-bol à l’égard de l’injustice institutionnalisée par des criminels comme Nicolas Sarkozy, François Hollande et Stephen Harper, qui protègent de sombres individus comme Soro, qui n’hésitent pas à faire assassiner des innocents, tant que ça se passe loin de leur pays, et qui monopolisent les tribunes médiatiques au nom d’une certaine «communauté internationale» dont le seul argument est le mensonge. Joignez-vous à nous.


Le mégasyndicat international du crime ne fait pas exception. À l’instar des Hells Angels et de la mafia, les membres du mégasyndicat ménagent leur voisinage et envoient leurs hommes de main commettre leurs crimes à l’abri des regards, pour que l’odeur de la mort ne les atteigne pas. Ils ont l’air éminemment respectables aux yeux de ceux qui ne font pas partie de leurs victimes. Ils font, dans leur pays, la chasse à des terroristes qu’ils encouragent pourtant à terroriser ailleurs, par exemple, en Syrie.

Qui sont les barons de ce mégasyndicat? Ce sont des individus comme Benyamin Netanyahou, George Bush, Tony Blair, Bill Clinton, Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, François Hollande et Stephen Harper. Auteurs de crimes de masse contre l’humanité, ils ont des millions de victimes à leur tableau de chasse et sont les funestes héritiers d’une tradition barbare de carnages qui remonte au moins aux croisades et qui connait un nouvel essor depuis le démembrement de l’Union soviétique. Autrement dit depuis que plus personne ne semble pouvoir les arrêter par la force, seule logique qu’ils comprennent.

Psychopathes avérés, les barons préparent actuellement d’autres crimes immondes, notamment la guerre contre l’Iran, un pays qui n’attaque personne et qui ne possède pas l’arme atomique, contrairement à Israël. Cette guerre risque de durer de nombreuses années, de se propager dans une grande partie du monde et de causer des massacres spectaculaires. À votre petit écran prochainement. De quoi stupéfier certaines consciences endormies.

Le mégasyndicat international du crime a ses pourvoyeurs de fonds: les oligarques du grand capital apatride, patrons des barons. Ce sont des magnats comme les Desmarais, par exemple, actionnaires de référence de Total, qui se sont réjouis en secret du massacre de milliers d’Ivoiriens par Nicolas Sarkozy, grâce auquel ils ont pu reprendre tranquillement le pompage du pétrole du golfe de Guinée. Ce sont également George Sorros et les dirigeants de Goldman Sachs, qui tirent les ficelles du capitalisme financier un peu partout pour saigner les États à blanc et qui, avec le complexe militaro-industriel, sont parmi les principaux instigateurs du terrorisme pratiqué par Israël, les États-Unis et leurs vassaux en vue de supprimer les empêcheurs d’endetter en rond.

Le mégasyndicat international du crime a aussi un grand nombre d’exécutants de diverses natures, du soldat aventurier qui explose sur une bombe artisanale en Afghanistan au dictateur d’une néocolonie africaine, en passant par le chef de guerre cupide et cruel, parrainé par Washington ou Paris, et l’agent de relations publiques grassement rémunéré pour répandre des écrans de fumée, dans un média, une université ou une fausse ONG. Les agents de relations publiques sont particulièrement importants, car ce sont eux qui maintiennent les électeurs occidentaux dans un coma profond les empêchant de prendre conscience des crimes des barons.

Le système des vérités officielles

Même si les preuves des manipulations passées de l’opinion publique sont abondantes, le peuple peut encore être facilement berné par des manipulations semblables. En effet, les moyens de diffusion énormes des médias ont un effet structurant sur la pensée. Après avoir pris connaissance de cas patents de désinformation massive, beaucoup de gens continuent de gober les mensonges fabriqués en série par les salles de rédaction parce qu’ils ont peine à concevoir le monde autrement que selon le schéma de pensée qui a pris racine en eux et dont ils sont devenus très dépendants, à force d’être intoxiqués quotidiennement. Je n’arriverai certainement pas à convaincre tous les sceptiques qui trouvent que j’exagère, mais, vu la gravité de l’enjeu, ma conscience m’ordonne d’expliquer et de démontrer encore. 

Les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime ont pour fonction, entre autres, de cultiver des croyances sur une longue période pour en faire des vérités officielles. Ainsi, même les pourfendeurs des bombardements de l’OTAN en Libye se sentiront obligés de commencer leurs réquisitoires contre les crimes de masse de l’Occident en se dédouanant à l’avance: «quoique Kadhafi fût un dictateur sanguinaire…», disent-ils. Ils craignent à raison de subir l’inquisition médiatique s’ils osent contester une vérité officielle.

Pourtant, il devrait être normal de rappeler que, jamais, du temps de Kadhafi, un diplomate étasunien n’a été assassiné en Libye comme ce fut le cas le 11 septembre 2012 à Benghazi. Un groupe armé, paradoxalement aidé par les États-Unis à ravager la Libye en 2011, a tué l’ambassadeur Chris Stevens et trois autres Étasuniens. En 2006, les États-Unis avaient même retiré la Libye de leur liste d’États terroristes, ce qui était du reste la moindre des choses, puisque Kadhafi n’a jamais eu quoi que ce soit à voir avec l’attentat de Lockerbie et puisqu’en 1986, ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont commis un attentat terroriste à Tripoli, c’est-à-dire un bombardement qui a entrainé la mort de la petite fille adoptive de Kadhafi et qui a été ordonné par Ronald Reagan.

Mais, dans l’univers des vérités officielles, il n’est pas normal de penser librement et de parler honnêtement. Les chasses aux sorcières existent bel et bien. Pendant la dernière campagne électorale, au Québec, un jeune candidat d’Option nationale, Mikaël Saint-Louis, a gouté à la médecine que réservent les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime à toute personne qui acquiert une certaine notoriété et qui remet en question des vérités officielles.

«Kadhafi et Staline s’invitent dans la campagne électorale québécoise!», titrait le Journal de Montréal, dans le blogue de Taïeb Moalla, lui-même meneur de claque des rebelles intégristes dépeints naguère comme des combattants de la liberté en Libye, mais devenus rapidement assassins de diplomates. Les journalistes étant protégés par le corporatisme médiatique, M. Moalla n’a jamais eu à répondre à des questions embarrassantes sur ses accointances islamistes. En revanche, Mikaël Saint-Louis, lui, s’est vu harcelé par la presse pour avoir remis en question des fictions élevées au rang de vérités.

Évidemment, les journalistes n’agissent pas toujours machiavéliquement, pour intimider, bâillonner ou dénigrer les objecteurs. Ils ont une autre motivation. Le système des vérités officielles est une mine d’or pour eux puisqu’il leur permet de fabriquer aisément des scandales qui font vendre de la copie, qui plaisent au patron et qui sont un facteur d’avancement. Quand il faut pondre un article tous les jours, en retour d’un généreux salaire, on doit saisir les occasions au passage, faute de pouvoir vraiment enquêter.

Par ailleurs, on dit souvent que les journalistes sont simplement paresseux et qu’ils ne prennent pas le temps d’aller au fond des choses. On dit aussi qu’ils sont ignorants ou incompétents. C’est sans doute vrai dans certains cas, mais cette incompétence est instrumentalisée par des manipulateurs qui savent très bien ce qu’ils font.

Un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence pour désinformer

J’ai enregistré un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence journalistique le 1er avril 2011 à 14 h 34. Une journaliste, Mélanie Bourgeois, interviewait Jean-Hilaire Yapi au sujet de la crise ivoirienne, sur les ondes du Réseau de l’information (RDI), une chaine télé de Radio-Canada. Vous trouverez cette entrevue ci-bas, sous la rubrique «Cinéma-vérité».

Dans la vidéo, on voit bien Mme Bourgeois consulter son portable pour y trouver les questions tendancieuses qu’on lui souffle. Quelqu’un avait préparé le scénario. Il fallait premièrement montrer que M. Yapi était un partisan de Laurent Gbagbo, présenté en introduction comme un dictateur qui résistait dans son bastion grâce à ses troupes d’élite, donc que M. Yapi n’était pas crédible. 

Deuxièmement, Radio-Canada voulait faire ressortir les méthodes prétendument violentes et antidémocratiques de M. Gbagbo, qui avait, dit-on, choisi d’encercler son adversaire, de le menacer et de le garder prisonnier dans un hôtel, ce qui était du reste totalement faux. Troisièmement, on voulait laisser entendre qu’en «s’accrochant au pouvoir», Laurent Gbagbo entrainait ses compatriotes dans un bain de sang auquel il aurait pu mettre fin en obéissant à la «communauté internationale», nom que Radio-Canada emploie pour désigner le mégasyndicat international du crime. 

Toutefois, Jean-Hilaire Yapi s’est révélé plus convaincant que RDI ne l’avait prévu. Lorsqu’il a commencé à rappeler les vérités officielles invoquées dans un passé récent par la «communauté internationale» pour raser des pays comme l’Irak et l’Afghanistan, le réalisateur a abruptement mis fin à l’entrevue, faite en direct et jamais rediffusée. Prenez six minutes et trente-cinq secondes pour visionner ce morceau d’anthologie de la désinformation par l’incompétence; vous n’en reviendrez pas.

Pendant toute la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, date de l’enlèvement de Laurent Gbagbo, président dument élu de la Côte d’Ivoire, sous les bombes françaises, Radio-Canada s’est livrée à une intense campagne de désinformation inversant totalement la réalité. Elle a participé à un coup d’État et aux activités criminelles des terroristes à la solde d’Alassane Ouattara, qui ont mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang à partir de 2002, avec l’aide de la France et des mercenaires onusiens. 

Depuis le renversement de Laurent Gbagbo, Radio-Canada occulte volontairement le drame quotidien vécu en Côte d’Ivoire. Sous la férule de Ouattara, ce pays magnifique est devenu une dictature brutale et génocidaire alors que Sarkozy, Obama, Harper et cie prétendaient y faire régner la démocratie. Même affaire qu’en Libye, quoi. Ayant écrit un certain nombre de fois sur la Côte d'Ivoire, spécialement à l’intention du public québécois, qui ne suit pas nécessairement de manière assidue l’actualité africaine, j’invite mes compatriotes qui souhaitent en savoir davantage à regarder le documentaire Laurent Gbagbo, un homme une vision et à consulter les textes suivants:

Si beaucoup de journalistes sont incompétents, paresseux ou coincés dans les exigences de leur employeur, je suis d’avis que nombre de leurs collègues, notamment des spécialistes, des correspondants à l’étranger, des affectateurs, des réalisateurs et des directeurs de l’information, sont parfaitement conscients de leur mission de désinformation et n’hésitent pas à manipuler leurs collègues et à organiser le mensonge en toute connaissance de cause.

Les légendes d’épouvante

Que le comportement des journalistes s’explique par la paresse, l’incompétence ou la complicité, le résultat est le même: les vérités officielles s’incrustent lorsqu’elles sont façonnées au fil de milliers de reportages. Elles peuvent même acquérir leurs lettres de noblesse dans des livres ou d’autres œuvres primées et encensées par la critique — par exemple, les écrits de la blogueuse cubaine Yoani Sánchez, coqueluche de Radio-Canada —  et dans les travaux des universitaires serviles, qui ne manqueront pas de sources concordantes à citer puisque les reportages pleuvent et reprennent tous les mêmes mensonges.

Museler ou marginaliser tout contradicteur n’est pas le but principal des vérités officielles. Elles servent surtout à créer des monstres qui deviennent les personnages principaux des légendes d’épouvante. Comme leur nom l’indique, ces légendes ont pour fonction d’épouvanter le bon peuple et de le rendre malléable. Les médias occidentaux avaient fait de Kadhafi le monstre d’une légende d’épouvante, ce qui a permis aux barons de commettre les pires crimes en Libye tout en se faisant passer pour de preux chevaliers.

Aujourd’hui, Kadhafi étant hors d’état de nuire aux bénéfices de Wall Street, son fantôme n’est plus présent dans les médias que pour discréditer d’autres indésirables, comme les candidats d’un parti préconisant l’indépendance du Québec. Les agents de relations publiques s’affairent au façonnement d’autres légendes, qui servent à justifier des agressions en cours, notamment en Syrie, ou qui serviront un jour ou l’autre à attaquer d’autres adversaires économiques. Nous en reparlerons dans la deuxième partie.

 

Bernard Desgagné

 

Source 1: ORGANISATION DU QUEBECOIS


2ème PARTIE

Vérités officielles et légendes d’épouvante fabriquées en série par les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime servent à justifier les agressions contre ses adversaires économiques. Entendons par adversaires non pas des rivaux qui menacent les économies occidentales, mais bien des États qui refusent de se laisser avaler par le néolibéralisme sauvage et qui adoptent parfois même le socialisme ou le communisme, ce qui est un péché mortel. (Précisons ici que certains partis qui se disent socialistes n’en sont pas, par exemple le Parti socialiste français et le Nouveau Parti démocratique, au Canada.)

Le néolibéralisme est une doctrine qui n’a rien à voir avec la création de la richesse, qui érige la cupidité en vertu suprême et qui repose sur le parasitisme financier, le pillage et les guerres. La plupart des défenseurs du néolibéralisme, par exemple les membres du gouvernement conservateur à Ottawa, sont des psychopathes. Ils n’attachent aucune importance à la vie des autres et ont recours à des subterfuges, comme la «défense de la démocratie» ou la «promotion des valeurs canadiennes» pour tuer les gens qui leur barrent la route.

Si la diabolisation des chefs d’État récalcitrants comme Kadhafi, Gbagbo ou Assad a une importance cruciale dans la construction des légendes d’épouvantes dont le mégasyndicat a besoin pour endormir les peuples occidentaux, deux autres stratégies de désinformation sont également essentielles. Premièrement, à défaut de diaboliser le dirigeant nuisible, les agents de relations publiques s’emploient à le stigmatiser, pour lui ôter sa légitimité et sa crédibilité. C’est le cas particulièrement des personnalités ou des États qui seraient difficiles à éliminer, mais qu’on peut neutraliser en diminuant leur influence. Hugo Chávez et Vladimir Poutine en sont deux bons exemples.

Deuxièmement, la diabolisation ne peut se faire sans occulter certaines informations et sans exclure des tribunes médiatiques les gens qui en savent trop et qui ne veulent pas collaborer. L’occultation est l’un des principes de base de la désinformation. Sans occultation, personne ne serait épouvanté, parce que tout le monde se rendrait compte de la supercherie. C’est pourquoi, par exemple, Radio-Canada a systématiquement caché à son public les manifestations gigantesques d’appui populaire à Kadhafi, Gbagbo et Assad. Elle n’a envoyé aucun journaliste en Syrie, contrairement à la télévision russe, pour interviewer des manifestants sur place et voir si ce sont vraiment des personnes incitées par le «régime» à faire semblant qu’elles l’appuient, comme l’insinuent certains médias et certaines ONG.

Lorsque vous vous rendez compte que les médias cachent sciemment au public des informations déterminantes, vous pouvez être certain qu’une opération de propagande est en cours. C’est un signe immanquable.

Pour illustrer les stratagèmes de la stigmatisation et de l’occultation, quoi de mieux encore une fois que l’exemple de Radio-Canada, royaume de la perfidie, où le public est tantôt trompé, tantôt anesthésié par le divertissement? Voyons d’abord ce qu’a fait Radio-Canada dernièrement pour stigmatiser Chávez et Poutine, lors des élections au Vénézuéla et en Russie. Ensuite, nous parlerons des réalités que tous les Ivoiriens connaissent, mais qui sont criminellement camouflées par Radio-Canada.

Le regard de Radio-Canada sur Chávez 

Le 7 octobre 2012, lors de l’élection présidentielle au Vénézuéla, Hugo Chávez a encore une fois battu le grand capital apatride et les psychopathes néolibéraux de l’extrême-droite qui ne reculent devant aucun crime. Et pour cause. C’est un grand homme. Washington et ses valets ont mis en œuvre des moyens énormes pour essayer de le battre, mais ont dû s’avouer vaincus. Comme quoi il y a encore de l’espoir dans ce monde, même si on peut s’attendre à ce que le mégasyndicat international du crime récidive.

Évidemment, Radio-Canada n’a pas voulu être en reste et a affecté à l’élection présidentielle vénézuélienne son agent de désinformation attitré sur l’Amérique latine, Jean-Michel Leprince. Le 1er octobre, M. Leprince faisait une chronique à l’émission Le Monde selon Mathieu, dans laquelle il affirmait ceci:

[Henrique Capriles, l’opposant de Chávez] a la réputation de régler les problèmes dans son État de Miranda. Il a un message rassurant depuis le début de la campagne. […] Il est très, très actif. Il a fait plus de 250 rencontres à travers le Vénézuéla depuis huit mois, alors que Hugo Chávez, qui a 54 ans et qui est beaucoup moins en forme, a fait une campagne beaucoup moins visible que les autres fois. Et puis, Capriles a un discours d'unité nationale, alors que le discours de Chávez est un discours de division. C'est eux contre nous, et eux, c'est l'ennemi. […] Il y a aussi le harcèlement envers le secteur privé, l'hostilité envers les médias. […] Il faut dire qu'il y a du pétrole. […] L'argent coule à flot et [Chávez] l'utilise évidemment dans cette campagne à son aise.

Le parti-pris de M. Leprince est évident. À la fin, il utilise une formule ambigüe pour laisser entendre que Chávez utilise l’argent du pétrole pour se faire réélire, voire pour s’enrichir personnellement. Selon M. Leprince, à quoi devrait servir l’argent du pétrole si ce n’est pour permettre à l’État de faire des dépenses publiques dans l’intérêt du peuple? L’argent devrait-il servir plutôt à enrichir de grandes pétrolières étrangères, comme en Libye, en Côte d’Ivoire et… au Canada?

Voici maintenant le commentaire révélateur que j’ai obtenu d’un ancien collaborateur vénézuélien de Radio-Canada, qui connait très bien Chávez, le Vénézuéla et Leprince:

Capriles ne règle aucun problème et Leprince le sait. C’est pourquoi Leprince ne donne aucun exemple de problème réglé et parle d’une "réputation". Capriles n’est pas du tout rassurant. Depuis le début de la campagne, il multiplie les gaffes qui révèlent une méconnaissance épouvantable de son pays et de son peuple. Le père de Capriles a reçu de l’argent de M. Zingg, en cavale à Miami pour échapper à la justice vénézuélienne, qui l’accuse d’être impliqué dans une tentative d’assassinat du président de la république en 2004.

Quand Leprince affirme que Capriles est "très, très actif", il ne fait que reproduire un article d’un journal d’extrême-droite qui compare la quantité de municipalités visitées par Capriles et la quantité de municipalités visitées par Chávez, ce qui n’est pas sérieux. Chávez n’a pas besoin d’aller partout. Et s’il est moins visible, c’est qu’il ne contrôle pas les médias, contrairement à ce qu’on prétend souvent. [Des manifestations monstres d’appui à Chávez ont eu lieu à Caracas.] Capriles n’a pas un discours d’unité. C’est plutôt le contraire. Ce n’est qu’un cliché utilisé par l’extrême-droite pour faire oublier le programme néolibéral de Capriles. Leprince est personnage sans scrupule, un homme de mauvaise foi.

En outre, mon correspondant attire mon attention sur ce que Leprince et Radio-Canada évitent soigneusement de dire à propos de Capriles. Dans un article en espagnol intitulé «Capriles le despérado trouve refuge au Honduras», le journaliste hondurien Roberto Quesada a obtenu le numéro d’immatriculation de l'avion utilisé par Capriles pour se rendre au Honduras et participer au coup d'État contre le président Zelaya. En outre, dans un article fort intéressant, le journaliste belge Michel Collon nous rappelle certains agissements passés de Capriles:

En 2002, lorsqu’un coup d’Etat militaire tente de renverser Chávez, Capriles, alors maire d’un quartier riche de Caracas, participe à l’attaque très violente contre l’ambassade de Cuba. Il fait le mur pour y pénétrer et menace l’ambassadeur. Sa police ferme les yeux quand les putschistes détruisent les autos de l’ambassade, puis coupent son approvisionnement en eau et en électricité.

Michel Collon joint à son article une photo de Capriles en train d’escalader le mur de l’ambassade de Cuba à Caracas. Radio-Canada ne nous montrera évidemment jamais cette photo. Capriles est un homme rassurant qui règle les problèmes. Chávez est l’homme de la division. N’est-ce pas?

Radio-Canada relaie encore les accusations fabriquées contre Poutine

Les élections locales du 14 octobre 2012 en Russie venaient à peine de prendre fin que Radio-Canada relayait déjà les accusations de fraude proférées par une ONG complice et par certains opposants, du reste battus à plate couture à cause de leur impopularité dans la population russe, qui n’est pas dupe des agents du mégasyndicat international du crime. Radio-Canada écrivait notamment ceci:

Golos, une ONG russe qui recense les fraudes électorales, a fait état de plus d'un millier d'irrégularités. Golos avance que des partisans du parti présidentiel voteraient plusieurs fois dans différents bureaux de vote.

La Presse, journal qui appartient à la famille Desmarais et dont les journalistes sont très souvent invités sur les tribunes radiocanadiennes, titrait pour sa part «Triomphe du parti de Poutine et irrégularités», au-dessus d’un article de l’Agence France-Presse (AFP), bien connue pour ses intenses activités de désinformation. La Presse et l’AFP ne jurent, elles aussi, que par les déclarations non étayées de l’opposition et par les critiques de Golos. La première phrase de l’article est la suivante: 

Le parti au pouvoir Russie unie a remporté haut la main les premières élections locales depuis le retour au Kremlin de Vladimir Poutine en mai, marquées par la défaite d'une figure de l'opposition dans la banlieue de Moscou et de multiples fraudes dénoncées lundi par l'opposition.

Selon La Presse et l’AFP, les élections sont «marquées par de multiples fraudes», que l’opposition et Golos dénoncent. La vérité est plutôt que, malgré le bon climat dans lequel les élections se sont déroulées, certains opposants et une fausse ONG au service de Washington soutiennent que de multiples fraudes ont eu lieu. Voilà qui est très différent.

À l’élection présidentielle, en mars dernier, Radio-Canada avait également cité Golos pour flétrir Poutine. Selon elle, Golos était un «observatoire électoral indépendant russe». Indépendant? Voyons voir.

En fait, Golos entretient d’étroites relations avec le Secrétariat d’État. En décembre 2011, le site Web russe Life News avait publié un échange de courriels entre Golos et le Département d’État, où il était question d’un paiement pour service rendu. Quel service? Jeter le discrédit sur les résultats électoraux en Russie. C’était écrit en toutes lettres dans les courriels.

Golos est financée par la National Endowment for Democracy, un paravent bien connu de la CIA. J’en ai déjà parlé dans un article précédent, intitulé «La guerre contre la souveraineté populaire», qu’un grand nombre de journalistes et de décideurs de Radio-Canada ont reçu. À Radio-Canada, on continue de répéter coute que coute les mêmes mensonges, même quand on se sait repéré. Radio-Canada reçoit plus d’un milliard de dollars par année en deniers publics pour abrutir le public et noyer les propos de tout contradicteur dans un océan de propagande.

Ottawa participe aux crimes de Soro et Ouattara

La venue du chef de guerre ivoirien Guillaume Kigbafori Soro à Québec, dans le cadre de la 127e assemblée de l’Union interparlementaire, du 21 au 26 octobre 2012, est la preuve du caractère criminel du régime d’Ottawa. Le baron Stephen Harper, dont le gouvernement n’hésite pas à extrader un innocent pour le remettre à un meurtrier de masse notoire comme Paul Kagame, accueille en revanche à bras ouverts un homme comme Soro, secrétaire général des Forces nouvelles, qui est une association de terroristes.

Après leur tentative de coup d’État du 19 septembre 2002, les Forces nouvelles ont occupé le Nord, le Centre et l’Ouest de la Côte d’Ivoire, grâce à la protection de la force Licorne, corps expéditionnaire de l’armée française qui s’est interposé hypocritement pour empêcher l’armée ivoirienne de rétablir l’autorité démocratique de l’État sur tout le territoire. 

En novembre 2004, l’armée française d’occupation est même allée jusqu’à tirer sur des civils désarmés à plusieurs reprises, notamment devant l’Hôtel Ivoire, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. Elle a détruit l’aviation ivoirienne au sol, prenant prétexte d’une fausse attaque contre un campement français, attaque dont les circonstances très suspectes n’ont jamais été élucidées, au grand désespoir des familles des soldats français, auxquelles les autorités françaises ont clairement menti. Des dépouilles ont notamment été interverties, et toute autopsie a été refusée.

Grâce à la protection de la France et des hauts dirigeants ultracorrompus de l’ONU, les Forces nouvelles de Guillaume Soro, qui s’appellent les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) depuis le coup d’État contre Laurent Gbagbo (enlevé le 11 avril 2011), ont instauré un véritable régime de terreur en Côte d’Ivoire et se sont livrées à d’innombrables violations des droits de la personne, y compris des actes génocidaires ayant pour but de remplacer les ethnies du Sud par des ethnies venues du Nord. Elles se sont financées par la contrebande de matières premières, l’extorsion et le recel à grande échelle.

En plus d’être le gagne-pain des guerriers analphabètes et barbares qui les composent, les Forces nouvelles devenues FRCI servent les intérêts d’Alassane Ouattara, président illégitime de la Côte d’Ivoire, et de ses parrains occidentaux, en particulier la grande entreprise française, mais également une pétrolière canadienne, Canadian Natural Resources (CNR), qui pompe goulument le pétrole du golfe de Guinée en collaboration avec Total. Fait à signaler, la société d’État ivoirienne Petroci ne détient qu’une participation de 10% dans l'exploitation des puits en question. Fait à signaler également, deux anciens premiers ministres provinciaux, Gary Filmon (Manitoba) et Frank McKenna (Nouveau-Brunswick) siègent au conseil d’administration de CNR.

Entre décembre 2010 et avril 2011, Stephen Harper et Radio-Canada n’ont pas hésité, pour promouvoir des intérêts pétroliers privés, à participer au coup d’État contre Laurent Gbagbo perpétré par le mégasyndicat international du crime. Alors que les institutions de la Côte d’Ivoire avaient déclaré Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection, Stephen Harper a réclamé le départ du président élu et son remplacement par le laquais du grand capital, Alassane Ouattara. Radio-Canada a, pour sa part, sans cesse répété que Laurent Gbagbo, «le tricheur», «s’accrochait au pouvoir» et que Ouattara était considéré comme le vainqueur par la «communauté internationale», c’est-à-dire par le mégasyndicat international du crime. 

En fait, des fraudes massives et des actes de violence avaient été commis dans la zone encore sous l’emprise des Forces nouvelles, qui n’avaient pas été désarmées comme prévu dans les accords de paix, ce qui explique que le Conseil constitutionnel ait invalidé les résultats nettement frauduleux et qu’il n’ait pas jugé bon d’ordonner une reprise du second tour dans les mêmes conditions.

Ce qui est vraiment criminel, de la part d’Ottawa et de Radio-Canada, c’est d’avoir occulté les graves violations des droits de la personne commises par Alassane Ouattara, Guillaume Soro et leurs hommes depuis décembre 2010. Ces violations se poursuivent aujourd’hui, avec la bénédiction évidente du mégasyndicat international du crime. Alors qu’il prêche la réconciliation, Ouattara fait fermer les universités. Il pourchasse, emprisonne, humilie, torture et tue ses opposants politiques. Il fait arrêter des journalistes et intimide la presse. Ses partisans organisent des émeutes pour mettre fin aux rassemblements du Front populaire ivoirien, principal parti d’opposition. Ouattara laisse les sans-génies de FRCI faire leur loi à Abidjan et ailleurs au pays. Ces ex-rebelles sans formation errent dans les rues avec leurs armes, tandis que la police, elle, est désarmée, donc totalement impuissante face à ces malfaiteurs. Mais il y a encore pire.


DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES 17.jpg

Drame complètement occulté par Radio-Canada: Un camp de déplacés incendié à Nahibly, dans la préfecture de Duékoué, en Côte d’Ivoire, le 20 juillet 2012. L’incendie a été allumé sous la supervision de l’armée ivoirienne (FRCI), formée désormais des rebelles terroristes de Guillaume Soro et d’Alassane Ouattara, avec la complicité des casques bleus. Les agresseurs sont parvenus ainsi à faire sortir les déplacés du camp, pour en attraper et en massacrer une centaine au moins, dans le cadre d’une vaste entreprise de génocide et de remplacement des populations qui dure depuis plusieurs années. Il s’agissait aussi d’éliminer des témoins gênants des tueries précédentes.


Radio-Canada occulte les massacres des hommes de Soro 

D’abord premier ministre, Soro est aujourd’hui député et président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, ce qui explique sa présence à Québec ces jours-ci. Cette légitimité factice ne devrait pas faire oublier les crimes contre l’humanité dont l’homme est coupable, avec la complicité des barons du crime. L’Union interparlementaire, qui aime bien faire la morale à la Syrie, sans préciser que ce pays est dévasté par des terroristes à la solde du mégasyndicat international du crime, semble n’éprouver aucun scrupule lorsqu’un terroriste participe à ses assemblées.

En novembre 2011, Soro est allé au Rwanda pour rencontrer le génocidaire en chef de l’Afrique, Paul Kagame, qui lui a expliqué quoi faire avec les camps de réfugiés. Paul Kagame a beaucoup d’expérience dans l’extermination des réfugiés, comme il a démontré à Kibeho, à Goma et ailleurs. Soro a bien appris sa leçon.

Comme l’indiquent les deux reportages que j’ai inclus dans le «cinéma-vérité» ci-dessous, les Forces nouvelles ont commis, à la fin de mars 2011, des massacres à grande échelle à Duékoué, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ces massacres sont demeurés totalement impunis, ce qui est évidemment incompatible avec une véritable politique de «réconciliation nationale», comme Ouattara l’hypocrite le sait très bien. Radio-Canada a très peu parlé de ces massacres.

Depuis ces massacres, les ethnies de l’Ouest de la Côte d’Ivoire se sont réfugiées soit dans des camps internes, sous la protection des casques bleus ou de l’Église catholique, soit dans des camps au Libéria. Des ethnies venues du Nord, notamment du Burkina Faso, en profitent pour s’approprier par la force les terres des habitants du Sud. Ces nouveaux exploitants sont autorisés à se promener avec des armes sur leurs terres et à tuer les «intrus», c’est-à-dire les ethnies autochtones, comme en témoigne un autre reportage inclus dans le «cinéma-vérité».

Le 20 juillet 2012, les FRCI ont mis le feu à un camp de déplacés (réfugiés internes). Alors que les pauvres gens fuyaient, les FRCI les ont capturés et exécutés, selon la méthode enseignée par Kagame à Soro. Comme l’indique un article du Monde diplomatique, il s’agissait entre autres d’éliminer des témoins gênants des tueries antérieures, notamment celles de mars 2011. La justice est toujours plus impartiale et la réconciliation, plus facile lorsque la partie adverse est morte. Certains médias ont dit qu’il y avait 11 morts. D’autres ont dit qu’il n’y en avait que neuf. L’ONUCI, elle, a déclaré qu’il n’y en avait que sept. En fait, il y en a eu plus d’une centaine. Pour Radio-Canada, il n’y a pas eu de morts; elle a choisi de ne même pas mentionner cette tuerie. Elle s’est plutôt contentée de diffuser, dans une de ses stations locales, une entrevue avec une immigrée originaire de l’Ouest de la Côte d’Ivoire qui habite à Sudbury.

Le 22 juillet, j’ai donc écrit ce qui suit à Pierre Cavale, le journaliste qui avait réalisé l’entrevue en question et s’était bien gardé de préciser qui étaient les bourreaux de la famille de son sujet:

Vous trouverez, dans les journaux ivoiriens ci-joints, des reportages sur ce qui s'est passé dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, près de Duékoué, le 20 juillet 2012, au moment où Radio-Canada diffusait votre entrevue avec Mme Eva Kossa.

Monsieur Cavale ne m’a pas répondu. J’ai plutôt reçu, le 30 juillet, une réponse de M. André Dallaire, directeur du traitement des plaintes concernant l’information, aux Services français de Radio-Canada. Pour s’excuser de ne pas avoir parlé du massacre du 20 juillet commis par les forces armées ivoiriennes, avec la complicité des casques bleus, M. Dallaire a invoqué un reportage diffusé le 9 juin 2012, à propos de l’assassinat de huit civils et d’une embuscade ayant fait sept morts parmi les casques bleus. Voici un extrait du courriel de M. Dallaire:

Vous saisissez l’occasion de cette entrevue sur l’intégration d’une immigrée pour faire valoir que nous ne sommes pas suffisamment attentifs à la situation en Côte d’Ivoire. Or nous avons amplement couvert le conflit entre les camps Gbagbo et Ouattara, aussi bien aux nouvelles qu’en affaires publiques. Depuis le changement à la tête de l’État ivoirien, des attaques semblables à celle que vous évoquez ont lieu régulièrement. Le plus récent écho que nous en ayons fait date du 9 juin dernier.

Le hic, c’est que le reportage du 9 juin sert à incriminer les «forces fidèles à Laurent Gbagbo», qui seraient prétendument basées au Libéria:

Plusieurs centaines de villageois fuient cette zone du sud-ouest, en proie depuis un an à des attaques attribuées à des forces fidèles à l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et réfugiées de l'autre côté de la frontière avec le Liberia. Selon un rapport publié mercredi par l'ONG Human Rights Watch, ces milices auraient lancé quatre raids meurtriers sur des villages situés en Côte d'Ivoire depuis juillet 2001, faisant 40 morts au total.

Or, le rapport de Human Rights Watch (HRW) est fondé sur des conjectures pures et simples. L’enquêteur de HRW, Matt Wells, que j’ai interviewé le 13 juin, n’a jamais vu une seule arme et fonde ses allégations uniquement sur les affirmations vagues de témoins peu crédibles. De plus, j’ai visité les camps de réfugiés ivoiriens à l’été 2011, et j’y ai trouvé de pauvres gens démunis, qui vivent sous la tente, sans matelas de sol, avec les serpents. Rien à voir avec des camps d’entrainement militaires. Je publierai sous peu un article plus détaillé à ce sujet.

Nous avons affaire à une organisation criminelle internationale qui se comporte exactement comme toute organisation de ce genre. Elle est régie par la loi du silence, la complicité, la violence extrême et le mensonge. Les médias font partie intégrante de cette organisation, en particulier Radio-Canada. Le bon peuple n’arrive pas à concevoir qu’on puisse mentir à ce point. Pourtant, il n’y a rien de plus normal, vu la gravité des crimes. Ne vous attendez pas à ce que, demain matin, les criminels avouent; ils ne le feront jamais.


Bernard Desgagné


Source 2ORGANISATION DU QUEBECOIS

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