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mercredi, 07 novembre 2012

ILS N'ONT RIEN VU

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Coulibaly Gnénéma, ministre ivoirien des Droits de l'Homme


Amnesty International, la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme), la division des droits de l’Homme de l’Onuci…, auraient-ils menti sur les graves violations des droits de l’Homme dans des camps de tortures dénombrés en Côte d’Ivoire? C’est en tout cas ce que la contre-offensive menée ces derniers temps, par le pouvoir d’Abidjan, porte à croire.

En vue d’annihiler les accusations des violations graves des droits de l’Homme dont il est l’objet de la part de ces organismes, défenseurs des droits Humains, le régime de monsieur Ouattara a dépêché sur le «terrain», un «commando», composé des ministres Koffi Koffi Paul de la Défense, Coulibaly Gnénéma des Droits de l’homme et le Commissaire du gouvernement Ange Kessy.

De retour de leur belle balade, les «trois mousquetaires» de la Ouattarandie, ont – en bons élèves – récité leur leçon: «Personne n’a été torturé». Mieux, ils ont été frappés d’une cécité soudaine: «Nous n’avons rien vu».

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UNE N°2681 L'INTELLIGENT D'ABIDJAN 2.jpg

En d’autres circonstances nous aurions cru assister à un spectacle de clowns, tant le scénario monté de toute pièce pour tordre le cou aux faits rapportés par les organismes des droits de l’Homme – à l’issue de minutieuses enquêtes – est hilarant. On croirait rêver. Des détenus qui se sentent au paradis dans leurs «prisons 3 étoiles»: «Tous les détenus rencontrés, disent avoir été bien traités», «Ces personnes (détenus ndlr) étaient dans des conditions agréables», déclare – sans rire – monsieur Gnénéma.

S’il ne s’agissait pas d’êtres humains, c’est-à-dire, d’ivoiriens détenus arbitrairement, torturés à l’électricité, brûlés au plastique fondu, ayant subis des sévices sexuels, déportés en des lieux de détentions non reconnus comme tels, portés disparus, enlevés, rançonnés, exécutés sommairement,… oui, nous aurions ri face à ce cirque honteux et grotesque.

Si les détenus «ne sont ni torturés, ni maltraités», comme le soutiennent ces ministres en mission commandée, alors qui sont ces détenus dont a fait mention Amnesty International et autres ? En fait, de qui, ces «secrétaires» se moque-t-ils en tentant de nier – grossièrement – ce que tout ivoirien sait pertinemment depuis la prise du pouvoir par monsieur Ouattara?

Que les victimes des actes de tortures perpétrés par les tortionnaires du régime aient soudainement disparus, ce n’est pas ce qui apparait le plus blessant pour ces nombreuses victimes et leurs parents. Mais que des hommes – fussent-ils ministres – plus soucieux de regagner leurs voitures climatisées et leurs bureaux cossus, viennent déclarer à la face des ivoiriens et du monde, que les victimes de tortures et de maltraitance n’ont jamais existé, voilà ce qui en rajoute à des douleurs déjà, insupportables. Quel cynisme!

Qui nous dit que ces sites et leurs victimes n’ont pas été «nettoyés» avant la visite dite impromptue de ces ministres et de leurs délégations ? Ont-ils cherchés aux bons endroits?

Comme on peut le constater, ce régime «adopissanciste» cherche visiblement à redorer son blason terne. Il a, pour ce faire choisi la fuite en avant. C’est la parole du gouvernement contre celle des victimes, peut-on retenir à l’issue de la conférence de presse expresse animée par les ministres de Ouattara.

Mais, laissons de côté les allégations de cette conférence-comédie. Et penchons-nous plutôt sur les non-dits d’une sortie mal inspirée.

Qui contrôle qui et qui contrôle quoi?

Ce que les ministres de Ouattara ne disent pas, c’est que ni la police, ni la gendarmerie à qui il échoit premièrement les arrestations, détentions, les gardes à vue, les enquêtes en rapport avec les populations civiles – non militaires – car, dans les déclarations des défenseurs des droits de l’Homme, il s’agit en effet et avant tout de victimes civiles.

Ni la Police, ni la Gendarmerie ne fonctionnent correctement, car souffrant de graves disfonctionnements depuis dix-huit mois de règne ouattarien. Ce sont en effet, les combattants FRCI qui seuls, règnent en maitres sur le terrain, au détriment des policiers et gendarmes désarmés et reniés, dictant leurs lois, selon leur gré.

En effet, depuis dix-huit mois de présence de monsieur Ouattara à la tête du pays, la question de la réforme de l’armée n’a pas encore été résolue. Le désordre au sein des forces de sécurité et de défense y est total. Au point qu’un leader politique s’est écrié: «Nous n’avons pas d’armée en Côte d’Ivoire».

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L’opération de charme

«Nous avons voulu vous prendre à témoin pour que tout le monde sache que ce ne sont pas des paroles en l’air de la part du gouvernement», assène monsieur Gnénéma.

Au-delà des apparences – d’ailleurs trompeuses – l’opération de charme du régime en place, vise d’abord ses propres partisans. Ces derniers, en effet, interprèteraient mal que leur leader ne réagisse pas «vigoureusement» aux accusations de Amnesty International, de la FIDH et autres. Conséquences: à défaut d’un silence coupable, monsieur Ouattara a préféré orchestrer la bouffonnerie à laquelle nous venons d’assister, avec dans les rôles principaux, des ministres de la république, flanqués d’un Commissaire du gouvernement. Ensuite, il y a l’opinion internationale qui commence à découvrir le pot aux roses. A elle, il faut vite envoyer des signaux, de peur de tomber – à ses yeux – en disgrâce totale, même si la comédie est mal ficelée. Et ce, au grand dam des victimes, résignées au silence.

Des victimes qui, devant tant de barbarie, d’injustice, d’impunité…, n’ont malheureusement pas le courage, ni la volonté de s’offrir – comme ce régime autoritaire – une conférence de presse. Même si elles y parvenaient,  elles peuvent être sûres, ces victimes – et elles le savent très bien – que leurs jours seront dès lors, comptés dans cette république nihiliste, chère à monsieur Alassane Ouattara.

Que dire donc quand le bourreau, non satisfait de ses «œuvres» nauséeuses, vous tient toujours le couteau sous la gorge en vous narguant?

Des personnes, des ivoiriens, des proches de Laurent Gbagbo, par centaines, par milliers – peut-être – ont été déportés dans des camps de tortures, pour y être torturés et maltraités. Qui mieux que ces personnes elles-mêmes pourraient en témoigner? Hélas pour elles, messieurs Gnénéma, Koffi et Kessy, n’ont rien vu.

C’est donc, la parole des victimes contre celle de leurs tortionnaires, les tenants actuels du pouvoir. A qui reviendra le dernier mot, sinon à celui qui a le pouvoir et les moyens de se faire entendre?

 

Marc Micael


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

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