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jeudi, 06 décembre 2012

LE HIDEUX VISAGE DU FMI, DE LA BANQUE MONDIALE ET DES AUTRES

 

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Il y a 2 manières de conquérir et d’asservir une nation, l’une est par l’épée, l’autre par la dette (John Adams, ancien président des Etats-Unis). Le FMI et la Banque Mondiale (BM) sont exactement des outils de la seconde méthode que l’occident a adoptée pour s’accaparer les ressources des pays de ce qu’ils appellent le tiers-monde et de l’Afrique en particulier. La dette est l’arme, les intérêts, la munition et l’assassin économique le nouveau soldat. Ce n’est pas moi qui le dis. C’est en substance ce que dit John Perkins, ancien employé contractuel de la Banque Mondiale, auteur de Confessions d’un assassin économique, un livre à grand succès (que je conseille à tous les responsables africains). Ne vous laissez donc plus impressionner par ces «experts» venus de Washington ou de Paris, envoyés de ces institutions financières internationales, portant des costumes bien coupés, ayant des apparences vertueuses et utilisant les mots savants tels que plans d’ajustement structurel. Tout cet artifice fait simplement partie du mécanisme mis en place pour cacher le pillage qu’ils commettent.

A L’ORIGINE DE L’ESCLAVAGE ECONOMIQUE ET FINANCIER

 C’est la force qui a toujours déterminé les rapports entre nations. Le reste n’est que maquillage. La guerre, les coups d’Etat, les sanctions économiques, l’occupation militaire sont le langage qu’ont toujours parlé les nations dans leur désir de sécurité, de bien-être, de puissance, d’enrichissement, d’agrandissement de leur territoire et de sécurisation des ressources de survie. Les choses n’ont pas changé. Elles sont simplement plus sophistiquées.

Lorsque que les pays occidentaux ont conquis par la colonisation les terres nouvelles, ils ont à dessein détruit les structures économiques, culturelles et mentales des sociétés traditionnelles. Ils ont remplacé la vie collective de ces sociétés par l’individualisme occidental. A travers des lois foncières, les colons ont détaché les populations de la terre qui est le moyen de survie et leur ont imposé l’économie du marché qui a fait d’eux des esclaves du capitalisme.

Au moment des indépendances, les puissances occidentales de l’époque ont transféré la dette des temps coloniaux aux nouveaux pays en même temps qu’ils les entrainaient dans un nouveau système financier dont les acteurs étaient maintenant le FMI, la BM et autres bailleurs de fonds.  Si les nouveaux pays ont eu un semblant d’indépendance politique, ils avaient au pied une boule de fer économique et financier qui allait les empêcher de prendre un envol économique. Selon Susan Georges, une activiste et écrivain, l’Afrique subsaharienne paye 25.000 dollars par minute d’intérêts sur la dette à ses créanciers du Nord. Ce sont, selon elle, les pays du Sud qui financent en réalité les pays du Nord à raison d’un flux financier annuel de 200 milliards de dollars du Sud vers le Nord (1). Les pays du Sud payent 13 dollars sur 1 dollar reçu des pays du Nord. Pourquoi en serait-il autrement? Après tout, ces pays occidentaux ont besoin de nos ressources naturelles pour leur prospérité et même la survie de leur mode de vie. Et tous les moyens pour les contrôler sont utilisés.

Le FMI et la BM sont simplement des institutions de domination du capitalisme occidental comme le sont les organisations des droits de l’homme tels que Amnesty International (contrôle moral), d’aide au développement (truffés d’espions), les organes d’assistance aux élections (National Démocratique Institution, une création de la CIA dont le rôle est de donner la caution a des élections frauduleuses), la Cour Pénale Internationale (le bras séculier), de communication sociale (Facebook et Twitter, d’autres créations de la CIA faits pour la collecte d’informations sur les gens).

Le Président du FMI est par un accord tacite passé entre européens et américains, un européen et celui de la Banque Mondiale, un américain, nommé par le Président des Etats-Unis. Les présidents du FMI et de la Banque Mondiale, sans officiellement être des haut-fonctionnaires de l’administration de leurs pays, se comportent comme tels. Les organismes qu’ils dirigent brillent d’ailleurs par leurs prises de position pro-occidentales dans les crises internationales. C’est ainsi que pendant la crise ivoirienne la Banque Mondiale avait fermé ses bureaux à Abidjan et suspendu tous ses contacts avec le gouvernement Gbagbo que la France avec le soutien des autres pays occidentaux voulait renverser. L’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir va replonger la Côte d’Ivoire dans les bras de ces institutions dont le président Gbagbo voulait s’éloigner.

LE PIEGE AUX NATIONS

Selon John Perkins, l’assassin économique, qui est économiste de formation travaille en général pour une compagnie-écran ou contractuelle de ces institutions financières pour qu’en cas de problèmes, aucun lien ne puisse être établi entre l’individu, les institutions financières et les gouvernements des pays occidentaux qui tirent les ficelles à l’arrière-plan. On commence par identifier un pays riche en ressources naturelles ou occupant une position géographique stratégique. Le rôle de l’assassin économique est de négocier pour le pays-cible des crédits auprès de la Banque Mondiale, du FMI, du Club de Paris ou de la Banque Africaine de Développement qui malgré son nom et la couleur noire de son président est une organisation à capitaux essentiellement occidentaux. Cet assassin économique que les médias appellent «expert» le fait comme une faveur qu’il accorde aux dirigeants de ces pays demandeurs de crédits.

Le FMI et la Banque Mondiale savent d’avance que le gouvernement auquel le crédit va être octroyé est corrompu et c’est même cela l’une des raisons pour lesquels on le choisit. En mettant autant de biens dans les mains d’individus à l’intégrité fragile, ces institutions donnent l’opportunité à ces dirigeants et à leurs proches de s’enrichir. Et ce vol ne cause pas de grands remous tant que ces chefs d’Etat jouent le jeu, malgré d’occasionnelles et timides exhortations à la bonne gouvernance.

Les critiques que ces pays font aux pays africains sur la bonne gestion et la bonne gouvernance ne sont que de la poudre aux yeux. Ces critiques sont faites pour garder ces apparences de bienveillance car les pays occidentaux préfèrent les dictateurs et des politiciens compromis à qui ils peuvent faire du chantage à des hommes intègres n’offrant pas de levier de pression sur eux. Sinon, pourquoi Lumumba, Sankara, Pascal Lissouba seraient-ils tombés au profit de Mobutu, Compaoré et Sassou Nguesso qui ont chacun fait plusieurs décennies au pouvoir? En fait les puissances occidentales favorisent l’accession au pouvoir d’individus qui ont une faiblesse qui peut être l’orgueil, les plaisirs de la chair ou un amour pour les biens matériels. Le Programme Millénaire pour le Développement n’est  autre encore que de la poudre aux yeux pour faire croire aux populations africaines qu’on se soucie d’elles.

L’argent qu’on prête n’est en général pas remis en liquide ou alors pas en totalité au gouvernement qui emprunte. Il est transféré sous forme de grands projets d’infrastructures tels que la construction de centrales électriques, de routes, des voies de chemins de fer, de parcs industriels, de ports, réalisés par des compagnies occidentales. Ces infrastructures ne profitent pas au petit peuple, ne changent pas la condition matérielle de ces nations et n’ont pas un grand impact sur l’économie des pays. Elles bénéficient aux compagnies étrangères pour le transport, la transformation ou l’évacuation des ressources naturelles exploitées.

Ces grands experts consciemment négligent d’intégrer le fait que le développement ne peut être accompli sans au préalable avoir développé le potentiel humain que les gens ont en eux et avoir changé leur façon de penser qui seuls sont capables de créer une dynamique interne génératrice de prospérité. L’argent et les investissements ne servent pas à grand-chose tant que la majorité de la population qui vit dans les campagnes n’a pas été pas impliquée à part entière dans le processus de développement. Tant qu’elle continue à passivement espérer une solution qui viendrait d’ailleurs sans avoir été amenée à prendre en main son propre développement, les choses ne changeront pas vraiment.

Pourquoi nos gouvernements tombent dans ces pièges? C’est parce qu’ils font confiance à ces experts économiques  venus de pays dits développés. Après tout, se disent nos dirigeants, si ces individus ont pu développer leurs pays, ils doivent bien savoir ce qu’il y a à faire pour développer le leur, ignorant que ces institutions financières sont des entités prédatrices. Il faut aussi ajouter que le fait que certains dirigeants africains n’aient pas vécu en occident représente un handicap pour eux dans la compréhension et l’analyse des attitudes et de la nature parfois sinistre de leurs interlocuteurs, toujours dissimulée derrière un sourire radieux, une exquise politesse et un discours sophistiqué.

Précisons tout de même qu’il est cependant possible pour un gouvernement sérieux, éclairé et astucieux de tirer profit de ces crédits pour initier un veritable processus de développement. Mais pareil gouvernement devra pleinement intégrer la diaspora dans sa gestion de sa politique de développement. La diaspora a une compétence lui permettant d’insuffler l’excellence dans la gestion du pays, d’assister les dirigeants de leurs pays dans leurs interactions avec les entités extérieures en même temps que son expérience lui donne la capacité de faire sans aucun complexe compétition à tous les niveaux avec les autres acteurs de ce monde devenu un village planétaire. Je ne vois d’ailleurs pas comment un pays africain pourrait émerger sans mettre à contribution autant de compétences. Ce sont leurs nationaux formés dans des universités occidentales qui ont aidé la Chine et l’Inde à prendre leur envol.

Et lorsque comme prévu, le pays emprunteur n’arrive pas à payer la dette, parce que les théories économiques ont des bases frauduleuses, on passe à la capture du poisson comme l’on verra plus tard.

LORSQUE VOUS REFUSEZ DE MORDRE A L’HAMEÇON

Lorsque vous refusez de vous laisser corrompre comme l’ancien président du Panama Omar Torrijos l’a fait, on envoie les chacals c’est à dire des assassins s’occuper de vous. Torrijos avait dit à John Perkins qui voulait l’attirer à ce jeu que l’enrichissement personnel ne l’intéressait pas. Ce qu’il voulait c’était le bien de son peuple et il savait bien qu’en refusant de jouer le jeu, il serait sur la liste des gens à éliminer. Effectivement, quelque temps plus tard il est mort dans un accident d’hélicoptère qui avait la signature de la CIA, selon John Perkins.

Le scénario  de neutralisation des leaders varie en fonction des pays. Parfois c’est un coup d’Etat tel le renversement de Thomas Sankara au Burkina Faso, ou la création d’un mouvement armé contre le gouvernement «rebelle» du président Aristide de Haïti. On peut aussi vous fabriquer de toutes pièces une opposition nationale qu’on aide par des financements à prendre le pouvoir (Libye) ou un mouvement rebelle qui vous tient dans les rangs comme au Tchad. Le message dans ce dernier cas c’est que si vous ne vous soumettez pas aux règles du jeu, on aide ces rebelles à prendre le pouvoir (en leur procurant de l’armement et de l’argent toujours par réseaux interposés). Les nouveaux dirigeants mis au pouvoir par l’occident restent très souvent malléables, sachant qu’il pourrait leur arriver ce qui est arrivé à leurs prédécesseurs. Parfois, c’est simplement l’assassin économique qui de façon subtile profère cette menace. Il ya toujours dans un pays de nombreux prétendants au pouvoir, prêts à vendre leur âme à ces pays pour accéder au trône.

On assassine rarement ces leaders en utilisant des agents des pays occidentaux qui en général tirent les ficelles à partir des ambassades, véritables centres de commandement. On utilise très souvent des locaux pour donner l’impression que ce sont vos propres concitoyens qui vous font tomber. C’est ce qui s’est passé en Cote d’Ivoire avec le président Laurent Gbagbo qui bien qu’il n’ait pas tenu de propos anti-français et qu’il ait continué à leur octroyer des contrats montrait une volonté d’émancipation que les pays occidentaux n’aimaient pas. Le président Biya est probablement aussi sur la liste de la France et des Etats-Unis des leaders à neutraliser parce que bien qu’ayant préservé les intérêts occidentaux dans son pays, il est en train de réduire la pression de la tenaille française sur l’économie du Cameroun en octroyant de vastes marchés à la Chine avec laquelle il est en train d’établir une relation de partenariat stratégique. Ils aimeraient le faire le faire succéder par un politicien beaucoup plus francophile et pro-occidental. Il semble qu’au soir de sa carrière politique le président Biya ait décidé, comme pour laisser un héritage politique, de jouer cette carte mortelle.

Tous les leaders ne se font heureusement pas tuer. Il y a des présidents comme Castro du Cuba ou Hugo Chavez du Venezuela qui ont survécu à une tentative de renversement. Ce qu’on reproche à ce dernier c’est simplement d’avoir donné accès aux populations indigènes et autres pauvres de son pays à la richesse du pays (le pétrole) que se partageait l’élite du pays avec les compagnies américaines. Il avait, en effet, remis au peuple vénézuélien le contrôle des richesses  de son sol en nationalisant de nombreuses compagnies. Il a utilisé cette richesse pour réaliser de vastes projets de constructions d’habitations, de centres de santé, d’écoles, de financement de PME pour pauvres et démunis.

Si vous arrivez à ne pas vous faire assassiner, on procède à une simple invasion comme en Iraq sous le couvert des Nations Unies. Saddam Hussein après avoir été leur outil, avait refusé selon John Perkins le deal offert par les américains aux Saoudiens: celui de la pérennité au pouvoir contre le pétrole à bon prix. Il avait en outre eu l’outrecuidance de vouloir faire ses transactions en Euros, mettant ainsi en danger la domination du dollar comme monnaie réserve (la même raison pour laquelle on a fait tomber Dominique Strauss-Khan par cette affaire de faux-viol). Le Colonel Kadhafi quant à lui avait mis 30 milliards de dollars de côté pour la création du Fonds Monétaire Africain (avec en fond la mise en place des Etats-Unis d’Afrique) représentait aussi un danger pour l’existence du franc CFA et la domination de la France et des pays occidentaux sur l’Afrique.

Susan Lindauer, agent de la CIA travaillant sous couverture comme employée aux Nations Unies, a révélé au cours d’une interview qu’à la veille de la deuxième guerre du golfe, la CIA avait offert un plan de paix à l’Iraq que Saddam Hussein avait accepté pour éviter la guerre, donc la possibilité d’un renversement. La CIA avait demandé et obtenu en échange de la paix un traitement de faveur pour les sociétés américaines dans les contrats iraquiens dans le domaine de la communication, la santé, des équipements d’hôpitaux, du transport. La CIA avait aussi obtenu de l’Iraq qu’elle achète un million de véhicules américains par année pendant dix ans et un traitement de faveur dans les contrats de pétrole. L’Iraq avait même offert de donner aux compagnies américaines les contrats de pétrole de la société russe, Lukhoil. Tout ceci n’a pas été suffisant pour satisfaire la cupidité des américains selon les propres termes de Mme Lindauer http://www.brasschecktv.com/page/20819.html

Lorsqu’ils envahissent un territoire comme en Iraq ou qu’ils le bombardent comme en Yougoslavie et en Libye, ils détruisent à dessein les infrastructures pour forcer les nouveaux dirigeants à refinancer la reconstruction à travers les crédits du FMI et de la Banque Mondiale. Ces contrats de reconstruction sont octroyés par le nouveau gouvernement pro-occidental aux compagnies des pays ayant contribué à la «libération et à l’établissement de la démocratie».

Est-ce le directeur du FMI ou président de la Banque Mondiale qui ordonne les actions hostiles et assassinats? Probablement pas. Ils font partie d’un vaste système dans lequel ils jouent une partition. Une fois, leur rôle terminé ou lorsqu’ils échouent, les autres départements du système, en occurrence les services secrets, les médias entrent dans la danse pour jouer leur part.

J’en profite pour dire que l’assassinat des leaders nationalistes du tiers-monde est une pratique courante chez la CIA et les services secrets occidentaux. Certains leaders africains sont obligés de jouer le jeu malgré eux parce qu’ils ont peur de se faire descendre. Selon François-Xavier Vershave, feu le président Houphouët-Boigny avait des élans nationalistes mais s’était rangé lorsqu’il a vu comment les autres nationalistes africains se faisaient assassiner par la France (2).


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DANS LE FILET DE L’OISELEUR

Evidemment, comme nous le savons tous par expérience, les pays qui empruntent n’arrivent pas à payer parce que le plan de développement au départ est biaisé. Ces institutions financières savent bien que le plan de développement échouera. Peu importe en réalité que vous payiez ou pas. En fait, ils souhaitent que vous ne payiez pas car le but ultime de toute cette activité est de vous mettre dans la dette.

La dette met l’entité qui la doit en position de vulnérabilité et d’infériorité. Cette entité devient redevable, donc psychologiquement diminuée, trainant toujours avec elle la menace des taux d’intérêts élevés. A ce niveau, on envoie donc ces assassins économiques pour la récolte. Ils vous disent en substance que puisque vous n’êtes pas arrivés à payer vos dettes en argent liquide, vous devez payer en:

1. Privatisant les compagnies nationales: Dans le cas des pays africains, la privatisation fait même souvent partie du plan de départ et dans ce cas elle est présentée comme une condition au financement et la solution à la relance de l’économie par la revitalisation et l’agrandissement du secteur privé. Dans certains cas, elle est la conséquence de l’incapacité du pays à payer ses dettes. On force donc ces Etats à céder leur patrimoine national à des compagnies étrangères. C’est ainsi qu’au Cameroun sous le fallacieux nom de Plan d’Ajustement Structurel, les salaires des fonctionnaires ont été diminués, la compagnie d’électricité, de l’eau, la gestion du port autonome, toutes lucratives ont été privatisées.

Cette privatisation entraine une augmentation des prix de ces services essentiels qui perdent leur caractère social parce que désormais gérés par des compagnies privées intéressées uniquement par le profit. En Bolivie, le cout de l’eau privatisée avait augmenté jusqu’à 50% entrainant des émeutes qui ont permis au peuple de reprendre possession de ce bien naturel (1). Et cette nouvelle donne plonge naturellement une bonne partie de la population dans la pauvreté. Les institutions financières internationales forcent aussi les gouvernements à réduire les investissements dans les services sociaux tels que l’éducation et la santé pour payer la dette, les rendant inaccessibles aux populations. C’est en partie pourquoi nos hôpitaux sont devenus des mouroirs et que les soins qui étaient donnés gratuitement sont payants. Une partie de nos budgets va au payement de ces dettes

Ces compagnies privées viennent en Afrique avec les mauvaises habitudes déjà pratiquées en Occident à savoir la surfacturation et le tripatouillage des factures suivies de l’intimidation des consommateurs sous forme de menace d’interruption intempestive de service. Ils savent qu’après un temps de résistance et de protestation, les consommateurs finissent par se résigner à cette façon de procéder comme ils l’ont fait en Occident. Je suggère vivement aux consommateurs africains de protester contre cette forme de vol jusqu'à ce que leurs gouvernements interviennent.

La privatisation entraine aussi le drainage des richesses nationales à l’extérieur. L’argent que les camerounais ou ivoiriens payent maintenant pour l’électricité ne rentre plus dans les caisses de l’Etat camerounais et ivoirien, mais va dans les comptes bancaires de la compagnie américaine aux Etats-Unis ou en France. C’est comme si un individu vous forçait à vendre votre compagnie de beignets pour que vous commenciez à en acheter chez lui.

Certaines de ces compagnies sont achetées à des prix dérisoires par l’élite locale alors que les plus grandes sont vendues aux multinationales.

2. Vendant les ressources naturelles à des prix dérisoires: Il est assez souvent demandé aux pays endettés et incapables de s’acquitter de leurs dettes de les payer en vendant leurs ressources naturelles à des prix dérisoires. Le pardon de la dette qu’on proclame comme un acte de bienveillance rend les choses encore plus pernicieuses car en échange de ce pardon de la dette, on demande aux pays concernés de donner leurs ressources naturelles pour presque rien et de signer des accords commerciaux qui à terme détruisent leur tissu économique.

3. Procédant à l’ouverture du marché: Sous des accords tels que l’ACP-EU, on oblige les pays africains à ouvrir leurs marchés aux excédents de produits manufacturés venus d’occident. Normalement, les pays ont tendance à protéger leurs marchés pour favoriser l’émergence des industries nationales. Lorsqu’on force les pays endettés à ouvrir votre marché à la consommation extérieure, ces institutions étouffent toute initiative d’industrialisation locale de ces pays. En effet, pourquoi les hommes d’affaires locaux investiraient-ils à créer des entreprises pour fabriquer les produits qui existent déjà sur le marché? Comment d’ailleurs une industrie prendrait-elle naissance ou survivrait-elle dans un espace économique déjà conquis et saturé par un flot de produits étrangers? C’est ainsi que le poulet congelé, pleins d’antibiotiques, d’hormones et nourri aux mais génétiquement modifiés a rempli les marches africains amenant avec eux leur lot de maladie et de décès par infarctus du myocarde (Lire Ces poulets congelés et autres aliments importes qui nous rendent malades), détruisant l’élevage local. Cette libéralisation du marché réduit de 50% les revenus des locaux (1), détruit l’économie locale, met au chômage des centaines et même des millions de personnes qui quittent leurs villages, abandonnent leurs champs et élevage pour chercher un travail en ville ignorant que l’employé de bureau ne crée pas de richesses. Ces gens passent donc de l’état de chefs d’entreprise potentiels à celui de salariés, de propriétaires à celui d’employés.

4. Procédant à la dévaluation de votre monnaie: Lorsqu’on dévalue votre monnaie de 50%, vos ressources naturelles perdent 50% de leur valeur permettant aux compagnies étrangères de prendre pour moitié prix votre richesse tout en vous vendant pour le double du prix le produit fini.

5. La libre circulation des capitaux: Celle-ci permet aux compagnies étrangères de transférer leurs capitaux vers les paradis fiscaux évitant ainsi par des manœuvres frauduleuses de payer à leur juste valeur les impôts dans les pays du tiers-monde où leur richesse est créée.

6. Donnant votre vote aux Nations Unies: Entre autres choses on demande la garantie de votre support aux Nations Unies. Lorsque ces pays décident d’aller en guerre ou de commettre un autre acte d’accaparement de ressources naturelles sous l’égide des Nations Unies, le pays endetté devra supporter cette initiative et éventuellement envoyer des troupes pour donner un caractère international à une entreprise illégale.

7. Permettant sur votre territoire l’installation d’une base militaire: On vous demande aussi de permettre qu’on installe une base militaire dans votre pays. Le but des bases militaires est de contrôler et d’influencer les événements dans ce pays et dans la sous-région en faveur de la puissance qui a cette présence militaire et aussi de mener aisément des guerres locales contre les puissances régionales considérées comme adversaires.

C’est cette prise par la force, la corruption et la ruse des ressources naturelles des pays économiquement et militairement  faibles que l’on appelle la mondialisation.

Il faut dire que beaucoup de personnes travaillant pour ces organisations surtout au niveau intermédiaire ne connaissent pas ce jeu. Ils se laissent tromper par le financement de petits projets sur le paludisme, la lutte contre le Sida ou les adductions d’eau qui sont conduits ça et là a grande pompe de publicité pour entretenir l’illusion. Certains grands responsables sont même honnêtes dans leur désir de soulager la souffrance humaine mais sans connaître les objectifs réels de leur organisation. Ceux qui connaissent la vérité ne peuvent pas faire grand-chose.

LE MYTHE DE L’AIDE AU DEVELOPPEMENT

En même temps que les pays occidentaux nous soumettent à cette dictature économique et financière, ils ont crée un instrument d’un pouvoir de destruction et de tromperie formidable: l’aide au développement. Etablissons tout de suite ici une vérité sur l’aide au développement: C’est un concept de tromperie. Les pays occidentaux n’ont, nous le savons maintenant, vraiment aucune intention de nous laisser nous développer, encore moins nous aider. Nous devons nous développer par nos propres moyens et contre leur volonté. Et ceci ne sera pas accompli, quelque soit la masse d’argent mise à notre disposition, s’il n ya pas au préalable dans nos pays une dynamique interne de développement. Alors pourquoi ont-ils créé toutes ces institutions d’aide au développement? C’est pour:

1. Entretenir une illusion de bienveillance aux yeux des populations africaines qui ont malheureusement mis leur espoir sur les pays dits développés. Si ces populations connaissaient dans leur ensemble le vol organisé qui était effectué à leurs dépends, nous aurions de forts sentiments antioccidentaux qui rendraient risqué la simple conduite de business sur nos territoires avec des risques d’instabilité sociale. Le concept de l’aide au développement neutralise cette animosité.

2. Dissiper le sentiment de culpabilité des populations occidentales qui ne comprendraient pas que leurs gouvernements ne fassent rien pour soulager les souffrances des pays africains si souvent évoqués dans leurs médias. Beaucoup d’occidentaux ne connaissent pas les activités de leurs gouvernements et croient vraiment que leurs gouvernements veulent nous aider et que nous ne nous développons pas simplement parce que nous sommes fainéants.

3. Créer un ascendant psychologique sur les gouvernements africains: Cette aide apparente donne aussi aux populations occidentales un sentiment de supériorité vis-à-vis des africains qui «reçoivent» cette aide. Dans le même état d’esprit elle entretient un complexe d’infériorité et un sentiment de dette morale chez les africains. Tout ce poids psychologique rend difficile toute compétition à égalité avec des bienfaiteurs qui semblent être supérieurs.

4. Endormir notre potentiel: Lorsqu’on vous habitue à recevoir des autres et à compter sur eux, lorsque l’on vous fait croire que la solution à vos problèmes est ailleurs, vous vous mettez inconsciemment au repos et fixez votre espoir sur celui qui semble avoir une solution facile à votre problème. Alors vous attendez, espérez et attendez une solution qui ne se matérialise pas. Pourtant, si tous les africains avaient bien compris que leur développement devra sortir d’eux, s’ils croyaient seulement en leurs capacités, ils iraient chercher dans leur fond intérieur ce talent, ce courage, ce génie qui dort en eux et qui est plus que suffisant pour conquérir le défi de leur quotidien. La première victoire du colon a été gagnée dans notre esprit.

5. Créer un état de dépendance et des moyens de pression.  C’est parce qu’ils vous la donne qu’ils peuvent dire qu’ils vous suppriment l’aide. L’aide au développement habitue celui qui la reçoit à un revenu. Il y a même peut-être des pays qui font leurs budgets en comptant sur cet apport. Lorsqu’on veut vous faire mal, on supprime simplement cet apport, retire les conseillers militaires, les coopérants, etc.… Et cela ne se sentirait pas si cette relation de dépendance n’avait pas été créée comme en Erythrée.

Je ne nie pas que l’aide apportée par quelques entités privées et bienveillantes n’ait pas soulagé les souffrances et même sauvé des vies. Je ne mets même pas en question le fait qu’il y ait des gens dans les institutions de l’aide au développement qui soient sincères. Ce que je dénonce c’est l’esprit qui se cache derrière et le but ultime de ce concept. Savez-vous qu’une partie de l’aide de la France rentre dans ce pays pour le financement des partis politiques (2)? Une autre partie est détournée par les responsables locaux au su de l’hexagone qui octroie cette aide. L’aide au développement est en fait une opération de détournements de fonds français par les hommes politiques de ce pays et de nos pays.

Dans cette même logique, ces gouvernements qui organisent le pillage de nos ressources osent prêcher la bonne gouvernance. En utilisant la bonne gouvernance comme outil de chantage sur des gouvernements coupables de nombreuses exactions avec leur complicité, les pays occidentaux jouent deux cartes. Ils exercent une pression sur les gouvernements comme pour dire, «si vous nous embêtez nous brandissons votre corruption et demanderons votre départ» en même temps qu’ils font croire aux populations africaines qu’ils veillent à ce que leurs gouvernements les traitent bien.

Les gouvernements africains ont-ils ont une responsabilité à tout ceci? Absolument! Le but de cet article n’est d’ailleurs pas de les disculper de leurs responsabilités dans la gestion calamiteuse de leurs pays. Ils sont en effet responsables par la pratique du tribalisme, de la corruption, des détournements des deniers publics, du clientélisme, du marasme économique, culturel, social, moral et spirituel dans lesquels se trouve les pays africains, surtout ceux de la zone francophone. Ils peuvent mieux gérer ce qu’ils ont en main. J’essaye ici de montrer la face cachée du jeu sordide des acteurs internationaux.

COMMENT SORTIR DE CE PIEGE.

1. Arrêter de traiter avec le FMI, la Banque Mondiale et leurs semblables: Je ne suis pas en train de suggérer de ne pas payer les dettes. Il faudrait simplement arrêter d’emprunter auprès de ces institutions et au besoin faire refinancer notre dette par des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou même le Venezuela, à des taux d’intérêts raisonnables.

2. Chercher les financements auprès d’entités moins dangereuses: Des pays comme le Venezuela, la Russie, l’Angola, l’Algérie (qui a récemment annulé la dette de dix pays africains) et même certaines monarchies arabes pourraient être considérés comme des sources de financement moins dangereuses. Les pays africains devraient aussi considérer l’important capital financier que constitue leur diaspora. Mis ensemble, ces africains qui sont disposés à investir dans leurs pays ont des centaines de millions de dollars qui dorment dans les banques étrangères. Cependant, pour avoir accès à ce capital, les gouvernements africains devront donner des garanties de stabilité politique et bancaire, de transparence du système financier et d’assainissement du milieu des affaires. La communauté noire occidentale, en particulier américaine, qui veut retrouver ses racines africaines serait très enthousiaste à investir si on l’approchait et l’éduquait sur les opportunités en Afrique.

3. Considérer le troc comme mode d’échange: Après avoir arrêté de traiter avec les institutions du genre FMI et Banque Mondiale, le président Hugo Chavez du Venezuela a proposé aux pays de la sous-région de faire du troc pour diminuer leur dépendance vis-à-vis du dollar américain et des financements étrangers. C’est ainsi qu’il donnait son pétrole au Cuba et à l’Argentine en échange respectivement de médecins et de bétail. Nous pourrions aussi faire la même chose dans la région africaine et amener l’Afrique subsaharienne à établir un partenariat stratégique avec les pays d’Amérique du Sud avec lesquels nous avons des affinités culturelles et partageons la même douloureuse histoire.

4. Utiliser la sagesse en traitant avec la Chine: Ne nous faisons pas d’illusions: Bien que la Chine ait vis-à-vis des pays africains une politique plus souple de part sa culture et qu’elle lui offre des conditions meilleures que les occidentaux, elle est en Afrique pour faire des affaires et gagner de l’argent. Si nous n’approchons pas nos relations avec la Chine avec une profonde réflexion, nous nous retrouverons dans un autre genre de problèmes. Par exemple. celle-ci ne nous aide pas beaucoup en construisant nos infrastructures et en nous submergeant de ses produits manufacturés bons marché. Dans le premier cas, s’il n'y a pas de transfert de technologie, nous serons nous serons à la même enseigne dans dix ans et serons continuellement dépendants d’elle pour les réparations ou la construction d’autres infrastructures. Les gouvernements africains doivent insister pour que les compagnies locales soient associées à ces projets, au besoin à travers la sous-traitance. Dans le deuxième cas, nos pays doivent limiter les importations chinoises à une liste  de matériel qui devrait simplement nous servir de support de base pour relancer notre économie. Notre bien-être doit être généré par nos ingénieurs et notre économie. On ne prospère vraiment pas, tant qu’on achète chez les autres.

5. Redéfinir le développement: Nous ne devons pas voir en le développement la seule construction d’infrastructures, une simple acquisition de bien de consommation, un simple accès à une aisance matérielle. Nous devons aussi intégrer dans notre notion du développement, le bien-être émotionnel et spirituel de l’individu. Nous devons sortir des valeurs prescrites par les institutions et cultures étrangères et redéfinir notre développement, comme le dit le Dr Jean-Paul Pougala. Et cela ne se fera qu’en retrouvant nos valeurs d’hospitalité, d’auto-assistance, de gestion communautaire des richesses. Nous devons dans nos systèmes de valeurs redonner au bien-être de l’individu et à la vie humaine la place la plus élevée.

Avant d’arriver à cela, nous devons d’abord procéder à un délavage collectif de cerveau. L’un des moyens pour le faire, c’est de lire et faire lire Géostratégie africaine, le livre du Dr Jean-Paul Pougala.

Contacter le Dr Pougala en écrivant à pougala@gmail.com ou en visitant son blog. www.pougala.fr. Pour connaitre le point de vente du livre le plus proche de vous, écrire à boyom@laposte.net


(1) La fin de la pauvreté? Documentaire de Philippe Dias.

(2) La Françafrique de François-Xavier Vershave.

 

Atangana Mebah Dorien

Commentaires

Heureusement qu il existe encore des africains comme vous

Écrit par : YAO Kouadio Aimé | samedi, 08 décembre 2012

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