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vendredi, 11 janvier 2013

MESSAGE DE FIN D’ANNEE 2012 DE M. OUATTARA - DISCOURS ADRESSE A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, PAS AUX IVOIRIENS

 

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«L’espoir l’emporte très largement sur les incertitudes car notre pays se porte mieux. Il suffit pour en juger de regarder le chemin parcouru aux plans de la consolidation de nos institutions, de la situation  économique et sécuritaire ainsi que du point de vue de la cohésion nationale»

La lecture de ce bilan dressé par M. OUATTARA  ne fait que confirmer qu’il ne s’adressait pas aux ivoiriens mais à ceux qui l’ont élu Président: la communauté internationale.

Pour M. OUATTARA, la consolidation de nos institutions se mesure par:

«Nous avons renouvelé notre Assemblée Nationale qui s’est mise au travail»

Le rattrapage prôné par le nouveau pouvoir a donc permis une «consolidation des institutions» par exclusion de l’opposition de l’assemblée nationale avec un taux de participation réel de 15%. La consolidation des institutions se réalise donc par l’exclusion de la population ivoirienne et de l’opposition.

«Avec un taux de croissance qui sera parmi les plus élevés au monde, notre économie est en pleine mutation et se diversifie… Les revenus dans le monde rural ont augmenté grâce à la hausse des prix d’achat du café, du cacao, du coton, de l’anacarde et bien d’autres cultures… Le kilo du cacao est acheté aujourd’hui à 725 FCFA contre 650 au cours de la campagne précédente»

Pour les ivoiriens qui sont chassés de leur plantation et qui vendaient leur cacao à 1.000 FCFA au moins le kilo sous le régime GBAGBO, un tel bilan ne les concerne pas ; mais pour les mercenaires recrutés pour les besoins de la cause et qui ont installé, à  l’ouest, quatre armées étrangères dans la boucle du cacao pour s’approprier les plantations de cacao des ivoiriens, ce bilan a peut être un sens, ayant occupé les plantations  en guise de rémunération et de butin de guerre.

«La Côte d’Ivoire est au travail, notre pays est aujourd’hui un vaste chantier : routes, ponts, hôpitaux, écoles, infrastructures diverses voient le jour et sont visibles de tous et pourtant j’entends dire que l’argent ne circule pas!»

La Côte d’Ivoire est peut être au travail mais sans les ivoiriens qui sont dans des camps de refugiés et périodiquement visités par des chasseurs traditionnels les jours de fête, ou dans des camps de torture disséminés à travers le pays, ou en exil. Ceux qui restent sont les spectateurs des contrats de gré à gré distribuées pour récompenser les parrains de la guerre contre la Côte d’Ivoire et les camions qui transportent des travailleurs mercenaires qui affluent du pays d’origine de la rébellion qui a attaqué la Côte d’Ivoire.

La  croissance annoncée comme l’une des plus fortes d’Afrique et même du monde se réalise sans les opérateurs économiques et les travailleurs ivoiriens. M. le président de la communauté internationale, voici les raisons de l’absence de circulation de l’argent entre les mains des ivoiriens qui vous écoutent médusés lorsque vous leur dites:

«Que l’enquête qui vient de s’achever sur la situation de l’emploi dans notre pays indique une nette réduction du taux de chômage»

Pendant que la chambre de commerce et les centrales syndicales annoncent entre 80 000 et 120 000 emplois détruits depuis 2011.

Ils sont encore plus surpris lorsque vous leur promettez d’améliorer leur salaire alors qu’ils constatent des salaires impayés de plus de 4 mois pour certains, des indemnités de correction des enseignants et des indemnités de logement impayés.

Ils sont encore plus étourdis lorsque vous parlez d’assurance maladie pour des hommes qui n’ont ni droit au travail, ni droit à la liberté, ni droit de vivre dans leur propre pays.

Lorsqu’ils vous entendent dire que la sécurité s’améliore, ils éclatent de rire dans leur tombe pour certains, pour d’autres au fond des prisons et des camps de tortures et pour tous, la menace permanente d’un chasseur dozo, cherchant du gibier humain.

Lorsque vous faites le constat d’une amélioration de la cohésion sociale dans la justice des vainqueurs, ils se demandent si vous ne faites l’effort de vous convaincre de l’inverse de ce que vous pensez réellement.

Ils savent une seule chose : toutes vos promesses et réalisations s’adressent à ceux qui vous ont porté au pouvoir et ne les concernent pas car vos infrastructures de route, d’eau, d’électricité  ne leur sont pas accessibles puisque privés de pays, de liberté, de sécurité et de revenus.

 

Dr Cheick DIABATE,

 Enseignant -Chercheur, Université du Colorado, USA

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