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jeudi, 14 février 2013

CPI - MAITRE EMMANUEL ALTIT: «NOUS ALLONS DEMONTRER QUE LES ACCUSATIONS REPOSENT SUR DU VENT»

 

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Me Emmanuel Altit (Conseil principal de la défense de Gbagbo)

L’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur contre Laurent Gbagbo s’ouvre le 19 février prochain à la cour pénale internationale (CPI), à La Haye au Pays Bas. Avant cette étape finale de la phase préliminaire de la procédure engagée contre Laurent Gbagbo, le conseil principal de sa défense, Me Emmanuel Altit, explique ce qu’il fera lors de cette audience dont la durée n’excédera pas deux semaines.

«Le rôle de la défense est très particulier dans une audience de confirmation des charges. Parce que d’une certaine façon, on n’attend pas la même chose de la défense et du procureur. Lors de cette audience, c’est surtout au procureur qu’il appartient de montrer que sa preuve est solide et qu’il dispose de suffisamment d’éléments pour ensuite pouvoir aller au procès, pouvoir initier une procédure contre quelqu’un, pouvoir l’accuser. Nous sommes donc à une étape qui est très en amont du procès. Alors dans ce cadre-là, le rôle de la défense, c’est de pointer les insuffisances de la preuve du procureur et d’abord de pointer les faiblesses de l’enquête. Et puis de pointer la faiblesse de la preuve en elle-même, c’est-à-dire les témoignages dont il dispose, les éléments documentaires qu’il veut déposer; de montrer que, finalement, tout cela n’est pas solide de façon à souligner que les accusations elles-mêmes reposent sur du vent. Autant que faire ce peut naturellement. C’est cela l’idée. L’idée, encore une fois, c’est de pointer les insuffisances, les faiblesses, les manques du travail qu’a pu fournir le procureur pour constituer son dossier. De souligner les faiblesses du dossier à charge. Naturellement, nous allons discuter la teneur de la preuve du procureur. Nous allons aller en profondeur dans la preuve du procureur parce que nous disposons des éléments qui nous permettent de le faire. Nous allons monter toutes les insuffisances de cette preuve et nous allons conforter cette analyse en produisant nous-mêmes des documents. Nous avons, aujourd’hui même, transmis au procureur un certain nombre de documents qui viendront conforter, étayer nos arguments. Maintenant en ce qui concerne les témoins, ce n’est pas le rôle de la défense que de faire venir les témoins lors de l’audience de confirmation des charges. Si le procureur avait fait venir des témoins, ou si le besoin s’était fait sentir de faire venir un témoin particulier, nous l’aurions fait. Mais comme lors de cette audience, il appartient au procureur d’expliquer et de convaincre qu’il dispose d’un dossier solide et qu’il appartient à la défense de convaincre que le dossier du procureur n’est pas solide, le besoin de témoin est moins pressant».

 

Augustin Kouyo, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 février 2013, à partir d'une Vidéo Cpi.


Source: IVORIAN.NET

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