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samedi, 02 mars 2013

8EME ET DERNIER JOUR DE L'AUDIENCE - LAURENT GBAGBO: «MADAME LA JUGE, JE SUIS ICI PARCE QUE J'AI RESPECTE LA CONSTITUTION DE MON PAYS»



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Session 1 : Le procureur s’embrouille et bâcle son oral final. 

« Les charges qui sont alléguées ici ne sont pas portées contre le peuple de Côte d’ivoire, ni un groupe religieux ou ethnique, elles sont portées essentiellement contre un seul individu, M. Laurent Gbagbo…La Chambre a déjà le document contenant les charges et leur commentaire durant cette audience. Il lui appartient de décider si oui ou non elle peut renvoyer M. Gbagbo au procès » a introduit le substitut de Bensouda, Mac Donald avant de répondre à la défense sur quelques détails invoqués. Pour le procureur la vidéo de la défense montrant Soro Guillaume donner des instructions aux FRCI à la veille de la marche sur la RTI , n’est pas complète. Le procureur présentera le début de la vidéo où le journaliste de la RTI dans son reportage parle d’une collusion entre les forces Onusiennes et les forces pro-Ouattara.

 
«RTI envoie des messages de haines afin que les jeunes patriotes s’en prennent aux forces onusiennes», soutient le procureur avant de montrer une autre vidéo dans laquelle des jeunes patriotes revendiquent le départ des forces étrangères et se disent prêts à mourir pour protéger leur patrie. «Voilà l’esprit dans lequel les jeunes patriotes étaient avant la crise», tente de prouver le procureur, alors qu’il s’agit bien de la défense de la nation face à des envahisseurs. Quoi de plus normal. 

Le procureur dira que l’auteur du livre « La guerre d’Abobo : le commando invisible raconte la bataille d’Abobo » est un pro-Gbagbo parce que journaliste au quotidien « Le temps ». 
 
« L’accusation ne nie pas l’existence du commando invisible et ses tueries, néanmoins, l’accusation soutient que les forces pro-Gbagbo ont aussi massacré à Abobo » soutient toujours le procureur. Avant de reconnaître que certains de ses propres témoins en l’occurrence les témoins « P.9/11/46 » pour avoir fait allégeance à M. Gbagbo à un moment donné, craignent pour leur vie d’où leurs déclarations contradictoires. 

A sa suit vint Galmetzer du bureau du procureur qui répondra à la défense sur le mode de responsabilité pénale individuelle du président Gbagbo. Pour le procureur, l’existence d’un plan commun existe parce que convaincu que le président Gbagbo a acheté des armes. Aussi pour répondre à la juge Christine van Wyngaert qui demandait au procureur le 22 février dernier de lui fournir l’organigramme du plan, le procureur montrera une diapo dans laquelle les deux têtes d’affiches étaient Gbagbo et Simone. Le deuxième palier est occupé par le seul Blé Goudé et le troisième palier du bas par certainement les jeunes patriotes, miliciens et mercenaires. 

Dans la chaîne de commandement des FDS, on retrouvera encore le même Blé Goudé. Et depuis le début de leur présentation, les substituts de Bensouda qui ont affiché un air serein, vont s’embrouiller au moment de conclure : 
 
« …Que Gbagbo ait gagné les élections ou pas, il faut retenir que les officiers supérieurs et les forces pro-Gbagbo continuaient à lui obéir au titre de la loi ivoirienne » a affirmé le procureur avant de demander à la Chambre de confirmer toutes les charges en vertu de l’article 25.3 (a) et (d), mais également en vertu de l’article 28. 

Session 2: L’avocate des victimes se transforme en l’avocate du procureur 

A la deuxième session de cette fin d’audience de confirmation des charges, c’est avec regret que le monde entier apprendra que l’avocate des victimes donc de toutes les victimes sans distinction de camp (pro-Gbagbo et pro-Ouattra), s’est fourvoyée en attaquant que les preuves à décharges de la défense. Durant ses 30 mn de discours de clôture, l’avocate des victimes n’a cessé d’interpeller la défense si elle ne reprend pas en soutien la thèse de l’accusation. « On a entendu que les FDS étaient courtoises et ont toujours protégé la population..Les victimes que je représente demandent à la chambre de ne pas les rabaisser » a-t-elle fait remarquer avant de conclure : « Les éléments de preuves présentés par l’accusation montrent qu’il y a des motifs substantiels de croire que M.Gbagbo était le responsable des crimes qui lui sont reprochés.. 

La description des 4 évènements faite par les victimes corrobore avec les éléments de preuves brandis par l’accusation ». Autant d’allégations supplémentaires qui feront douter la défense de la sincérité du bureau des représentants des victimes : « Pourquoi l’avocate des victimes se comporte en procureur bis ? » Et à Me Altit de revenir une fois encore sur les allégations du procureur. Pour lui, les piliers de la thèse du procureur sont fragiles, car soutient-il, le procureur en ignorant l’existence de troubles en Côte d’ivoire avant les élections de novembre 2010 et en affirmant que le président Gbagbo n’allait pas accepter les résultats de ces élections et enfin en alléguant que le président Gbagbo et ses partisans ont mis en place un plan commun, relève d’une manipulation des faits. 

« N’est-ce pas Ouattara qui voulait à tout prix se saisir du pouvoir au vue des troubles qui ont eu lieu dans le Nord lors des élections présidentielles ? Troubles dénoncées par tous les observateurs internationaux ? N’est-ce les forces étrangères, soutiens de Ouattara qui l’ont aidé à se saisir du pouvoir » a interrogé l’avocat français de Gbagbo avant de conclure : « Pourquoi lui qui a été à la base du multipartisme, et donc de la démocratie en Côte d’Ivoire devrait subitement changer d’attitude ? N’est-ce pas lui qui a organisé les élections bien que les rebelles n’aient pas déposé les armes ? N’est-ce pas lui qui a nommé Soro comme premier ministre ? Pourquoi l’a-t-il fait s’il voulait se maintenir au pouvoir ? » 

Session 3: Gbagbo: «Je suis là parce que j’ai respecté la Constitution de mon pays» 

A terme des 30 heures de cette audience de confirmation des charges, une seule chose à retenir : Le plaidoyer du président Laurent Gbagbo et son message aux états africains pour ne pas dire à ses pairs chefs d’état africain. « J’ai suivi ces débats, j’ai entendu certaines choses. Certaines fois je me suis retrouvé en Côte d’ivoire, mais d’autres fois je m’en suis éloigné. Je me suis dit pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés. Quand j’entends que j’ai signé un décret en temps de guerre, si le bureau du procureur ou le bureau des représentants des victimes m’avaient demandé, j’aurais pu vous aider à comprendre certaines choses. Le décret dont vous parlez a été promulgué depuis 1961 qui dit qu’en temps de guerre, le président de la république peut signer un décret pour que l’armée aide les forces de l’ordre, mais cela c’est encore au bon vouloir du Chef d’état major…Voici des petites choses que j’aurai pu vous expliquer que d’alourdir l’atmosphère comme cela s’est passé durant toute cette audience… 

Aussi, Kadet Bertin n’est pas mon neveu… Mais je crois que la chute du Mur de Berlin nous a aidés à gagner la démocratie » a-t-il introduit avant de répondre à Bensouda : « J’ai été choqué lorsque madame la procureure a dit qu’on était pas là pour savoir qui a gagné les élections…Mais je crois que c’est celui qui a perdu les élections qui veut semer le trouble ? C’est bien cela le fond du problème… » a-t-il poursuivi avant de conclure : « Je suis un homme de droit. J’ai écris beaucoup de livres sur la démocratie. J’ai tout fait. On a tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria en 2005 que j’ai demandé à Thabo Mbeki de tout faire pour qu’on trouve une solution. C’était bien Ouattara qui faisait la traduction entre moi et Mbéki. C’est encore moi qui ai pris l’article 48 de la Constitution pour faire de Ouattara et Bédié des candidats…Madame, la Démocratie nous aide. Mais la démocratie n’est pas seulement le vote, c’est qui dit le vote, les résultats des votes…. 

Madame, je suis ici parce que j’ai respecté la constitution de mon pays…A tous les africains qui se mobilisent pour moi à travers le monde, je leur dit, le salut des états africains passe par le respect des constitutions que nous nous sommes données et des lois qui en découlent » a parlé le président Laurent Gbagbo. 

Rappelons qu’avant lui, Me Barouan est quant à elle revenu sur ce qu’elle aurait vécu en Côte d’ivoire au moment de la crise : «J’habite le quartier entre Samaké et le zoo. Vous devez savoir de quoi je parle. J’ai vécu, j’ai vu la guerre. J’ai pas eu besoin de vidéo pour décrire les atrocités commises par les forces rebelles sur la population civile en Côte d’Ivoire..Alors, madame l’avocate des victimes, il ne faut pas faire de la question des victimes un match de coup devis encore moins un championnat de Ping Pong». 
 
Notons enfin, que le bureau des représentants des victimes et du procureur ont jusqu’au 14 mars 2013 pour rendre leurs observations écrites sur cette audience. La défense ne rendra sa copie que le 28 mars 2013. Et c’est à partir de cette dernière date que la chambre préliminaire rendra son verdict 60 jours à compter du 28 mars 2013. 


De Philippe Kouhon et Tidiane Houla/Envoyés spéciaux à la Haye (Eventnews Tv)
 
 
Source: AFRIK53.COM

Commentaires

Franchmt on ne sait kw dire... k'on nous dise ce ke la CPI veut au juste...

Écrit par : hermann tioko | mercredi, 29 mai 2013

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