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jeudi, 14 mars 2013

GROS MALAISE A LA CPI: FATOU BENSOUDA S'EMBALLE - ELLE RECONNAIT QU'UN DE SES TEMOINS A MENTI

 

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A peine l’annonce de l’élection d’Uhuru Kenyatta enregistrée, Fatou Bensouda rétropédale et indique qu’elle renonce à poursuivre un de ses co-accusés, notamment en raison de la rétractation d’un témoin de l’Accusation qui reconnaît avoir menti dans sa déposition. La décision de la procureure auprès de la CPI ne sera pas sans conséquences. Explications.


C’est tout de même un petit coup de tonnerre ! Hier, Fatou Bensouda, procureure auprès de la Cour pénale internationale, a annoncé qu’elle abandonnait les charges qui pesaient sur Francis Muthaura, co-accusé du président élu du Kenya, Uhuru Kenyatta. Fatou Bensouda affirme désormais qu’elle ne dispose pas de preuves suffisantes pour pouvoir espérer une condamnation de celui qui était chef du «service public» au moment de la crise postélectorale de 2008.

Et pour cause: le principal témoin de l’Accusation s’est rétracté, affirmant avoir menti dans sa déposition. Peut-être pour se donner de la contenance, Fatou Bensouda s’est empressée de dire que son témoin a changé de version des faits après avoir été corrompu par des personnes se présentant comme des envoyés des accusés. Ce que la Défense de Muthaura a contesté avec véhémence, réfutant toute interférence avec les témoins.

Un tribunal sous influence?

Le moins que l’on puisse dire est que le timing du bureau du procureur est totalement «foireux». Dire que l’on renonce aux charges contre le co-accusé d’Uhuru Kenyatta le premier jour ouvrable après l’annonce de sa victoire au premier tour de l’élection présidentielle kenyane revient naturellement à donner le bâton pour se faire battre. Bien entendu, Bensouda a prétendu que cette renonciation n’aurait aucun impact sur l’accusé Kenyatta. Mais ce n’est qu’un procédé rhétorique auquel elle-même ne croit pas.

La juge Kuniko Ozaki, qui présidait la séance, a bien fait remarquer que la nouvelle donne aura des conséquences «non seulement pour le cas Muthaura , mais aussi d’une certaine manière pour M. Kenyatta». Steven Kay, avocat de Kenyatta, a déjà fait savoir que l’Accusation devait de toute urgence revoir les procédures contre son client, dans la mesure où le témoignage principal incriminant aussi bien Muthaura que son client, était «erroné».

Le dossier kenyan à la CPI semble dans ce contexte bien mal engagé. Et l’on ne peut que s’interroger. Pourquoi avoir attendu la victoire électorale de Kenyatta pour évoquer une rétractation de témoin qui date de plusieurs mois, mais aussi les témoins morts et l’absence de franche coopération de la part de l’Etat kenyan? On ne peut pas s’empêcherde se demander si Bensouda se serait comportée de la même manière au cas où Raila Odinga avait finalement eu les faveurs des électeurs au pays de… Jomo Kenyatta. Malaise!

De plus, on ne peut que s’interroger sur le précédent inauguré par Bensouda.Si le refus de coopérer d’un Etat justifie l’arrêt des poursuites contre un suspect, cela signifie que la CPI se plie sans barguigner à la volonté des gouvernements, y compris les plus contestables. On peut d’ores et déjà se dire que jamais les pro Ouattara ne seront traduits devant la CPI, vu l’absence de volonté politique d’un régime ivoirien qui ne souhaite pas livrer ses tueurs à la justice internationale ! Et l’on attend avec gourmandise le jour où Bensouda «déchirera» son acte d’accusation contre le président soudanais Omar El Béchir, puisqu’il semble évident pour tous que le gouvernement de son pays ne coopérera pas!

Du danger de s’appuyer sur des témoins-clés anonymes, loin des preuves matérielles

Qui est le fameux témoin dont la rétractation a entraîné l’effondrement du «château de cartes» argumentaire du bureau du procureur ? De lui, on ne saura que son numéro de code. Il s’agit du témoin numéro 4. Comme dans le cadre de l’audience de confirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo, l’Accusation a tenté d’établir l’existence d’un «plan commun» sur la base de témoignages de personnes confortablement installées dans l’anonymat.

Le témoin 4 dans l’affaire kenyane avait affirmé avoir participé à des réunions dans le cadre de la «secte Mungiki», qui aurait échafaudé des projets criminels en la présence ou avec la caution de Kenyatta et de Muthaura. Il est absolument stupéfiant que l’Accusation ne se soit fondée que sur ses propos. Au point de tout arrêter parce qu’il a avoué avoir menti.

Et demain?

Les P9, P10, P44…dont le substitut du procureur Eric Mcdonald a lu les témoignages à charge contre le président Gbagbo d’un air sûr de lui en l’absence de toute preuve matérielle et objective – autopsies, expertises, documents probants, etc… – tourneront-ils casaque après avoir justifié, par leurs récits complaisants, l’emprisonnement d’un homme qui a dirigé son pays pendant une décennie et représente un symbole national incontestable ?

Les juges de la Chambre préliminaire I doivent être vigilants et se poser ces questions de bon sens au moment où ils examineront l’échafaudage juridique concocté par un Louis Moreno Ocampo sous influence du régime Ouattara et de la France officielle. Dans une tribune publiée il y a quelques jours, Alain Cappeau, conseiller spécial de Gbagbo, mettait déjà la Cour en garde contre «le spectre de l’erreur judiciaire».

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


SourceIVORIAN.NET

Commentaires

La pauvre! Elle n'est pas aidée par le sort

Écrit par : GOBA Zogo Toussaint | lundi, 18 mars 2013

J'appelle tous les partisans du president Gbagbo et tous les panafricains a boycottés tous les produits Français (France telecom, Air France, Total, Orange, les PME Françaises en Afrique); et il est temps que Bolloré et Bouygues disparaissent pour le tort qu'ils ont causés aux africains.Soyons debout!

Écrit par : ouattara | lundi, 18 mars 2013

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