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lundi, 22 avril 2013

SCANDALEUX! LA PLUS VASTE OPERATION DE SURFACTURATION DANS L'HISTOIRE DE L'AFRIQUE


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Une contribution d'un partisan d'Alassane Ouattara, lu sur un site pro-Ouattara

 

Je retourne au pays après quatorze mois d'absence et j'ouvre les yeux. Et, le constat est clair, le président de la république devrait lui aussi ouvrir les yeux pour voir ce que j'ai vu....

Je me rends à l'université Félix Houphouët-Boigny et, de l'École de Police à la présidence de l'université, sous un soleil de plomb. Je parcours ce que les enseignants et chercheurs ont nommé ''le kilomètre de la honte''. Ce nom peu glorieux désigne le kilomètre de marche que le ministre Cissé Ibrahim impose à chaque enseignant-chercheur qui a commis le crime de ne posséder aucune voiture personnelle. Ils sont contraints de descendre de leur taxi afin de parcourir ce fameux kilomètre à pied car monsieur le puissant ministre ne veut surtout pas qu'un seul taxi entre sur le périmètre universitaire. Il est tant soucieux de la bonne marche de sa chose qu'il s'implique dans la gestion quotidienne de son université jusque dans ce moindre détail! Idem pour les bus qui doivent s'arrêter au CHU de Cocody. Il y a une semaine, une étudiante a été blessée, puis amputée suite à une bousculade à l'entrée d'un bus.

Cependant, comme le président l'a confessé, ''l'argent ne circule pas en Côte d'Ivoire mais il travaille''. Ce qu'il n'a pas dit, c'est que, lorsque l'argent ne circule pas, il travaille mal, très mal en effet. Rien ne dit mieux que l'argent travaille mal s'il ne circule point que les travaux pharaoniques de rénovation de nos trois universités et deux centres universitaires qui ont coûté pas moins de 110 milliards de nos francs, là où 20% de cette fortune aurait suffi. Après tout, Ibrahima Cissé dit Bacongo n'a rien accompli d'autre que de repeindre les murs, de planter du gazon, de tracer des voies pour piétons et d'abattre tous les arbres dans le périmètre universitaire! Très belle leçon d'écologie, vous en conviendrez. Ceci ne devrait pas coûter au contribuable ivoirien plus de 20 milliards de nos francs, mais qu'importe?

Ici, l'argent n'a point circulé; M. Cissé Bacongo s'est tout bonnement arrangé avec M. Sidi Kagnassi derrière les rideaux, sans le moindre appel d'offres, pour lui offrir un marché extrêmement juteux dans un partenariat gagnant-gagnant pour les deux protagonistes. La république, quant à elle, sort toute perdante dans ce qui restera dans la mémoire du continent comme étant la plus vaste opération de surfacturation dans toute l'histoire de l'Afrique. 110 milliards de CFA pour repeindre des murs, pour faire du tape-à l'oeil, pour maquiller l'extérieur dans une savante opération cosmétique, mais qui a laissé de côté tous les aspects essentiels qui font une vraie université. Il n'y a pas de bibliothèque digne de ce nom au sein de cette institution; pas même de bureaux pour les enseignants-chercheurs. Pour le département de lettres, ils sont 84 professeurs à se disputer 3 bureaux munis de 11 chaises si bien que 73 restent debout dès lors que 11 se sont assis.

Dans ces conditions, demandez à ces braves enseignants de recevoir leurs étudiants pour des séances de travail autour de leurs mémoires de maîtrise ou de leurs thèses de doctorat. Il n'y a pas même de toilettes dans cette université, ne serait-ce que cela et les étudiants vont se soulager derrière le décanat de l'UFR LLC, dans les buissons, comme au Moyen-Âge. Et c'est vrai que les toilettes seraient inutiles après tout, puisqu'il n'y a pas d'eau courante dans cette université. Pourtant, une fontaine dont les jets d'eau montent jusqu'à 3 mètres de haut vous accueille devant la présidence de l'institution. Ah, cette fontaine, qui ne sert de rien, dont l'eau n'est pas buvable, et qui n'est point une piscine non plus, résume à elle seule toute la philosophie de messieurs Cissé Ibrahima Bacongo et Sidi Kagnassi: paraître, faire du tape-à-l'oeil.

Mais tout est superficiel et il n'est rien en profondeur. Absolument rien. Même le wi-fi annoncé en grandes pompes n'existe que dans l'imaginaire de nos deux héros qui n'ont pas fait circuler l'argent et qui ont très mal travaillé par conséquent. Les enseignants-chercheurs, pour ceux d'entre eux qui ont des ordinateurs personnels, s'achètent des clés USB pour se connecter à internet. Pas un seul amphithéâtre n'est sorti de terre à Cocody, ni une seule salle de TD n'a été bâtie sur le campus de la plus grande université du pays qui abrite à elle seule, plus de 60.000 étudiants. En conséquence, les étudiants en maîtrise de lettres n'ont suivi aucun enseignement depuis septembre 2012, faute de salle de classe! À présent, ils assiègent Mme Kouassi Virginie, cheffe du département, pour voir à quelle sauce ils seront mangés.

Seuls les étudiants inscrits au DEA sont des veinards car ils ont commencé, il y a peu, leurs cours dans des salles empruntées à une structure à Bingerville! L'université voudrait bien emprunter des salles à l'ENS dont les élèves professeurs sont sur le terrain, en stage, mais cette dernière n’exige pas moins de 1.5 million de CFA par salle et par semaine au titre des frais de location. Cette bagatelle coûterait au moins 6 millions de francs par salle et par mois à l'université et c'est tout simplement démentiel de l'envisager. Autant financer la construction de quelques salles de TD sur le campus!

Mais où sont donc passés les 110 milliards de francs que M. Cissé Ibrahima et M. Sidi Kagnassi se sont partagés? Tout ça pour si peu? D'ailleurs, des bâtiments repeints à ce coût exorbitant se sont déjà dégradés, délabrés, car la peinture à eau ne résiste pas à la pluie et au soleil qu'il fait à Abidjan. Mais ils en ont mis de la poudre aux yeux du président de la république qui a été invité en grandes pompes à la cérémonie de réouverture des universités en septembre dernier, que l'on a fait marcher sur le tapis rouge, et installé dans un fauteuil rouge, en prenant soin d'éviter de le faire marcher à travers le campus pour qu'il ne voie point ce que j'ai vu. Et, totalement abusé, comme tous les contribuables ivoiriens, le pauvre s'est sincèrement enorgueilli dans son message à la nation le 31 décembre de ce que, sous lui, l'État a consenti d'énormes sacrifices financiers pour réhabiliter les universités publiques. Sauf que tout l'argent a servi à enrichir deux messieurs au détriment du pays. M. Cissé Bacongo, qui s'est constitué un trésor de guerre, puise dans son immense fortune aujourd'hui pour battre campagne pour briguer la mairie de Koumassi avec des processions de 50 véhicules 4X4, après avoir battu campagne et remporté la députation dans la même commune.

Après tout, ils sont tellement intelligents, tellement compétents et tellement indispensables à notre bonheur qu'ils se sacrifient pour nous servir avec autant d'empressement à tous les postes électifs et nominatifs. Et ils sont intouchables aussi. La preuve, quand les bruits de surfacturation des travaux de rénovation des universités ont couru, le président de la république a maintenu M. Cissé Bacongo et sacrifié publiquement son DAAF! Mais c'est connu, les gros poissons mangent toujours les petits poissons; ils continuent de grossir, en mangeant comme ministres, puis comme députés, puis comme maires ... Ça se comprend puisque, dans ce pays, il n'est personne d'autre qui soit suffisamment outillé pour prendre leurs nombreuses places: ils sont trop intelligents, trop compétents, trop indispensables pour nous abandonner à notre triste sort.

Cependant, il appartient à M. Ouattara d'ouvrir les yeux et de regarder de près ceux qui sont autour de lui. Toutefois, ainsi que l'indique le professeur Robert Lethbridge, il est très proche, sans doute trop proche de certains ministres RDR pour les voir dans une large perspective. Son angle de perception en est sans doute gravement affecté. C'est pourquoi, il gagnerait à prendre de la distance vis-à-vis d'eux pour mieux les regarder, pour les voir tels qu'ils sont. Autrement, en 2015, il sera comptable de leur gestion très douteuse.



Dr Famahan SAMAKE, in ''Lebanco.net''.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

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