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mardi, 30 avril 2013

DANIELLE MITTERRAND: «LA DEMOCRATIE N'EXISTE NI AUX USA NI EN FRANCE»


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Hernando Calvo Ospina est un journaliste colombien réfugié en France et collaborateur, entre autres, du Monde Diplomatique.

Sa présence dans un avion régulier d’Air-France en avril 2009 effraya à ce point les USA qu’ils lui interdirent le survol de leur territoire et exigèrent son déroutage. Voir:


Hernando Calvo Ospina a bien voulu nous confier le texte d’un entretien qu’il a eu avec Danielle Mitterrand. Qu’il en soit remercié.

LGS

(Les photos sont celles de l’article original).

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Ce qui suit est un extrait de l’entrevue à Mme. Danielle Mitterrand, veuve de l’ex-président français François Mitterrand, et présidente de l’association « France-Libertés ». A sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.

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Entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina.


Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?
 
Danielle Mitterrand  : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.
 
HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de «première dame» comme l’«exige» la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques?
 
DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.
 
HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire…
 
DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où «France-Libertés» voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question: Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ «incidents diplomatiques»?

Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

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J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission?
 
HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays?
 
DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme – juillet 1989 – j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François: «Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités…?» Ce fut une honte.
 
HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes…
 
DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner… ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !
 
HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.
 
DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu: «Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses.»

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.
 
HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer?
 
DM : Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.
 
HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie? Est-ce une puissance mondiale?

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DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés? Nul.

 
Hernando Calvo Ospina.


(Traduit par Abacar Fall)





ELECTIONS LOCALES EN COTE D'IVOIRE: ECHEC CUISANT DU REGIME D'ALASSANE OUATTARA


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Alors que le Front Populaire Ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo a boycotté les élections régionales et municipales,les qualifiant de «farce électorale» et ayant invité les Ivoiriens à en faire de même, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’effectivement l’appel a été largement suivi.

 

Le scrutin du 21 avril a non seulement prouvé, une fois de plus, que la Côte d’Ivoire reste plus que jamais divisée, mais il confirme également le fait que la très grande majorité des Ivoiriens est tout simplement lassée des mensonges du régime et des violences qui se poursuivent dans le pays. Selon de nombreux spécialistes, notamment occidentaux, la réconciliation nationale est véritablement « en panne ». Malgré cela, Alassane Ouattara compte se présenter de nouveau à l’élection présidentielle de 2015. Dans un entretien à l’hebdomadaireJeune Afrique, dont il est un des actionnaires, l’homme avoue son incapacité à réaliser le redressement du pays, qu’il avait pourtant promis et sur lequel il avait insisté à maintes reprises : « A priori je ne pense pas qu’il soit possible de redresser la Côte d’Ivoire comme je le voudrais dans les trois ans à venir ». Répondant à la question sur la présidentielle de 2015, Ouattara annonce sans fard : « Oui, vraisemblablement, je serais amené à solliciter un deuxième mandat».

D’autre part, une nette fracture se dessine au sein de l’alliance au pouvoir composée principalement du Rassemblement des républicains (RDR), le parti libéral d’Alassane Ouattara, et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ex-chef d’État Henri Konan Bédié. Ces tensions sont notamment dues au fait que le PDCI de Bédié, ancien parti unique, vit mal son statut de second dans cette « union » où les divergences entre le RDR et le PDCI se font de plus en plus sentir. Des observateurs parient même que cette fameuse coalition du Rassemblement des « houphouëtistes » pour la démocratie et la paix (RHDP), réunissant justement le RDR et le PDCI, ne survivra pas bien longtemps. Par ailleurs, ce vote a été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à se transformer en incidents violents, y compris avec usage d’armes à feu, dans plusieurs communes, principalement à Abidjan. Une source occidentale dans la capitale économique a affirmé que « malgré la victoire de son parti, Ouattara sort fragilisé de ces élections car il a perdu une belle occasion de montrer qu’on pouvait organiser un scrutin crédible et transparent sans contestations. » Une « victoire » obtenue pour rappel, lors d’un scrutin largement ignoré par le parti de Laurent Gbagbo, le FPI, aujourd'hui principale formation de l'opposition, ainsi que par l’écrasante majorité de la population ivoirienne.

Justement, en parlant du taux de participation, selon la Commission électorale indépendante, il se situerait autour de 30 %, entre 13 et 15 % selon le FPI, qui cite une source proche du ministère de l’Intérieur. Même en retenant le chiffre le plus optimiste pour le régime d’Ouattara, il s’agit d’une confirmation claire d’un boycott massif de ces élections. Compte tenu de ces réalités peu radieuses, le président Ouattara a du souci à se faire. Aucune avancée notable n’a été faite pour une vraie réconciliation nationale, destinée à tous les Ivoiriens, notamment les membres de l’opposition, qu’ils soient en Côte d’Ivoire ou en exil. Un fait majeur : la mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui continuent de réclamer ardemment la libération de leur président, incarcéré depuis le 30 novembre 2011 dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas), se fait sentir à tous les niveaux.

Enfin, les soutiens étrangers de Ouattara, en premier lieu la France mais également les États-Unis, devraient rapidement faire évoluer leurs approches dans la crise ivoirienne qui semble perdurer et dont l’issue est pour le moment encore bien incertaine. A noter que François Hollande recevait son ami et acolyte, le président Ouattara le mois d’avril dernier à l’Élysée. A l’issue de cette rencontre, le chef d’Etat français a « encouragé les autorités ivoiriennes à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation et du dialogue politique», selon le communiqué de la présidence française. Pourtant, ni la France, ni les autres soutiens occidentaux de Ouattara ne font réellement pression sur un régime ouvertement liberticide et sérieusement fragilisé. Les gouvernements occidentaux ne pourront pas longtemps ignorer le fait que la résistance ivoirienne est désormais mieux organisée et déterminée, aussi bien à l’intérieur de la Côte d’Ivoire qu’au-delà de ses frontières.




ALASSANE OUATTARA EST-IL VRAIMENT CAPABLE DE GOUVERNER LA COTE D'IVOIRE?

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO.JPG

 

Le 21ème jour du mois d’Avril de l’an de grâce 2013, le bon pays de Côte d’Ivoire a connu un non-évènement dont la banalité le disputait à la nullité. Alassane Ouattara y organisait des élections qu’il prétendait rendre démocratiques, transparentes, sincères et équitables. Connaissant les faits de guerre du renégat, on était tenté de dire… Ah bon???

 

C’était mal connaitre cet escobar de Ouattara qui n’a jamais cessé de patauger dans la fange de l’usurpation et du mensonge. A partir du moment où le FPI, le grand parti majoritaire du Président Laurent Gbagbo n’a pas été autorisé à participer à ces consultations électorales, écarté comme il l’a été par des manœuvres bassement politiciennes liées au non respect d’un minimum de garanties exigées par l’opposition, le RDR, parti provisoirement au pouvoir, devait en principe se trouver sans adversaire. Le PDCI RDA qui compte réellement pour si peu dans la coalition gouvernementale Ouattariste, n’était pas attendu comme ‘’foudre de guerre’’ contre son partenaire occasionnel, sectaire et tribaliste du Nord. En fait d’élections couplées, nous nous sommes trouvés devant une plaisanterie de mauvais goût. Aucune personne sensée ne peut perdre son temps à analyser ce qui aux yeux de tous, urbi et orbi, apparait désormais comme un bide total. Ooh honte!

Comment pouvez-vous m’expliquer que le parti au pouvoir n’ait pas réussi à faire élire dans son fief personnel et dans sa seigneurie tribale de SEGUELA son secrétaire général, l’inénarrable Amadou Soumahoro au poste insignifiant de conseiller municipal?

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Ce n’est pourtant pas la seule preuve que le RDR, ses responsables et son Président Alassane Ouattara sont vomis par l’ensemble du peuple de Côte d’Ivoire qui a choisi, comme un énorme défi à Alassane Ouattara, de voter pour des hommes nouveaux qui se sont présentés hors de ce parti gangrené et corrompu qui montre chaque jour son incapacité à gouverner la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens, les vrais. Trois ministres en activité ou presque ont été battus à plate couture dans des circonscriptions où ils étaient déjà députés. Leurs circonscriptions ont frôlé la guerre civile dont ils ont ensuite refusé d’endosser les initiatives malfaisantes.

1- Par ailleurs, un nouveau sport est né dans le Cavally et dans l’Ouest déjà meurtri, dont le tenant du titre est hélas une dame qui n’a rien ménagé pour exposer son manque d’éducation à l’égard d’un aîné hautement respectable, fut- il, par le fait du hasard, l’adversaire d’un jour. Mais je me suis laissé dire que la campagne du Cavally ne se faisait pas en 4*4 mais en bulldozers et autres Caterpillars.

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Cependant David a battu Goliath parce que ce n’était pas une question de surcharge pondérale mais une simple question d’intelligence et de popularité. Bravo Mr le Président Dagobert Banzio! La Côte d’Ivoire tout entière attendait que vous fermiez une fois pour toutes le clapet à cette parvenue de Anne Désirée Ouloto qui prétend avoir un Doctorat en droit alors même qu’elle n’a jamais obtenu le Baccalauréat et qui ressemble beaucoup trop à ses patrons Alassane et Dominique.

2- KOUMASSI: Alors là il s’agissait d’une toute autre affaire. Un ministre boulimique qui s’est imposé à ces adversaires à coups de revolver pour s’accaparer le poste de Député à l’Assemblée Nationale, a conçu l’idée qu’il lui fallait aussi et à n’importe quel prix conquérir le poste de Maire de la même circonscription. Allez savoir ce qui peut motiver l’appétit pantagruélique et désordonné d’un tel personnage.

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Peut être est-ce parce que Monsieur Ibrahim Cissé Bacongo, avant sa brutale accession aux postes de ministre sous Laurent Gbagbo puis sous Alassane Ouattara, était tout simplement un SDF (Sans Domicile Fixe) surpris par son succès politique aussi subit qu’inexplicable. Koumassi est passé à côté d’une grave crise armée uniquement à cause de la folle ambition d’un Ibrahim Cissé Bacongo qui ne voit plus de limite à son ascension depuis qu’avec ses complices Adama Bictogo et Sidy Kagnassi il s’est approprié une partie substantielle des 100 milliards de Franc CFA qui devait servir à la rénovation de l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Ne lui posez surtout pas cette question là parce que le peuple conscient mais impuissant vous répondra que son patron Alassane Dramane Ouattara fait la même chose à la tête de l’Etat par le moyen désormais légal d’une Ordonnance. Quand je me suis interrogé sur le comportement post électoral de Bacongo à Koumassi, un enfant qui passait par là m’a tout simplement donné une réponse d’enfant: «Mais papa, son patron Alassane Ouattara a bombardé la Cote d’Ivoire pour être Président ; le Ministre Cissé Bacongo peut lui au moins se permettre de bombarder un petit quartier d’Abidjan». Simple question de logique. Oui Monsieur Cissé Bacongo, vous pouvez ! En attendant, chapeau à Monsieur N’Dohi Raymond.

3- D’autres personnalités du régime ont été battues qui, même au RDR, ne représentent que le menu fretin. Exemple: Mr Adama Bictogo qui avoue publiquement avoir spolié des victimes des déchets toxiques du Probo Koala à hauteur de 600 millions de FCFA et qui se pavane librement dans la République, narguant l’opinion nationale et internationale sans compter les juges qui, paraît-il ont peur de le convoquer pour lui demander des comptes. Comme ce n’est pas suffisant pour cet escroc patenté, il ose se présenter à la mairie d’Agboville pour gérer les biens de la paisible population de la commune.

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Les enfants de l’Agnéby lui ont dit son fait et l’affaire est désormais close. Il aurait été mieux inspiré de se présenter à Ouahigouya, à Kaya ou à Koudougou en Haute Volta. Mon Dieu, que ces gens sont mal conseillés!

4- Dans le menu fretin, il y a aussi Mr Ibrahima Fanny, l’un des parrains de la rébellion des 18 et 19 Septembre 2002.

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Il a été le tout premier homme de paille d’Alassane Ouattara à avoir accueilli des milliers de dozos auxquels il a donné le gîte et le couvert à Bouaké pour mieux organiser la partition du pays. Mais comme l’histoire nous l’enseigne, « les révolutions finissent toujours par manger leurs propres enfants ». Fanny Ibrahima s’est retrouvé très vite exclu de l’organisation de Soro qui ne lui a laissé que le choix de se réfugier à l’hôtel du Golf en bon précurseur de ce qui allait suivre, pour notre malheur. Au cours de la coupure de notre pays en deux, la frontière Sud de la Haute Volta a été portée à Djébonoua. Tout le monde a compris qu’il fallait en tirer des conséquences politiques sauf Ibrahima Fanny. N’ayant rien compris aujourd’hui encore, il s’est présenté face au fils mossi du premier Maire Djibo Sounkalo pour être de nouveau Maire à Bouaké. Seul Ibrahima Fanny pouvait réussir un exploit aussi bête.

5- Autre menu fretin aux petits pieds, le Professeur de médecine aurabais Ibrahim Séga Sangaré.

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Qui, grand dieu, a pu faire croire à ce docteur à la noix qu’il pouvait être Maire d’une Cité Ivoirienne comme Attécoubé, exactement au moment où le dernier de ses frères, Jean Marie Sangaré, déposait les statuts de son propre parti politique en vue des élections présidentielles qui se préparent au Mali ? Comment peut-on à ce point renier sa Mère Patrie au moment où elle a besoin de vous ? La nationalité Ivoirienne du Professeur Séga Sangaré a à peine commencé à prendre la patine du temps qu’il s’est imaginé pouvoir ester au nom de la Cité conçue, construite et promue par N’Koumo Mobio. Comme ça! Au fond, pourquoi pas ? Il a vu faire son démiurge Alassane Ouattara. «La Côte d’Ivoire là c’est doux dèh!». Mais bon, la plaisanterie est terminée. Le grand Mali attend ses enfants. Ou sont les Sangaré? 

6- Le plus étonnant et le plus incompréhensible acte de ces soi-disant élections couplées est passé inaperçu pour le grand public et même pour le RDR lui-même.

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Un personnage fantasque, farfelu et hurluberlu du nom de Adama Diomandé, a été choisi il y a quelques années par Alassane Ouattara pour être son représentant et celui du RDR en Europe mais surtout en France. Pour se faire remarquer et pour se positionner auprès de son demi-dieu ADO, Adama Diomandé s’est véritablement surpassé. De Bruxelles à Berlin, de Londres à Rome et Madrid il a été de toutes les fêtes RDR et manifestations de soutien à ADO. Il était au four et au moulin. A Nantes et à Paris où il a organisé des commandos de « petits Dioula » dont le rôle était d’agresser physiquement tout ce qui pouvait ressembler à un pro Gbagbo à la sortie du métro et sur les grands boulevards. Se prenant lui-même pour un grand intellectuel, il s’est octroyé le rôle de débatteur sur tous les plateaux de télévisions et studios de radios de France et de Navarre. Qui n’a pas vu au moins une fois cette âme en peine divaguer ça et là et nulle part pour promouvoir son demi-dieu ADO ? Mais surtout qui n’a jamais vu Adama Diomandé agresser l’Ambassade de son propre pays à Paris à la tête de petits voyous illettrés organisés et payés pour ce sale boulot. Adama Diomandé était prêt à tuer et à se faire tuer pour Alassane Ouattara. Mais il n’avait pas compris deux choses : 1- que Alassane Ouattara ne vaut rien, 2- que lui-même Adama Diomandé est un nul. Voici donc un homme qui sacrifie tout à son combat pour faire de Ouattara un Président et une fois le but atteint, il n’obtient même pas un poste de vigile à l’entrée de l’Ambassade de Côte d’Ivoire 102 Avenue Raymond Poincaré, 75016 Paris. Ingratitude quand tu nous tiens!

Dépité par cette attitude de son chef, Adama Diomandé décide de prendre un poste en Côte d’Ivoire par ses propres moyens. Il choisit un trou perdu dans la campagne Eburnéenne du nom de Zikisso et demande l’investiture du RDR pour les municipales. Refus catégorique de Mr Amadou Soumahoro qui n’avait pourtant pas de candidat pour Zikisso. Adama Diomandé qui vient quand même de Paris se jette dans la bataille comme candidat indépendant, avec une logistique capable de conquérir la mairie de New York (affiches de 12 mètres carrés, club de soutien venu de Paris, etc.) Mais Adama Diomandé est battu par un autre candidat indépendant. Il y avait 4 candidats à Zikisso et environ 1200 voix à se partager. Adama Diomandé s’est classé dernier avec environ 200 voix.Cerise sur le gâteau, il était soutenu par un autre farfelu hirsute du RDR du nom de Gnizako, demi -lettré et pourfendeur rémunéré de Laurent Gbagbo.

Cette histoire qui demande à être complétée par des révélations que nous retenons pour l’instant, méritait d’être contée parce qu’elle est révélatrice de l’état d’esprit de Alassane Ouattara vis-à-vis de ses ouailles et de ses serveurs de thé. Adama Diomandé yaaako !

 

Mamadou Ben Soumahoro


Journaliste

Ancien Directeur Général de la Télévision Ivoirienne

Ancien Député à l’assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

Président Honoraire de l’URTNA (Union des Radios et Télévisons Nationales d’Afrique)

Citoyen d’honneur des villes de Lafayette et de la Nouvelle Orléans aux USA

Commandeur de l’ordre du Rio Branco (Brésil).


Illustration photo: Claudus Kouadio

1er MAI 2013: OUATTARA FUIT ENCORE LES TRAVAILLEURS

 

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La fête du 1er Mai restera décidément un cauchemar pour Ouattara qui n’aura sans doute jamais le courage de regarder les travailleurs en face. En effet, que pourra-t-il bien leur dire? Qu’il est incapable de régler leurs problèmes? Que son régime n’est pas en mesure de tenir ses nombreuses promesses et les engagements de son gouvernement en dépit de l’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative Ppte? Le dictateur ne veut certainement pas vivre l’humiliation d’avoir à balbutier et bégayer devant les travailleurs à qui, il ne saura quoi dire. Sinon que de reconnaitre son incompétence. Aussi Ouattara, après s’être adroitement esquivé le 1er mai 2012, en improvisant à dessein un voyage en France, a encore choisi d’éviter les travailleurs de Côte d’Ivoire en se débarrassant d’eux par la même manœuvre. Il préfère les confier à un Premier ministre sans réel pouvoir. En effet, le mardi 1er Mai 2012, un an après l’arrestation du Président Laurent Gbagbo que les travailleurs et les masses ouvrières de tous les secteurs d’activités regrettent aujourd’hui, Ouattara, prend la poudre d’escampette, laissant les travailleurs de Côte d’Ivoire à un Ahoussou Jeannot Kouadio dépassé par l’ampleur de la tâche.

Des Premier ministres dépassés par l’ampleur de la tâche

Révolté par cette fuite en avant, les centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité et Force ouvrière) refusèrent d’aller perdre leur temps au palais dans une cérémonie qui n’avait plus de sens, du moment que le dictateur avait pris la clé des champs. «Pour éviter la douche froide qui lui était réservée par les syndicats», soupçonne-t-on. Ahoussou Jeannot Kouadio dû donc vivre seul ce désaveu cinglant des travailleurs. «Aucun leader des centrales syndicales en Côte d’ivoire ne s’est senti concerné par le 1er Mai de Ouattara. C’est la célébration des licenciements et du chômage», avaient-ils répliqué. Pour rappeler à Ouattara les vagues de licenciements collectifs, la politique de «rattrape ethnique» dans l’Administration et les entreprises publiques, la hausse du taux du chômage, la flambée du prix des denrées et services, la pauvreté croissante… Zadi Sességnon, le secrétaire général de la Centrale syndicale Force ouvrière (F.O), n’avait pas, nous l’avons écrit, effectué le déplacement du palais, pour commémorer le 1er Mai 2012. Il n’y était pas invité.

De toutes les façons, il ne s’y serait certainement pas rendu. Ses camarades et lui s’étaient plutôt retrouver au siège de la F.O au Plateau, pour un point de presse, ce mardi 1er mai 2012. Pour saluer la mémoire des travailleurs et leurs familles tombées sous les balles lors de la crise postélectorale. Avant de dénoncer la pauvreté organisée que vivent les Ivoiriens. «Nous ne nous sentons pas concernés par ce 1er mai», avait-il dit. Pour marquer son indignation quant au mépris que le régime actuel observe vis-à vis des travailleurs dont les préoccupations sont aujourd’hui royalement ignorées par Ouattara. Le Sg de Force ouvrière avait rappelé: «Les cascades de licenciements à la Sotra, à la Présidence de la République, à la Rti, à l’Agefop, au Port… ainsi que dans le privé, les mauvais aspects de la réforme du système de retraite qui touchent à la Cgrae, aux cotisations à la Cnps et l’inadaptation des lois du travail, la reprise en main de la Mugef-ci par l’Etat alors qu’elle n’était pas en faillite, par l’Etat. L’urgence de préserver les acquis des travailleurs ivoiriens et de se pencher sur les revendications, tout en réglant les problèmes du chômage, des licenciements en masse et de la cherté de la vie». Hélas, pour la commémoration de la fête du travail, le mercredi 1er mai de cette année 2013, le tyran ne changera pas sa façon de fuir les problèmes des travailleurs.

Cette fois, c’est son nouveau Premier ministre, le docile Kablan Duncan, qui va servir de valet du roi dans ce jeu. Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 24 avril 2013, a déjà annoncé que Ouattara va encore se défiler. «La cérémonie officielle du 1er mai 2013 sera organisée dans les jardins de la Primature à Abidjan, sous la Présidence de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement. Sont invités à cette cérémonie, outre les travailleurs des cinq centrales syndicales identifiées, les Présidents des Institutions de la République, les membres du Gouvernement, les partenaires au développement, les représentants des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, les responsables des Administrations publiques etc. A cette occasion, Monsieur le Premier ministre délivrera le message du Gouvernement aux partenaires sociaux». Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on ne serait pas surpris que «les partenaires sociaux», pour ce qui concerne les travailleurs, après avoir décliné l’invitation d’Ahoussou Jeannot en 2012, donnent la même suite à Kablan Duncan, dans deux jours.

Une mise en scène, pour amuser la galerie, dans «les jardins de la Primature»

On comprendrait qu’ils ne veuillent pas s’associer à une mise en scène grotesque organisée, pour amuser la galerie, dans «les jardins de la Primature à Abidjan par un pouvoir qui méprise les travailleurs et les jette à la rue depuis sont installation. Dans un contexte où de nombreuses entreprises ont été contraintes de mettre la clé sous le paillasson, en raison de la crise économique à laquelle Ouattara s’avère incapable de trouver les solutions promises. Les travailleurs de Côte d’Ivoire vont-ils boycotter cette année encore la cérémonie officielle du 1er Mai, pour exprimer leur mécontentement à Ouattara? Ce ne sont en tout cas pas les sujets de discorde qui manquent. De nombreux problèmes en suspend qui peuvent s’abattre à tout moment sur la tête de Ouattara : les ponctions illégales sur les salaires des enseignants grévistes, les revendications salariales du personnel de santé, la question de la revalorisation salariale et des avancements indiciaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, la question des redevances et les salaires non payés des agents qui asphyxient les formations et établissements de santé communautaires (Escom-Fsucom) …. Entre autres dossiers urticants. Qui pourraient relancer, si ce rendez-vous du 1er Mai 2013 était manqué, la fronde sociale qui risque de s’engager dans les jours à venir. On le voit, Ouattara qui joue avec l’avenir de la Côte d’Ivoire, fuit les travailleurs. Peut-être se payera-t-il encore un séjour doré à Paris où dans une autre capitale occidentale, avec l’argent du contribuable ivoirien, l’argent des travailleurs a qui, il n’accorde aucun égard. Après avoir vendu illusions sur illusions.



K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du lundi 29 avril 2013.

ABSENCE AU 1er MAI - MAHAN GAHE BASILE: «OUATTARA A PEU DE CONSIDERATION POUR LES TRAVAILLEURS»

 

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Absence du chef de l’Etat à la célébration du 1er mai, Mahan Gahé Basile: «Ouattara a peu de considération pour les travailleurs»


Les absences récurrentes et injustifiées du chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara à la fête des travailleurs du 1er mai, la précarité du marché de l’emploi, les licenciements abusifs sur fond de règlement de compte et de rattrapage, les promesses de campagne non tenues par Ouattara.... sont disséqués par Mahan Gahé Basile, secrétaire général de Dignité.

 
Notre Voie : Mercredi prochain, c’est le 1er mai, la fête des travailleurs. Alassane Ouattara, pour la 3ème fois consécutive, sera absent à ce rendez-vous... Quel Commentaire faites-vous ?

Mahan Gahé : Les relations employeurs et travailleurs doivent être des relations saines. Et pour que ces relations soient saines, il faudrait un effort de part et d’autre. C’est-à-dire entre nous, partenaires sociaux. Le gouvernement, les employeurs du privé et tous les syndicats. Que ce soit la Fonction publique ou le privé. C’est cela, les partenaires sociaux. Nous nous devons respect mutuel. Le seul jour de rencontre des partenaires sociaux, c’est le 1er mai. Le seul jour où le chef de l’Etat doit être en symbiose avec les travailleurs, c’est le 1er mai. Je suis triste de constater que le 1er mai, Alassane Ouattara est absent. C’est tous les travailleurs de Côte d’Ivoire qui sont tristes. Le 1er mai, c’est le seul jour où les travailleurs sont en contact avec le chef de l’Etat. C’est ce jour là que le chef de l’Etat profite pour redéfinir sa politique sociale. En nous confiant à un premier ministre, c’est bien. C’est comme si vous allez à des négociations avec un employeur du privé et c’est un chef du personnel qui vous reçoit. Mais ce chef du personnel n’est pas le DG ou le PDG. Ce n’est pas lui qui a établi le programme de fonctionnement de l’entreprise. Il ne peut donc pas décider. Il ne peut qu’affirmer qu’il a pris bonne note et qu’il rendra compte à son DG ou à son PDG. Kablan Duncan, je le respecte beaucoup, mais il rendra compte au chef de l’Etat. Il sera obligé de recourir, de se référer au chef de l’Etat parce qu’il ne peut pas décider seul. Les promesses de campagne de Ouattara n’appartiennent pas à Duncan. En tant que syndicaliste, nous travaillons toujours sur le programme de campagne du chef de l’Etat.

N.V : Vous dénoncez donc un mépris pour les travailleurs ?

M.G : Je ne sais pas ce qu’Alassane Ouattara pense des travailleurs. Qu’est-ce qui est aussi pressé pour qu’il fasse une tournée à l’ouest. Pendant sa campagne électorale de 2010, il a fait des promesses aux travailleurs du secteur public et privé. Le 1er mai est une occasion pour un chef de l’Etat de faire le point de ses promesses sociales. Houphouët-Boigny, même dans sa vieillesse a toujours respecté les syndicats. Il nous a toujours reçus. Il a même offert un bâtiment au bureau international du travail (Bit) à Abidjan. Si ce siège est à Abidjan, cela veut dire que le président Houphouët a toujours respecté les travailleurs et les employeurs. Si ce n’est plus le cas, on risque de voir le siège nous échapper Le président Bédié a toujours placé les confédérations sur un plateau d’or. Il était toujours là, le 1er mai. Même le Général Robert Guéi, celui là même qui était militaire et qui pouvait dire qu’il s’en fout des syndicats a toujours reçu les syndicats. Je ne parlerai pas de Laurent Gbagbo pour qui la situation des travailleurs était au centre de ses priorités. Comme Ouattara banalise les travailleurs, qu’il ne s’adresse plus jamais à eux. Ou bien il veut que les travailleurs s’alignent derrière sa politique sociale. Ce n’est pas normal qu’il ait très peu de considérations pour les forces vives de ce pays.

N.V : Trois ans après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, quel regard jeté vous sur la situation des travailleurs et de l’emploi des jeunes ?

M.G : Rien n’a été fait par Ouattara ! La vie est devenue plus chère. Les jeunes sont toujours au chômage. Dîtes-moi quelles sont les ouvertures de certaines entreprises pour embaucher massivement les jeunes ? Il n’y en a pas ! Depuis la prise du pouvoir par Ouattara, nous sommes toujours dans l’instabilité. Ce qui préoccupe le pouvoir, c’est comment faire pour se réconcilier, commente faire pour que les élections municipales, législatives, des conseils régionaux aient lieu. Alors qu’en réalité, la cherté de la vie est en train de tuer des milliers de personnes. Alors qu’en réalité, l’ivoirien n’arrive plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Ne parlons même pas de ses loisirs qui sont une vue de l’esprit. C’est vrai qu’Abidjan est en chantier. Mais est-ce que ce chantier embauche les jeunes. Non ! Le Smig est toujours à 36 mille Fcfa. La promesse du Smig à 60 mille Fcfa promis par le gouvernement est un leurre. On s’est permis de diminuer les salaires en augmentant les cotisations à la Cnps. Et c’est sur les salaires de nos camarades du privé. Quand aux enseignants du public, leurs revendications sont légitimes.

N.V : Depuis que Ouattara dirige ce pays, les licenciements abusifs font partie du quotidien des ivoiriens. Que font justement les confédérations syndicales pour arrêter l’hémorragie ?

M.G : C’est une grande préoccupation. Lorsque j’étais en prison à Boundiali, mon adjoint et tout le comité exécutif de la Centrale Dignité ont fait un travail formidable. Malgré mon arrestation, j’ai toujours lu leur déclaration. Ils ont dénoncé la cherté de la vie, tous ces licenciements abusifs. C’est lorsque je suis sorti de prison que j’ai entendu le mot rattrapage. On m’a fait savoir que c’est lorsqu’on remplace certains par d’autres originaires du nord. Je me suis demandé si certains sont ivoiriens et que d’autres ne le sont pas. Je me suis dit que s’ils ne sont pas tous ivoiriens, il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas de frustrés. Cette histoire de rattrapage me gêne un peu. Qui peut répondre à cela ? C’était l’occasion pour Ouattara de se justifier le 1er mai. Sur les licenciements abusifs constatés, c’est un retour en force des programmes d’ajustement structurels (Pas). En 1990, lorsque le FMI l’imposait à la Côte d’Ivoire, l’objectif était de déréglementer le code du travail. Nous avions dénoncé en son temps ce code fabriqué de toutes pièces par un cabinet et soumis à l’assemblée nationale et appliqué aux travailleurs. Nous avions dénoncé ce code esclavagiste. Nous avions dénoncé dans les années 1990, les salaires à double vitesse. Ce sont malheureusement des choses qui reviennent. Lorsque j’étais en prison, j’ai pleuré lorsque j’ai appris qu’il y avait un recrutement d’enseignants contractuels qui seront payés à 100 mille Fcfa par mois. Un enseignant, c’est celui qui transmet son savoir à l’enfant. Comment voulez-vous transmettre sereinement votre savoir si vous êtes sous-payés, mal payés. Ne nous étonnons pas que cette jeunesse devienne de plus en plus violente.

N.V : Le futur code du travail est l’objet de vives controverses. Etes-vous partant pour l’adoption de ce code ?

M.G : Je suis partant pour la révision du travail mais à condition qu’il tienne compte de l’être humain. Ce code régit les rapports entre l’employeur et le travailleur. Déjà économiquement, l’employeur est fort. Pour des raisons économiques si vous donnez tous les privilèges à l’employeur, le travailleur n’est plus un travailleur. Il devient esclave. Et il ne peut plus satisfaire à ses besoins primaires. Se nourrir, se vêtir, se soigner, habiter dans une maison, se permettre des loisirs. Ce futur code fait malheureusement la part belle à l’employeur. La préoccupation de l’employeur et du gouvernement, c’est de faire en sorte que le délégué ne soit plus protégé. Au niveau des revendications, on affaiblit le délégué syndical pour qu’il cesse de revendiquer.. Il s’agit pour l’employeur et le gouvernement de faire en sorte que le délégué du personnel soit licencié. Nous devons empêcher l’adoption de ce code par la discussion et non par la violence. Nous demandons au gouvernement d’ouvrir les discussions. Vous aurez beau fait venir des travailleurs étrangers, mais cela ne marche pas toujours. Tôt ou tard, ils se rendront compte eux aussi qu’ils sont exploités et ils vont revendiquer. On doit être honnête avec son pays et les citoyens qui l’habitent.
Il est inadmissible qu’un élu licencie tous ceux qui ne sont pas de son bord politique. Il faut que le parlement vote une loi pour protéger les travailleurs. La seule loi qui les protège est la convention 87 du Bit qui protège les travailleurs et 98 pour les délégués.

N.V : Le siège de la Fesaci est toujours occupé par les FRCI. Le gouvernement a offert cette centrale syndicale à Traoré Dohia sur un plateau d’or…

M.G : Le chef de l’Etat doit savoir qu’un Etat qui méprise les syndicats a toujours des problèmes. Qu’il libère le siège de la Fesaci. Le choix d’un secrétaire général ou d’un président d’un syndicat est le choix exclusif des militants d’une organisation syndicale. Ce sont seulement les militants de ce syndicat qui à un congrès, ou en assemblée générale extraordinaire, peuvent élire ou défaire un secrétaire général ou un président d’un syndicat. Que le régime laisse tranquillement les militants de la Fesaci élire leur dirigeant. Il faut que la Cour suprême qui a pris cette décision en faveur de Traoré Dohia l’annule purement et simplement.

N.V : A quoi finalement peut-on s’attendre le 1er mai ?

M.G : Ce sera un 1er mai fade. Le gouvernement nous fait savoir que désormais, tous les 1er mai, c’est seulement le premier ministre qui nous reçoit. Lorsque nous rencontrerons le chef de l’Etat, nous lui dirons de ne plus mettre dans son programme social, la situation des travailleurs. C’est la seule chose qu’on peut lui dire. On demande 200 délégués par confédération à la primature, c’est très peu. C’est toujours difficile pour Dignité qui a ses délégués dans tous les secteurs d’activités. C’est la preuve manifeste du désintérêt total du régime envers les travailleurs. Nous ne sommes pas des chefs de guerre. Nous allons apaiser les cœurs meurtris de nos militants.

N.V : Comment se porte Mahan Gahié Basile après sa sortie de prison?

M.G : Je me porte bien. Comme le disent les ivoiriens, je me maintiens.

N.V : Vous avez donc repris la lutte syndicale ?

M.G : J’ai été toujours dans la lutte syndicale. C’est à cause de cette lutte que j’étais en prison. Sinon Mahan Gahié Basile assis dans son village à Diboké, je ne vois pas pourquoi on viendrait me chercher pour me mettre en prison. C’est parce que je suis à la tête d’une confédération syndicale que mes déclarations gênent et que ce régime m’a mis en prison. Ce régime a compris enfin de compte que je revendique beaucoup mais que je ne suis pas violent.


Entretien réalisé par Charles Bédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


FETE DU 1er MAI: LE CAPITALISTE NEGRE ET LA PLEBE

 

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Du haut de sa gloire, le capitaliste nègre orthodoxe n’a jamais  cessé de célébrer le fossé dressé entre lui et la plèbe. Entre les deux, c’est le jour et la nuit. Ses enfants sont tenus à mille lieues de ceux de la plèbe. Il est interdit un mélange ou une fusion entre ces deux classes. L’une a les moyens de prolonger sa vie en renouvelant de façon incessante son sang, l’autre très chétive, ne cherche qu’un menu morceau pour s’accrocher à la vie. Les deux classes n’ont pas la même morale. Ce qui est anathème chez l’une est bénédiction chez l’autre. Elles n’ont pas non plus les mêmes valeurs. Le capitaliste nègre, comme ses collègues blancs, a les moyens de commandement. Il est l’impérium. Il engage la plèbe. Lui impose des contrats léonins. Lui impose des heures de travail et des tâches à cheval entre l’inacceptable et l’indécent. Lorsque la plèbe se révolte et au bout de mille morts obtient une fête, le capitaliste ne décolère pas. Il ne peut décolérer car le profil qu’il cherche par l’exploitation de la plèbe se trouve réduit. Humaniser la plèbe ! Abomination, dit le capitaliste.

Une fois la force de la plèbe imposée, le capitaliste éternellement porté sur son nombril, change de fusil d’épaule. Il a plusieurs tours dans son sac. Comment maintenir la plèbe dans la précarité sans qu’elle ne le sache? Il a un argument : la crise économique. Qu’elle a le dos large cette crise ! Dans la crise, on trouve un peu de tout. Critères de convergence de l’Uemoa, immobilisme du Smig, conditions de travail difficiles, inadéquation entre le salaire et la dictature des prix des produits, flambée des prix etc. Il suffit donc qu’il arbore cet argument pour que la plèbe  sache que le bonheur n’est pas pour demain. Clochardisée, la plèbe ne se rassasie que du mystère qui entoure le salaire du capitaliste ainsi que celui de ses collaborateurs. Elle ne voit que l’infâme jeu mêlant affairisme et spoliation avec en toile de fond, l’odeur du cacao et du pétrole.

A  la crise économique s’ajoute le mépris. Le capitaliste a toujours méprisé les plus petits. Pourtant c’est d’eux qu’il tire sa richesse, sa sève nourricière. Autant il est formellement interdit aux enfants du capitaliste de fréquenter ceux de la plèbe, autant le capitaliste s’interdit toute rencontre avec la plèbe. Ce schisme social révoltant est flagrant depuis deux ans. Il y a d’un côté la société des riches, incarnée par le capitaliste nègre et de l’autre, celle des pauvres représentée ici par le syndicat de la plèbe. Certains capitalistes nègres, par delà nos frontières, font l’effort de rapprocher les deux pôles. Mais chez nous, l’idée n’est point à l’ordre du jour. Le capitaliste nègre maintien sa posture de dominant. Il plastronne dans les lambris dorés sans jamais recevoir un seul représentant de la plèbe.

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A l’occasion de la fête arrachée de haute lutte par la plèbe aux capitalistes, ceux qui sont les plus orthodoxes gardent la ligne. Il n’est pas question de se tenir en face de ces moins que rien pour écouter leurs jérémiades. On pourrait même dire qu’ils ont la rancune tenace. Ils ne tolèrent pas l’affranchissement de la plèbe. Ils ne peuvent en conséquence tolérer leurs revendications. Cela correspond bien à la vérité historique qui entoure la fête du travail : un combat entre le bourgeois et le pauvre, l’employeur et le salarié, le capitaliste et la plèbe. Nous sommes dans l’un des épisodes de cette lutte salvatrice. Ici, le capitaliste nègre a, par délégation de pouvoirs, confié au Primus inter pares, le soin d’écouter la plèbe sans pour autant répondre favorablement à ses revendications. Il n‘a aucun pouvoir de décision. Il n’est qu’un simple agent d’exécution. Une sorte de factotum juste là pour faire de la figuration. Hier un Primus avait reçu les revendications. Aujourd’hui un autre Primus les recevra mais cette fois-ci, la réception se fera sous l’empire d’une onction décrétale. Nonobstant ce passage de témoin entre Primus, on note que les livres blancs sont toujours restés blancs. Cette année ils seront bonifiés. L’année prochaine la bonification sera portée au grade supérieur. Le mauvais traitement de ces livres blancs trouve sa justification dans le statut du destinataire desdits livres. Il est en effet un capitaliste qui penche plus pour ses intérêts que pour ceux de la plèbe. Il n’existe aucune intimité entre lui et la plèbe. Or pour mieux comprendre la basse classe il faut être plongé au cœur de ses réalités. Il faut pleurer avec elle, rire avec elle. Mission impossible pour un capitaliste qui exècre les plus petits. Pour ne pas avoir à les affronter et s’inventer un petit sentiment de pitié, le capitaliste préfère ne pas les recevoir. Il ne fera que lire les livres blancs. Or entre lire passivement et entendre la plèbe, la voix crue, exprimer ses souffrances, il y a une nette différence. La voix de la plèbe crée le sentiment humain. La lecture passive engendre un cœur  glacial, impénétrable. Le capitaliste nègre préfère le cœur glacial parce que là ou est le malheur de la plèbe, là se trouve son bonheur. Comme toujours d’ailleurs !

Dieu nous garde.

 

Alain Bouikalo, Juriste

bouikhalaud10@gmail.com


Source: Le blog d'Alain Bouikalo

OUATTARA CONTINUE DE CATEGORISER LES IVOIRIENS: LE RATTARAPAGE ETHNIQUE GAGNE L'ECOLE DE GENDARMERIE


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Cet homme est en train de détruire la Côte d'Ivoire!


C’est vendredi dernier 26 avril 2013 que les résultats du concours des sous-officiers de la gendarmerie nationale ont été proclamés, après un an d’attente (depuis 2012). Ils sont actuellement affichés au Commandement supérieur de la gendarmerie nationale au Plateau où les candidats viennent consulter le tableau d’affichage pour connaître leur sort. Certains repartent heureux parce que admis, d’autres attristés ont du mal à quitter les lieux. Ce qui est choquant et regrettable à la lecture de noms des admis au nombre de 1400, c’est le déséquilibre ethnique et régional qui accroche.

Et pourtant, la Côte d’Ivoire compte plus de 60 ethnies. Seules deux régions se partagent le gâteau. Le nord et le centre. Une véritable razzia des baoulé et des Malinké. La grande majorité des admis a des noms à consonance nordiste et centriste. Presque la moitié des admis est originaire du nord de la Côte d’Ivoire quand les noms baoulé inondent toutes les listes. Des listes Rhdp pourrait-on relever sur ce tableau. Ce qui heurte surtout les consciences en lisant attentivement les noms des admis, c’est pratiquement la quasi-absence des jeunes originaires de l’ouest. Moins d’une quarantaine sur 1400 admis. Un rattrapage ethnique comme le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, l’avait appelé devant la presse française lors d’une de ses visites en France. Apparemment, le seul but de cette opération est de reconstituer une nouvelle gendarmerie composée d’éléments pro-Ouattara. Surtout que les gendarmes que Ouattara a trouvés en fonction après sa prise du pouvoir le 11 avril 2011 sont toujours soupçonnés d’être des pro-Gbagbo. Faire de la gendarmerie nationale, une gendarmerie aux ordres de Ouattara, tel semble être l’objectif poursuivi par le chef de l’Etat. C’est pourquoi aussitôt les résultats proclamés, le régime s’empresse de lancer un autre concours cette année pour mettre en minorité les gendarmes trouvés en place. Alors que l’une des missions de la gendarmerie nationale est de défendre la République menacée dans ses fondements et non un individu.

Charles Bédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 30 avril 2013.


Source: ABIDJAN.NET

lundi, 29 avril 2013

LIVRE: LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA COUR PENALE INTERNATIONALE, JUSTICE OU IMPOSTURE?

 

côte d'ivoire,texte final de prÉsentation par la presse,prochain ouvrage collectif a paraÎtre chez l'harmattan (mai 2013,le prÉsident laurent gbagbo À  la cour pÉnale internationale,justice ou imposture?,sous la coordination scientifique de pr. raymond koudou kessié e


TEXTE FINAL DE PRESENTATION PAR LA PRESSE DU PROCHAIN OUVRAGE COLLECTIF A PARAITRE CHEZ L'HARMATTAN

(Mai 2013)

 

LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A  LA COUR PENALE INTERNATIONALE, JUSTICE OU IMPOSTURE?

Sous la Coordination scientifique de Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye

 

L'ouvrage rassemble les contributions d'intellectuels africains et européens, spécialistes de nombreux domaines, juristes, politologues, psychologues, sociologues, avocats, journalistes, écrivains…, qui posent la question de la crédibilité de la justice internationale incarnée et pratiquée par la Cpi, à partir d'analyses des faits et au regard des charges contre le Président Laurent Gbagbo, le Président élu de Côte d'Ivoire.

La problématique qui sous-tend cet ouvrage collectif, est surtout de montrer que le procès du Président Laurent Gbagbo, apparaît plus politique que juridique : aucun criminel dans le camp de M. Alassane Ouattara n’est interpellé par la Cpi. La mise en évidence du mensonge et de la vérité peut et doit conduire à la relaxe du Président Laurent Gbagbo des fins de toutes poursuites.  C'est l'objectif assigné à cet ouvrage collectif  par son comité de rédaction, composé de quatre (4) personnes : Pr. Raymond Koudou Kessié et  Pr. Hubert Oulaye (coordination scientifique) ,  Dr. Kouakou Edmond (coordination technique) et Ministre Émile Guiriéoulou (membre). Toutes les contributions sont regroupées dans six parties.

Dans l'Avant-Propos, les deux coordonnateurs scientifiques de l'édition, Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye, donnent les lignes force de l'ouvrage, non sans en avoir rappelé l'objectif : un ouvrage  de combat pour la libération du Président Laurent Gbagbo des geôles de la Cpi ; cette institution judiciaire internationale qui semble avoir été montée par les puissances internationales pour les seuls Africains. Les pays européens n'entendent nullement y voir déférés leurs ressortissants et les États-Unis, qui coopèrent avec la Cpi, n'ont pas ratifié le Statut de Rome l'instituant. Et, ce pays reste formel sur le fait qu'il n'acceptera,  ni ne tolérera qu'un de ses nationaux soit déféré devant la Cpi, alors même qu'il ne s'abstient pas d'être aux côtés de cette institution lorsqu'il s'agit de citoyens d'autres pays. Il vient en effet de jouer ''un rôle crucial en procédant au transfèrement rapide et efficace du rwandais Bosco Ntaganda, après sa reddition à l'Ambassade américaine'' , comme l'écrit  Human Rights Watch, 18 mars 2013.

Dans la Première Partie intitulée Le contexte : la vérité électorale qu'ils veulent cacher, Ils exposent les rapports d'observateurs électoraux internationaux qui stigmatisent les exactions et les fraudes massives orchestrées par les partisans d’Alassane Ouattara et qui ont entaché la crédibilité des résultats dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire ; zones sous occupation des rebelles pro – Ouattara. Ce sont les rapports d'Observateurs ignorés avec mépris par les occidentaux et la communauté internationale au profit de M. Ouattara de: COMISCA (Coordination de la Mission Internationale des Observateurs de la Société Civile),  CEEA (Comité des experts Électoraux Africains) et UA (Union Africaine) . Les contributeurs démontrent ensuite dans leurs articles, preuves à l’appui, que c’est Laurent Gbagbo qui a gagné les élections présidentielles ivoiriennes de novembre 2010, en dépit des incantations des médias occidentaux, de la position de la communauté internationale et de la force militaire utilisée pour le renverser. Ils montrent également comment Young-ji Choi, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU, a violé son mandat en certifiant, en connaissance de cause, de faux résultats favorables à Alassane Ouattara.  Les articles de Dr. Ahoua Don Mello (Ma part de vérité) et de Pr. Hubert Oulaye (Violation du mandat de certification) donnent la preuve des fraudes massives dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire et de l'imposture, avec Ouattara dans le fauteuil présidentiel; alors que son titulaire est déporté à la Cpi, à La Haye.

Dans la Deuxième Partie intitulée Le Président Laurent Gbagbo – Un combattant de la démocratie à la Cour pénale internationale, Dr. Bertin Kadet (Laurent Gbagbo, un modèle de combattant pour les libertés démocratiques ), et Joseph Marat (Laurent Gbagbo un brillant intellectuel dans la politique) déclinent l'identité de Laurent Gbagbo, identité qui lui vaut la haine viscérale de l'impérialisme international ; sa qualité de souverainiste et de combattant des libertés démocratiques. Il fallait l'abattre par tous les moyens au profit de M. Ouattara, un homme-lige, docile et assuré de garantir les intérêts des grandes puissances.  Viennent ensuite, les articles de Dr. Kouakou Edmond (L'histoire cocasse d'une inculpation arbitraire) et (Quand le Président Gbagbo porte sa croix) ou encore, de Me Ciré Clédor Ly (Le transfèrement du Président Gbagbo) qui décrivent le transfèrement arbitraire de ce Grand homme d'État.

Dans la Troisième partie intitulée Contrevérités et collusion du Procureur Luis-Moreno Ocampo avec le régime Ouattara, le document de charges contre le Président Laurent  Gbagbo  est passé au peigne fin. Ce document rabaisse, dans une extrême désinvolture, au rang de «dictateur africain» et de «vulgaire criminel sans foi, ni loi», un grand Africain, un humaniste, un Homme qui a consacré toute sa vie au combat pour la liberté et l’instauration de la démocratie dans son pays. Les auteurs montrent que les faits à la charge du Président Gbagbo ne sont pas avérés et que nombre de ces faits sont de purs montages destinés à l’accabler. Tout en relevant le parti-pris du Procureur de la Cpi en faveur d’Alassane Ouattara, ces analystes montrent qu’aucun crime contre l’humanité n’est imputable au Président Laurent Gbagbo. Alain Dogou et Émile Guiriéoulou (La vacuité  des accusations de la Cpi contre le Président Laurent Gbagbo), Pr. Hubert Oulaye (Partialité et dérives du Procureur Ocampo), Alain Bouikalo (Moreno Ocampo, Procureur ou mercenaire en cravate?), Dr. Kouakou Edmond, dans trois contributions (Quand Ocampo méconnaît l’autonomie constitutionnelle des États) ou (Enquête de la Cour pénale internationale : à qui profite le crime?) ou encore ( De la nécessité d’une expertise contradictoire); Théophile Kouamouo (Le document d'Ocampo qui enfonce son ami Ouattara) , Philippe Brou (La manipulation de la Cpi mise à nu) ; Coulibaly Zié Oumar (Manipulation d’une campagne sanitaire contre Gbagbo),  et, enfin, Germain Séhoué (Charges contre Gbagbo - Un scandale de légèreté et de malhonnêteté).

 Dans la Quatrième Partie intitulée La Cpi: quelle crédibilité?, les contributeurs s'interrogent sur  la crédibilité de la Cpi. Maître Josette Kadji (Faut-il mettre en doute l’impartialité de la Cour pénale internationale?) ; Dr. Kouakou Edmond (Cour pénale internationale : suspicion légitime); Calixthe Beyala ( Le Procès de Laurent Gbagbo ou la chronique d'une mascarade annoncée ) ; Arsène Touho (Qui peut sauver Gbagbo?); Julius Blawa Gueye (Cour pénale internationale: Épreuve de vérité) ;  Mathias Gboziagnon (La Cpi : Tribunal pour Africains seulement?) et Alain Cappeau (La justice internationale doit être disqualifiée) . 

Dans la Cinquième partie, intitulée Interpellations de la Cpi , les auteurs interpellent cette institution internationale. Le Collectif de Juristes pour la Vérité en Côte d’Ivoire  (Lettre ouverte à Ocampo) ; Alain Cappeau (Lettre ouverte à madame la juge Présidente de la Cpi); Dr. Claude Koudou (Motion à la Cpi) .

Dans la Sixième et dernière Partie, Justice et liberté pour le Président Laurent Gbagbo, les auteurs expriment une conviction forte selon laquelle, Justice et liberté ne peuvent que s'imposer pour le Président Laurent Gbagbo, et, ce, au nom principalement de  la vérité. Les articles de, Dr. Ahoua Don Mello (Les ponts d'une réconciliation durable),  Alain Cappeau  (Le spectre de l'erreur judiciaire dans l'affaire le Procureur vs Gbagbo. Alea jacta est ),  Damana Adia Pickass  (La libération de Laurent Gbagbo, 90% du trajet de la réconciliation) et Pr. Koudou Kessié Raymond (Pourquoi le Président Gbagbo doit être libéré) bouclent le tout, avec une note d'espoir : les Magistrats de la Cpi en charge de l'affaire sauront tourner le dos à toute la machine infernale contre le Président Laurent Gbagbo et redorer le blason écorné de cette institution judiciaire internationale.

AMINATA TRAORE: «QUELLE AFRIQUE VOULONS-NOUS?»

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Un petit retour sur les positions de la brave Aminata Traoré, au moment où elle est dans le viseur du pouvoir français et subit ses rétorsions (refus de visa) pour avoir dénoncé l'invasion et l'occupation du Mali par l'armée française. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

L’intervention militaire conjointe de l’Onuci et de la force française Licorne relève 
de l’ingérence, affirme l’essayiste et militante altermondialiste. L’ancienne ministre de la Culture 
du Mali plaide pour une démocratie africaine par et pour les peuples, propre 
à émanciper 
le continent du pillage néocolonial.


Vous avez longtemps vécu et travaillé en Côte d’Ivoire. Que ressentez-vous à la vue du chaos dans lequel est aujourd’hui plongé ce pays ?

Aminata Dramane Traoré. Je suis horrifiée. Nous devons cette nouvelle humiliation à notre immaturité politique qui consiste à réduire la démocratie aux élections en perdant de vue le jeu des intérêts dominants et l’asymétrie des rapports de forces.

L’attaque de la résidence du président Laurent Gbagbo et son arrestation ne sont ni plus ni moins qu’une illustration de ce que cheikh Hamidou Khan appelle l’art de vaincre sans avoir raison, qui est le propre de l’Occident.

Je suggère dans ma Lettre au président des français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général une inversion des priorités de manière à privilégier le projet de société, à faire de l’élection le choix de gouvernants capables de réaliser ce projet dans le respect des aspirations des peuples. Riches de leurs expériences individuelles, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne (Laurent Gbagbo, ­Alassane Dramane Ouattara et ­Konan Bédié) auraient pu, dans une telle perspective, diagnostiquer les politiques économiques mises en œuvre et proposer des alternatives au système capitaliste qui a fait de la Côte d’Ivoire un réservoir de matières premières avec les conséquences sociales, politiques et écologiques que l’on sait.

L’absence de débats de fond sur les conséquences catastrophiques du système néolibéral sur l’emploi, l’agriculture et les sociétés ­paysannes, le revenu, l’éducation, 
la santé, la cohésion sociale, la ­relation au pouvoir et à l’argent nuit considérablement à la construction d’une démocratie conforme à la demande des Africains.

Je ne vois pas comment ni pourquoi la démocratie qui est en crise en ­Occident pourrait faire des miracles en Afrique au point de justifier une expédition punitive. Mais, à propos des ­dominés, les dominants ne se posent pas ce genre de questions.

 Comment jugez-vous la participation des militaires français de la force Licorne à l’offensive militaire qui a délogé Laurent Gbagbo de la résidence présidentielle, le 11 avril dernier ?

Aminata Dramane Traoré. À ce sujet, on en entend des vertes et des pas mûres de la part des officiels français et des prétendus spécialistes de l’Afrique. Leur thèse peut être ainsi résumée : l’Afrique se mondialise et décide librement de faire du commerce avec les partenaires de son choix, la Chine étant l’un des plus importants. La France et les autres puissances occidentales ne voient pas, semble-t-il, de mal à cette situation. Elles seraient tout simplement soucieuses de nous mettre sur le droit chemin de l’État de droit, qui passe par des élections régulières, transparentes et propres.

Les Ivoiriens n’y seraient pas parvenus tout seuls par la faute de Laurent Gbagbo qui, après avoir été battu, semble-t-il, au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 par Alassane Ouattara, se serait accroché au pouvoir.

Les tenants de ce discours le classent aussitôt parmi les dictateurs à qui la France se doit de donner un « avertissement », comme l’a exprimé le premier ministre français, François Fillon, à l’Assemblée nationale. On est stupéfaits par une telle arrogance quand on se réfère à l’opinion que les Français se font de leur démocratie et à la cote de popularité du président Sarkozy, qui est au plus bas.

À mon avis, la France de Nicolas Sarkozy est intervenue militairement, avec les Nations unies en cheval de Troie, pour ce que je considère comme une action de dressage démocratique de l’homme africain. Une bonne partie des populations civiles à défendre ont non seulement présent à l’esprit le discours de Dakar, mais sont parfaitement conscientes des humiliations de l’immigration « choisie » dont le président français est le père. Son nouveau ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, en remet une couche en s’attaquant à l’immigration légale. Si nous comprenons bien, le soutien aux « révolutions » et à la « démocratisation » a des limites. La France nous aime libres et en démocratie. Mais entre nous et chez nous.

 Peut-on résumer la crise ivoirienne à une crise postélectorale, à un contentieux entre un « président reconnu par la communauté internationale » et un perdant accroché au pouvoir ?

Aminata Dramane Traoré. Le contentieux électoral est le prétexte qui, lorsque les enjeux économiques et géostratégiques l’exigent, peut servir de justification à toute sorte d’agression. Mis à part cette instrumentalisation, je ne vois aucune raison de mettre un pays souverain à feu et à sang. Point n’est besoin de rappeler que ce type de contentieux se règle souvent sans qu’aucune goutte de sang ne coule. Nous connaissons bon nombre de cas où les redresseurs de torts ont fermé les yeux sur les fraudes et sont même allés parfois jusqu’à inverser les résultats électoraux.

En somme, loin d´être un problème ivoiro-ivoirien, cette crise est l’une des expressions tragiques de la marche chaotique et macabre du monde depuis la chute du mur de Berlin.

 Laurent Gbagbo ne porte-t-il pas une lourde responsabilité dans cette longue crise ?

Aminata Dramane Traoré. Pas plus que la France et les Nations unies qui, depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, ont joué sans en avoir l’air la carte du « tout sauf Laurent Gbagbo ». Il suffit de se référer à l’édifiant documentaire de Patrick Benquet, la Françafrique, pour comprendre l’ingérence permanente dans nos affaires.

Le passé et le profil de Laurent Gbagbo ne répondent pas aux critères des maîtres du monde dans leur casting des dirigeants des pays dominés. Il fallait qu’il parte. Tous les leviers possibles et imaginables ont été actionnés pour atteindre cet objectif. La mauvaise volonté dans le désarmement de la rébellion, l’asphyxie, ces derniers mois, de l’économie ivoirienne, sans crainte aucune de la souffrance humaine induite par les privations et les pénuries, ainsi que le lynchage médiatique sont autant d’armes au service de l’ingérence et de la déstabilisation.

Je rends personnellement hommage à un homme de courage et de dignité qui a été le premier à défier l’un des hommes politiques les plus puissants du continent africain et à avoir fait de la prison avec sa femme au nom du multipartisme et de la démocratie.

 Qu’y a-t-il de commun entre les interventions en Côte d’Ivoire 
et en Libye ? La « protection des civils » est invoquée dans un cas comme dans l’autre. Que pensez-vous de cette invocation, qui est un autre nom du droit d’ingérence humanitaire ?

Aminata Dramane Traoré. Il y a lieu d’étudier de manière approfondie les similitudes et les différences entre ces deux situations. L’une de ces similitudes est l’instrumentalisation des populations civiles qui, dans le cas de la Côte d’Ivoire, sont d’abord victimes de la dérégulation et de la déprotection dans le cadre du libéralisme économique. Contentieux électoral ou pas, les Ivoiriens étaient déjà confrontés aux difficultés croissantes d’accès à l’emploi, à l’alimentation, aux soins de santé.

Ce sort qu’ils partagent avec l’immense majorité des Africains soumis aux diktats du FMI et de la Banque mondiale n’est pas de nature à perturber les dirigeants occidentaux qui, subitement, prétendent voler au secours de la veuve et de l’orphelin à coups de missiles « humanitaires ».

L’argument invoqué est le même dans le cas des deux pays en vue de susciter le maximum d’indignation à l’égard des dirigeants que l’Occident a décidé d’évincer.

La différence de taille entre la Libye et la Côte d’Ivoire, c’est que le lâchage de Muammar Kadhafi, qui était devenu un partenaire privilégié, se situe dans la droite ligne de celui de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Égypte.

 Comment jugez-vous le rôle joué 
par les Nations unies tout au long du processus électoral, puis lors 
de l’offensive contre Laurent Gbagbo ?

Aminata Dramane Traoré. Le rôle joué par l’ONU en Afrique est le même depuis la fin des années cinquante. Conçue par les grandes puissances, cette organisation sert leurs intérêts. L’ONU n’a jamais été un instrument de paix en Afrique. En 1960, à propos de la mort de Patrice Lumumba, Franz Fanon écrivait : « Il ne fallait pas faire appel à l’ONU. L’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. » (1) C’est dire jusqu’à quel point il est urgent de repenser le cadre normatif des relations entre les nations.

 Comment le continent africain peut-il, dans un tel contexte, reprendre en main son avenir ?

Aminata Dramane Traoré. L’intervention militaire conjointe de l’Onuci et de la force française Licorne en Côte d’Ivoire constitue, de mon point de vue, l’un de ces grands moments de dévoilement de la nature injuste et cynique du monde actuel. L’assujettissement des classes dirigeantes africaines fait partie de l’agenda de l’Occident. Il leur faut aller à l’assaut de l’Afrique pour s’assurer le contrôle des matières premières, des ressources naturelles indispensables à leurs politiques de croissance et de compétitivité face à la Chine.

Nous sommes rattrapés, en Afrique, par des questions de fond qui n’ont pas été examinées avec rigueur. Nous nous devons de les mettre à plat. La première question qui me semble essentielle est : quelle Afrique voulons-nous à la lumière de l’état du monde globalisé, fragmenté et de plus en plus violent ?

Si nous parvenons à nous saisir de cette question au niveau de chaque pays, des différentes sous-régions et du continent en outillant les populations de telle sorte qu’elles puissent s’impliquer à fond dans l’analyse de l’état des lieux, la formulation, la mise en œuvre et le suivi des solutions pourront jeter les bases d’une démocratie africaine par et pour les peuples.

C’est un chantier gigantesque, mais exaltant, qui n’a rien d’impossible si les élites acceptent enfin de se réconcilier avec le continent.

 

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Bibliographie

Mille Tisserands en quête de futur. Bamako : Edim, 1999, 
l’Étau, Actes Sud, 1999.

Le Viol de l’imaginaire, 
Fayard, 2002.

Lettre au président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général, 
Fayard, 2005.

L’Afrique humiliée, 
Fayard, 2008.

(1) « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? », Afrique Action, n° 19, 20 février 1960. Repris dans Pour la Révolution africaine. Écrits politiques, 
François Maspero, 1964, réédité 
en 2001 par La Découverte.


Source: HUMANITE.FR

AMINATA TRAORE NOUS RACONTE «L'AFRIQUE HUMILIEE»

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Un petit retour sur les positions de la brave Aminata Traoré, au moment où elle est dans le viseur du pouvoir français et subit ses rétorsions (refus de visa) pour avoir dénoncé l'invasion et l'occupation du Mali par l'armée française. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

Aminata Dramane Traoré est une femme politique et écrivain malienne, née en 1947 à Bamako (Mali). Intellectuelle engagée, elle a été ministre de la Culture et du Tourisme au Mali sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Connue comme étant l’une des principales figures de l’altermondialisme africain, la Malienne se bat sur tous les fronts : OGM, coton, privatisations, préservation du patrimoine culturel, actions de proximité...

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Après Lettre au président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général publié en 2005 où elle analyse les crises africaines particulièrement celle déclenchée en septembre 2002 dans son « pré carré », L’Afrique humiliée est son dernier livre réquisitoire qui met à nu les rapports entre la France et ses ex-colonies en Afrique à la lumière de la mondialisation et de la globalisation.

Dans L’Afrique humiliée, Aminata Traoré dénonce la responsabilité particulière de la France et de la mondialisation libérale dans les crises africaines et « s’en prend très directement au désormais célèbre "discours de Dakar" de Nicolas Sarkozy, mais aussi à Brice Hortefeux (ministre français de l’Immigration) et à Erik Orsenna, dont elle n’a guère apprécié le chapitre malien de Voyage aux pays du coton », nous raconte Jeune Afrique du 2 décembre 2007.

Le propos est donc sans détour, comme le constate le résumé du livre par l’auteur lui-même:

«Nous, peuples d’Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? Les pays riches ont peur de notre présence quand elle n’est pas susceptible d’ajouter à leur avoir, peur de nos différences quand elles sont trop visibles. Inutiles, les nouveaux naufragés entassés sur des embarcations de fortune, supposées les conduire vers la terre ferme de l’Europe. Invisibles, les désespérés qui traversent l’enfer du désert. Indésirables, ceux qui, menottes aux poignets, sont reconduits dans leur pays d’origine. Mais l’humiliation du continent africain ne réside pas uniquement dans la violence, à laquelle l’Occident nous a habitués. Elle réside également dans notre refus de comprendre ce qui nous arrive. Car il n’y a pas d’un côté une Europe des valeurs et du progrès et de l’autre une Afrique des ténèbres et des malheurs. Cette vision, que certains d’entre nous ont tendance à intérioriser, vole en éclats dès l’instant où l’on touche du doigt les mécanismes de la domination, de la paupérisation et de l’exclusion. Le défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est d’imaginer des perspectives d’avenir centrées sur les êtres humains. Une réappropriation de nos destins qui fait appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières».

Préfacé par l’auteur de L’Aventure ambiguë, l’écrivain et homme politique sénégalais Cheikh Hamidou Kane, L’Afrique humiliée est le dernier essai d’Aminata Traoré publié chez Fayard, en janvier 2008.

Ses écrits :

2008 : L’Afrique humiliée, Edition Fayard.
2007 : L’Argent : en avoir ou pas : Les Rendez-vous de l’Histoire, Blois 2006, Édition Pleins feux.
2005 : Lettre au président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général, Édition Fayard.
2002 : Le Viol de l’imaginaire, Édition Fayard.
1999 : Mille tisserands en quête de futur, Bamako : EDIM.
1999 : L’Étau. L’Afrique dans un monde sans frontières,Édition Actes Sud.


Par ATSE N’CHO DE BRIGNAN


Source: AGORAVOX

19:07 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Livre, Mali | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, mali, aminata traoré, aminata traoré nous raconte «l’afrique humiliée», agoravox.fr | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

DEUXIEME FIASCO ELECTORAL - ALASSANE DRAMANE OUATTARA RATE SON NOUVEAU RENDEZ-VOUS AVEC LA DEMOCRATIE



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C’était le 11 octobre 1968. Il y a longtemps. Mais puisque Margaret Thatcher vient d’être enterrée en grande pompe en Angleterre et que sa politique «libérale» est encensée (encore) par quelques adeptes, cela vaut le coup de rappeler l’interrogation qui était celle de la «dame de fer» (quand elle ne l’était pas encore ; elle appartenait au Shadow Cabinet de Ted Heath). C’était à l’occasion de la conférence annuelle du Conservative Political Centre (CPC). Thatcher, qui avait alors 43 ans (mais près de dix ans d’expérience comme députée), était l’étoile montante de la vie politique britannique mais pas encore la star qu’elle deviendra quelques années plus tard, avait posé la question dans un texte fondateur du «thatchérisme»: «What’s wrong with politics?».


Elle y prônait une « politique de conviction » contre la « politique de consensus » en vigueur dans les rangs des conservateurs. La démocratie, disait-elle, « suppose l’alternative politique et un contre-gouvernement prêt à prendre en main les rênes du pays […] Aucun grand parti ne peut survivre sur des bases qui ne soient pas celles d’une ferme conviction de ce qu’il veut faire ». Elle ajoutait : « Il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités ».

Cette interrogation («Qu’est-ce qui ne marche pas en politique?») et ces propos thatchériens me reviennent en mémoire alors que la Côte d’Ivoire est confrontée à l’émergence d’une nouvelle crise politique.

Les élections régionales couplées, déjà reportées, viennent de se dérouler de la façon la plus indescriptible qui soit. Impréparation, faible participation, confusion… et, tout naturellement, en fin de parcours, affrontements violents dans plusieurs villes du pays. Un K.O. annoncé pour le parti au pouvoir, le RDR, et un chaos avéré pour la République de Côte d’Ivoire qui n’avait pas besoin de cela.

Deux ans après avoir prêté serment (6 mai 2011), Alassane D. Ouattara se trouve, une fois encore, confronté à la réalité politique et sociale de son pays alors qu’il ne semble s’intéresser qu’à une virtualité économique (l’émergence en 2020) à laquelle l’encouragent, hélas, ses partenaires mondiaux et les institutions internationales qui l’ont formaté.

« Il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». Quand donc ADO va-t-il les prendre en compte ? En novembre 1988, à Washington, alors qu’il se préparait à quitter le FMI pour le gouvernorat de la BCEAO, il me disait que « les bonnes politiques économiques, ce sont des recettes de bonne femme, des choses très simples » et que pour les mettre en œuvre il fallait « un assainissement préalable du terrain ». O.K pour l’économie, c’est son job. Mais en matière politique, le « libéral » qu’il est (ce que je ne suis pas, loin de là) devrait relire Thatcher qui a des « recettes de bonne femme » qui pourraient lui permettre de ne pas être dégagé en touche avant l’heure : « Aucun grand parti ne peut survivre sur des bases qui ne soient pas celles d’une ferme conviction de ce qu’il veut faire ».

Or, le RDR ne semble vouloir rien faire d’autre que d’avoir le pouvoir pour quelques uns de ses « grottos ». ADO en a pris les rênes à l’été 1999 – cela fait quand même pas loin de quatorze ans – et ce parti n’a, depuis, cessé de se « déconstruire ». Le RDR accède au pouvoir après avoir raté le coche à de multiples reprises et, après deux années d’exercice, ne semble pas en mesure d’être un pôle de mobilisation de la vie politique de la droite libérale ivoirienne. L’impréparation se doublerait d’incompétence?

Le RDR, c’est le marshmallow de la vie politique ivoirienne. Aucune consistance ; goût factice. Amadou Soumahoro, son secrétaire général par intérim depuis le 14 juillet 2011, en a été le secrétaire général adjoint de 2005 à 2011 (il aurait été battu, ce week-end, à Séguéla). On se demande ce qu’il a « foutu » toutes ces années. Et quels sont les conseils distillés en 2011-2012 à Ouattara (il était son conseiller spécial en charge des affaires politiques). Djeni Kobina, fondateur du RDR, et Henriette Dagri Diabaté, qui a pris sa suite jusqu’à la nomination d’ADO à la présidence du parti le 1er août 1999, avaient une vraie personnalité (même s’ils avaient des insuffisances organisationnelles). Ce n’étaient pas des marshmallows. Le 4 avril 2013, à la veille de la campagne pour les régionales, Soumahoro « imaginait » déjà la victoire de Ouattara « au premier tour » de la présidentielle… 2015.

« La Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, est plongée dans le clameurs et les vivats de joie et de bonheur ». Il ajoutait : « Nous devons démontrer que nous sommes prêts pour 2015, en faisant de ces élections régionales et municipales un succès républicain et populaire ». Raté.

Le site du RDR fait état, en lieu et place de sa victoire, « des violences post-électorales » dans plusieurs villes du pays, précisant que « l’armée quadrille la ville d’Abidjan ». Ces élections n’auront pas été «un succès républicain et populaire ». Ce qui serait « républicain et populaire» (et salutaire pour le RDR) c’est que Soumahoro aille exprimer ailleurs son incompétence politique. Mais comme me le répétait Balla Keïta: «Si tu es au milieu des crapauds accroupis, ne demande pas une chaise».

Les régionales devaient être l’étape « du rassemblement et de l’unité pour l’édification d’une Côte d’Ivoire paisible, réconciliée et prospère » prédisait Soumahoro. Le FPI boycottait le scrutin ; il ne restait sur la scène politique que le RDR et le PDCI-RDA et des « indépendants » parfois instrumentalisés par Soumahoro. Les deux partis s’étaient rassemblés, au second tour de la présidentielle 2010, pour faire gagner (de justesse) Ouattara. Une crise post-électorale (déjà) particulièrement meurtrière et deux années de pouvoir ont eu raison de cette alliance sans que, pour autant, puisse s’exprimer une opposition viable. Résultat de la « politique de consensus » dénoncée par Thatcher. Qui exprimait une donnée gastronomique : « Nous n’avons pas beaucoup « bouffé » pendant dix ans, nous avons, du même coup, plus d’appétit que d’ordinaire ». Or chacun sait que les « grottos » ivoiriens ne sont pas anorexiques !

Le pari de Ouattara c’est: impasse sur la politique (il déteste son « ambiance délétère ») ; relance de l’économique (ce qu’il pense savoir faire). Du même coup, « les populations voyant leurs conditions de vie améliorées [vont] massivement renouveler leur confiance au président » (pronostic de Soumahoro/maschmallow le 4 avril 2013). Sauf que ça ne marche pas comme cela. Et Toussaint Alain, le communicant du FPI, peut évoquer une « traversée du désert électoral ». « Les Ivoiriens, dit-il, dans leur ensemble, ont manifesté leur désintérêt aux élections locales, Alassane Ouattara a été incapable de rassembler les Ivoiriens ».

On peut ne pas partager l’engagement de Toussaint Alain, on ne peut que partager son diagnostic. « Même sans opposition pro-Gbagbo, qui a décidé de boycotter le scrutin, commente Jeune Afrique sur son site, la Côte d’Ivoire ne peut visiblement pas organiser un scrutin sans que des violences ne se déclenchent […] Ces nombreux incident mettent essentiellement en cause des partisans du RDR du président Alassane Ouattara et du PDCI de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié ».

La presse pro-Gbagbo, bien sûr, s’en donne à cœur joie. Mais quelques jours après que le chef de l’Etat ait décidé de faire l’impasse sur une Assemblée nationale où le RDR est pourtant majoritaire pour gouverner par ordonnances, ce (double) fiasco électoral (échec du RDR + échec gouvernemental) annonce des lendemains difficiles pour Ouattara. Il est temps de se ressaisir et de prendre conscience que la Côte d’Ivoire 2013 n’est pas celle des années «Houphouët». Personne n’a intérêt à ce que le pays renoue avec une crise politique d’ampleur. «On lui reproche de vouloir créer un apartheid, un développement séparé pour quelques privilégiés et un statut de seconde classe pour les masses» disait-on de Thatcher en 1968 qui finira par imposer ses « convictions » plutôt que la négociation. C’est ce qu’on dit de Ouattara en 2013. Il est urgent, en Côte d’Ivoire, de repenser le mode de production politique. Si tant est qu’il y en ait un.

 

Jean-Pierre BEJOT

La Dépêche Diplomatique

 

Source: LEFASO.NET

dimanche, 28 avril 2013

APRES LE DESERT ELECTORAL - ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «LA PRIORITE AUJOURD’HUI, C’EST LA LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS»

 

 

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Quels commentaires pouvez-vous faire sur le «désert électoral» constaté pendant les municipales et régionales du 21 avril 2013?

Ce désert électoral était prévisible. Et le régime actuel doit tirer les conséquences. Nous sommes très heureux. Le mot d’ordre du Fpi a été respecté. On a constaté, partout en Côte d’Ivoire, un «désert électoral  dans tous les centres de vote. C’est un signal fort à la communauté internationale et nationale. En d’autres termes, à tous ceux qui disaient que le Président  Laurent Gbagbo était minoritaire dans ce pays. Les populations ivoiriennes viennent de démontrer que le Président Laurent Gbagbo compte beaucoup pour eux. Il ne peut avoir de réconciliation dans ce pays sans lui et le Fpi. C’est un autre coup dur pour le régime qui se vante pourtant tous les jours, d’être le choix des Ivoiriens depuis le 11 avril 2012. Le dimanche 21 avril 2013, il vient en effet, de subir un cinglant désaveu venant des Ivoiriens. Les élections municipales et régionales qu’il a tenu à organiser envers et contre tout, en balayant du revers de la main les propositions du Fpi, ont été massivement boycottées par l’ensemble des Ivoiriens. La Côte d’Ivoire a préféré s’occuper à autre chose, que de se rendre dans des urnes pour accompagner un régime qui a un gros problème de légitimité. Le régime actuel est vomi par la population ivoirienne.

Pourquoi?

Toutes leurs promesses n’ont jamais été traduites dans les faits. La priorité aujourd’hui, c’est la libération de tous les prisonniers. Et le retour du Président Laurent Gbagbo. Tout thème de campagne qui n’associe pas la libération de ce dernier et des autres prisonniers politiques est voué à l’échec.

Nous pensons que le mot d’ordre de boycott de ces élections du Front populaire ivoirien est à salué. Nous ne pouvons que remercier les Ivoiriens pas seulement pour avoir traduit dans les faits l’appel du Fpi, mais pour avoir entendu les cris de la mère patrie meurtrie depuis le 11 avril 2011. En effet, ce second désert électoral confirme l’illégitimité du régime Ouattara.

Le taux de participation varie selon les sources. La Commission électorale indépendante avance 30%, les chaînes étrangères évoquent 13 à 15 %, le Fpi parle de 12 à 13%...

Nous avons des informateurs au sein de la Commission électorale qui nous disent le contraire. Le taux de 30% avancé est une manière d’arranger le régime actuel. Parce que ce désert est un échec patent d’Alassane Ouattara. Même si on s’en tient à ce chiffre de la Commission, c’est toujours le désert. En d’autres mots, il montre que le pays est gouverné par une minorité. Nous avons des éléments d’appréciation venant de la Commission qui nous indique que le taux de participation réel est de 14,57%. Le régime doit reconnaître sa défaite au lieu de vouloir à tout prix gonfler les chiffres. On ne peut cacher le soleil avec la main. Le mensonge a beau se lever tôt le matin, il est vite rattrapé par la vérité. La Commission électorale et le régime soutiennent que les élections en Côte d’Ivoire n’attirent pas le monde… C’est du mensonge. Les élections locales intéressent tous les citoyens. Parce que les élus sont plus proches d’eux. La population est fatiguée de l’incompétence des gouvernants. Le régime doit reconnaitre sa défaite. Et avoir le profil bas.

Quelles leçons peut-on tirer de ce désert électoral?

Il faut que le régime démissionne. Parce que ce second désert électoral vient démystifier Alassane Ouattara. C’est fini pour lui. La base de la société ivoirienne, dans sa majorité, le  rejette. Ce qui est très grave. Il ne connaît pas bien la population ivoirienne. Qu’il arrête de faire le boucan. Tout le monde se rend compte que le Président Laurent Gbagbo détient la majorité dans ce pays. Donc la question "qui a gagné l’élection présidentielle?" demeure. Il faut que cette question soit élucidée. C’est le nœud de la crise qui secoue notre pays. Tant que l’on n’a pas répondu à cette question, il serait difficile d’aller à la paix.

Après les élections, on constate un regain de violence en Côte d’Ivoire…

Cela ne pouvait être autrement. Le Rdr est devenu un parti de violence. Il s’attaque à son allié d’hier. C’est-à-dire le Pdci. Et pourtant, ils ont accusé le Fpi d’être un parti de violents. Or ce parti n’a pas participé à ces élections. Face à ces violences partout, nous disons que c’est une victoire pour le Président Laurent Gbagbo et le Fpi.

Comment imaginer un seul instant si cette formation politique avait participé à ces élections. On allait les accuser d’être à la base de cette violence. C’est la victoire du Président Gbagbo et du Fpi. Ce serait dommage si cette formation politique avait participé à ces élections. Nous saluons les responsables du Fpi pour avoir eu le nez creux en appelant les Ivoiriens à rester à la maison. La Côte d’Ivoire a besoin d’un changement.

On comprend difficilement que les deux alliés se battent…

Leur alliance est basée sur du faux. C’est une alliance contre nature. Il faut comprendre que cette alliance a été voulue par Jacques Chirac pour combattre le Président Laurent Gbagbo.

Alors que l’ancien Président français ne connaît pas la Côte d’Ivoire. Où est passée la communauté internationale qui était prompte à condamner le régime de Gbagbo? C’est bien fait également pour le Pdci. Cette formation politique doit assumer son accointance avec le Rdr. Il est temps que le plus vieux parti du pays revienne à la raison en répondant à l’appel du président du Fpi, Miaka Ouretto.

Quel message aux Ivoiriens?

Les mots nous manquent pour qualifier ce qui s’est passé dimanche. Nous ne pouvons qu’être heureux. Les Ivoiriens sont formidables. Ils ont démontré une fois de plus qu’ils sont derrière le Président Laurent Gbagbo. Il n’y a vraiment rien en face. Ce n’est que le début de la victoire. Nous invitons les Ivoiriens à rester mobilisés. Ceux qui ont soutenu le régime actuel doivent être petits dans leurs souliers. Félicitations à tous les Ivoiriens qui ont décidé de rester à la maison. Le gouvernement a échoué sur tous les plans. Non seulement les élections ont été émaillées de graves violences opposant les alliés, mais le mot d’ordre de boycott du Fpi est largement suivi dans toute la Côte d’Ivoire. Et c’est Youssouf Bakayoko, le président de la Commission électorale indépendante (Cei) qui est le premier à parler de «désert électoral ». Il ne savait peut-être pas qu’il avait très vite parlé. Face à cet autre échec, le régime doit saisir la perche du dialogue à lui tendue le 19 septembre 2011 par le Front populaire ivoirien. En d’autres termes, il faut donc aller à la table du dialogue pour s’asseoir et discuter franchement pour une sortie heureuse de la crise, pour le bonheur des Ivoiriens.

 

Interview réalisée par Yacouba Gbané.


Source: Le quotidien ivoirien «LG Infos» N° 421 du 24 avril 2013.

samedi, 27 avril 2013

AFFAIRE «BANZIO A TRAITE LE PRESIDENT OUATTARA DE MOSSI», JOEL TOURE, JOURNALISTE ET MILITANT DU RDR, ACCUSE ANNE OULOTO


 

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Anne Ouloto, la mauvaise perdante du RDR veut embraser la région du Cavally


«J’accuse !
Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, Mme la ministre. En 2 semaines de campagne électorale pour les régionales 2013 dans le Cavally, je n’ai pas lu dans la presse, ni vu à la télé et ni même entendu à la radio les propos qu’auraient tenu les candidats Dagobert Banzio et Kah Zion dans la région susmentionnée. Ce n’est que ce vendredi matin en faisant la revue de presse, que je suis tombé sur votre révélation. Vous avez, Mme la ministre, relayé dans la presse (Bleue, verte et orange ) ce que ces candidats du PDCI auraient dit.

Donc c’est à travers vous, par média interposé, que moi, lui ou le citoyen lambda l’a appris. Depuis 7H30, des personnes m’appellent au téléphone, des activistes du Net, m’invitent et m’agressent dans de faux débats sur les réseaux sociaux concernant cette Affaire «Banzio et Kah Zion vont s’expliquer pour offense à Ouattara, qu’ils ont traité de Mossi»… Mme la ministre, même si Banzio et Kah Zion l’ont dit ou pas, nous on était pas au courant. Le problème est que c’est vous maintenant qui l’affirmez. Mme la ministre, vous venez d’ouvrir la boite de pandore. Laissez le nom de Ouattara dans votre affaire d’élection. Ouattara n’a pas besoin de ça.

En plus des allégations de fraudes qui pourrissent l’atmosphère depuis la proclamation des résultats par la CEI, voilà qu’une autre affaire, un autre front vient de s’ouvrir. Ce qui va davantage pourrir le paysage politique déjà très pourri. Je ne suis pas d’accord. Parce que je constate, de plus en plus, que l’horizon s’obscurcit. Un expert annonce une météo politique orageuse, accompagnée de fortes pluies, dans mon pays, d’ici à 2015… Que Dieu nous guide!»


Joel Touré


Source: Le blog de Steve Beko

Du berger à la bergère!

Anne Ouloto :

«Je voudrais, en mon nom personnel et au nom des parents du Cavally, demander pardon au Président de la République pour tous les propos diffamatoires et mensongers proférés à mon encontre par les candidats Dagobert et Denis Kah Zion. Après les avoir fait respectivement Ministre et Président de Conseil d’Administration, je suis triste qu’ils aient, durant cette campagne, offensé le Président Alassane Ouattara en tentant d’instrumentaliser la délicate question du foncier rural à des fins électoralistes. Aussi, voudrais-je lancer un appel au calme et à la sérénité à tous les militants et à toutes les populations qui ont adhéré au Programme de Gouvernement du Président Alassane Ouattara.»

Dagobert Banzio :

«Anne Ouloto est trop petite pour qu’on lui réponde. Ce sont des propos d’illettrés. Nous, nous sommes ses professeurs donc, on ne peut pas lui répondre. Je suis désolé de le dire, elle est illettrée. Ce que je ne vous ai pas dit et ce que Denis Kah Zion ne vous a pas dit, c’est que j’ai été le directeur général adjoint de la caisse de stabilisation. Et la caistab, c’est 2600 milliards que j’ai gérés en trois ans. Et nous avons fait un excédent de 646 milliards de Fcfa. On ne m’a jamais accusé de détournement. Pour vous dire que ce n’est pas une opération d’importation de 240.000 tonnes de riz qui devrait faire 94 milliards Fcfa que j’ai acheté à 70 milliards Fcfa pour la Cote d’Ivoire qui peut me poser un problème.»



In le bi-hebdomadaire satirique ivoirien "L’Eléphant Déchaîné" du mardi 23 avril 2013.

vendredi, 26 avril 2013

AMINATA TRAORE, OUMAR MARIKO, LA FRANCE SARKOLLANDE ET LA FATALITE IMPERIALISTE

 

 

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Les autorités françaises ont refusé un visa à Aminata Dramane Traoré, ancienne ministre malienne de la culture mais surtout animatrice talentueuse de « Forum pour un autre Mali ». Ses livres comme ses autres textes restent des contributions décisives de la déconstruction des idéologies de la fatalité impérialiste que sont devenues chacune des politiques Euro-US en direction de l’Afrique en particulier et de l’ancienne aire du Tiers Monde en général.

L’importance de ses textes, outre leur souffle fanonien, leur puissance poétique – connaissez-vous des textes réellement révolutionnaires qui n’en soient pas enveloppés ? - et leur à-propos historique immediate, appelle tous les militants de la libération nationale, clé de la libération sociale, à les faire connaître comme moment du combat.
 
L’affaire du visa reste une anecdote de la duplicité des états impérialistes. Le refus de visa aura empêché Aminata et Oumar Mariko, le Secrétaire Général du Parti anti-impérialiste SADI, de dire, dans les réunions programmées avec des militants anticolonialistes européens, une autre version de ce qui se passe au Mali et de délivrer une autre analyse. La presse française meanstream, de gauche comme de droite, n’en a soufflé mot. La presse de la gauche de la gauche a publié des tribunes dont le côté moralisateur a surtout servi à enfouir, sous la dénonciation indignée du double standard de la liberté d’expression que tous savaient à géométrie variable, leur exact alignement sur les politiques de la droite  et de la social-démocratie. Soutien à l’agression de l’état libyen, soutien à la subversion des contras en Syrie, soutien à l’intervention militaire française au Mali. Pire les gauches françaises, ont fourni un effort considérable pour habiller les bombes l’OTAN en Libye et les crimes des contras en Syrie, d’oripeaux « démocratiques ».

Pour le Mali, l’attitude des gauches françaises a été particulièrement indécente. En se récriant sur les dangers d’une conquête islamiste du Mali, sur le despotisme de la charia et sur la régression morale et culturelle du fouet public, des lapidations et des amputations, elles ont prolongé dans la « morale et dans l’éthique » une ingérence française au Mali qui dure en sous main depuis des décennies. Et dont Aminata Traoré a montré dans ses textes et à l’envi, son but d’annuler une indépendance que le Mali de Modibo Keïta  avait voulu authentique par son prolongement dans le développement économique et social, dans la volonté de donner aux populations maliennes les moyens d’une autre vie, d’un autre idéal que la domination coloniale ou néocoloniale et les divisions ethniques ou culturelles au détriment du destin national solidaire.

Depuis au moins deux décennies Aminata Traoré et d’autres progressistes maliens se battent pour freiner le démantèlement du secteur public malien qui a donné des chances de promotion et d’amélioration concrète de la vie de toutes les composantes de la population. Démantèlement du secteur public, bradage  des grands ensembles agricoles, industriels ou des services, partage des miettes entre factions arrivées au pouvoir par le coup d’état qui a renversé Modibo Keïta en 1968, résiliation des avancées sociales dans la santé, la scolarité, la culture etc... 

Le Mali était un état pivot dans l’émancipation de l’Afrique, un état clé dans la confrontation avec le néocolonialisme et la Françafrique. La raison en est que l’indépendance du Mali comme celle de la Guinée ont été en grande partie arrachées par des luttes sociales et nationales sévères même si elles n’arrivèrent pas au niveau du génocide perpétré contre les peuples du Cameroun par les officiers français prélevés du corps expéditionnaire en Algérie.

L’indépendance du Mali n’a pas été une indépendance totalement octroyée.
 
Développement ou fatalité néocoloniale ? Voilà la question qu’Aminata Traoré pose aux élites politiques maliennes en traquant inlassablement les masques de ces « idéologies de la fatalité impérialistes. ».

Pourquoi l’hypothèse de la charia au Mali serait-elle une cause suffisante pour la guerre et l’ingérence et sa réalité en Arabie Saoudite et au Qatar, un ciment de l’amitié franco-saoudienne ou franco-qatarie, ou mieux encore, une raison supplémentaire de l’alliance guerrière contre la Libye, contre la Syrie et demain contre l’Iran ou l’Algérie. Pourquoi les amputations et les destructions du patrimoine seraient insupportables à Tombouctou et parfaitement admises dans les pétromonarchies?
 

C’est à l’opinion française de se poser enfin quelques questions sur ses unanimités… dont le silence sur le cas Aminata Traoré interdite de visa pour « divergence d’opinion » et le vote à l’assemblée le 21 avril 2013, sans voix contraire, du prolongement de la mission Serval.  

Alger, le 24 avril 2013

 

Mohamed Bouhamidi


Source: CALAMEO.COM

jeudi, 25 avril 2013

LA BEREZINA DU SUPER PARTI MAJORITAIRE

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Ils clamaient partout qu’ils étaient majoritaires. Tellement majoritaires que pour faire d’eux des peaux de chagrin, Laurent Gbagbo avait planifié leur extermination.  Le  nord qu’ils disent être leur propriété privée avait été bassiné par les manipulations du maître absolu. Le charnier, la chasse aux nordistes, l’escadron de la mort et tutti quanti. Tout cela avait bien rassuré le nord –pris en otage- au point où tous les départements de la région devinrent la chasse gardée du super parti majoritaire. Dans l’une de leur principauté, il avait été question de faire voter des singes et des moutons pour montrer à Laurent Gbagbo, qu’il valait mieux devenir des bêtes que de participer à des élections qui ne répondaient pas à leurs rêves. La majorité s’était exprimée de fort belle manière : la violence.

Nos amis les majoritaires avaient également magnifié leur supériorité par des coups de canon et de petits bruits de calibres 12 de nos bienfaiteurs les dozos. Ils firent ce que font tous les majoritaires qui tirent leur statut du ventre du mensonge. Dans le ventre du mensonge, la logique est fortement inversée. Là bas, les majoritaires s’expriment par les biceps, les armes. Les minoritaires tétanisés se plient comme des chiots qui se mettent la queue entre les pattes.

Et un jour, les majoritaires vinrent au trône, après le travail de leurs ancêtres les gaulois. Mais bien avant qu’ils ne viennent, ils avaient expérimenté leur super majorité par une héroïque révolution orange. Les rues furent envahies aussi bien par eux que par les minoritaires devenus leurs adjuvants.

Ils furent, depuis leur micro Etat, des maîtres absolus du terrain. Depuis leur Etat, ils donnaient des ordres aux fonctionnaires, travailleurs, chômeurs, désœuvrés etc. Chaque couche socio-professionnelle s’exécutait parfaitement. Une fois au pouvoir, ils accaparèrent tout. Les fœtus devinrent des membres de leur majorité, le carré des martyrs devint leur majorité, les votants clonés devinrent leur majorité et vlan, le parlement devint leur affaire comme si nous étions dans une mutuelle de développement du Nord. Le désert électoral du 11 Décembre 2011 fut leur majorité absolue. Les morts et les disparus visitèrent les isoloirs. Ils bourrèrent les urnes. Ils lancèrent de menus coups de biceps. L’allié au cœur meurtrit, versa un océan de larmes. En vain. Alors que tous riaient du faible taux de participation, par une formidable opération du saint esprit, le taux pris l’ascenseur. Le désert électoral devint une steppe avant de finalement se transformer en une forêt ! Il fallait prouver qu’on est majoritaire. Par tous les moyens. Chacun connait les moyens. Mais taisons-nous!

Nos majoritaires voulaient une fois encore expérimenter leur suprématie. A l’occasion, ils refusèrent de dissoudre l’organe chargé des élections, ils rejetèrent brutalement toute idée de reforme. Ils imposèrent leurs vues aux minoritaires et partirent organiser, avec quelques ricanements traitres, .une mascarade électorale. Et vlan, la souricière se referma sur eux. Ils devinrent une peau de chagrin. Ce fut la bérézina. Les majoritaires sont dévoilés. Ils sont exposés. Le gôpô marcha parfaitement. Les esprits d’Eburnie les désignèrent comme des minoritaires achevés. Et les revoilà s’adonnant à leur jeu favori. Ils enflèrent leurs biceps partout où ils furent battus à plate couture. Ils renouèrent avec l’ère des loubards et des calibres 12. L’heure de la chasse à l’homme sur un fond tribal. L’heure des cars bourrés de barbares assoiffés de sang. Les pauvres ! Ils perdirent là où ils croyaient tout plié.

De grosses têtes furent conduites au cimetière des loques politiques. Des circonscriptions qui avaient été braquées et copieusement asséchées jetèrent à leur face : « Nous ne voulons plus de vous ».Très affectés, les bulldozers ne furent pas de trop pour casser les adversaires et brûler les hommes de « Il n’est pas encore minuit ». Pendant qu’ils s’adonnent fièrement à leur art, Laurent Gbagbo est à la Haye. Son parti est dans les chaînes. Ses militants sont dans les geôles ou muselés chez eux. Pourtant, la violence prospère sur le terrain politique. Et oui, ma mère m’a conçu dans la violence. C’est donc dans la violence que se trouve mon salut.

A la vérité, le super parti majoritaire a toujours été minoritaire. Il s’impose par la force du canon, du tripatouillage et de la mascarade. C’est l’arme des faibles. Derrière l’attrayante couleur orange qu’il arbore, se masque une réalité pétrifiante : la bérézina. Une bérézina à tous égards. Les recettes sont indigestes et les méthodes totalement désincarnées. Un véritable décalage entre la réalité du pouvoir et les réalités du bas peuple. Toute sa grandeur est enrobée dans du faux. Lorsque vous levez le drap, vous vous rendez compte qu’il ne s’agit que d’un super parti complexé, versé dans l’art de la manipulation de la masse crétinisée.  La mascarade électorale a définitivement ôté le drap. Plus nous avancerons, vite la minorité se recroquevillera pour offrir au monde un tombeau blanchi bon pour l’oubli. C’est ainsi que lentement, se ferme la page des acteurs politiques jouissant d’une réputation surfaite.


Alain Bouikalo, Juriste

LA FRANCE, SA VOLONTE AFFICHEE DE VERTU ET L’INHUMAMISME QU’ELLE VEUT NOUS IMPOSER

 

côte d'ivoire,la france,sa volonte affichee de vertu et l’inhumamisme qu’elle veut nous,pour le collectif des victimes de duekoue (carrefour et nahibly),emmanuel caleb

 

Dans les milieux politiques français, il y a quelques jours, c’était le branle-bas, avec l’affaire CAHUZAC: la révélation sur un compte à l’étranger de monsieur le ministre CAHUZAC, toute sa batterie de mensonges éhontés qui a couvert cette information, les preuves indiscutables apportées par les enquêteurs, tout cela a suffi pour ébranler la classe politique et la société françaises, simplement parce qu’un homme politique (monsieur CAHUZAC) a menti tout en se rendant coupable de détention de compte bancaire à l’étranger, un acte proscrit par la loi de son pays.

Coupable donc d’avoir enfreint la loi de son pays, monsieur CAHUZAC, personnalité politique française de haut rang vient d’être  chassé  des fonctions politiques qu’il occupait. Politiques et citoyens français, ensemble, se disent indignés, choqués et même déçus de ce scandale qui n’est rien d’autre qu’une escroquerie morale et un cas typique de banditisme à col blanc. C’est ce que disent dans leur grande majorité, les français interrogés sur l’affaire CAHUZAC. S’il est bien vrai que cette autre affaire est française et qu’elle ne doit intéresser que les français d’abord, il n’est pas inutile pour nous africains qui avons partie liée avec cette même France et qui luttons pour notre liberté, de « capitaliser » cette affaire de malhonnêteté de la part d’un gouvernant français et d’en montrer, dans le fond comme dans la forme, les atermoiements et les vices qu’étalent à la face du monde, le président français HOLLANDE, celui-là qui répétait avant son élection : « le changement, c’est maintenant ! ». Quel changement ?

Le chien peut-il changer sa façon de s’asseoir, à moins de ne plus être un chien ? Cette question « quel changement ? » que nous posons est, en fait, au- delà même d’une question, une dénonciation de la méchanceté  des gouvernants français, de quelque bord politique qu’ils soient, vis-à-vis des africains que nous sommes. Pourquoi ?

-1° : l’affaire CAHUZAC secoue toute la France en ce moment et tout ce pays entre en transe, on ouvre un bal public à la moralisation, on rappelle à tue-tête que c’est la probité qui fait le bon gouvernant, à bas les escrocs, les mafieux et leurs réseaux quand dans le même temps, des opérations de communication sont plantées ici et là pour soutenir moralement ( ?) le ministre fraudeur, l’escroc qui doit en principe se retrouver devant les juges pour donner une suite judiciaire à son délit. La vérité est là, implacable, quand les plus hautes autorités françaises freinent des quatre fers et font dans une compassion synonyme de diversion. Un dilatoire plus qu’intentionnel, dans la mesure où ces gouvernants français prient et souhaitent qu’ « un CAHUZAC et un seul, ça suffit ! ». Une façon de dire, qu’adviendrait-il alors du gouvernement français, si un ou plusieurs autres cas CAHUZAC venaient encore à frapper ce gouvernement ? Or, avec tout ce qu’il a été donné de voir comme péripéties dans ce feuilleton CAHUZAC, il est bien clair que ce n’est pas parce que l’on est un gouvernant qu’on est forcément auréolé de vertu : d’ailleurs, combien sont-ils encore, ces dirigeants politiques français, tapis dans l’ombre et le silence imposé des réseaux, qui sont aussi des CAHUZAC potentiels?


-2° : CAHUZAC par-ci, CAHUZAC par-là, l’homme a commis l’irréparable, l’impardonnable et il doit payer. La sanction première qui lui tombe sur la tête est d’abord le fait que du coup, il devient infréquentable. Monsieur CAHUZAC naguère ministre et député est relégué au rang d’indésirable ou de paria, comme Christian NUCCI, il y a trente ans ou BEREGOVOY, il y en a vingt et un et STRAUSS-KAHN, il n’y a pas longtemps. Dans l’univers politique français et aux yeux de la société française, ce serait un crime de s’afficher désormais en  public avec des gens – comme CAHUZAC -  qui se sont rendus coupables d’entorses à la loi ou aux mœurs de leur pays. Et c’est à niveau que nous voulons exprimer avec énergie et fermeté notre indignation d’africains : comment peut-on prétendre vouloir respecter les lois de son pays (la France), en condamnant au rang de parias des compatriotes coupables de délits moraux et financiers (pour si peu, est-on tenté de dire) et ne point éprouver la moindre gêne en recevant en grandes pompes au sein des institutions françaises des tyrans, des dictateurs et des rebelles africains dont certains ont égorgé leurs compatriotes et bu leur sang, comme cela s’est passé en Côte d’Ivoire, dix années durant ? Qui, de monsieur CAHUZAC, qui cache de l’argent dans un compte à l’étranger et du dirigeant politique français, chantre des droits de l’homme et qui s’accommode d’entrevues ou d’échanges complices et plus qu’intéressés  avec un auteur de crimes contre l’humanité, est un cas judiciaire sérieux et mérite exclusion et condamnation de la part de l’opinion publique et de la justice françaises ? Ou bien alors, au nom du racisme qui catégorise les humains que nous sommes, la classe politique et l’opinion françaises ne font que confirmer que puisqu’il faut bien que les « bien-pensants » qu’ils sont, eux, vivent, il faut nécessairement et cela n’est rien de grave, que nous africains, nous mourrions gratuitement ou bêtement pour que leur survie de « civilisés » soit assurée?

-3° : monsieur  CAHUZAC a menti ou a trompé après avoir triché, il doit partir, voire s’effacer car il a manqué de vertu ? Mais de quelle vertu peuvent se prévaloir tous ceux qui, pour du pétrole, de l’or ou du diamant se servent du fallacieux prétexte des droits de l’homme pour massacrer et faire massacrer d’innocentes populations africaines ? Elle n’a pas tort, en fait, la personnalité française qui a dit qu’ «un pays n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts». Avec ce que nous vivons aujourd’hui comme rebellions et actes terroristes, parfois en direct via les médias, autant reformuler la citation précédente par «un pays n’a pas d’amis, encore moins de vertu car il n’a que des intérêts, rien que des intérêts»! Depuis plus d’une dizaine d’années, ce sont des milliers de vies humaines qui sont exterminées en Côte d’Ivoire et cela n’a pas d’importance, aux yeux des français, par rapport à l’affaire CAHUZAC et alors tant mieux pour les intérêts de la France. Messieurs OUATTARA et SORO, figures locales du terrorisme français en Côte d’Ivoire depuis les pouvoirs CHIRAC et SARKOZY, peuvent s’afficher publiquement aux côtés des dirigeants français actuels, c’est toujours tant mieux, pour les intérêts de la France. La vertu? Elle est tout simplement mise en berne. Des français innocents peuvent mourir gratuitement d’assassinats ou à petit feu dans les geôles ivoiriennes, tant pis, si cela sert les intérêts français. Dans la même veine, la justice française « protège » en ce moment Michèle ALLIOT-MARIE, cette ministre de CHIRAC: en 2004, ils ont gratuitement fait massacrer (bombardements et fusillades) des ivoiriens aux mains nues, suite à un bombardement à ce jour non élucidé d’une base militaire à Bouaké, en zone rebelle. Une autre affaire sur laquelle le pouvoir et la justice de France font tout pour ne jamais faire aboutir les enquêtes. Comment peut-on alors valablement qualifier ce jeu double qui caractérise foncièrement les dirigeants français depuis toujours ? Ce jeu du dire et se dédire, de la vérité et du mensonge, de la résolution de bonne foi et de la compromission dans le même temps, n’est-ce pas là ruser avec ses propres principes et ses propres lois?

-4° : le rôle nocif et permanent des communicants et des médias français : l’ardeur et la solennité dont une certaine presse française a fait montre au cours de cette honteuse et dégradante affaire CAHUZAC sont simplement révélatrices d’un fait majeur : « CAHUZAC est fautif ou coupable d’un délit, certes, mais aidons-le à tenir bon ; nous devons lui être solidaires. Protégeons-le » a semblé dire cette presse de la compassion. On est alors tenté de se demander combien de délinquants, dans les prisons de France, reçoivent cette presse qui se veut spécialiste de psychologie quand en même en temps, cette presse s’évertue à arrondir les angles pour un ministre fraudeur qui n’est rien d’autre désormais qu’un justiciable ! Et ça, c’est en attendant que la rigueur de MEDIAPART débusque encore d’autres cadres malhonnêtes qui plastronnent au sommet de l’Etat français. Ce rôle nocif de la grande majorité de la presse française, il faut le répéter ici, a été et continue d’être à la base des malheurs des populations africaines visitées par des rébellions sanguinaires. Ainsi, sachant que leur propre rouleau compresseur (la déportation de GBAGBO à La Haye par la France) va bientôt se retourner contre eux, c’est malgré eux qu’ils s’évertuent à donner dans le dilatoire ou dans une diversion infantile. Par exemple, Maureen GRISOT, pour ne citer qu’elle, dans un récent numéro de « Libération » tire à boulets rouges sur le régime tyrannique et génocidaire de OUATTARA mais en même temps le défend en se permettant de perpétuer le mensonge communicationnel  suivant : « la crise postélectorale ivoirienne est survenue par la faute de Laurent GBAGBO qui a refusé de reconnaître sa défaite ». Oh, quelle infamie ! Mais qui donc s’est permis, chez nous ici en Côte d’Ivoire, de proclamer ces résultats en lieu et place du Conseil Constitutionnel ? La communauté internationale ? De quel droit ou pourquoi ? Cet exercice de vérité, Maureen GRISOT et bien de ses collègues français l’évitent, comme la Cour Pénale Internationale s’interdit de contribuer à la manifestation de la vérité sur le même sujet en procédant au recomptage pur et simple des voix. Et pendant ce temps, des vies humaines sont injustement fauchées, chaque mois, par dizaines dans notre pays, qu’importe, d’autant plus qu’il y vingt- trois ans, CHIRAC avait décrété que « la démocratie est un luxe pour les africains » ! Le rôle pernicieux, méchant et grandement destructeur des médias français a contribué en grande partie aux malheurs des africains en général et des ivoiriens en particulier : tous les schémas mensongers  qu’ils  ont servi à l’opinion pour faire tomber GBAGBO continuent de se reproduire sous la gouvernance du président reconnu par leur communauté internationale, c’est-à-dire OUATTARA, en termes de tyrannie, de violations massives des droits de l’homme et de crimes contre l’humanité. Ces journalistes français savent mais ils ne hurlent plus. Que dire alors des dernières élections locales en Côte d’Ivoire sinon qu’elles sont la confirmation de ce que ce n’est jamais le vainqueur d’une élection qui sème des troubles et s’adonne à des massacres ? S’il est vrai que les ambassadeurs de la France et des Etats-Unis sont absents cette fois-ci de la scène électorale ivoirienne en plus de GBAGBO et ses partisans, à qui profitent toutes les violences postélectorales actuelles, quand on sait que le procureur de la C.P.I. en veut à GBAGBO « d’avoir préparé un plan pour rester au pouvoir » ? Autant de détails importants n’intéressent plus les loups enragés de la presse française. Surtout qu’il est de plus en plus clair qu’ils sont encore nombreux, ces journalistes français qui croyant être nés avant la honte, continuent avec une monstrueuse indifférence de débiter des désinformations sur le calvaire du peuple ivoirien. Un jour, peut-être, ces journalistes français qui ont contribué à nous faire massacrer nous expliqueront la nature du mérite qu’il y a à être, comme eux, des caniveaux de la morale humaine.

Pourquoi et pendant combien de temps encore vont durer et sévir tant de mépris, de mensonges et de méchanceté gouvernés par l’esprit de convoitise de tous ces  dirigeants français et leurs médias manipulateurs qui se succèdent au pouvoir dans leur pays ? Le peuple français lui-même, désinformé, berné et méprisé par ses propres dirigeants, ne se réveillera peut-être que dans un autre monde et dans une vie ultérieure quand, malgré les massacres et les pillages à répétitions de ses gouvernants, le vent de la récession économique qui vient, aura balayé une « civilisation » aux intentions et aux pratiques abjectes. Des pratiques abjectes parce que hautement criminelles et exterminatrices de peuples de la terre qui ne demandent qu’à vivre leur liberté dans la vraie paix. Pour s’en convaincre, il suffit de nous rappeler ce qu’a dit Aimé CESAIRE : « une civilisation qui ruse avec ses propres principes est une civilisation moribonde ». C’est dans un pareil tableau d’immoralité manifeste, qu’il se trouve encore parmi les ivoiriens et les africains qui crient « liberté ! »,  des  naïfs qui espèrent recevoir des mains de monsieur HOLLANDE, le «saint  graal »  de leur libération, comme si cela s’octroyait!

 

Pour le collectif des victimes de DUEKOUE (Carrefour et Nahibly),

Emmanuel Caleb.

mercredi, 24 avril 2013

DESERT ELECTORAL, FRAUDES ET VIOLENCES: LE RDR, UN PARTI MINORITAIRE ET DANGEREUX

 

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Violences postéléctorales à Koumassi


Le monde entier sait désormais qui sème la violence et le crime pendant les joutes électorales en Côte d'Ivoire et qui est abonné à la violence politique, à la fraude et au désordre, de tout temps. Merci, SEIGNEUR! Fernand Dindé.

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CI - Yopougon: «Nous avons les preuves de notre victoire et elle nous sera rétrocédée»

 

Chers Tous, nous voici face à l’ultime étape avant notre victoire finale. Ce soir, au vu de toutes les informations que nous avons collectées, j’accuse la CEI 4 présidée par M. COULIBALY Yaya de complicité dans la forfaiture manigancée par nos adversaires. Dans leur précipitation pour annoncer leur pseudo victoire, M. COULIBALY Yaya et ses complices ont laissé derrière eux les traces indélébiles de leur défaite. A travers le parti pris flagrant de M. COULIBALY YAYA, la CEI , supposée être l’arbitre est devenue partisan du camp adverse. A Sogefiha NIANGON, nos adversaires ont signé sous la contrainte des PV avant l’heure. Le magistrat de la CEI Centrale, M. COULIBALY Kuibert a dû déchirer certains PV tronqués dans ce lieu de vote.

Toutefois je vous appelle au calme, car quand on a gagné comme nous, on ne doit pas céder aux sirènes de la violence. Nous combattrons avec les moyens légaux mis à notre disposition par la loi pour récupérer notre victoire. La Cote-d’Ivoire est un État de droit dirigé par un homme soucieux du respect du droit qui a en horreur les voleurs et les fainéants. C’est pourquoi, je puis vous dire, chers amis, que le Président ADO ne saurait être mêlé de près comme de loin à cette forfaiture qui se passe à Yopougon comme certains voudraient le faire croire. Populations de Yopougon, retenez que nous ne céderons ni aux menaces, ni aux intimidations.

Le président BEDIÉ , en déléguant ce jour auprès de nous le SG Adjoint Chargé des Elections, tient à nous confirmer son soutien dans cette ultime bataille. C’est pourquoi nous ne reculerons pas. M. COULIBALY Yaya, en tronquant les résultats de la CEI 4 pour faire de l’homme dont il le Chargé de mission le vainqueur, a fait montre de cynisme et de brigandage électoral. Et nous ne saurions accepter cette forfaiture. Nous avons les Preuves de notre victoire et elle nous sera rétrocédée. Demeurons mobilisés. Merci pour votre soutien constant.


Doukouré Moustapha

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CI : Affrontements et accusations de fraude à Yopougon, Adjamé, Treichville et Koumassi: Ça chauffe entre le Pdci et le Rdr

 

Le pire est à craindre entre le Pdci et le Rdr. L’issue des municipales ne donne pas de lisibilité et la confusion règne dans plusieurs communes d’Abidjan. Entre les alliés houphouétistes, en l’occurrence le Rdr et le Pdci, l’alliance a atteint ses limites devant les enjeux. L’heure est à l’affrontement. Même entre des candidats issus du même parti comme à Adjamé où le maire sortant, Youssouf Sylla, a affronté son camarade du Rdr Farikou, candidat indépendant. Entre les deux camps, la guerre est imminente. La violence étant l’arme privilégiée du Rdr, les deux candidats pensent peut-être que le plus violent sera déclaré maire d’Adjamé.

En tout cas, hier, les commerces ont baissé pavillon dans cette commune. Sur le boulevard Nangui Abrogoua, poumon du commerce dans cette commune, tous les magasins ont fermé. La mairie était sous haute surveillance pour éviter que des manifestants jettent leur dévolu sur le bâtiment. «Ici, il y avait un affrontement depuis le matin à cause du vote», nous apprend un vendeur ambulant interrogé sur le boulevard Nangui Abrogoua. Juste après la mairie d’Adjamé, une horde de jeunes vêtus de t-shirt du candidat Farikou était très agitée. A les voir, on imagine leur fou désir de faire la guerre.

A Koumassi, la tension était aussi très vive entre le candidat du Rdr, Cissé Bacongo, et son allié-adversaire du Pdci, Raymond N’Dohi Yapi. Le premier, Cissé Bacongo, qui serait perdant, selon les informations véhiculées çà et là, n’entend pas accepter sa défaite. Les jeunes qui le soutiennent bandent leurs muscles pour aller au front au cas où Bacongo était effectivement déclaré perdant. A côté de la Place Inch Allah où se trouve un des Qg de Bacongo, on aperçoit un attroupement de jeunes. Dans certaines rues de la commune, des pneus ont été brûlés et les débris dégageaient encore la fumée à notre passage. Il n’y a pas que les pneus brûlés dans les rues. Les poubelles ont été également mêlées au combat des deux alliés du Rhdp. Les ordures ont été déversées en pleine rue par des mécontents. Plongeant ainsi Koumassi dans un état d’insalubrité.

Un tour devant la mairie a permis de constater un dispositif de policiers, gendarmes et Frci. Ces forces protègent la mairie en dressant des barricades qui empêchent le passage de véhicules. Les magasins sont également fermés comme à Adjamé.

Le candidat du Pdci, le maire sortant Raymond N’Dohi Yapi, n’est pas lui aussi prêt à se laisser faire. Il pense être le gagnant du scrutin de dimanche dernier. La commune de Koumassi aura-t-elle deux mairies ? Qui de N’Dohi et de Bacongo a gagné? Chacun s’attribue la victoire et les supporters des deux candidats sont déterminés à en découdre.

Yopougon n’est pas en reste. Personne ne peut encore dire exactement qui est le vainqueur du scrutin. Au Qg du candidat du Pdci, Doukouré Moustapha, à Bel Air, il n’y a personne pour donner des explications sur ce qui prévaut dans la commune. A l’hôtel qui abrite le Qg du candidat Yao Yao Bertin, on nous fait savoir que son staff a quitté les lieux pour le moment. Mais, le collège William Ponty connaissait une ambiance particulière. L’entrée de l’établissement est sous surveillance de policiers et, en face d’eux, sont amassés des jeunes qui ont travaillé pour la Cei. Ces derniers attendent leurs primes. Ils menacent de se faire entendre par tous les moyens si la Cei ne leur verse pas leurs primes.

Ces jeunes expliquent que les policiers surveillent le collège parce qu’à l’intérieur, la Cei est en train de délibérer pour dire qui a gagné. Mais, déjà, dimanche soir, des informations faisaient état de la victoire de Doukouré Moustapha devant le candidat du Rdr Gilbert Koné Kafana. Cette information relative à la victoire de Doukouré n’était pas confirmée hier lundi. On ne connaît donc pas le vainqueur. Qui de Kafana Koné, l’enfant de Kagbolodougou à Sinématiali, de Yao Yao Bertin, et de Doukouré Moustapha l’emporte ? Dans tous les cas, entre le Pdci et le Rdr, tous du Rhdp, l’alliance est en train de tourner à la guerre sans merci. Les jours à venir nous situeront.


Benjamin Koré benjaminkore@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie"

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Koumassi, Adjamé, Dabou: Des populations protestent dans les rues

 
Des policiers dispersent des partisans de Cisse Bacongo, l'un des candidats aux élections municipales de Koumassi, en Côte d'Ivoire, le 22 avril 2013

L’ambiance était électrique hier à Koumassi, Adjamé, Yopougon, Treichville et dans certaines villes de l’intérieur, notamment à Dabou.

En attendant la proclamation officielle des résultats par la CEI, plusieurs jeunes qui seraient proches du candidat Cissé Ibrahima avaient pris d’assaut les principales artères de la commune de Koumassi. Ces derniers ont déversé des ordures ménagères, ont brûlé des pneus pour obstruer le boulevard du 7 décembre, la ligne 32 et la ligne 11. Paniqués, plusieurs boutiques ont baissé rideau. Les forces de l’ordre sont vite intervenues pour rétablir l’ordre.

La circulation a été rétablie et certaines boutiques ont rouvert autour de 13h. La veille déjà, les électeurs proches du candidat François Amichia avaient fait une descente au siège local de la CEI pour s’en prendre au personnel. En effet, après quelques heures d’éphorie, ces derniers se sont rendu compte que la victoire leur échappait au profit de leur adversaire du RDR, Cissé Ibrahim. Dans leur colère, nos sources indiquent qu’ils ont fait mouvement vers l’un du siège du RDR à l’Avenue 16 où ils ont fait deux blessés, qui ont été conduits dans un centre de santé pour y subir des soins. Le premier a reçu quatre points de suture quand le second souffrait d’un traumatisme crânien. Les deux hommes sont hors de danger et sont sortis de la Clinique Nanan Yamoussou où ils avaient été internés. Le calme est revenu peu après.

La violence a également atteint la commune de Marcory, obligeant les membres de la CEI locale a démissionner en bloc. Ces derniers dénoncent des menacent de mort provenant des hommes du candidat Aby Raoul. La commune d’Adjamé qui habituellement grouille de monde était plutôt silencieuse. La quasi-totalité des magasins du boulevard Naghui Abrogoua ayant baissé pavillon. Des partisans du candidat Farikou Soumahoro ont fait une descente sur la mairie pour dénoncer des irrégularités dont ils seraient victimes. Au QG du candidat, situé à quelques encablures de la mairie, on pouvait observer un attroupement des hommes de Farikou, la mine plutôt grave. L’ambiance est au contraire à la fête au siège du RDR à Yopougon.

Le visiteur des lieux est accueilli par des chants et danses. Par dizaine, les militants du RDR affluent en ces lieux. Selon eux, ils sont là pour fêter la victoire de leur candidat, Kafana Koné. Lequel est d’ailleurs accueilli dans une liesse populaire à son arrivée sur les lieux. Dans la salle de centralisation des résultats, on s’atèle à consolider les derniers résultats. « Notre victoire est certaine. Je voudrais féliciter tous nos militants mais en même temps me réjouir de ce que le RDR demeure la première force politique en Côte d’Ivoire», se réjouit-t-il.

En fin de soirée, la victoire du candidat du RDR a été confirmée par la CEI. Dans la matinée, les partisans de Doukouré Moustapha s’étaient regroupés au collège William Ponty pour créer le désordre dans la commune. Là également, la police est intervenue pour disperser les semeurs de trouble. A 50 km d’Abidjan, la commune de Dabou a connu aussi des heures chaudes. Et pour cause, les partisans de la candidate Digbeu Marie Josepha, épouse Djobo étaient dans la rue. « Ils nous ont volés notre victoire », scandaient-ils. Ils dénoncent des PV mal remplis, des votes de personnes décédés, des bulletins sans sticker. Malgré la victoire prononcée de leur principal adversaire, Soukou Mohamed, ces derniers attendent introduire des recours à la CEI pour dénoncer toutes ces irrégularités. Finalement malgré ces échauffourées, Koumassi, Treichville, Marcory, Yopougon et Adjamé la vie a repris petit à petit son cours normal.


Source: Le quotidien ivoirien pro-Ouattara "Le Patriote"

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Côte d'Ivoire - Fraude électorale: Le RDR pris la main dans le sac



Des Commissaires Cei arrêtés

La mascarade électorale du 21 avril 2013 s’est déroulée dans la plus grande indifférence des populations ivoiriennes. Les Ivoiriens, dans leur grande majorité, ont boudé le scrutin, conformément au mot d’ordre de boycott lancé par le Front populaire ivoirien qui démontre une fois encore sa place prépondérante sur l’échiquier
politique national.

Le Rdr n’a pas changé ses habitudes... de fraude. Certains Commissaires et superviseurs CEI ont été pris la main dans le sac. Notamment à Guiglo, où le président de la Cei pour la région du Cavally, Amidou Bamba, a été pris en flagrant délit avec 6000 cartes nationales d’identité et de nombreux bulletins de vote déjà marqués en faveur de la candidate RDR aux régionales, Anne Ouloto, et du candidat RDR aux municipales de Guiglo, Lucien Boguinard.

Selon la même source, un forte somme d’argent a été également retrouvé sur lui. Ce sont les soldats de l’Onuci qui l’ont remis aux mains de la gendarmerie. Même scène à Yamoussoukro, où le commissaire superviseur de la Cei, Miézan Adelph Sylvère, a été pris avec en sa possession 40 CNI, 40 cartes d’électeurs, 35 récépissés de cartes nationales d’identité et plusieurs photocopies d’extraits d’actes de naissance. C’est un représentant d’un candidat qui l’a dénoncé à la Cei et à la police.

Interrogé par le président local de la Cei, l’infortuné n’a pas eu du mal à avouer les faits et a affirmé détenir tous ces documents depuis la période où les pièces étaient distribuées aux électeurs. Il est détenu dans les locaux de la Préfecture de police de Yamoussoukro. Des attitudes qui rappellent étrangement les actes posés par certains «affidés» lors des élections présidentielles de 2010, où une même personne avait pu voter autant de fois qu’elle voulait, notamment dans les zones sous contrôle des ex-rebelles.

Vives tensions à Ferké, Man et Koumassi

La fin du vote et les dépouillements dans la soirée ont créé de vives tensions hier dans plusieurs circonscriptions électorales. Notamment à Ferkessédougou, le fief de Guillaume Soro, où le candidat indépendant, Ouattara Alain, était en tête dans les dépouillements. Ce qui a suscité la réaction de colère de militants du Rdr qui s’en sont donné à une course-poursuite dans les rues de la ville. Ils en avaient après les partisans du candidat indépendant, Ouattara Alain, qui a maintenu sa candidature malgré les fortes pressions reçues, notamment de Guillaume Soro et Ibrahim Ouattara, dit Photocopie, le frère cadet d’Alassane Ouattara.C’était donc un affront intolérable pour les militants du Rdr. Des scènes de cafouillages ont été constatées dans certains quartiers.

A Man, de vives tensions étaient perceptibles à la fin du vote. Avec des échauffourées enregistrées à certains endroits de la ville, selon des témoins. Le véhicule d’un candidat aux municipales de Man a été incendié, en début de soirée. A Abidjan, c’est dans la commune de Koumassi que la tension est montée d’un cran, avec des tirs entendus dans les environs de la Sodeci sur le boulevard Valery Giscard d’Estaing.

Des partisans de Cissé Bacongo, le candidat Rdr, ont pris d’assaut la place Inch’Allah autoproclamant leur candidat vainqueur de l’élection à Koumassi, quand dans le camp de N’Dohi, le maire sortant et candidat du Pdci, l’heure était également à la fête. «Chacun se proclame déjà vainqueur ici, donc on préfère se terrer chez nous pour éviter autre chose», a déclaré un riverain de Koumassi.

 

Gérard Koné, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

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Abidjan, Toumodi, Bouaké, Séguéla et Ferkessédougou: Les partisans de Ouattara se livrent à la violence


Les partisans d’Alassane Dramane Ouattara ont repris leur jeu favori. La violence sur tout le territoire national où leurs candidats ont perdu les élections municipales et régionales. A Abidjan, capitale économique ivoirienne, Koumassi et Treichville sont en feu. Les militants du Rassemblement des républicains d’Alassane Dramane Ouattara s’en donnent à cœur joie. Avec une violence inouïe, ils saccagent tout sur leur passage.

Commissions électorales locales, bureaux de vote, adversaires politiques, les petits commerces. Ils n’épargnent même pas les badauds attirés par les casses. Ils veulent coûte que coûte broyer du Pdci-Rda qui leur a ravi les postes tant convoités de conseillers municipaux. Tout y passe. L’intérieur du pays n’échappe pas à la vendetta des partisans du chouchou des Occidentaux, Alassane Dramane Ouattara. A Toumodi, dans la région du Bélier, ses hommes attaquent les militants du Pdci-Rda qu’ils soupçonnent déjà, avant la proclamation officielle des résultats, de vouloir leur enlever le pain de la bouche en remportant les élections locales. Malgré la présence de nombreux militaires à Toumodi, la tension était toujours vive au moment où nous mettions sous presse.

Des sources concordantes, un couvre-feu est annoncé pour tenter de calmer les ardeurs des militants Rdr. A Bouaké, au cœur de la Côte d’Ivoire, des sources indiquent que les partisans du maire sortant Ibrahima Fanny sont à la poursuite des militants Pdci-Rda partout dans la ville. Dans le nord considéré comme leur bastion naturel, les partisans d’Alassane Dramane Ouattara n’admettent pas les victoires des candidats indépendants. Ainsi, à Séguéla où les dés sont définitivement jetés pour Amadou Soumahoro, c’est la chasse aux partisans du candidat indépendant qui a eu la témérité de battre, à plate couture, le secrétaire général par intérim du Rdr.

A M’Bengué et à Ferkessédougou, ville natale du président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, il ne fait pas, en ce moment, bon d’être d’un parti autre que le Rdr. Ne supportant pas leur défaite qu’ils considèrent comme un déshonneur, les militants pro-Ouattara s’attaquent aux partisans des autres candidats. A Guiglo, dans l’ouest du pays, c’est la ministre Anne Ouloto qui conteste les résultats avec ses partisans du Rdr, qui exigent de la Commission électorale locale le recomptage des voix. Elle ne comprend pas qu’un parti au pouvoir perde aussi facilement devant le Pdci-Rda.

Des sources concordantes annoncent une tension vive dans toute la ville. Chacun se terre chez lui pour éviter le pire.

La capitale politique ivoirienne a aussi connu des manifestations hier. Mais, à la différence des autres villes, la circulation a été longuement perturbée par les partisans du candidat François Konian à Yamoussoukro où ils ont brûlé des pneus sur les artères principales du district. Ses supporteurs reprochent au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) de leur avoir volé leur victoire aux municipales. La liste Rhdp était conduite par le maire sortant Kouacou Gnrangbé.

Ainsi, la Côte d’Ivoire replonge-t-elle dans la violence avec le Rdr. Et le Pdci-Rda, son allié dans le Rhdp, qui en est fait actuellement le frais, ne dira pas que le Front populaire ivoirien (Fpi) ne l’avait pas averti de son alliance avec le Rdr. «Un homme averti en vaut deux», dit l’adage. Mais les hommes du président Henri Konan Bédié ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes. Eux qui ont refusé d’entendre raison en allant à la soupe avec le parti présidentiel.
 
Robert Krassault ciurbaine@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie"

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Jeu démocratique biaisé. Violences électorales en Côte d'Ivoire


 
A peine la fin du vote que déjà des contestations du scrutin dans plusieurs localités sont enregistrées. Certains candidats sont accusés d'avoir usé de fraude, d'intimidations et autres actes de violences pour perturber la proclamation locales des résultats ou influencer les résultats. Une situation qui rappelle étrangement la présidentielle de 2010, avec les mêmes signes.

Bassam: Des recours contre le candidat RHDP

Grand Bassam n'a pas échappé aux velléités de fraudes, d'irrégularités et autres anomalies. A en croire les manifestations qui ont eu lieu hier lundi 22 avril 2013 devant les locaux de la Cei locale. Pour ces manifestants, partisans du candidat indépendant, Ollo Germain, les irrégularités constatées sont de nature à compromettre la sincérité du scrutin et des résultats. Il s'agit entre autres des procès verbaux mal renseignés. De plus, 3/4 des urnes provenant des 103 bureaux de vote qui sont arrivées non scellées malgré la présence de procès verbaux les déclarants scellés.

Toujours selon les griefs enregistrés, des signatures des représentants des candidats variaient d'un procès verbal à un autre. Aussi, étaient-ils remplis avec des écritures différents et des stylos de couleurs différentes. Toutes ces irrégularités ont été notifiées sur le procès verbal de recensement général des votes et validées par les différents membres de la CEI locales. Conséquence, les candidats indépendants Ollo Germain et Tall Yacouba ont décidé de saisir la Chambre administrative de la Cour suprême, contre le candidat RHDP, Ezalé Philippe.

Treichville: Pdci et Rdr se proclament chacun vainqueur

Alors que les tendances donnaient le candidat du Pdci en tête des dépouillements, la Cei locale de Treichville a été saccagée aux environs de 21h 30 mn par une horde de jeunes, faisant ainsi planer une hypothèque sur la proclamation des résultats de cette commune. Et depuis, dans la matinée d'hier lundi 22 avril 2013, les deux états-majors célébraient chacun à sa manière «sa» victoire.

Mais pour trouver une solution immédiate et efficace à la situation de saccage des locaux de la CEI locale, la CEI a invité, hier lundi 22 avril 2013, les deux états majors du candidat du PDCI, François Albert Amichia, et du candidat Rdr, Cissé Ibrahim, à apporter leurs différents Procès verbaux (PV) des 125 bureaux de vote et des 18 centres d'élection, pour une confrontation avec les PV que la CEI a pu sauvegarder après le passage des vandales.

Le camp de François Amichia s'est aussitôt rendu à la CEI locale sis à l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONAC-VG), accompagné d'un huissier de justice, pour faire authentifier ses PV. « Il faut que le RDR ait le courage de déposer ses PV pour une confrontation. Nous avons gagné. Tout ça est fait pour qu'on reprenne les élections. Ce n'est pas bien. Dieu merci la CEI a pu sauvegarder des PV. C'est dommage qu'il y ait tant de violence pour une élection municipale», a fait savoir Assane Soumahoro, membre du staff du candidat Pdci.

Ferké: le siège de la CEI locale attaqué

Des individus ont attaqué, hier lundi 22 avril 2013, le siège de la commission électorale indépendante locale, empêchant ainsi la proclamation des résultats des élections locales qui se sont déroulées, dimanche, dans la région, a constaté l'AIP. Le siège de la CEI, sis au quartier résidentiel, a fait l'objet d'attaque d'individus, hier lundi, à 14H.

Armés de bidons d'essence et de projectiles, ces jeunes gens, surexcités, ont réussi à faire irruption dans le siège qu'ils ont tenté d'incendier sans succès, empêchés par les forces de l'ordre. Prévue pour être annoncée dimanche soir, la proclamation a été empêchée par ces mêmes individus qui avaient saccagé des urnes dans des bureaux de vote. Remise à hier lundi, en début d'aprèsmidi, elle n'a pu non plus se faire, à cause des mêmes individus, apparemment en "mission commandée", ont indiqué des témoins.

Prikro: des urnes brûlées, des agents CEI molestés

Depuis dimanche soir, les résultats de la municipalité de Prikro n'ont pu être proclamés, suite à des manifestations qui ont conduit, hier lundi dans la mi-journée, à la destruction de quelques urnes et à l'agression de délégués de la Commission électorale indépendante (CEI) locale. Selon la CEI, la proclamation des résultats des élections régionales s'est déroulée dans le calme, cependant celle des municipales n'a pu avoir lieu, parce que des urnes qui avaient été sécurisées ont été incendiées hier lundi, a appris l'AIP auprès de la Cei régionale.

Des urnes volées à Toumodi

Des urnes ont été volées, dimanche soir, pendant leur acheminement à la sous-préfecture au siège de la commission indépendante locale, a-t-on appris sur place. Selon les informations, il ressort que six urnes de l'Ecole primaire d'Abli, une sous-préfecture du département de Toumodi, qui ont été victimes de ces actes de vandalisme. Après la fin des décomptes aux environs de 20H, dans les derniers bureaux de vote, les commissaires de la CEI sont convoyés vers la sous-préfecture quand le véhicule transportant les commissaires est intercepté et vidé de ses urnes dans les rues de Toumodi, explique-t-on. Informé de la situation, les forces de sécurité se sont déployées pour davantage sécuriser les autres urnes.

Koumassi: les partisans de Bacongo tentent d'incendier la mairie

Des partisans du candidat RDR aux municipales de Koumassi, Cissé Ibrahim Bacongo, ont tenté hier lundi 22 avril 2013, d'incendier les locaux de la Mairie de la commune. C'est l'impressionnant dispositif sécuritaire déployé aux alentours de la Mairie qui a finalement dissuadé les partisans du candidat Rdr. Pendant ce temps d'autres manifestants avaient érigé des barrages dans certains quartiers, en incendiant des pneus sur les voies. Notamment sur les lignes 32 et 13.La plupart des commerces avaient fermé pour éviter la visite de pilleurs et autres vandales.

Course-poursuite dans les rues de Yamoussoukro

Des participants du candidat indépendant, François Konian, venu en seconde position pour les municipales locales, ont décidé de se faire entendre bruyamment devant la CEI locale de Yamoussoukro, hier lundi 22 avril 2013, où se proclamaient les résultats officiels, avant de prendre la grande artère érigeant des barricades et incendiant des pneumatiques usés sur la voie publique où ils prenaient de déposer des tas d'immondices.

Ces manifestants ont opposé une résistance à la police qui a dû user de gaz lacrymogènes, les pourchassant dans les rues, avant de les disperser aux environs de 13H. Selon le porte-parole des partisans de M. Konian, il y aurait eu « beaucoup de fraudes » au détriment de leur « champion».

Violences électorales. Pourquoi 2015 fait déjà peur!

Un parti au pouvoir dont les loubards impunis persévèrent dans la violence. Une Commission électorale discréditée et partisane. Une communauté internationale complice. Ce cocktail explosif pourrait bien exploser au visage des Ivoiriens lors des prochaines élections générales. Et plonger à nouveau le pays dans les plus grands troubles.

"Un scrutin transparent pour un avenir sombre", écrivait, avec une troublante lucidité, notre regretté devancier Jérôme Diégou Bailly, éditorialiste du Jour des grands jours. Il évoquait les élections municipales de 2001, qui avaient vu la participation des trois grands partis politiques et avaient témoigné - selon son analyse - d'un inquiétant tropisme ethnique décelé dans les choix électoraux, annonciateur d'une fracture nationale à venir.

On pourrait aujourd'hui le paraphraser en écrivant "un scrutin chaotique pour un avenir qui fait peur". En effet, les élections locales qui viennent de s'achever mettent en lumière un certain nombre de phénomènes pour le moins préoccupants.

Premièrement, la culture de la violence et de la fraude, qui fait partie de l'ADN du RDR selon ses détracteurs, est une fois de plus venue perturber ce qui devrait être une "fête démocratique". Urnes cassées, procès-verbaux falsifiés, sièges locaux de la Commission électorale attaqués... Le modus operandi est désormais classique.

Et on ne peut que se poser une question : si pour des "petites élections locales", on déplore des affrontements postélectoraux dans un grand nombre de circonscriptions,qu'en sera-t-il lors de la présidentielle de 2015 ? La Côte d'Ivoire ne replongera- t-elle pas dans la guerre ? Et si ce n'était pas fini ? L'inconscient collectif rumine ces questions anxiogènes.

Deuxièmement, la Commission électorale dite indépendante est plus que jamais discréditée. Des récriminations considérées hier par certains comme les "jérémiades de Gbagbo le mauvais perdant" apparaissent désormais comme des vérités d'évidence. Prise en otage par les partis politiques du RHDP, notamment par le RDR, l'institution chargée d'organiser le scrutin et d'annoncer les résultats provisoires ne joue pas franc jeu. Et les suspicions qui l'entourent alimentent la défiance nationale et présagent de lendemains inquiétants, si l'institution n'est pas réformée en profondeur, et arrachée des mains de personnes qui sont à la fois juge et partie.

Troisièmement, la lâcheté de la "communauté internationale", qui n'a pas réussi à imposer des réformes électorales minimales au pouvoir lui explose une nouvelle fois au visage. En dépit de l'exclusion de fait d'un FPI marginalisé au sein d'une CEI partisane, de la fraude et des violences, l'ONUCI a "sanctifié" les dernières législatives, qui ont accru les déséquilibres nationaux et renforcé artificiellement la position dominante du chouchou des Occidentaux qui règne sur Abidjan.

Et demain ? Il faut craindre qu'en l'absence de pressions significatives relevant de "l'ordre interne", la prochaine présidentielle ivoirienne ressemble à s'y méprendre au dernier scrutin similaire en République démocratique du Congo. Où la fameuse communauté internationale a assisté, à la fois réprobatrice et complice, au sacre ambigu d'un Joseph Kabila qui avait été porté à bout de bras par le "système" en 2006. A tel point que son adversaire Jean-Pierre Bemba, victorieux à Kinshasa, avait été "transféré" à la Cour pénale internationale de La Haye. Comme pour faire "place nette".

Philippe Brou


Source: Le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

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CI: Au moins 1 mort à Koumassi, échanges de tirs entre pro-Bacongo et policiers

 

C’était prévisible. Après les menaces de Cissé Bacongo de ne pas reconnaitre les résultats qui seront proclamés par la CEI si ceux-ci annonçaient sa défaite, tout le monde savait que Koumassi courait les risques d’être mis sens dessous, sens dessus par les partisans de l’antidémocrate notoire, actuel ministre d’enseignement supérieur.

Toute cette nuit du mardi au mercredi (24 avril 2013, Ndlr), les partisans de Bacongo sont sortis dans les rues, surtout sur la ligne du bus 11 à Koumassi. Cassant tout sur leur passage. La police a abondamment usé de gaz lacrymogènes pour canaliser la meute de désœuvrés pro-Bacongo, payés pour casser et pour nuire à l’ordre public. Allant jusqu’à faire usage d’armes à feu contre les policiers. La riposte ne s’est pas fait attendre. On dénombrait au moins 5 blessés graves par balles parmi les mauvais perdants et un blessé léger dans les rangs de forces de l’ordre. Ces échauffourées ont duré presque toute la nuit. Ce matin, la population craint la reprise de la barbarie.

Les commerces ont timidement ouverts. Les rues à moitié désertes. Il faut rappeler que cette commune avait déjà enregistré un mort en début de semaine, dans des affrontements similaires.


Par Hervé d’Anvers avec Louty.

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Communiqué de Presse : Relativement à la mascarade d'élections municipales et régionales


 Le dimanche 21 avril 2013, le régime Ouattara a organisé une mascarade d’élections couplées (municipales et régionales), après avoir exclu le FPI du jeu démocratique.

Le FPI a lancé un appel national au boycott républicain de cette parodie électorale.
Comme il fallait s’y attendre, cet appel au Peuple a été amplement entendu et a donné un taux de participation national qui oscille entre 13% et 15%.

En dépit de la sortie illégale du chef de l’Etat appelant à la mi-journée à une participation massive des populations, ce taux de participation demeure plus faible que celui enregistré lors des élections législatives tronquées du 11 décembre 2011.

C’est pourquoi,

La direction du Front Populaire Ivoirien se félicite de l’écho favorable de son appel au boycott républicain.
Le FPI remercie vivement le Peuple de Côte d’Ivoire qui a pris la pleine mesure de ce qui est en jeu : la Patrie.
Le FPI remercie la presse nationale et internationale qui, à quelques exceptions près, a rendu fidèlement compte du « désert électoral » du 21 avril 2013.

La direction du FPI, une fois encore, invite le régime Ouattara à saisir la perche du dialogue à lui tendue depuis le 19 septembre 2011 afin que nous vivions ensemble chez nous avec nous.
 
Abidjan, le 21 avril 2013
 
 
Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole
 
Dr KODJO Richard


Source des articles: AFRIK53.COM

DECLARATION DU SG ADJOINT CHARGE DES ELECTIONS ET DE LA RECONCILIATION AU FPI

 

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Le monde entier sait désormais qui sème la violence et le crime pendant les joutes électorales en Côte d'Ivoire et qui est abonné à la violence politique, à la fraude et au désordre, de tout temps. Merci, SEIGNEUR! Fernand Dindé.


On peut retenir essentiellement trois choses de ces élections Wouya-Wouya (de pacotille, Ndlr) comme vous les avez appelées.

La première chose, c’est lorsque le Fpi lance un mot d’ordre, il ne le fait pour le plaisir de le faire. C’est en toute connaissance de cause. Le Fpi a indiqué que ces élections ne seraient pas crédibles parce qu’elles ne sont ni démocratiques, ni inclusives.

Le Fpi a interpelé le président Ouattara et la communauté internationale sur ces deux faits, il n’a pas été entendu. Le résultat est là. Les estimations qui nous parviennent indiquent que le taux de participation ne peut pas excéder 15%. Cela veut dire que respectant le mot d’ordre de boycott du Fpi, les Ivoiriens ne se sont pas sentis concernés par ces simulacres d’élections. Comme ce fut le cas lors des législatives.

Deuxième chose, nous constatons que la Cei que nous décrions tant a encore prouvé qu’elle est partisane et qu’elle n’a pas les compétences nécessaires pour organiser des élections propres. A preuve tous les retards, les changements de position des candidats sur les bulletins de vote et les tâches découvertes dans les cases de certains candidats.

Troisième chose, les élections ont été émaillées par endroits de violence. Cela confirme parfaitement de quel côté se trouve la violence. Cela confirme également ce qui s’est passé pendant les élections présidentielles.

La leçon qu’on en tire est qu’en politique, il est bon quelquefois d’écouter l’opposition. Et c’est la bonne gestion des contradictions qui est la base de la démocratie. Le gouvernement voulait organiser ces élections à tout prix, il l’a fait et voilà le résultat. Les Ivoiriens les ont proprement boudées. Il doit maintenant en tirer toutes les conséquences. C'est-à-dire qu’il se rende à l’évidence que ces élections ne sont pas crédibles. En ce sens que nous allons avoir des maires et des présidents des conseils régionaux qui ne sont pas représentatifs parce qu’issus d’une minorité.

Cela montre que c’est bien le Fpi qui est le parti majoritaire dans ce pays. Le jour où le Fpi participera à une élection, nous aurons une affluence record.

Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier les Ivoiriens qui ont fait preuve de maturité politique en respectant le mot d’ordre du FPI.»

 

Pr Dano Djédjé , SG adjoint chargé des élections et de la réconciliation au FPI


Source: AFRICRY

mardi, 23 avril 2013

ABOBO: ON ATTEND LES RESULTATS POUR S'AFFRONTER

 

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Siège RDR Abobo


Le monde entier sait désormais qui sème la violence et le crime pendant les joutes électorales en Côte d'Ivoire et qui est abonné à la violence politique, à la fraude et au désordre, de tout temps. Merci, SEIGNEUR! Fernand Dindé.


De plus en plus les informations parvenant à koaci.com concernant la commune d'Abobo annoncent la grande lutte de Fianga après la proclamation des résultats. Et pour l'heure même si on s'en tient à de simples informations, simplement le constat sur le terrain permet de capter le mieux les pulsions sécrètes de cette commune.

Ainsi devant le siège du parti RDR se tiennent de grands gaillards vêtus d'amples boubous bariolés, barbes touffues, cheveux mal peignés et portant autour du cou des gris-gris comme ceux que vendent les marabouts sénégalais. A les voir dans cette mine de constipés, en marmonnant sans cesse des paroles de guerre, ils attendent tous mais sans patience les résultats définitifs pour manifester semble t-il. Et ce constat s'avère d'ailleurs avec les confidences d'un partisan, mais sans qu'il ne s'en rende compte. En jouant le jeu cet individu se confesse: «Si Toungara ne gagne pas on va tout gnanganmi (tout mélanger, Ndlr)», comme il dit si bien dans ce langage imbécile, ce sera le chaos.

De l'autre coté chez le grand rival indépendant, Lassana Meité ancien adjoint au maire, il émane des personnes pointées devant le siège une impression bizarre faite en même temps de force et de solitude désespérée. Un grand troufion nommé Amara Le Gros élément Frci et aussi chef des syndicats à la grande gare dans une Toyota 4x4 fait régulièrement la navette tout en transmettant des informations et comme s'il apprêtait des troupes. De ces personnes postées devant le portail à l'entrée du siège on peut aussi entendre «Toungara ne peut pas gagner sans tricher, mais pour cette fois il va croiser garçon».

De cette façon, l'on s'attend à une véritable bataille de Kirina.

Et cette atmosphère très particulière dans l'attente des résultats a du coup instauré un calme plat mais couvert de tension et de violence.

Notons qu'au moment de la mise en ligne de l'article nous apprenions que la CEI venait d'annoncer la victoire du candidat maire sortant Rdr, Adama Toungara, avec 59%.


Abidjan, le 23 avril 2013


Source: KOACI.COM

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Après le passage des électeurs RDR au centre de groupage électoral de la CEI à Treichville, où leur candidat a été étalé par l'indéboulonnable François Amichia du PDCI. Chapeau, démocrates et républicains d'un nouvel âge!!! Fernand Dindé.


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Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LA COTE D'IVOIRE BRULE-T-ELLE?

LE RDR CASSE ET BRULE.jpg

 

Selon les informations qui nous parviennent la Côte d'ivoire brûlerait suite aux élections municipales; on y dénombrerait des morts. Le conflit opposerait les pro-ouattara du rdr et le pdci.

A notre souvenance, le fpi de Laurent Gbagbo ne participait pas à ces élections, appelant au boycott.

Selon nos sources, ce mot d'ordre à été suivi par 86 % d'Ivoiriens puisque seuls 14% sont allés aux urnes !Autant dire une grande victoire pour le président Gbagbo!

MORALITÉ : le peuple africain a changé et aucune puissance étrangère ne peut PLUS lui imposer - même en usant des armes - un dirigeant dont il ne veut pas!

Calixthe Beyala

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Commentaire :

MALACHIE KONE avait dit que chien allait manger chien! Et qu'un petit noyau courageux des FDS–CI allait prendre ses responsabilités pour la libération. Le pays est mur ou quoi?

Cdt Kombo

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Au regard du mot d'ordre de boycott du FPI et des conséquences sur le taux de participation des Ivoiriens aux élections législatives (15% de participation soit 85% d'abstention) et municipales-régionales (10% soit 90% d'abstention),

Au regard des cas de fraudes et de graves irrégularités constatés,

Au regard aux récents résultats qui a vu la débâcle du Rdr parti de Ouattara,

Au regard du faible taux de participation des membres du Rhdp,

Au regard de la guerre entre ces 2 partis membres du Rhdp,

Enfin au regard du constat de la participation massive des Ivoiriens (87%) aux élections présidentielles de 2010 ayant entrainé le bombardement, la déportation et l'emprisonnement le présumé vainqueur le Président Laurent Gbagbo,

On peut donc en déduire que le Président Laurent Gbagbo et son parti ont la majorité absolue et ont la confiance du peuple ivoirien. Et leur mise à l'écart dans la vie sociopolitique entraine l'instabilité du pays. L'alliance Rhdp n'est qu'une alliance impopulaire et de dupes. GBAGBO RESTE L'HOMME DE LA SITUATION!

Ma Patrie


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Ouattara et sa machine à fraude ont publié des votants et des taux imaginaires. Nous publions ici, les images du centre de vote Cours Sociaux d'Abobo. Photos prises à différentes heures de la journée d'hier, comme le témoignent les ombres et les rayons solaires. A l'image de ce centre de vote d'Abobo, quartier qualifié proOuattara, beaucoup de centres de votes sont restés vides toute la journée sur toute l'étendue du territoire nationale.

Alors, d'où vient que Ouattara et ses fraudeurs de la CEI nous pondent des taux de participation aussi élevées?

Bande de tricheurs. Votre mensonge est dévoilé. — ABOBO: Centre de Vote Cours Sociaux


 
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Dimanche, au soir du vote des Dozocipales 2013, j'avais appris que le taux de participation était estimé entre 14 et 16% selon des sources fiables et crédibles au sein de la CEI version RHDP. Lundi, dans l'après-midi, on dit que la CEI annonçait un taux de 30%. Le soir, j'apprends que la CEI donne encore un taux de participation de 60%. Le taux de participation grimpe au fur et à mesure... D'ici demain soir, on atteindra probablement le fameux taux de 81% habituel.

Gino Katinan


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL