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samedi, 04 mai 2013

HOMMAGE A SIMONE GBAGBO

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Il est peu probable que nous nous rencontrions un jour, vu le fait que nous évoluions dans des sphères totalement différentes, ou que vous ayez – vu votre incarcération dans ce que certains appellent un de nos «goulags ivoiriens» – l'occasion de lire cette note mais je tenais tout de même à la  publier.

Chère Simone,

Permettez-moi d'utiliser votre prénom, sans que je ne sache vraiment pourquoi, vous ne quittez pas mes pensées depuis un bon moment. A part prier pour vous, la seconde option aurait été de vous envoyer une carte, une lettre, ou même un petit mot d'encouragement. Mais malheureusement et contrairement à votre mari, cette possibilité ne nous est pas donnée dans votre cas. Il ne me restait alors que cette dernière solution. M'adresser à vous par la voie publique, tout en sachant la probabilité pour vous de lire ces écrits très faible. Mais qu'importe... Peut-être qu´ils vous parviendront tout de même, qui sait?

Chère Simone,

Je me souviens encore de cette interview sur TV5, il y a quelque années - à l´époque je regardais encore cette chaîne - peu après la publication de votre livre «Paroles d'honneurs». Vous aviez demandé à la France d'alors, celle de Jacques Chirac, de «savoir raison garder». Malheureusement pour la Côte d'Ivoire et pour les Ivoiriens en général, les intérêts financiers ont été de tout temps plus importants que la raison. Les «grands» de ce monde ne s'embarrassent même plus de scrupules et agissent véritablement sans vergogne. Ils n'hésitent même plus au grand jour, à faire régner la loi du plus fort. Dans le passé ils prenaient au moins la peine d'habiller leurs différentes interventions du manteau «humanitaire» ou d'excuses plus ou moins plausibles. Aujourd´hui, ils s'en passent hélas et bien souvent  allègrement.

Mais je ne m'en prendrai pas à eux aujourd'hui car ce ne sont pas eux qui font le «sale boulot» mais nos propres frères. Je me demande parfois s'ils - je veux parler du pouvoir actuel et des Ivoiriens qui l'ont aidé à s'installer sous les bombes françaises et dans le sang de leurs frères - sont satisfaits du résultat final. Ce résultat qui se résume à une Côte d'Ivoire devenue méconnaissable, déchirée et exsangue. Mais cela leur importe peu, sans doute.

Mais à eux non plus, je ne voudrais pas consacrer plus de lignes aujourd´hui, car c'est à vous que je voudrais m'adresser; à vous et à vos compagnons de lutte mais aussi d'infortune. 

Chère Simone,

Je me souviens encore de ces photos de vous à Odienné, qui est malheureusement mon lieu de naissance, même si je n'en suis pas originaire, où l'on vous voyait si amaigrie, mais tout de même avec un sourire si radieux! Comme pour dire à vos tortionaires «directs» - et lointains, dans les palais d'Abidjan - qu´ils pouvaient vous brimer et vous malmener physiquement, mais que moralement et spirituellement ils n'auraient pas le dessus sur vous. Depuis que nous connaissons les conditions d'incarcération de votre mari Laurent Gbagbo, il n'est pas difficile de se faire une idée de ce que vous vivez tous. Michel, Aboudramane Sangaré, Affi N'Guessan, Genéviève Bro Grébé, Charles Blé Goudé (pour ne citer que ceux-là) et tous ces autres prisonniers politiques anonymes, en savent quelque chose. L'on a peu de nouvelles de vous et peu de blogs et de sites parlent de vous. J'espère que cela est dû au fait qu'ils n'aient  rien de nouveau à signaler, plutôt qu'au fait qu'ils vous aient oubliée...

Merci à vous tous de porter haut pour nous, assis dans nos salons douillets, le flambeau de cette lutte, qui est, à n'en pas douter, la lutte pour notre «indépendance véritable».

Celle qui nous permettra de choisir ceux que nous voulons comme chefs d'Etat.

Celle qui nous permettra de fixer nos dates d'élections sans que quelqu'un d'autre soit «intraitable» à propos de la date qu'il nous aura fixée. J'espère de tout coeur et je souhaite qu'elle aboutisse. C'est vrai qu'il est facile pour moi de vous encourager à lutter tout en demeurant en liberté, mais sachez que nous ne vous avons pas oubliée, et que nous ne ne sommes pas près de le faire. Tout comme nous n'oublions pas tous ces anonymes qui croupissent dans les geôles dramaniennes.

A tous je dirai: Ne les laissez pas avoir le dessus sur vous, tenez-bon et Allez Jusqu'Au Bout!

Que Dieu vous bénisse, Simone!

 

Une de vos «petites» soeurs ivoirienne admirant votre combat.

 

N. Coulibaly

 

NB: Je viens de lire, ce matin (vendredi 3 Mai), que vous aviez été transférée pour des soins à Abidjan. Quand j'écrivais ce texte, il y a trois jours, j'étais loin de me douter que vous alliez si mal. Que le Seigneur vous garde!

Commentaires

Rendez-nous SIMONE GBAGBO!elle est à l'image des femmes ivoiriennes:courageuse,digne et forte.Personne ne l'a oubliée aujourd'hui.Le peuple ivoirien l'attend pour un retour triomphal...

Écrit par : RitaFlower | samedi, 04 mai 2013

Sur une civière, dans leurs geôles d'ici ou d'ailleurs, tiens bon, Maman Simone. Comme ton siamois Laurent, il n'y a plus le choix: il faut tenir car le jour du " jugement dernier " arrive à grands pas; l'autre sage a dit aussi, " la vie est une course de fond. On ne la juge pas au départ, mais à l'arrivée ". Tiens bon, tenez bon.

Écrit par : sily camara | samedi, 04 mai 2013

Sur une civière, dans leurs geôles d'ici ou d'ailleurs, tiens bon, Maman Simone. Comme ton siamois Laurent, il n'y a plus le choix: il faut tenir car le jour du " jugement dernier " arrive à grands pas; l'autre sage a dit aussi: " la vie est une course de fond. On ne la juge pas au départ, mais à l'arrivée ". Tiens bon, tenez bon.

Écrit par : sily camara | samedi, 04 mai 2013

Oui, tenez bon! Vous subissez pour la juste cause. Elle ne sera pas vaine! Et le méchant s'en ira comme un songe, et nous retrouverons une Côte d'Ivoire nouvelle.

Les leçons des erreurs et le châtiment des péchés d'avant (parce qu'il y en a eu) serviront alors à l'émergence d'une grande et forte nation.

OVAJAB!

Écrit par : Dindé | dimanche, 05 mai 2013

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