topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

mardi, 21 mai 2013

SUITE A L’ARRESTATION D’AMADE OUEREMI, DECLARATION DU COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE


côte d'ivoire,arrestation d'amadé ouérémi,suite à l’arrestation d’amadé ouérémi,déclaration du collectif des victimes de duékoué,le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb le 19 mai 2013

 

Ce Dimanche 19 Mai 2013, le rebelle Amadè OUEDRAOGO  Rémi dit Ouérémi a été transféré à Abidjan, suite à son arrestation hier, dans « son » fief du Mont Péko. Oui, l’homme qui, déjà en Décembre 2010, avait égorgé et fait égorger des gendarmes de la république dans la sous-préfecture de Bagohouo, a été enfin mis aux arrêts. Au-delà  des nombreux commentaires et interrogations qui fusent, le collectif des victimes de Duékoué voudrait rappeler les précisions suivantes :

-1° : si l’arrestation d’Amadè est une très bonne chose, force est d’insister sur le désarmement des trente mille (30 000) hommes qu’il revendiquait sous son commandement, il n’y a pas longtemps. N’oublions pas aussi qu’en Mars et Avril 2011, ces bandits de grand chemin, enrôlés par messieurs SARKOZY et COMPAORE pour déstabiliser la Côte d’Ivoire, ont volé et emporté avec eux, au Mont Péko, le matériel et les armes des militaires loyalistes Ivoiriens qui se sont retirés du front de guerre sur ordre du Président GBAGBO dont le souci majeur était d’éviter un grand bain de sang à son peuple et à l’armée ivoirienne. Il faut absolument procéder à leur désarmement.

-2° : en Mars 2011, c’est bien en soldat FRCI qu’Amadè est entré à Duékoué pour massacrer des milliers de nos parents. Tous les témoins et toutes les victimes de ses exactions à cette époque l’ont bel et bien vu en treillis et non en tenue traditionnelle dozo, tout comme lors du massacre de Nahibly, le 20 Juillet 2012. Le même Amadè apparaît dans bien des médias, aux côtés d’instructeurs militaires d’origine européenne ou des blancs qui l’ont formé, à l’époque où la France et l’O.N.U. recrutaient des mercenaires en Afrique de l’ouest du Nigéria au Sénégal pour mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang.  Même si c’est vrai qu’Amadè n’était pas seul à exterminer les Wê ici à Duékoué en Mars 2011 (car il y a bien eu aussi des chefs rebelles dont la cruauté est tristement légendaire tels Ben Laden et Losséni venus d’Odienné et de Man, de même que des paysans de l’ethnie Baoulé, habillés en dozo, qui ont massacré pas moins de trois cents (300) autochtones d’ethnie guéré dont des enfants et des femmes, dans les villages de Toa Zéo, de Blody, de Yrozon, de Diéhiba, de Gbaoubli et de Fengolo). Devant l’ampleur de telles atrocités, les victimes de Duékoué regardent désormais en direction de la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) pour savoir ce qu’elle va décider concernant le soldat FRCI Amadè, ses lieutenants experts en décapitation d’êtres humains tels Boulaye Bomossi et Bertin le Béninois (eux sont restés en toute liberté à Bagohouo) et de ses chefs hiérarchiques FRCI ou bien alors celui-là même dont ils ont reçu l’ordre de massacrer les ivoiriens.

côte d'ivoire,arrestation d'amadé ouérémi,suite à l’arrestation d’amadé ouérémi,déclaration du collectif des victimes de duékoué,le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb le 19 mai 2013

Comme Amadè, le cas du député Gahoudi OULATTA qui s’est de tout temps vanté d’avoir réussi à faire prendre l’Ouest ivoirien (sa terre natale) par les tueurs fous des FRCI et des dozos, interpelle toute conscience qui se veut objective. De même, dame Flanizara TOURE, elle aussi député par kalachnikovs interposés, qui a mis Duékoué à feu et à sang, causant la mort et la disparition d’une centaine de personnes, début Janvier 2011. En fait, ils sont nombreux, très nombreux, tous ces tueurs qui nous côtoient chaque jour à Duékoué, à Bangolo et dans nos villages, qui nous narguent mais dont l’état d’impunité défie tout bon sens. Qu’Amadè seul ne serve point de bouc émissaire !

côte d'ivoire,arrestation d'amadé ouérémi,suite à l’arrestation d’amadé ouérémi,déclaration du collectif des victimes de duékoué,le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb le 19 mai 2013

-3° : après Amadè, à qui le tour ? Vu et su que les tueries massives et sauvages qui ont eu lieu ici à Duékoué ont bel et bien eu lieu à Bloléquin, à Toulépleu, à Tabou, à San Pédro, à Sikensi, à Dabou mais surtout à Abobo, à Yopougon, à Abobodoumin et en Abidjan même, autour et au sein de la résidence présidentielle. Il est clair que l’égorgeur Amadè ne pouvait pas être partout à la fois pour commettre tous ces crimes affreux contre l’humanité. Une seule vraie action judiciaire digne de ce nom (C.P.I., vous nous entendez ?) suffit pour délier les langues de milliers de victimes et de témoins, brandir toutes ces preuves encore intactes à même de démontrer que le chiffre précédemment annoncé de trois mille (3 000) morts  en 2011 est une farce hypocrite de la part des commanditaires et principaux bénéficiaires des massacres des Ivoiriens que sont la France et l’O.N.U. Les collègues ou les chefs d’Amadè, tous ces experts en tueries ou massacres d’humains sont là, bel et bien là et ne sont nullement inquiétés. Pourtant de CHERIF Ousmane à KONE Zakaria, de Losséni dit chef Loss à Ben Laden, ça fait bien au moins douze ans qu’ils occupent la scène des exterminateurs au service des intérêts de la France. Depuis longtemps, ils sont choyés ou protégés par les médias, l’armée et les dirigeants politiques français. Quelle élégance morale et pratique et quelle grande leçon d’humanisme : des brigands et des buveurs de sang humain au service des intérêts de la consacrée patrie des droits de l’homme, la France, cette (autoproclamée) fille aînée attitrée de l’Eglise catholique !

-4° : Amadè est parti du Mont Péko mais combien d’autres coupe-jarrets après lui, y sont restés, armés jusqu’aux dents qu’ils sont ? On ne le dira jamais assez, la guerre de la France contre le digne peuple de Côte d’Ivoire a été aussi une guerre de grande invasion. C’est le lieu pour les victimes de Duékoué de rappeler une question-pilier de tout processus véritable de réconciliation nationale et de développement : « Après toutes ces guerres et toutes ces invasions, combien sommes-nous exactement aujourd’hui en Côte d’Ivoire ? » ou « quel développement sérieux de notre pays peut être amorcé si nous n’avons aucune précision sur le nombre – même approximatif - de ses habitants ? » ou bien encore « pourquoi notre démographie, fortement et gravement modifiée, ne gagnerait-elle pas à être revisée ? ». Ces questions, juste pour stigmatiser le fait qu’il n’y a regarder autour de nous, dans tout le pays, surtout dans les zones forestières de l’ouest ivoirien, pour constater le surnombre exagéré des étrangers chez nous. Dans des villages du département de Duékoué, à Nidrou ou à Bagohouo, hormis même tous ces rebelles qui vivent dans les campements en pleine brousse, les Burkinabè et autres étrangers sont dix à douze fois plus nombreux que les autochtones Wê et tous les autres ivoiriens mis ensemble ! Cette réalité se vérifie aisément (au kilomètre carré parcouru et répété au moins cent fois chaque semaine) partout dans les sous-préfectures de Guézon et de Guéhiébly. Nos affirmations sont sans exagération et tant pis si des esprits malhonnêtes venaient à nous accuser d’être des xénophobes. A ceux-là, nous répondrons que si le non-respect des lois a toujours été leur pratique ou leur jeu favori en Côte d’Ivoire, alors cela doit cesser. On ne peut pas raisonnablement prétendre au développement et à l’émergence en embarquant avec soi toute la racaille ouest-africaine, une racaille au parcours mouillé du sang innocent de nos compatriotes. C’est pourquoi nous disons : d’ores et déjà, il faut continuer de libérer les forêts classées de Guézon à Duékoué, du Goin Débé et du Scio à Guiglo, les terres du Zérabaoun à Bangolo et le parc national de Taï. Des forêts, des terres et parcs squattés par les mêmes envahisseurs, des bandits sans foi ni loi, au vu et au su des armées de la France et de l’O.N.U. qui les ont de tout temps armés, formés, installés parfois et continuent de les protéger à ce jour. Car après Amadè, il y a encore d’autres brigands qui exproprient nos parents ou les tuent et qui ont pour noms TIENDREBEOGO, « TCHEY MAN HI TCHEY BRO », « TOUT PETIT », «SOUFEY WOUROU », etc… D’où notre question réccurente à la communauté internationale et à madame la Procureure de la C.P.I. : à quand envisagez-vous mener des enquêtes dans le camp des adversaires du Président GBAGBO, sachant qu’il est désormais établi que ce grand patriote a été victime, avec son peuple, d’injustices, de violences et de crimes programmés par la France et l’O.N.U. ?

Nous terminons notre déclaration en affirmant qu’à notre avis, malgré les meurtrissures et les grandes douleurs imposées aux Ivoiriens depuis douze (12) ans, le 11 Avril 2011 a en réalité sonné le glas définitif et le début de la chute de tous ces systèmes de nuisance gratuite et d’asservissement  parrainés en Côte d’Ivoire par la France et l’O.N.U. : l’écheveau ou l’étape « Amadè » n’est que le début du compte à rebours. A qui peut-on penser logiquement,  quand ce dernier (Amadè), coincé et obligé de se rendre à ceux qui sont venus l’arrêter, dit « Eh ! type-là  m’a  vraiment  trahi ! Il m’a promis dix (10) ans de travail gratuit au Péko et  me fait arrêter après deux (02) ans seulement… ».  Les patriotes Ivoiriens, les panafricanistes et tous les combattants pour la justice et la liberté devraient y croire et faire en sorte, par leur mobilisation et leur activisme, que tous les « Amadè » d’ici et d’ailleurs (noirs comme blancs) soient à leur tour extradés et traduits devant la C.P.I. car toute la suite n’en sera que trop belle, pour la survie de la C.P.I. elle-même ! En cela, notre foi et notre sérénité, pour les victimes que nous sommes, ne sont ni feintes, ni clownesques, n’en déplaisent à tous ces faibles d’esprit enclins à la seule satisfaction de leurs besoins nutritifs, au prix du sang de leurs semblables !

Estimant que nous vous avons traduit sincèrement les sentiments et la conviction de ces milliers de victimes de Duékoué et de ses environs, qui vivent au quotidien dans le feu de la douleur, nous vous remercions de votre inlassable disponibilité.


Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly),

Emmanuel Caleb, le 19 Mai 2013.

Commentaires

Effectivement, il n'y a pas que Amadé Ouérémi. Il s'agit d'un gang bien organisé, au sein duquel Ouérémi avait un rôle bien précis. Il est la face visible de l'iceberg. C'est donc ce gang qu'il faut démanteler. Les chefs du groupe (les caïds) sont Dramane Ouattara, Blaise Compaoré, certains milieux mafieux organisés en entreprises multinationales. Les complices visibles sont les soldats français et l'ONUCI.
C'est pour cela qu'on doit comprendre que tant que ce gang aura le contrôle de la situation, il ne pourra pas avoir un procès, surtout qu'il sera le procès de toute cette mafia, ces vampires, ces vautours. Voilà probablement ce qui attend Ouérémi (le malheureux). Ses maîtres vont laisser "refroidir" l'affaire. Ils vont ensuite l'exfiltrer au Burkina Faso au moment où l'opinion sera braquée sur d'autres faits. Là-bas, il mourra soit suite à un "accident", soit d'une "courte maladie". Il en sait trop, et le laisser parler ne les arrangera pas.

Écrit par : sily camara | mercredi, 22 mai 2013

C'est clair, mon frère SILY CAMARA, Amadé Ouérémi ne sera pas jugé en Côte d'Ivoire, comme le dit Théophile Kouamouo sur sa page FACEBOOK, pour ses crimes contre l'humanité. Juges-en un peu toi-même à travers cette déclaration du porte-parole du gouvernement, Koné Bruno:

«Il y a des lois dans ce pays et le président de la république avait été très clair en particulier en ce qui concerne l’occupation des forêts classées. Une forêt classée ne peut pas être occupée, à partir du moment où elle l’est l’Etat se donne les moyens de déloger les personnes qui ont enfreint les lois. Il y a des personnes effectivement qui occupaient illégalement ces forêts. Ces personnes ont été arrêtées et elles vont être jugées conformément à nos lois». [Le porte-parole du gouvernement].

Clair comme de l'eau de roche. Et vlan!, pour ceux qui croyaient encore aux promesses d'impunité d'ADO. Vive la Ouattarandie, vive la nouvelle Côte d'Ivoire!

Écrit par : Dindé | mercredi, 22 mai 2013

Les commentaires sont fermés.