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jeudi, 30 mai 2013

CINQUANTENAIRE DE L'UA: POUSSEE D'«AFRICANERIES» SUR FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Voilà que les lampions se sont éteints sur les célébrations marquant le cinquantenaire de l’Union africaine avec pour ancêtre, l’OUA. Réunis à Addis-Abeba dans la cuvette de verre qui sert désormais de siège à l’organisation panafricaine, les chefs d’Etat du continent et leurs invités ont tenu à marquer l’événement d’une pierre blanche. Comme à chaque grand-messe du genre, discours et résolutions ont fusé de la tribune, suscitant parfois dans l’auditoire un air de déjà-vu, pour ne pas dire de déjà-entendu.


S’il est un discours qui n’aura pas laissé les délégués indifférents, c’est bien celui du président français, François Hollande, seul chef d’Etat occidental convié à l’anniversaire de l’illustre quinqua. En effet, c’est sans ambages que le grand chef blanc a convié ses pairs africains sur les rives de la Seine les 6 et 7 décembre prochain pour discuter sécurité et paix. Et comme il fallait s'y attendre, la pilule a été dure à avaler pour certains, qui estiment avoir été mis devant le fait accompli, pour ne pas dire qu’ils se sont sentis purement et simplement convoqués, et cela, sans le moindre préalable. Des grincements de dents qui laissent transparaître en filigrane les vieux réflexes de souverainisme frileux.

L'on a parfois l'impression que nos chefaillons veulent une chose et son contraire. Tant leur attitude envers les anciennes puissances coloniales est pleine de paradoxe. Quand ça ne va pas chez eux, on mendie le soutien de l'Occident. Mais quand ce dernier s'avise de prendre des initiatives les concernant, on crie à l'ingérance et au paternalisme. Où était l'Union africaine et sa fameuse force en attente lorsque les émirs d'Aqmi et leurs alliés menaçaient de mettre le Mali sous leur coupe ? N'est-ce pas la France qui a sauvé ce pays du péril djihadiste? Une chose est d'avoir de l'orgueil, une autre est d'en disposer des moyens.

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’organisation panafricaine ne s’y est pas trompé, lui qui, dès lundi, a salué l’initiative en y ajoutant toutefois un bémol. Pour lui «s’il y a un principe que le cinquantenaire a mis en évidence, c’est certainement le principe de solutions africaines aux problèmes de l’Afrique». Ainsi, pour ne pas tomber à l’eau, la prochaine conférence de Paris devra donc favoriser le leadership du continent en matière de paix et de sécurité.

Mais ne nous y trompons pas. Si à la tribune d’Addis-Abeba le président français a convenu qu’il revenait bien aux Africains d’assurer leur propre sécurité, il n’en demeure pas moins qu’à son sens, un conflit local peut avoir des répercussions à l’échelle mondiale. Raison de plus pour ne pas rejeter la main tendue, surtout si celle-ci va dans le sens d’un accompagnement décomplexé vers la mise en œuvre effective de solutions africaines aux problèmes africains. Si pour l’instant la volonté semble partagée de part et d’autre de la Méditerranée, le plus dur reste à faire.

 

H. Marie Ouédraogo


Source: L'OBSERVATEUR.BF

Commentaires

La France a été, est et sera. Les chefs d'état français ont été, sont et seront. La France néo-colonialiste ne peut pas être autre. Comme Sarkozy, Hollande a juré, la main sur le coeur qu'il se départirait du système. Il le fait revivre, plus que jamais. Il y a deux raisons à cela.

- L'Afrique francophone compte encore des enfoirés de chefs d'état qui tirent leur légitimité de la métropole, plutôt que de leurs peuples. Ceux-là sont les premiers à aller faire allégeance à Paris, dès qu'un nouveau président est élu. Dans sa peau de "tuteur", la France sera toujours confortée qu'elle a encore un rôle à jouer dans ses ex-colonies.

- La France elle-même, économiquement n'est rien sans l'Afrique. Elle se doit de perpétuer ses liens coloniaux. C'est une affaire de vie ou de "mort".

Il appartient aux Africains de rompre ces liens, comme l'ont fait le Vietnam, le Cambodge. Hollande ne peut pas s'inviter à un sommet de l'union africaine si des valets de service ne l'y convient pas. Les peuples doivent commencer par mettre à la retraite tous ces valets.

Écrit par : sily camara | samedi, 01 juin 2013

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