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vendredi, 31 mai 2013

CAMP D’AVEPOZO AU TOGO: INJUSTICE, FAMINE ET DESOLATION TOTALE POUR LES REFUGIES IVOIRIENS

 

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Le vendredi 3 mai 2013, pour avoir manifesté avec leurs concitoyens et compagnons d’infortune, dans le camp d’AVEPOZO pendant plus de 64 jours (sit-in et manifestations de femmes et d’enfants quotidiens), en vue de l’obtention de la reprise de la distribution des vivres suspendue depuis bientôt 6 mois par le HCR Togo, pour l’obtention également d’eau potable et pour des soins plus appropriés, dans un camp qui ne répond plus à aucune norme de salubrité et de sécurité, 5 femmes ivoiriennes et 2 hommes, réfugiés au TOGO, ont été délogés manu militari de leurs tentes par des soldats togolais, traînés à terre, et incarcérés à la prison de LOME. (Il faut indiquer que depuis Janvier 2013, la situation sociale et sanitaire dans le camp s’est de plus en plus dégradée, jusqu’en l’état actuel). Ce qu’on leur reproche ? D’être « des agitateurs politiques ou des politiciens » !

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La grève des femmes d'Avépozo


Ils y croupissent dans le silence le plus total de l’Etat de Côte d’Ivoire (le commanditaire ?), des autres ONG de défense des droits de l’homme et des responsables du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), dont notamment le Responsable HCR local, Monsieur Théophilus VODONO et Monsieur INADJO, Coordinateur de la Coordination Nationale d'Assistance aux Réfugiés.

Aucune autre ONG connue (Croix Rouge, HRW, etc) n’est allée s’enquérir du désastre de ces sœurs et frères Ivoiriens, à part les rares visites du Responsable HCR Togo pour les intimider et les menacer (pour ainsi dire).

Apparemment, le but visé est de contraindre les réfugiés Ivoiriens à rentrer en Côte d’Ivoire. Y compris par les moyens les plus inqualifiables. La dernière fois où le HCR (Togo) a daigné pointer le nez au camp, c’était pour leur faire du chantage, pour qu’ils abandonnent leurs revendications et leurs manifestations en échange de la libération de leurs amis. Un chantage honteux !


Les personnes accusées de ces maux : Le pasteur Gogoua Lévi et sa femme, Pasteur Gogoua Elisabeth, qui s’occupaient de l’organisation du camp, Yéré Prisca, mère au foyer, Mme Gnahoré, mère au foyer, Dago Nathalie, mère au foyer, Yao Laura Florencia, sage-femme, membres actifs de ce mouvement des femmes, Dali Douzoua Jules Arnaud, footballeur.

Agés de 25 à 50 ans, leur tort est d'avoir manifesté et demandé pour le camp des réfugiés, nourriture, eau, soins,... En un mot, des conditions de vie décentes pour tous les réfugiés, et non pas pour eux, personnellement.


L’arrestation des réfugiés ivoiriens au Togo, une cabale

Les autorités togolaises et les autorités du HCR, selon une source crédible et témoin des faits, disent dans les médias (radio et télé), que ce ne sont pas elles qui les accusent et les incriminent mais plutôt les Ivoiriens du camp eux-mêmes, qui ont porté plainte contre eux.

Ils seraient maintenant en train de préparer un piège avec des armes et de la drogue pour les faire accuser et faire une descente musclée, afin d’arrêter les hommes et les jeunes et d'autres femmes, pour les rapatrier de force en Côte d’Ivoire et présenter l’évènement au monde comme le retour des exilés et des ex-combattants pro-Gbagbo. Le pouvoir Ouattara n’annonce-t-il pas déjà, depuis un moment, le retour de 200 ex-combattants ? Prenons donc garde de ne pas nous laisser naïvement abuser par une éventuelle énième manipulation médiatique. Les réfugiés Ivoiriens au TOGO ne désirent pas rentrer car ils ont peur à cause des traumatismes vécus, actuels et anciens. Il n’y a aucune aide psychologique au retour, s’il était  possible, bien évidemment. Nombre de réfugiés ont tout perdu (famille, maison, travail, biens) et sont malades. Des gamins parmi eux essayent d’aller travailler en ville pour quelques pauvres sous. Ils pourraient bien rentrer au bercail, mais en tout cas pas dans cette ambiance et dans ce contexte. Ils ne veulent, actuellement, que de meilleures conditions d’existence – même pas de vie – en exil. Rien de plus. Est-ce un crime ? Apparemment, oui !

Les autorités togolaises présentent les dénonciateurs de ces 5 femmes et de ces 2 hommes comme des Ivoiriens qui vont faire partie du contingent qui retourne à la mère-patrie.

Ces personnes parlent sur les médias locaux et internationaux et dénoncent ces femmes en des termes inqualifiables, et la majorité de ces interviewés sont présentés comme les victimes des « agitateurs politiques ». Il n’en est rien, selon notre source. C’est tout simplement une intox médiatique et de l’escroquerie morale.

Des Ivoiriens qui sont prêts, pour un mieux-être éphémère, à immoler d’autres Ivoiriens, réfugiés dans la détresse comme eux, sur l’autel de l’intérêt personnel.


Ils sont utilisés par les autorités et se font passer pour des victimes du couple Gogoua, en prétextant par exemple (élément vidéo sur YouTube) que ce sont «de jeunes ivoiriens qui ont incendié les tentes après le départ des soldats» alors que l’on voit très  bien dans les images filmées par les réfugiés eux-mêmes que l’incendie a eu lieu concomitamment aux arrestations. Ce ne pouvait donc pas objectivement être de jeunes Ivoiriens qui l’aient fait, pendant que sévissait l’armée togolaise, dans un camp en total désarroi.

C’est une autre forme d’esclavage, le traitement subi par les dénonciateurs, ou pour être plus exact, les calomniateurs : réveiller les plus bas instincts de l’homme et le mettre à la solde d’un pouvoir contre son prochain. Ils sont eux aussi victimes, d’une certaine façon, qu’on les apprécie ou pas. C’est une vieille méthode utilisée dans tous les camps de prisonniers, y compris les camps de concentration, où les nazis employaient des «kapos» de la même communauté que ceux qu’ils surveillaient. Tandis que d’autres se prostituaient.

Les autorités et les responsables du HCR trompent le monde entier et essayent de lui faire croire que c'est un problème entre Ivoiriens et qu'ils ne sont intervenus qu’à la suite d’une plainte déposée par ces Ivoiriens-là contre leurs frères et sœurs. C’est une obscure machination visant en premier à diviser les différentes communautés entre elles, et à  obliger les réfugiés Ivoiriens à rentrer chez eux, comme ne cessent de le clamer à l’unisson certains Togolais, eux-mêmes victimes des mensonges médiatiques, incroyablement remontés contre nos frères, et qui ne leur cachent plus leur hostilité. Ce sont des togolais du camp. Car  il y a aussi des Togolais du Nord dans le camp.

D’autre part, les autorités locales ont interdit à certains Togolais, touchés par tant de misère et qui habitent près du camp, de les aider, sous peine de poursuites judiciaires. Allez-y y comprendre quelque chose ! 

Faire croire qu’il n’y a que des bété et des ex-combattants à Avépozo

Les autorités togolaises veulent fait croire qu’il n’y a que des Bété, ethnie du Président Gbagbo, à AVEPOZO. Ce qui est vraiment à mille lieues de la vérité.

Toute la Côte d’Ivoire est représentée dans le camp, toutes les ethnies de la Côte d’Ivoire, venant d’un peu de toutes les régions.

Les autorités togolaises, proches d’Alassane Ouattara, en complicité avec les responsables du HCR, veulent faire prendre pour parole d’évangile leurs dires selon lesquels le camp n’abriterait que des Bété et des ex-combattants, pour justifier les misères qui sont faites aux réfugiés Ivoiriens et faire passer les vraies victimes pour les coupables.

Au camp d’AVEPOZO, à dire vrai, il y a des Guéré,  des Wobé,  des Yacouba,  des Bété,  des Dida,  des Baoulé,  des Agni, des Abouré, des Adjoukrou, des Abidji, des Aladjan, des Abbey, des Kroumen, des Sénoufo, des  Malinké,  des Ebrié, des Koulango, etc.

Il y a des musulmans et des chrétiens de différentes confessions, qui vont dans les églises togolaises catholiques ou protestantes, évangéliques ou pentecôtistes, quand ils le peuvent.

Nous devons, en tant qu’Ivoiriens, une fière chandelle à certains Togolais (tous ne pouvaient être mauvais !), particulièrement à des pasteurs et des églises qui se sont dévoués pour venir en aide à nos frères et sœurs Ivoiriens en détresse, matériellement, avec leurs faibles moyens, et aussi spirituellement. Il n’y a pas d’églises ivoiriennes dans le camp. Ce sont uniquement des églises installées au Togo et qui apportent de l’aide aux réfugiés comme elles peuvent. Sans leur secours, la situation aurait été bien pire.

L’arrestation de « la responsable GOGOUA Elisabeth », disent les réfugiés Ivoiriens, était comme un acte de guerre ; cette guerre qu’ils avaient déjà vécue en Côte d’Ivoire et dont ils avaient du mal à se remettre.

De nombreuses femmes et des enfants, voire même des hommes, sont encore traumatisés et ont décidé de dormir dans des églises. Plusieurs réfugiés dorment à la belle étoile, de peur que l’armée ou la gendarmerie togolaise ne vienne les surprendre en plein sommeil dans leurs tentes et les conduire en prison. Les Ivoiriens réfugiés au TOGO, pays et peuple frère, avaient-ils besoin de ce nouveau traumatisme ? N’y a-t-il plus d’humanité sur la terre des hommes ?


Une situation plus que jamais précaire dans le camp

« C’est la saison des pluies et lorsqu’il pleut, l’eau pénètre dans les tentes qui sont vieilles et  déchirées. Certaines ont été brûlées par les soldats togolais lors de leur incursion. Nous avons vécu une deuxième guerre et les esprits sont marqués, abattus. On pouvait entendre dans tout le camp, lors de l’arrestation, les femmes pleurer et dirent : ’’Qu’est-ce que vous faites, qu’est-ce qu’on vous a fait ?’’. C’était bouleversant ! », témoigne notre source.

Au camp d’AVEPOZO, tous les services ont été brutalement suspendus : surtout ceux de la sécurité et de la santé. Or il y a encore des femmes enceintes, des enfants malades à cause de la famine dans le camp, des hommes et des femmes traumatisés qui ont besoin de sérénité. Beaucoup d’entre eux sont vulnérables et n’ont pas un kopeck pour se nourrir, se déplacer ou pour aller au centre-ville en vue de recevoir des soins.

La population du camp est essentiellement constituée de femmes et d’enfants, de personnes âgées et de jeunes hommes,  et il y a déjà des épidémies dues aux conditions d’hygiène et à l’eau polluée par les excréments. La famine a également poussé certains enfants (filles) et femmes à la prostitution, parce que le camp ne reçoit plus de nourriture, depuis bientôt 6 mois. Comment comprendre et accepter que des êtres humains soient traités de la sorte ? Fussent-ils affublés de l’épithète « pro-Gbagbo » !

Nos frères d’AVEPOZO vivent un vrai drame au TOGO, en ce moment. Comment peut-on plonger des semblables, qui plus est étrangers en quête de refuge et de quiétude, qui demandent juste un peu d’hospitalité, dans une telle détresse, au nez et à la barbe du HCR et des organisations de défense des droits de l’homme ? Humanité sélective ou impuissance avérée ? Nous aimerions savoir.

Entre temps, les fameux « plaignants » sont invisibles et les procédures judiciaires peinent à avancer, en raison de leur défection ou de leur inexistence. Il n’en demeure pas moins que les accusés sont encore en prison, dans la plus totale légèreté procédurière. Ils ne sont assistés d’aucun avocat ! Même commis d’office. Ils doivent être libérés sans autre forme de procès, si la justice existe au TOGO. Car ce qui s’y déroule, actuellement, est parfaitement inacceptable. Aux dernières nouvelles, ils seraient fatigués et amaigris, même s’ils gardent encore le sourire. Quelques autres réfugiés et pasteurs s’organisent pour les assister, leur donner un peu de nourriture, quand ils le peuvent, et leur rendre visite. Visites, au demeurant, surveillées et contrôlées par des policiers. Bien évidemment !

Pendant ce temps, des émissions radio sont produites par le pouvoir togolais et le HCR au cours desquelles des Ivoiriens à leur solde disent des choses incroyables et étourdissantes, en français, et qui sont reprises en langue locale, à des heures de grande écoute, contre leurs frères Ivoiriens : une véritable campagne d'intoxication, de mensonges et d'accusations farfelues. Il y a même également eu une interview de ce genre sur BBC, le lendemain des exactions ! Quelle cabale !

Ils disent entre autres que le couple pastoral Gogoua est un couple d’arnaqueurs qui prétend pouvoir faire partir des réfugiés en Europe. Et l’une des radios qui leur sert, de façon récurrente, à cette sale besogne est l’ancienne Radio Nostalgie de LOME, Légende FM.


A l’heure actuelle, c’est la famine dans le camp ; c’est un mouroir certain pour les malades. On donne de l’argent, pour le retour en Côte d’Ivoire, à ceux qui veulent rentrer « volontairement » (dans ces conditions ?). Une douzaine sont déjà rentrés, notamment des personnes âgées et des malades ; malheureusement, les autres ont encore peur du contexte sociopolitique qui prévaut et qui les attend en Côte d’Ivoire.

Un agent du HCR est allé, en dernier ressort, comme nous le disions plus haut, voir les femmes du camp qui multipliaient, malgré tout, sit-in et réunions de prière, pour leur dire que si elles arrêtaient leurs sit-in et qu'elles demandaient pardon publiquement à l'Etat togolais pour ce qu'elle ont dit – ce qui sous-entend bien qu'elles reconnaissent qu'elles ont menti sur leurs conditions de vie! – ils libéreraient les prisonniers. Ce chantage est inqualifiable ! Tel est le désastre que vivent nos frères Ivoiriens au TOGO.

 

Que DIEU aie compassion des réfugiés Ivoiriens et que DIEU sauve la Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO 

APPEL

Nous cherchons quelques personnes, ou une église, qui auraient à cœur de s'engager, à leur rythme, pour:

1) Soutenir déjà personnellement le Serviteur de Dieu réfugié qui s'occupe des visites aux prisonniers (besoins estimés à 80 Euros par mois – nourriture et transport pour la prison qui est à plus de 25 Km du camp).

2) Faire face aux besoins essentiels des prisonniers jusqu'à leur libération (dons répartis par l'intermédiaire de ce serviteur. 30 Euros par personne estimés).


Pour la Côte d'Ivoire et les pays africains, uniquement par mandat:

Contacter Dindé Fernand: dindefernand2@yahoo.fr, pour la marche à suivre, avec copie à  eleutherie@gmail.com.


Autres pays:

Pour les dons et tout renseignement et aides pratiques:

Contacter l'association Eleutherie (www.eleutherie.eu), en écrivant à:

eleutherie@gmail.com 

Nous vous enverrons un RIB (numéro international d’un compte bancaire).

Chèques à l'ordre d'Eleutherie, à envoyer à:

Association Eleuthérie 11, rue Dumont 88560, St Maurice-sur-Moselle

(Spécifier le nom des personnes à qui le don est destiné: Pasteur "Avépozo" notre contact, ou "Gogoua" pour les prisonniers, etc).

Si vous connaissez un avocat à Lomé qui serait susceptible de nous aider, écrire à:

eleutherie@gmail.com.


Merci  et que DIEU vous bénisse!

DECRYPTAGE OPERATION ARMES CHIMIQUES DU JOURNAL "LE MONDE" PAR UN MEDECIN SPECIALISTE

 

BOMBARDEMENTS HOMS.jpg

A Homs, en Syrie. Les chefs de la diplomatie française et britannique s'inquiètent de voir le président Bachar al Assad recourir à des armes chimiques dans le conflit syrien, dans une lettre adressée à la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Yazen Homsy (c) Reuters.


ARMES CHIMIQUES SYRIE.jpg


Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce à la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours.

Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie. La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie. 

Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.

Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

 

Badia Benjelloun

28 mai 2013

 

Source: PALESTINE SOLIDARITE.ORG

L'EUROPE ET LES FACTEURS FRANCO-ANGLAIS DE DIVISION

FABIUS ET HAGUE.jpg

 
Les ministres européens des affaires étrangères ont décidé la levée de l’embargo sur les armes au profit de l’insurrection syrienne. Constatons au passage que pour Fabius cette décision doit permettre de rétablir un rapport de forces susceptible de contraindre à la négociation le président syrien, El Assad, celui qui « ne mérite pas de vivre » et dont la chute est imminente depuis deux ans. Pourquoi choisir la voie des armes et se défier de la voie politique offerte par Genève II qui doit, selon lui, aboutir au même résultat? Son collègue anglais Hague confirme de son côté que les anglais sauront trouver les voies appropriées pour faire parvenir les armes aux insurgés avant cette espèce d’absurdité de date butoir du 1erAoût. Au cas où Fabius serait mal compris le porte parole de son ministère souligne que cette date du 1er août n’oblige pas la France. Ashton perd toute autorité devant le traitement fait par ces deux ministres à sa déclaration que les armes ne peuvent être fournies avant le 1er août pour, selon les « sources proches », laisser une chance à Genève de se tenir. Retenons quand même sa justification de l’envoi des armes par leur but : « défendre les civils ». C’était le but aussi en Libye. Entre Ashton qui veut défendre les civils et Fabius qui veut changer le rapport des forces et Hague qui les ajoute aux arguments de choc qui doivent obliger El Assad à partir, l’unité européenne risque de prendre des coups sérieux.

Le lendemain de ces déclarations qui semblent vouloir forcer le destin, la Belgique annonce  son intention de rester en retrait, l’Allemagne confirme son opposition à l’envoi des armes et l’Autriche rassure sur le maintien de ses soldats au sein des forces de l’ONU chargées de superviser le cessez-le-feu sur le Golan.

Car, précise le ministre autrichien, l’embargo est levé pour après le 1eraoût. Il n’y a aucune raison de croire que ce dernier ment et donc il existe plus que des désaccords entre pays européens. Il existe des divisions.

Nous constatons qu’à l’entente franco-allemande qui a donné tonus et chair à une construction européenne enracinée dans les crédos économiques, il s’est réellement substituée une connivence franco-britannique implantée dans les choix politiques et idéologiques d’un alignement sur les USA. Cette connivence a été officialisée dans un accord signé par les deux pays et préparé par Sarkozy pressé de donner des gages aux USA sur son alignement complet. Cet accord militaire présageait d’un déplacement de la France du centre de gravité franco-allemand au cœur de l’Europe, vers un axe aux frontières de l’Europe voire à sa tangente.

Sarkozy avait préparé et négocié ce déplacement par conviction : l’hyper puissance US était à ses yeux la source de tout pouvoir et de toute orientation. Ceux qui ont de la mémoire se souviendront du forcing pour séduire Bush juste après son élection. Ils peuvent aussi se souvenir de ces campagnes de basse propagande qui glorifiaient les USA et fustigeaient l’anti-américanisme « primaire », campagnes animées par les figures les plus marquantes et les plus marquées de la gauche « humanitaire » alliées, pour la circonstance, aux figures de la droite autour de la «défense des valeurs de démocratie et de liberté». Les français comprendront un jour qu’elles désignaient les « vertus du capitalisme » débridé. 

Cette même « gauche » du PS continue dans ce domaine comme dans d’autres, dans la lancée de cet alignement pro-US qu’on a tort de confondre avec l’atlantisme car il préfigure la prochaine étape de destruction de l’Europe par le grand accord de Libre Echange entre l’UE et les USA. Les socialistes français continuent cette politique d’alignement qui est de fait une politique pour se désaxer de l’ancienne conception d’une Europe Unie. C’est la course au titre de meilleur élève néocon.

Le gouvernement français a joué à fond cette carte de l’alignement dont on peut dire sans exagérer qu’elle précédait les ordres. Le zèle a poussé si loin la France que ni Hollande ni Fabius ne peuvent reconnaître leur échec en Syrie sans le transformer en défaite. En forçant la main à l’Europe, les français et les anglais renforcent un axe ouest-européen aligné sur les USA ouvertement hostile à un axe est-européen pour qui la Russie est un partenaire vital. Il faut y rajouter les fractures économiques et sociales Nord/Sud de l’Europe, aggravées et dévoilées au grand jour par la crise.

La guerre à la Syrie ne risque pas d'embrasser le seul Liban. Elle peut aussi ajouter aux fissures européennes. On sent arriver le moment que choisiront quelques pays européens pour dire à l’état français que l’Empire colonial est derrière eux.   
 

Mohamed Bouhamidi


In Reporters-Alger, le 30 mai 2013. 

DECERNER LE PRIX FELIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX A FRANÇOIS HOLLANDE: UNE ERREUR DE CASTING OU UNE PREUVE DE CYNISME?

 

 

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François Hollande doit renoncer à ce prix!

 

Le 21 février dernier, François Hollande s’est vu nommé pour recevoir le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[1], décerné chaque année par l’UNESCO. Il le recevra le 5 juin prochain de l’UNESCO.

 Il y a de quoi s’étonner à plus d'un titre.

  • Comment François Hollande peut-il recevoir ce prix alors qu’il a porté et porte toujours la guerre au Mali, qu’il est à la pointe du combat pour livrer des armes aux opposants au régime syrien et que la Force Licorne est toujours active en Côte d’Ivoire alors qu’Amnesty International[2], dès 2011 a signalé que « les forces internationales (à la fois les soldats français de la Force Licorne et les forces de maintien de la paix de l’ONUCI) ont joué un rôle clé en Côte d’Ivoire depuis leur intervention dans cette crise.» Ajoutant que «la légitimité de la présence de ces forces de maintien de la paix a été remise en cause (…) en novembre 2004 et en janvier 2006 » et que par ailleurs ces « forces internationales ont fait usage de la force létale aussi bien en novembre 2004 qu’en janvier 2006 »?  
  • Comment l’UNESCO, qui ne peut ignorer ces éléments, a-t-il pu avaliser la suggestion du jury?

Cette nomination risque d’avoir de sérieuses conséquences sur l’image de l’UNESCO et particulièrement sur la Commission internationale pour la recherche de la paix[3] mais elle porte aussi un nouveau coup à la Charte des Nations Unies et à l’ONU qui n’en ont pas besoin alors qu’elles sont niées, instrumentalisées, bafouées par nombre de membres de la communauté internationale qui, au détriment des peuples, décident de réécrire de nouvelles règles pour les relations internationales au profit de la finance et des multinationales et des nouvelles aspirations impérialistes au prétexte de combattre le terrorisme. 

Elle oblige à constater la rupture qu’il y a, d’un côté, entre le Peuple des Nations et de l’autre, les gouvernants et les institutions internationales.

Depuis 1989, le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[4] honore par ce titre -composé d’une médaille en or, d’un diplôme de la paix et d’une somme de 150 000 dollars[5]-, « des personnes, institutions ou organisations ayant contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de l'Acte constitutif de l'UNESCO ».

Il est fait référence à deux outils ; l’un est la Charte des nations Unies, acte constitutif et fondamental de ce qui constitue et le Peuple des Nations et la communauté internationale[6], l’autre concerne l’acte constitutif de l’Unesco pensé par les gouvernements des Etats parce que «les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix[7]».

Ce prix a-t-il été décerné à François Hollande au vu de son action au Mali qui garantirait la paix dans le respect de la Charte des Nations unies? «Préserve-t-il les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances »?

Cette action permet-elle de « proclamer à nouveau notre foi dans (…) l'égalité de droits (…) entre les nations, grandes et petites »?  Crée-t-elle «les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, (…)  et à ces fins à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage et à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales[8]»?

Est-ce-que l’intervention armée de la France au Mali mais aussi le maintien de la Force Licorne en Côte d’Ivoire «contribue -selon les critères de l’UNESCO- au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, (…) que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples »? 

Quelle autre action pacifique a menée le Président de la République française depuis son élection ? A-t-il, ainsi qu’il l’avait promis lors de sa campagne, «rompu avec la Françafrique, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité[9]»?

Non, il n’a pas été mis fin à la présence de la Force Licorne en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, il ne cesse de répéter qu’au Mali, « nous sommes en train de gagner cette bataille[10] »;  certains de ses ministres vont même jusqu’à affirmer que la France est en guerre.

Guerre contre qui? Sur quelles bases légales au regard du droit international?

Depuis son non engagement contre l'Irak, la France n’a de cesse d’endosser le statut de va-t-en-guerre. Elle l’a fait en Libye, hors du cadre onusien mais au nom du droit d'ingérence et de la responsabilité de protéger les populations civiles[11]. Elle cherche à prouver à ses alliés favoris qu’elle continue à tenir son rang et qu’elle est à leurs côtés en allant défendre leurs intérêts et les maigres privilèges qui lui restent, même si cela est fait alors qu’elle sait que l'usage de la force ou même la menace de l'usage de la force est interdit par l'article 2 §4 de la Charte des Nations Unies.

Cet article interdit de manière absolue l’usage de la force et de la menace de l’utilisation de la force. Cette interdiction- une des plus grandes conquêtes de l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale- est une garantie normative visant la paix et la sécurité internationales pour tous les Etats et les peuples.

Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée, soit lorsque les mesures de coercition armées sont décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (chapitre VII de la charte), soit parce qu’il s’agit de légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, qui reconnaît, à tous les Etats, le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La France se trouvait-elle dans l’une ou l’autre de ces situations?

L’interdiction absolue -et répétons-le une fois encore, sauf en cas de légitime défense et de l’autorisation du Conseil de sécurité- fait partie, sans aucun doute, des normes impératives du droit international.

En déclenchant une guerre au Mali, les autorités françaises -agissant en tant qu’organes de l’Etat- ont ordonné l’exécution d’opérations militaires qui, de toute évidence, enfreignent les dispositions de la Charte des Nations Unies. Ainsi, les autorités françaises –il est vrai que ce ne sont pas les seules- sont en train de violer l’une des normes les plus fondamentales du droit international, mettant directement en danger la paix et la sécurité internationales dont les conséquences néfastes vont se faire sentir bien au-delà du départ, encore très incertain, des troupes françaises.

Certes, en l'état actuel du dispositif impérialiste, il est somme toute normal que la France, membre du Conseil de Sécurité, ne se soit pas portée garante de cette norme impérative du droit international et ait préféré surfer sur des idées comme le droit de protéger ses otages retenus à l’intérieur de territoires souverains et sur la responsabilité de protéger les populations du Nord Mali et stopper à la fois l’avancée sur le sud du Mali et la destruction de biens culturels d’importance. Elle continue à  ouvrir la porte à ce nouvel ordre mondial de violence et de misère basé sur la loi du plus fort et la déstructuration de l'ensemble des normes impératives du droit international.

Préférer la violence et la guerre à la recherche de moyens pour maintenir la paix et la sécurité internationales pour l'ensemble des peuples, c'est permettre que tout le système multilatéral onusien soit remis en cause alors qu'il aurait fallu trouver d’autres moyens pour mettre fin à ce début de partition du Mali et permettre aux Maliens et aux Maliennes de construire des solutions pour mettre fin aux nombreuses exactions portant atteintes à l’ensemble des droits fondamentaux.

En passant outre certaines des Résolutions[12] adoptées sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, la France ne fait que démontrer que le système onusien a perdu toute sa crédibilité et dès lors qu'il est aisé de le bafouer, de le contourner, de le manipuler, voire de l’ignorer. Cela a été le cas pour la Libye, l’Irak où la culture du mensonge a été portée à un niveau de cynisme qui a coûté et coûte encore la vie à de très nombreux enfants, femmes et hommes.

Le Président de la France, dès lors, mérite-t-il d’être récompensé? Certainement pas!

C’est pourtant bien ce qu’a fait le jury présidé par l'ancien Président du Mozambique, Joaquim Chissano, qui a «condamné la violation de l'intégrité territoriale du Mali, les violations des droits de l'homme, l'enlèvement d'otages et la destruction du patrimoine culturel de l'humanité à Tombouctou » en reconnaissant « la contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique » et « la solidarité manifestée par la France à l'égard des peuples africains ». Si nous sommes tous et toutes d’accord pour condamner, aux côtés des Maliens et des Maliennes, la violation de l’intégrité territoriale, l’enlèvement d’otages et la destruction d’un patrimoine culturel inestimable, il reste une question de taille.

Certes, le peuple malien, grâce aux moyens militaires importants de la France, a été « débarrassé » des groupes semant la violence au Nord Mali ; il aspirait, fort légitimement, à la fin de la terreur ; mais quel prix va-t-il maintenant payer d’une part, à « ses sauveurs » et d’autre part, aux groupes qui vont certainement continuer à semer la terreur une fois les troupes françaises parties? Cela autorisait-il la France à commettre les exactions commises lors de la reprise de Kidal? Comment expliquer que la France a noué  des relations particulières avec le MNLA dans la même ville?

Les questions posées par certains de ces groupes sont-elles résolues? Sera-t-il enfin mis fin au passage de la drogue qui alimente l’Europe dans ces régions? La question touareg trouvera-t-elle une solution? Cette intervention extérieure permettra-t-elle la reconstruction des institutions maliennes de manière durable et avec des moyens suffisants pour assurer une totale souveraineté à un gouvernement qui n’a cessé d’être sous la coupe de ses anciens colonisateurs et des institutions financières internationales? Les pays occidentaux arrêteront-ils de faire croire à l’ensemble des peuples qui se sont libérés de dictature ou qui sont encore sous l’emprise de leurs « suzerains » que le seul modèle démocratique est le leur?

Autant de questions qui restent en suspens et pour lesquelles l’intervention française ne peut apporter de solution tant ces réponses doivent être construites par le peuple malien dans son ensemble en raison de son droit inaliénable à disposer de lui-même et de jouir pleinement de sa souveraineté, sans ingérence extérieure imposée. 

Au regard de tout cela, il y aurait une certaine indécence à remettre le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à François Hollande. 

La Commission internationale pour la recherche de la paix doit revoir son casting et attribuer ce prix à des hommes et des femmes qui se battent au quotidien pour maintenir la paix alors que ce sont les logiques de guerre qui prévalent et envahissent de plus en plus l’espace social mondial.

Face à ces logiques mortifères, le « Peuple des Nations » doit cesser de courber l’échine et doit faire entendre ses voix diverses, son attachement fondamental au droit à disposer de lui-même il doit  aussi faire entendre son refus de la menace d'une guerre permanente et de cet ordre qui les exploite et les exclut du partage du pouvoir et des richesses.

Dans ce contexte, il serait indécent que le Président de la République, François Hollande, soit récompensé pour ses entreprises « guerrières » et reçoive le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

 

Fondation Frantz Fanon

http:// frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com

 



[1] Ce prix a été décerné à de nombreuses personnalités dont Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, Jimmy Carter, Abdoulaye Wade, Martti Ahtisaari, ainsi que Luiz Inácio Lula da Silva.

[2] Rapport -AFR 31/002/2011, Amnesty International, mai 2011.

[3] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/international-commission-for-peace-research/

[4] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/

[5] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/presentation/general-conditions-of-the-prize/#c246171

[6] Représentée par « nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants » qui sont dans la majorité des Etats élus par les membres de la société civile, Préambule de la Charte des Nations Unies.

[7] http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=15244&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[8] Préambule de la Charte des Nations Unies.

[9] Proposition 58, Le changement c’est maintenant ; Mes 60 engagements pour la France ; 

http://www.parti-socialiste.fr/dossier/le-projet-de-francois-hollande

 [10] ww.lepoint.fr/monde/mali-nous-sommes-en-train-de-gagner-cette-bataille-selon-hollande-28-01-2013-1621132_24.php

[11] Enfin, la porte est grande ouverte, Mireille Fanon-Mendès-France, 31 mars 2011,

http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/?p=723 

[12] Résolutions 20562071 : votée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de Sécurité et 2085.

LETTRE OUVERTE A L'HUMANITE: LA GRANDE AFFAIRE DU MARIAGE POUR TOUS OU LA CAVALE VERS LE CHAOS

 

OLIVIER BILE.jpg

Dr Olivier Bilé, Leader politique et universitaire camerounais
 
 
Chers(es) concitoyens(nes) du monde,
 

Le 12 février 2013, le parlement français a adopté la loi sur le mariage homosexuel, laquelle a été promulguée par François Hollande le mois suivant. Le monde entier a pu constater que cette loi est passée en force, car une bonne frange de la population française y était et y demeure opposée. Les mouvements de contestation dont il faut saluer l’engagement et la détermination, qui ont pris d’assaut la rue française sous la bannière de la « Manif pour tous », réclamaient notamment un référendum, compte tenu de l’ampleur de la portée sociétale de ladite loi. Ils n’ont reçu qu’une fin de non recevoir.

Si la droite française a été soupçonnée de récupérer l’événement à des fins politiciennes, certains de ses membres n’étant pas opposés à ladite loi, il apparait aussi que cette actualité a été loin de donner à la France l’image d’une grande démocratie moderne. Nous nous souvenons que ce jour, des opposants à la loi ont été expulsés par ordre du président de l’assemblée nationale en ces termes : « Mettez moi dehors ces ennemis de la démocratie ».

Dans notre société de la vitesse, l’on est habitué au fait qu’une actualité nouvelle en chasse une moins récente. La question du mariage homosexuel qui touche maintenant quatorze pays à travers le monde, n’est pas une question banale sur laquelle on puisse passer aussi rapidement. Elle engage la communauté mondiale entière et met en jeu le devenir de l’humanité. Raison pour laquelle nous nous permettons de nous inviter au débat mondial relatif à cette question.

Comme l’ont souvent indiqué les opposants à la loi Taubira, toute société est fondée sur la famille qui en constitue la pierre angulaire. S’attaquer à la famille c’est s’engager à saper et pulvériser les bases de la société. Les adeptes de l’homosexualité ont manifestement décidé d’imposer leur préférence sexuelle. Cette tendance à l’effronterie, cette résistance opiniâtre à toutes les normes morales fondamentales, ces assauts répétés et toujours plus virulents contre les repères orthodoxes, nous obligent à nous interroger sur ce qu’il adviendra de nos sociétés dans les âges à venir, si de tels choix sociétaux prospèrent davantage à travers le monde.

Le témoignage de l’histoire nous révèle que l’événement du 12 février 2013 n’est pas une première.

A différentes époques, des inclinations similaires ont été observées parmi les hommes qui, collectivement ou majoritairement, ont adopté des comportements contre-nature, bravant tous les codes moraux et éthiques de leurs époques respectives. N’en déplaise à ceux qui n’y croient pas, le rapport consigné dans la bible révèle la situation du monde antédiluvien à l’époque de Noé. Le cœur des hommes n’était tourné que vers le mal. Cette tendance démocratisée à l’iniquité provoqua le déluge dont seul Noé et sa famille sortirent vivants. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que le peuplement de la terre se refasse et que les groupements humains soient à nouveau constitués. Les peuples de Sodome, Gomorrhe, Adna et Tseboïm s’illustrèrent à leur époque comme des champions de l’homosexualité.

C’était une société émancipée comme la nôtre, aux mœurs libérées et à la sexualité débridée. Les archéologues affirment que la région fut dans un lointain passé, le théâtre d’une extraordinaire déflagration. Le rapport consigné dans la Bible est clair : Dieu sanctionna l’immoralité de ces villes en y faisant pleuvoir du feu alimenté de souffre. Nous savons que la violence et l’immoralité sexuelle furent parmi les causes majeures du déclin de Rome. Malgré toutes ces expériences, les hommes semblent ne pas tirer les leçons de l’histoire. Raison pour laquelle, il convient de leur raffraîchir la mémoire sur cette délicate question.

Il faudrait peut-être à cet égard, commencer à s’interroger sur les causes spirituelles profondes du déclin et des tourments socioéconomiques des sociétés postindustrielles contemporaines. Il faudrait s’interroger sur la prégnance dans ces contextes, des phénomènes d’exclusion sociale, de précarité et de chômage galopants, de suicides et de désespérance, de drogue, de divorces, de violences diverses etc., reflets d’une tendance à la désarticulation continuelle de la structure et des équilibres sociaux traditionnels.

Par invocation des conventions internationales, la pression s’exerce désormais sur les pays du Sud afin que les portes de leurs pays soient plus largement ouvertes à l’homosexualité, ce qui y conduirait à terme, à la légalisation du « mariage pour tous », les mêmes causes produisant les mêmes effets. Rappelons toutefois que cela serait facteur de graves aberrations car ni du point de vue historique, ni du point de vue socio-anthropologique, nos pays africains attestent de traditions susceptibles de justifier et d’intégrer la massification du phénomène de l’homosexualité.

La légalisation du mariage homosexuel est à notre avis, une résultante sur la durée, du paradigme sociétal postmoderniste issu lui-même de la philosophie humaniste moderne d’essence occidentale. Il s’agit d’un humanisme prométhéen qui a déclaré sa haine à l’égard de tous les dieux, allant jusqu’à tuer Dieu selon les termes de Nietzsche. Une fois Dieu écarté, c’est l’homme dans sa volonté de puissance et de domination qui a été instauré. L’homme conquérant aux désirs insatiables qui, pour les assouvir, ne recule devant rien. Dieu écarté, c’est la référence suprême à la morale qui a été éteinte.

Dès lors toute morale devient subjective et relative. On en est arrivé à une société sans repère, produisant des scandales à la pelle. Et si une certaine morale laïque est convoquée pour venir à la rescousse, nous constatons chaque jour à travers le monde à quel point les hommes sont en mal de sens, aveuglés qu’ils sont par leurs inclinations primaires au principe des égoïsmes, des injustices et de l’exploitation des hommes par d’autres, du racisme, du terrorisme, des violences multiformes et de la barbarie qui caractérisent notre époque.

Quand un peuple a majoritairement choisi d’expulser Dieu de ses affaires, sa morale l’entraînera inexorablement vers le précipice. Nous voulons rappeler à ce niveau que pendant la révolution française, la France s’illustra comme la première nation dans l’histoire, à crier à la face du monde qu’elle ne voulait plus de Dieu, et s’engagea dans une violente campagne pour éliminer toute trace de Dieu et de la religion. Les Français d’aujourd’hui doivent savoir ou se souvenir du cri de guerre qui nourrit la révolution sanglante de 1789. Il était lancé par l’un de ses prophètes les plus téméraires, athée jusqu’à la moelle, François Marie Arouet dit Voltaire. Son ordre était simple et des plus explicites: « Eliminez l’infâme! », l’infâme étant Jésus-Christ. La nature ayant horreur du vide, il fallait instaurer un nouvel objet de vénération après avoir rasé l’ancien. Une femme symbolisant la liberté fit l’affaire. Plus tard, la statue de la liberté fut offerte par la France aux Etats-Unis d’Amérique.

Depuis 1789 donc, la liberté est devenue le prétexte par lequel on justifie toutes sortes d’initiatives. L’outil pour y parvenir est celui de la raison. Qui ne se souvient en classe de philosophie, du culte voué à la déesse « raison »? On prétendait alors que grâce à la raison, l’homme est capable des plus grands exploits. Raison pour laquelle il n’a plus besoin de Dieu. L’humanisme prométhéen dans toute sa violence, a fait l’éloge du surhomme nietzschéen qui par sa puissance, doit absolument parvenir à ses fins, de la même manière que les promoteurs de l’ordre homosexuel qui, en utilisant l’arme de l’argent et du pouvoir veulent imposer leur ordre sociétal contre-nature. Pour le moment, nous voulons examiner comment l’Europe et le monde occidental se sont retrouvés captifs d’une idéologie mensongère aux intentions absurdes.

Au XIXe siècle, Charles Darwin publie son ouvrage sur la théorie de l’évolution et l’origine des espèces par la sélection naturelle. Jusqu’aujourd’hui, cela n’est resté qu’une théorie, une doctrine qui recherche des arguments scientifiques en sa faveur. Le fonds de la pensée darwinienne était ailleurs. Les tenants de l’évolutionnisme social l’ont rendue explicite. Dans la société, les plus forts dominent et dictent leurs lois et leur vision du monde aux plus faibles qui ont pour seule option de se plier ou de se faire écraser. La logique des seigneurs de l’homosexualité de masse, ne déroge pas à cette règle. Au nom de la liberté, ils obligent les nations à se convertir à cette pratique. On prétend que l’homosexualité est une inclination naturelle qui ne doit pas être réprimée, au risque de violenter les pulsions internes des individus.

Cet argument nous vient de l’hypothèse de Freud qui a voulu trouver en la liberté, l’origine de toutes les névroses sociales. Il fallait donc libérer la sexualité. Voilà ce en quoi l’Europe a cru aveuglément au nom de la raison. A la limite, on pourrait comprendre que l’homosexualité demeure une pratique minoritaire, confidentielle, sans incidence majeure sur les normes et standards sociétaux universellement reconnus. Mais d’où vient-il que l’on en arrive au mariage officiel et à cette violente et agressive irruption dans l’espace public, avec des notions connotées telle celle d’homophobie de plus en plus usitée pour stigmatiser les défenseurs de la norme et de l’orthodoxie humaine en matière de sexualité?

Assurément, nous n’avons à cet égard ni les mêmes valeurs ni la même culture ni les mêmes conceptions quant aux questions de sexualité. Pourquoi alors porter atteinte à la pudeur des peuples en leur imposant cette absurdité? Si les adeptes de l’homosexualité refusent de reconnaître la violence morale dont ils sont les acteurs, nous nous permettons à notre tour de leur demander au nom de quel argument raisonnable, ils veulent que les hommes introduisent leurs phallus dans l’anus des autres, et ce pour quel intérêt? Non, la campagne en faveur de l’homosexualité est une cabale qui ne répond à aucun argument raisonnable.

Les religieux et les partisans de la droite française s’y sont opposés sans oser aborder le fond de la question, sans jamais soulever le véritable problème qui une fois évoqué, suscite la levée des boucliers: l’homosexualité, du point de vue de la morale divine, est source de destruction et de déchéance sociale. A cet égard, notre regard sur les grandes difficultés actuelles de nombre de pays, nous incline à croire que ces derniers sont intimement liés aux options civilisationnelles et sociétales liées à la légalisation du mariage homo et à la massification de la culture de l’homosexualité.

Avec l’humanisme, c’est l’homme déchu qui s’est érigé en idole dans le monde occidental. Nous le qualifions d’humanisme prométhéen parce qu’il promet aux hommes l’affranchissement de la tutelle divine et l’accès au bonheur terrestre. La notion de Dieu a été tellement érodée dans la mémoire collective occidentale que sa seule évocation met plus d’un mal à l’aise. Dieu et la religion sont acceptés comme phénomène social regrettable ou, pour rependre Freud, « des délires collectifs d’hommes qui cherchent à s’assurer bonheur et protection contre la souffrance au moyen d’une déformation chimérique de la réalité ».

Le rejet de Dieu s’est aussi traduit par l’anti-surnaturalisme. Au nom de la science, on a rejeté tout ce qui se situe au-delà de l’entendement humain. La religion étant une expression de la névrose humaine, tous ceux qui s’y adonnent sont relégués au second rang. C’est pourquoi pour ne pas paraître ringard ou démodé, les européens dans leur grande majorité refusent de s’identifier à Dieu. C’est également la raison pour laquelle le bras de fer contre les promoteurs du mariage homosexuel était voué à l’échec, étranger qu’il était à tout argumentaire basé sur le regard et la norme divine.

Comment en effet mener un combat en faveur de l’orthodoxie morale sans se référer à Dieu ? Nous reprochons aux hommes d’église soit leur déficit de courage, soit leur manque de discernement dans cette affaire. Il était de leur devoir de dire clairement qu’ils rejettent l’homosexualité au nom de Dieu et de sa loi. Il leur revenait de mettre les humanistes au défi d’expliquer pourquoi ils refusent la théonomie pour se forger des lois humanistes qui en fin de compte, se révèlent mécanismes de cautionnement de l’immoralité la plus absurde. Aux acteurs de la droite, nous demandons au nom de quoi ils s’opposaient à l’homosexualité, eux qui ont également embrassé l’anthroponomie humaniste aux dépends de l’héritage judéo-chrétien occidental. C’est pourquoi il est fort aisé de les accuser de faire de la récupération politique.

Le problème fondamental de l’occident c’est l’abandon de son héritage chrétien millénaire. Le plus curieux c’est de voir les rationalistes brandir leurs espoirs en la science tout en fréquentant les cercles ésotériques. Satan étant le père du mensonge, il propage son poison au nom de la liberté. C’est cette illusion de liberté et de puissance qu’il a toujours vendue à l’humanité rebelle pour l’asservir ensuite. La liberté est une notion très noble que nous chérissons tous. Nous aussi, nous l’avons choisie. Nous acceptons la liberté par la soumission à Dieu. Dans nos villes africaines, le phénomène des enfants de la rue va grandissant. Entre l’enfant obéissant aux injonctions de son père à la maison et celui qui flâne dans les rues, qui est le plus libre en réalité? Nous ne voulons pas de l’illusion de liberté dont le mariage homosexuel est une expression. Il est toujours temps de se ressaisir et de prendre une nouvelle orientation.

L’occident a rejeté le christianisme, le qualifiant de superstition, pour embrasser les sciences occultes. Le poison de l’occultisme s’est répandu dans le monde entier. En Afrique, la quasi-totalité des chefs d’Etats sub-sahariens sont rosicruciens ou franc-maçons. Qui servent-ils en réalité? Animés par leur soif bacchanale du pouvoir, les fraters utilisent de nos jours une bonne vieille recette. Elle consiste à corrompre le genre humain par l’immoralité, de sorte à la rendre odieuse aux yeux du seul vrai Dieu créateur des cieux et de la terre. L’immoralité sexuelle fut la cause du déluge. Le peuple d’Israël dans l’Ancien Testament devient la proie de ses ennemis chaque fois qu’il s’adonnait à cette iniquité.

La campagne de mondialisation de l’homosexualité n’est rien moins qu’un effort planifié pour corrompre l’humanité entière. Les humains sont comme des enfants gâtés qui aiment à se permette l’assouvissement de leurs pulsions lascives. Pour nous, la liberté c’est la force que Dieu donne pour contrôler et maîtriser les instincts sexuels afin de les exprimer, le moment venu, dans le cadre du mariage entre deux adultes responsables et de sexes différents. Telle est la sexualité pour laquelle nous militons. L’homosexualité n’est pas recevable comme norme ou modèle, de notre modeste point de vue et ceci n’est point une question de d’évolution ou de niveau de développement comme on l’entend trop souvent encore.

C’est une question de conception et de représentation du monde. La campagne de propagation de la culture homosexuelle est une phase majeure du dessein d’asservissement moral et total du genre humain. A travers cet article, nous ne disons pas seulement notre rejet du mariage homo et de la culture de l’homosexualité de masse. Nous déclarons que la chose ne prospérera pas sous nos cieux, compte tenu des valeurs fondamentales de la vie qui sont nôtres. Il est donc inopportun d’exercer des pressions sur nos Etats en vue de favoriser l’affirmation de cette culture au prétexte de la liberté. Nous affirmons que le vrai espoir consiste à revenir aux normes fondamentales, qui ont préservé la civilisation jusqu’à nous. Dans la même lancée, nous voulons souhaiter que dans un ultime et véritable élan de lucidité et de discernement, d’autres gouvernements auront le courage d’abroger les lois sur ce mariage homosexuel dans les pays où il a hélas déjà été adopté.

Comme nous l’avait suggéré Frantz Fanon, Il nous appartient à nous Africains aujourd’hui, d’inventer et d’affirmer courageusement une conception du monde nouvelle ainsi qu’un paradigme sociétal original, foyiste et théocentriste à l’exclusion de tout fanatisme, seul susceptible de préserver le monde des Voies de la dérive et de l’autodestruction. La construction d’un modèle de société fondé sur la promotion des valeurs de Dieu et de notre riche identité africaine sera notre meilleur cadeau à l’humanité toute entière.

 

Dr Olivier Bilé

LE SENATEUR JOHNSON CONFIRME: BLAISE COMPAORE A ASSASSINE THOMAS SANKARA

 

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Prince Johnson, aujourd’hui devenu sénateur


Blaise Compaoré a planifié l’assassinat de Thomas Sankara pour prendre le pouvoir au Burkina Faso. C’est ce qu’affirme Prince Johnson, actuel sénateur au Libéria et ancien mercenaire qui, aux côtés de Charles Taylor, a participé à ce coup d’État. Prince Yormie Johnson, seigneur de guerre en costume, connu pour avoir torturé à mort le président du Libéria Samuel Doe, est digne de foi pour trois raisons.

La première est que son témoignage, prononcé devant la « Commission vérité et réconciliation » du Libéria le 26 août dernier, n’était absolument pas central, plutôt anecdotique dans le flot de révélations sur les 10 ans de guerre civile du Libéria et l’épopée sanglante de Charles Taylor. Il ne représentait pour lui aucun enjeu. La seconde est qu’il confirme ses dires, au micro de RFI ce 25 octobre, et dans l’autobiographie qu’il a publié en 2003, où il relate ce qu’il a vu et entendu comme témoin de premier plan. La troisième raison qui donne pleine crédibilité à ses accusations, est surtout qu’elles corroborent toutes les enquêtes et les témoignages recueillis sur cette affaire jusqu’à ce jour.

(http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_74046.asp.)

Plus la peine donc, de tourner autour du pot, quand les précautions journalistiques commandaient, durant plus de vingt ans, de formuler tout bas ce qui se disait tout haut dans les rues de Ouagadougou : "Blaise Compaoré est devenu président à la faveur de l’assassinat de Thomas Sankara". Cette manière de dire sans dire, de pointer quelque légitimes interrogations, de demander pourquoi Blaise n’a jamais rendu visite aux parents Sankara, qui étaient aussi les siens, de mettre en doute la version officielle, le fait que des soldats puissent prendre seuls la décision d’assassiner un président, que le certificat de décès de Thomas Sankara établisse une "mort naturelle", tout cela n’a donc plus cour. Et la presse du Burkina, timorée au lendemain du témoignage du Sénateur Johnson face à la Commission vérité et réconciliation, n’a plus à se censurer. Pour la première fois, un témoin de premier plan raconte les faits.

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Prince Johnson, Chef de guerre

A RFI et à l’AFP, Prince Johnson a affirmé avoir participé avec d’autres mercenaires à l’assassinat de Thomas Sankara, en 1987, après que Blaise Compaoré leur eut demandé de l’"évincer du pouvoir". "Le numéro deux, Blaise Compaoré, a demandé de l’aider à obtenir l’éviction du pouvoir de Thomas Sankara. Il a dit que c’était la seule façon pour nous de pouvoir vivre au Burkina sans aucune menace. Et Sankara a été tué. Nous l’avons fait parce que c’était le seul moyen pour nous de rester au Burkina et de préparer notre attaque contre Doe", a-t-il déclaré.

Devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, en 2004, le général John Tarnue, ancien commandant général des forces armées du Libéria, avait déjà raconté cet épisode, en évoquant une rencontre vers le mois d’aout 1987 entre Blaise Compaoré, Charles Taylor, Prince Yormie Johnson, Samuel Varney, Duopo et « d’autres membres entraînés des forces rapprochées du Liberia ». « Et alors ils se sont entendus, se sont regroupés et ont suivi Blaise Compaoré. La même année 1987, ils ont assassiné Thomas Sankara » a relaté John Tarnue.

(http://thomassankara.net/spip.php?article168.)

Dans son autobiographie publiée en 2003, Prince Johnson explique que, quand Sankara a eut connaissance du projet de coup d’état, il a refusé que son pays soit utilisé pour déstabiliser le Liberia. Ainsi Taylor a conspiré avec Compaoré pour assassiner le Président, a écrit Johnson.

Ce dernier a même tendance à s’attribuer davantage d’importance dans ce coup d’État en sous entendant qu’il aurait directement participé à cet assassinat. On sait pourtant que les soldats chargés de liquider le président étaient Burkinabés, et leurs noms ont été publiés.

De là peut-être, la raison pour que le porte-parole du gouvernement burkinabè, Philippe Sawadogo, dénonce lundi 27 octobre sur Radio France internationale, "des affirmations basées sur des éléments un peu dignes de fiction", voire des "affabulations".

(http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_74046.asp.)

Encore que selon l’historien Stephen Ellis, Prince Johnson n’était pas si loin d’assassiner Thomas Sankara. Citant des sources proches de Prince Johnson, l’historien explique que le 15 octobre 1987, les “Libériens auraient sécurisé le périmètre autour du Conseil de l’Entente pendant que les Burkinabé étaient à l’intérieur. Compaoré contrôlait bien ses commandos mais n’était pas sur des réactions des autres unités militaires.”

Car pour le reste, les accusations de Prince Johnson sont très peu “dignes de fiction”. Ainsi, le très sérieux chercheur Stephen Ellis, écrivait en 1999 dans The Mask of Anarchy (New York University Press, 1999, p. 68) : "Prince Johnson et Samuel Varney (...) étaient parmi les déserteurs de l’armée libérienne présents au Burkina Faso. Ces libériens ont alors été approchés par Blaise Campaoré qui a sollicité leur aide pour un coup d’état contre le président du Burkina, Thomas Sankara. Selon un ancien assistant de Compaoré, Houphouet Boigny était au courant des ambitions de Compaoré. Le 15 octobre 1987 des soldats burkinabés sous le commandement de Compaoré, avec l’aide d’un groupe d’exilés libériens incluant Prince Johnson, tuèrent Thomas Sankara."

En 1992, le journaliste nigérian M. Nkem Agetua affirmait déjà, dans son ouvrage publié à Lagos "Operation Liberty, the Story of Major General Joshua Nimyel Dogonyaro", que Charles Taylor était associé à la mort de Sankara.

Prince Johnson n’a rien fait d’autre que de confirmer que son groupe de mercenaires libériens, commandés alors par Charles Taylor, était venu au Burkina préparer le renversement du président libérien Samuel Doe et qu’ils avaient du pour cela, s’acquitter d’une première tache. Dans le même entretien à RFI, il a affirmé que l’ancien président ivoirien Houphouet Boigny, disparu en 1993, était favorable au renversement de Sankara et avait permis aux mercenaires libériens de "passer par son pays pour aller au Burkina".

Là encore, François Xavier Veschave fut l’un des premiers à expliquer la connivence entre Kadhafi, Charles Taylor et Houphouet Boigny (lequel veut se venger de Samuel Doe). Un réseau d’intérêts entre chefs d’États pour lequel, selon Verschave, « l’élimination du président Thomas Sankara est sans doute le sacrifice fondateur ».

Philippe Sawadogo peut donc bien considérer ces accusations comme "une intention d’atteinte à notre image". Pour "l’atteinte à l’image", le porte parole du gouvernement du Burkina Faso a parfaitement raison. Quand à "l’intention", encore faut-il déterminer quelle puissance peut parvenir à réunir des témoignages aussi semblables de milieux si divers. A part bien sûr, la réalité historique.

Faute d’éclaircissements de la part du principal accusé, qui a toujours nié être impliqué dans cet assassinat, il faut bien se contenter de ces débuts de vérité qui affleurent au fil du temps. A moins que Blaise Compaoré ne se decide, comme au Libéria, de faire oeuvre de vérité comme l’y exhorte l’Union pour la renaissance / Mouvement sankariste (UNIR/MS).

(http://thomassankara.net/spip.php?article640)


Rémi RIVIERE

remiriviere.pb@gmail.com


Source: THOMAS SANKARA.NET

jeudi, 30 mai 2013

SYRIE: L'ARMEE PRETE A LANCER UNE OFFENSIVE A QOUSSEIR, LE RETRAIT DU HEZBOLLAH EXIGE

 

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Le chef de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Mouaz al-Khatib.

 

L'opposition syrienne joue avec les nerfs de la communauté internationale. Réunie à Istanbul depuis près d'une semaine, la Coalition nationale peine à adopter une position en vue de la conférence sur la paix prévue à Genève en juin. Au grand dam de la communauté internationale. METRONEWS.FR

A Istanbul, plusieurs diplomates de pays soutenant l'opposition syrienne se sont rendus à la réunion de la Coalition nationale de l'opposition pour tenter de débloquer les débats. AFP

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Des tanks de l'armée syrienne prennent position près de la ville de Qousseir, le 25 mai 2013 (Photo AFP).

 

DAMAS — Washington a exigé "le retrait immédiat" du Hezbollah de Syrie, au moment où l'armée syrienne, épaulée par ce mouvement libanais, a annoncé s'être emparée de l'aéroport de Dabaa, prémice d'une offensive de tous les côtés contre les rebelles à Qousseir.

De son côté, la Russie, soutien de Damas, a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à la conférence internationale de paix sur la Syrie baptisée "Genève-2", qu'elle prépare pour juin avec les Etats-Unis.

Les Etats-Unis, la Russie et l'ONU n'ont toujours pas résolu de nombreuses questions relatives à cette future conférence internationale, y compris la date précise de cette réunion, a indiqué mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le régime a donné son accord de principe à cette conférence, et l'opposition, rongée par ses divisions, peine à prendre une décision, alors que les violences ont fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, et ont poussé à la fuite plus de cinq millions de Syriens.

La Coalition nationale de l'opposition syrienne a indiqué qu'elle "accueille favorablement les efforts internationaux destinés à favoriser une solution politique au conflit", dans une déclaration publiée mercredi soir après sept jours d'âpres discussions à Istanbul.

Elle continue à exiger le départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad et de ses chefs militaires mais n'en fait pas un préalable à une participation à une conférence de paix, selon un porte-parole qui s'est refusé à préciser si l'opposition participerait ou non à une telle réunion.

Comme ils l'avaient déjà fait, les opposants syriens ont formulé à nouveau mercredi trois exigences: "les massacres et destructions commises par le régime doivent cesser; les forces révolutionnaires doivent bénéficier d'armes pour se protéger; l'invasion de l'Iran et de la milice (chiite libanaise) du Hezbollah doit être arrêtée".

Outre sa participation à la conférence de Genève, la Coalition doit encore se prononcer sur son élargissement, le choix d'un nouveau président et la composition d'un gouvernement provisoire.

Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété mercredi que le président Assad resterait à son poste jusqu'en 2014 et se présenterait pour un troisième mandat "si le peuple le veut".

M. Mouallem a par ailleurs qualifié la France de "menteuse" à propos des accusations de Paris sur l'utilisation par Damas d'armes chimiques.

"L'arme chimique n'a été utilisée qu'une seule fois, à Khan al-Assal", par les rebelles, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne à la chaîne de télévision arabe al-Mayadeen.

Le pouvoir syrien accuse la rébellion d'avoir eu recours à des armes chimiques le 19 mars à Khan al-Assal, près d'Alep (nord).

Sur le terrain, l'armée syrienne contrôle l'aéroport de Dabaa "à l'issue d'une opération militaire de plusieurs heures commencée dans la matinée", a affirmé une source militaire à l'AFP, précisant que l'opération a fait plusieurs dizaines de morts.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images de l'intérieur de cet ancien aéroport montrant des chars postés près des hangars et des soldats tirant vers l'extérieur.

L'armée contrôle désormais toutes les issues de Qousseir, stratégique tant pour le régime que pour les insurgés, et peut lancer une offensive sur tous les fronts contre le dernier carré d'insurgés dans cette ville du centre-ouest de la Syrie.

"Nous pouvons désormais nous diriger vers le quartier nord de Qousseir", où sont retranchés les insurgés, a déclaré un officier à al-Manar.

Cette avancée fait suite à l'envoi vers la ville de renforts du Hezbollah libanais et des forces spéciales de la garde républicaine, les mieux entraînées des troupes syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONU condamne les combattants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah, fer de lance de l'assaut lancé le 19 mai contre Qousseir, avait déployé 3.000 à 4.000 combattants en Syrie.

"Nous exigeons que le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie" a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, dénonçant "une escalade inacceptable".

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné l'intervention de "combattants étrangers" aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir, et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville.

Une résolution en ce sens, présentée par les Etats-Unis, le Qatar et la Turquie, a été adoptée par le Conseil, par 36 voix contre 1 (le Venezuela). Huit pays se sont abstenus.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé que "le nombre croissant de soldats étrangers qui traversent la frontière de part et d'autre ne fait qu'encourager la violence confessionnelle".

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des combattants sunnites libanais" se battent en outre du côté des rebelles, donnant au conflit "de plus en plus une dimension confessionnelle".

Le pouvoir en Syrie est tenu par la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme, tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles sont des sunnites.

Le contrôle de Qousseir est essentiel pour la rébellion, car cette ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban, mais aussi pour le pouvoir car la cité est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

L'Iran, allié régional de la Syrie qui a indiqué avoir reçu une "invitation orale" à participer Genève-2 en dépit des réticences de la France, a dit souhaiter une "solution politique" en Syrie, lors d'une conférence sur le conflit syrien organisée par Téhéran.


Source: AFP

DESESPERANTE AFRIQUE… 50 ANS APRES LA NAISSANCE DE L’OUA (DEVENUE UA)


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Le Président Français François Hollande est l’invité spécial de Madame Nkosazana Dlamini-Zuma (Présidente de la Commission de l'Union africaine), pour la célébration des 50 ans de l’UA. Et même que Mr Alassane Dramane Ouattara le ‘préfet’ installé par la France à la tête de la Côte d’Ivoire comme Président, devrait prendre la parole devant les membres de cette assemblée du haut de cette tribune continentale. La vivante Françafrique en Force, revigorée par ses dernières victoires néo-colonialistes en Côte d’Ivoire puis au Mali.

C’est à désespérer de cette institution qui se révèle être devenue une coquille vide. Diallo telli doit certainement être en train de se retourner dans sa tombe. Six pieds sous terre, Modibo Keïta et Sylvanus Olympio doivent se demander si ceux qui conduisent cette institution née pour une grande et belle aventure Africaine ont lu la charte qu’ils ont rédigée en 1963. 

La première ligne de la charte de l’OUA dit : ‘Nous, Chefs d’Etat et de Gouvernement africains, réunis à Addis Abéba, Ethiopie ; 

CONVAINCUS QUE LES PEUPLES ONT LE DROIT INALIÉNABLE DE DETERMINER LEUR PROPRE DESTIN […]

Oui… nos peuples Africains ont le droit inaliénable de déterminer leur propre destin, mais nombre d’entre eux ont fait le choix de confier ce destin au vorace Empire Français. 

Finalement, c’est quoi le but de la ‘lutte’ de l’OUA (UA)? 

Nous avons le droit de lutter, mais ne nous trompons pas d’adversaires.

Nous avons le droit de rêver, mais ne dormons pas sur nos lauriers (bien entendu, si nous en avons).

Nous avons le droit de vouloir d’une Afrique plus représentative dans le concert des nations, mais c’est à nous de bâtir cette Afrique-là et ce n’est pas ainsi que nous y parviendrons en reniant les règles de base que nous nous fixons. 

Comme le dit Aimé Césaire dans la Tragédie du Roi Christophe: «Les autres ont fait à petits coups de siècles. Où est pour nous le salut, si ce n’est que nous ferons -nous- à grands coups d’années.» 

Que faut-il faire pour susciter un nouvel élan dans la démarche émancipatrice de l'Afrique (de l’Afrique Noir surtout)?


Source: Le blog de Claudus

CINQUANTENAIRE DE L'UA: POUSSEE D'«AFRICANERIES» SUR FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Voilà que les lampions se sont éteints sur les célébrations marquant le cinquantenaire de l’Union africaine avec pour ancêtre, l’OUA. Réunis à Addis-Abeba dans la cuvette de verre qui sert désormais de siège à l’organisation panafricaine, les chefs d’Etat du continent et leurs invités ont tenu à marquer l’événement d’une pierre blanche. Comme à chaque grand-messe du genre, discours et résolutions ont fusé de la tribune, suscitant parfois dans l’auditoire un air de déjà-vu, pour ne pas dire de déjà-entendu.


S’il est un discours qui n’aura pas laissé les délégués indifférents, c’est bien celui du président français, François Hollande, seul chef d’Etat occidental convié à l’anniversaire de l’illustre quinqua. En effet, c’est sans ambages que le grand chef blanc a convié ses pairs africains sur les rives de la Seine les 6 et 7 décembre prochain pour discuter sécurité et paix. Et comme il fallait s'y attendre, la pilule a été dure à avaler pour certains, qui estiment avoir été mis devant le fait accompli, pour ne pas dire qu’ils se sont sentis purement et simplement convoqués, et cela, sans le moindre préalable. Des grincements de dents qui laissent transparaître en filigrane les vieux réflexes de souverainisme frileux.

L'on a parfois l'impression que nos chefaillons veulent une chose et son contraire. Tant leur attitude envers les anciennes puissances coloniales est pleine de paradoxe. Quand ça ne va pas chez eux, on mendie le soutien de l'Occident. Mais quand ce dernier s'avise de prendre des initiatives les concernant, on crie à l'ingérance et au paternalisme. Où était l'Union africaine et sa fameuse force en attente lorsque les émirs d'Aqmi et leurs alliés menaçaient de mettre le Mali sous leur coupe ? N'est-ce pas la France qui a sauvé ce pays du péril djihadiste? Une chose est d'avoir de l'orgueil, une autre est d'en disposer des moyens.

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’organisation panafricaine ne s’y est pas trompé, lui qui, dès lundi, a salué l’initiative en y ajoutant toutefois un bémol. Pour lui «s’il y a un principe que le cinquantenaire a mis en évidence, c’est certainement le principe de solutions africaines aux problèmes de l’Afrique». Ainsi, pour ne pas tomber à l’eau, la prochaine conférence de Paris devra donc favoriser le leadership du continent en matière de paix et de sécurité.

Mais ne nous y trompons pas. Si à la tribune d’Addis-Abeba le président français a convenu qu’il revenait bien aux Africains d’assurer leur propre sécurité, il n’en demeure pas moins qu’à son sens, un conflit local peut avoir des répercussions à l’échelle mondiale. Raison de plus pour ne pas rejeter la main tendue, surtout si celle-ci va dans le sens d’un accompagnement décomplexé vers la mise en œuvre effective de solutions africaines aux problèmes africains. Si pour l’instant la volonté semble partagée de part et d’autre de la Méditerranée, le plus dur reste à faire.

 

H. Marie Ouédraogo


Source: L'OBSERVATEUR.BF

ETATS-UNIS: LES HACKERS CHINOIS SAVENT TOUT DE L'ARMEMENT SECRET AMERICAIN

 

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PENTAGONE, Arlington (Etats-Unis) – L’industrie de défense américaine, surtout celle qui concerne l’armement de pointe, est dans tous ses états. Selon une note confidentielle des experts du Pentagone, le saint des saints, un grand nombre de systèmes d’armements, les plus avancés technologiquement et les plus sensibles de la Nation américaine ont été "compromis", selon la formule consacrée. Il s’agit du fait qu’ils auraient été copiés ou contrefaits par des hackers chinois qui travaillent pour leur Gouvernement.


En effet, parmi ces armes, plus de deux douzaines des grands systèmes d’armements ont vu leurs dessins violés. Or, ce sont des programmes essentiels pour la défense antimissile des États-Unis. Ainsi, les avions de combat et les navires américains n’ont plus de secret pour les Chinois, ce qui est très embêtant pour les Etats-Unis. Selon ce rapport secret non-divulgué, les dirigeants du Pentagone ont eu recours au Conseil Scientifique de Défense, qui a confirmé toutes ces données, qui affaiblissent sensiblement les Etats-Unis, militairement parlant car, sur le plan économique déjà, les Chinois ont pris un sérieux ascendant sur les Etats-Unis.

Les experts préviennent même que, ces intrusions électroniques chinoise ont donné accès à l’Empire du milieu, à des technologies de pointe qui pourraient accélérer le développement de ses systèmes d’armements et affaiblir davantage les forces militaires américaines en cas de conflit entre les deux pays…


Source: Le blog d'Allain Jules

FACE A LA DECISION DE PARIS ET LONDRES D’ARMER LES REBELLES SYRIENS, MOSCOU DECIDE A SON TOUR DE LIVRER DES MISSILES A BACHAR AL ASSAD

 

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Londres et Paris ont annoncé qu’ils pourraient livrer des armes à l’opposition syrienne avant le mois d’août. La Russie indique, elle, qu’elle livrera des missiles S-300 à Damas pour dissuader toute velléité d’ingérence occidentale dans le conflit.

 

Alors que la levée de l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens a été décidée, lundi 27 mai, par les 27 États membres de l’Union européenne, la Russie a annoncé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qu’elle ne renoncerait pas à ses projets de livraison de missiles sol-air au régime de Bachar al-Assad, en dépit des objections occidentales. La livraison de ces systèmes de défense, a-t-il poursuivi, contribuera à dissuader toute velléité d’ingérence dans le conflit en cours depuis mars 2011 que pourraient nourrir des “têtes brûlées”.

“Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu”, a déclaré, de son côté, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. “Mais si par malheur elles arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire”, a-t-il menacé. Les autorités israéliennes redoutent, en effet, que de telles armes ne finissent par tomber entre les mains du Hezbollah libanais ou des forces iraniennes. Tsahal a mené début mai une série de raids aériens en Syrie pour détruire, selon des sources israéliennes et occidentales, des armes destinées au mouvement chiite pro-iranien.

Levée de l’embargo sur les armes

Réunis lundi soir à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont, eux, décidé de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens et le maintien de toutes les autres sanctions votées depuis l’été 2011. “L’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien” prises il y a deux ans, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en milieu de nuit, à l’issue d’une réunion marathon.

Le chef de la diplomatie britannique a enfoncé le clou mardi, indiquant que Londres considérait qu’il n’était “pas exclu” d’armer les rebelles avant le 1er août, date d’expiration de l’embargo occidental, tout en ajoutant cependant que son pays n’agirait pas seul s’il choisissait d’aller dans ce sens. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, a déclaré peu après que la France se réservait elle aussi le droit d’armer rapidement les rebelles syriens mais qu’elle n’avait encore pris aucune décision en ce sens. Il a précisé que la décision prise lundi par l’UE de lever l’embargo sur les armes était une déclaration politique qui n’avait aucun fondement juridique.

“La décision de lever l’embargo n’est pas nécessairement une décision de livrer des armes”, a toutefois souligné le diplomate français qui rappelle que la France souhaite qu’une solution politique soit trouvée, notamment dans le cadre de la conférence Genève 2 prévue à la mi-juin à l’initiative des États-Unis et de la Russie. De plus, la question de la traçabilité des armes poussent Britanniques et Français à la prudence devant les divisions de l’opposition syrienne et la présence de brigades djihadistes en Syrie. 

“Genève 2″ au cœur des discussions américanos-russes

En évoquant la conférence Genève 2, Sergueï Lavrov a déclaré à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry: “Nous avons discuté des moyens de procéder [...] pour que cette conférence ait lieu. Ce n’est pas une tâche facile, ce n’est vraiment pas une mince affaire”. La levée de l’embargo par l’Union européenne “porte un préjudice direct à la possibilité d’organiser une conférence internationale” sur le règlement du conflit en Syrie, a-t-il ajouté. Cette sixième rencontre entre les deux hommes depuis la prise de fonction de John Kerry en février avait pour objectif de fixer une date pour cette conférence de paix mais aussi de déterminer la liste des participants du côté syrien.

Reste que si Damas a donné son “accord de principe” pour participer à “Genève 2″, l’opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée.

En juin 2012, la première conférence de Genève avait rassemblé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), des représentants de l’Irak, du Koweït, du Qatar, de la Turquie, et des responsables de l’ONU et de l’Union européenne ne s’est pas encore prononcée sur sa présence. La conférence de paix pourrait également être “élargie pour inclure tous les acteurs clefs” dans la région. Moscou souhaite de longue date que l’Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Sur le terrain, les combats font toujours rage entre les rebelles syriens et les forces de Bachar el-Assad, notamment autour de la ville stratégique de Qousseir, dans le centre du pays. Les insurgés défendent bec et ongle cette ville et ses environs, zone stratégique aussi bien pour les rebelles que pour le régime car elle se trouve sur le principal axe vers le Liban et sur la route reliant Damas au littoral, base arrière du régime.

 

Le 29 mai 2013. Lu sur france24.fr

Le titre est de la rédaction


Source: IVOIRENEWS INFO.NET

mercredi, 29 mai 2013

LE POUVOIR FRANC-MAÇON IVOIRIEN ET L'USAGE DES SYMBOLES MYSTIQUES (2)

 

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L'équerre et le compas franc-maçons avec un ''G'' au milieu de l'ensemble, chapeautés de l'oeil de l'esprit (3ème œil) dans un triangle.


Comme nous le montrions dans notre premier post "Le pouvoir franc-maçon ivoirien et l'usage des symboles mystiques", la Côte d'Ivoire prétendument nouvelle gît sous le pouvoir de la franc-maçonnerie et du satanisme. Nous vous en apportons une preuve supplémentaire à travers ce deuxième post.

Ne soyons donc pas étonnés que ce beau pays que fût, jadis, la Côte d'Ivoire, soit devenue une antre inhospitalière de serpents vénimeux et un repaire de druides lucifériens, qui répandent le sang des ivoiriens dans toutes sortes de crimes allant jusqu'au génocide (celui des Wê), qui confisquent nos libertés, pillent nos richesses et nos ressources publiques, sèment la terreur sur notre peuple, nous spolient de nos terres ancestrales et pervertissent notre pays par des lois homosexuelles. 

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L'oeil illuminati (Visible aussi sur le dollar américain. Novus Ordo Seclorum: Le Nouvel Ordre des Siècles ou Nouvel Ordre Mondial).


Sous ce régime, explosent comme jamais auparavant les crimes rituels, les sacrifices humains, les hécatombes routières et les noyades. Il ne pouvait en être autrement quand on a mis notre chère Eburnie sous le sceau des ténèbres de l'occultisme et du mysticisme le plus rétrograde.


Que DIEU sauve la Côte d'Ivoire!

 
DINDE Fernand AGBO

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La télévision publique ivoirienne sous le contrôle de la franc-maçonnerie.

 

Passation de service entre les directeurs généraux entrant, Aka Sayé Lazare, et sortant, Ahmadou Bakayoko, de la RTI:

- Observons les portes en arrière-plan à gauche.

- A droite l'équerre maçonnique, l'un des symboles de la franc-maçonnerie.

 

Source: La page Facebook de ACC - Côte d'Ivoire

HOLLANDE PERORE A ADDIS-ABEBA DEVANT UNE SALLE VIDE! (VIDEO)

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Hollande n'était pas au sommet d'Addis-Abeba au moment où tous les chefs d'Etats africains y étaient. Son discours était attendu pour 19h, il a été fait à 20h40 devant une salle vide, après que tous les participants au meeting du Cinquantenaire de l'Union Africaine (UA) fussent rentrés chez eux.

Chapeau bas au service de communication de l'Elysée! Vraiment trop fort!

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
 


Source: CANAL PLUS.FR

TOURNEE AFRICAINE DES OBAMA: QUOI, LE GRAND OUATTARA IGNORE!?

 

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Du 26 juin au 3 juillet, le président Barack Obama et son épouse Michelle Obama vont se rendre dans plusieurs pays africains. Cette tournée, la première en terre africaine depuis la réélection du président Obama à la tête de la première puissance mondiale, le conduira en Afrique du Sud, Sénégal et Tanzanie.

Pour la Côte d'Ivoire promise à l’émergence en 2020, il nous faudra attendre. Pourtant cette visite s’inscrit curieusement dans la volonté des USA de « renforcer et développer les relations des états-Unis avec ces pays d’Afrique subsaharienne, en renforçant notamment la croissance économique, les institutions démocratiques, les investissements et le commerce, et en investissant dans la prochaine génération des dirigeants africains » selon un communiqué de la Maison Blanche.

Vous avez dit renforcement de la croissance économique?

Celle de la Côte d'Ivoire frôle officiellement les deux chiffres. Mais l’on sait que ce n’est que très artificiel. Au point que «l’argent travaille sans circuler». La pauvreté a atteint le niveau record des 50 années d’indépendance. Les USA le savent, eux qui écrivent dans leur dernier rapport que «la corruption était omniprésente en 2012».

Institutions démocratiques?

Après avoir entraîné la Côte d'Ivoire dans la guerre par la volonté de son président Wade, le Sénégal a eu l’intelligence d’éviter ces souffrances à son peuple et en recueille aujourd’hui les fruits en matière de coopération internationale. Par ailleurs, la Côte d'Ivoire a eu ses institutions démocratiques par les bombes ; et la justice des vainqueurs en cours dans le pays, conjuguée aux violations quotidiennes et criminelles des droits de l’homme avec des génocides allégués à l’Ouest la rendent indigne de fréquentations politiques officielles, en dehors des contrats nocturnes. Le soufre des odeurs des assassinats est encore trop piquant pour se rendre au bord de lagune Ebrié. L’harmattan, ce vent de poussière et de froid qui souffle du Nord au Sud, y charrie, au propre comme au figuré, des odeurs nauséabondes du sang des campements de l’ouest et du camp de Nahibly.

Investir dans la prochaine génération des dirigeants africains?

Les  dirigeants Ivoiriens se sont autoproclamés d’ossature internationale et la présidence de la CEDEAO (Communauté des états de l’Afrique de l’Ouest) octroyée pour asseoir une légitimité contestée à l’intérieur des frontières nationales est sans doute une veste trop grande pour eux. Obama peut donc passer son chemin. A moins que Barack Obama dont l’Ambassade en Côte d'Ivoire vient  de produire un rapport accablant sur le régime Ivoirien ne sache que «la prochaine génération des dirigeants africains» au titre de la Côte d'Ivoire se trouve en exil. Seuls les "Dozos" à la gâchette facile écume les forêts ivoiriennes en quête de gibier humain.

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En effet, pour Obama et les USA, «Les problèmes de droits de l’homme les plus graves ont été les violations commises par les forces de sécurité et l’incapacité du gouvernement à faire respecter l’état de droit. Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l’armée du pays, se sont rendus coupables d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture et de détentions arbitraires. Bien qu’originaires du Nord du pays, les Dozos, des chasseurs traditionnels qui assumaient souvent des rôles de sécurité non officiels, se retrouvaient dans tout le pays et étaient impliqués dans des violations des droits humains, notamment des meurtres et des cas de détention arbitraire au cours de l’année. Les conditions dans les prisons et centres de détention étaient dures. La corruption a persisté dans l’appareil judiciaire, qui était inefficace et manquait d’indépendance. Le gouvernement a restreint la liberté de la presse et le droit à la vie privée. Les personnes déplacées internes (PDI) ont fait face à des conditions de vie précaires et difficiles.

Le gouvernement a rarement pris des mesures pour poursuivre les responsables qui ont commis des violations, que ce soit dans les services de sécurité ou ailleurs au sein du gouvernement. L’impunité des forces de sécurité, en particulier pour les crimes commis durant la crise postélectorale de 2011, a été un problème». (Extrait de "RAPPORT (USA) 2012 SUR LES DROITS DE L’HOMME EN CÔTE D’IVOIRE").

 

Nelson Degol


Animateur du blog AFRIKEVEIL

CPI - UN AVOCAT ATTAQUE: LA CPI N’A RIEN DE SERIEUX ET DE SOLIDE CONTRE GBAGBO

 

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Maître Norbert Tricaud


La situation politique en Côte d’Ivoire, deux ans après la déportation du président Laurent GBAGBO à la Haye, continue de faire débat. Passé en effet, l’euphorie des premiers moments de colère savamment orchestrés par la France de Sarkozy, instrumentalisant un simple et banal contentieux postélectoral pour diaboliser un camp aux yeux de toute la communauté internationale, les observateurs avertis de la crise politique ivoirienne ne veulent plus se taire. A l’évidence, l’escroquerie morale opérée en Côte d’Ivoire en avril 2011 ne fait plus recette. 

 

«Côte d’Ivoire: 10 ans d’erreurs françaises!» Voilà l’important thème qui a réuni autour de Jean-Luc Pujo, animateur de la rencontre, Charles ONANA, journaliste d’investigation, auteur du livre: "Côte d’Ivoire le coup d’Etat", maître Jean Balan, avocat des victimes françaises des douloureux événements de 2004 à Bouaké, Abel NAKI, responsable du mouvement CRI-PANAFRICAIN, et Mme Mireille SAKI, auteur de: " La charte de l’impérialisme, une charte de la servitude ". Quatre invités importants donc ce samedi 25 mai 2013, dans la salle Loungue du Café le FALSTAFF, sis place de la Bastille à Paris, pour un 24ème café littéraire hyper-républicain.      

Ouvrant la série des interventions, le journaliste d’investigation Charles ONANA, a démontré avec beaucoup de dynamisme, les causes profondes de la haine des dirigeants politiques français envers Laurent GBAGBO, l’opposant historique arrivé au pouvoir alors que personne ne l’attendait à ce rendez-vous.       

Pour lui, Laurent GBAGBO qui s’est positionné comme l’alternative politique à la fin du règne de Félix Houphouët Boigny, englué dans un  système opaque de monopartisme et monolithique avec la France, tenait avant tout à imprimer sa marque sur son pays après toutes ces années de règne sans partage du PDCI, le parti de feu Houphouët-Boigny.      

L’hostilité des dirigeants français à l’égard de Laurent GBAGBO est donc née du fait que fiévreux à l’idée de perdre les privilèges de la relation de proximité qu’ils vivaient avec Houphouët-Boigny au lendemain du changement politique en Côte d’Ivoire, ils ne voyaient pas d’un bon œil en effet, l’arrivée d’un dirigeant politique atypique qui réclamait la réécriture des principaux contrats économiques avec le colonisateur.    

Et comme pour son malheur Laurent GBAGBO n’appartenait à "aucun réseau parisien", CHIRAC et plus tard SARKOZY ont refusé de laisser en place un dirigeant politique que personne ne cernait. Le journaliste Charles ONANA fera dès lors l’inventaire de la longue liste des artifices et autres prétextes fallacieux utilisés par la France: tentatives de coups d’état, rébellion, affaire Kieffer, bombardement militaire de Bouaké en 2004, pour renverser après 10 années de harcèlement, Laurent GBAGBO le 11 avril 2011, à la suite du contentieux postélectoral qui l’a opposé à Ouattara Alassane.      

LE CARNET DE ROUTE DE L’ARMEE FRANÇAISE… RENVERSER GBAGBO

A la suite de Charles ONANA, maître Jean Balan, avocat des victimes françaises des douloureux événements de 2004 à Bouaké, dira d’emblée: "Ma conviction intime est qu’on voulait se débarrasser de GBAGBO Laurent…" Expliquant en effet les événements consécutifs à la tentative avortée du président Laurent GBAGBO de libérer son pays en 2004, le juriste fera noter que la fulgurance de la riposte française après la mort des soldats français à Bouaké: destruction à la hache des aéronefs ivoiriens, bombardement du palais présidentiel de Yamoussoukro et du Plateau, n’était rien d’autre qu’un scénario bien ficelé pour opérer un coup de force contre GBAGBO. Pour lui, la réalité est celle-ci: "Les soldats français tués en Côte d’Ivoire lors des événements de 2004 ont été sacrifiés… C’était le prétexte d’un coup d’Etat. C’est indiscutable. C’était le carnet de route de l’armée française…"          

L’avocat au barreau de Paris est d’autant plus convaincu qu’il ne comprend toujours pas les raisons pour lesquelles le dossier solide qu’il a constitué et qui identifie clairement la chaine de commandement dans cette affaire et met l’ex-ministre de la défense à l’époque des faits, Michelle Alliot-Marie en cause a buté sur le refus de la justice française d’aller au bout des enquêtes. "J’accuse formellement Alliot-Marie d’avoir menti. Je sais désormais qu’en France, il y a une catégorie d’hommes politiques qui sont très protégés", dira en conclusion, dépité, l’avocat des victimes.      

Pour sa part, Abel NAKI,  le responsable du CRI-PANAFRICAIN indiquera au public que la mobilisation des patriotes de la diaspora ne faiblira pas, "Parce que Laurent GBAGBO a gagné les élections en Côte d’Ivoire…" Qui plus est, qu’il a été investit par le conseil constitutionnel. Cela devrait suffire poursuivra t-il, pour éteindre toute forme de contestation suscitée et nourrie par Sarkozy au profit de son ami Ouattara: "Le bombardement de la résidence du président Laurent GBAGBO par l’armée française où il se trouvait avec les membres de sa famille et certains de ses proches collaborateurs, s’identifie tout simplement à un coup d’Etat mais aussi à une tentative d’assassinat, comme ce fut le cas pour le guide de Jamahiriya Libyenne, le colonel Kadhafi."  Martèlera Abel NAKI, invitant les résistants Africains à une mobilisation constante pour la libération de Laurent GBAGBO.       

Mireille SAKI auteur du très documenté livre: "La charte de l’impérialisme, une charte de la servitude "quatrième oratrice du jour enfoncera le clou en dénonçant les pactes de servitudes abusivement appelés traités de coopération signés entre la France et certains pays Africains. S’appesantissant sur le cas de la Côte d’Ivoire, elle révélera que c’est le 19 février 1842 que la France conclura son premier traité avec la Côte d’Ivoire. Une situation qui montre clairement que depuis cette date, la Côte d’Ivoire est sous tutelle de la France. "La France n’est pas prête à quitter la Côte d’Ivoire de sitôt…", dénoncera t-elle. Aussi, invitera- elle la nouvelle génération à poser sereinement le diagnostic de cette situation pour en tirer les conclusions les plus utiles.      

Pour finir, les uns et les autres ont appelé à la libération du président Laurent GBAGBO injustement détenu à la Haye. A cet effet, et devant le retard dans le verdict de l’audience de confirmation des charges. Maître Norbert Tricaud, conseil du Sénateur Jean Pierre Bemba, détenu également à la Haye dénoncera le manque de sérieux dans les accusations portées contre le président Laurent GBAGBO. En grand connaisseur des rouages de la CPI, il dira: "Dans l’affaire GBAGBO contre le procureur, l’accusation s’est ridiculisée. La nullité des preuves et autres documents comme la vidéo du Kenya attribuée aux partisans de GBAGBO montre bien qu’il n’y a rien de sérieux et de solide  contre GBAGBO. Ce qui se passe à la Haye n’est pas le procès de Laurent GBAGBO mais celui de la CPI. L’objectif de toute cette agitation c’est qu’ils veulent tout simplement liquider politiquement Laurent GBAGBO…", clamera l’avocat du dirigeant Congolais. 

 

Augustin Djédjé

djedjenet64@yahoo.fr 

 

Source: Le blog de Steve Beko

GEOPOLITIQUE - SELEKA ET CRISE EN CENTRAFRIQUE: LE DESSOUS DES CARTES

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Qui se cache derrière la Seleka et le nouveau président «élu» de Centrafique?


Luc MICHEL pour EODE Press Office

avec AFP – Cameroon Voice – APA – France 24 – RFI / 2013 04 15 /

http://www.facebook.com/EODE.monitoring

http://www.eode.org/category/eode-international-elections-monitoring/international-elections-survey/

Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Centrafrique le mois dernier en renversant le président François Bozizé, a reçu ce samedi « le vernis institutionnel qui lui manquait » en étant « élu président de la République » lors de la première session du Conseil national de transition (CNT), formé par toutes les composantes politiques du pays.

M. Djotodia, qui s'était autoproclamé président après la prise de Bangui le 24 mars par les rebelles du Séléka, était l'unique candidat. Il a été élu sous les applaudissements par acclamation, sans vote.

I - LA SELEKA « LEGITIMEE »

Selon une source diplomatique occidentale, l'élection était en effet un passage obligé pour "donner un peu de légitimité" à Michel Djotodia avec "un habillage institutionnel" alors que ses hommes contrôlent le pays et la capitale.

LE MYSTERIEUX MICHEL DJOTODIA

Formé en URSS, M. Djotodia a d'abord été fonctionnaire au Plan, puis consul de Centrafrique, avant d'échouer deux fois aux législatives. Il passe à la rébellion en 2005, connait l'exil puis rentre dans son pays où il fonde le Séléka ("alliance", en langue nationale sango) en juin 2012. Moins d'un an plus tard, ce maître en stratégie et communication est le nouveau président centrafricain.

Elu pour 18 mois, cet homme réservé, voire mystérieux né en 1949 sans qu'on sache à quelle date exactement, aura la charge de « conduire ce pays à l'histoire mouvementée vers des élections libres et démocratiques et une nouvelle constitution après les dix ans du régime Bozizé ».

"Je mesure à sa juste valeur la porté et l'importance de la charge que vous venez de me confier. Je ne ne ménagerai aucun effort pour assurer de manière concertée la transition qui vient de commencer", a-t-il déclaré dans son premier discours en tant que chef de l'Etat, se posant en rassembleur et soulignant qu'il s'agissait d'une "transition".

"J'en appelle au bon sens et au patriotisme de tout un chacun afin que nous puissions relever les défis importants qui s'imposent à tous", a-t-il poursuivi.

Il a énuméré "la reconstruction de l'unité nationale, la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, la recherche de la paix sociale, le redémarrage de notre économie", comme les tâches fixées au nouveau pouvoir.

LA PROFONDE CRISE CENTRAFRICAINE

L'offensive rebelle lancée en décembre, accompagnée de pillages, de viols et de meurtres qui n'ont pas cessé, a déjà détruit une partie du tissu économique du pays qui figurait déjà parmi les plus pauvres de la planète.

La sécurisation de cette ancienne colonie française avec des hommes en armes partout paraît une gageure dans un pays de 5 millions d'habitants où l'administration en partie détruite n'a jamais vraiment réussi à étendre son pouvoir.

Il faudra aussi éviter tout dérapage sur le plan religieux. De nombreux chrétiens craignent désormais une domination de l'islam alors que les rebelles parvenus au pouvoir sont majoritairement issus du nord musulman. M. Djotodia est d'ailleurs le premier musulman à devenir président de ce pays à majorité chrétienne.

Par le passé, le nouveau dirigeant s'était engagé à respecter les accords signés en janvier à Libreville entre les composantes politiques de la Centrafrique et qui lui interdisent de révoquer le Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition au président Bozizé.

LE «CNT» CENTRAFRICAIN ET LA LEGITIMISATION DE LA REBELLION

La mise en place du CNT – le nom rappelle et c’est voulu l’opération occidentale en Libye – était l'une des recommandations du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis à N'Djamena le 3 avril qui cherchaient à normaliser la situation après la victoire militaire de la rébellion.

Ce Conseil est composé à la fois de membres du Séléka, de l'ancienne opposition au président déchu, de partisans de l'ancien régime, ainsi que d'anciens rebelles et personnalités de la société civile.

Vendredi soir, la radio avait annoncé que le CNT était passé de 97 à 105 membres, apparemment pour satisfaire des demandes de la société civile et de certains partis politiques. Ce chiffre de 105 correspond au nombre de députés dans l'ancienne assemblée nationale, alors que le CNT est appelé non seulement à légiférer mais aussi à jouer un rôle d'assemblée constituante.

Les personnalités de la société civile composent l'essentiel du CNT qui compte également de nombreux anciens ministres et députés.

En répétant être attaché aux accords de Libreville et en acceptant les recommandations de N'Djamena, le président Djotodia, « désormais plus légitime », écrit sans rire l’AFP, devrait pouvoir convaincre de réintégrer son pays dans le concert international après qu'il eut été suspendu par l'Union africaine et eut vu les aides extérieures gelées.

II - QUI SE CACHE DERRIERE LA SELEKA?

MAIS QUI SONT OFFICIELLEMENT LES REBELLES DE LA SELEKA, NOUVEAUX MAITRES DE BANGUI ?

Les rebelles de la Séléka – qui signifie « Alliance » en langue Sango, parlée en Centrafrique – ont pris, fin Mars 2013, le contrôle de Bangui, la capitale de République centrafricaine. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils pris les armes contre le pouvoir de François Bozizé ?

Éléments de réponse apporté par le service Afrique de France 24 : « La Séléka est une coalition de petits mouvements qui s’opposent à François Bozizé », le président renversé. « Quand il a pris le pouvoir par la force en 2003, des mouvements rebelles hostiles au pouvoir sont nés, notamment l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), puis trois ans plus tard, le mouvement rebelle Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Ils ont mené régulièrement des actions armées dans plusieurs régions du pays. En 2011, après la réelection de Bozizé à la tête de la Centrafrique, ces deux principaux groupes rebelles signent un accord de paix avec le gouvernement. Mais plusieurs factions dissidentes, issues des rangs de l’UDFR, du CPJP ainsi que de plusieurs autres petits groupes, se réunissent pour créer la Séléka, le 10 décembre dernier. Ils considèrent que les accords de paix conclus en 2011 n’ont pas été respectés par le clan Bozizé. »

La Séléka est dirigée par Michel Djotodia, « un ancien diplomate et fondateur de l’UFDR ». « Les porte-parole Djouma Narkoyo et Éric Massi sont également deux personnalités primordiales du mouvement. Éric Massi est le fils d’un ministre de François Bozizé qui a été tué après avoir fait défection ».

Entre décembre et janvier dernier, la rébellion est parvenue à contrôler les trois quarts du territoire centrafricain. « On peut se poser des questions sur l’importance du matériel dont ils disposent », réagit sur RFI Roland Marchal, chercheur au CNRS et spécialiste de la Centrafrique, pointant également du doigt « la bonne organisation militaire du groupe ». L’expert « suspecte le concours d’autres mouvements armés étrangers, notamment venus du Darfour et du Tchad ».

« La Séléka a pris les armes en décembre dernier et a alors entamé une "reconquête" du pays. De nouveaux accords de paix sont signés à Libreville, le 11 janvier 2013. Un gouvernement d’union nationale est formé, incluant plusieurs personnalités de la Séléka. Mais les rebelles ont de nouveau repris les armes, mercredi 20 mars ». « Les clauses essentielles de l'accord n'ont pas été respectées », estime Roland Marchal. Selon le chercheur, « le président centrafricain François Bozizé n’a pas mis en œuvre le partage des pouvoirs, ni la clause prévoyant l’intégration des insurgés dans l’armée ». Les promesses faites concernant la pacification n’ont pas non plus été tenues. « Sur ce point, les responsabilités sont beaucoup plus partagées », commente Roland Marchal.

ICI AUSSI DE «BONS ISLAMISTES» UTILES?

Mais derrière ces forces centrafricaines de la Seleka se cachent d’autres protagonistes.

« Rassemblement hétéroclite de différentes factions rebelles » selon l’APA.

Dans la galaxie Seleka, on trouve aussi l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) de Michel Djetodia qui guerroie contre Bozizé depuis 2006 dans le Nord Est. Djotodia, qui a été consul au Soudan et est musulman – son prénom de doit pas faire illusion -, « y a conservé de solides amitiés utiles à la Séléka aujourd'hui ».

On retrouve aussi dans cette galaxie « le fameux général Koumtamadji qui a été aux côtés de Kadhafi pendant ses derniers mois »,  a « rejoint en décembre, selon plusieurs sources, cette alliance. Koumtamadji, proche de Patassé, a pris les armes contre Bozizé depuis 2007 et s'est rapproché de lui grâce à la médiation libyenne pendant un temps ». Le général Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine est dans cette alliance sous la bannière de son mouvement le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC).

Comme les Touaregs du MNLA, instrumentalisés pour créer la crise malienne qui a permis l’intervention de l’OTAN avec la bénédiction de l’AFRICOM américain, eux aussi anciens protégés de la Jamahiriya libyenne, le FDPC a été récupéré par les Occidentaux et en particulier les Français de l’OTAN. C’était cela ou mourir et la politique a horreur du vide …

Le général Mahamat Moussa Dhaffane, « ancien Président de la Croix Rouge centrafricaine, guerroie aussi dans l'alliance sous la bannière de son mouvement ; la Convention patriotique pour la sauvegarde du Kodro (CSPK), Kodro signifiant la patrie en langue centrafricaine. Ce mouvement est de création récente : juin 2012 ».  « Le passé d'ancien étudiant en Arabie Saoudite du général Dhaffane est aujourd'hui exploité par le gouvernement de Bangui qui l'accuse de vouloir propager le wahhabisme », écrivait déjà Radio Cameroun avant la prise de Bangui.

« Mais la Seleka est-elle composée uniquement des Centrafricains ?, interrogeait encore Radio Cameroun, Rien n'est moins sûr ». Car il y a des miliciens tchadiens, de tendance islamiste, dans les rangs de la Séléka.

« Selon des sources sécuritaires tchadiennes, amplement reprises par le gouvernement centrafricain de Bozizé, de nombreux rebelles tchadiens issus des groupes du général Mahamat Nouri, du Colonel Ahmat Yacoub Kougou, de Timane Erdimi, d'Abdelwahid Aboud Mackaye, du Colonel Adouma Hassaballah guerroient dans les rangs centrafricains.

Différentes sources centrafricaines jointes par APA confirment la présence des Tchadiens dans les rangs rebelles ».

Enfin, il y a « la présence des Soudanais dans la rébellion centrafricaine », celle des milices islamistes Djandjawid, venues du Darfour voisin.

En janvier 2013, alors que s’amorçait l’offensive de la Séléka, Maurice Saramalé, de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (Ocdh), exprimait déjà  ses doutes sur la présence islamiste au sein de la Séléka : « Depuis le 10 décembre dernier, une horde hétéroclite de mercenaires de tout poil, majoritairement pour ne pas dire exclusivement composée d’étrangers enturbannés, disciples de la charia, a attaqué la République Centrafricaine pour y instaurer un régime islamique (…) Ils se sont malheureusement laissés convaincre par les chants de sirène de ces adversaires du progrès du pays, devenant ainsi de simples instruments de cette volonté de marchandisation de la société centrafricaine. Cette soif du pouvoir est hélas une obsession de certains leaders centrafricains, depuis des années, que de tout faire pour mettre un terme de façon brutale à l’expérience démocratique du pays.

C’est à la foi inadmissible et incroyable, ce qui se passe sous nos yeux. En quelques jours, un État souverain, dirigé par un président de la République élu au suffrage universel, qui a donc, il faut le rappeler, la légitimité des urnes, devient ainsi la cible d’une bande de hors la loi qui bénéficient de la bienveillance et la complicité de certains pays dits de grande démocratie. »

DERRIERE LA SELEKA : LA FRANÇAFRIQUE

ET DERRIERE ELLE LES GENERAUX DE L’OTAN ET DE L’AFRICOM…

Une « marchandisation » qui concerne au premier chef les ressources géostratégiques du pays : pétrole et uranium, le « moteur et le catalyseur de cette guerre d’agression contre la République Centrafricaine », selon Maurice Saramalé.

On se rappellera alors trois choses :

* La première que le régime de Bozizé à commencé par être lâché par Paris. « La France ne défend que ses ressortissants et ses propres intérêts », lui avait rétorqué François Hollande fin décembre. « La coalition rebelle Séléka menaçait alors déjà son pouvoir, et Bozizé tentait de convaincre le gouvernement français d’intervenir pour le sauver. Or, à Paris, on a visiblement analysé que cela ne correspondait pas à son intérêt stratégique. »

* La seconde est le projet américain, celui des néocons de Bush réactivé par Obama, dit du « Grand Moyen Orient ». Au sens de plus en plus large et où l’Afrique est devenue l’arrière cour de ce « Grand Moyen Orient » remodelé et de sa cible géostratégique, le contrôle de l’Eurasie, clé d’un « XXIe siècle américain ». Dans ce projet la tactique est simple, toujours la même : allier dans un état faible ou fragmenté un pouvoir militaire et des forces islamistes, tous deux gagnés à l’économie libérale (la première caractéristique des Frères musulmans, par exemple, est leur hostilité absolue au Socialisme).

* La troisième est que la France formera la future armée centrafricaine, selon un accord avec la Séléka.

On comprend mieux alors le nom du pouvoir « de transition » installé au pouvoir en Centrafrique – et que Paris aurait pu balayer sans problème -, ce CNT inspiré du CNT libyen de Benghazi …

 

Luc MICHEL

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Lire aussi :

Luc MICHEL, GEOPOLITIQUE / L’INTERVENTION FRANCO-BELGE DECRYPTEE : TIRER LES MARRONS DU FEU MALIEN POUR WASHINGTON

http://www.elac-committees.org/2013/01/15/pcn-spo-geopolitique-l%e2%80%99intervention-franco-belge-decryptee-tirer-les-marrons-du-feu-malien-pour-washington/

Luc MICHEL SUR RADIO CAMEROUN : MALI, SAHEL, LIBYE, PROCHE-ORIENT … LA STRATEGIE DU CHAOS EN ACTION !

Un vaste tour d’horizon géopolitique sur 30 ans de Guerres américaines en Eurasie et en Afrique !

Parmi les sujets abordés par : Mali, Sahel, Cameroun, Nigeria, Somalie, Guinée-Bissau, Congo, Algérie, Libye, Syrie, Irak, Afghanistan, Proche-Orient, Iran, Chine, Russie, Groupe de Shanghai et OTSC, USA et OTAN, AQMI, djihadisme, Al-Qaida, Kadhafi, Panafricanisme, « Grand échiquier », « Grand Moyen-Orient », « Théorie du Chaos », « Somalisation » …

AUDIO / Première partie : https://vimeo.com/58326402

AUDIO /  Seconde partie : https://vimeo.com/58326404

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Source: EODE.ORG

mardi, 28 mai 2013

COALITION DE L'OPPOSITION SYRIENNE: AMERTUME ET «DELIRE DE VICTOIRE»

 

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La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution syrienne (opposition extérieure) à Istanbul


La coalition de l’opposition extérieure de la Syrie réitère, à partir d’Istanbul, son exigence de réaliser  par Genève II ce qu’elle n’a pu obtenir par l’insurrection. Elle croit avoir beaucoup concédé en acceptant que la conférence se réunisse pour consacrer le départ d’El Assad au lieu de se réunir après ce départ. Moaz El Khatib, bon prince, propose même au président syrien de prendre une suite de cinq cent personnes et de quitter la Syrie, certainement par un de ces couloirs humanitaires que rêvait la France de Sarkozy dans sa superbe, sans lui garantir d’immunité contre une éventuelle action devant la justice internationale. En clair Moaz El Khatib met les pieds dans le plat et offre à un chef d’état laïc et plutôt moderne l’Aman Moyenâgeux des traditions bédouines qui constituent le fond de sa « pensée politique», alors qu’il est censé porter avec la caution française un projet de république citoyenne moderne. Ne cherchez pas dans la presse meanstream française une quelconque interrogation sur ces curieux mariages – c’est le cas de le dire depuis Taubira – entre le boniment démocratique de Fabius et les fantasmes bédouins ressuscités dans la tête de chefs avouant leur inféodation à des Emirats et des royaumes moyenâgeux.

La coalition a promptement refusé la largesse « royale » de Moaz El Khatib. Elle risquait de faire croire aux miliciens et aux mercenaires un manque de fermeté et de détermination de la part de  l’opposition « cinq étoiles », comme l’appellent désormais les syriens, en référence aux fastes de leur vie dans les grands hôtels. Les  dirigeants de la coalition savent d’instinct et d’expérience que ces « révolutions » enveloppées dans le langage et dans les motivations religieuses ne se reconnaissent que dans l’ultime et impossible identité de la politique à la religion. Par nature, les groupes islamistes, eux, fonctionnent au « plus radical » jusqu’à l’identité de l’acte humain à la prescription divine. Derrière la rodomontade, toute discussion doit porter sur les modalités du départ d’El Assad – et non sur la construction d’une autre Syrie, qui de toutes les façons est en train de naître – se dessine implacable la réalité de la défaite. Elle cherche à donner une impression de toute puissance et de gains tangibles en demandant, en exigeant comme préalable –en implorant en réalité – que le pouvoir montre « la sincérité de ses intentions »  par des « gestes simples » comme « cesser le feu » unilatéralement, se retirer de « certaines villes etc. Nous pouvons comprendre cette prolongation du « délire de la victoire »  chez des dirigeants syriens dont la survie politique est désormais grevée par la réalisation du seul but politique formulé jusqu’à présent, si on considère qu’il s’agit d’un but politique : le départ d’El Assad. Plus ce but est contrarié, plus la politique, elle, refait surface et avec elle la question soigneusement refoulée: Quelle Syrie veulent les syriens ? Premier accroc, les quarante mille djihadistes étrangers dont a parlé Lakhdar Brahimi, soixante quinze mille selon d’autres sources, les huit cents djihadistes européens dont parle la presse européenne, sont-ils concernés par la question et qu’ont-ils à faire dans la conférence de Genève II et qu’ont-ils à en faire ? La coalition ne peut espérer désarmer politiquement cette force étrangère qui fait l’essence de la « révolution syrienne » qu’en présentant à la masse considérable de miliciens syriens qui s’agglomèrent autour d’eux, des victoires plus évidentes que celles d’El Nosra, et donc au minimum l’expulsion de l’armée syrienne des « certaines villes », c'est-à-dire Alep et Homs essentiellement. Les sponsors de cette révolution –France, Angleterre, Qatar, Arabie Saoudite, Israël en douce - hors les USA qui se sont rendus à la réalité – subissent cette logique jusqu’au bout : ils ne peuvent réclamer ni proclamer moins que les djihadistes : le départ d'El Assad. Et partant, gêner les USA qui ne pourront qu’au prix de mille difficultés entraîner leurs comparses à accepter la nouvelle réalité et réduire de l’ampleur de la défaite.   

Les américains, eux, méditeront longtemps ce principe de précaution en politique : « on peut rattraper un retard, jamais une avance ».  Ils auraient quand-même besoin de fouiller dans les textes de Mao Tsé Toung pour se convaincre des bienfaits de l’autocritique même si, au fond, ils risquent de trouver à côté des vertus de cette méthode d’évaluation et d’espérance pour révolutionnaires cet axiome que dédaigne l’Hybris comme l’arrogance des puissants : « Nul rapport de force n’est immuable ».  
                    

Mohamed Bouhamidi

In Reporters-Alger, le 27 mai 2013.

HAILEMARIAM DESALEGN: «LA CPI MENE UNE SORTE DE CHASSE RACIALE ENVERS LES AFRICAINS»


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Le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn. © AFP


Déclaration du président en exercice de l'Union Africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

 

La Cour pénale internationale (CPI) mène une sorte de chasse raciale en ne poursuivant que des Africains, a affirmé lundi le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, après la clôture du sommet des chefs d'Etat de l'organisation à Addis Abeba.


Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toute sorte d'impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale, a-t-il déclaré, à l'issue d'un sommet qui a réclamé le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre les président et vice-président kényans, pour crimes contre l'humanité.

Les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre ces présidents (les deux chefs de l'exécutif kényan), je pense donc que la CPI doit bien voir qu'elle ne devrait pas pourchasser des Africains, a-t-il poursuivi devant la presse.

Uhuru Kenyatta et William Ruto, élus respectivement en mars président et vice-président du Kenya, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l'organisation des terribles violences ayant suivi le scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya.

Ces violences s'étaient rapidement muées en affrontements entre communautés, accompagnés de meurtres brutaux, viols et mutilations, faisant plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines.

Le procès d'Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet à La Haye, siège de la CPI. Celui de William Ruto aurait dû débuter ce mardi, mais a été reporté sine die début mai.

99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela, a poursuivi le Premier ministre éthiopien.

Depuis sa création, la CPI a en fait inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d'Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d'Ivoire, Mali).

Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l'ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome, fondateur de la CPI. Les affaires concernant le Darfour et la Libye - non signataires - l'ont été à la demande du Conseil de sécurité de l'ONU, tandis que le procureur de la CPI s'est autosaisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

La CPI avait autorisé en 2010 le procureur à engager des poursuites en raison de l'inaction des autorités kényanes en vue d'établir les principales responsabilités dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Plusieurs chefs d'Etat africains ont récemment accusé la CPI de cibler exclusivement des Africains.


Source: AFP

lundi, 27 mai 2013

LES PUISSANCES EUROPEENNES FINANCENT AL QUAIDA EN ACHETANT DU PETROLE PILLE EN SYRIE


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D’après un article paru le 19 mai dans le journal britannique Guardian, l’Union européenne (UE) finance directement des terroristes islamistes sunnites soutenus par les États-Unis et luttant en Syrie contre le régime du président Bashar El-Assad. Ces groupes sont en train de piller le pétrole dans certaines parties de la Syrie orientale qu’ils contrôlent et de le revendre aux pays européens à des prix défiants toute concurrence.

Le Guardian écrit : « La décision de l’UE de retirer les sanctions contre le pétrole syrien pour aider l’opposition a accéléré une ruée pour le contrôle des puits et des pipelines dans les zones contrôlées par les rebelles et a aidé à consolider l’emprise des groupes jihadistes sur des ressources essentielles du pays. »

D’après le Guardian, les principaux bénéficiaires de la levée des sanctions de l’UE sont le Front Al Nusra et d’autres groupes terroristes islamistes du même genre. « Jabhat al-Nusra, affilié à Al Quaïda et d’autres groupes islamistes extrémistes, contrôle la majeure partie des puits de pétrole dans la province de Deir Ezzor, ils ont fait fuir des tribus sunnites locales, parfois par la force. Ils ont également pris le contrôle d’autres champs de pétrole contre des groupes kurdes plus loin au Nord-Est, dans le gouvernorat d’al-Hasakah. »

La décision de l’UE de reprendre le commerce avec des champs de pétrole tenus par Al Nusra dément complètement le mensonge selon lequel les puissances impérialistes mènent une guerre en Syrie pour obtenir un changement du caractère répressif du régime syrien. En fait, ils construisent et soutiennent des forces profondément réactionnaires qui oppriment la population.

Ces événements montrent également que la prétendue « guerre contre le terrorisme » — l’affirmation que Washington et l’UE luttent contre Al Quaïda, qui a servi de justification pour les invasions décidées par les États-Unis de l’Irak et de l’Afghanistan – est un mensonge. L’impérialisme arme et finance des groupes terroristes liés à Al Quaïda qui commettent de terribles crimes contre la population syrienne, livrant ses richesses à l’UE et à Washington.

La revue allemande Spiegel Online a récemment fait un reportage sur la manière dont les islamistes fournissent les marchés mondiaux en pétrole syrien à des prix sacrifiés : « Depuis février, le groupe rebelle Liwa al-Islam contrôle le champ pétrolifère d’al-Thaura dans le gouvernorat d’ar-Raqqah […] les rebelles d’al-Thaura vendent dix cargaisons de camions-citernes chaque jour. Ils se font de l’argent facile et demandent environ 13 dollars du baril. Sur le marché mondial, cependant, un baril se vend 100 dollars, mais cela n’a pas grande importance ici. »

Abu Saif, un autre combattant islamiste de la brigade Ahar, liée aux Frères musulmans donne une autre version de la façon dont les islamistes pillent la Syrie. Jabhat al Nusra investit dans l’économie syrienne pour renforcer sa position en Syrie et en Irak. Les combattants d’al-Nusra vendent tout ce qui leur tombe sous la main, du blé aux pièces archéologiques en passant par l’équipement industriel, les outils de forage, les voitures, les pièces détachées et le pétrole brut.

Pour sécuriser le pétrole, les terroristes assassinent toute personne qui leur barre la route. Dans un cas très connu, les combattants d’Al Nusra ont rasé le village d’al-Musareb près de Deir Ezzor, tuant 50 de ses habitants après une dispute avec des membres des tribus locales au sujet d’un pétrolier. Les meurtres de masse par lesquels les groupes terroristes contrôlent le territoire dont ils ont besoin pour approvisionner en pétrole l’impérialisme européen sont prouvés par des vidéos disponibles sur YouTube.

Les puissances impérialistes s’appuient sur des groupes terroristes dans le cadre de leur stratégie pour contrôler les vastes ressources énergétiques du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Ces intérêts fondamentaux sous-tendent les guerres menées contre l’Afghanistan, l’Irak, et la Libye, ainsi que les préparatifs en cours d’une guerre contre l’Iran chiite – auquel le régime d’Assad à dominante alaouite est étroitement lié. Comme la Syrie, l’Iran a longtemps été sur la “liste noire” de l’impérialisme, depuis que Washington et ses alliés d’Europe et du Moyen-Orient le considèrent comme l’un des principaux obstacles au contrôle du commerce du pétrole dans le Golfe persique, et par conséquent du monde entier.

Ce viol de la Syrie arrache son voile à la décision cynique des organisations de la pseudo-gauche des classes moyennes – comme l’International Socialist Organisation (ISO), le parti allemand Die Linke, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en France, ou encore le Socialist Workers Party (SWP) de Grande-Bretagne – de présenter la guerre en Syrie comme une « révolution ». Leur position de classe émerge clairement maintenant : elles applaudissent le pillage du pétrole syrien pour faire monter les profits des groupes pétroliers et en font une « révolution » et elles présentent les pillards comme des « révolutionnaires. »

Le soutien étranger de plus en plus fort accordé aux forces islamistes sunnites est accompagné de nouvelles menaces de la part de l’impérialisme américain et de ses alliés pour faire fuir Assad, et accélérer les préparatifs pour une intervention militaire directe.

Lors d’une conférence de presse avec le premier ministre turc Reccep Tayyip Erdogan jeudi dernier à Washington, le président américain Barack Obama a promis « d’exercer une pression de plus en plus forte sur le régime d’Assad et de travailler avec l’opposition syrienne. Nous sommes d’accord sur le fait qu’Assad doit partir. »

Vendredi, le chef de la CIA, John Brennan, a rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Moshe Ya’alon, le chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz, et le chef du Mossad Tamir Pardo pour discuter de la Syrie. Lors d’une réunion du gouvernement le lendemain, Netanyahou a menacé de lancer de nouveaux raids aériens contre la Syrie, disant qu’Israël agirait « avec détermination […] pour garantir les intérêts suprêmes de l’Etat d’Israël et empêcher le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et à d’autres éléments terroristes. »

Israël a déjà bombardé Damas il y a deux semaines, ostensiblement pour empêcher des armes d’être transférées de la Syrie au Hezbollah. La milice chiite libanaise est un allié proche de la Syrie et de l’Iran et est considérée comme un des principaux obstacles à la domination militaire d’Israël au Proche-Orient.

Samedi, le président Syrien Bashar el-Assad a accordé un entretien au journal argentin Clarin et à l’agence de presse argentine Telam, depuis son palais de la capitale syrienne, Damas. Il a juré de rester au pouvoir, accusant Israël et d’autres « puissances étrangères » de soutenir l’opposition islamiste. « Israël soutient directement les groupes terroristes de deux manières, premièrement il leur accorde un soutien logistique, et il leur dit également quels sites attaquer et comment les attaquer, » a-t-il dit.

Il a nié que son gouvernement ait utilisé des armes chimiques, disant que « l’Occident » pourrait orchestrer une intervention en s’appuyant sur de fausses accusations : « L’Occident ment et invente des preuves pour déclencher des guerres ; c’est dans ses habitudes. »

Il a dit qu’une intervention est « une probabilité claire, en particulier maintenant que nous avons réussi à faire reculer les groupes armés dans de nombreuses régions de Syrie. » Cependant, il a ajouté « nous sommes prêts à parler à toute personne qui veut bien parler, sans exception. »

Assad a clairement dit qu’il espérait rester au pouvoir en convainquant Washington qu’il est un garant des intérêts américains plus fort et plus fiable qu’Al Quaïda dans la région : « l’Amérique est pragmatique. S’ils se rendent compte qu’ils sont battus et que le régime est vainqueur, les Américains trouveront un accord avec le pouvoir réel. »

Cette soumission à Washington montre la faillite du nationalisme arabe. En fait, comme le dit clairement le reportage du Guardian, Washington et ses alliés impérialistes européens financent et soutiennent l’opposition islamiste pour faire tomber le régime.

Le gouvernement d’Obama est également en train d’augmenter ses efforts pour parvenir à un accord avec Moscou, le principal allié de la Syrie. Le week-end dernier, le ministre des Affaires étrangères Russe Sergei Lavrov est tombé d’accord avec son homologue Américain John Kerry pour négocier une fin de la guerre syrienne. Au cours d’une telle conférence, Washington insisterait pour une sortie « négociée » d’Assad et son remplacement par un pantin plus manipulable approuvé par Moscou.

Lavrov cherche également à calmer les inquiétudes américaines et israéliennes concernant les possibles ventes de missiles russes à la Syrie. Il a insisté pour dire que ces armes « n’altéraient en aucun cas l’équilibre des forces dans cette région ou ne donnaient un avantage dans la lutte contre l’opposition. »

La Russie ne fournirait à la Syrie que des missiles de défense côtière SS-N-26, mais aucun SA-21 anti-aérien, dans le cadre d’une vente conclue en 2011. Lavrov a également juré que la Russie ne signerait aucun nouvel accord avec la Syrie.


Johannes Stern


Article original, WSWS,paru le 20 mai 2013


Source: MONDIALISATION.CA

FONCIER RURAL: LA REFORME OUATTARA EST ILLEGITIME


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Ouattara a décidé de retoucher la loi relative au domaine foncier rural du 23 décembre 1998. Une initiative curieuse et surprenante, au regard de la sensibilité de la question foncière et du contexte politique exécrable en Côte d’Ivoire.

En effet, sous l’angle de la politique législative, l’initiative Ouattara remet en cause un acquis important de la loi foncière de 1998 : adoption d’une loi fondée sur un consensus politique et une adhésion sociale, dans un domaine conflictuel et dans un contexte multipartisan.

La loi relative au domaine foncier rural a été votée après avoir intégré les enseignements d’une vaste tournée dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire, au cours de laquelle  des délégations de parlementaires sont allées recueillir le point de vue des populations.  Interrogée sur la teneur des règles foncières traditionnelles et le contenu du projet de loi, la population a donné une réponse très claire : son adhésion à la propriété coutumière. Dans le même esprit, la loi a été fortifiée par le consensus politique réalisé entre les partis politiques significatifs représentés à l’Assemblée nationale à l’époque (PDCI, FPI, RDR), en enregistrant un vote à l’unanimité des députés, moins une abstention.

Pour plusieurs observateurs, la politique législative mise à l’œuvre à l’occasion de l’adoption de cette loi, devrait servir d’exemple pour l’avenir dans d’autres domaines, pour mettre certains textes à l’abri des politiques opportunistes des partis politiques. Cette politique législative rassurait plus d’un, surtout au moment où le multipartisme faisait ses premiers pas, car elle constituait la preuve qu’au-delà des divisions partisanes, la nation ivoirienne pouvait se retrouver sur les sujets majeurs. Cet acquis était d’autant plus important que les initiatives précédentes dans le domaine foncier, en déphasage avec les traditions africaines et la volonté populaire, s’étaient soldées par des échecs cuisants.

La loi du 20 mars 1963 portant code domanial fournit une illustration frappante à cet égard. Bien que votée, elle ne sera pas promulguée, le Président de la République ayant demandé à l'Assemblée Nationale de la « reprendre » à l’occasion d’une deuxième lecture, qui n’a jamais été organisée. En effet, dès que les échos de l’adoption de cette loi parvinrent dans les villages, la résistance farouche des chefs et des propriétaires coutumiers se manifesta de façon singulière. Albert Ley donne ainsi les raisons de la reculade du président Houphouët-Boigny : « Ce texte a repris l'idée de biens mis en valeur, immatriculés au nom de l'auteur de la mise en valeur et de biens non mis en valeur qui sont immatriculés au nom de l'Etat. Ceci paraissait a priori très juste. Mais … les paysans ont appris qu'une commission domaniale devait venir dans chaque village (pour) délimiter les terrains mis en valeur et ceux non mis en valeur. Le paysan, qui est plus juriste que n'importe quel juriste, a vite compris et a voulu montrer à cette commission domaniale que tout était mis en valeur, et que, par conséquent l'Etat ne pouvait rien prendre. Comme les paysans ne pouvaient pas réaliser les mises en valeur rapidement, ils ont fait des mises en valeur superficielles et ont mis le feu. La moitié de la Côte-d'Ivoire était en feu et le Président a demandé d'où cela venait. On lui a répondu que c'était à cause du code domanial. Il a alors demandé que l'on supprime ce code domanial ».

Observons d’ailleurs que cette loi avait été aussi votée « à l’unanimité, moins une abstention ». Mais le contexte de parti unique n’avait pas favorisé l’expression démocratique qui aurait pu faire connaître la volonté profonde des masses paysannes. Composée de députés inscrits sur une liste unique à laquelle le seul parti politique avait préalablement donné son investiture, l’Assemblée nationale ressemblait plus à une chambre d’enregistrement qu’un forum de débats. Du reste, l’actualité politique chargée du premier trimestre de l’année 1963, faite de suspicion généralisée du fait des arrestations qui s’étaient opérées, consécutives aux « évènements de 1963 », pouvait expliquer l’absence d’un débat contradictoire qui a conduit à ce vote à l’unanimité de la représentation nationale, en contradiction avec la volonté populaire.

Cette atmosphère rappelle étrangement le contexte actuel. Parvenu au pouvoir à la suite d’une guerre, Ouattara a réussi une véritable « pacification du pays », par l’exil forcé, l’exécution sommaire et l’emprisonnement systématique des proches du président Laurent Gbagbo, dont le Président du FPI, le premier ministre Affi N’guessan. Exclue des législatives par le refus du pouvoir actuel de créer les conditions politiques et sécuritaires d’une compétition saine entre les forces politiques, l’opposition significative conduite par le FPI est absente de l’Assemblée nationale. Les divisons nées de la guerre postélectorale se sont encore accentuées avec la politique de « rattrapage ethnique » mise en œuvre par Ouattara, rendant illusoire toute politique de réconciliation nationale.

À l’ouest de la Côte d’Ivoire, le climat social est encore plus lourd. Au profit de la rébellion et de la guerre postélectorale déclenchée par Ouattara, des centaines de milliers de burkinabè et de maliens se sont installés, depuis une dizaine d’année, dans les forêts classées et dans les plantations villageoises des autochtones wê qui ont été, soit assassinés, soit contraints à l’exil dans des pays voisins. Des accusations de génocide sont constamment alléguées. Ce phénomène s’est poursuivi après la prise de pouvoir par Ouattara. D’ailleurs, cette immigration sauvage, suivie de l'occupation forcée des terres et forêts cultivables, concerne toutes les régions de la Côte d’Ivoire y compris au nord, à des degrés divers tout de même. Dans une situation récurrente de conflits opposant les autochtones ivoiriens, propriétaires coutumiers des terres, aux allogènes burkinabè essentiellement, aujourd’hui protégés par les FRCI et par des milices burkinabè,  il va de soi que toute initiative visant à retoucher cette loi est susceptible de créer une explosion sociale.

Ce contexte d’exclusion politique et sociale, d’invasion et de colonisation de terres, de conflits ouverts et de non réconciliation, fait courir le risque d’illégitimité à toute réforme dans le domaine du foncier rural.  Il devrait donc dissuader tout politicien averti. Car, le vrai problème à résoudre actuellement, réside moins dans le « renforcement » de la loi de 1998, que dans l’occupation armée des terres par les milices burkinabè qui ont combattu dans les rangs de Ouattara lors de sa guerre postélectorale. Mais Ouattara n’en a cure. Il a décidé certainement de s’inscrire dans le sillage de ces gouverneurs coloniaux qui, dans la logique de l’idéologie colonisatrice qui tend à dépouiller de manière arbitraire les peuples autochtones soumis, ont commencé à écrire la page douloureuse  de la dépossession foncière en Côte d’Ivoire.

Hélas, l’histoire de la Côte d’Ivoire semble se répéter. Car, c’est dans une atmosphère similaire que le colonisateur a construit son régime foncier, dont le décret du 26 juillet 1932 (régime de l’immatriculation) et le fameux décret du 15 novembre 1935 (réglementant les terres domaniales)  qui conduiront à l’expropriation des propriétaires coutumiers, au profit de l’Etat colonial et de ses colons européens et assimilés, au nom de la théorie des « terres vacantes et sans maître » ou inexploitées. Avant la prise de ces décrets coloniaux,  le Gouverneur Angoulvant se chargea de décapiter l’élite paysanne dans une entreprise de « pacification de la Côte d’Ivoire » (1908 -1915). Des opérations militaires meurtrières furent menées contre diverses ethnies à l’occasion desquelles les valeureux soldats (paysans) ont été massacrés par l’armée coloniale, leurs chefs assassinés, internés ou déportés dans d’autres pays africains.

Les bottes de gouverneur colonial ont-elles trouvé preneur chez le « préfet des lagunes » couronné par Mme la grande chancelière Henriette Diabaté ? Pour qui roule donc Ouattara quand  il annonce une réforme foncière dans un climat de division et d’occupation armée des terres ? Certainement pas pour la Côte d’Ivoire et les ivoiriens.


Dr Kouakou Edmond

Juriste Consultant