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mercredi, 05 juin 2013

ERIC KAHE: LIBERTE PROVISOIRE DE GBAGBO, UNE CHANCE DONNEE A LA RECONCILIATION ET A LA PAIX

 

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Démocrates et républicains, refusant de nous en prendre à des décisions de justice, nous pouvons tout de même, de façon citoyenne, apprécier le fait que la décision rendue par les juges de la CPI dans l’affaire « Procureur contre Laurent Gbagbo », bien qu’insuffisante, soit relativement bonne à prendre, comparée au pire que laissaient redouter les pressions politiques exercées sur la CPI.

Au cours de cette audience de confirmation des charges ou de relaxe de l’accusé (à ne pas confondre avec un procès), la Défense du président Laurent Gbagbo avait interpellé les juges sur l’aspect « brouillon » du dossier du procureur qui s’en était d’ailleurs offusqué ! Trois mois après cette observation, les Juges concluent à l’insuffisance des preuves avec demande d’enquêtes complémentaires. S’ils sont à féliciter pour avoir tenté de sortir des procédures politiciennes où des organisations internationales naguère créditées de confiance ont relayé des rumeurs assassines, notamment sur de nombreuses personnalités proches du président Laurent Gbagbo en vue d’objectifs ciblés, les juges auraient dû aller au bout de la logique qui veut qu’un innocent ne soit pas retenu en prison quand n’existent pas contre lui les preuves nécessaires.

La liberté provisoire du président Laurent Gbagbo reste plus que jamais d’actualité et cette décision lui ouvre la porte.

Cette décision nous rappelle aussi l’écart entre la justice des vainqueurs, aux ordres d’une politique de haine et de vengeance, et les procédures de la justice internationale dont le déroulement obligatoirement public ne permet pas que l’on puisse tordre le cou à la justice au-delà d’une certaine limite de décence. C’est le lieu d’avoir une pensée spéciale pour tous nos compatriotes et camarades détenus en Côte d'Ivoire sur la base des seules preuves qui n’existent pas.

Cette décision est aussi une invitation à une introspection ivoiro-ivoirienne, afin que, tournant la page d’un conflit qui n’a que trop duré, vainqueurs et vaincus d’hier, travaillent ensemble à construire un pacte républicain. A la veille de cette audience, dans une lettre ouverte, nous avions indiqué que nous étions à l’écoute des instructions du président Laurent Gbagbo. Il a largement fait sa part et nous avons cru décrypter sa réponse.  Aussi bien à la fin de l’audience en février que lors de la récente interview de Maître Altit – que nous félicitons avec l’ensemble de son équipe et des défenseurs des droits de l’homme – le président Laurent Gbagbo se positionne, en homme d’état, dans la direction de la construction de la nation.

Tous, opposition et pouvoir, nous sommes interpellés à sauver la Côte d'Ivoire. Le délai qui nous sépare de la prochaine audience devrait permettre à un Laurent Gbagbo en liberté, même provisoire, et au régime en place à Abidjan, de se parler.

A son arrivée  au Golf, à la suite de son arrestation, le président Laurent Gbagbo avait bien précisé que la «partie militaire était terminée et qu’il fallait passer au volet civil».

Cette décision est une chance donnée à la Réconciliation par la paix des braves.


Eric KAHE, Président en exil de l’AIRD (4 juin 2013).

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