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dimanche, 16 juin 2013

LE COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE EN COLERE: «IL FAUT QUE MME FATOU BENSOUDA ARRETE DE CHOISIR "SES" VICTIMES A ELLE»

 

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Le collectif des victimes de Duékoué interpelle la Cour pénale internationale.



En arguant d’une insuffisance flagrante de preuves contre le Président GBAGBO, la chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale de La Haye a pris une décision juste et courageuse qui dévoile à la face du monde entier toute la laideur de la méchanceté et de la haine que des hommes peuvent nourrir à l’endroit de leur prochain.

Prenant acte d’une si judicieuse et importante décision, le collectif des victimes de Duékoué voudrait saluer ici la juge de la CPI, son courage et son sens de l’honneur car s’agissant d’honneur, celui de la CPI même est largement entamé dans les consciences et dans les cœurs de l’opinion internationale. Nous voulons saluer ici aussi la détermination et l’expertise de Maître ALTIT, de son équipe et de toutes ces bonnes volontés des quatre coins du monde qui n’ont point ménagé leurs efforts pour qu’on en arrive là, avant la victoire finale. Leur refus de cautionner l’immoralité est, selon notre perception, un vibrant hommage aux grands hommes que sont Abraham LINCOLN, Victor SCHOELCHER, Martin L. KING, Kwame NKRUMAH ou plus près de nous, Nelson MANDELA.

Cela étant dit, à Madame la Procureure de la CPI, nous réitérons notre pressant appel de Duékoué: il faut que Madame Fatou BENSOUDA arrête de choisir «ses» victimes à elle. Le sang des innombrables victimes de la rébellion ivoirienne continue de crier, à n’en point finir, en nos cœurs et en nos consciences.

Dernièrement, nous sommes revenus de Duékoué avec d’autres images d’horreur : à Duékoué, à l’entrée de cette ville (en venant de Daloa), à seulement quelques mètres du poste des Frci et du camp des soldats marocains de l’ONU, gît un charnier (de nombreux ossements sous une bâche), juste derrière un campement d’allogènes (cf. vidéo ci-jointe). Sous un acacia, à deux cents mètres sur la droite de l’usine de cacao COPASAG, vue de face (cf. photo ci-jointe). De quand date un tel charnier? Mars ou Avril 2011, massacre de Nahibly en Juillet 2012 ou exécutions sommaires par des dozo ou des Frci? Attendons le carbone de datation de la CPI pour le savoir, si cette Cour veut bien se décider enfin d’entendre le cri des victimes que nous sommes. Néanmoins, des investigations que nous avons faites, il ressort, à quinze kilomètres à la ronde de ce sinistre charnier qu’en Mars et Avril 2011, beaucoup de personnes d’ethnie guéré qui fuyaient les massacres de Duékoué ont été descendues des véhicules de transport public par les rebelles, emmenées dans les brousses et sont portées disparues à ce jour.

En outre, les ossements sous la bâche sont tellement nombreux, dont certains dispersés par les bêtes sauvages que nous en avons conclu, à la vue de seulement trois crânes humains, que ce sont plus de trois personnes qui ont été froidement exécutées en cet endroit. Des personnes restées à ce jour sans sépulture, dans une totale indifférence d’allogènes vivant près de ce charnier mais aussi au nez et à la barbe des Frci et des soldats marocains qui bien des fois, ont hâtivement joué les croque-morts à Duékoué pour masquer l’ampleur des dégâts humains commis par leurs rebelles d’amis. Notre étonnement et notre indignation s’adressent aussi à ces O.N.G. tellement instrumentalisées, qui ont été informées de l’existence de ce charnier mais se sont tues jusqu’ici sans rien faire d’autre, quand on sait naguère leur activisme et leur nuisance en faveur de la rébellion que refusaient le Président GBAGBO et le peuple ivoirien, depuis 2002.

Oui, Madame la Procureure de la CPI, de grâce, nos appels à vous sont si nombreux que nous nous en trouvons dérangés. Dérangés au point de ne plus vouloir vous laisser dormir. Sinon, nous-mêmes, nous n’aurons pas de repos, tellement nos morts sont nombreux et que refusant toute sorte de vengeance encore moins de résignation, nous attendons toujours que justice soit faite pour tous ceux-là qui sont tombés là où un simple recomptage des voix électorales en Décembre 2010 aurait suffi et bien avant eux, toutes ces nombreuses victimes occasionnées par une rébellion sauvage que la France et l’ONU ont créée, entretenue et protégée pendant au moins dix ans! Et puis, tenez, Madame la Procureure de la CPI, il faut que vous sachiez que ce dernier charnier découvert est bien peu par rapport à tous ces nombreux compatriotes qui ont été exterminés dans les forêts et les brousses de l’ouest ivoirien par les rebelles que vous refusez d’interpeller, mangés qu’ils ont été par les bêtes sauvages et leurs ossements dispersés, n’ayant pas eu la chance, eux, d’avoir été recouverts par une bâche comme c’est ici le cas, dans la vidéo ci-jointe.

Pourtant, c’est bien vous, Fatou BENSOUDA, qui déclariez, en Février dernier sur un ton péremptoire, ceci : «Nous ne sommes pas ici pour savoir qui a gagné les élections de 2010 en Côte d’Ivoire ou qui les a perdues!», comme si cela avait été dicté à la personnalité judiciaire que vous êtes, par on ne sait quel quidam. Or le monde entier vous regarde et s’étonne que vous vous acharniez sur une personnalité que vous accusez d’assassinats contre cent soixante six (166) personnes sur votre total mensonger et inacceptable de trois mille (3000) morts. Quand entendrez-vous les vrais responsables des autres morts dont le nombre réel est honteusement sous-évalué par la communauté internationale qui a attaqué notre pays? Une communauté internationale qui a applaudi quand ici, en Février 2011, l’Union Européenne et l’Organisation Mondiale de la Santé ont occasionné des morts par centaines en décrétant un embargo sur les médicaments à destination de la Côte d’Ivoire et que des banques françaises, par le banditisme colonial, se sont permises de ne pas donner aux travailleurs de ce pays leur propre argent, s’immisçant grossièrement dans le contentieux électoral ivoirien?

Madame la Procureure, les occasions pour réhabiliter la Cour Pénale Internationale existent et elles foisonnent en Côte d’Ivoire : libérez GBAGBO maintenant et venez vite en Côte d’Ivoire, menez des enquêtes dignes de ce nom et réconciliez l’opinion internationale tout vrai démocrate avec votre Cour et ce sera déjà ça de gagné pour tous ces esprits ténébreux qui considèrent nos vies pour moins que rien, sans quoi nous serons toujours fiers, en tant que victimes de la méchanceté des hommes, d’être des humains mais alors profondément déçus et gênés d’être des Africains noirs, comme vous.

En méditant la décision de la juge de la CPI à l’endroit du Président GBAGBO, veuillez bien, Madame la Procureure, faire ce bond qualitatif qu’attendent les démocrates du monde entier pour se réconcilier avec les terminologies lexicales que tous ces néo-impérialistes accordent sous nos yeux aux mots de justice, de paix, de démocratie et de civilisation car leurs faux concepts, plus que jamais, sont les vrais problèmes de l’humanité. Seules de vraies enquêtes de votre part peuvent aider ou contribuer à la restauration de ces principes violés par la pensée et l’action nuisibles des impérialistes qui veulent nous imposer leur vision fâcheuse, dérangeante et décadente du monde.

Tout sauf votre respect, Madame la Procureure, nous vous remercions de votre attention pour cet autre appel à votre endroit.

 

Pour les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly)

Emmanuel CALEB, le 10 Juin 2013.

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