topblog Ivoire blogs

mercredi, 19 juin 2013

CORRUPTION ET MAUVAISE GOUVERNANCE SOUS OUATTARA: LES AVEUX DE BILLON METTENT LE POUVOIR A NU


JEAN-LOUIS BILLON.jpg


«Il y a un recours aujourd’hui auprès de l’Uemoa, la Justice a été saisie, il faut attendre sa réponse», a confié, samedi dernier, 15 juin 2013, à la presse, le ministre Jean-Louis Billon qui était présent à Libreville (Gabon) avec Alassane Dramane Ouattara, lors de la 2ème édition du forum économique New York Forum Africa. Le ministre ivoirien du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, évoquait ainsi l’attribution du 2ème terminal à conteneurs du Port autonome d’Abidjan au consortium français Bolloré Africa Logistics-APM (Maersk) et Bouygues Travaux publics.

Une concession dont il dénonce la procédure suspecte. Laissant entrevoir clairement des possibilités de corruption, de dessous-de table et de bakchichs entre des personnalités du régime Ouattara et le consortium Bolloré-Bouygues.

Dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire français «Le Nouvel Observateur» daté du 6 juin dernier, M. Billon affirme même: «Je ne serais pas surpris si demain on me disait qu’il y a eu des problèmes de gouvernance dans l’attribution du deuxième terminal». Une accusation à peine voilée à prendre très au sérieux d’autant qu’elle provient d’un membre du gouvernement Ouattara. Donc d’un sachant de poids. Mais également un homme d’affaires, dont le frère cadet David Billon était candidat à l’acquisition du 2ème terminal à conteneurs à travers la société Movis-Côte d’Ivoire qu’il dirige. C’est d’ailleurs cette entreprise et son partenaire NCT Necotrans qui ont porté plainte, le 26 mai 2013, contre le consortium Bolloré-Bouygues, auprès de la commission de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa). Cela à travers un courrier référencié Fair Value F017/D0479. Movis-Côte d’Ivoire et NCT Necotrans dénoncent des «pratiques anticoncurrentielles dans le cadre de la concession du 2ème terminal à conteneurs du Port d’Abidjan» ayant profité à Bolloré Africa Logistics-APM (Maersk) et Bouygues Travaux publics. De nombreux scandales…

En attendant que la commission de l’Uemoa ait le courage de trancher dans cette affaire qui indexe la mauvaise gouvernance du régime d’Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao, et les pratiques qui ont cours dans le microcosme de la Françafrique, il est nécessaire de noter que cette affaire constitue un nouveau scandale sous l’ère Ouattara. Un scandale que visiblement le régime ivoirien actuel a du mal à étouffer. C’est à juste titre qu’aucune réponse plausible n’est venue de la part du camp Ouattara pour confondre Jean-Louis Billon.

Même «l’allié» de Ouattara, le contesté Henri Konan Bédié, a brassé l’air en tentant de sous-estimer la gravité des révélations de Billon. «Tort ou pas tort (il parlait de Jean-Louis Billon, ndlr), je dis simplement que je ne connais pas le dossier en détail. Mais j’ai confiance au gouvernement auquel appartiennent les ministres Pdci, un gouvernement dirigé d’ailleurs, par un Premier ministre Pdci», a-t-il confié à la radio RFI, le mercredi 12 juin dernier. Peut-on accorder du crédit à des propos de soutien d’un ex-chef de l’Etat dont le régime a été épinglé pour avoir détourné 18 milliards fcfa de l’Union européenne? Comme sous Bédié, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan renoue, sous Ouattara, avec les scandales de mauvaise gouvernance.

Mais avant son arrivée à la Primature, le gouvernement Ouattara était déjà largement abonné aux scandales financiers et à la mauvaise gouvernance. Fait curieux, les ministres indexés dans ces affaires sales n’ont pas été limogés. Seul Adama Bictogo fut «sacrifié», au dire des sources proches du Rdr. Accusé pour détournement de fonds dans l’affaire des déchets toxiques, l’ex-ministre de l’Intégration africaine a été, contre toute attente, «blanchi» par le procureur de la République de l’époque, Simplice Kouadio Koffi. Quant aux ministres Kandia Camara et Sanogo Mamadou (affaire Celpaid), Anne-Désirée Oulotto (affaire Satarem) et Cissé Bacongo (affaire 110 milliards des Universités publiques), ils sont tous encore membres du gouvernement. Aucune procédure judiciaire n’a été ouverte contre eux pour savoir si les accusations sur leur compte sont fondées ou non. Alassane Ouattara, lui-même, n’en dit pas mot depuis environ deux ans.

La charte, une campagne démagogique

Le silence de Ouattara face à toutes ces affaires confirment l’opinion des observateurs avertis à propos de l’objectif visé à travers l’instauration de la charte d’éthique, le 9 août 2011. En effet, à cette date-là, Alassane Ouattara a fait signer, dans une ambiance de théâtralisation exacerbée, à chacun de ses ministres, une charte d’éthique et de bonne gouvernance déclinée en dix points. «Notre pays a souffert pendant trop longtemps de pratiques illicites qui ont porté atteinte à la crédibilité de notre gouvernement. La corruption, la course effrénée à l’enrichissement illicite, le trafic d’influence, les abus de biens sociaux, le népotisme, le clientélisme, les détournements en tous genres, ont été érigés en mode de gestion», a accusé M. Ouattara qui promettait même une rupture.

Moins d’un an plus tard, on découvrira que la charte et les déclarations mielleuses étaient tout simplement de la propagande sans lendemain visant, en vérité, à plaire à la communauté internationale qui a adoubé Alassane Ouattara après le renversement de Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, personne au sein du régime Ouattara ne parle de la fameuse charte d’éthique et de bonne gouvernance. Tout a été jeté aux oubliettes et les pratiques françafricaines faites de clientélisme, de corruption, de mauvaise gouvernance, etc. se sont totalement installées. Et le pays va désespérément à vau-l’eau.

C’est sans doute pour tenter de se désolidariser de cette débâcle que le ministre Billon donne de la voix. D’ailleurs, un de ses proches nous confiait récemment que «Jean-Louis Billon regrette de s’être associé au régime Ouattara».


In le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: IVOIREBUSINESS.NET

Commentaires

En France en ce moment, les juges poursuivent les dirigeants au sommet de l'Etat pour "escroquerie en bande organisée". Les réseaux sont les mêmes, les hommes sont les mêmes, pour les mêmes pratiques et intérêts, là-bas, et ici...
Du courage Mr Billon, c'est bien ! C'est assez mais pas assez !!!

Écrit par : Paul Arnaud | mercredi, 19 juin 2013

Le terme "escroquerie en bande organisée" a disparu de mon précédent commentaire. Prière de corriger svp. Merci.

Écrit par : Paul Arnaud | mercredi, 19 juin 2013

Merci à Monsieur Billon. Il s'attache à démontrer peut-être qu'on peut cohabiter sans se ressembler. Il doit seulement répondre à la question posée par Don Mello. Ne sait-il pas pourquoi c'est Ouattara qui est "l'élu" de la France? Ne sait-il pas le "travail" qu'il est venu faire ?
Maintenant pour être en harmonie avec lui-même, pour se désolidariser de la pourriture, il doit simplement démissionner. Les affaires sales, il y en a déjà trop: le bricolage des bâtiments universitaires facturé à plus de 110 milliards CFA selon Cissé Bacongo, les pots de vin et détournements dans les affaires des déchets toxiques ( avec Adama Bictogo), les affaires sales des ministères de Kandia Camara, Anne Ouloto, les agréments et marchés illicites attribués par la présidence de la république elle-même aux proches du fugitif Mossi Dramane et de son épouse. Les exemples cités ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan de magouille de Ouattara. On l'a dit, on le redit: Ouattara n'est pas venu faire le bonheur des ivoiriens. Il est venu se servir et servir ses maîtres. La leçon étant pigée par ses collaborateurs,tous se comportent comme des loups entrés par effraction dans la bergerie, en l'absence du berger. Chacun se dépêche de se servir rapidement le maximum d'agneaux, on ne sait jamais...Le maître des lieux peut surgir à tout moment.

Écrit par : sily camara | mercredi, 19 juin 2013

Ce monsieur est membre, si mes souvenirs sont bons de AERIA. Qu'a-t-il dit quand le bandit en chef avait renvoyé monsieur Zinsou en dehors de toutes règles de droits ? Rien. Lui et les autres actionnaires avaient préféré écouter le conseil de François Fillon, qui avait demandé de ne pas protesté pour ne pas gêner le chef bandit.
Qui s'amusait ici à rependre à chaque conférence depuis 2002, qu'il n'était pas sûr que la Côte d'Ivoire pourrait payer les salaires? Lui Billon.
Par la grâce de Dieu et malgré toute cette méchanceté gratuite, le pauvre Etat de Côte d'Ivoire a respecté ses engagements pendant 10 ans.
Qui participait avec Alain Foka les dimanches matin avec ou sans pseudonyme à la campagne de dénigrement du président Gbagbo et de la Côte d'Ivoire ? Encore lui Billon.
Que ce monsieur nous colle la paix avec ses pleurs de bébé gâté, et qu'il aille se plaindre ailleurs et très loin d'ici.

Écrit par : paul83 | mercredi, 19 juin 2013

Merci mon frère Paul83 billon pense nous tromper et tromper les dignes fils de ce pays. Qu'il sache que notre mémoire n'est pas courte. Lui qui hier vilipendait le PR Laurent Gbagbo et qui faisait le lit de ses parents français et celui de mossi drame man croyait si bien faire alors pourquoi de telle sortie aujourd'hui encore? N'a t-il pas fait le bon choix? Non cher billon assume ton choix et reste y accroché c'est cela la grandeur d'un homme. Arrête de nous distraire car nous connaissons désormais nos ennemis et nos amis. Que Dieu bénisse la CI ainsi que ces dignes fils qui luttent inlassablement pour garder le cap de la grandeur.

Écrit par : IntelligenciaHomme | mercredi, 19 juin 2013

J'écrivais en réaction a un article d'un journaliste de Notre Voie concernant les sorties du Ministre Billon en disant que sur le plan "technique", le ministre peut avoir raison. Le journaliste lui suggérait, en substance, de prendre ses responsabilités et de démissionner. J’ai complété mon commentaire en écrivant que je pense que le Ministre Billon ne remet pas en cause le régime en tant que tel car il avait connaissance de toutes les dérives que nous connaissons depuis que le pouvoir ADO est en place, lorsqu’il a accepté d’entrer au gouvernement. Il a réagi davantage comme actionnaire de l’entreprise perdante que comme homme politique ou citoyen. Cela lui permet peut-être de faire coup double en se démarquant au moindre coût pour l’avenir. Attendons pour voir.

Écrit par : Gnikoli | jeudi, 20 juin 2013

Chers tous,

Merci pour tous ces commentaires pertinents et tout à la fois poignants.

Il faut simplement relever, en complément de tout ce que vous avez dit, que la mal-gouvernance, la corruption, les détournements de fonds et le bradage des entreprises et intérêts ivoiriens sont une marque déposée Alassane Ouattara, depuis les années 90. Rien de nouveau sous ce ciel éburnéen.

A part que maintenant au pouvoir, il est passé à la vitesse supérieure de la liquidation pure et simple de la Côte d'Ivoire à la France! Il espère ainsi se garantir une certaine pérennité à la tête de l'Etat ivoirien. Il nous appartiendra, à nous, peuples dignes de Côte d'Ivoire, de briser à jamais ce rêve, en 2015.

BILLON ne nous dira donc pas qu'il ne connait pas Ouattara et ne fera pas semblant, sous nos yeux, de le découvrir!

Oh honte à lui!

Écrit par : Dindé | jeudi, 20 juin 2013

Là alors il se trompe grandement car le grand Abraham Lincoln disait et je cite:"we can fool all the people some of the time. We can fool some of the people all the time but we can't fool all the people all the time" ce qui se traduit par : "On peut tromper tout le peuple une partie du temps, on peut tromper une partie du peuple tout le temps mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps". Alors qu'il sache que le temps de la fin de leur duperie et du mensonge érigé en modèle de vie est terminé. Que Dieu bénisse mon peuple de Ci.

Écrit par : IntelligenciaHomme | vendredi, 21 juin 2013

Les commentaires sont fermés.