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jeudi, 20 juin 2013

LA TUBERCULOSE, NOUVELLE «ARME DE GUERRE» CONTRE LES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS?


PHILIPPE-HENRY DAKOURY-TABLEY.jpg

Traité sans ménagement à l’hôtel du Golf par les hommes de Ouattara, l’ex-gouverneur de la BCEAO désormais exposé à la tuberculose.


L’entendement humain normal peine à concevoir cette éventualité. Et pourtant, un certain nombre de faits objectifs laissent croire que le régime d’Alassane Ouattara pourrait bien «confier» à la tuberculose le soin d’en finir avec certains d’entre les centaines de prisonniers politiques qui croupissent sans jugement dans ses prisons depuis plus de deux ans. Que l’on en juge.


Quelques jours après la révélation par le quotidien ivoirien L’Inter de la grave épidémie de tuberculose qui fait des ravages à la prison de Katiola – 25 personnes touchées dont 6 prisonniers politiques –, Le Nouveau Courrier en ligne est en mesure d’affirmer que la prison de Boundiali est aujourd’hui sous la même menace. Et ce qui menace les prisonniers politiques qui s’y trouvent – dont l’ancien chef de la diplomatie Alcide Djédjé et l’ex gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) Philippe-Henri Dacoury-Tabley – est le fruit des choix délibérés de l’exécutif ivoirien.

CARTE DE TRAITEMENT.jpg

Le document qui accuse

Tout est parti d’un prisonnier de droit commun dénommé Drissa Konaté, accusé de complicité de parricide, et détenu à Bouaké avant d’être transféré à Boundiali. Depuis plusieurs semaines, le jeune homme traîne un mal sévère, marche à peine, se déplace avec une boîte dans laquelle il crache sans arrêt. Assez vite, les médecins de l’hôpital de Boundiali, qui le suivent, et les membres de l’administration pénitentiaire, n’ignorent rien de ce dont il souffre, et du caractère notoirement contagieux de son mal. Mais ils n’en disent rien.

 Promiscuité

Drissa passe ses journées dans une cellule voisine de celle des prisonniers politiques. Et dort un peu plus loin, dans une cellule plus petite, en principe réservée aux mineurs, mais occupée – en l’absence de pensionnaires de moins de dix-huit ans dans la prison – par les « corvéables » (détenus commis à certaines tâches au sein de la maison d’arrêt). Il faut attendre qu’un des deux frères de Drissa tombe par hasard sur sa carte de traitement pour que les autres prisonniers soient informés de la réalité de l’affection qui ronge l’infortuné, et s’organisent pour l’isoler comme ils peuvent, tout en continuant de s’occuper de lui. Mais il est probablement déjà trop tard : le bacille de Koch a eu le temps de faire son œuvre… Et des mesures improvisées de mise en quarantaine ne valent pas grand-chose dans une telle atmosphère de promiscuité.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

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