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samedi, 29 juin 2013

HENRI KONAN BEDIE: L'HOMME PAR QUI LE MALHEUR ARRIVA?

 

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Henri Konan Bédié, président de l’assemblée nationale s’est vu propulsé à la tête de l’Etat de Côte d’ivoire en 1993 après le décès du Président Félix Houphouët Boigny à la faveur d’une disposition constitutionnelle. En Décembre 1999, il est chassé par un Coup d’Etat. Néanmoins il est resté un acteur majeur de la scène politique Ivoirienne, et nombre d’observateurs lui attribuent (à tort ou à raison ?) tous les malheurs qui sont arrivés et continuent d’arriver à son pays, du fait des mauvais choix politiques qu’il a toujours opéré, et le désignent comme l’Homme par qui le malheur est arrivé à la côte d’Ivoire.

Trouvons ci-dessous la liste non exhaustive de ses choix qui ont selon certains entrainés la Côte d’ivoire au chaos :

1- Sa haine pour Alassane Ouattara

Au décès de Félix Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié se dispute le pouvoir avec Alassane Ouattara alors premier ministre. Brillant économiste, ancien gouverneur de la BCEAO et haut cadre au FMI, Alassane Ouattara a un carnet d’adresses très fourni en plus de l’avantage de connaitre très bien tous les dossiers du pays, puisque c’est lui qui gouvernait en fait. Bédié le redoute, le craint et fini par le haïr. Il fait invalider sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 1995 au motif de « nationalité douteuse ». Cet acte provoque une scission du pays entre le Nord musulman dont est originaire Ouattara et le Sud chrétien dont est issue Bédié. Le pays est divisé! Mais Bédié ne compte pas s’arrêter en si « bon chemin », et continue de traquer Ouattara. En 1999 il passe à la vitesse supérieure et lance un mandat d’arrêt international contre Ouattara pour « faux sur l’identité et usage de faux documents administratifs » scellant ainsi la partition en deux du pays dont il présidait aux destinées.

2- L’ivoirité

Tous les observateurs s’accordent sur le fait que c’est la création la plus « originale » de M. Bédié. Tout le monde attend d’un Leader qu’il rassemble, qu’il fédère, qu’il apaise… Mais quel diantre ! Est ce président qui oppose ses compatriotes, qui les scinde en catégories, et qui stigmatise certains ? Eh bien, ce dirigeant est bel et bien Henri Konan Bédié ! À travers son concept d’ivoirité, il voulait que la côte d’ivoire revienne aux « vrais ivoiriens », et que les « faux ivoiriens » les « voleurs de nationalité » en majorité du nord soient bouté bien loin. Cette « magnifique » trouvaille de « Nzuéba » n’a eu pour seul effet que de parachever le travail de division de la nation Ivoirienne qu’il avait soigneusement commencé quelques années auparavant et de mettre le feu aux poudres. En décembre 1999 la Côte d’ivoire, connu sous lui, le premier coup d’Etat de son histoire.

3- Le coup d’Etat de décembre 1999

Le 24 décembre 1999 éclate une mutinerie à Abidjan. Au lieu d’appeler au calme et à faire asseoir les mutins pour écouter leurs doléances, Henri Konan Bédié reste fidèle à lui-même c’est-à-dire condescendant, orgueilleux et pitoyablement imbu de sa personne. Il traitera les mutins et leur chef de «Zozos » et ce qui devait arriver, arriva. La mutinerie se transformera en coup d’Etat. Un coup d’Etat historique d’ailleurs puisqu’aucune goutte de sang ne fut versée. Henri Konan Bédié ayant été lâché de toute l’armée, aucun combat n’a eu lieu. Il lança des appels désespérés à la résistance et au soulèvement, mais aucun ivoirien, même pas les militants de son parti le PDCI ne daignèrent bouger le petit doigt. Et de façon presqu’unanime, son départ fut salué. Le pays l’avait vomi !

4- Sa haine pour Laurent Gbagbo

Contraint à l’exil après le coup d’Etat qui l’a chassé du pouvoir, Laurent Gbagbo lui permet en 2001 de revenir vivre dans son pays, la Côte-D’ivoire. Ensuite, il fait voter une loi qui lui donne droit à ses avantages d’ancien chef d’Etat. Ainsi il est nourri, logé, blanchit, protégé et soigné aux frais du contribuable ivoirien. Le même Laurent Gbagbo fait voter une loi pour le financement des partis politiques qui permet à son parti, le PDCI, de recevoir de l’Etat tous les ans près d’un demi milliard de FCFA de frais de fonctionnement. Alors que la Constitution ivoirienne ne lui permet plus d’être candidat en 2010 du fait de son âge (76 ans), Laurent Gbagbo, via les accords de Pretoria, lui permet de présenter sa candidature et de participer au scrutin présidentiel.

Mais en retour que lui offre Nzuéba ? Une Haine assidue. Non seulement il participe activement au complot de sa chute, mais à chacune des occasions qui s’offre à lui, il le taxe de dictateur, de tyran, de voyou dont il fallait se débarrasser. Voila sans retenue, sans pudeur et sans remord le retour d’ascenseur du très «fidèle» Nzuéba. Si de tels propos en temps normal pouvaient être versés dans le registre des attaques politiques banales et ordinaires d’un pays démocratique, ils revêtent une autre forme dans un pays déchiré et en quête de réconciliation. Ils revêtent une autre forme venant de quelqu’un dont on aurait attendu du fait de son âge, et de son expérience, qu’il apaise les tensions et les esprits dans ses discours.

5- La direction du PDCI

Henri Konan Bédié règne sans partage sur le PDCI depuis maintenant 20 ans, et depuis lors ce parti n’a cessé de régresser. A part l’élection présidentielle d’octobre 1995 (boycottée par le Front Républicain de Gbagbo et Ouattara) qu’il a gagné par le score soviétique de 96,44%, pour les raisons que nous connaissons, le PDCI sous lui n’a plus gagné la moindre élection fusse telle municipale, et son influence n’a cessé de diminuée. En 2010, alors que tous les sondages mettaient Bédié en seconde position, il fait une campagne catastrophique, sans programme et sans vie. Il finit par occuper la troisième position et se prive du second tour, au grand désarroi de ses militants. Aux élections législatives de 2011, il est une fois de plus battu. Aux dernières élections municipales, la tendance s’est confirmée, le PDCI s’est une fois encore fait battre. Si cette série de défaites suscite des remous au sein de la base, ce qui intrigue le plus c’est le fait que la tête du parti n’en tire aucune leçon. Faut-il continuer avec une équipe qui perd ?, se demandent certains militants. Quel est ce capitaine avec lequel on ne gagne jamais ?, s’interrogent d’autres. Mais le plus grave est à venir on dirait, puisque lors d’une interview accordée récemment à RFI (Radio France Internationale), Henri Konan Bédié a laissé sous-entendre qu’il compte lors du Congrès du PDCI en octobre 2013 briguer un autre mandat « si cela lui était demandé ». Pire ! en 2015, il ne semble pas envisager une candidature du PDCI à la présidentielle, abandonnant comme ça la Côte d’Ivoire désespérée entre les mains de Ouattara, et choisissant après les défaites à répétition conduire son parti à la mort, en faisant sans honte ni pudeur du PDCI un simple attelage politique pour Ouattara. Bédié osera t-il prendre sur lui de tuer et vendre l’héritage (le PDCI) de son «père» Félix Houphouët Boigny ?

Au mépris de la constitution ivoirienne et des textes de son propre parti, Henri Konan Bédié fait prévaloir les accords de Linas-Marcoussis et souhaite à 80 ans continuer à croiser le fer dans son pays. Est-ce le énième et l’ultime mauvais choix de Nzuéba ? wait and see. Le cas de son ami Wade ne semblant pas l’avoir suffisamment édifié. Mais pourquoi donc continuer à diriger quand on semble le faire si mal ?

Depuis le départ de Félix Houphouët Boigny, la Côte d’Ivoire a mal à sa classe politique. Haines et rancœurs y ont fait leur lit, très peu d’hommes d’Etat s’y recrutent. Et ce que ce pays a eu de plus cher (La paix) par le PDCI via son premier leader, il l’a perdu par le PDCI via son second leader, et la Côte d’Ivoire ne mérite pas ça.

 

Augustin Armel MINKA

Commentaires

En fin de compte et par dépit, on peut dire que Bédié est la deuxième erreur politique de Houphouet. On se plait à le rappeler. Houphouet a reconnu sa première erreur: celle d'avoir voulu octroyer la double nationalité aux émigrés dans les années 60. La population et le parlement l'ont vite ramené à l'ordre. Bédié est la deuxième. Lui-même avait déjà montré ses lacunes pendant toute sa carrière jusqu'à la mort du "vieux". Mais en dictateur sournois, Houphouet a écrasé de son pied tout ce qu'il savait de l'homme. Regardez le Bédié entre 1966 (année où il est nommé ministre des finances ) et 1977 (année où il est éjecté du gouvernement). Il s'achète un doctorat parce que complexé d'avoir pour collègues au gouvernement Abdoulaye Sawadogo et Mohamed Diawara tous deux titulaires d'un doctorat. L'affaire fait grand bruit. Houphouet l'apprend, pique une crise (dit-on) mais n'agit pas. Quelques temps après, le même Bédié invite des amis à la fête de ses sept (7) milliards de fortune à Daoukro. Houphouet est informé après. Encore une fois il le"convoque" seulement. Plus rien. Or, sa fortune provenait de tous les détournements et la surfacturation de la construction des complexes sucriers. Il a fallu que Houphouet, parti quémander de l'argent en occident soit rabroué et c'est sur insistance de ces bailleurs de fonds qu'il débarque son "fils" Bédié du gouvernement le 20 juillet 1977.
Il le met au frais pendant quelques mois, puis le recommande à Robert McNamara à la Banque mondiale qui reconnait tout de suite les carences de l'homme et le surnomme même "the lasy boy" ( le garçon paresseux, dit-on ). Deux ans après en 1980, Houphouet le ramène au pays pour prendre la place du grand Yacé Philippe à la présidence de l'assemblée nationale, le perchoir tout indiqué pour lui succéder. Ce qui advient en 1993. Dans deux des ouvrages de Jacques Baulin ( conseiller d'Houphouet à l'époque ) il voyait déjà la propulsion de Bédié dans les arcanes du pouvoir comme une erreur. Hélas, le vieux n'a écouté personne. Voilà les conséquences aujourd'hui. Du concepteur du monstre et du monstre, qui est coupable ?

Écrit par : sily camara | dimanche, 30 juin 2013

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