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mardi, 02 juillet 2013

RENDRE HOMMAGE A MANDELA, EN ATTENDANT L’AVENEMENT D’AUTRES DIRIGEANTS AFRICAINS SOUCIEUX DE LA DIGNITE DU CONTINENT


NELSON MANDELA.jpg


Depuis quelques jours, les médias occidentaux relaient, de façon fébrile, les nouvelles de la santé de Nelson Mandela, l’ancien président sud africain. Ils sont comme en compétition pour celui d’entre eux qui, le premier, annoncera le décès de l’ancien prisonnier de Robben Island. En Afrique du Sud, l’émotion est grande, mais c’est dans la sérénité que le peuple de la nation arc-en-ciel attend en priant ce qu’il en sera du sort de Madiba. Ailleurs en Afrique, on attend certainement aussi, mais juste comme on attend un évènement autour duquel il y a beaucoup de bruit, sans plus. Car nous sommes bien en 2013, et il y a eu tant d’affreux évènements dans notre vie, que le souvenir du héros Mandela ne nous caresse plus que très légèrement. Oui ! Il est bien loin dans notre souvenir, le Mandela de la lutte contre les injustices de l’apartheid. Et on se souvient à peine de celui qui partagea le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk, son ex-ennemi, en 1994. Vingt ans ou presque, c’est beaucoup pour des gens dont la vie est une suite de souffrance dont les auteurs ou tout au moins les commanditaires sont ceux-là même qui s’excitent comme des poux autour de l’icône nommée Mandela ! Nous ne sommes pas en train de nous plaindre de la ferveur médiatique autour d’un héros de notre continent : nous sommes juste perplexe et restons dubitatif devant tant d’excitation. Car pour nous, l’enjeu se trouve bien au-delà de l’honneur aux héros.

Mandela, une étoile universelle éteinte avant l’heure :    

Il faut l’avouer sans hypocrisie, il y a longtemps que sont effacées dans l’esprit de beaucoup d’Africains, les images fortes, symboles de fierté, telles celles de Winny et Nelson Mandela. Il nous est resté très peu du héros des années terribles de l’apartheid. Et, de même  qu’aujourd’hui, nous sommes peu nombreux à nous souvenir de Steve Biko, de Dulcy September, voire des enfants de SOWETO, de même nous avons de la peine à trouver brillant dans notre mémoire, le souvenir du premier président Noir de l’Afrique du Sud. Beaucoup de nos héros, les héros de l’Afrique, sont loin dans notre mémoire. On ne les a pas oubliés certes mais, tiraillés par les contingences immédiates, les réalités amères de notre existence d’opprimés, nous enjambons ceux qui sont tombés et ramassons au besoin l’arme de celui qui part à jamais, selon le mot du Che, pour la continuation du combat. Mandela, depuis la présidence de l’Afrique du Sud, n’a plus occupé dans notre vie que la même place que nos autres valeureux héros disparus. Il n’est plus qu’une icône comme les Patrice Lumumba, les Kwame Nkrumah, les Amilcar Cabral, les Thomas Sankara, les Gamal Abdel Nasser… Tous les héros de notre histoire commune sont gravés dans notre mémoire. Mais, à la différence des autres héros, Mandela est toujours vivant.  Eux, on les a déjà pleurés, et leur souvenir est un motif de fierté qui nous encourage au combat. Mandela lui,  on ne l’a pas encore pleuré et pourtant, il ne nous est plus d’aucun véritable apport depuis la fin de sa présidence sud-africaine. Depuis cette époque-là, ce sont les autres, nos ennemis, qui lui vouent un culte totémique.

Au point où parfois, on se demande qui de nos ennemis, dont nous connaissons la cruauté, et nous, sont les vrais bénéficiaires aujourd’hui de la vie du Prix Nobel de la paix Nelson Mandela ! Il a joué un rôle majeur dans la libération de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Puis il a été président pour un mandat. Après, silence complet sur le chapitre africain !... L’homme est une étoile universelle qui pour nous est éteinte depuis bien longtemps. Que de souffrance, en effet, essuyons-nous depuis ces vingt dernières années, sans que, même par une simple déclaration, nous sentions la présence de cette icône dans notre existence ! Trop vieux, et avec ce qu’il a dû endurer en prison, il était certainement trop fatigué pour continuer de se battre. Il faut reconnaître qu’il a fait sa part ! C’est vrai ! Alors, nous disons qu’il y a longtemps que l’étoile qui a brillé s’est éteinte. Et il est malsain de s’acharner sur lui, de se bousculer autour de lui. Aujourd’hui, c’est un vieillard qui a plus besoin des prières de ses frères que nous sommes, comme le font les Sud Africains, plutôt que de cette excitation mercantile de mauvais alois. Prier pour Mandela, voilà le seul vrai hommage à rendre à ce héros de notre continent !

Au-delà des héros à qui nous rendons hommage, l’Afrique a aussi et surtout besoin d’hommes forts soucieux de sa dignité actuelle !    

Les grands hommes, l’Afrique en aura toujours besoin. Elle en a eu et, Dieu merci, elle en aura encore. Mais le constat aujourd’hui amer, c’est que le destin contrasté de tous nos héros est le fait d’un et même dénominateur, l’occident si accroché à ses visées impérialistes aux allures de déshumanisation des Africains. Une constance permanente est aujourd’hui inéluctable : l’occident n’encense de l’Afrique que ce qui, en plus de ne rien apporter aux Africains, participe de leur aliénation. De sorte que lorsque l’occident applaudit quelqu’un ou quelque chose par rapport à l’Afrique, il faut adopter de la méfiance en la situation. N’est-ce pas cet occident, principalement la France, qui fait et défait les gouvernements africains pour placer au pouvoir ses larbins, fossoyeurs des peuples du continent ? La conséquence logique de la situation, c’est que cet occident peut, en dehors de toute règle et de toute morale, encourager, laisser faire ou même conduire des massacres à dimension génocidaire sur le continent, sans que personne, ni les icônes mondiales de la taille de Mandela, ni aucun chef d’Etat, ni même ce syndicat de soumission qu’est l’UA, ne réagisse. Sarkozy et les siens ont tout faussé en Côte d’Ivoire, détruit la Lybie, sans oublier qu’ils avaient déjà tout organisé à leur profit au Tchad et en Centrafrique, et ils font maintenant toutes sortes de combines pour s’approprier le Mali. Peut-on dire qu’on ne voit pas ce qu’ils font ? Qui en Afrique ose lever le petit doigt, lorsque l’occident s’acharne sur le Zimbabwe de Mugabe, le très proche voisin de l’Afrique du Sud de l’icône Mandela ? La RDC, pas si loin que ça,  est dans la tourmente depuis de nombreuses années!... L’occident vorace torture depuis de longues années la Somalie ; il (l’occident vorace) a réussi à diviser le Soudan pour son pétrole. Et nous n’oublions pas «ses printemps arabes» qui n’épargnent pas l’Afrique!... Le ballet des souffrances des peuples d’Afrique se poursuit, et pas une voix ne s’élève, au-delà des discours à objectif médiatique des réunions où la soumission est convenue d’avance. Il est temps que les hommes et les femmes à la tête de notre continent, que ce soit au plan de la renommée ou à celui de la responsabilité à tous les niveaux, se soucient du bonheur de leurs frères, les autres Africains. Aucun être humain n’est rien sans les autres.

Dans les Saintes Ecritures, on parle du « prochain » ; et le prochain le plus immédiat, c’est l’autre être humain de la famille, le frère ou la sœur. A quoi sert-il à une personne d’être adulée par le monde, s’il n’est d’aucune utilité pour les siens ?  Personne ne sauvera l’Afrique de quelque problème que ce soit sinon les Africains eux-mêmes ! Que ceux qui en Afrique ont un minimum d’audience et de responsabilité s’investissent enfin dans les œuvres de libération et d’épanouissement des peuples africains : ils en seront de plus grands et vrais héros et mériteront bien mieux nos hommages !

Dieu nous garde!
 

BEDI HOLY, Enseignant.

Commentaires

CHER FRERE AINE, BEDI HOLY,

C'est avec beaucoup de plaisir et de satisfaction que j'ai lu ton article.

J'ai d'abord été attiré par le titre: RENDRE HOMMAGE A MANDELA, EN ATTENDANT L’AVENEMENT D’AUTRES DIRIGEANTS AFRICAINS SOUCIEUX DE LA DIGNITE DU CONTINENT; et pour cause: dès l'annonce de la nouvelle hospitalisation de notre héros encore vivant, un ami avec qui je partage les analyses des évènements au plan spirituel m'a appelé à la réflexion. Il se demandait si notre héros n'étais pas en train de diminuer et disparaître pour laisser la place à un autre héros, celui qui comme lui séjourne en ce moment à La Haye? Sa question se référait à ce qu'avait dit Jean-Baptiste à propos du Christ Jésus: "Il faut qu'il croisse, et que je diminue." (Jean 3:30).

Ce qui s'est effectivement passé car, si les deux ont exercé concomitamment pendant un certain temps, la diminution voire la disparution du premier a favorisé l'expansion du ministère du second.

Non seulement que le titre de ton article y fait allusion, même s'il n'y apparaît pas tu parles d'un ultime hommage à notre héros encore vivant. Mais aussi et surtout, le contenu de cet article a admirablement développé cette idée. Tu relève à juste titre que l'étoile Mandela est éteinte depuis qu'il a quitté le pouvoir; ce qui lui vaut l'hommage mêlé d'ypocrisie de ceux qui sont contre les valeurs pour lesquelles il luttait, puisqu'il n'est plus un danger pour eux.

Souhaitent-ils qu'il s'éteigne définitivement pour s'acharner sur sa dépouille comme des charognards? Cette extinction définitive peut-elle donner lieu à l'émergence et l'expansion de l'étoile qui est en attente à La Haye?

Si la première préoccupation peut être source de désespoir, la seconde nous console et nous donne d'espérer tant la réponse positive ou affirmative à la question va de soi. Nous en avons pour preuve la mobilisation qui ne faiblit pas autour de cette étoile. Et... la meilleure des preuves qui vient comme un signe divin: ce qui se passe au sein de la CPI.

Comme dit la Parole de Dieu, nous pouvons espérer contre toute espérance, à l'instar de notre père ABRAHAM (Romains 4:17-22).

C'est alors que notre attente de "L’AVENEMENT D’AUTRES DIRIGEANTS AFRICAINS SOUCIEUX DE LA DIGNITE DU CONTINENT..." ne sera pas vain, par la grâce de Dieu dont tu as nécessairement imploré la garde sur nous pour mieux achever ton article.

Tu peux le constater, j'ai eu plaisir à te retrouver après un si long silence, puisque je ne reçois plus tes écrits. Je suis toujours à B. et j'y vais bien par la grâce de Dieu.

Puisse le Seigneur notre Dieu t'inspirer davantage pour produire des articles en phase avec son plan de libération de la Côte d'Ivoire et de notre Afrique, son Afrique! Un plan qui nous donne de demeurer confiant quant à l'issue heureuse de notre lutte.

Merci encore et à bientôt.

Écrit par : Z.S | vendredi, 05 juillet 2013

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