topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

mardi, 13 août 2013

DECLARATION DU PIT A PROPOS DE LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE DE LA COTE D’IVOIRE

 

côte d'ivoire,pit,déclaration du pit à propos de la situation socio-politique de l,le pit exige que la voie référendaire soit la seule à emprunter,pour l’adoption des lois sur l’apatridie,le foncier et la nationalité

 

Le PIT exige que la voie référendaire soit la seule à emprunter, pour l’adoption des lois sur l’apatridie, le foncier et la nationalité.


Ivoiriennes,

Ivoiriens,

Chers camarades militants du PIT

Chers amis de la Presse Nationale et Internationale,

 

La Côte d’Ivoire vient de célébrer le 53è anniversaire de son accession à l’indépendance. C’est l’occasion pour le Parti Ivoirien des Travailleurs de souhaiter un bon anniversaire à chacune et à chacun  de nos compatriotes .C’est également pour nous l’occasion de saluer ce cadeau d’anniversaire que le Président de la République vient d’offrir à la Côte d’Ivoire, en accordant la liberté provisoire à 14 éminents prisonniers politiques de l’opposition. Nous nous réjouissons de ces élargissements qui, malheureusement, ne sont pas définitifs. Mais, nous encourageons le Président de la République à aller plus loin puisqu’une libération provisoire n’est ni une grâce, ni une amnistie.  Ces personnes libérées  demeurent toujours inculpées. Elles ne peuvent jouir de tous leurs droits et elles restent interdites de toute activité politique.

Le PIT, pour sa part, a toujours demandé que s’applique une justice impartiale en Côte d’Ivoire. Que les fautifs des deux camps, nommément identifiés par la commission nationale d’enquête, soient jugés afin de mettre un terme définitif à l’impunité qui a tendance à s’institutionnaliser dans notre pays. Mais, si pour des raisons que nous ignorons, le pouvoir actuel est incapable d’interpeler et de traduire devant la justice les pros Ouattara,  comme il nous est donné de le constater depuis plus de deux ans, alors, le PIT demande, instamment, la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques pros-Gbagbo, pour que s’amorce, enfin, le véritable processus de réconciliation nationale que tous les ivoiriens attendent.

L’autre point de L’actualité socio-politique que nous voulons aborder, maintenant, est la déclaration prématurée et précipitée de candidature du Président de la République à sa propre succession. Cette déclaration, faite publiquement par le Président lui-même, nous permet d’observer que, dans notre pays, les régimes passent, mais les comportements déplorables continus et s’aggravent même, quelque fois.

 Souvenons-nous, chers amis de la presse, que l’ancien Président de la République, lors du dépôt de sa candidature à sa propre succession en 2010, nous avait fait découvrir l’une de ces incongruités que renferme notre constitution. Il avait, en effet, crié haut et fort, deux mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, son double statut de Président en fonction jusqu’à la fin de son mandat et celui de candidat officiellement déclaré. C’était déjà la confusion au sommet de l’Etat, avec le Président 100% et le candidat 100%. Confusion, malheureusement, permise par notre loi fondamentale. La réaction de l’ancien Président fera école et son successeur aux affaires qui s’en était offusqué hier,  de s’en inspirer aujourd’hui. Mieux, en la matière, « l’élève » va dépasser «  le maître ».

 Pour l’actuel Président de la République, Alassane OUATTARA, les deux ans et demie de mandat qui lui restent, c’est-à-dire 30 mois, sont plus proche de la fin que les deux mois qu’avait observés l’ancien Président pour annoncer sa candidature à sa propre succession.

Pour notre Président, actuellement en fonction, 2015 est déjà là.

Il faut courir vite. Il faut courir plus vite que les candidats, non encore déclarés, afin de s’assurer une victoire que ces millions d’Ivoiriens qui ont faim et ces 5 millions de jeunes diplômés à la recherche de leur premier emploi, pourraient lui refuser. Dans cette course effrénée pour la conservation du pouvoir, tant pis pour les promesses déjà faites mais non tenues, au cours du premier mandat de cinq ans qu’on a ainsi, de fait, ramené à 2 ans et demi, afin de mieux préparer le pouvoir virtuel de 7 ans à venir. Il faut solliciter un autre mandat, en faisant de nouvelles promesses.

Et pourquoi devrait-t-il s’en priver ? « Les promesses, dit le ministre français Charles PASQUA, n’engagent que ceux qui y croient ».

Le Président de la République est-il déjà en campagne ou en visite d’Etat dans les différentes régions du pays ? La confusion est totale. Au cours de ces visites d’Etat, organisées et financées avec les deniers de l’Etat, on n’hésite pas à solliciter les suffrages des populations, comme si nous étions en meeting de campagne. Les propos sont sans ambiguïté : « Aux dernières élections, vous avez voté à 87% pour moi. C’est bien ; mais, mes frères d’Odienné ont fait 100%. Je vous demande de faire comme eux, aux prochaines élections. »

Nombreux sont les ivoiriens qui se sont offusqués de ces actions et de ces propos tenus, politiquement incorrectes, non démocratiques et moralement choquants. Mais à la vérité, que disent nos textes et, surtout, que dit notre constitution sur ce point ? Rien. 

Dès lors, le PIT, dans sa quête permanente d’une Côte d’Ivoire véritablement démocratique qui accorde une égalité des chances politiques à tous ses ressortissants, exige un amendement de notre loi fondamentale pour corriger cette faiblesse. Il devient, en effet, plus que nécessaire d’imposer à un président en fonction qui souhaite briguer un deuxième mandat,une interdiction formelle  d’annoncer publiquement sa candidature comme c’est le cas aujourd’hui, trois mois avant l’ouverture officielle de la période électorale. Tout ceci, afin de nous éviter cette confusion à laquelle nous assistons à la tête de l’Exécutif.

L’actualité sociopolitique dans notre pays nous donne, également, d’observer que le pouvoir actuel semble gagné par le syndrome de la précipitation, dans bien de domaines.

 On a ainsi tenté, par la procédure d’urgence, de faire ratifier la Convention portant règlement du cas des apatrides en Côte d’Ivoire. Toujours dans la précipitation, on a fait adopter, le Jeudi 06 Juin 2013, en conseil des ministres, le projet de loi portant réforme de la nationalité. Et, toujours dans la précipitation, on prépare le projet de loi portant réforme du foncier en Côte d’Ivoire.

On a ainsi, par conséquent, relayé aux calendes grecques, les besoins urgents de résolution des problèmes que connaissent nos populations :

-la création d’emploi ;

-les questions de santé publique ;

-le problème de la cherté de la vie;

-la crise du système éducatif ;

-le problème de la pauvreté grandissante dans notre pays ;

-le problème obsédant de la réconciliation qui semble avoir pris

du  plomb dans l’aile ;

-etc.

A l’instar de très nombreux ivoiriens, le PIT s’interroge sur les motivations réelles que cachent tant de précipitation du Chef de l’Exécutif et de son Gouvernement ? Que nous réserve-t-on ? A quelles menaces notre pays s’expose-t-il, si ces lois n’étaient pas votées maintenant en urgence ?

  • Le PIT appelle à plus de sérénité dans le camp du pouvoir et suggère ceci : vu le caractère très sensible de toutes ces lois, parce que participant du fondement même de notre pays, il serait plus que judicieux et impérieux de ramener le débat, officiellement, au niveau de tous les ivoiriens afin que se dégage un consensus qui nous éloignerait, de toute aventure politique. Cela garantirait une stabilité et une paix durables pour la Côte d’Ivoire car : «  Chaque Ivoirien a son expérience de la vie et du voisinage avec des personnes venues d’ailleurs pour vivre ici. Ces expériences ont pu être bénéfiques, néfastes, profitables, ruineuses, enrichissantes ou déroutantes. Si elles doivent être le socle du débat, qu’elles le soient sur la base de ces expériences empiriques et non pas sur des marchandages politiques.» *

Ce débat, en effet, ne peut pas se limiter à l’Exécutif et à l’Assemblée Nationale, aujourd’hui, aux ordres de l’Exécutif.

Le PIT exige, alors et en définitive, que la société ivoirienne dans toute sa composante soit saisie des questions sur l’apatridie, sur le foncier,  sur la nationalité et que la voie référendaire soit la seule, à emprunter, pour l’adoption de ces lois.

En l’endroit du Président de la République, garant de nos institutions, le PIT suggère vivement, dans l’intérêt supérieur de la nation et du devenir d’une Côte d’Ivoire apaisée, qu’il organise un référendum afin de recueillir le consensus de l’ensemble des Ivoiriens sur ces questions brûlantes.

 

Je vous remercie

 

*Vincent Toh BI IRIE, in FratMat No 14602.

 

DR AKOI AHIZI

Président du PIT

Les commentaires sont fermés.