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dimanche, 25 août 2013

LETTRE OUVERTE DE ZASSO PATRICK DIT «EN GLOBAL» A OUATTARA ET SORO


ZASSO PATRICK DIT EN GLOBAL.jpg


Dans une lettre dont copie nous est parvenue, Zasso Patrick dit "en global", ex porte-parole d'Alassane Ouattara chargé de la jeunesse, parle à Guillaume Soro après sa visite dans la région de Gagnoa.


Monsieur le président,


Je voudrais vous demander de bien vouloir excuser le caractère peu protocolaire de cette lettre. comme vous le savez, mon statut actuel ne m'offre que cette voie pour apporter quelques réponses à vos discours et propos tenus à Gagnoa suite à l'invitation des chefs coutumiers. Monsieur le président, de mon exil, j'ai suivi votre visite à Gagnoa et écouté attentivement vos messages, que j'ai passés au peigne fin. Mais permettez-moi de relever ces quelques éléments que j'ai retenus et que vous avez appelés votre part de vérité.

Monsieur le président, vous avez dit que l'heure est venue de dire les choses comme elles se sont déroulées. Et je cite quelques propos de vous: "J'ai été nommé Premier ministre, pour organiser les élections démocratiques et transparentes, pour que des Ivoiriens aillent aux urnes pour se choisir le Président qu'ils désirent. Je n'ai pas été nommé pour favoriser un candidat. Si Gbagbo avait gagné les élections, je l'aurais dit; je vous le dis, Gbagbo n'a pas gagné les élections. Je suis allé voir Gbagbo chez lui pour lui dire qu'il a perdu les élections et qu'il doit céder le pouvoir ".

Monsieur le président, suite à ses propos, je voudrais, en tant que l'un des porte-parole du président Ouattara et témoin oculaire du déroulement de ces fameuses élections, apporter quelques éclaircis (...)

Monsieur le président, ces élections dont vous parlez n'ont pas été démocratiques et transparentes comme vous le faites croire à tout bout de champ. Tout a été bouclé d'avance avec vos alliés, vous n'avez fait que mettre Laurent Gbagbo devant les faits accomplis, vous avez rusé avec la bonne foi de Gbagbo, Charles Blé Goudé et tous les Ivoiriens pour atteindre vos objectifs. (...) Vous avez pris partie pour Ouattara; le fait de vous retrouver à l'Hôtel du Golf qui était le QG de campagne du candidat Ouattara avec Youssouf Bakayoko, accompagné des ambassadeurs des Etats-Unis et de la France, par la volonté de Nicolas Sarkozy, président français d'alors. Vous avez ainsi montré aux yeux des Ivoiriens votre choix dans cette crise. En tant que Premier ministre chargé d'organiser des élections comme vous le dites vous-mêmes, et dont les deux candidats étaient déjà en désaccord sur les résultats, la sagesse aurait voulu que vous acceptiez le recomptage des voix proposé par Laurent Gbagbo pour faire baisser la tension, ce que vous avez refusé de faire.

En réalité, ces élections n'étaient qu'un prétexte pour parachever le complot du 19 septembre 2002, dont l'objectif était de donner le pouvoir à Ouattara depuis le début.

"La mascarade a commencé au premier tour des élections présidentielles"

Au premier tour, selon les vrais chiffres des grandes villes de la Côte d'Ivoire que nous avions au sein du Rhdp, quelques heures avant la fin de la proclamation des résultats, le président Bédié avait 25% des voix, contre 22% pour Alassane Ouattara et 46% pour le président Gbagbo. On ne sait par quel miracle, la CEI, vous et vos alliés, aviez fait passer Ouattara au second tour, à la place de Henri Konan Bédié.

Mais suite à cela, Bédié votre allié d'aujourd'hui, a mis sur pied un collectif d'avocats dirigé par Ahoussou Jeannot, pour faire des réclamations auprès du Conseil constitutionnel, parce qu'il était mécontent de ces résultats qui ont été manigancés par la CEI, vous et vos alliés. Le président Bédié lui-même a rencontré Alassane ouattara pour lui signifier son mécontentement et lui demander de recompter les voix. Ce qui a créé une situation très tendue, que j'ai vécue au sein du RhdP. Il a fallu l'intervention du président français d'alors, Nicolas sarkozy, et de certains chefs d'Etats africains que vous-mêmes connaissez plus que
moi, pour calmer Bédié et l'obliger à céder sa place à Ouattara pour le deuxième tour (...)

Monsieur le président, pour le deuxième tour dont vous parlez tant, je voudrais vous dire que le président Gbagbo a respecté la Constitution et n'a pas confisqué le pouvoir comme vous le faites croire partout (...)

Lorsque le président de la CEI a transmis les résultats au Conseil constitutionnel, le président Laurent Gbagbo a fait une réclamation, vu les violences qui se sont produites dans votre zone. Le Conseil constitutionnel, après avoir analysé la requête, a déclaré le président Gbagbo vainqueur des élections. Je rappelle que c'est ce même Conseil constitutionnel qui a validé la candidature de Ouattara alors qu'au Rdr, on avait tous peur que Paul Yao-N'dré rejette cette candidature, malgré le fait que la CEI l'avait acceptée (...)

Monsieur le président, il est temps qu'ensemble nous essayons de faire des efforts pour mettre fin à toute cette manipulation qui consiste à toujours faire croire aux Ivoiriens que Gbagbo n'a pas gagné les élections, alors qu'en réalité il a gagné puisque déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel de notre pays, comme cela se fait dans tous les pays démocratiques du monde entier. Gbagbo a fait une réclamation, en respectant les normes démocratiques. Voilà ce qui est clair, monsieur le président.

Monsieur le président, concernant le dernier point où vous dites que vous êtes allé voir le président Gbagbo chez lui pour lui dire qu'il a perdu les élections et qu'il devait céder le pouvoir, je voudrais vous dire que là aussi, vous n'avez pas été courageux pour dire la vérité aux Ivoiriens. Car en réalité, quand vous êtes allé voir le président Gbagbo, vous lui avez dit que vous avez tous les résultats et qu'il a gagné les élections.

Vous lui avez ensuite demandé de vous reconduire au poste de Premier ministre. Ce qui a été refusé par le président Gbagbo et certains membres de son entourage. Voilà ce qui vous a conduit au Golf hôtel pour accepter le deal de Ouattara, qui consistait à vous reconduire comme Premier ministre (...)

Alors, au lieu de passer tout votre temps à vous justifier sur vos erreurs et faiblesses, je voudrais vous inviter, pour une fois, à assumer votre responsabilité dans cette guerre tragique qui a endeuillé la Côte d'Ivoire et fragilisé tout un pays. Vous n'avez pas jouer franc-jeu avec le président Laurent Gbagbo, Blé Goudé et surtout les Ivoiriens qui vous ont accepté et pardonné malgré les crimes de votre rébellion du 19 septembre 2002. Tout ce qui est arrivé, est arrivé parce que malgré les appels incessants au désarmement de vos troupes, vous avez rusé sur ce point et le rétablissement de l'autorité de l'Etat dans la zone que vous occupiez. Aujourd'hui, on a tous compris pourquoi vous teniez tant à contrôler cette zone à tout prix (...). En réalité, l'objectif de toute cette mascarade électorale, et toutes ces violences qui ont fait plusieurs morts inutiles, c'était aussi et surtout de faire d'Alassane Ouattara, président de la République. Puisque Bédié, feu Guéi et Gbagbo ont été déjà présidents, il fallait à tout prix que Ouattara le soit, quels que soient les résultats de ces fameuses élections. Tous les moyens ont été déployés par vous et vos alliés, pour y parvenir. Nous en avons pris acte.

Puisque votre objectif a été atteint, nous pensons qu'il est temps pour vous de créer les conditions rapides de la libération des otages que sont Laurent Gbagbo, son épouse Simone Ehivet, Charles Blé Goudé et tous les civils et militaires, détenus, et de prôner des discours d'apaisement, allant dans le sens de la réconciliation vraie des fils et filles de ce pays.

Veuillez accepter mes salutations les plus distinguées.


Fait, le 19 Août 2013


De mon lieu d'exil


Patrick ZASSO dit "En global",

Exilé politique, ex porte-parole chargé de la jeunesse d'Alassane Ouattara

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