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lundi, 26 août 2013

GUILLAUME SORO A GAGNOA: LES CONTRADICTIONS D'UNE TRAVERSEE DU DESERT

 

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 Soro est allé à Gagnoa, région d’origine de Laurent Gbagbo. Il a organisé dans ce contexte une polémique médiatiquement factice. Il faut plutôt retenir que devant ce qui est en réalité une fuite en avant, c’est la lutte pacifique et démocratique des résistants ivoiriens qui commence à payer. Nous nous sommes battus. Et nous devons continuer farouchement la lutte. Car seule la lutte paie. Rien ne nous sera concédé "pour nos beaux yeux". J'ai vu des images du séjour de Soro à Gagnoa. J'ai éprouvé de la pitié pour mon pays. J'ai eu encore très mal quand cela m'a rappelé que les Occidentaux veulent continuer de nous rabaisser, de nous humilier, de nous apprivoiser (en un mot de nous anéantir) en nous imposant une telle classe d'hommes  et de femmes politiques – sans tenue, ni scrupule –, à la tête de nos Etats.

D’une part, pourquoi nous imposer des gens d’aucune moralité ? Pourquoi nous imposer des barbares ? Chez les Occidentaux, cela se voit rarement - on pourrait dire, cela ne s'est jamais vu - que le premier "emploi" d'un citoyen soit le poste de ministre. Ce n’est pas seulement cet aspect des choses qui est en cause ; c’est aussi le niveau d’études ou de formation de nombre de ceux qui dirigent le pays – dans la haute administration, dans des institutions, … – ; même si dans certains cas, le niveau d’études ne peut pas être un critère limitant (à condition dans cette mesure d’accepter d’apprendre). Chez nous, les Occidentaux trouvent tout normal. Guillaume Soro, par les armes a eu une ascension exceptionnelle, jusqu'à être premier ministre et aujourd'hui président de notre Assemblée Nationale. Ce n'est pas normal. Car nos jeunes doivent comprendre et intégrer que l'ascension sociale s'obtient par des efforts et par le mérite.

D’autre part, parce qu'il manque de jugeote, Soro a cultivé la défiance - à l'endroit de ceux qui ont encore du bon sens en Côte d'Ivoire et dans le monde ; et ils sont les plus nombreux par rapport aux obligés de Soro - sur son voyage à Gagnoa. C'est plutôt pathétique. Il demande "pardon", nous dit-il ? L'homme peut changer. Il est donc peut-être de bonne foi. Mais le pardon ne serait-il pas plus à propos, quand ils ont raté leur tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002 ? Ou du moins, n'auraient-ils pas trouvé une formule pour organiser les demandes de pardon après l'arrestation du président Gbagbo. On pourrait être tenté de répondre que dans ce cas là, les plaies étaient encore très béantes. Mais l'appel à l'apaisement – en prévoyant un dispositif d’accompagnement – n'est-il pas un art à pratiquer par celui qui a pris le dessus même par la voie que nous connaissons ?

Aujourd’hui, le rapport de force arrache "pardon" de la bouche de Soro. Il prononce le mot plusieurs fois. Est-ce pour dire qu'il y croit ou c'est simplement de la communication. A regarder le parcours de ce garçon : sa propension aigüe et son inclination indescriptible à la roublardise, l’économie de questions même des plus osées ne s’imposerait pas. Ces gens-là pensent qu'il fallait d'abord tuer, violer, découper des victimes à la machette … pour montrer qu'ils avaient vraiment le dessus - avec l'aide de la Communauté internationale -. La cruauté, la barbarie, la chasse à l'homme "pro-Gbagbo", les arrestations arbitraires et actes de tortures - qu'ils filmaient eux-mêmes - montrent combien ils étaient convaincus de leur impunité. Que le monde est ingrat ! Que le monde est faux ! L'on a voulu nier la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002, comme origine plus aigüe - après le 24 décembre 1999 - de la crise ivoirienne pour dater celle-ci à partir des élections de novembre 2010. Cette falsification de l'histoire et cette imposture même soutenues par les médias des plus puissants au monde, en termes de propagande n'ont pas eu raison des Ivoiriens et des démocrates d'horizons divers qui se battent à leurs côtés.

Pour la reconstruction de notre pays et le besoin d’abréger les souffrances des populations, la revanche est inutile. Cela est tellement vrai que dans la culture que nous entretenons dans le sillage de Laurent Gbagbo, nous avons toujours mis le rassemblement en avant, comme boussole. « La transition pacifique à la démocratie » a inspiré le slogan « asseyons-nous pour discuter ». C’est la raison pour laquelle, même convaincu de sa victoire, Laurent Gbagbo a demandé le recomptage des voix. Mais devant l’autisme d’une « race » de politiques arrogants, « le temps » qui « est l’autre nom de Dieu » a fini par opérer un reclassement dans le paysage socio-politique de la Côte d’Ivoire.

Guillaume Soro et Hamed Bakayoko sont tellement satisfaits d’eux-mêmes qu’ils s’activent à une compétition à la succession de Ouattara. On nous sort du chapeau une loi sur « l’apatridie ». Le Rdr et certains de ses alliés du RHDP sont tellement convaincus qu’ils peuvent faire dans ce pays ce qu’ils veulent, qu’ils perdent la conscience – si tant est qu’ils en ont déjà eu une  – que toutes les questions de cette nature nécessite un consensus national. En fait, dans l’élan tactique et calculateur de faire du bétail électoral, la raison n’a pas été au rendez-vous sur cette question fondamentale pour la cohésion de la Côte d’Ivoire.

Dans cette adresse, ce qu’il faut retenir de ce qui précède, est que la sérénité n’est pas dans le camp des artisans de la conservation de l’ordre ancien. Mais la lutte que nous sommes maintenant invités à organiser de façon plus méthodique, continuera à renforcer les éclaircies qui pointent grâce à notre combat. Nous devons davantage nous mobiliser pour densifier nos revendications du jeu démocratique. Tous les partisans de la démocratie ne doivent donc pas se laisser abuser par tout ce qui relèvera de la diversion. Soro, en tant que président de l’Assemblée Nationale doit inspirer ses amis à intégrer que la Côte d’Ivoire appartient à tous les Ivoiriens ; et donc changer absolument de comportement. Par ailleurs, si on veut suivre le fond de la rhétorique de Soro sur l’exclusion, on doit lui demander si « l’exclusion ne doit pas exclure l’exclusion ? ». Tout en restant ouvert à tout ce qui pourra apparaître comme actes viables pour la reconstruction de notre pays, la vigilance des progressistes devra l’emporter sur des tentations évidentes dans cette ère de vulnérabilité où tous les piliers pouvant soutenir le socle d’un bien-être des populations, ont été mis à terre. Il faut rester déterminer pour travailler à ramener nos frères du RHDP sur terre. Ouattara n’a plus le choix aujourd’hui. Qu’il libère tous les prisonniers ! Que L’illustre geôlier de Scheveningen recouvre la liberté. La Côte d’Ivoire n’en pourra que reprendre son souffle. Et les investisseurs ne pourront que mieux s’en porter. C’est dans tous les cas la Côte d’Ivoire qui aura pris le dessus.

 

Dr Claude KOUDOU, Analyste politique, Enseignant-Ecrivain ; Directeur de la Collection « Afrique Liberté » chez les Editions L’Harmattan ; Président de CPDA « Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique ».

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Meeting de Soro Guillaume à Gagnoa: la foire aux injures

 

La tournée que Guillaume Soro a effectuée dans le département de Gagnoa a connu un épilogue humiliant pour le peuple de Gagnoa, en général, et, en particulier, les chefs coutumiers, ses hôtes. Le chef rebelle de 2002, désormais président de l’Assemblée nationale, a prouvé qu’il n’était pas à «la hauteur de l’expérience que les chefs ont placée en lui» en livrant un discours de haine et d’injures.


«On cherchait des hôtesses et je me suis inscrite. Donc j’étais au meeting. Mais je n’ai pu le terminer parce que je ne supportais pas les insultes». Comme Michelle K.Z., beaucoup d’autres personnes n’ont pu supporter le discours de haine que Soro Guillaume a servi aux populations de Gagnoa. Au terme d’une tournée qui a duré les 15, 16 et 17 août derniers, et qui l’a conduit à Gnagbodougnoa, Ouragahio, à Mama, à Gnaliépa et à Kpogrobré, le chef rebelle de 2002, devenu président du parlement de Côte d’Ivoire, a animé, le samedi 17 août, un meeting dans une attitude d’«arrogance», de «manque de respect» non seulement à l’égard de ses hôtes, mais aussi des chefs traditionnels, et de toute la région du Goh. Avant d’inaugurer et poser la première pierre du siège des chefs.

Dans un décor constitué essentiellement d’une foule d’allogènes transportés d’Abidjan et des confins du département de Gagnoa, d’une énorme colonie de chasseurs dozos de plusieurs unités d’anciens rebelles avec à leur tête les principaux chefs de guerre (Wattao, Djah Gao, Morou…), le chef de la rébellion de 2002 n’a pas donné dans la dentelle pour fustiger les soi-disant cadres et autres «courtisans». Concernant le «soi-disant cadre» Sébastien Dano Djédjé, professeur en toxicologie, Soro s’est introduit en ces termes : «Je demande pardon au chef Gbizié pour que je dise un mot. Parce que si je ne dis rien, je vais mal dormir aujourd’hui. Parce que je ne garde pas pour moi dans ma poche, je dis»

Faisant allusion au communiqué que le Pr. Dano Djédjé a signé au nom des cadres de Gagnoa, il a crié haut et fort que «Dano Djédjé dit que si je vais à Gnaliépa et à Mama, il va me tuer. Lui qui a été ministre de la Réconciliation, je comprends pourquoi on ne s’est pas réconcilié depuis». Avant d’indiquer qu’«il n’y a pas de principauté en Côte d’Ivoire et que Gagnoa ne peut pas être le bastion captif d’un parti politique. »

Outre Sébastien Dano Djédjé, le chef rebelle de 2002 s’est aussi attaqué à certains journaux par anticipation. Pour lui, ces organes vont titrer que Soro «a envoyé des wagons de train au Sénégal, au Mali, au Burkina… pour remplir Gagnoa». Pendant qu’il étalait «ses turpitudes» de chef de la rébellion, il a offert séance tenante 500 chaises à Gnaliépa. Une façon de dire qu’il n’est «pas de ces politiciens qui regardent sans rien faire les populations qui souffrent». Invectives à l’encontre des cadres, mais aussi des chefs traditionnels et de tout le peuple de Gagnoa.

En effet, dans leurs discours pendant le meeting et partout où ils ont suivi l’ex-chef rebelle, Gbizié Lambert et les autres ont parlé des prisonniers et de Laurent Gbagbo. Soro leur a donné une réponse politique, humiliante pour les chefs traditionnels qui disent se garder des chapelles politiques. Il s’est dit «choqué» que partout où ils sont passés, personne n’ait mentionné le nom du Dr. Benoit Dakoury-Tabley, tué pendant les premières heures de la rébellion. Dans un élan d’affront, il leur a même demandé d’aller demander pardon à la famille Dakoury-Tabley. «Tu es comment et tu ne demandes pas pardon. Tu es un saint ? C’est à Gagnoa que j’ai appris qu’il y a des saints sur terre», a lancé Soro du haut de la tribune, encadré par des Frci. «Regardez-moi ça !», s’est-il exclamé pour exprimer son dédain pour ce peuple qui refuse de demander pardon. Oubliant du coup qu’il y a peu il saluait les mêmes chefs pour avoir demandé pardon.

A ce propos, il a recommandé de prendre l’exemple des Yacouba qui ont pardonné après la mort de Guéi. Précisant que c’est grâce à ses «petits grains de sel» que Laurent Gbagbo a pu être admis par les Yacouba à se rendre à Kabacouma, aux obsèques de feu Guéi. Il a aussi demandé à Gagnoa de pardonner comme lui, dont le beau-père aurait été tué parce qu’il aurait dit la vérité en son nom. Il a enfin recommandé de faire comme Louis-André Dakoury-Tabley dont le frère a été tué.

Dans ses réponses aux chefs traditionnels, Soro a parlé de Laurent Gbagbo. Il estime qu’il ne faut pas se faire d’illusion. Qu’il a été nommé Premier ministre pour organiser la présidentielle. Et «la personne qui a gagné les élections s’appelle Alassane Ouattara». Il a prétendu qu’il a été loyal jusqu’au bout à Laurent Gbagbo, déclarant qu’il l’a rencontré le 30 novembre après la présidentielle. Pour lui dire qu’il avait perdu les élections et qu’il fallait qu’il parte. «Il avait passé 10 années au pouvoir. Qu’est-ce que ça lui coûtait de partir ? On ne devient pas grand simplement parce qu’on est président de la République», a indiqué le chef de la rébellion qui a tenté un coup d’Etat contre le régime de Laurent Gbagbo en 2002 et qui est désormais au pouvoir. Il se demande pourquoi ne pas laisser le pouvoir quand on a gouverné pendant 10 ans et qu’on n’a construit aucune route, aucune école…

En ce qui concerne donc la présidentielle, Soro soutient avoir refusé de suivre ceux qui lui demandent de mentir. Car, il n’est «pas dans l’amitié où quand un camarade ment, par solidarité, tu dois mentir avec lui».
A l’endroit de Gagnoa et de tous ceux qui parlent parce que Laurent Gbagbo est en prison, le secrétaire général de Mpci, affirme être allé en prison «à cause et pour Gbagbo». «Quand je partais en prison dans les années 90, est-ce que j’étais Bété ?», interroge l’ex- Sg de la Fédération Estudiantine et Scolaire (Fesci).

Parlant des prisonniers récemment libérés, il constate qu’ils parlent et que personne ne leur demande de se taire. Pour lui, puisqu’ils posent des préalables pour aller à la réconciliation, «ils auraient pu attendre que Gbagbo soit libéré pour sortir». Puis il s’est dit agacé de ce que «les gens croient que c’est nous qui avons mis Gbagbo en prison». Il a donc tenu à préciser que «la Côte d’Ivoire n’a rien à voir là-dedans concernant la Cour pénale internationale.»

Pendant plus de 40 mn, l’ex-chef rebelle a servi un discours de haine, aussi bien aux populations qu’il a fait venir que ses hôtes. Soufflant le chaud et le froid, Soro a rendu hommage à certains cadres fils de la région, dont Dr. Capri Djédjé, 1er président de l’Assemblée constituante, puis au sénateur Biaka Boda, au député Depri Domoraud, à Yacouba Sylla…, à des artistes comme Zakri Noël, Séri Simplice, Bailly Spinto, Didier Drogba. Il a surtout salué le combat des fils de la région comme Louis-André Dakoury-Tabley et Djohoré qui l’ont rejoint dans la rébellion aux heures difficiles de la guerre que sa rébellion a déclarée à la Côte d’Ivoire. Avant lui, le porte-parole des populations, Sériba Coulibaly, et celui des jeunes ont adressé des doléances. Le chef rebelle de 2002 n’a pas daigné répondre.

 

Armand Bohui, in le quotidien ivoirien "Notre Voie"

Envoyé spécial à Gagnoa.

Non ! M. Soro, il n’y a pas de bon traître


Un traître se définit comme celui qui trahit. Il livre son pays, sa patrie à l’ennemi. Un traître, c’est quelqu’un qui manque de loyauté, qui manque à sa foi ou à la confiance qu’on a placé en lui. Pendant que vous lui portez toute votre confiance, il vous livre à vos ennemis. En leur livrant tous vos secrets. Il vous plante le poignard dans le dos au moment où il vous donne le sentiment d’être avec vous. L’affaire Edward Snowden montre à suffisance combien une république exemplaire peut détester la traitrise.

Alors peut-il y a voir un bon traître ? Non ! M. Soro, il n’y a jamais de bon traître. Et ce n’est pas à vous que je l’apprendrais. Sinon on pourrait vous demander pourquoi les Kass, Mobio, Adams et dans une moindre mesure IB, ont été passés par les armes.

 

A.K., in "Notre Voie".


Source: EBURNIENEWS

Commentaires

Soro est gonflé, au sens propre comme au figuré. Chef de la rébellion, il a amassé 1038 milliards des casses des agences BCEAO de Bouaké, Korhogo et Man. Pendant près de dix ans l'état perdait 500 milliards par ans en impôts et taxes diverses, dans les zones sous contrôle rebelle. Ce sont eux qui empochaient ces sommes, sans compter les trafics divers entre "leur" zone et le Burkina Faso, le Mali. Avec ce pactole qu'il a emmagasiné, Soro est devenu arrogant. Il joue les importants. Il croit qu'il a un destin national. Rira bien qui rira le dernier.

Écrit par : sily camara | lundi, 26 août 2013

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