Alors qu'elle semblait n'être qu'une question d'heures, l'intervention américaine en Syrie serait désormais une question de jours. Le président américain Barack Obama a pris le monde par surprise samedi en annonçant sa décision de principe de frappes contre la Syrie, mais pas avant un feu vert du Congrès. Une action à court terme que souhaitent également repousser les parlementaires français, lesquels réclament un vote du Parlement Français.

Après dix jours de montée de fièvre consécutive à un massacre aux armes chimiques attribué à Damas le 21 août, Barack Obama a déclaré solennellement avoir "décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien". Washington, a-t-il affirmé, est "prêt à frapper quand nous le choisirons (...) demain, la semaine prochaine ou le moins prochain". Mais quelques secondes plus tard, le président a fait part de sa "seconde décision": "Je vais demander l'autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force", a-t-il annoncé en exhortant les élus à soutenir cette demande au nom de la "sécurité nationale".

L'opposition française tire la sonnette d'alarme

Avant ce coup de théâtre, Barack Obama avait appelé son homologue français François Hollande, a confié un responsable de la Maison Blanche. La France, que le secrétaire d'Etat John Kerry avait qualifiée vendredi de "plus ancienne alliée" de l'Amérique, est en effet propulsée en première ligne aux côtés des Etats-Unis pour une éventuelle action militaire contre la Syrie, après le forfait du Royaume-Uni.

Vendredi, François Hollande n'avait pas exclu une opération armée avant le 4 septembre, date de la session extraordinaire du Parlement français sur la Syrie. Une session qui s'annonce houleuse : l'opposition, UMP et centristes en tête, se démarque désormais clairement du chef de l'Etat à propos du dossier syrien, en le mettant en garde contre toute décision hâtive d'intervenir militairement au côté des Américains contre le régime Assad.

Une session extraordinaire du Parlement

Après les déclarations de François Fillon et Jean-François Copé, qui ont tiré la sonnette d'alarme à 24 heures d'intervalle devant les risques d'une entrée en guerre, c'est Jean-Louis Borloo, le patron de l'UDI - parti centriste allié naturel de l'UMP -, qui a mis François Hollande sous pression. Il a réclamé samedi soir un vote des parlementaires français, immédiatement après la déclaration de Barack Obama annonçant son intention de faire voter le Congrès américain.

"Comme le Président des Etats-Unis, qui a décidé de consulter le Congrès américain au titre des principes démocratiques, le Président français doit faire de même et organiser après le débat (prévu mercredi, ndlr), un vote formel au Parlement", a écrit l'ancien ministre dans un communiqué.

Un vote également demandé samedi par François Bayrou (MoDem), André Chassaigne, au nom des députés du Front de gauche, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et par Christian Jacob, chef de file des députés UMP, pour qui le gouvernement devrait même engager sa responsabilité dans un vote de confiance.

Une session extraordinaire du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) consacrée à la crise syrienne doit se tenir mercredi après-midi, avec au programme une déclaration du Premier ministre Jean-Marc Ayrault suivie d'un débat... Mais en principe pas d'un vote, même si juridiquement rien ne l'empêche.


Source: METRO NEWS