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samedi, 07 septembre 2013

«LA PAIX N'EST PAS UN MOUROIR»

OUATTARA ET SORO.jpg

 

J’ai aimé donner ce titre à cet aphorisme. Je le tiens d’un sage avec qui j’ai un commerce intellectuel assez nourrissant sur toutes les questions d’actualité. Il refuse d’ailleurs que je lui dise qu’il est un sage. Mais j’ai aussi compris qu’il n’y a pas plusieurs manières de ne pas m’en dissuader. C’est l’heureux signe de la modestie qui hante constamment les élus de la muse philosophique. Socrate disait constamment que tout ce qu’il sait c’est qu’il ne sait rien. Il n’a pas moins été le père de la civilisation occidentale.

Je devisais tranquillement avec lui, sur des sujets brulants de l’actualité du pays quand, dans une sorte de dépit assez mesuré, reprouvant l’attitude morbide de ceux qui nous dirigent actuellement et qui ne font rien pour soulager le peuple du misérabilisme croissant, le sage me sort cette idée concise et incisive : « la paix n’est pas un mouroir ! Autant on s’est donné les moyens de financer la guerre autant il faut se donner les moyens de financer la paix. Aujourd’hui toutes les régions, sans exception, réclame au pouvoir la réalisation de ses promesses de pluies de milliards. Elles ne peuvent plus attendre… » Nous venions de parler de la tournée de Soro Guillaume à Gagnoa. De son arrogance devant la misère du peuple. Selon les chiffres de la mansuétude de l’envoyé de Ouattara à Gagnoa, il a non seulement déçu par ses propos, mais il a surtout tué tout espoir d’espérer que lui et son gourou tiennent leur promesse d’assurer le bien-être des ivoiriens. Le bilan du déplacement de l’ex-rebelle ivoirien à Gagnoa nous a confirmé qu’il a pris la décision expresse d’aller narguer les Gôgnoa. Devant la litanie des souffrances de la population de Ouragahio, il aurait même dit ceci au maire de la localité : « Et ton frère qui était là au pouvoir qu’a-t-il fait pour vous sortir de la misère ? » De la part d’un homme qui ambitionne diriger un Etat moderne… il faut se dire que ce n’est pas demain la veille de notre sortie du sous-développement mentale.

Cette sortie du sage m’a rappelé une autre conversation que j’avais eu avec un militant d’en face qui m’a interpellé un jour sur la relative accalmie du pays depuis que Ouattara est au pouvoir. C’était pour lui le signe que le "bravetchè" est l’homme de la situation.  Il n’y a qu’avec son mentor que nous pouvons vivre autant en paix.  J’ai eu la réplique adéquate mais j’étais loin de penser que la paix signifiait autre chose que l’absence de guerre. Je lui ai simplement dit que la guerre dans un pays est toujours le fait d’une opposition barbare. Et son bravetchè avait la chance d’avoir en face lui une opposition civilisée, des démocrates. Je ne me rendais pas compte que je faisais une réplique partielle, que je disais une demi-vérité. « La paix n’est pas un mouroir » m’a, l’instant de quelques secondes, ouvert les yeux sur l’autre dimension de la guerre dans laquelle nous sommes tous plongés. Ils ont compté près de 3000  morts qu’ils ont passés aux armes pendant la phase armée de la guerre qu’ils faisaient à la Côte d’Ivoire, mais sait-on combien meurent de faim, de maladie, d’insécurité…tous les jours dans ce pays ? Cela n’est pas spécifique à la Cote d’Ivoire. Mais Où avez- vous vu les rebelles d’hier se retrousser les manches pour prendre à bras le corps la lutte contre cette misère qui gangrène notre pays.  Avons-nous vraiment l’impression que Ouattara voyage beaucoup pour sortir ce pays du sous développement?

 

Joseph Marat


Source: Le blog de Joseph Marat

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