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mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg
 

Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

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