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jeudi, 30 janvier 2014

TRIPOLIGATE: FR3 RELANCE LE DOSSIER ET EVOQUE «LA VOIX ACCUSATRICE DE KADHAFI»!

 

TRIPOLIGATE.JPG

 

« Mon cher ami Sarkozy a un désordre mental... C'est moi qui l'ai fait arriver au pouvoir. Nous lui avons donné le financement nécessaire pour qu'il puisse gagner l'élection [...], Il est venu me voir, dans cette tente. Il nous a demandé un montant, on lui a donné le montant »

- Moammar Kadhafi.

Voilà le « Tripoligate » - que j’ai été le premier à dénommer comme cela pour faire le lien avec le « Karachigate » et le « Qatarigate », les trois dossiers parallèles - relancé !

Le magazine de la TV française FR3 «Pièces à conviction» s'apprête à diffuser un enregistrement audio de 2011, dans lequel le dirigeant libyen assure : « C'est nous qui avons fourni les fonds » à l'ancien président.

Intitulé « Kadhafi-Sarkozy : liaisons dangereuses » et basé sur une enquête du journaliste Pascal Henry, le reportage évoque les « liens politiques entre la France et la Libye de 2003 jusqu’au déclenchement de la guerre, le 19 mars 2011 ». Où la France bombarde l’armée libyenne. 2003 c’est le début de la « coexistence pacifique » entre la Jamahiriya et les Occidentaux. Et singulièrement le rapprochement de Tripoli avec Paris.

LES CASSEROLES DE SARKOZY

Impliqué dans le « Karachigate » (des rétrocommissions au Pakistan et à Taiwan) et le « Tripoligate » (le financement des campagnes de Sarkozy en 200-2007 par Kadhafi) – expression que j’ai été le premier à créer et à utiliser dès mars 2011 -, Sarkozy apparaît aussi dans un troisième dossier : le « Qatarigate », lié à la conquête financière de la France par la pétrodictature qatarie.

On se souvient des déclarations de SaIf Al-Islam Kadhafi en Mars 2011 dénonçant l’argent sale de Sarkozy venant de Libye. J’évoquais alors un futur « Tripoligate », s’inscrivant dans le dossier du fameux « Karachigate » … Nous y sommes arrivé rapidement. Et Tripoli apparaît précisément dans les procédures judiciaires concernant le premier de ces dossiers, ce « Karachigate » qui implique Balladur, ex premier ministre, et évidemment Sarkozy !

"LIBE" TITRE «FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE SARKOZY: LA VOIX ACCUSATRICE DE KADHAFI»…

France 3 diffuse demain mercredi soir 29 janvier 2014 dans son magazine « Pièces à conviction » un enregistrement audio d’une interview, en mars 2011, de Mouammar Kadhafi qui évoque un financement politique occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy.

A la question de savoir s’il se sent trahi, Kadhafi, qui avait été reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007, répond par l’affirmative. Puis, selon une traduction réalisée par l’AFP, il poursuit : « Sarkozy a une déficience mentale… c’est grâce à moi qu’il est arrivé à la présidence », « C’est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner », « Il est venu me voir alors qu’il était ministre de l’intérieur. Il m’a demandé un soutien financier.»

Pourquoi aurait-il financé Sarkozy ?

Fort logiquement, « Pour nous, en tant que Libyens, si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c’est vraiment un gain », répond Kadhafi qui ne donne pas de montant ni de détail sur les modalités de versement.

Le juge Serge Tournaire enquête sur ces accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007, allégations que Nicolas Sarkozy réfute.

Elles avaient été formulées par Saïf al-Islam, le fils aîné du Colonel, dans un entretien à Euronews, le 16 mars 2011 : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale.» Peu auparavant, l’agence officielle JANA avait promis de rendre public « un grave secret » sur la campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs dignitaires ont évoqué un tel financement : l’ancien Premier ministre Baghdadi al Mahmoudi, lors d’une audience d’extradition à Tunis, ou encore l’interprète de Kadhafi, Moftah Missouri. Rencontrée la semaine dernière à Paris, Anoud al-Senoussi, fille de l’ancien chef des renseignements Abdallah al-Senoussi, a affirmé à l’AFP que son père, actuellement détenu en Libye, avait « disposé de preuves de ce financement ».

L’ORIGINE DE CET ENTRETIEN.

POURQUOI IL SORT MAINTENANT?

Le guide libyen avait accordé à l’époque pour le Figaro, l’entretien, que la journaliste Delphine Minoui avait ultérieurement retranscrit dans son ouvrage Tripoliwood – un livre violemment anti-Kadhafi plein de rumeurs et de médiamensonges sur la Jamahiriya (Grasset, 2011) -, et qui s'est déroulé le 16 mars 2011 (quatre jours seulement avant l'intervention militaire occidentale de mars 2011).

Les forces de Kadhafi avaient alors repris l’avantage militaire un mois après le début de l’insurrection transformée en guerre d’agression par l’OTAN et ses supplétifs du CNT. Paris avait officiellement reconnu quelques jours plus tôt l’opposition fantoche pro-occidentale.

La publication de cet interview de Kadhafi n’est évidemment pas neutre. Et l’émission de France 3 bénéficie d’une vaste couverture médiatique. Au moment où Sarkozy laisse entrevoir son retour en politique pour la prochaine présidentielle et sera un adversaire coriace pour le régime social-démocrate de Hollande en pleine tourmente et impopulaire, la relance du ‘Tripoligate’ tombe à pic. Et aussi bien Hollande que le ministre de l’intérieur Valls, candidats potentiels, ont tout intérêt à cette relance.

 

Luc MICHEL

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# Sur ces dossiers sales de Sarkozy, lire :

Luc MICHEL, PCN-SPO / APRES LE « KARACHIGATE » ET LE « TRIPOLIGATE » : VOICI LE « QATARIGATE » DE SARKOZY !???

http://www.elac-committees.org/2012/05/22/pcn-spo-apres-le-%c2%ab-karachigate-%c2%bb-et-le-%c2%ab-tripoligate-%c2%bb-voici-le-%c2%ab-qatarigate-%c2%bb-de-sarkozy/

 

LUC MICHEL, FOCUS / TRIPOLIGATE : NOUVEAU TEMOIGNAGE D’UN PROCHE DE KADHAFI SUR LE FINANCEMENT DES CAMPAGNES DE SARKOZY PAR LA JAMAHIRIYA

http://www.elac-committees.org/2013/07/31/luc-michel-focus-tripoligate-nouveau-temoignage-dun-proche-de-kadhafi-sur-le-financement-des-campagnes-de-sarkozy-par-la-jamahiriya-2/

 

PCN-SPO, L’ARGENT SALE DE LA SARKOZYE : VOILA TRIPOLI QUI APPARAIT DANS LE « KARACHIGATE » !

http://www.elac-committees.org/2011/10/05/pcn-spo-l%e2%80%99argent-sale-de-la-sarkozye-voila-tripoli-qui-apparait-dans-le-%c2%ab-karachigate-%c2%bb/

 

et Luc MICHEL, PCN-SPO / GEOPOLITIQUE / QATARIGATE : LA GANGRENE QUI RONGE LA FRANCE !

http://www.elac-committees.org/2013/02/01/pcn-spo-geopolitique-qatarigate-la-gangrene-qui-ronge-la-france/

mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

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Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

lundi, 27 janvier 2014

OBAMA ATTEND LES AFRICAINS A LA MAISON BLANCHE

 

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Qui aurait cru ? Barack Hussein Obama - cet homme hybride, président des Etats-Unis, dont les deux mandats resteront dans l’histoire africaine, le pire cauchemar que les Africains aient connu après le siècle de l’esclavage et la balkanisation de l’Afrique - vient de tendre la main aux chefs d’Etat africain pour un sommet qu’il compte encadrer à la Maison Blanche à l’honneur de « l’Afrique » en août 2014.

Cette annonce a fait l’effet d’un boom dans les présidences africaines mais elle a pris au dépourvu les présidences européennes qui croiaient avoir leur pleine souveraineté en Afrique et dans ces « contrées ».

Ce qui est très surprenant, c’est le fait que les présidences africaines sembleraient avoir gagné le pari sur l’Europe et que leur directoire de communication serait en harmonie avec la Maison Blanche. Elles ont accueilli favorablement l’annonce et seraient en train de se préparer pour cette rencontre ô combien historique pour chacun des présidents africains qui recevront l’invitation des mains des ambassadeurs américains auprès de leur pays respectifs pour se rendre à la Maison Blanche, poser auprès d’Obama.

À ce jour, aucun chef d’état africain ne s’est prononcé, encore moins l’Union africaine, pur objet de décor de l’Afrique depuis 2011, sur sa participation « éventuelle » ou « pas éventuelle ». Tous ont gobé l’annonce et dans leurs antichambres ils seraient en train de s’en enorgueillir…

Il apparaît que ce soit un rêve pour certains leaders africains qui n’avaient jusqu’ici eu le privilège que de poser auprès d’un Sarkozy (parti) ou d’un Hollande (partant) ou de Hu Jintao l’ex-président chinois. Cette fois, ce serait le comble pour ceux-là, d’avoir été à Pékin, Paris, et Washington et pourquoi ? Pour représenter leurs villages et contrées et non les « pays » africains du point de vue du Congrès de Berlin.

REVENONS AU PROBLEME DE FOND !

Dans le mode opératoire du prédateur qu’il est, le président des USA a appâté les dirigeants africains en faisant semblant de respecter la politique de l’UA (dont les décisions ont permis d’exclure la Guinée Bissau et l’Egypte… tout comme les sanctions de l’UA sur Madagascar ne sont pas encore levées malgré les élections qui viennent de s’achever). Il a aussi évité de fâcher Londres – son allié de tous temps - en refusant d’inviter Mugabe, l’homme africain qui a mis à nu les pratiques du Commonwealth et les désirs coloniaux britanniques d’obscurcir le Zimbabwe et les états-africains qui furent sous l’influence de la Grande Reine britannique.  

Au lieu que l’UA s’insurge sur une telle annonce qui crée des différences entre Africains, elle est restée muette comme elle en a l’habitude de le faire lorsque l’Afrique est malmenée par les fauves en quête de leur pitance en Afrique et ne s’agite que lorsque les conséquences sont ténébreuses pour les Africains.

Aucun Africain digne et respectueux de l’éthique africaine, n’accepterait une telle humiliation surtout lorsqu’il s’agit des leaders qui, en notre temps, sont les leaders de l’Afrique indépendante… je souligne ici la figure de Robert Mugabe. Qu’il ne soit pas sur la liste des invités, les autres chefs d’Etat africains devaient se poser des questions sur l’intention du prédateur noir de la Maison Blanche.

Pire encore, c’est le prédateur noir, l’homme qui, pour une première fois dans l’histoire de l’Afrique, a déversé plus de 8000 bombes à uranium appauvri et/ou enrichi sur le sol africain, c’est cet homme là, qui vient inviter les Africains pour soi-disant « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ». L’homme noir que les grands fauves de l’Amérique ont utilisé pour assassiner plus de 200.000  Libyens et tuer l’homme le plus aimé de l’Afrique, le Colonel Kadhafi. Que les Africains acceptent de se rendre à la Maison Blanche, ils y vont pour leur village et contrée mais pas pour représenter l’Afrique.

QUEL ENSEIGNEMENT CES LEADERS AFRICAINS VEULENT LAISSER A LA POSTERITE ?

Ils ont perdu le sens de l’Honneur et le reste du monde en profite pour les traiter en moutons d’abattoir. Ils sont pitoyables dans leur être lorsque tous les ans ils se rendent en longue file indienne dans les capitales étrangères pour faire la salle de classe devant un professeur dont le nom est à tour de rôle : France, Chine, Inde, et aujourd’hui, USA.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ?

Est-ce que ces dirigeants africains ne peuvent pas abandonner leur souveraineté à l’UA africaine pour se rendre en duo, UA-USA, UA-CHINE, UA-FRANCE, UA-INDE, UA-ETC… pour résoudre les problèmes de l’Afrique. Quel est ce malheur qui frappe sur le front des Africains, qui, chaque fois doivent être la risée des autres nations ? J’ai du mal à être dans la peau de ces chefs d’état sans gloire ni honneur. 

ET LE PREDATEUR ?

Ce que les Africains n’ont pas compris, là où les Latino-Américains ont déjà pris leurs distances, c’est que ces leaders noirs ne connaissent pas les enjeux mondiaux de l’heure ou bien, ils le savent mais créent les conditions pour pourrir l’Afrique après eux.

Les USA n’ont jamais été un partenaire fiable. Ils ont toujours dupé, fait croire au paradis aux peuples du monde, mais ce paradis s’est toujours transformé en enfer de l’enfer. Les pays Latino-Américains en sont bien avertis, l’Iraq, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye, la Syrie actuelle en sont des illustrations éloquentes.

Au lieu que nos leaders s’en prennent à leur soif d’invitation du Noir de la Maison Blanche, qu’ils remuent leurs méninges et renvoient l’ascenseur à l’UA, en déclinant l’offre et en laissant à l’UA, le soin d’aller à la Maison Blanche parler d’une seule voix pour l’Afrique, si l’opportunité d’y être en vaut vraiment la peine suivant l’agenda africain de l’heure.

Aucune sécurité extérieure ne sera bénéfique pour l’Afrique sauf si ce sont les Africains eux-mêmes qui en conjuguent les efforts. La sécurité des USA pour l’Afrique c’est l’insécurité totale…

Il est clair que mon analyse ne changera jamais l’avis de ces chefs d’Etat avides de notoriété. Ils sont prêts à payer le prix du diamant pour se payer le luxe en se ruant à Washington poser auprès du noir-blanc africain de la Maison Blanche, qui est détesté lui-même aujourd’hui par les Noirs américains pour ses basses œuvres dans le monde et aux Etats-Unis même.

DE MEMOIRE: OBAMA, L’HAMEÇON DES PREDATEURS DE LA MAISON BLANCHE POUR LES AFRICAINS…            

Lorsque cet homme arrive au pouvoir lors de son premier mandat, il montre immédiatement un désintérêt pour l’Afrique. Lors de sa première visite africaine qu’il effectue au Ghana en juillet 2009, il tance les chefs d’Etat africain et les traite de despotes, des infréquentables… puis lors de son discours à Accra il sermonne nos « despotes » africains tel et si bien que l’on n’aurait pu imaginer que ce serait encore lui, cinq ans après, qui les convoquera à la Maison Blanche.

Bref, il revient aux leaders africains de soigner leurs images écornées en refusant de jouer le jeu des impérialistes. Ces gens viennent toujours avec des idées sincères… vous croyez que vous êtes en train de consommer un bon poisson mais à la grande surprise, vous trouvez une vipère vivante – somnolant dans votre plat prete à vous mordre l’œsophage.

Et pour paraphraser Louis Farrakhan, « Ne pensez pas qu'ils n’ont pas l'intention de vous voler ce qui se trouve sous votre pied ! Leurs actions ne sont pas à votre avantage, mais à leur avantage (...).  Leur jeu est toujours le même. Ils n'ont jamais changé, et ils ne changeront pas maintenant. Le serpent peut se débarrasser de la « vieille peau », mais la "nouvelle peau" qu’il revêt reste la même: il apparaît juste «frais» et «neuf». »

 

Gilbert NKAMTO (*)

 

Gilbert NKAMTO pour le CEREDD / Centre Européen de Recherches et d’Etudes sur la Démocratie Directe / 25 janvier2014

 

http://www.lucmichel.net/2014/01/25/ceredd-obama-attend-les-africains-a-la-maison-blanche/

 

MANIFESTATION CONTRE OBAMA EN AFRIQUE DU SUD.jpg

Photo : Manifestation contre Obama à Pretoria, Afrique du Sud, le 28 juin 2013.

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(*) www.gilbertrocheteau.blogspot.com

Correspondant du CEREDD à Tripoli, puis Yaoundé.

Secrétaire général du Conseil Panafricain du MDPR /

Mouvement démocratique panafricain pour la renaissance

www.mdpr.populus.ch 

Administrateur d’EODE Zone Afrique

www.eode.org

https://www.facebook.com/EODE.africa

dimanche, 26 janvier 2014

BENSOUDA, LA MAGICIENNE DE LA CPI

FATOU BENSOUDA 7.jpg

 

Quand Maitre Altit qualifiait de brouillon le Document de Notification de Charges (DNC) de Bensouda. Il ne croyait pas si bien dire. Bensouda vient de révéler, à la lecture du DNC qu’elle vient de déposer à la CPI, son talent de magicienne capable, à partir d’un brouillon, de transformer des bienfaits en actes criminelles et déguiser des rebelles en armes, en civils non armés. Pour ceux qui connaissent la réalité ivoirienne de 2000 à 2011, en parcourant ce DNC, il induira en eux  deux réactions opposées: Rire et pleurer. Voici un extrait :

« Dès son accession à la Présidence en 2000, GBAGBO a eu pour objectif de se maintenir au pouvoir, y compris en réprimant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son régime. Sachant l’élection présidentielle inévitable, GBAGBO a, conjointement avec son entourage immédiat, conçu et mis en œuvre un Plan commun afin de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires. Le Plan commun a évolué jusqu’à inclure, au plus tard le 27 novembre 2010, une politique d’État ou organisationnelle qui avait pour but une attaque généralisée et systématique contre les civils considérés comme des partisans de OUATTARA (« Politique »).”

Pour BENSOUDA,

Concevoir et mettre en œuvre un programme de gouvernement, c’est concevoir et mettre en œuvre un plan commun en vue de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Prendre les opposants dans son gouvernement à partir de l’an 2000 comme Laurent GBAGBO l’avait fait pendant tout son mandat présidentiel, c’est les réprimer et les attaquer ;

Financer les partis d’opposition à près de 850 millions de FCFA par an, c’est les réprimer et les attaquer ;

Payer à Ouattara et à Bédié respectivement 12 millions de FCFA et 15 millions de FCFA par mois, après avoir mis fin à leur exil, c’est les réprimer et les attaquer ;

Négocier plusieurs accords de paix et prendre les rebelles dans son gouvernement en donnant salaires et budgets de souveraineté, c’est les réprimer et les attaquer ;

Demander le respect du cessez-le-feu, le recomptage des voix et la nomination d’un médiateur pour gérer la crise née des élections au lieu d’un affrontement armé, c’est concevoir une politique d’Etat ou organisationnelle afin de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Se défendre d’une attaque généralisée des rebelles et du commando invisible en violation du cessez-le-feu de l’ONU, c’est attaquer des civils considérés comme des partisans de Ouattara.

Le FPI serait bien content de subir de telles répressions et attaques de la part du pouvoir Ouattara.

Sacrée BENSOUDA!

 

 Par DON MELO AHOUA,

Docteur ingénieur des Ponts et chaussées.

samedi, 25 janvier 2014

FONCTIONNAIRES DE COTE D’IVOIRE, CE QUI EST DIT, EST DIT!

 

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Gens du peuple de Côte d’Ivoire, tout au long de notre quête, de notre lutte commune, pour la préservation de notre dignité, la dignité humaine s’entend, nous vous accompagnerons. Nous serons toujours à vos côtés. Pour fustiger, dénoncer, sans relâche, les œuvres perfides de ceux qui ont choisi la voie de l’autocratie, de la dictature, au détriment de votre liberté ; au détriment de votre bien-être.
 
Gens du peuple, nous vous exhortions - dans notre précédente chronique - à vous méfier des personnes qui tentent, par des discours mielleux, de vous séduire, afin de vous asservir et ainsi, assouvir leurs désirs égoïstes. Nous vous conseillions par-dessus tout et avec insistance, à refuser de vous laisser endormir par leurs propagandes chimériques.
 
Aujourd’hui encore, gens du peuple, nous vous réitérons cet appel. De façon solennelle. Mieux, nous vous invitons à redoubler de vigilance. Car le loup est déjà dans la bergerie.
 
Une fois de plus, les voilà pris la main dans le sac. Ceux qui prétendent nous gouverner, ont préféré nous berner. Ils nous croient atteints de cécité et même de surdité !
 
C’était à l’occasion du discours de nouvel an, d’Alassane Ouattara, l’homme fort du régime en place. Un discours annoncé par ses nombreux « griots », comme la « bonne nouvelle » qui transporterait de joie, les ivoiriens.
 
Il a d’abord reconnu dans son intervention: « Oui, la vie est chère. Nombreux sont nos compatriotes, qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts ». Avant de poursuivre : « (…) les salaires des fonctionnaires étaient bloqués depuis 1988. (…) Le gouvernement a donc décidé de la revalorisation des salaires et du déblocage des avancements des fonctionnaires dès janvier 2014. Avec étalement des effets financiers sur 5 ans ». Puis il conclut: «Ainsi, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’avec ces mesures, chaque fonctionnaire verra son salaire augmenter régulièrement, améliorant ainsi, son pouvoir d’achat ».
 
Quelques semaines après, ce qui était pourtant clair comme l’eau de roche, va livrer tous ses secrets. Seulement 38.000 fonctionnaires sont concernés par la mesure de déblocage des avancements, sur 153.000 fonctionnaires. Soit 80% de fonctionnaires exclus, nous révèle Gnamien Konan, le ministre de la fonction publique. Il venait ainsi de doucher la joie de ceux qui, trop tôt s’étaient laissé convaincre par les paroles d’un homme passé maître dans l’art de vendre des illusions et de la gouvernance tape-à-l’œil plutôt que la gouvernance concrète.
 
En effet, lorsque l’on dit aux gens du peuple qu’il y aura : « déblocage des avancements des fonctionnaires », il n’y pas mille manières de comprendre cette phrase. Surtout que celui qui a tenu de tels propos n’a fait aucune discrimination en parlant de cette mesure, au moment où il le faisait. D’où vient donc qu’on nous parle de « ceux qui sont cernés » et de « ceux qui ne sont pas concernés » ? Y’a-t-il mille manières de définir le terme : « déblocage des avancements » ou le mot « fonctionnaire» ?
 
Certes, les thuriféraires d’Alassane Ouattara, ont tenté, par des explications, les unes aussi saugrenue qu’obscures, de justifier l’injustifiable. Ils affirment : « Loin d’être une exclusion, le Gouvernement a estimé que des engagements actés, relatifs au profil de carrière ont été pris avec des différents corps de métiers depuis 2007 dont 50% des effets financiers de ce profil de carrière ont été payés sous l’ancien régime. Etant entendu que l’Etat est une continuité, et le gouvernement Ouattara pour éviter l’embrasement du front social, a payé 25 des 50 % restants à fin mars 2013 avec rappel des mois de janvier et février 2013. Les 25 % restants seront payés sur le budget 2014 fin janvier 2014. Portant ainsi le taux de réalisation de ces engagements actés à 100 %. Selon des indiscrétions, le Gouvernement estime qu’il y a déjà eu une amorce de revalorisation des salaires de ces différents corps susmentionnés. (…) Et si le Gouvernement appliquait encore une revalorisation de 12 % sur les salaires, selon des sources, cela pèserait davantage sur le budget actuel ». Seraient-ils en train de nous expliquer que les « performances économiques » dont se targue leur mentor Alassane Ouattara, ne sont en fait qu’un slogan creux et que l’effet d’annonce n’avait - en fait - pour but que des visées électoralistes ? Sans doute.
 
Quand quelqu’un – et de surcroit un chef d’Etat – affirme devant les médias que les avancements des fonctionnaires seront débloqués et qu’ainsi : « chaque fonctionnaire verra son salaire augmenter régulièrement », il n’y pas mille façons, pour les gens du peuple, de comprendre cela. Les textes de l’administration sont clairs en la matière. Tout fonctionnaire doit bénéficier d’un avancement tout au long de sa carrière. Si les avancements ont été bloqués pour tous les fonctionnaires depuis 1988, et qu’ils ils doivent être débloqués cette année, ils doivent l’être pour tous, sans exclusive. Revaloriser, ce n’est pas débloquer. Le déblocage est un droit dévolu à tout fonctionnaire, contrairement à la revalorisation qui peut se négocier. Voilà ce que comprend l’homme du peuple. Toute autre explication n’est que pure machination et tentative éhontée pour distraire l’opinion publique.
 
A moins que nous ne soyons effectivement en face d’un mensonge savamment orchestré ; d’un «trompe l’œil» aux desseins inavoués, de la part de ceux qui nous gouvernent. Car comment expliquer que sur le même sujet, Alassane Ouattara dise une chose et que son ministre en dise une autre ? Nous voilà interpellés.
 
En effet, ce n’est pas du tout responsable de la part d’un gouvernement. C’est se moquer des souffrances des ivoiriens, notamment des fonctionnaires de Côte d’Ivoire, qui font leur part de sacrifice pour le développement du pays ; c’est instituer la discrimination au sein de cette corporation. Personne n’a mis un fusil sur la tempe de monsieur Ouattara, pour l’obliger à débloquer les salaires des fonctionnaires. S’il veut le faire, qu’il le fasse en toute équité. Cette fois, l’imposture ne passera pas. Ce qui est dit est dit.
 
 
Source: Facebook Marc Micael

vendredi, 24 janvier 2014

DETTE INTERIEURE: LA PRESIDENCE IVOIRIENNE REFUSE DE PAYER LES SOMMES DUES AUX PROPRIETAIRES DE VEHICULES DE LOCATION

 

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Abidjan, le 22 Janvier 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE

Préliminaire

Mesdames et Messieurs les journalistes,  au nom du Collectif des Propriétaires  des Véhicules de Location (CPVL), je voudrais vous saluer et vous remercier  d’avoir répondu à notre appel. Au cours de ce point de presse, il ne sera question que du différend qui nous oppose depuis bientôt quatre (4) ans avec la Présidence de la Republique. Il s’agit du non-paiement des arriérés de nos factures qui ne sont toujours pas traités malgré le changement de régime, en dépit de nos nombreuses démarches officielles.

Aussi, allons-nous procéder à un rappel de l’historique de la location de véhicules par la Présidence de la République avant d’arriver aux raisons de ce litige inexplicable et aux conclusions de cette réunion.

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Historique de la location de véhicules.

Depuis l’existence de l’institution Présidence de la République, le devoir de location de véhicule s’est toujours manifesté. C’est ainsi que des sociétés de location ont vu le jour au sein des fournisseurs de cette institution. Vu les difficultés rencontrées pour le paiement des prestations fournies par nos sociétés, les responsables desdites sociétés ont décidé de mettre en place un collectif pour être leur représentant légal. Par conséquent, depuis le 24 novembre 2011, suite à nos démarches, l’administration ivoirienne a officiellement reconnu comme interlocuteur privilégié, notre Collectif de location comme tel.

Le Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location regroupe en son sein environ quatre-vingt (80) entreprises de locations et la Présidence  de la République est l’un de ses principaux clients. Du reste, nous notons avec satisfaction comme un signe de confiance méritée, qu’à chaque changement de régime depuis le Président Félix Houphouët-Boigny, que la Présidence a toujours recouru, sans discontinuer, aux   services des locataires de véhicules en payant, après vérification, les créances qui leur sont dues, quelles que soient le montant des arriérés des  créances contractées par l’administration précédente.

Mesdames et Messieurs les journalistes, telle est la praxis en vigueur avant l’avènement du régime actuel. Pour mémoire, nous vous rappelons que certains de nos interlocuteurs de la Présidence d’alors, continuent de travailler encore à leur poste, signe qu’ils avaient bien travaillé.

Développement

Après ce bref rappel de l’historique de la location de véhicule à la Présidence de la République, il nous paraît essentiel de vous entretenir de nos difficultés depuis 2011. Nous précisons par ailleurs, que le Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location est absolument apolitique et que nos membres se reconnaissent dans toutes les sensibilités politiques nationales.

A la prise du pouvoir par les nouvelles autorités, suite aux élections politiques de fin 2010, les responsables de notre association (encore non constituée en collectif), se sont dépêchés auprès d’elles pour solliciter une audience afin d’échanger sur les arriérés dus par l’ancien régime et aussi présenter officiellement les membres dirigeants de notre association afin de leur conférer une légitimité d’interlocution.

Nous avons adressé, chronologiquement, les courriers suivants à :

  • 30/06/2011 à  Monsieur le Directeur Financier de la Présidence de la République.
  • 08/07/2011 à  Monsieur le Directeur Financier de la Présidence de la République.
  • 31/08/2011 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 27/09/2011 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 02/11/2011 à Monsieur le Grand Médiateur de la République.
  • 07/06/2012 à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement.
  • 09/10/2012 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence.
  • 18/02/2013 à  Monsieur le Ministre chargé des Affaires Présidentielles.
  • 19/02/2013 à Monsieur le Grand Médiateur de la République.

De toutes ces correspondances, quelques réponses nous sont parvenues en date du : 

  • 24/11/2011 un courrier d’accusé de réception de la Médiature nous informant que le dossier de l’affaire a été confié à Monsieur Henri GOBA, Conseiller  Spécial au Cabinet de Monsieur le Grand Médiateur.
  • 29/11/2011, une demande d’avis envoyée à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement, relative à notre saisine de la Grande Médiature, face aux démarches restées infructueuses.
  • 07/12/2011 une lettre de la Médiature de la République nous informant de la transmission à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement de notre dossier de requête.
  • 7/09/2012, une demande d’avis adressée à Monsieur le Secrétaire Général  de la Présidence de la République pour constater les démarches infructueuses effectuées par le CPVL  qui a décidé, en conséquence, de saisir les bons offices de la Grande Médiature de la République.
  • 10/09/2012, une lettre d’information de la Grande Médiature adressée à Monsieur le Président du Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location sur sa demande d’avis formulée à l’attention de Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 30/10/2012, par lettre d’information, Son Excellence Monsieur le Grand Médiateur, nous transmet copie d’une lettre du  Ministère  chargé  des  Affaires  Présidentielles dans laquelle.

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Monsieur  le Ministre chargé des Affaires Présidentielles prenait acte de la requête  de la Grande Médiature et annonce que nos doléances sont en cours de traitement avec le Ministère de l’Economie et des Finances et reconnait que notre créance fait partie des dettes contractées par l’Etat de Côte d’Ivoire.

Enfin, en date du 02/11/2012, nous avons adressé une supplique à Son Excellence, Monsieur le Président de la République intitulée : ARRIERÉS DE FACTURES DE LOCATION DE VEHICULES A LA PRESIDENCE A FIN 12/2010. Dans cette lettre, nous avons fait le récapitulatif de toutes nos démarches infructueuses pour le recouvrement de nos créances  certifiées par audit par les services de l’Etat dès la prise de pouvoir par les nouvelles autorités.

Cette ultime démarche est restée sans réponse.

C’est dans ce contexte que nous avons appris que l’Etat va procéder à l’apurement de ses dettes contractées avec les opérateurs nationaux, sans discrimination. Le CPLV s’est réjoui à l’annonce d’une telle nouvelle étant assurée que ses factures ayant été auditées et certifiées, que finalement les locataires de véhicules à la Présidence qui sont pour la plupart de petits entrepreneurs voire des entreprises familiales, allaient pouvoir entrer en possession de leurs avoirs après tant d’années de souffrance.

Or, à  la publication des listes des ayant-droits, nous avons constaté que nous avons été écartés pour des raisons que nous ignorons. Récemment, nous avons appris que le Trésor public va procéder à une seconde vague de paiement des dettes dues envers les opérateurs privés. Cette nouvelle nous réjouit mais ne nous rassure pas, compte tenu des précédents dont nous avons fait acte.

La tenue de ce point de presse se veut dans un tel contexte d’incertitude, un cri d’alarme adressé à nos autorités afin que la situation des loueurs de véhicules soit examinée avec justice et équité.

Certes les règles de location de véhicule à la Présidence de la République ont changé avec le choix d’autres opérateurs, mais la location de véhicule en tant qu’activité qui crée des emplois et contribue à l’enrichissement des familles demeure.  Le CPVL ne comprend pas, dès lors, que ses membres soient traités comme des quémandeurs de subsides ou comme des exemples de mauvaise gouvernance.

En tout état de cause, nos créances dont le montant est environ 5 milliards de FCFA (5 000 000 000) sont le fruit de services rendus, de travail fourni. Ceux d’entre nous qui ne disposaient de tous les types de véhicules lors des commandes de l’Etat, ont dû les louer en payant au comptant les loueurs avant de mettre ces véhicules à la disposition de l’Etat.

Il paraît donc inconcevable que des gens qui ont servi leur pays à travers leurs activités, soient abandonnés sans tenir compte des drames qu’ils vivent dans leurs familles. Car nombreux sont ceux qui, à force d’attendre, sont morts dans la misère, malades privés de soin faute d’argent et, ceux qui ont été chassés de leurs habitations faute de pouvoir honorer le loyer mensuel.

Face à une telle situation désastreuse, nous demandons, avec respect, à nos autorités de procéder sans tarder au paiement des sommes qui nous sont dues avant que d’autres drames se produisent parmi nos membres qui n’en peuvent plus.

Ce point de presse est une action pacifique destiné à attirer l’attention de tous ceux et de toutes celles qui détiennent entre leurs mains les dossiers nous concernant. Nous ne comprenons pas qu’à l’heure où les plus hautes autorités prêchent la réconciliation, le retour des réfugiés, la réintégration des fonctionnaires fugitifs et le déblocage de leurs salaires, que nous soyons la seule catégorie exclue du processus de pacification et que nos dettes légalement contractées soient bloquées malgré la continuité de l’Etat. L’audit qui a certifié l’état de nos avoirs en supprimant arbitrairement ce qui lui a semblé injustifié, aurait-il fait un mauvais travail ? A-t-il été désavoué ? Sinon, les loueurs de véhicules qui ont servi l’Etat sans regarder la couleur politique du régime en vigueur, ne comprennent pas qu’ils soient l’objet d’ostracisme et condamnés à mourir alors qu’ils détiennent des créances envers l’Etat. Il faut que cela cesse le plus tôt possible afin que les membres du Collectif retrouvent leur dignité dans la société. Le Collectif ne peut accepter la politique de deux poids, deux mesures en matière de bonne gouvernance.

Malgré notre pacifisme et notre respect scrupuleux des lois républicaines, nous ne pouvons pas nous porter garants de ce qui pourrait advenir chez certains de nos membres poussés à la ruine. Sans la satisfaction de nos revendications légitimes et justifiées, nous nous verrons contraints d’entreprendre d’autres actions afin de nous faire comprendre et entendre.

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Conclusion

Mesdames et Messieurs les journalistes nationaux et internationaux, au nom du CPVL, je vous remercie d’avoir répondu présents à notre appel, qui est en fait un cri de désespoir. Tout le long de notre exposé, nous nous sommes fait l’obligation de nous en tenir qu’au fait, à savoir le non-paiement de nos arriérés de créances envers l’Etat. Il vous appartiendra, si vous le désirez, de mener une enquête parmi les membres de notre Collectif pour vous rendre compte de la réelle dimension du drame que nous vivons. En tant qu’opérateurs privés ivoiriens qui ont servi des prestations à la demande des autorités compétentes d’alors, nous pensons que l’apurement de la dette de l’Etat envers tous ses partenaires privés, nous concerne tous. C’est le but de cette réunion et rien d’autre. Nous aussi voulons contribuer à la construction d’une Côte d’Ivoire pays émergent à l’horizon 2020.

Merci à tous d’être venus. Bonne et heureuse année 2014 à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

 

Fait à Abidjan, le 22 Janvier 2014

Pour le CPVL, le Président

BLEOU DANGUI

 

COLLECTIF DES PROPRIETAIRES DE VEHICULES DE LOCATION (CPVL)

Récépissé de déclaration d’association n° 540 / MEMI / DGAT / DAG / SDVA du 24/11/11

01 BP 3405 ABIDJAN 01, E-mail bleoudangui@yahoo.fr

07 05 83 99 / 07 98 97 37 / 07 64 45 06 / 20 33 98 35

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Bléou Dangui, président du Collectif des loueurs de véhicules à la Présidence de la République: «Que nos autorités entendent nos pleurs…»

 

En rupture de paiement de factures relativement à leurs prestations de service, les loueurs de véhicules administratifs à la Présidence de la République ne savent plus à quel saint se vouer. Après plusieurs démarches infructueuses en vue du recouvrement d’une partie de leurs créances, estimées à 5 milliards FCFA, le président du Collectif de cette activité livre dans cette interview, les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

 

Président, vous venez de donner un point de presse, quel en est le message fort ?  

Le message fort que je voulais faire passer, c’est d’informer la Côte d’Ivoire entière que nous avons des factures qui sont à la Présidence de la République, et que ces factures là n’ont pas encore fait l’objet de paiement. Donc, nous décrions le non paiement de nos factures par la Présidence. Ces factures concernent les prestations que nous avons fournies dans le cadre des locations de véhicules au niveau de la Présidence de la République.

Après audit, certaines des factures des fournisseurs de l’Etat ont fait l’objet de rejet. N’êtes-vous pas concernés par cette catégorie?

Nos factures ont fait l’objet d’audit. Et dès l’instant où l’Etat ivoirien, pour ne pas dire les nouvelles autorités, ont placé leur confiance en une structure, demander à cette structure, d’auditer nos factures, je ne peux qu’être heureux. D’ailleurs, cette structure qui est venue a pris soin de rejeter un certain nombre de nos factures. La remarque qu’on nous a faite, c’est que ces factures n’ont pas été certifiées. C'est-à-dire des factures qui n’ont pas eu des visas des anciennes autorités. A ce niveau, nous avons demandé à nos membres de se calmer, parce qu’au jour d’aujourd’hui, le besoin que nous avons, c’est le paiement des factures reconnues en tant que telles par l’administration. Si ces factures sont payées, nous allons entrer en contact avec l’administration pour chercher à savoir quelles sont les conditions à remplir pour que les autres factures qui n’ont pas été reconnues puissent l’être. Parce que nous reconnaissons que ce sont des prestations que nous avons fournies effectivement à l’administration de la Côte d’Ivoire.

Vous êtes en train de dire qu’il y a deux factures. Une catégorie certifiée, donc reconnue, et une deuxième qui n’a pas été reconnue parce que dit-on non certifiée. Mais, pourquoi les factures reconnues n’ont jusque-là pas fait l’objet de paiement ?

C’est parce que nous ignorons les raisons pour lesquelles l’administration en place a retardé le paiement de nos factures que nous réagissons. Enfin, retardé c’est comme si nous savons la date à laquelle l’Etat allait payer nos factures. Mais, à ce jour, aucune autorité la  Présidence n’a accepté de nous recevoir pour nous dire les raisons pour lesquelles nos factures n’ont pas fait l’objet de paiement.

Quel est le montant des factures certifiées ?

Il est difficile de dire aujourd’hui à combien nous chiffrons les factures certifiées. Mais, ce que nous savons, c’est qu’avant 2010, nous avons approché les autorités d’alors, et avec elles, nous avons eu une séance de travail qui a abouti à un montant d’environ 5 milliards FCFA de factures que l’administration reconnaissait devoir aux loueurs de véhicules. Mais, la difficulté dans laquelle je me trouve en tant que président, c’est que nous n’avons pas pu rentrer en contact avec l’administration actuelle, pour harmoniser nos points de vue. Partant de ce fait, il est difficile de dire pourquoi une partie de nos factures a été acceptée. Ce que je sais, c’est qu’avant 2010, nous tournions autour de 5 milliards FCFA de dettes.

L’administration étant une continuité, qu’est-ce qui pourrait justifier le fait qu’on ne vous reçoive pas pour que vous expliquiez votre souci ?

Nous avons effectué beaucoup de démarches. Si nous sommes partis jusqu’à la grande Médiature pour demander à cette institution indépendante de nous servir ses bons offices, c’est parce que nous avons épuisé toutes les voies légales. Sinon, si nous voulons entrer en contact avec une administration, la moindre des choses, c’est de lui envoyer une demande d’audience. Et si cette demande d’audience n’a pas fait l’objet de réponse nous demandant de venir une date donnée, est-ce que nous pouvons forcer la porte de nos autorités pour qu’elles nous reçoivent ? Je ne le pense pas. C’est pour cela que nous avons usé de votre canal, pour porter notre message. Le message, c’est de nous recevoir, et en secundo, de mettre en paiement nos arriérés. Aujourd’hui, il y a beaucoup de loueurs de véhicules qui en souffrent.

Nous sommes en 2014, le contentieux date de 2010. Durant ces quatre années, l’Etat bénéficie-t-elle toujours de vos prestations ?

L’activité de location de véhicules n’a pas cessée au niveau de la Présidence de la République. C’est un besoin pour cette administration de prendre en location un certain nombre de véhicules pour remplir sa mission régalienne. A ce titre, l’activité de location de véhicules n’a pas disparue. Mais, le problème que nous avons, c’est que pendant ces quatre ans, aucun loueur de véhicules n’a été soldé. Je vous ai bien dit que ce sont des petites entreprises, pour ne pas dire des entreprises de familles, donc les moyens que nous avons, ce sont les paiements de nos factures qui servent également de fonds de roulement. Si malheureusement nous restons pendant trois ans sans qu’on nous paie, ne serait-ce qu’une partie de ces factures, il va sans dire que l’entretien de nos voitures va prendre un coup. Si tel est le cas, cela voudra dire aussi que notre activité est en train de mourir. Effectivement, notre activité est morte dans nos propres mains. Aujourd’hui, nous ne pouvons dire que nous pouvons mettre un de nos véhicules à la disposition de la présidence, parce que ces véhicules ont manqué d’entretien.

Le problème est éminemment social, je voudrais donc savoir si vous avez directement ou indirectement touché les services de la Présidence de la République?

Nous ne pouvons pas affirmer que nous avons une relation particulière avec le Président de la République pour le toucher personnellement. La seule manière de le toucher, c’est de lui adresser un courrier. Dans ce sens, nous avons fait une supplique que nous avons adressée à la Présidence. Malheureusement, ce document est resté sans suite. Est-ce que nous avons dans ce cas, mieux que la presse pour transmettre nos difficultés à la population, voir au Président de la République ?

Vous revendiquez combien d’entreprises au sein de votre collectif ?

Nous tournons autour de quatre vingt (80) entreprises au sein de notre collectif. De ces quatre vingt entreprises qui ont pu terminer l’année 2010, c’est le 1/3 qui peut participer aujourd’hui à nos réunions. Dès l’instant où mes membres n’ont plus de chiffre d’affaires, il est très difficile pour eux de venir honorer les paiements des cotisations.

Devant cette longue attente, pourquoi ne demandez-vous pas une audience directement au Président de la République pour étaler devant lui, vos difficultés, vos souffrances ?

C’est une voie que vous nous proposez, mais aujourd’hui, nous avons voulu travailler avec les proches collaborateurs du chef de l’Etat, quand nous avons adressé un courrier que nous avons surnommé une supplique, nous y avons bien précisé que nous demandons l’avis du Président de la République pour qu’il donne des instructions à ses collaborateurs, afin qu’ils puissent nous recevoir. Aujourd’hui, nous n’avons plus que nos larmes pour pleurer. Sinon nous pensons avoir mené à notre niveau, toutes les actions nécessaires pour pouvoir être entendus.

Y a-t-il d’autres collectifs de loueurs de véhicules en dehors du vôtre ?

Au niveau de la présidence, je n’en connais pas, pour la simple raison que c’est nous qui avons initié ce regroupement. Et les difficultés de payer nos factures ne datent pas d’aujourd’hui. Ce qui a fait que même à un certain moment, j’avais voulu arrêté de fournir nos prestations. Mais ce sacrifice est dû au fait que nous, en tant qu’opérateurs économiques, nous devons tendre la main à notre administration, nous avons eu cette force de demander à nos membres de continuer de servir toujours les véhicules à la Présidence.

Quelle est la valeur de votre parc-auto ?

Moi-même j’avais au moins cinq (5) véhicules. Mais, aujourd’hui, je me retrouve avec seulement un seul, parce que j’ai été obligé de vendre une partie pour pouvoir survivre. Je ne devais pas parler de moi-même, parce que je représente un collectif, donc je suis obligé de dire que si nous faisons une analyse, vous vous rendrez compte que la majeure partie de mes membres ne disposent plus de parc-auto pour la simple raison qu’ils n’arrivent plus à les entretenir. Même s’ils pouvaient le faire, ils n’ont plus les marchés qu’ils avaient dans le temps.  

On va se laisser…

Je supplie les nouvelles autorités qui ont la gestion de notre pays, de faire tout leur possible, pour regarder derrière eux, la queue de mes membres dont le vice-président qui est mal en point. Mais, pour l’amour de notre organisation, il fait tout son possible pour assister à nos rencontres. Tout comme lui, il y a d’autres qui ont été contraints de fuirent leur quartier pour le village, parce qu’ils n’ont plus la dignité dans le quartier où ils vivaient parce que les propriétaires ont plus ou moins vidé leurs bagages des maisons qu’ils habitaient. Donc, je demande à nos autorités d’avoir une oreille attentive à nos revendications que nous jugeons d’ailleurs légitimes. Je supplie le Président de la République, qui est un homme  sensible, de prendre en main personnellement ce dossier.

 

Réalisée par Daniel Kouadio.

 

Source: Le quotidien "Le Républicain"

mercredi, 22 janvier 2014

TROISIEME PONT HENRI KONAN BEDIE - PEAGE: 750 FCFA PAR PASSAGE ARRETE PAR SOCOPRIM

 

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" Troisième pont Henri Konan #Bédié / Péage: 750 FCFA par passage arrêté par #Socoprim… " au lieu des 700 FCFA que le du RDR avait annoncé 'faire' réduire à moins de 200 FCFA. La vérité est que ce pont est une nouvelle propriété privé de la France en Côte d'Ivoire, et c'est elle qui fixe les règles du jeu. Montant global pour le financement du projet annoncé: 165,100 Milliards FCFA . " La contribution ivoirienne s’élève à 50 milliards Fcfa, tandis que les bailleurs de fonds soutiendront le projet à hauteur de 105,100 milliards Fcfa." Mais ce n'est pas lorsque Ouattara emprunte 100 Milliards de CFA au Congo que la Côte d'Ivoire peut payer ces 50 milliards. "Selon Olivier Bonnin, Pdg de la Socoprim, la société concessionnaire, cette infrastructure routière sera à péage et coûtera 750 FCFA par passage aux automobilistes. Il sera exploité sur 30 ans (OUI... 30 ANS) avant de devenir entièrement la propriété de l’État de Côte d’Ivoire."

Et pendant ce temps Ouattara raconte qu'il est en train de construire un pont pour aider les Ivoiriens: NON... il a juste offert une opportunité juteuse à ses 'copains' pour faire 'saigner' nos compatriotes. - Certains disent: " Mais personne n'est obligé d’emprunter ce pont ". Oui... mais observez ! Une fois ce pont terminé, ils trouveront un truc pour obliger les automobilistes à passer sur ce pont comme on passe dans une trappe à souris: révision ou je ne sais quoi de l'un des deux autres ponts - vous verrez bien un truc. 750FCFA par passage pour un poste de péage AU BEAU MILIEU DU CENTRE VILLE ? Et pourtant avant L’ÉCONOMISTE Ouattara, l'historien Gbagbo avait trouvé le moyens de faire construire ce pont avec des fonds de l’État et la gratuité du passage. Pour cela aussi il fallait lui jeter des bombes Françaises et l’emprisonner. [...] Ce n'est pas pas de la simple incompétence mais de la pure méchanceté.

Les arguments de Socoprim: Péage

Le pont Henri-Konan Bédié est un pont à péage. Le montant des péages sert en priorité à entretenir l’ouvrage, et ensuite à rémunérer les emprunts et financements privés qui ont servi à le construire. Il a été calculé pour que le choix de prendre le pont reste économiquement attractif, compte tenu des économies de carburant que le pont permet. Le péage sera différent suivant les catégories de véhicules. Des abonnements à tarif réduit seront à la disposition des usagers fréquents ; ces abonnements permettront une perception électronique sans contact accélérant le passage des abonnés.

 

Source: Le Blog de Claudus

mardi, 21 janvier 2014

HIER, J'AI SURPRIS FRANCE TELECOM SEMANT DES GRAINES DE SUICIDE

 

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Maxime VIVAS - Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité.
 

Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies.

Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. A l’époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d’avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement.

Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse.

A Paris, la DG (direction générale), sous l’impulsion d’un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d’ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents.

* * *

A quoi sert un ergonome ? En résumé, c’est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés dans de meilleures conditions de confort, de sécurité et d’efficacité. Confort, on voit là le profit pour les agents. Efficacité, on voit celui de l’entreprise. L’intérêt commun est dans la sécurité, la diminution des accidents de travail.

En ces lieux de coopération et d’antagonisme que sont les entreprises, les ergonomes développent des opérations gagnant-gagnant, en collaboration avec les directeurs d’établissements, les cadres, les agents, les syndicats et les CHSCT.

Pour arriver à leurs résultats, ils pratiquent de minutieuses observations du travail, dialoguent avec les opérateurs, avec les cadres, étudient les locaux, les documents de travail, les matériels, les notes de service, les modes opératoires, etc. Ils interviennent sur les ambiances thermique, lumineuse, sonore, l’agencement des postes de travail, le contenu du travail, son rythme et son organisation même.

Leur formation emprunte entre autres à la psychologie, à la sociologie, à la physiologie. Dans le jargon des directeurs de France Télécom (essentiellement issus de l’école Polytechnique) adeptes des « sciences dures », il s’agissait là de « sciences molles », donc de théories fumeuses.

A l’époque (je doute que cela ait beaucoup changé depuis), un diplômé d’une grande école, pouvait entrer dans le monde du travail à moins de 30 ans et gérer illico des dizaines, voire des centaines de salariés, sans avoir reçu une seule heure de formation sur ces sciences méprisées. Le fait qu’elles ne soient pas enseignées à Polytechnique suffisait d’ailleurs à prouver qu’elles servaient tout juste à sodomiser les diptères.

Le DRH, fondateur de l’équipe d’ergonomie, parti (ou débarqué), France Télécom n’eut de cesse que de résorber cette niche de plaisantins dont l’activité faisait obstacle au management intuitif, ou dépoussiéré en surface par des bonimenteurs en costars croisés et cravates rayées, pseudos experts de cabinets de consultants dont les attachés-cases étaient bourrés de recettes magiques pour améliorer en un temps record la gestion des « ressources humaines », réduire les coûts du travail, améliorer la productivité.

Le ramage de ces individus faisait ouvrir un large bec à nos décideurs qui, ignorants du fonctionnement des hommes et surtout des groupes, gobaient les théories les plus débiles et les plus coûteuses (donc excellentes, sinon elles seraient bon marché).

J’ai vécu l’époque où les ergonomes de France Télécom, en rangs de plus en plus clairsemés, essayaient, non sans risque pour leur carrière, d’alerter les dirigeants de leur entreprise sur la dangerosité des solutions qui leur étaient vendues. L’une d’elle, je ne saurais l’oublier tant elle nous faisait hurler, était que pour améliorer la productivité, il fallait « introduire une dose de stress dans l’entreprise ». Quiconque doute de la véracité de cette information devrait consulter la presse de l’époque qui promouvait avec ravissement cette méthode de management.

La liste des futurs suicides s’est ouverte ainsi.

Les ergonomes savaient, parce qu’ils l’avaient étudié et que des expériences l’avaient scientifiquement démontré, que le stress inhibe une partie des capacités du cerveau, favorise les erreurs et les accidents. Ils savaient aussi qu’il provoque des maladies physiques et atteint la santé psychique.

En face d’eux, des docteurs Diafoirus prétendaient avoir inventé la pipette pour instiller le poison à doses millimétrées. Leur geste médical n’étant pas sûr à 100%, des agents overdosés commencèrent à se jeter par les fenêtres.

L’actuel patron de France Télécom a sans doute sa part de responsabilité dans la vague de suicides, mais il n’est pas le seul. Il est celui qu’on peut attraper quand les autres, ayant dirigé une entreprise nationale naguère prospère, sont partis en laissant derrière eux une machine commerciale cotée en bourse, endettée jusqu’au cou, avec un personnel désemparé. Il a suivi la voie mortifère où les salariés sont vus comme des citrons ou des fourmis à affoler à coups de pieds pour qu’elles s’agitent. Les personnels, sans qui l’entreprise n’est rien (pardonnez cette banalité, écrite au cas où un directeur général me lirait), figuraient et figurent dans des dossiers noirs étiquetés :« sureffectifs », « coûts à résorber », « postes à supprimer », « mutations d’office », « commercial ».

Quand, il y a une quinzaine d’années, un Ingénieur en Chef, chef d’un service où je travaillais s’est jeté du haut de l’escalier de la direction de Blagnac au sortir d’une réunion où il avait appris que son service était délocalisé à Nantes, ordre fut donné de nettoyer le sol de marbre rose où il s’était écrasé et de ne pas alerter la presse, de ne pas écrire un mot dans le journal d’entreprise.

Casser le thermomètre…. Feu vert pour les suicides à venir.

Puis, débarquèrent les marchands de « Cercles de qualités » attrape-nigauds qui nous vinrent du Japon après avoir été validés aux States. Une autre fumisterie abêtissante devant laquelle les ergonomes tordirent le nez mais qui s’imposa à raison de dizaines de milliers d’exemplaires dans l’entreprise. Coûteuses bulles de savon qui éclatèrent toutes à la vitesse de la lumière. Il n’en subsiste plus aucune.

Plus durable fut l’infantilisation manoeuvrière par les pin’s dont l’accrochage au revers de la veste des sans-grades et des décideurs donnant l’exemple, était preuve d’intégration dans la grande famille de France Télécom, donc de sa cohésion sociale. Et de la supposée capacité des bons sauvages du bas, à qui on allait voler leur Statut, à se laisser éblouir par de la bimbeloterie.

Vinrent aussi les promoteurs de séminaires sans cravate, voire en short. Et en avant pour les jeux de rôles, les brainstormings, les papers-boards savamment constellés de gommettes de couleurs variées, les tableaux blancs égayés de cercles, de carrés, de flèches, de post-its, d’arbres d’Ishikawa, de diagrammes de Pareto, autant de méthodes dont la possible valeur intrinsèque était instrumentalisée pour avaliser l’idée erronée qu’il n’est pas besoin d’un savoir sur l’homme pour résoudre les problèmes de l’homme au travail. Le « bon sens » dont mon maître en ergonomie disait crûment qu’il est « la connerie unanimement partagée par un groupe homogène » suffisait. Les médias ne juraient-ils pas qu’en d’autres lieux, des « chirurgiens aux mains nues » opéraient de l’appendicite sans ouvrir les ventres et sans avoir fréquenté l’Académie de médecine ?

Des escrocs enjoués promettaient la lune, les décideurs naïfs regardaient le ciel, les ergonomes essayaient de mordre le doigt. Nous avons échappé de peu aux sauts à l’élastique et aux marches pieds nus sur les braises. J’ai quitté cette maison quand le triomphe des charlatans planétaires était si patent qu’il me fallait partir ou me compromettre. D’autres ont dû rester qui ont étouffé leur spleen dans un noeud coulant.

J’extrais de mes archives un numéro spécial du journal « L’Autan » que le syndicat CGT des télécommunications de la Haute-Garonne avait édité pour dénoncer ces dérives en octobre 1990 (19 ans, déjà  !). On y lit que la direction sise à Blagnac venait de signer un contrat qui lui coûta de 2 millions de francs (304 898 euros) avec deux joyeux drilles, beaux parleurs qui se faisaient fort de modifier l’état d’esprit de 6000 agents en deux jours de stage. En fait, les malins allaient former 20 animateurs de France Télécom qui auraient ensuite à appliquer la méthode aux autres avec les documents fournis (vendus !) : cassettes vidéo, transparents, stylo spécial (sic), un livre écrit par les deux génies et un test permettant en quelques réponses de se classer soi-même dans un des 4 types de personnalités existants (4, pas un de plus). Un syndicaliste curieux découvrit que cette merveille d’introspection moderne était déjà utilisée dans l’armée états-unienne en 1928. Pour France Télécom, elle avait été rajeunie par l’adjonction d’un procédé de grattage, style « Tac au tac ».

Le contrat comportait une règle idiote à laquelle il était pourtant impossible de déroger, le directeur national, ayant grade d’Ingénieur Général, y veillant personnellement : les formations devaient avoir lieu hors de la région d’affectation des personnels. Des milliers d’agents, souvent « volontaires-désignés-d’office », parcoururent la France en tout sens, les Marseillais visitant Brest, les Bordelais fonçant à Strasbourg, les Lillois découvrant Bayonne. Le chassé-croisé entraîna la perte de dizaines de milliers d’heures de travail et des millions de francs de dépenses supplémentaires, nullement inutiles pourtant, auraient dit ceux qui pensaient que la mobilité forcée doit s’apprendre assez tôt afin que chacun accepte demain une mutation tous les trois ans avec un minimum de pendaison sur les lieux de travail.

Pendant ce temps, les ergonomes reculaient, toujours moins nombreux, toujours moins écoutés, toujours moins promis à une belle carrière.

Le management camouflait sa brutalité croissante sous des gadgets clinquants, ruineux et superflus. Puis, le plus gros de l’opération de décervelage étant fait, on managea sans masque. A la hussarde.

Il me souvient de ce jeune chef d’un service d’une cinquantaine d’agents et de cadres, bardé de diplômes, qui ne comprit pas qu’à son pot de début d’année, seules trois personnes étaient présentes : sa secrétaire et deux fayots (ou pétochards). Il alla pleurer dans le bureau de la psychologue affectée au management qui découvrit en l’interrogeant qu’il ne lui venait jamais à l’idée de saluer son personnel le matin. Il apprit par elle que cette perte de temps était malheureusement d’usage, ailleurs.

Je tiens de source sûre cette histoire d’un jeune cadre sup, arrivant en retard, essoufflé mais radieux dans la grande salle où se tenait un conseil de direction. Il s’excusa en annonçant qu’il rentrait de la maternité où sa femme venait d’accoucher. Un ingénieur, éleveur de chevaux à ses heures perdues, lui rétorqua : « Et alors ? Quand une de mes juments met bas, je n’arrive pas en retard. ». La réplique était assez vile pour que le directeur national lui lance un « Je vous en prie ! » outré.

Mais personne ne lui a sauté au collet pour le sortir de la pièce. Les futurs suicides s’alimentent de ces arrogances impunies et donc répétées.

Un temps, regrettant mes anciens collègues, j’allais déjeuner avec eux au restaurant d’entreprise. Je n’entendais que lamentations, annonce de mutations non voulues, obligations de performances, tableaux d’activités à remplir, fiches d’évaluation individuelles, objectifs chiffrés, affectations de techniciens supérieurs à la vente de téléphones portables, craintes pour leurs primes, bon vouloir du N+1 pour l’avancement, détestation des décideurs. Accablement et rêve de retraite.

Il me souvient aussi de ces cadres sup se croyant intouchables, jamais une grève, pas syndiqués, très impliqués, à qui la direction annonçait un beau jour que leur poste était supprimé, qu’ils devaient se trouver un « point de chute » et qui vivaient alors des mois entiers d’inactivité sur le lieu de travail, niés, humiliés. Chacun d’eux s’employait fébrilement à « se vendre », tremblant qu’on lui impose un poste à Hazebrouck ou à Triffouilly-Lez-Engelure, charmante localité qui n’offrirait pas d’emploi à son épouse et de lycée à ses enfants. Partir ? Mourir ?

J’ai connu un cadre supérieur de 55 ans, chargé de famille, bien décidé à travailler encore 5 ans, acharné à donner satisfaction jusqu’à sacrifier des soirées et des week-ends, qui accompagna tous les changements sans lever un sourcil, qui ne broncha pas quand les premières victimes se plaignirent et que son chef convoqua un vendredi pour lui dire qu’il avait le droit de partir en préretraite et que ça serait bien qu’il le fasse. Sur l’air de : « Me suis-je bien fait comprendre ? ». Viré ! Fissa ! Car son allégeance ne suffisait pas à effacer l’essentiel : sur un listing, il était un pion sans visage, sans famille, sans âme et sans chair, une « unité » gonflant un total.

France Télécom aujourd’hui, c’est vingt ans d’incompétence hautaine, sûre d’elle et dominatrice, de cruauté, de morgue, d’ignorance crasse et revendiquée dans la gestion de femmes et d’hommes qui étaient fiers d’oeuvrer pour le public. Pour le pays.

Au bonheur de préserver le tissu rural en s’enfonçant dans la montagne pour aller installer un téléphone à « la petite mémé de l’Ariège » qui enlève la housse protégeant l’appareil quand les enfants pensent à l’appeler de la ville, s’est substituée la tâche roublarde de fourguer des contrats incompréhensibles, des forfaits téléphoniques non souhaités à de pauvres gens dont le pouvoir d’achat est en chute libre.

Parfois, des agents de France Télécom se lavent de ces souillures en se jetant dans un torrent.

Didier Lombard, le PDG, peut bloquer quelques-uns des engrenages meurtriers, embaucher des psychologues, dire à tous qu’il les aime. De son vivant, il ne réparera pas les dégâts.

Par effet d’hystérésis, le paquebot dont les machines sont stoppées continue sur sa lancée. Pour l’empêcher d’échouer, pour éviter le choc qui jettera des poignées de passagers par-dessus le bastingage, il faudrait faire machines arrière, toutes.

Et cela ne se fera pas, foi de Nicolas Sarkozy ! Foi de Martine Aubry ! Foi de privatiseurs ! Foi d’Union européenne ! Foi de Traité de Lisbonne ! Foi de Concurrence libre et non faussée ! Foi de CAC 40 ! Foi de FMI !

Ah ! qu’accède aux commandes une vraie gauche décidée à tenir tête aux susnommés, une gauche ayant dans son programme le respect de chacun, la reconnaissance des services rendus à la population et un chouïa d’amour, si le mot n’est pas devenu choquant dans les conseils d’administration et dans les ministères.

 

Maxime VIVAS

Ex-cadre de France Télécom, ex-ergonome européen®, Maxime Vivas a été concepteur de formations en ergonomie et sécurité.

 

Lu sur Philippehua's Cellule 44

Source: LE GRAND SOIR

INTERVIEW EXCLUSIVE D'EDWARD SNOWDEN

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Tomjo - Nous avons interviewé Edward Snowden, le jeune informaticien reclus en Russie pour ses révélations sur les programmes d’espionnage américains. Il nous explique les raisons qui l’ont poussé à fuir son job et « balancer » son ancien employeur.

Du fait de sa connaissance des outils de contrôle, nous l’avons questionné à propos de la politique numérique lilloise : la banalisation des moyens de surveillance, Internet des objets ou capteurs, attaqueraient notre libre arbitre.

Pour lui, des parallèles doivent être faits entre la lutte contre le terrorisme, les mesures contre la « crise », et l’action des écologistes dans la mise au pas des populations.

Pour preuves, Edward Snowden nous rend compte des écoutes d’Euratechnologies, Sandrine Rousseau ou Éric Quiquet. Révélations.

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Bonjour Edward, c’est un honneur de vous rencontrer, vous avez pris des risques énormes.

Vous savez, je n’ai fait que ce qui devait être fait. Je ne suis pas un héros, juste un déserteur. Le « système », comme on dit, qu’il soit économique ou policier, tient pour une part sur des gens qui ne font que leur travail. Des gens qui ne font que mettre au point des alliages de métaux qui deviendront plus tard des engins atomiques ; qui ne font qu’un morceau d’algorithme qui analysera les conversations privées de la planète.

Personne ne se sent responsable de rien. Or l’histoire du XX° siècle a montré que cette division des tâches, ce morcellement du travail peut conduire à des horreurs sans que personne ou presque n’en réalise la portée. Moi, je ne pouvais plus participer à la barbarie. Pour en faire l’expérience, je sais bien que tout le monde ne peut déserter facilement. Mais faire « fuiter » des informations, c’est déjà refuser d’être un rouage. C’est déjà subvertir cette machinerie inhumaine qu’est la bureaucratie. Et ce qui est possible à la NSA l’est d’autant plus à Lille métropole.

Justement, on nous a dit que vous étiez intéressé par cette « carte de vie quotidienne » qui arrive à Lille pour enregistrer déplacements, achats, loisirs. Qu’est-ce que vous en pensez ?

En effet, c’est préoccupant pour un analyste comme moi qui a travaillé à la NSA. Vos élus, des Verts je crois, vous ont toujours dit « Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas de recoupement entre les identifiants et l’état civil, on ne va pas suivre les gens à la trace, on a mis des garde-fous techniques et juridiques, il n’y pas à s’inquiéter », c’est faux ! C’est faux pour deux raisons au moins, et mes révélations le prouvent.

La première est simple : ce qui est techniquement possible et politiquement nécessaire sera fait. Si vous avez les capacités d’écouter quelqu’un, vous finirez par le faire. Pour nous à la NSA, écouter est d’une simplicité incroyable. Un bouton à activer, un tampon sur un bordereau, et hop ! Des collègues ont même écouté leur femme ou leur petit ami.

Notre agence a pris des initiatives, on va dire… « extra-légales », parce que nous avions décidé que c’était nécessaire : « Pour retrouver une aiguille dans une botte de foin, s’est défendu Obama, il faut scanner toute la botte de foin. » Voilà un rêve policier qui ne connaîtra pas de restrictions.

Voyez l’écoute d’Angela Merkel ou du Quai d’Orsay. C’est interdit, on est d’accord. Mais les intérêts économiques ou géopolitiques des États-Unis seront toujours plus forts que des considérations morales ou juridiques. Il n’y aura jamais de garde-fous, une technologie est faite pour être utilisée. Les gens qui affirment le contraire sont des menteurs ou des naïfs.

Je l’ai déjà dit : les restrictions aux écoutes sont politiques et non techniques, elles peuvent changer à tout moment. Avec la carte Pass-Pass dans les transports en commun, ou votre future « carte de vie quotidienne », c’est pareil. Le jour où la métropole, les grandes surfaces, la police ou l’entreprise de transports a besoin de savoir qui travaille où, consomme quoi, se déplace à quel moment pour y faire quoi, etc, ils le feront. De toutes façons, c’est déjà leur projet. En matière de respect des individus, les lignes rouges qu’on veut bien se donner finissent toujours par être franchies.

La seconde raison, et la plus importante, c’est que transformer les gens en numéros dissout toute humanité dans un stock, une quantité, une abstraction que l’on traite sans empathie aucune. Je vais prendre un exemple extrême : les camps de concentration.

Quand IBM accole un numéro aux juifs, aux communistes, aux tziganes, aux homosexuels, ils ne font que gérer des stocks de numéros. Un camp, c’est des milliers de numéros qui entrent et qui ’’sortent’’ – qu’il faut gérer. Cette logistique complexe est permise justement par les identifiants numériques et les machines à calculer.

Ces techniques permettent le traitement de grands nombres en même temps qu’elles déresponsabilisent les fonctionnaires. Il faut se battre contre ça et contre ceux qui s’en félicitent.

Mais aujourd’hui, on fait quoi avec cette mise en fiches des populations ?

Analyser le comportement des masses permet de transformer le comportement des masses : on peut « inciter » à acheter telle ou telle chose, avoir tel ou tel loisir, respecter telle ou telle règle qu’on a « insufflée ». Nos comportements sont leur matière première.

Analyser les déplacements ou les achats permet de sonder à son insu l’opinion d’une masse et l’inciter à adopter les bons gestes. On peut prévoir des révoltes, des épidémies ou des délits comme on peut vous faire acheter ce dont vous n’avez pas besoin. C’est la puissance du « Big Data », cette masse d’informations numériques qui n’a pas fini d’augmenter.

Que pensez-vous des activités d’Euratechnologies par exemple ? C’est à Lille…

Oui, je connais bien. La « cathédrale des nouvelles technologies », c’est comme ça que l’appelle votre maire, Mme Aubry…

Oui c’est ça, la nouvelle dévotion.

Hé bien, le travail que les entreprises d’Euratechnologies mènent avec des grandes surfaces ou la mairie illustre ce que je viens de dire. Quand elles cartographient les déplacements des métropolitains via leur smartphone ou qu’elles analysent les parcours des clients à partir de la vidéo-surveillance, quand elles installent des caisses biométriques à Auchan ou contrôlent la consommation d’électricité des ménages, ces entreprises se substituent à votre libre arbitre.

Et vous n’aurez pas la possibilité de refuser, c’est une question de relance de l’économie. Faut pas oublier qu’Euratechnologies est la meilleure retombée de Lille2004. Les élus y mettent tous leurs espoirs pour réamorcer la pompe du développement local.

Ce n’est pas un hasard s’ils viennent d’accueillir la Compagnie européenne d’intelligence stratégique. Cette boîte dirigée par un général, un ancien ingénieur de la Délégation générale à l’armement, des anciens des services de renseignement comme la DST prouve que l’économie est une guerre. Au sens propre.

Ce qui me choque le plus, c’est que tous ces salariés d’Euratechnologies, qui ont pourtant fait des études, qui ont lu les Lumières, qui connaissent l’histoire de France et de la Résistance, soient à ce point soumis. Pas un n’a jamais ne serait-ce que « balancé » une info. Pourtant ils lisent votre site – je le sais, j’ai les relevés. Mais la plupart ne se pose aucune question. Ils obéissent. Ils pensent qu’ils ne font que trouver des solutions techniques.

Et vous avez lu ce livre, L’Enfer Vert ?

Oui bien sûr, et c’est excellent. Je l’ai lu avant même qu’il sorte, on l’avait « aspiré » depuis la NSA. On en avait même eu un résumé avant qu’il soit écrit.

Wouah !

Oh c’est pas grand chose, juste de bons algorithmes d’analyse des comportements. Ce que je peux dire de ce bouquin, c’est qu’un parallèle peut être fait entre l’écologie et la lutte contre le terrorisme que je connais bien. Que ce soit la gestion d’accidents industriels type AZF ou Fukushima, ou que ce soit face aux catastrophes environnementales, biologiques, climatiques, les écologistes ne font qu’utiliser des mesures de rétorsion administrative et technique.

Prenez cette histoire d’écotaxe qui a entraîné la manifestation des bonnets rouges en Bretagne. Quelles que soient les raisons des manifestants, on voit que la solution des écologistes en matière de lutte contre le réchauffement climatique, c’est de mettre des balises GPS sur les camions pour contrôler les kilomètres parcourus, de truffer les routes de mouchards, et de faire payer les gens pour un développement qui nécessite toujours plus de transports, pour consommer des produits toujours plus chers et moins bons. Leur truc marche sur la tête.

Face au terrorisme, c’est pareil – à la différence que le terrorisme ne fait aucun mort comparé aux accidents de la route ou au cancer. Les États développés ne lâcheront pas leurs positions en Afrique ou au Moyen-Orient. Question de ressources. Dans ce chaos industriel qui crée des désœuvrés, des fanatiques ou des révoltés, ils ne peuvent que multiplier ces mesures de rétorsion et de surveillance pour sauver leurs intérêts, leur modèle de développement. Face aux catastrophes environnementales ou au terrorisme, la logique c’est :

  1. effacer les responsabilités des industriels et des États,
  2. ressouder la communauté face au péril intérieur ou extérieur, pour
  3. faire accepter les mesures de contrôle qu’on prend contre elle.

C’est un projet cynique, vous ne trouvez pas ? On ne vous traite jamais de paranoïaque ?

Moi, parano ? Avec ce que je viens de balancer et ce qui les attend, ça va être compliqué de me traiter comme ça.

Oui, c’est vrai, ils auraient l’air un peu con.

Faut pas prendre les gens au pouvoir pour ce qu’ils ne sont pas. Prenez Sandrine Rousseau, votre élue verte à la Recherche régionale, c’est une nana très intelligente. Ancienne militante écolo, syndicaliste, chercheuse en économie, depuis qu’elle est élue elle parle couramment le notable. Elle annonce ce qu’elle fait : mettre la recherche au service des entreprises.

Vous connaissez les Ateliers de l’innovation et du co-design, Adicode, dans le quartier de Bois Blancs ? Des ingénieurs de l’université catholique et de Lille 1 vont bosser ensemble à Euratechnologies sur l’Internet des objets, la ville ubiquitaire, la maison intelligente – bref, l’extension de la société de contrôle.

On leur a même construit un bâtiment spécial, l’Urbawood, à la fois High Tech et 100 % bois – tout un symbole de l’enfer vert, non ?

À ce propos, Sandrine Rousseau nous dit :

« Il est fondamental aujourd’hui de soutenir une recherche qui mise pleinement sur l’intelligence collective et la transdisciplinarité, où les sciences humaines et sociales sont étroitement impliquées. C’est une voie nouvelle à développer pour une recherche créatrice de valeur, d’emplois et d’innovation, bénéfique pour notre développement. » [1]

C’est du Fioraso dans le texte. En quoi les sciences sociales, dont on prétend qu’elles sont « molles », ont un rôle à jouer ? Elles permettent de comprendre puis de modifier les habitudes des gens pour qu’ils s’adaptent à leur nouvel environnement ou qu’ils achètent ce qu’on leur vend.

C’est la « sociologie des usages » que relaie « l’ingénierie sociale ». Du marketing. Sandrine Rousseau n’est pas cynique, elle fait son job, elle est intelligente. Avec des collègues de l’Agence, on a mis son téléphone sur écoute. On l’a entendu pendant une conférence sur la valorisation économique de la sociologie, de l’anthropologie ou du droit.

Mais, vous écoutez tout le monde ?

Le plus possible en tout cas. Mieux vous connaissez un environnement, et plus vous pouvez agir dessus pour garder l’avantage. Sandrine Rousseau ne dira pas le contraire : « Ce qui est important, c’est de travailler sur les changements de comportement, expliquait-elle. Par exemple, notre région est la première en Europe en matière de ferroviaire. Sauf qu’il n’y a aucun chercheur sur les changements de comportement.

Le tramway de Valenciennes a coûté 100 millions d’euros, or il y a toujours autant de gens qui prennent leur voiture. C’est une impasse, même en terme de marché économique. Idem avec la Troisième Révolution Industrielle.
Il existe un effet rebond des technologies, par exemple en termes d’efficacité énergétique des logements, mais si les gens ne modifient pas leurs comportements, c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Il y a un besoin d’accompagnement en termes de ’’SHS’’ 
 ». Elle dit « SHS » pour sciences humaines et sociales, comme d’autres disent « NTIC » ou « SS2I », c’est la marque des technocrates.

Pour Mme Rousseau, l’humain c’est de la pâte-à-modeler. Il faut pétrir les mentalités, les comportements, les adapter à la machine sociale. Pour revenir à notre discussion de départ, on voit qu’au rang des techniques de contrôle, les sciences humaines aident à prendre les mesures qui contraindront la société aux nécessités économiques et écologiques. Facebook, Prism ou Sandrine Rousseau, c’est le même autoritarisme. D’ailleurs, sciences humaines et « Big data » fusionnent déjà. Les chercheurs devront bosser de plus en plus avec ces opérateurs de la ville intelligente qui enregistrent des milliards d’informations sur notre mode de vie. C’est pour ça que les sociologues se mettent aux Internet studies, Web Science ou Digital Humanities. En ce moment, des sociologues et des informaticiens du projet ANR-Algopol travaillent avec Facebook pour « faire parler » les données brutes. Mais les « données brutes », c’est nous ! Alors ils craignent que la méfiance vis-à-vis de ces technologies ne remette en cause leur accès aux statistiques. [2] Nous sommes leur matière première, ne l’oublions pas.

Et Éric Quiquet, juste par curiosité, vous avez des infos sur lui ?

Attendez voir… [il consulte son fichier] Oui, j’ai plein de choses, ses photos de vacances, ses achats de noël, l’heure à laquelle il prend sa douche… Tiens, ça peut vous intéresser, j’ai un compte-rendu de conversation téléphonique qui date de l’époque où il était étudiant. Il disait qu’un jour il ferait de la politique, et peu importe le parti ! C’est un mec de pouvoir, il vit pour ça. Mais je ne peux pas tout révéler, j’ai déjà la CIA sur le dos, si en plus la police municipale de Lille est à mes trousses…

 

Propos presque recueillis par Tomjo Lille – La Brique, 3 Janvier 2014.

 

Source: LE GRAND SOIR

dimanche, 19 janvier 2014

BURKINA FASO: POURQUOI OUATTARA ET SORO S'AGITENT-ILS? PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

SORO ET COMPAORE.gif

 

Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).

Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?

D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il  pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…

Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.

- Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.

- Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…

- Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?

L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 15 janvier 2014

UN PROFESSEUR BURKINABE RECADRE GUILLAUME SORO

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Burkina Faso - Professeur Etienne Traoré: «Quand le pouvoir ivoirien vote pour Blaise Compaoré sans en avoir le droit!»

 

J’ai lu avec un grand intérêt l’interview de Monsieur Guillaume Soro, envoyé du Président Alassane Ouattara dans Lefaso.net ce 10 Janvier.

Je pense qu’en dépit de la formule d’usage (" Je respecte scrupuleusement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États étrangers"), il s’est bien agi d’une flagrante immixtion dans nos affaires intérieures.

En effet, son interview dans le fond dit à nos compatriotes qu’ils ont un Président exceptionnel, indispensable à notre pays, à la sous-région et même à l’Afrique. Vous avez la chance d’avoir un tel Président, alors laissez- le continuer. C’est exactement ce que nous disent tous les jours les supporters nationaux du régime Compaoré plus proches de leurs intérêts personnels, souvent illicites, que des intérêts de notre peuple.

Au nom du Pouvoir ivoirien, Guillaume Soro appelle en fait à soutenir Blaise Compaoré pour le Référendum qu’il veut s’acheter à coups de milliards afin de se maintenir au pouvoir. Cela est ainsi résumé dans ses mots où Soro appelle : " Tous nos Frères Burkinabé à poursuivre la belle aventure de paix, de progrès et de démocratie jusqu’ici conduite sous la houlette du Président Compaoré qui, comme vous le savez, est précieux à son propre pays, à notre sous-région comme à notre continent, par l’exceptionnel rayonnement diplomatique qu’il a donné à la parole du Burkina Faso". Ce clair soutien au référendum pour Blaise Compaoré a été bien souligné par tous les observateurs indépendants de par le monde.

Monsieur Soro, quand on se veut médiateur, on ne prend pas aussi ouvertement position en faveur de l’un des protagonistes. En cela, vous n’avez pas bien écouté les leçons de Blaise Compaoré qui, comme vous le dites, " m’est absolument précieux". Lui, dans toutes ses médiations, a toujours évité d’afficher ses positions qui ont généralement été celles des puissances occidentales, notamment de la France.

N’oubliez pas qu’après Houphouet Boigny et avec son appui, c’est Blaise Compaoré qui a été adopté pour poursuivre la politique de la Françafrique dans la sous-région. Ce choix à été fait même sous la Révolution mais personne ne l’a su. Cette politique françafricaine consistait et consiste toujours à piétiner la souveraineté des États pour promouvoir par TOUS LES MOYENS LES INTÉRÊTS FRANÇAIS MÊME ET SURTOUT LES PLUS MAFIEUX.

Fort de ce soutien, Blaise Compaoré s’est immiscé (sans référendum) dans presque tous les conflits politiques armés ou non de notre sous-région avant de s’en faire le médiateur. Ses intrusions avec leurs atrocités valent aujourd’hui à nos compatriotes établis dans certains pays d’être traités en pestiférés. En un moment donné et dans certains pays, il n’était pas sécurisant de se dire burkinabè. Et ça continue dans d´autres pays encore.

Sachez qu’aujourd’hui ce leadership a été retiré à Blaise par ces mêmes puissances qui ne supportent plus les tripatouillages des Constitutions, encore moins les pouvoirs autocratiques et patrimoniaux. Lors du dernier sommet Afrique-France à Paris, cela a été rappelé au reste des dinosaures politiques (plus de 20 ans au pouvoir) dans l’espace francophone.

Monsieur Soro, votre prise de position qui n’a rien de diplomatique, n’est qu’un soutien mal camouflé à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, en difficulté finale et fatale car voulant s’éterniser au pouvoir. Dès lors, je ne vous considère plus comme un médiateur, encore moins comme un homme de paix car la seule cause de toutes ces menaces contre la paix, la sécurité et la stabilité politique aujourd’hui, c’est Monsieur Blaise Compaoré qui, après 28 ans de pouvoir ne veut plus le quitter et veut, comme Mamadou Tandja, s’acheter un référendum par une corruption électorale sans précédent et des promesses fort démagogiques.

Il suffit alors à Blaise Compaoré de renoncer à cet exercice dangereux et périlleux pour que tous les risques de pathologie politique et sociale disparaissent. Si vous tenez vraiment à la paix, c’est ce que vous devriez amicalement conseiller à celui qui vous est " absolument précieux" comme vous le dites.

C’est vrai que vous devez beaucoup à Blaise Compaoré qui : a hébergé et formé (sans référendum ) votre rébellion armée alors dirigée par IB dans le sud de notre territoire national. Et vous en étiez le porte-parole ; vous a militairement soutenu (sans référendum ) dans votre crise post- électorale et vous soutient politiquement aujourd’hui.

Mais de grâce, ne pensez qu’à vous seulement et maintenant en sacrifiant EVENTUELLEMENT DEMAIN. Car en vous lisant, si Blaise Compaoré est si indispensable, que ferez- vous si un autre Burkinabé le remplace ? Or c’est ce qui est programmé et va se réaliser quels que soient les moyens et les soutiens utilisés. Je vous souhaite de bien vous comporter en homme d’Etat privilégiant absolument les intérêts de son pays par rapport aux intérêts de sa personne ou de son régime.

Et puis, auriez-vous la même réaction dans votre propre pays si Alassane Ouattara voulait modifier votre Constitution pour effectuer seulement un troisième mandat ? Assurément non ! Alors, pourquoi voulez- vous que les Burkinabé acceptent ce que vous refuserez avec force ou par la force chez vous ? Au Pouvoir ivoirien, si vous voulez sincèrement la paix pour nous tous, ayez le courage de dire à votre Grand Ami de renoncer au tripatouillage de la Constitution dans son pays. Il pourrait vous écouter et le peuple Burkinabé vous en serait reconnaissant. Toutes autres attitudes amicalistes ou partisanes renforceraient la crise ici en sacrifiant les intérêts de nos peuples sur l’autel des intérêts individuels et partisans, tous passagers, alors que ceux de nos peuples sont permanents. Je rappelle enfin que dans bon nombre de conflits politiques, armés ou non, en Afrique, ce sont les immixtions des pays voisins, parfois relais d’intérêts étrangers, qui les allument ou les entretiennent. Évitons cela à notre sous-région désormais. Tout le monde y gagne.

À l’occasion, j’interpelle nos gouvernants pour qu’ils respectent et fassent respecter notre Souveraineté Nationale. Il n’est pas normal que sous le couvert d’une médiation, on vienne s’immiscer dans nos débats politiques internes. Qu’ils respectent également la souveraineté des autres États, entre autres, en cessant de soutenir les rebelles indépendantistes armés du MNLA qui se servent de notre territoire pour se la couler douce tout en tenant des propos incendiaires et subversifs, mettant en cause l’intégrité territoriale d’un pays frère et ami de par l’histoire et la géographie : la République du Mali. Nous ne voulons pas de rébellions indépendantistes armées chez nous.

Alors, évitons de les soutenir ailleurs pour ne pas aussi risquer un jour, d’engager notre peuple déjà si pauvre dans un conflit armé pour une cause injuste, anti-patriotique afin de satisfaire l’insensée volonté hégémonique d’un homme. Peut-être diaboliquement prêt à cela pour se maintenir au pouvoir chez nous !

 

10 Janvier 2014

Etienne Traore, Université de Ouagadougou

 

Source: LE FASO.NET

samedi, 11 janvier 2014

LE PROBLEME D’ELIGIBILITE, UN BOULET AU PIED D’ALASSANE OUATTARA

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Par Océane Yacé, Politologue

 

C’est vraiment incroyable ce qui se passe en Côte D’Ivoire depuis 2002. Des bandes criminelles organisées et armées par Alassane Dramane Ouattara sont descendues du Burkina Faso pour attaquer notre pays, s’emparer du pouvoir d’état par la terreur et dans le sang, semer la désolation dans nos villes et dans nos villages, détruire le tissu économique et social de notre pays, diviser et opposer nos populations, briser l’élan démocratique de notre nation, mettre en place une dictature ubuesque qui continue d’hypothéquer dangereusement le destin de plusieurs générations.

Si aujourd’hui les Ivoiriens dans leur immense majorité sont convaincus que la fin de ce régime du crime, du mensonge et de l’imposture ne saurait tarder, beaucoup se demandent cependant comment cela se produira. Ils sont en effet très peu, ceux qui savent déjà ce qui attend ce régime liberticide et antidémocratique. Quant à notre niveau, divers schémas sont envisageables, de l’hypothèse de la mort subite avant le scrutin présidentiel de 2015 (n’oublions pas que Dramane est très gravement malade et constamment sous la menace d’un arrêt cardiaque), à la probabilité d’une mort violente (Dramane peut en effet mourir à tout moment comme il a vécu: lâchement et surtout violemment).

Cependant, l’adversaire la plus implacable devant laquelle, très bientôt, le dictateur mossi pourrait être totalement désarmé et impuissant, est sans conteste la Loi fondamentale de la Côte D’Ivoire, la Constitution. Il est vrai que régulièrement le régime a froissé tout ce qui ne l’arrange pas. Mais cette fois tout porte à croire qu’avec le nouveau contexte national et international qui s’est mis en place, il ne peut plus continuer à jouer à ce jeu aujourd’hui.

Alassane Dramane Ouattara a en effet un gros problème de papier et de nationalité qui reste toujours posé. La grave crise ivoirienne qui perdure tire ses racines de ce débat qui n’a jamais été véritablement vidé pendant que des problèmes de tous ordres s’accumulent chaque jour et que le pays sombre.

La transition militaire qui, après le renversement de Henri Konan Bédié a duré de 1999 à 2000 sous le régime du Général Robert Guéï a certainement eu ses tares, mais elle a aussi eu le mérite d'avoir été une période d’une très grande densité politique avec la rédaction d’une nouvelle Constitution par la Commission Consultative Constitutionnelle et Électorale (CCCE) qui avait pour objectif de promouvoir une modernisation réelle de la vie politique ivoirienne et le respect des principes démocratiques.

En remplacement de la Constitution du 03 novembre 1960, cette nouvelle Constitution, votée à 83% le 23 juillet 2000, est entrée en vigueur le 1er août de la même année, marquant ainsi l’avènement de la Deuxième République. On se rappelle que lors des élections présidentielles d’octobre 2000 et sur la base de cette Constitution, la candidature d’Alassane Dramane Ouattara avait été invalidée par la Cour suprême pour cause de "nationalité douteuse, faux et usage de faux sur la filiation”.

L’on se rappelle aussi que c’est sur insistance du Médiateur, le président sud-africain Thabo MBéki que le président Laurent Gbagbo, vainqueur du scrutin présidentiel de 2000, a signé l’Accord de Prétoria qui autorisait Dramane Ouattara à se présenter à titre exceptionnel à l’élection présidentielle initialement prévue en 2005 puis reportée en 2010 pour cause d’instabilité.

Dans le discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005, pour expliquer sa décision d’activer l’article 48 de la Constitution afin d’autoriser de manière exceptionnelle la candidature d’Alassane Dramane Ouattara à l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait dit ceci: < Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005 conformément à la lettre du Médiateur sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2005>.

Cette importante mesure exceptionnelle qui ne concernait exclusivement que le scrutin présidentiel de 2005, finalement organisé en 2010, avait été prise par le président Laurent Gbagbo pour ramener la paix et la stabilité en Côte D’Ivoire. D’où vient-il donc que le régime RDR la prenne maintenant comme une reconnaissance définitive de la nationalité ivoirienne à Dramane Ouattara? D’où vient-il que Dramane Ouattara se proclame-il déjà candidat pour 2015 alors qu’il est forclos au regard de la Constitution qui est toujours en vigueur?

Comme on le voit donc, malgré son hold up électoral et malgré les massacres qui ont marqué son arrivée au pouvoir en avril 2011, Alassane Dramane Ouattara continue de traîner au pied le gros boulet de l’article 35 qui, dans l’état actuel des choses, ne lui permet toujours pas de se présenter à un scrutin présidentiel en Côte D’Ivoire. Le RDR tente pour l’instant de fuir ce débat pertinent alors que ce parti a appelé en 2000 à voter cette Constitution. Nous comprenons alors pourquoi le régime Ouattara est entré en transe face aux propos sincères du président Pascal Affi N'Guessan qui demande l'organisation des États Généraux de la République (EGR).

Nous comprenons surtout pourquoi les EGR s’imposent aujourd'hui pour éviter le pire à notre pays.La France, les Usa et la Communauté internationale semblent désormais très favorables à la tenue de ce Forum que réclame le FPI.Dramane Ouattara et le RDR peuvent donc traîner les pieds et retarder les choses, mais il est absolument sûr et certain que cette année 2014 marquera le début de la fin de cette vaste forfaiture.

 

Océane Yacé, Politologue, Monaco

oyace84@yaoo.fr

vendredi, 10 janvier 2014

INELIGIBILITE D’ALASSANE OUATTARA POUR 2015 - L’EMBROUILLAMINI DU POUVOIR OUATTARA


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Koné Nabagné Bruno

LAURENT GBAGBO

(Extrait du Message à la nation , 25 Avril 2005)

« …C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:

Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.

Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI (Présentation des Vœux, 7 Janvier 2014)

«J’ai entendu dire dans un de ses discours (Ouattara, ndlr) que lui il préfère les actes et que les états généraux, c’est du bavardage. Mais quand il cherchait à être candidat, là il était d’accord pour les bavardages. Il a été partout, à Pretoria, à Accra, à Ouagadougou. Ce n’était pas pour bavarder ? Maintenant il n’aime pas bavardage ? Mais il ne sait pas qu’il y a bavardage devant parce que lui- même il n’est pas éligible. En 2010, c’est Laurent Gbagbo qui l’a fait candidat. Mais Laurent Gbagbo n’est plus là. Et c’est la constitution qui va s’appliquer. Or la constitution actuelle, c’est son totem».


Bruno Koné, Porte parole du Gouvernement: (8 Janvier 2014 à la sortie du Conseil des ministres)

« Monsieur Affi est responsable de ce qu’il dit. Nous lui laissons la responsabilité de ce qu’il a dit. Cela dit, les Ivoiriens savent, toutes les crises que notre pays a vécues sont venues. Et les Ivoiriens sauront le moment venu faire le tri entre ceux qui veulent réellement un avenir radieux, positif pour ce pays et ceux qui ont d’autres desseins ».

Joël N’Guessan, Porte-parole principal du RDR (8 Janvier 2014)

« …Le Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Monsieur Pascal Affi N’Guessan a, lors de la présentation des vœux de leur parti, montré une fois de plus son arrogance pour les nombreuses victimes de la crise postélectorale. Les thèmes forts de son message ainsi que le ton employé pour le dire démontrent à souhait le désir du FPI de Affi N’Guessan de replonger la Côte d’Ivoire dans le cycle de violences que nous avons connues sous le règne désastreux des refondateurs…«Monsieur Affi N’Guessan tente maladroitement de convaincre ses militants que la Président Alassane Ouattara n’est pas éligible pour l’élection présidentielle de 2015. Le disant, il veut faire ressurgir un vieux débat qui a empoisonné la vie politique ivoirienne de 1994 à 2010. Nous disons à Monsieur Affi N’Guessan que le rêve lui est permis. Les militants du RDR se demandent comment Monsieur Affi N’Guessan et ses camarades de parti vont opérer pour empêcher la candidature du Président Alassane Ouattara. Pour le RDR, ce vieux débat est clos et ne saurait prospérer. Le Président Alassane Ouattara est candidat un point un trait»,

Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (RFI - Edition du 9 Janvier 2014 à 18H30)

«… Cette déclaration d’Affi N’Guessan n’a aucun intérêt car M. Ouattara avait promis de modifier tous les articles confligènes de la constitution, dont l’article 35 qui fixe les conditions d’éligibilité… Alassane Ouattara est un homme qui tient tous ses engagements. Je n’ai aucun doute que l’article en question sera modifié pour permettre à Alassane Ouattara d’être candidat étant donné que le RDR dispose d’une majorité confortable à l’assemblée nationale. Mais en plus, nous avons une alliance avec le Pdci-Rda, ce qui nous donne une majorité écrasante au parlement alors que le Fpi n’y est pas représenté …»

AUGUSTIN KUYO (Notre Voie du 10 Janvier 2014)

«… Amadou Soumahoro a apporté hier de l’eau au moulin d’Affi N’Guessan au sujet de l’élection présidentielle de 2015. Interrogé par Radio France internationale (Rfi), le secrétaire général du Rassemblement des républicains (Rdr) a déclaré qu’Alassane Dramane Ouattara sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle de 2015 puisqu’il va modifier l’article 35 de la constitution qui le rend inéligible. Laissant clairement sous-entendre que si la constitution n’est pas modifiée, M. Ouattara ne pourra pas être candidat. »

CONCLUSION DU DEBAT

Affi N’guessan a donc raison. Au regard de la constitution ivoirienne en vigueur, Alassane Ouattara n’est pas éligible à l’élection présidentielle de 2015… Allons donc aux Etats généraux de la République pour en parler.


Une contribution particulière

jeudi, 09 janvier 2014

LAURENT GBAGBO: «POURQUOI J'AI FAIT DE OUATTARA ET DE BEDIE DES CANDIDATS EXCEPTIONNELS»


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Au moment où le débat sur l'éligibilité de Ouattara  refait surface, au moment où  le RDR veut noyer le débat dans la marre de l'ivoirité, voici pour mémoire le discours du Président Laurent Gbagbo, le 28 AVRIL 2005, à l 'époque des faits, sur le sujet.



Pour la paix, Laurent Gbagbo s’est obligé à faire des sacrifices incroyables. Cela parfois, en violation de la Constitution du pays. Alors que Bédié et Alassane Ouattara étaient forclos pour la présidentielle 2010 conformément à loi fondamentale, Gbagbo a accepté de faire des deux personnalités des candidats exceptionnels. Dans ce discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005 après la signature des accords de Pretoria, il donne les raisons de sa décision.

___________

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Mes chers compatriotes.

Chers amis de la Côte d’Ivoire


Le 19 septembre 2002, notre pays, la Côte d’Ivoire a été agressée. Les assaillants, une fois repoussés hors d’Abidjan, se sont installés à Bouaké et dans plusieurs villes du pays, au Nord et à l’Ouest. Ils ont ainsi transformé un coup d’Etat manqué en une rébellion armée qui a plongé le pays dans la plus grave crise de son histoire.

Depuis le début de cette crise, je vous ai régulièrement rendu compte de l’évolution de la situation, des obstacles rencontrés sur le chemin de la restauration de la paix et des multiples malentendus qui ont surgi autour des voies et moyens pour parvenir à la normalisation. Je vous ai également écouté avant de prendre les décisions qui engagent l’avenir de notre pays.

Malgré les déceptions que nous avons connues, je n’ai, pour ma part, jamais douté de l’issue de ce conflit auquel notre Nation a déjà payé un trop lourd tribut. Dès mon retour d’Italie, le 22 septembre 2002, j’ai clairement opté pour la voie de la négociation.

J’ai accepté, au nom de la Côte d’Ivoire, de négocier non seulement avec ceux qui ont pris les armes contre la mère-patrie mais aussi de placer, dès le départ, ces négociations sous l’égide de la communauté internationale.
D’abord sous les auspices de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra puis à Lomé. Ce faisant, j’ai montré que les responsabilités historiques que nous impose la position de notre pays en Afrique de l’Ouest nous commandent de régler au plus vite cette crise. A Lomé, nous avons cru comprendre que le problème était la réinsertion des mutins dans l’armée. Nous avons fait droit à cette exigence. Mais, malgré Lomé, le pays s’est installé dans la guerre. Nous avons donc accepté d’aller ailleurs, à la rue Kléber à Paris. J’ai noté que l’Accord de Marcoussis était un mauvais Accord. Mais j’ai accepté de l’appliquer, parce que, dans cet accord, il y avait deux choses essentielles:

1 – Le désarmement des rebelles, dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale.

2 – Le principe que toute modification constitutionnelle devrait se faire par les voies indiquées par la Constitution.
Concernant précisément l’article 35 de la Constitution, on pouvait penser que, pour des raisons d’ordre idéologique, la communauté internationale voulait savoir si, dans un pays de brassage comme la Côte d’Ivoire, la loi fondamentale garantit suffisamment la participation de tous à la vie démocratique.

C’est pourquoi, malgré, les réticences et les réserves des uns et des autres, j’ai déposé au Parlement le projet de modification rédigé à Marcoussis, en vue de le soumettre au référendum, la seule voie prescrite par la Constitution. Mais le désarmement n’a pas eu lieu et, aujourd’hui, ceux qui avaient demandé la modification de l’article 35 ne le réclament plus. C’est donc avec l’Accord d’Accra III d’abord mais surtout avec l’Accord de Pretoria et la lettre du Médiateur, que nous commençons à comprendre. C’est pourquoi, en votre nom à tous, je voudrais rendre ce soir un hommage solennel au Président Thabo Mbéki.

Il a écouté tout le monde, pour comprendre et pour nous aider à comprendre. Je salue le bon esprit qui a présidé aux négociations de Pretoria. Vos différentes interventions, au cours des rencontres que j’ai initiées au palais de la présidence de la République, à la suite de l’accord de Pretoria et de la diffusion de la lettre du Médiateur, ont montré que le peuple de Côte d’Ivoire a également compris quel est le vrai problème. Le problème n’est ni la réinsertion des mutins, ni l’article 35 de la Constitution mais la candidature d’un homme à la présidence de la République de Côte d’Ivoire; la candidature de Monsieur Alassane Dramane Ouattara. C’est la substance de l’Accord de Pretoria et de la lettre du Médiateur. Dans vos différentes interventions, vous m’avez dit une seule et même chose. Vous m’avez dit que l’accord de Pretoria et la lettre du Médiateur peuvent et doivent nous aider à mettre fin à la guerre et ramener la paix en Côte d’Ivoire, dans le respect de notre Constitution.

Je vous ai compris. C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:
 
Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.
 
Deuxièmement.

A compter de maintenant, et vue l’urgence, étant donnée l’absolue nécessité d’organiser les élections aux dates fixées par la Constitution, je donne mandat à l’Institut National de Statistiques, et à lui seul, d’établir, dans les meilleurs délais, les listes électorales pour les élections générales de 2005.
 
Troisièmement.

J’ordonne par la même occasion, à l’Institut National des Statistiques d’établir, dans les meilleurs délais, les cartes d’électeurs avec au moins deux mentions spécifiques:
la photo d’identité et l’empreinte digitale du titulaire.
 
Quatrièmement.

Afin d’éviter toute contestation éventuelle, j’ordonne à la Commission chargée d’organiser, les élections, de prendre toutes les dispositions utiles pour que chaque partie intéressée par les élections puisse faire à temps les vérifications nécessaires sur les listes électorales.
 
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.
Bien des problèmes, soulevés par nos compatriotes, n’ont pas trouvé de solutions dans ce discours.
Je ne les ai pas oubliés.
Je ne les ai pas occultés.
Le moment venu, ils seront résolus.
A compter de ce jour, et jusqu’à la fin de la crise, je prendrai, en vertu des pouvoirs que me confère l’article 48 de notre Constitution, toutes les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

LAURENT GBAGBO

Président de la République de Côte d’Ivoire

mardi, 07 janvier 2014

POLEMIQUE - «LA CHUTE DE LA FRANCE»

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Une journaliste de Newsweek qui vit à Paris dresse un portrait accablant de la société française. Un point de vue qui a provoqué de nombreuses réactions consternées. Ci-dessous, l'article dans son intégralité.


Même si c'est tiré par les cheveux, certains n'hésitent pas à comparer ce qui se passe aujourd'hui en France avec les événements de 1685. Cette année-là, Louis XIV révoque l'édit de Nantes, qui protégeait les protestants de France (ou Huguenots). Essayant d'unir son royaume sous une seule et même religion, le Roi-Soleil fit fermer des temples et persécuta les Huguenots. Résultat, quelque 700 000 d'entre eux s'exilèrent en Angleterre, en Suède, en Suisse, en Afrique du Sud et dans d'autres pays.

Les Huguenots étaient près d'un million avant 1685 et étaient considérés comme les abeilles industrieuses de la France. Ils quittèrent le pays sans argent, mais forts de leurs nombreuses compétences. On peut parler d'une véritable fuite des cerveaux.

Rome brûle

Depuis l'arrivée au pouvoir du président socialiste François Hollande en 2012, l'impôt sur le revenu et les charges sociales ont grimpé en flèche. Le taux d'imposition maximal est de 75 % et beaucoup de contribuables sont imposés à plus de 70 %.

Il s'ensuivit une ruée vers la frontière de ceux-là mêmes qui créent la croissance économique : chefs d'entreprises, innovateurs, esprits créatifs, cadres supérieurs. Tous quittent la France pour déployer leurs talents ailleurs.

Pour un pays historiquement riche, c'est une tragédie. Le problème des Français, comme on dit, c'est qu'ils n'ont pas de mot pour entrepreneur [la journaliste reprend ici une citation prêtée à l'ancien président américain George W. Bush]. Où est le Richard Branson français ? Et le Bill Gates français ?

"Vous voyez cet homme là-bas ? Je vais le tuer. Il a fichu ma vie en l'air !" L'homme qui fulmine en ces termes est un ami avocat qui quitte la France pour la Grande-Bretagne afin d'échapper à la tranche de 70 %. Il dit qu'il travaille comme un chien pour financer un Etat dépensier. Celui qu'il montrait du doigt était Pierre Moscovici, le très décrié ministre des Finances, attablé dans un restaurant japonais huppé du VIe arrondissement de Paris. Moscovici avait l'air très content de lui. A-t-il conscience que Rome brûle ?

Le socialisme entraîne la morosité

Certes, il y a beaucoup de bonnes choses en France. Une économie qui dispose d'infrastructures performantes, par exemple un service de trains à grande vitesse, le TGV, et Airbus, ainsi que des entreprises internationales, par exemple le groupe de luxe LMVH, qui définissent tous l'excellence à la française. Elle possède la meilleure agriculture d'Europe. Son industrie du tourisme est l'une des meilleures au monde.

La France connaît cependant depuis les deux dernières années un déclin constant et notable. La main lourde du socialisme provoque la morosité. Il est de plus en plus difficile de monter une petite entreprise quand on ne peut pas licencier les salariés inutiles et recruter de nouveaux talents. Comme les Huguenots jadis, les jeunes diplômés ne voient aucun avenir pour eux et s'enfuient à Londres.

Le chômage est officiellement à trois millions de personnes, officieusement plutôt à cinq millions. Le coût de la vie quotidienne est astronomique. Paris est désormais l'une des villes les plus chères au monde, devant Londres. Un demi-litre de lait vaut par exemple 4 dollars [3 euros] à Paris, soit le prix de 3,8 litres dans un magasin américain.

Ceci s'explique en partie par l'étouffant "Etat nounou". Il y a dix ans, j'ai quitté Londres pour commencer une nouvelle vie à Paris. Après avoir épousé un Français et enceinte de notre enfant, j'étais ravie d'échanger mon appartement de Notting Hill pour un logement donnant sur les jardins du Luxembourg.

A cette époque, les prix étaient tels que j'ai pu échanger un petit appartement de célibataire à Londres, rugueux mais charmant, pour un appartement familial délabré dans le centre de Paris. Puis les prix se sont mis à grimper régulièrement. A la fin du règne du gaulliste (conservateur) Nicolas Sarkozy, les Français (qui détestaient son attitude bling-bling) ont fait entrer en scène le plan-plan Hollande. Presque immédiatement après, les impôts ont commencé à augmenter.

Avantages et abus

Au début, cela ne me dérangeait pas de payer plus d'impôts qu'au Royaume-Uni pour avoir accès à d'excellents services de santé ou à des écoles savamment subventionnées comme celle où est inscrit mon fils (l'Ecole alsacienne, fondée par l'un des rares Huguenots restant en France à la fin du XIXe siècle).

En tant que jeune mère, j'ai été surprise par la kyrielle d'avantages offerts si vous remplissiez tous les formulaires : les couches étaient gratuites, le travail de la nourrice était déductible des impôts, il y avait des crèches gratuites dans tous les quartiers. Des travailleurs sociaux sont venus frapper à ma porte pour m'aider à "organiser la crèche", et mon fils a droit à la cantine à un repas complet [entrée, plat, dessert], plus une portion de fromage.

Reste que certaines de ces aides sont un pur gâchis. L'Etat français paie notamment pour que des jeunes mères comme moi-même puissent voir un spécialiste deux fois par semaine pour raffermir leur ventre. Lancée après la Première Guerre mondiale et la disparition de tant de jeunes hommes, cette mesure visait essentiellement à encourager les naissances (jamais votre mari ne voudra vous toucher si vous avez encore vos kilos de grossesse, quelle idée bien française !).

En regardant autour de moi, j'ai vu combien les gens abusaient de ce système. Des amis syndiqués pouvaient partir en vacances tout l'été et toucher une allocation-chômage de 55 % de leur salaire. Un ami cameraman âgé de 30 ans et en possession de tous ses moyens travaillait cinq mois et passait le reste de l'année à vivre des aides de l'Etat dans le confort de sa maison du sud de la France.

Une amie employée de banque a passé ses trois mois de congé maternité à faire du bateau en Guadeloupe. Se trouvant dans un territoire d'outre-mer, elle continuait à toucher toutes ses aides.

Une autre amie banquière qui avait été licenciée s'est accordé presque trois ans pour trouver un nouvel emploi, car l'Etat la payait tant qu'elle ne retrouvait pas de travail. "Et pourquoi pas ? Je l'ai bien mérité, m'a-t-elle répondu quand je l'ai interrogée. J'ai cotisé pour le système." Son attitude est largement répandue.

Lorsque vous prenez votre retraite, vous êtes chouchouté. Il existe 36 régimes spéciaux – ce qui signifie, par exemple, que le personnel hospitalier ou les conducteurs de train peuvent partir à la retraite plus tôt que les employés du secteur privé en raison de "la pénibilité de leurs conditions de travail", alors même qu'ils ne peuvent pas être licenciés. Mais tout cet argent distribué a conduit l'Etat à la faillite.

Une nation de nombrilistes

La France étant par ailleurs une nation de nombrilistes à la Jean-Paul Sartre*, elle refuse de se tourner vers l'extérieur, vers le village mondial. Pourquoi s'intéresser aux Brics – les marchés émergents du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique de Sud – quand on a Paris ? C'est une philosophie étriquée qui tuera la France.

Au Forum économique mondial, qui se tient tous les ans à Davos, la France est toujours sensiblement sous-représentée. L'année dernière n'y assistait qu'une toute jeune ministre, Fleur Pellerin, car c'est apparemment la seule membre du gouvernement à parler anglais couramment. "Les Français n'aiment pas parler anglais, a admis l'un de ses assistants avec lassitude. Ils n'aiment donc pas venir à Davos."

Les plus grands esprits français préfèrent s'enfuir à Londres, Bruxelles et New York plutôt que de s'abêtir chez eux. Parcourez une rue du quartier de South Kensington – le nouveau sixième arrondissement de Londres – et essayez de ne pas entendre parler français. Le lycée français qui s'y trouve dispose d'une longue liste d'attente pour les enfants français dont les familles ont émigré. L'ambiance est sinistre lorsque j'écoute mes amis français sur ce sujet.

D'après un fonctionnaire expérimenté des Nations unies, aujourd'hui installé en Afrique, "les plus grands penseurs de France ont quitté le pays. Tout ce qu'il y reste désormais, c'est la médiocrité."

"La France meurt à petit feu, affirme le responsable juridique d'une grande entreprise française. Le socialisme est en train de la tuer. Elle ressemble à une famille de riches aristocrates incapable de se défaire des domestiques – un peu comme dans la série Downton Abbey."

"Ces dix dernières années, le village mondial est devenu une réalité, ajoute un éditeur français. L'économie mondiale a pris tant d'ampleur qu'un Etat-nation ne peut plus jouer le même rôle qu'il y a dix ans. Les Français n'en ont pas encore pris conscience."

Pour prendre un nouveau départ, la France doit se débarrasser de la vieille garde et se réinventer. François Hollande n'était pas allé en Chine avant de devenir chef d'Etat en 2012 – et il a 58 ans. Le gouvernement est tellement replié sur lui-même et les fonctionnaires sont tellement détachés de la réalité que ce pays en est venu à se voiler la face.

C'est en partie la faute du système éducatif et notamment des grandes écoles, où sont formés la plupart des hauts fonctionnaires. Que ce soit François Hollande, son ex-épouse Ségolène Royal – candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 – ou l'ex-président Jacques Chirac, mais aussi la plupart des Premiers ministres depuis 1958, tous pensent que la France est encore une superpuissance. Pourtant, la triste réalité est tout autre et la France est plus proche de l'Espagne ou de l'Italie que du Royaume-Uni ou de l'Allemagne.

Il y a bien quelques visionnaires, comme Christophe de Margerie, le PDG de Total, une multinationale dans le secteur de l'énergie. Il parle un anglais parfait et passe l'essentiel de son temps à négocier des contrats en dehors de France, mais il reste une exception.

J'aime beaucoup mon pays d'adoption et je ne veux pas en partir. Je souhaite que mon fils finisse sa scolarité en France. J'espère qu'il ne s'enfuira pas à Wall Street ou à la City de Londres, mais bien qu'il restera ici pour construire une France meilleure.

Pour cela, il faut toutefois que les politiciens comme François Hollande laissent la population respirer. La créativité et la prospérité ne sont au rendez-vous que lorsque les citoyens peuvent construire, innover et s'épanouir.

 

Janine DI GIOVANNI

 

Sur le même sujet: un article du blog "Les décodeurs" du Monde.fr, qui revient sur "les mille et une erreurs" de l'article de Newsweek.

Note :* En français dans le texte.


samedi, 04 janvier 2014

THIERRY MBEPGUE: «MEME PENDANT 10 ANS LA CPI NE TROUVERA AUCUNE PREUVE CONTRE GBAGBO LAURENT»

 

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Thierry Tafam Mbepgue ou l’audace de croire en une Afrique libre et digne!

 

Interview du président du Malcon, Thierry Mbepgue parut dans le quotidien ivoirien «Le Temps», le 31 décembre 2013.

Comment vous appréhendez la suite du procès de Gbagbo?

Ce qui se passe à la CPI est tout sauf un procès. L’arrestation et la déportation du président GBAGBO était la réalisation d’un scenario écrit par Nicolas Sarkozy qui a pris un coup dur dans son financement après sa chute en France. Voila pourquoi ce film dont l’acteur principal est celui que vous connaissez n’a pas pu sortir, pire actuellement aucun acteur ne veut figurer dans ce film. Donc sachez que pour nous combattants de la liberté, il y a plus procès à la CPI. La suite de ce cinéma que vous appelez procès sera marquée par la Libération du président GBAGBO Laurent car Il n’est pas admissible qu’on maintienne une personne en détention pendant trois années sous prétexte de trouver les preuves l’accablant. Par ailleurs que pourra apporter comme preuves crédibles un procureur qui est accusé d’avoir soudoyé les témoins pour que ceux-ci témoignent contre la défense dans l'affaire Jean Pierre Bemba ? Si elle a été capable de le faire pourquoi ne le reproduira t-elle pas dans l’affaire GBAGBO ?

Et pourtant, la Cpi vient d’accorder une autre rallonge à Bensouda.

Je vous avais dis que la cpi même pendant 10 années ne trouvera aucune preuve contre GBAGBO Laurent, elle pourra en fabriquer mais pas dire qu’il y a une preuve contre ce dernier. Ce que tu n’as pas pu trouver en 3 ans, ce n’est pas en 2 mois que tu pourras le trouver, soyons sérieux. La période accordée à Bensouda n’est rien d’autre qu’un moyen de donner un temps supplémentaire et une chance d’aboutissement aux négociations en cour actuellement à la Haye. Si même par extraordinaire on nous présentait aujourd’hui des soient distantes preuves contre GBAGBO, je ne douterai même pas un instant que celles-ci sont sorties d’un de ces laboratoires de chimie mensongère établi à travers le monde car on ne cherche pas pendant trois ans ce qui est sensé pas être caché. Mes parents me disaient toujours qu’on ne peut jamais cacher la lumière du soleil.

Selon vous, qu’est ce qui peut empêcher aujourd’hui la libération de Gbagbo.

Que ce soit sur le plan national ou international, je ne vois aucune objection à sa libération future. C’est d’ailleurs pour l’intérêt de tous qu’il faut qu’il soit libérer car on ne peut pas objectivement parler de réconciliation sans lui. Même en Afrique du sud, il a fallut que Mandela soit libre pour que l’étape de la réconciliation soit amorcer. Ceux qui œuvrent pour empêcher sa libération sont ceux là même qui ont beaucoup à se reprocher. C’est quand tu sais que tu as fais du tord à quelqu’un que tu as peur des représailles. Même Ouattara ne peut pas empêcher sa libération, mais plutôt faire en sorte qu’elle soit anticipée et je l’appelle au nom de la réconciliation de le faire.

Vous dites que Gbagbo incarne à la fois Lumumba et N’Nkrumah, alors que l’un des vôtres vient de réaliser un film documentaire dans lequel il traite Gbagbo de dictateur. Quel est votre point de vue?

(Rires). Aujourd’hui tout énergumène en manque de popularité n’a pour seule façon de faire parler de lui qu’en indexant le président GBAGBO Laurent, malheureusement les pro-gbagbo n’ont pas toujours compris cela et passe leur temps à relayer ces bêtises. Je n’ai pas été surpris d’apprendre que ce soit un camerounais qui se prête à ce genre de jeux car dans mon pays comme dans plusieurs autres d’ailleurs, il y a des brebis perdues qu’il faut rapidement retrouver et ramener dans l’enclos. Il existe aussi au Cameroun des traitres et des nègres de service qui sont toujours prêt à livrer, au moindre dollar proposé, leur propre frère. GBAGBO incarne Lumumba et N’Nkrumah et ce réalisateur incarne Mobutu SESE SEKO et tout ceux qui ont trahi nos vaillants leaders. Le Camerounais dont vous parlez s’appelle Saïd Mbombo Penda ex-journaliste à BBC. Comme lui, plusieurs affamés de nationalité Camerounaise ont été envoyés en mission pour saboter les différents acquis de la résistance anti-coloniale. Et la stratégie idéale ne pouvant être que s'attaquer au chef de file de cette lutte, ils ont trouvé bon de salir l'image de GBAGBO Laurent, le père de la résistance en Afrique. Après la sortie du pseudo film documentaire qui aurai été réalisé à plus de 108 millions, certains personnes ont tout simplement compris jusqu’à quel point le nègre peut aller pour vendre sa dignité. Qu’il soit au service du régime Ouattara ou au service de l’impérialisme occidentale, je voulais simplement qu’il sache que ce ne sont pas des campagnes de communications médiatiques bien rafistolées, ce ne sont pas les réalisations des films mensonges à hauteur de centaines de millions de FCFA par des journalistons égarés qui peuvent sauver un régime qui a du mal à convaincre un peuple. La seule chose qui peut sauver un tel régime c'est: « écouter le peuple » J’appelle sincèrement le gouvernement ivoirien à écouter le peuple.

Il affirme même que Gbagbo a trompé les camerounais.

Tu vois jusqu’où va sa mauvaise foi et sa malhonnêteté ! Le fait d’insinuer qu’une simple tête à pu tromper plus de 15 millions de têtes au Cameroun n’est-il pas une preuve que ce dernier ne sais même ce qu’il affirme ? Croyez vous que le peuple Camerounais soit aussi idiot jusqu’à ce point là ? En tout cas Il connait la vérité. Il sait que si on les a payés pour vendre leur dignité, c’est parce que l’esprit GBAGBO Laurent plane sur tout l’étendu du territoire Camerounais et la majorité des Camerounais ne rêvent que de lui ressembler.

Comment ces déclarations ont été accueillies dans l’ensemble au Cameroun?

Le vaillant peuple du Cameroun n’est pas dupe, nous savons tous comme on le dit chez nous au Cameroun: «qu’il se cherche». Il ne joue que le rôle pour lequel on l’a payé. Une fois ses millions encaissés il dira le contraire vous verrez plus tard. Par ailleurs sachez que tous ces Camerounais qui draguent les hommes politiques Ivoiriens sont répertoriés comme étant des Anti-BIYA qui rêvent d’importer les méthodes violentes au Cameroun. On les voit venir, nous les attendons de pied ferme.

Quel est aujourd’hui l’image du Président Gbagbo dans l’opinion camerounaise?

Il reste le leader incontestable que les Camerounais ont toujours rêvé, nous connaissons la vérité et ce n’est pas un documentaire dont nous connaissons la source de financement qui peut changer nos idées.

Connaissez-vous personnellement Mr Penda, l’auteur de ce film?

Demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent cet homme, 2 ne le connaitront pas mais demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent Charles ONANA, 9 te diront qu’ils le connaissent. Donc à toi de tirer ta conclusion.

Il dit qu’il n’a pas besoin de l’argent de Mr Ouattara…

(Rires). Il est trop riche et adore beaucoup Ouattara. Lorsque MOBUTU trahissait LUMUMBA a-t-il dit qu’il avait besoin de l’argent du roi belge ou le faisait pour les belges ?


Interview realisé par GUEHI Brence.

In le quotidien ivoirien "Le Temps" du mardi 31 décembre 2014.

vendredi, 03 janvier 2014

ALASSANE OUATTARA, UN INCOMPETENT AU POUVOIR A ABIDJAN - PAR THEOPHILE KOUAMOUO


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Un boucantier aux affaires!


Une des forces de la propagande massive est qu’elle finit par s’instiller subrepticement dans les esprits de ceux qui la contestent a priori. Pendant longtemps en Côte d’Ivoire, voire en Afrique, le présupposé de la compétence de l’actuel chef de l’Etat ivoirien semblait aller de soi. Le fondement de cette idée répandue était pourtant fondamentalement discutable : Alassane Ouattara était compétent parce qu’il était sorti de la cuisse de Jupiter-FMI ; point final. Les thuriféraires des institutions de Bretton Woods comme ceux qui portent (à raison) un regard critique sur l’idéologie qu’elles portent et leur fonctionnement interne ont tous validé cette étrange hypothèse.

La gouvernance concrète du «bon petit» de Michel Camdessus vient comme une sorte de «révélation» et de «désenvoûtement» forcé. Les faits sont têtus : Alassane Ouattara est un dirigeant incompétent et hâbleur, qui s’intéresse plus à l’écume des choses et à son ego surdimensionné qu’au fond des problèmes du pays qu’il dirige. Nous sommes fiers d’avoir écrit, en janvier 2013, que l’année en cours serait celle de la fin du mythe du super-économiste. «Le nouveau miracle ivoirien devra attendre après-demain», admettait, en mai dernier, le principal quotidien économique français, Les Echos. «Après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance», écrivait pour sa part en août dernier l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont le zèle pro-Ouattara est ancien et connu de tous.

Alassane Ouattara est-il le capitaine de bonne volonté d’un bateau rendu ivre par les lacunes de ses subalternes ou le principal responsable d’une embarcation qu’il conduit droit vers un énorme iceberg, à l’image du Titanic ? Au Nouveau Courrier, nous pensons qu’il est notoirement incompétent, et que ses actes quotidiens témoignent de ce qu’il ne met pas en pratique le bon sens économique le plus élémentaire. Un bon sens qui est pourtant accessible à des hommes dotés de bon sens qui n’ont jamais mis un doigt de pied à l’université. Il est grand temps que ses soutiens extérieurs s’en rendent compte. Les quelques exemples qui suivent permettront en tout cas d’alimenter le débat.

Décentralisation : les errements scandaleux de Ouattara

Même pour un politicien moyen, l’organisation structurelle de l’Etat est une question fondamentale, qui relève d’un choix mûrement réfléchi, et de la stratégie de développement à long terme qu’il entend défendre. La légèreté phénoménale avec laquelle Ouattara change de doctrine à ce sujet est, du coup, particulièrement inquiétante. Candidat à la présidentielle de 2010, il promettait dans son programme : «Nous supprimerons les Districts. Abidjan et Yamoussoukro, à l’image des autres villes à créer, seront dirigées par des conseillers municipaux élus». Cinq mois après sa prise de pouvoir, il change subitement de braquet. Il décide de maintenir les deux districts d’Abidjan et d’en créer douze nouveaux. Il supprime les Conseils généraux, qui recoupent les départements, fait exploser le nombre de régions (elles passent de 19 à 30, alors que Gbagbo voulait les réduire au nombre de 10). Une réforme budgétivore et tout à fait inattendue, donc. En mai 2013, il promet qu’il nommera incessamment ses gouverneurs de district, «avec rang de ministres». Quatre mois plus tard, virage à 360 degrés. Lors d’une rencontre avec les préfets,  il fait un incroyable aveu : «Si nous tardons à mettre en place ces districts, a concédé le président Ouattara, c’est parce que je ne suis pas convaincu que ce soit un échelon essentiel, dans l’administration du territoire (…) Je reprends ce dossier pour l’examiner en toute objectivité. Et voir où nous devons mettre en place le district ou pas». Que veut cet homme ? A-t-il le moindre début de commencement de vision politique ? Est-il seulement un peu sérieux ? Pour notre part, la réponse est claire : c’est non, sans hésitation.

Santé publique : des promesses irréalistes à la désertion

Démagogue sans scrupules, Alassane Ouattara avait promis tout et n’importe quoi dans son programme. Alors que Laurent Gbagbo prévoyait un système d’assurance maladie universelle basée sur des cotisations en fonction des revenus des différents bénéficiaires, il préconisait l’instauration d’une couverture médicale universelle accessible à tous «avec 1 000 FCFA par mois». Bien entendu, il s’agissait d’une promesse sans lendemain. Dès son arrivée au pouvoir, il mettait en place un mécanisme (non financé, ce qui est une aberration même pour un étudiant de première année à l’Ecole nationale d’administration) de gratuité de soins dans les établissements sanitaires publics. Neuf mois plus tard, il abandonnait cette politique improvisée et qui ne fonctionnait de toute façon pas sur le terrain, et parlait d’une gratuité des soins «ciblée», concernant tous les actes liés aux accouchements. Aujourd’hui, sur le terrain, c’est un échec total, à en croire les professionnels de santé. Les médicaments gratuits promis n’existent tout simplement pas. Le projet a été mal conçu et mal exécuté, mal pensé. Si ce n’est pas de l’incompétence, cela y ressemble terriblement.

Un banquier-boucantier qui fait déraper les finances publiques

«Je suis un banquier. Mon travail, c’est de trouver de l’argent», fanfaronnait le candidat Alassane Ouattara. Qui a déjà eu un banquier sait que, pour cette profession, la disciplinaire budgétaire est un principe sacro-saint. Depuis qu’il préside aux destinées de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara se caractérise pourtant par sa propension à dépenser n’importe comment l’argent qu’il ne possède pas. Comment peut-il justifier que, chef de l’Etat d’un pays sortant de dix années de guerre, il considère comme prioritaire d’acheter plusieurs nouveaux avions présidentiels – alors que Joyce Banda, la présidente du Malawi, choisit de vendre le seul qu’elle a pour endiguer la pénurie alimentaire dans son pays ? Combien ses voyages, et les voyages de ses ministres, auxquels prennent toujours part une cohorte de dizaines et de dizaines de parasites, coûtent-ils donc au contribuable ? Quelle explication peut-il donner au fait que le déficit budgétaire se soit creusé en 2012 en dépit de l’afflux inédit d’aide publique au développement ? Désargenté après avoir été «cadeauté» de centaines de milliards, l’Etat ivoirien en est aujourd’hui réduit à utiliser des techniques grossières de harcèlement fiscal et à faire la manche d’autre part – en ce mois de septembre, nous dit La Lettre du Continent, la France vient au secours de Ouattara pour une rallonge budgétaire… ce qui est une honte pour un pays qui n’en était plus là même au cours des années de guerre !

Les sujets qui mettent en lumière l’absence totale de vision d’Alassane Ouattara sont légion. Par exemple, qu’avait-il à détruire, via sa ministre Anne Oulotto, les commerces informels s’il entendait par la suite laisser le désordre s’installer à nouveau ? Quel intérêt a-t-il à faire la promotion du gré à gré alors que son administration est déjà notoirement corrompue ? Qui se souvient que la marche du RHDP du 25 mars 2004 visait à protester contre l’octroi à Bolloré du marché du terminal à containers du port d’Abidjan, dans un contexte où l’industriel français avait pour lui d’être le candidat unique dans une période de fortes incertitudes ?

Alassane Ouattara est incompétent. Et chaque jour, les Ivoiriens s’en rendent compte un peu plus.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

UNE ENVOYEE DE DIEU CHEZ LE PASTEUR JEAN-BAPTISTE NIELBIEN AVEC UN MESSAGE POUR LA COTE D'IVOIRE

 

JEAN-BAPTISTE NIELBIEN.jpg


Exclusif - Le pasteur Jean-Baptiste Nielbien (Président de la Feeci) aurait refusé de recevoir une envoyée de Dieu porteuse d’un message pour la nation et pour Laurent Gbagbo. Récit.



Il y a de cela 2 semaines (le 16 décembre 2013, Ndlr) quelque chose d’étrange s’est produit au quartier Cité des Arts de Cocody (Abidjan) où sont logés les bureaux du Dr Jean-Baptiste NIELBIEN, Docteur ès Sociologie, ès Théologie et président de la Fédération des Eglises Evangéliques de Côte d’Ivoire (FEECI) et pasteur principal à l’église des Assemblées de Dieu. De quoi s’agit-il ?

Dame A. D. arrive, ce lundi matin, au bureau du pasteur NIELBIEN. «Je voudrais voir l’homme de Dieu, c’est confidentiel», s’exprima t-elle face à la secrétaire. «Le pasteur n’est pas là», répondit cette dernière apparemment mécontente du fait que la visiteuse ne lui dise pas l’essentiel de sa visite. «Qu’à cela ne tienne, j’attends le pasteur!», ajouta la visiteuse. Minutes et heures s’égrainent mais la dame n’est nullement ébranlée par la fatigue de la longue attente. Quant au pasteur, il campe sur sa position. Pis, pensant à une mendiante, l’homme de Dieu (certainement en manque d’inspiration), remet de l’argent à un de ses collaborateurs pour dame A.D. «Dites lui que je n’ai pas besoin de son argent», rétorque l’envoyée de Dieu. La réponse de la dame met le serviteur de Dieu dans tous ses états et durcit sa position de ne plus recevoir la femme. L’après midi la trouve à cet endroit. Elle décide donc de rentrer non sans dire le message divin qui se résume en ceci :

1- Dieu me charge de dire au président des chrétiens évangéliques que Lui, le Tout-Puissant DIEU, a bouclé le programme de la Côte d’Ivoire qui va s’accomplir certainement. Le changement spirituel aura lieu.

2- Que tous ceux qui ont soutenu la rébellion se repentent de leur péché.

3- Que tous ceux qui ont soutenu l’actuel homme fort d’Abidjan et son pouvoir demande pardon à Dieu car un grand vent va souffler.

4- Laurent GBAGBO sortira de prison et exercera le pouvoir d’Etat pour un mandat.

Le message fut rapporté fidèlement au pasteur NIELBIEN par ses lieutenants.

Mystère!

Dame A. D. décida de s’en aller avec le sentiment d’avoir joué sa partition. En sortant des bureaux du pasteur, un des collaborateurs accompagnant la dame qui se rendait à la cité Mermoz arrêta un taxi communal et remit 200 F au conducteur. Mais une fois au feu du carrefour de l’Institut de la communication (ISTC), le conducteur constate à sa grande surprise que la femme qui était pourtant bien assise à l’arrière du véhicule a disparu. Le taximan marque un arrêt pour bien voir, point de femme! Paniqué, le taximan retourne au Centre de Publication Evangélique (CPE) d’où il avait pris la dame. Une fois là, il rembourse les 200 F à lui remettre par le monsieur en disant: «Voici vos 200 F, quelle femme avez-vous mis dans véhicule, que votre malheur soit sur vous seuls!»

Médusés, les hommes du pasteur n’ont pu rien dire. Ils se rendirent à l’évidence «qu'assurément cette femme était envoyée par le Seigneur».

On raconte que le pasteur NIELBIEN fit 2 semaines sans mettre pied au bureau.


Faya Yéo, Le Tigre du Nord.

jeudi, 02 janvier 2014

DRAMARECHAL, NOUS VOILA!

ALASSANE OUATTARA. DRAMARECHAL.png


Ce discours, tout le monde l'attendait, en raison de sa promesse d'une “bonne nouvelle” qui serait révélée en fin d'année..., mais voilà, la bonne nouvelle s'est muée en « bonne année », et la montagne Sylvestre a accouché d'une souris...

Alassane Dramane Ouattara, en cette fin d'année 2013, aurait dû prononcer son discours avec un casque de sécurité vissé sur la tête, parce que ce n'est pas en Président de tous les Ivoiriens qu'il a parlé, mais en technocrate des ponts et chaussées, en employé de Bouygues, préposé aux futurs autoroutes payantes et ponts à péage; en vassal dévoué, il a tenté d'envoyer des ondes positives à ses patrons, tout en essayant de plaider sa cause devant ses derniers investisseurs potentiels, les quelques têtes brûlées qui seraient assez inconscientes pour s'engager encore à ses côtés.

« la vie est chère » : l’aurait-il enfin réalisé ? Hier il officiait au FMI et prônait le gel des salaires, aujourd'hui, il enfile son costume de syndicaliste de la françafrique et plaide pour leur déblocage. Nous ne sommes plus à une incohérence près : très fier, il annonce la revalorisation des salaires de la fonction publique, bloqués depuis plus de vingt ans ! Je crois pourtant me souvenir que le président Gbagbo était déjà intervenu en ce sens en rajoutant des primes à certaines catégories de fonctionnaires et assimilés. Mais ces heureux fonctionnaires et militaires ne sont plus là pour en témoigner : ils ont été remerciés, limogés, et dans le meilleur des cas leur rallonge vitale a été supprimée.

Tout va bien en Ouattarandie: notre chef avoue avoir le cœur plus léger qu'il y a un an. Après la règle des 4C du diamant que j'ai appris en Israël, voici celle des 3C du vivrier que je ne connaissais pas : Café, Cacao, Coton : tout va bien, l'agriculture continuera d'être l'Eldorado du pauvre ivoirien, il y aura beaucoup de travail dans les terres concédées aux lobbies des semences OGM et de l'agroalimentaire, dans les terres rizicoles concédées à la veuve Louis Dreyfuss. Le Smig est instauré; selon l'avis de beaucoup de Français, il n'a jamais rien apporté de bon, mais en Côte d'Ivoire il fera des miracles, le brevet est donc exportable en Afrique. Tout ira bien, l'avenir est rose, bien qu'en friche. Et quid des chômeurs rattrapés, des retraités, des jeunes diplômés? Quid des prisonniers et des exilés qui ne se pressent pas à la porte (C'est seulement sous la pression de la nouvelle guerre française en Centre-Afrique, qu'une centaine d’exilés ivoiriens sont rentrés au pays, dans un avion affrété par le gouvernement).

Concernant la Couverture maladie universelle courant 2014, il ne pouvait pas faire moins, elle était déjà dans les promesses de 2013...

« Notre pays change, progresse.(...) Priorité à l'emploi avec un rythme de création d'emplois soutenu. (...) L'objectif d'un million d'emplois est toujours à notre portée » : J'abonde dans son sens, puisque ce qui me frappe toujours ce sont les annonces nécrologiques; beaucoup de personnes jeunes décèdent alors que ce n'est certainement pas leur heure. A défaut de véritables créations d’emplois, c’est par un simple jeu d'écriture que les postes vacants pour cause de mort assassine seront occupés par les rescapés reconnaissants. Et l'économiste bardé de diplômes en économie de marché de nous resservir une fois de plus le micro-crédit des pauvres, au probable taux exceptionnel d'un pour cent par mois, déja appliqué par son épouse. Atteindre l'émergence nécessitera plus d'un coup de pouce, carrément la falsification des registres et des statistiques !

Par sa voix, nous apprenons également que la Côte d'Ivoire renoue avec le « retour à la sécurité » ! Alors qu’un classement rendu publique il y a quelques jours place la Côte d'Ivoire au troisième rang des pays les plus dangereux au monde, après deux pays d’Amérique latine ! En fait, la Côte d'Ivoire est le pays le plus dangereux d'Afrique, mais qu’importe, face à la parole d’un président qui ne ment jamais : son nez ne s'est pas allongé, pas plus que celui de son épouse, encore plus digne de foi puisque le sien a été remodelé, retouché à la baisse. Il fallait bien envoyer un message subliminal à la communauté internationale, parler de la sécurité retrouvée, de la lutte intensifiée contre la corruption et le racket, fléau bien sûr hérité des seuls refondateurs. Grâce au bon travail des forces de sécurité que nous appelons par leurs petits noms, Frères Cissé et Dozos, les coupeurs de route ne sont plus que des piétons inconscients qui traversent la chaussée sans regarder, et provoquent tous ces accidents mortels qu'on ne cesse d'évoquer ces dernières semaines.

L'héritier d'Houphouët est partisan de la “préservation d'un climat de paix”. Notre disciple d'Houphouët, qui a préféré créer son propre parti plutôt que d’intégrer celui du maître, ce digne fils du Père de la nation, le vrai, doté du label authentique, peut maintenant retirer son casque BTP, glisser dans sa poche l’unique fascicule ayant suffi à lui valoir un doctorat d'économie, pour sourire dorénavant, un brin d'olivier entre les dents, comme la colombe de Noé annonçant la fin du déluge.

Il nous redit combien il tient à poursuivre le dialogue avec l'opposition : la justice, qu'il ne cesse de houspiller pour sa lenteur, doit permettre -incessamment, sous peu- des mises en liberté provisoire, petites piécettes concédées à la réconciliation, provisoire elle aussi. Mais qui sont les heureux élus ? Un incident technique providentiel intervenu à ce moment de son discours, et bien géré par l'équipe technique de la RCI, aurait amputé le film de ce passage si attendu, à moins que l'émotion partagée avec tous les Ivoiriens qui guettaient cette bonne nouvelle à eux promise, ait empêché Ouattara de citer les noms des chers frères et sœurs des partis d'opposition. Comprenez qu'il s'est beaucoup exercé à sourire, à enjôler son public pour tenter de renouer avec la première bonne impression, celle d'un homme généreux, compétent, qui arpente parfois la Côte d'Ivoire de long en large pour répondre aux besoins de ses citoyens, et régulièrement, sillonne au rythme d’un abonné de train de banlieue les couloirs aériens qui surplombent tous les pays émergés, n’atterrissant que pour recevoir les ordres de ses patrons, sous couvert d’importantes conférences, de colloques à décrocher la lune pour la Côte d'Ivoire. Oui notre Homme est prêt pour l'émergence dans les années à venir, bien accroché à son fauteuil jusqu'à la fin de ce mandat et du prochain, grâce aux élections électroniques garanties sans fraudes, non seulement bien sûr dans les régions non encore raccordées au réseau électrique, mais aussi dans toutes celles où grâce à un accord passé avec Délestron le jour J, les scores seront encore meilleurs qu'en 2010, cela va sans dire.

Opposition, saisissez la chance qui vous est donnée de vous joindre au sage Ouattara, fermez les yeux, fermez la bouche, le spécialiste est aux commandes, pour un atterrissage dans la réalité virtuelle de l'un « des dix pays à la plus forte croissance au monde ». Et je n'invente rien puisque c'est lui encore qui l'a dit au début de son bilan... de compétences.

« Je forme le vœu d’une paix consolidée en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde ». Ici, ce n'est plus l'homme au casque BTP et au rameau d'olivier qui parle, mais le Messie ou le dernier Mahdi. Et là, on écoute religieusement, avant d'éteindre la télévision et de passer aux choses sérieuses : quand le peuple va-t-il prendre enfin son destin en mains, sachant que le secours ne viendra ni de l'occident, ni de Ouattara et consort, et que chaque jour passé à attendre est un jour de prison en plus, un jour de malheur, un jour de cendres et de ténèbres en plus ? Soufflons sur les braises qui restent, préparons nous à sauter dans le brasier sans peur, pour alimenter sa combustion et déclencher l'incendie, celui que les Pompiers-Pyromanes n'auront pas allumé et ne sauront plus éteindre, et que la peur change définitivement de camp. C'est au travers du feu que vous serez éprouvés, que l'or, l'argent et les autre trésors que vous êtes, aux yeux du D.ieu qui vous a créés libres, égaux et partenaires avec lui dans sa création seront affinés. Cet argent, cet or là va circuler, laisser des traces, ces traces si chères à Laurent Gbagbo. C'est au travers du feu que l'occident et ses lobbies de paille, vrombissant et rugissant comme de vieux lions édentés, recevront leur récompense, en brûlant et en se consumant. Avec pour bilan, aux yeux au monde entier, si peu de scories intéressantes, hormis leur forfaiture enfin dévoilée, et votre couronne d'hommes libres au lieu de vos entraves d'asservis.

Quand j'étais enfant, ma mère m'expliquait à sa manière la différence entre l'espoir, concept laïc et l'espérance, concept pétri des promesses divines.
Alors que l'espoir s'enracine en l'homme, l'espérance s'enracine en D.ieu. Comme Caïphe, notre homme a prophétisé sans le savoir, citant l'hymne national, « j’ai foi en l’avenir radieux de notre chère Cote d’Ivoire qui mérite plus que jamais son nom de terre d’espérance ». Oui, la Côte d'Ivoire peut redevenir cette terre d'espérance, pas celle de l'espoir au nom duquel prospèrent tous ces magiciens qui créent la lumière à Abidjan en la coupant ailleurs, mais cette terre où on attend et prépare le chemin de Celui en qui tellement d'hommes et de femmes espèrent, celui qui comptabilise toute les gouttes de sang tombées à terre,qui recueille toutes les larmes dans son outre, Celui qui dans sa grande patience s'est encore retenu, quand la fondatrice de “Children of Africa” a demandé « qu’en cette nuit de Noël pas un enfant ne souffre en Côte d’Ivoire», pour ne pas la secouer comme on secouerait un karité afin que les fruits tombent, et soient mis à la disposition du plus grand nombre, signe avant-coureur des futures semailles, des futures récoltes, des retrouvailles et des rires enfin libérés sur une terre qui aura englouti tous ses artisans de malheur, reconnu et accueilli les vrais artisans de sa paix et de sa reconstruction.

Enfin, en relisant le discours de Ouattara après l'avoir écouté, les accents de la fin me rappellent ces vieilles bandes-son où l'on entend le maréchal Pétain « faire don de sa personne » à la France... occupée. Là où il ne s’agissait, retranché derrière les fameuses valeurs “travail, famille patrie”, que d’offrir au vainqueur teuton une France à genoux, soumise à l'avance à toutes les lois iniques promulguées par un régime à la botte.

« La nouvelle Côte d'Ivoire, l'Ivoirien nouveau» : Ouattara nous brosse les contours d’une entité statique, privée de vie, de rêves, d’ambitions et de projets; les contours d’une Côte d'Ivoire démantelée, démembrée, patrie d’un Ivoirien esclave sur sa propre terre. Et de rajouter «L'ivoirien doit prendre conscience de son rôle dans notre société ». Non monsieur, ce n'est pas là le discours des Ivoiriens, vous ne faites que prêter votre voix aux ennemis de la Côte d'ivoire. L'Ivoirien, le vrai, -et celui qui le rejoint en acceptant d'unir son destin au sien-, vomit votre société globalisée et son modèle paternaliste et colonial, puant la naphtaline; il va s'intégrer dans la société qu'il a choisie, désirée, son Eburnie, une Côte d'Ivoire fraternelle, fondée sur des valeurs immémoriales. Il va suivre les traces de celui qui les a si fortement imprimées dans le pays, et dont la déportation à la Haye n'a pas estompé le souvenir : les références à l'Ivoirien véritable sont les siennes, et certainement pas celles d'un homme qui aura fait de la Côte d'Ivoire un pays à genoux, un immense chantier à ciel ouvert pour débusqueurs de poules aux œufs d'or – celles qui, par miracle auraient encore échappé aux prédateurs et aux soldeurs, à l’œuvre sans relâche depuis si longtemps-. Le modèle idéal, ce n'est certainement pas le modèle occidental ! Il vous suffit d’ouvrir les yeux pour constater ce qu'il a apporté dans la durée : quelques villes et une capitale ultra-moderne, vitrines de la “civilisation” pour une poignée d’étrangers et d’élus rattrapés, alors que la majorité du peuple vit dans des zones de “non-droit”, sans eau courante, sans électricité, comme c'est toujours le cas dans le nord où les ex-rebelles et nouveaux mauvais maîtres font la loi, délaissant totalement les populations, et ne se rappelant à leur –violent- souvenir qu’à l’approche des échéances électorales...

Pauvre Côte d'ivoire, livrée à la violence, la pauvreté, qui vivote sans espérance et sans avenir, éternelle analphabète, jamais entrée dans l'histoire, as-tu vraiment besoin d'être encadrée par ces européens et supporter leur présence toujours apaisante et réconfortante pour « prévenir et éviter les bains de sang », aux côtés de l'ivoirien nouveau, version Ouattara, le collabo « qui te veut du bien » ? Va-tu continuer de courber l'échine et te faire tondre la laine sur le dos ? Et si tu décidais maintenant que 2014 ne ressemblera en rien à 2013 ?


Shlomit Abel, 2 janvier 2014


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

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