topblog Ivoire blogs

vendredi, 27 mars 2015

CRISE IVOIRIENNE - GILDAS LE LIDEC: UN TEMOIGNAGE ACCABLANT POUR LA FRANCE ET L'OCCIDENT

 

GILDAS LE LIDEC.jpg

 

Interview de Gildas LE LIDEC ambassadeur de CI 2002-2005 par Nicoletta Fagiolo mise en ligne le 27 février 2015 sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=LJLI01pOETI

Avant même de vous inviter à écouter ce témoignage accablant pour les dirigeants français et occidentaux ou à la lire (elle est en grande partie retranscrite ci-dessous), nous exigeons que Gildas LE LIDEC soit cité comme témoin à décharge dans le procès pendant de Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE ainsi que dans les procès politiques de toutes les personnalités jugées pour leurs responsabilités prétendues dans la crise post-électorale tandis que les vrais bourreaux du peuple ivoirien eux continuent de sévir aux responsabilités en toute impunité . Et qu'on ne vienne pas nous parler d'immunité diplomatique ou autres paravents des crimes d'Etat car c'est bien de crimes contre l'Humanité dont il est question. Vous savez ces crimes que la Cour Politique Internationale avait vocation à connaître afin que les coupables soient punis par une justice internationale équitable et universellement reconnue... Mais c'était avant que cette institution porteuse d'espoir sur le papier ne devienne le bras judiciaire de l'Ordre des Nantis Unis qui nous dirigent et spolient les peuples de leur droit à disposer d'eux-mêmes.

Dans cette incroyable vidéo d'un ambassadeur décomplexé de la Françafrique qui a néamnmoins le courage de reconnaître tout haut ce que toutes les instances décisionnaires complices de l'installation par les armes de OUATTARA passent leur temps à occulter quitte à se débarrasser par tous les moyens des témoins gênants :

- On redécouvre que SORO est connu comme un violent, sanguin qui dès 2003 proposait de se débarrasser physiquement de GBAGBO via un coup d'état militaire qu'il proposait de faire avec la FRANCE qui devait lui livrer les armes pour se "débarrasser" de GBAGBO. On reconnaît tout le mépris à peine voilé des dirigeants occidentaux fussent-ils des amis prétendus de l'Afrique : « Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…» ;

- Gildas LE LIDEC, ambassadeur français en CI de 2002 à 2005 reconnaît également les massacres de novembre 2004 qu'il justifie d'une phrase incroyablement anachronique et impérialiste : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN ». Il admet que la FRANCE a fait tuer ses propres soldats à BOUAKE pour justifier l'anéantissement de la flotte aérienne du régime légal de Laurent GBAGBO.
« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français … Ca c’est quand même osé !" ;

-Gildas LE LIDEC réitère très clairement que la FRANCE et la Communauté Internationale ont tout fait pour installer OUATTARA par la force au pouvoir ;

- Il considère que si GBAGBO est en prison à LA HAYE, alors tous les dirigeants africains devraient y être ainsi que SARKOZY !

C'est vous dire la portée des aveux d'un ancien ambassadeur de Côte d'Ivoire qui croit tellement à l'impunité de la FRANCE en particulier et de l'OCCIDENT en général dans le pillage de l'hémisphère sud et la négation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qu'il peut se permettre de tout dire y compris qu'en 2004 la FRANCE a tiré sur une foule au mains nues après avoir assassiné des soldats français ! Quand on a contribué à un tel niveau à renverser un régime certes imparfait mais démocratique pour installer un régime illégitime et démocratique, on n'a pas seulement le devoir de parler, on a celui de réparer le préjudice que l'on a causé à autrui et si ce n'est d'y parvenir, au moins d'essayer !


 

RETRANSCRIPTION QUASI INTEGRALE :


"La Force Licorne est arrivée en CI sans que l’ambassadeur en soit informé. Protection de OUATTARA pour sa sécurité… A quel titre ?"

« Mettez une camionnette et des munitions. Vous me dites juste l’endroit et on se charge du reste » Guillaume SORO ;

« Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…»

Parlant de Pierre MAZEAUD, « il était tombé amoureux de SORO ; il était très proche de SORO »

Sur les rebelles et la crainte qu’ils inspiraient. « Moi j’ai accompagné, j’ai été très ambassadeur de terrain et grâce d’ailleurs aux Généraux, grâce aussi bien à Emmanuel Beth, à Joana qu’à Poncet j’ai pu me rendre avec les généraux français dans les territoire sous rébellion. Je dois vous avouer que j’ai vu des gens, des COMFOR comme ils appellent ça qui étaient totalement hirsutes avec des grigris dans le nez,… Et j’étais très très très content d’être protégé par les forces spéciales françaises, parce que j’ai eu peur. Alors dire que ces gens là appartiennent maintenant à la force républicaine de CI, il aurait fallu qu’ils se transforment considérablement et qu’ils aillent à l’Université pour apprendre ne serait-ce qu’à lire »

Pour justifier le bombardement de la foule et la fusillade de l’Hôtel Ivoire de novembre 2004 : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN »

« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français »… Ca c’est quand même osé !

Gildas LE LIDEC parle de chars en position de guerre, c’est-à-dire l’opercule ouverte au niveau du canon devant la résidence présidentielle, vingtaine ou trentaine de chars (commandés par DESTREMEAU) dont il ne comprend pas la présence à cet endroit rue du bélier tout prêt de la Résidence présidentielle.

« Le lendemain, ils montaient le piège, c’est-à-dire recommencer Tian’anmen. »

« Je suis d’accord un petit peu avec ce que les gens disent. La presse a certainement joué un rôle pro-OUATTARA. Mais déjà dans l’esprit des dirigeants français, on était pro-OUATTARA. Parce que OUATTARA présentait mieux que GBAGBO. D’abord il avait été fonctionnaire international. Il parlait bien anglais. Il connaissait bien SARKOZY. OUATTARA était un peu programmé. Pas pour CHIRAC. Il n’aimait pas OUATTARA. Pour CHIRAC la CI s’était arrêtée à FHB. CHIRAC n’est pas dans le complot pro-OUATTARA parce qu’il se méfiait tout autant de OUATTARA que de GBAGBO. Mais SARKOZY, ça ne fait aucun doute.

SARKOZY était totalement, totalement pro-OUATTARA. […] Certainement les journalistes ont nourri la haine contre GBAGBO et puis ce sentiment pro-OUATTARA, c’est sûr. GBAGBO a fait peur. Et c’est pour cela que je ne comprends pas très franchement : si quelqu’un comme Laurent GBAGBO est à cause de ce qu’il a fait devant la CPI de LA HAYE, à mon avis tous les chefs d’Etat africains doivent y être. Et beaucoup de chefs d’Etat européens. Pourquoi pas mettre SARKOZY compte tenu de beaucoup de choses qui se sont passées ou BERLUSCONI ou… Pourquoi c’est réservé aux Noirs et pas aux Blancs ? GBAGBO fait peur et il n’a pas raison de faire peur. Y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. Pour moi il n’y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. TAYLOR oui. Il est socialiste me dit CHIRAC. Mais monsieur le Président, il est socialiste comme moi je suis Archevêque de CANTURBURRY, un socialiste en Afrique, bon, il est membre de la chaîne des rôtisseurs, du club Air France 2000, ça ne veut rien dire d’être socialiste. Il fait partie de l’Internationale socialiste… L’Internationale socialiste, ça ne veut rien dire. Y a une mésentente… Y’a un énorme quiproquo sur l’image de GBAGBO.

Parce que GBAGBO est un homme extrêmement courtois, extrêmement drôle, extrêmement éduqué qui peut vous faire du charme. Il peut vous faire du charme, vous embarquer… Alors est-ce que c’est la méfiance des gens ? Non le Parti Socialiste français a été très mauvais dans cette affaire-là. Ils se sont totalement trompés. Ils ont eu peur. Le lobby OUATTARA a dû jouer oui. Non il a toujours été occupé à se défendre de la politique intérieure. J’ai rarement discuté avec GBAGBO de problèmes de fond. […] Je n’ai jamais eu en face de moi un chef d’Etat en train de régner. C’était un chef d’Etat en Défense perpétuelle ou en attaque perpétuelle ! En Défense parce qu’il était attaqué, ça c’est sûr.

« Dans cette évolution de la Côte d’Ivoire, vous avez des grands points d’interrogation, des zones d’ombre totale :

- Qu’est-ce qui s’est passé fin septembre 2002 qui fait que Renaud VIGNAL retourne complètement sa veste alors qu’il est le meilleur défenseur de GBAGBO pour être son principal accusateur ? Et à ce moment-là, il vit jour et nuit avec le couple OUATTARA à 60m de GBAGBO… C’est quand même une situation absolument étonnante ;

- Qu’est-ce qui s’est passé réellement avec l’Opération Dignité ? Est-ce que ça a été un échec cuisant pour GBAGBO ? Est-ce que ça a été une victoire avortée ? GBAGBO dit dans son livre qu’il a pris un hélicoptère qu’il est allé demander aux militaires de se calmer. Je n’en crois pas un mot. Je n’ai jamais vu GBAGBO dans un hélicoptère. Il avait peur de l’avion. Il est terrorisé par les avions. […] Et qui a tiré sur les Français ? […] Lors de son dernier repas avec GBAGBO, Gildas LE LIDEC me dit « mais, c’est pas moi. Quel intérêt j’aurais eu de faire ça ? »

Nicoletta interroge Gildas LE LIDEC sur le rôle des Israëliens. Relisez le dernier livre de Pierre Péan conseille Gildas LE LIDEC. D’après lui ça a beaucoup aidé les rebelles. […] « Quand vous voyez Wattao, etc. ces types hirsutes etc., qui aujourd’hui devraient être à LA HAYE. Tous ces gens-là devraient être à LA HAYE. Si on met GBAGBO, il faut mettre tous ces KOMMANFOR, tous ces KOMFOR à qui OUATTARA a donné une totale impunité. Aujourd’hui ils ne sont pas inquiétés. C’est ça qui rend la farce de LA HAYE totalement inutile et totalement scandaleuse, totalement euhhh déséquilibrée. Mais de fait, le nom de OUATTARA avec ce qu’il représente de sérieux, fonctionnaire FMI, bien sur sa personne, etc. a donné un petit peu ses lettres de noblesse aux rebelles. C’est-à-dire se référant à OUATTARA, effectivement, les rebelles ont peut-être été plus facilement acceptés. » « Quand est-ce qu’ils ont fait ce lien ? » demande Nicoletta – « Très vite » répond Gildas LE LIDEC, « à MARCOUSSIS il était presque fait ce lien…Oui oui, il était fait à MARCOUSSIS.

C’est sorti très vite. SORO est sorti comme un fantôme. On ne savait pas d’où il sortait. Il venait de la FESCI SORO. En fait c’est un élève dont GBAGBO a été le Professeur qui est passé ensuite du côté des rebelles, qui est repassé du côté de GBAGBO qui est repassé maintenant du côté de OUATTARA. C’est pour cela que je déteste ce type. C’est un traître. Mais c’est ça. […] Rien n’a changé… Aujourd’hui rien n’a changé. Il y a eu… la CI a perdu 4 ans/5 ans pour rien. La situation est à peu près identique. Il n’y a plus de ligne de confiance mais enfin, il y a une ligne de pauvreté qui est évidente. » Nicoletta rappelle qu’il y a encore au moins 700 prisonniers politiques, le génocide dans l’Ouest. Gildas LE LIDEC répond que c’est pour cela qu’il aime bien les communiqués de victoire de l’Armée française ou du Ministre français de la Défense qui disent « ça y est, nous avons gagné au MALI et nous sommes en train de gagner en République centrafricaine. C’est à hurler de rire. On ne gagne jamais en Afrique… Non, non, on ne gagne jamais et je crois qu’il faut être très modeste et puis laisser les Africains être les vrais acteurs. Quand vous décortiquez effectivement la stratégie française, premièrement nos Diplomates travaillent à l’ONU pour obtenir une résolution qui nous couvre sur le plan international ; deuxièmement, on intervient en disant notre intervention sera de courte durée ; et troisièmement, nous disons que la relève va être prise par les troupes de l’ONU qui vont se mettre en place. Tout le monde sait que les troupes de l’ONU sont incapables et ne peuvent rien faire. Que ces gens qui sont envoyés ne viennent que pour gagner de l’argent. C’est d’ailleurs des gens toujours les mêmes hein du PAKISTAN, du BANGLADESH qui ne sont pas de vrais soldats ; qui se mettent derrière des barbelés et qui ne font rien ; qui ne parlent pas la langue du pays, qui ne s’intéressent pas au pays. Et puis quatrième principe, nous allons former la Nouvelle Armée de CI ou du MALI qui pourra nous remplacer. Donc c’est un espèce de schéma que l’on reproduit. Ca fait 10 ans ou 15 ans . C’est une espèce de schéma que reproduit aussi bien la gauche française que la droite.

 

Retranscription, Christine Tibala.

Les commentaires sont fermés.