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lundi, 09 juillet 2018

CRISE DU PARTI UNIFIE AU PDCI - LA POLITIQUE DU VENTRE VA PERDRE LA COTE D'IVOIRE

 

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C’est hallucinant de voir presque tous les cadres du PDCI en poste dans l’administration, basculer du côté d’Alassane Ouattara, c’est-à-dire du nouveau mouvement créé par le ministre Adjoumani Kobenan Kouassi, « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». Un courant visant selon son auteur, à œuvrer à la mise en place d’un parti unifié du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, RHDP, alors même que son parti, le PDCI, membre de ce groupement politique, « ne permet pas et n’admet pas en son sein des courants formellement constitués ». Et plus, il a déjà clos ce débat à l’occasion du Bureau politique du 17 juin 2018 où, « démocratiquement et souverainement » les militants ont statué sur l’Accord Politique pour la création d’un Parti Unifié dénommé RHDP (…) et il a été demandé « que chacun des militants observe, de façon scrupuleuse, dans la discipline et le respect, les décisions des organes du Parti. » Et la décision majeure, c’était que le PDCI voulait demeurer PDCI et non disparaître et ne parlera de parti unifié qu’après les élections de 2020. Parce que le PDCI aura son candidat à ces joutes.

Mais voilà qu'Adjoumani Kobenan Kouassi, ministre des Ressources animales et halieutiques et ses amis, qui veulent effacer le PDCI, formation mythique d’où est sorti le RDR de Djéni Kobena, au profit du RDR d’Alassane Ouattara, ce dernier candidat présumé à un troisième mandat, créent un courant, pour faire ce que leur parti ne veut pas : "Nous nous engageons à sensibiliser les bases du PDCI pour adhérer au parti unifié", explique Adjoumani le mardi 3 juillet 2018, à l'Ivoire golf-club, à Cocody, au lancement de son mouvement. 

Il s’agit de forcer la main à leur parti ou de le déstabiliser de l’intérieur. Et cela, parce qu’ils veulent faire carrière dans la jouissance étatique grâce à une reconnaissance bien rémunératrice de Ouattara. Et ils étaient nombreux, les ministres PDCI, directeurs, diplomates, etc., à la cérémonie de présentation de « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». Car Ouattara ne cesse d’agiter le spectre d’un remaniement ministériel visant à écarter des éléments qui ne seraient pas favorables au parti unifié, garant de sa longévité à la tête de la Côte d’Ivoire. Alors on renie son parti et on est même prêt à le combattre pour le bonheur de Ouattara qui tient pour l’heure, le cordon de la bourse. Oui, la bourse ! C’est elle qui est si capable de faire perdre son âme à un intellectuel supposé.

Sur les traces de quel Houphouët-Boigny ?

Sur les traces d’Houphouët-Boigny ? Mais sur les traces de quel Houphouët-Boigny ? Quel Houphouët-Boigny n’aurait pas craint de liquider sa propre œuvre, le PDCI-RDA, pour de l’aventure ? Quel Houphouët-Boigny se serait renié aussi aisément ? Quel Houphouët-Boigny se ferait hara-kiri en détruisant sans regret, son instrument de combat historique, qu’il a construit au prix de mille efforts et pendant un demi-siècle ? Sur les traces de quel Houphouët-Boigny Adjoumani prétend être, en semant la zizanie dans sa famille politique ? N’est-ce pas là, une injure à Houphouët-Boigny que de faire croire que le premier Président de la Côte d’Ivoire serait capable d’effacer le PDCI-RDA, l’œuvre de sa vie, héritage de millions de générations, au profit d’Alassane Ouattara ? De quel Houphouët-Boigny parle Kouassi Adjoumani avec une telle légèreté ? On comprend que par ces temps difficiles, l’on peut se tromper de « traces ». Et Adjoumani s’est certainement trompé en prenant les traces d’un caméléon, d’un félon, pour celles d’Houphouët-Boigny, un homme resté constant toute sa vie. La direction du PDCI a bien raison de s’indigner de l’acte de l’ancien porte-parole du président Bédié. 

Les moyens de ses convictions

Voilà l’un des problèmes majeurs que connaît la Côte d’Ivoire ! Des cadres qui, pendant plus de dix ans pour certains, gèrent librement, et même « goulûment » des affaires de l’Etat, mais n’ont pas su épargner ou investir pour financer plus tard leur autonomie, leur fidélité à leur parti et à leurs convictions politiques… Les voilà donc qui chavirent massivement, pour leur confort digestif, sans considérer qu’ils mettent ainsi en difficulté leur président, Henri Konan Bédié. Quand ils agissent ainsi, ne voyant que leurs intérêts matériels, alors que Ouattara, pour lequel ils n’ont plus de lucidité, plonge le pays dans le 36e dessous, que peut-on espérer de cette catégorie de cadres ? Que Ouattara brade la Côte d’Ivoire, qu’il la donne à un franc symbolique à des amis d’ici et d’ailleurs, cela ne les offusque aucunement pas, tant que leurs avantages seront saufs. 


A qui irions-nous donc, comme dirait l’autre, si le pays finance les études de ses enfants pour l’aider à soigner ses intérêts, sauver son honneur, sa souveraineté, assurer son développement et le protéger en toutes circonstances, et qu’au lieu de cela, ceux-ci le trahissent de la sorte ? A qui irions-nous ? 

C’est là, la différence entre les cadres pro-Gbagbo et certains qu’on peut trouver dans tous les partis politiques, citoyens véritablement de conviction, et ces personnes guidées par autre chose : le diktat de la panse. Car ils sont nombreux ces cadres qui, depuis le 11 avril 2011, sont écartés de l’activité rémunératrice, et même jetés en prison ou en exil. Ils sont maltraités, affamés, parce que FPI et/ou pro-Gbagbo, mais ils restent fidèles à leur parti, leurs convictions et leur combat aux côtés de leur leader Laurent Gbagbo.

C’est du côté de cette catégorie de cadres que se trouve l’espoir. Sinon, cette crise du parti unifié à laquelle nous assistons au PDCI-RDA, bâtie autour de la politique du ventre, risque de perdre toute la Côte d’Ivoire.

 

Eugénie Dallo

 

Source : L'Horizon Info

Commentaires

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Écrit par : Jacob | jeudi, 02 août 2018

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