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jeudi, 31 octobre 2019

NATHALIE YAMB, NOUVELLE HEROINE DE LA LIBERATION DE L'AFRIQUE DEPUIS LE SOMMET DE SOCHI

 

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intervention de Nathalie Yamb au sommet Russie-Afrique qui s’est tenu les 23 et 24 octobre à Sotchi aura fait sensation. Sputnik s’est entretenu avec la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020, qui rêve d’une Afrique véritablement libre et prospère.

Par Roland Klohi.

 

«Force est de constater qu’après l’esclavage, la colonisation, les pseudo-indépendances, on ne nous a reconnu que le droit d’être libres, mais seulement au sein de l’enclos français. L’Afrique francophone est encore, en octobre 2019, sous le contrôle de la France.»

 

C’est ce que n’a pas hésité à marteler, entre autres, Nathalie Yamb lors d’un discours prononcé lors du sommet Russie-Afrique où étaient réunis, les 23 et 24 octobre derniers, une quarantaine de chefs d’État africains.

Très vite, des centaines d’internautes de par le monde ont salué le «courage» d’une Africaine en qui ils voient désormais un porte-étendard d’un continent en quête d’affirmation de soi et de liberté.

Un triomphe auquel Nathalie Yamb, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat investi par le parti Liberté et démocratie pour la République (LIDER) pour la présidentielle ivoirienne de 2020, était loin de s’attendre.

En exclusivité pour Sputnik, la femme politique de 50 ans a accepté de revenir sur des points clés de sa prise de parole à Sotchi – comme le franc CFA et les accords de défense entre la France et certains pays africains, mais aussi sur la vie politique en Côte d’Ivoire.

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© Sputnik . Roland Klohi
Nathalie Yamb, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020


Sputnik: Comment se fait-il que vous ayez été conviée à prendre la parole au sommet Russie-Afrique?

Nathalie Yamb: «L’année dernière, l’Association pour la recherche libre et la coopération internationale (AFRIC) avait invité le professeur Mamadou Koulibaly à une conférence à Madagascar. L’association m’a par la suite conviée à participer à un séminaire de prospective sur l’Afrique à Berlin. Ce que je leur ai présenté à Berlin leur a plu, ils m’ont alors proposé de prendre part au sommet. Je trouve les autorités russes totalement décomplexées: elles n’ont pas hésité à inviter des opposants, en l’occurrence le professeur et moi, et elles m’ont même offert une tribune.

Il y aura le sommet France-Afrique en juin 2020. Je ne sais pas si le Président Emmanuel Macron, qui s’est pourtant dit ouvert à une réforme du franc CFA, pourrait m’inviter ou le professeur Mamadou Koulibaly pour discuter du sujet.

Au passage, nous avons constaté que la page Facebook d’AFRIC a été désactivée le 29 octobre dernier par le réseau social, sans aucune explication.»


Sputnik: Vous attendiez-vous à ce que votre discours ait un tel retentissement en Afrique?

Nathalie Yamb: «Absolument pas! Je suis d’ailleurs encore époustouflée par la résonnance de ma prise de parole. C’est un discours habituel – le mien et celui de mon parti – que je tiens depuis de longues années, depuis que je suis étudiante, et donc pour moi, ce n’était pas quelque chose de particulier. Je ne m’attendais pas à une telle déferlante qui traverse qui les couches sociales, les frontières et même les continents. En même temps, je me dis que c’est peut-être symptomatique du ras-le-bol des peuples africains qui se reconnaissent dans ses mots simples mais qui parlent à leur cœur.

Je me dis aussi que peut-être que le cadre dans lequel je me suis exprimée y est pour quelque chose. Le fait que j’aie tenu ce discours à Sotchi, où étaient réunis tous les chefs d’État africains, a peut-être marqué les esprits.»


Sputnik: Bien des Africains connaissent Mamadou Koulibaly, mais depuis Sotchi, ils sont nombreux à découvrir sa conseillère exécutive, en qui ils voient désormais une porte-étendard d’une Afrique qui a soif de s’affirmer et de liberté. Comment vivez-vous cela? Et y a-t-il un bénéfice à en tirer tant pour vous que pour LIDER, votre parti?

Nathalie Yamb: «Je prends cela avec beaucoup d’humilité. C’est un honneur et une grosse responsabilité quand on voit toutes ces attentes et qu’on se rend compte qu’on incarne subitement l’espoir de peuples africains. Je n’ai pas envie que mon discours reste seulement un discours. J’entends bien œuvrer à sa concrétisation. Je rêve notamment d’une Afrique dans laquelle les jeunes vont pouvoir étudier dans des universités de renommée sur le continent, avoir des carrières, monter des business, devenir des agriculteurs prospères… plutôt que d’aller périr dans le désert ou la Méditerranée.

Je m’intéresse davantage au bénéfice que je peux tirer pour le parti et la campagne présidentielle du professeur Mamadou Koulibaly. Les combats que je mène, les changements auxquels j’aspire et auxquels tous ceux qui se reconnaissent dans mon discours aspirent, ne peuvent être concrétisés que par un chef d’État en exercice. J’ai mis en lumière non seulement les aspirations profondes des populations, mais aussi un parti politique, un homme d’État qui est candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. Un homme qui, s’il dispose de moyens suffisants pour faire campagne et être élu, va pouvoir en finir avec les discours et passer à l’action en nous extirpant de ce carcan françafrique où nous sommes emprisonnés depuis trop longtemps.»

Sputnik: Dans la foulée de la publication, sur Twitter, d’un extrait de votre intervention à Sotchi, la France n’a pas manqué de réagir via son ministère des Affaires étrangères. Qu’en avez-vous pensé?

Nathalie Yamb: «Déjà, j’ai été ravie de cette réaction car cela prouve qu’ils ont été touchés. Certains médias français tentaient de faire croire que ce n’était pas grand-chose ce qui se passait à Sotchi. Pourtant, le soir de mon intervention, c’est Le Monde qui a lancé la première salve en reprenant les parties de mon discours qui abordaient les bases militaires françaises et le franc CFA. Il y a ensuite eu la réaction très maladroite du Quai d’Orsay à mon tweet.

Je souris quand je vois le Quai d’Orsay dire notamment que les accords militaires en vigueur entre la France et les pays africains n’établissent aucun lien de dépendance ou n’ont aucun lien avec les questions économiques.

L’annexe 2 de l’accord de défense signé le 24 avril 1961 avec la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin) et le Niger démontre pourtant tout le contraire. Cette annexe et d’autres accords, jusque-là secrets, ont été rendus publics en 2005 dans un livre intitulé "Les servitudes du pacte colonial", publié par Mamadou Koulibaly, alors président de l’Assemblée nationale. C’est un livre très important qui permet de clouer le bec très facilement au Quai d’Orsay.»

Sputnik: Quand vous dites : «Les choses bougent, rien ne pourra freiner l’irrépressible besoin de liberté de la jeunesse africaine», que faut-il concrètement comprendre?

Nathalie Yamb: «Je pense que l’ère de la désinformation est terminée. Vu les réactions (de la France notamment), on se rend compte qu’on a touché un point sensible. J’ai publié récemment sur les réseaux sociaux des extraits de la conférence des ambassadeurs où le Président Emmanuel Macron, de façon très lucide et pertinente, s’est adressé aux ambassadeurs pour leur expliquer que la position hégémonique de la France était en train de s’effriter et que de nouveaux États civilisationnels comme la Chine, la Russie ou l’Inde gagnaient en puissance.

Cela rejoint le discours que j’ai tenu à Sotchi. Aujourd’hui, le monde bouge. Tout se redéfinit. Il y a un déplacement des plaques tectoniques. On a aux États-Unis un Président qui casse tout le multilatéralisme qu’on croyait inamovible. Il y a le Brexit qui est en train de faire exploser la construction européenne. La Russie a certainement très peu apprécié que les Occidentaux s’immiscent dans son pré carré quand il y a eu les problèmes en Ukraine, en Crimée et même en Syrie. Et au milieu de tout ça, il y a une population africaine, majoritairement jeune, qui en a ras-le-bol de devoir prendre des routes de la mort pour débarquer en Europe et finir dans des centres de rétention et de torture financés par l’Union européenne, alors que les sous-sols de nos pays sont riches.»

Sputnik: Voyez-vous en cette redéfinition des cartes une opportunité à saisir pour l’Afrique?

Nathalie Yamb: «Absolument. C’est l’occasion pour l’Afrique – alors que les Américains sont occupés à faire leur MAGA (Make America Great Again, ndlr), que les Européens sont occupés avec le Brexit – de prendre son indépendance. Et cette occasion, il ne faut pas qu’on la rate.»

Sputnik: De nombreux internautes craignent que votre prise de position aussi ouverte à Sotchi ne vous mette, non seulement vous, mais aussi le professeur Mamadou Koulibaly dans une posture aussi délicate que celle dans laquelle a pu se retrouver Thomas Sankara ou encore Patrice Lumumba. Redoutez-vous un certain prix à payer pour votre engagement politique?

Nathalie Yamb: «Pour qu’une révolution réussisse, il est bien que les révolutionnaires restent en vie. Ceci étant, il y a longtemps que j’ai surmonté ma peur. J’ai davantage peur pour ma famille et mes proches que pour moi-même. On ne peut pas s’engager dans un combat de libération en pensant qu’il n’y aura pas un prix à payer. Les assassinats comme ceux de Thomas Sankara, les empoisonnements… c’est vrai que ça existe encore, mais on est au XXIe siècle, les méthodes ont évolué. Même si ça peut arriver, cela ne se passera pas aussi facilement d’éliminer un Mamadou Koulibaly ou une Nathalie Yamb.

Quand on a peur, l’oppresseur n’a plus besoin de tricher, il peut faire ce qu’il veut. Mais lorsqu’on surmonte sa peur, on est libéré, on fait ce qu’on peut faire, puis d’autres viendront prendre le relais. À ce propos, je n’ai pas la prétention de dire que si nous remportons la présidentielle ivoirienne de 2020, nous allons terminer tous les combats engagés. On va faire avancer les choses jusqu’à un niveau où quelqu’un d’autre viendra prendre le relais.

Le changement auquel on aspire, ce n’est pas un mandat ou deux de Mamadou Koulibaly qui va le réussir. Cela nécessite un changement de mentalité et de paradigme qui va s’inscrire dans la durée et qui implique qu’on reconstruise les fondations de l’Afrique sur des bases solides. Il faudra insuffler à l’Afrique, francophone surtout, ce que j’appelle les valeurs républicaines de base. Au Ghana par exemple, il serait difficile aujourd’hui de trouver quelqu’un qu’on va financer pour monter une rébellion. Ils ont passé ce cap. C’est ce à quoi nous aspirons avec Mamadou Koulibaly en Côte d’Ivoire.»

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© AP Photo / Ben Curtis
«L’ECO devra faire aussi bien que le franc CFA pour être accepté»


Sputnik: La question du franc CFA a une place de choix dans votre engagement politique. Que reprochez-vous à cette monnaie? 

Nathalie Yamb: «Le franc CFA ne permet aucune industrialisation véritable. En termes très simples, le franc CFA, c’est l’euro. Cette monnaie est arrimée à l’euro et a une parité fixe avec cette devise. En Europe, le seul pays qui tire véritablement son épingle du jeu avec l’euro, c’est l’Allemagne. Des pays comme le Portugal, l’Espagne et l’Italie, qui ont un tissu industriel assez développé, ont du mal à s’en sortir avec cette devise. Comment alors nos pays africains peu compétitifs pourraient-ils s’en sortir? On ne pourra pas se développer tant qu’on aura le franc CFA. Le Ghana voisin, qui a sa propre monnaie, est plus compétitif que la Côte d’Ivoire car sa banque centrale peut décider de baisser ou de monter la valeur du Cedi (la monnaie nationale) dans un souci de compétitivité.

Par ailleurs, le franc CFA a un taux d’inflation artificiel qui ne dépasse pas les 2% alors que les populations de la zone franc se plaignent constamment de l’explosion du coût de la vie. Et cette monnaie entretient la mauvaise gouvernance en ce que les populations n’ont pas la capacité de sanctionner ceux qui gèrent mal la monnaie et l’économie.»

Sputnik: Votre patron, le professeur Mamadou Koulibaly, qui est depuis toujours un fervent pourfendeur du franc CFA, est également candidat à la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020. Comment évaluez-vous ses chances de réussite ?

Nathalie Yamb: «Plus le temps avance plus je pense que ses chances augmentent. J’ai toujours pensé qu’il peut être élu Président, je ne serais pas en train de m’impliquer dans sa campagne sinon. J’ai quand même quitté un poste très haut placé dans une grosse multinationale pour consacrer cinq ans à son élection.

Mamadou Koulibaly est quelqu’un de très crédible. Il a les idées, le projet, la vision, la méthode, la connaissance de l’État. La seule chose qu’il n’a pas, ce sont les moyens financiers. La Tunisie nous a montré que même sans moyens financiers, quand les populations sont décidées, ça peut marcher. Aussi, l’année dernière, à cette même époque, lorsqu’on a brigué la mairie d’Azaguié (ville du sud de la Côte d’Ivoire, à 40 km d’Abidjan, ndlr), ce fut aussi un test. Et un test réussi. Mamadou Koulibaly est un musulman originaire du nord de la Côte d’Ivoire. Il a été élu dans une ville du sud qui elle n’est pas en majorité musulmane et qui n’avait jusque-là connu que des maires originaires de la localité. Cette évolution de la pensée à Azaguié, on la remarque dans d’autres zones du pays. Il nous faut des moyens pour étendre notamment notre voix car on est sujet à un black-out médiatique en Côte d’Ivoire où, depuis huit ans que LIDER existe, les médias d’État nous ignorent. Et nous comptons sur un élan populaire. Les populations vont réaliser progressivement que nous sommes ceux qui représentent le meilleur espoir pour la Côte d’Ivoire de renouer avec des valeurs vraies et la prospérité. À mon avis, il est le seul qui peut actuellement stabiliser la Côte d’Ivoire. Il est aimé et respecté tant au nord qu’au sud. Son point faible, c’est le manque de moyens financiers.

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© Sputnik . Roland Klohi
Cartes d’identité ivoiriennes payantes: vers l’exclusion d’une partie de l’électorat?

Nous avons un autre réel handicap, en dehors de l’argent: c’est la décision ou la volonté du Président Alassane Ouattara d’empêcher les jeunes de s’inscrire sur les listes électorales. Aujourd’hui, on a 5 à 6 millions de nouveaux votants qui sont exclus des listes électorales. Et nombre de ces nouveaux votants sont des jeunes qui voient leur espoir en Mamadou Koulibaly. Alassane Ouattara sait pertinemment que s’il met à jour les listes électorales, il sera perdant car ces jeunes-là souffrent depuis des années de sa politique économique et de sa mauvaise gouvernance.» 

Sputnik: À un an de la présidentielle, quel regard portez-vous sur le contexte sociopolitique qui prévaut?

Nathalie Yamb: «Je trouve assez pitoyable le contexte sociopolitique actuel. À un an de la présidentielle, je ne vois pas d’autre parti que LIDER pour présenter un projet de société, un programme auquel les Ivoiriens pourraient s’identifier. Je vois des alliances qui se font et se défont contre des individus. Des candidatures qui s’annoncent sans qu’on sache pour qui ou pour quoi. Je vois des palabres de bas étages… Ce ne sont pas nos petits soucis personnels qui doivent motiver notre action politique, mais plutôt la vision qu’on a pour le pays. Je trouve que l’offre politique et les débats politiques actuels sont très pauvres et passent à côté de l’essentiel. En même temps, ça permet à LIDER de se distinguer. Pour tous ceux qui prétendent être candidats, l’essentiel est de se battre pour que les conditions de cette présidentielle soient les meilleures. Il faut qu’on se batte pour que le code électoral, où les liens d’assujettissement de la commission électorale au pouvoir sont inscrits, soit changé. Pour que l’enrôlement électoral soit ouvert et gratuit et pour que les Ivoiriens puissent avoir leur carte d’identité.

Une chose est sûre, quand j’observe les choses, je me rends compte que la majorité silencieuse a vraiment envie de changement.»

 

Source : SPUTNIKNEWS.COM

lundi, 28 octobre 2019

L'ENJEU DE LA TRIBUNE DE SOCHI

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Chers Africains, frères miens, certaines de vos réactions, après le sommet Russie-Afrique, à Sochi, et surtout après le discours magistral de notre soeur Nathalie Yamb, me laissent interdit, pantois.

Mais je ne vais pas faire de polémique. Juste vous rappeler un fait qui, me semble-t-il, vous échappe.

Sachez juste qu'en raison de la rivalité viscérale entre les grandes puissances et à cause de l'importance phénoménale de leurs intérêts géostratégiques, les faits et gestes de chacune d'elles sont intensément épiés et espionnés par les autres, où que ce soit dans le monde.

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Ce faisant, les 23 et 24 octobre 2019, la Russie était le point de mire central de toute la planète, avec une acuité démultipliée, et pour cause : c'était le PREMIER sommet Russie-Afrique ; Afrique, continent d'avenir, dont les richesses inouïes sont encore intactes et convoitées par tous !

Tous les participants, tous les discours et toutes les postures ont été ainsi passés à la loupe et scannés au microscope électronique, par toutes les puissances et par tous les grands cercles d'intérêts de ce monde.

De sorte que la sortie de notre soeur Nathalie Yamb a été reçue 10/5, telle un obus, en plein dans la tronche de la France et de ses pitoyables valets, dont la nuisance et la perfidie ont été exposées à la face du globe. Ce qu'elle exècre par-dessus tout, elle qui tient à piller au calme. Ne serait-ce que pour garder lustrée son image dans l'opinion publique française et européenne. C'est extrêmement bon à prendre pour nous !

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Dites-moi, Africains, combien de tribunes de ce genre et de ce niveau avons-nous, tous les dix ans ? Ou ne serait-ce même que tous les cinquante ans ??? Combien sommes-nous capables nous-mêmes d'en créer, peu solidaires et aussi divisés que nous sommes ?

Cette tribune a donc été une incroyable aubaine. Ne serait-ce que pour ça, je suis totalement aux anges.

Alors, Africains, frères miens, arrêtez de faire la fine bouche, et saluez respectueusement, notre soeur Nathalie.

Chapeau bas, Soldat YAMB !

 

DINDE Fernand AGBO

samedi, 26 octobre 2019

SOMMET/FORUM RUSSIE-AFRIQUE: LE MAGISTRAL DISCOURS DE RUPTURE DE NATHALIE YAMB (LIDER) A SOCHI

 

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L’intégralité de l’intervention de la Conseillère Exécutive Nathalie Yamb (LIDER), au sommet/forum économique #RussieAfrique de Sochi, qui a profondément dérangé les officiels et médias françafricains.

#PasVuALaRti #MamKoul2020

 


samedi, 05 octobre 2019

THEOPHILE KOUAMOUO: JACQUES CHIRAC, LE CRIME OUBLIÉ

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UNE VIDÉO QUE VOUS NE POUVEZ PAS MANQUER.

Une armée française, sous les ordres de Jacques Chirac, qui a ouvert le feu sur une foule de civils désarmés, et tué, en dehors de Jean-Louis Coulibaly Kouassi, plusieurs autres personnes, dont la plus jeune avait 12 ans. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal.

 



https://www.youtube.com/watch?v=Tz0MxI6GAuI

vendredi, 04 octobre 2019

JACQUES CHIRAC AU PARADIS ?

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Mon très cher Paul,

Tu m’as demandé si Jacques Chirac peut aller au paradis. Je ne sais pas pourquoi tu me l’as demandé, mais j’essaierai de te répondre sans faux fuyant. D’abord il faut savoir que je ne suis rien, je n’ai rien, je ne représente rien pour me prononcer sur un tel personnage. Je sais simplement que de tous les dirigeants français, c’est lui qui a le plus montré et démontré qu’il aimait la France au-delà de tout, selon moi, bien sûr. Tous ont aimé la France comme il le faut, mais lui, il l’a démontré et l’a prouvé. Je pense qu’il a cru qu’il était certainement le seul à aimer vraiment la France et pour cela il s’est battu contre tous. Il s’est battu et a combattu tout le monde, la tête baissée, sans se demander parfois si le combat qu’il menait était le bon. Il s’est rebellé contre le Président Valery Giscard D’Estaing qui l’avait nommé Premier Ministre en 1974. La crise était si profonde et évidente que le Canard Enchainé a titré un jour, à sa Une, avec les deux hommes dans les cordes comme des boxeurs fatigués : « Ou c’est moi, ou c’est le K.O ! » Paroles de Giscard D’Estaing qui l’a limogé immédiatement. Il s’est rebellé contre François Mitterrand qui l’a nommé Premier Ministre quelques années plus tard. Il s’est même présenté contre lui pendant qu’il était son Premier Ministre. Il n’a pas eu l’honnêteté de démissionner avant la campagne. Il était irrité que Mitterrand l’appelle Monsieur le Premier Ministre lors du débat télévisé. Il a été battu à plat de couture. Et cela l’a fortement affecté. Après sa défaite contre Mitterrand, je me rappelle encore ce que le Président Houphouët-Boigny m’a dit en Août 1988, si ma mémoire est bonne : « Il y a un peu de moi en lui. C’est un combattant, il a la hargne de vaincre, il a la détermination, mais lui, il n’est pas patient. Il ne sait pas attendre…. ». En France, il a tout été, même Maire de Paris, alors qu’il était Député de la Corrèze. Il a engrangé des victoires, il a connu aussi des défaites cuisantes. Mais c’est cela un homme politique. Il mérite tous les hommages qui lui sont rendus et si j’étais quelque chose, peut-être que j’aurais fait comme beaucoup d’autres Chefs d’Etat africains l’ont fait, certains sincèrement et d’autres par commodités simples. Pour l’honneur de la France, il a dit non à la grande Amérique qui voulait faire une sordide guerre contre Saddam Hussein. Il l’a fait certainement, car à l’époque, il était dit que les armes iraquiennes, notamment les avions de guerre ; étaient de fabrication française. Cette guerre s’annonçait donc comme « armes françaises contre armes américaines ». Un bon dirigeant n’aurait pas souhaité que cette guerre se fasse dans ces conditions-là. Et il l’a alors refusée par peur, je dirais. Mais je peux dire tout de même que c’était un homme d’honneur pour son pays, et son pays et son peuple le lui ont bien rendu.

Il est appelé l’ami de l’Afrique. Je l’ai regardé avec Houphouët-Boigny avant qu’il ne devienne Président, je l’ai regardé avec Bongo, Eyadema, Sassou N’Guesso et autres et j’ai compris qu’il était venu au pouvoir pour accentuer et perpétuer la françafrique. Il n’aimait pas l’Afrique pour les africains. Il aimait l’Afrique des dictateurs. Il aimait l’Afrique de ceux qui font la courbette pour servir la France. Il aimait l’Afrique dans le seul intérêt de sa France. Il n’aimait pas l’Afrique pour l’Afrique et son peuple. Vis-à-vis de Thomas Sankara, il n’aurait pas agi différemment que François Mitterrand. Il a même dit que le multipartisme était un luxe pour les africains. En cela, il a été à l’antipode du discours de La Baule qui a été prononcé par François Mitterrand longtemps avant qu’il n’accède au pouvoir. Pour lui, l’Afrique devait être soumise à la France indéfiniment. En cela il a soutenu tous ceux qui n’étaient pas Présidents pour servir leurs peuples, mais pour servir le grande France. Or le monde bouge et le monde avait bougé en Afrique aussi, dès que le mur de Berlin est tombé dans la nuit du 9 au 10 Novembre 1989.

Cher Paul, regarde comment il a soutenu Gnassingbé Eyadema malgré la conférence nationale qu’il y a eu dans ce pays. Tu as vu comment il l’a appuyé dans sa guerre contre Joseph Koffigo, son propre Premier Ministre. L’Union européenne l’avait mis sous embargo, c’est lui qui l’en a sorti. Regarde comment il a soutenu Mobutu, pour que malgré le multipartisme, aucune élection ne s’organise au Zaïre jusqu’à sa chute en 1997. Heureusement que Joseph Désiré Kabila est arrivé avec sa rébellion pour mettre fin au règne de ce dictateur nocif pour son pays et son peuple. Regarde comment il a réinstallé Sassou N’Guesso à Brazzaville par une sordide guerre dont il ne voulait pas en Iraq. Cette guerre sauvage d’une autre nature la veille du 21ème siècle a fait des milliers de morts. Pascal Lissouba est tombé et depuis, le Congo Brazzaville est devenu un mouroir à ciel ouvert.

En Côte d’Ivoire, il n’a respecté que le Président Houphouët-Boigny. Il a donné l’impression de n’avoir pas approuvé sa succession par Henri Konan Bédié, surtout qu’en ce temps-là, c’est son poulain, celui qu’il voulait voir remplacer le Vieux qui était le Premier Ministre et que, naturellement, c’est lui qui devait succéder au Vieux, sans tenir compte de la constitution qui n’est qu’un document de pure forme pour lui. Quand Henri Konan Bédié a été reconduit en 1995, alors  que depuis peu c’est lui Chirac qui était Président de France, la France a demandé et obtenu la rupture de toutes coopérations financières bilatérales et multilatérales avec la Côte d’Ivoire pour l’asphyxier. Il a demandé et obtenu par la Banque mondiale et le FMI la dissolution de la Caisse de Stabilisation (structure de régulation des prix de café/cacao). Comment un homme seul peut agir ainsi vis-à-vis d’un peuple, car ce n’était pas tant contre Bédié, c’était bien contre les Ivoiriens que Bédié gouvernait qu’il agissait.

L’élection prévue en 2000 lui offrait l’occasion d’écarter Bédié, comme la France l’a toujours fait pour faire valoir son poulain. Mais avant la fin de l’année 1999, un inattendu, le Général Robert Guéi, a fait voler en éclat son rêve. Il a voulu que l’ordre constitutionnel soit rétabli. Pour nous, nous pensions que c’était pour réinstaller Bédié, mais que non ! C’était plutôt pour établir son poulain. Et pour cela, il a fait prépositionner des soldats venus de France à Dakar, prêts à intervenir sur Abidjan. C’était mal connaître la Côte d’Ivoire et ignorer Dieu. Tu te souviens qu’une tempête mystérieuse sans précédent a frappé la France de part en part, le 26 Décembre, dans la moitié Nord et le 27 dans toute sa partie Sud, pour que ses soldats ne puissent pas être disponibles pour venir faire une guerre de recolonisation dans notre pays. Naturellement, ils se sont retournés en France pour réparer les immenses dégâts causés par cette tempête inoubliable. Et comme la France n’avance pas, mais vit dans le passé, elle s’en souvient tous les jours. Si le coup d’état du Général Guéi avait fait des morts, Chirac aurait prétexté venir protéger les français et les européens à Abidjan. Dieu merci, ce coup d’état mystérieux a été sans effusion de sang, pas un seul mort ! Le Général Robert Guéi a été attaqué par deux fois  au cours des 10 mois de pouvoir, parce qu’il n’avait pas renoncé au pouvoir au profit de celui choisi par la France.

En Octobre 2000, la Côte d’ivoire a organisé son élection présidentielle conformément à sa constitution qu’elle s’est donnée le 1er Août 2000. Nous ignorions que notre pays n’avait pas le droit de s’autoriser cette liberté-là qui ne cadrait pas avec la vision de la France de Jacques Chirac qui avait choisi depuis longtemps celui qui devait gouverner la Côte d’ivoire après Houphouët-Boigny, dans l’intérêt de la France et non pour le bonheur des Ivoiriens. Or la constitution du pays, dans son article 35, l’avait écarté et tu as compris que là, c’était un péché grave. En ce moment-là Jacques Chirac était confronté à une cohabitation socialiste. Nous étions convaincus que cela émousserait son ardeur belliciste vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, oubliant que français, c’est français et l’intérêt de la France prime sur tout. Les socialistes ont fermé les yeux et la France a tout fait pour que cette élection n’ait pas lieu sans son poulain qualifié de candidat Significatif, et que le résultat ne soit pas proclamé, si tant était que Laurent Gbagbo est en susceptible de gagner. L’élection a eu lieu et, pour le malheur de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo l’a emporté. Cela a été considéré par la France de Jacques Chirac et Lionel Jospin comme une infamie, et personnellement par Jacques Chirac comme un affront. Il a alors décidé que, bien que Gbagbo est élu, il faut le mettre dans la position de celui qui ne gouverne rien, mais qui gère les affaires courantes de l’Etat. Un putsch a été perpétré contre lui juste 2 mois et 2 semaines après sa victoire, soit le 7 Janvier 2001. Tu te souviens de l’opération de la Mercedes Noire de Bouaké ! Ce n’était qu’un avertissement sans conséquence. Car en Septembre 2002, dès que les socialistes ont été sortis du gouvernement en Mai, alors que le Président Laurent Gbagbo se trouvait en visite d’Etat en Italie, il a déclenché un coup d’Etat sanglant en Côte d’Ivoire. Pour la seule journée du 19 Septembre 2002, il y a eu 270 morts à Abidjan, dont Maître Emile Boga Doudou, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et le Général Robert Guéi, précédemment Chef d’Etat. La crise qui s’en ait suivi a fait plus de 25 000 morts, selon des médias de l’époque. Au déclenchement de cette guerre muée en rébellion, comme tu le sais, le Président Laurent Gbagbo a aussitôt demandé l’activation de l’accord de défense mutuelle de 1961 entre la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et la France. Mais comme c’est la France qui attaquait le pays, dans sa grande lâcheté, elle a refusé de l’appliquer. Le Président  Gbagbo a alors demandé des armes pour se défendre. Ce n’était gratuit, il voulait payer, peu importe le coût. Le Président français a dit non et a justifié maladroitement et malhonnêtement son  refus, disant, par De Villepin, Ministre des Affaires, que la crise subséquente ne nécessitait pas de riposte militaire, parce que, par Michelle Alliot-Marie, (MAM, Mensonge Après Mensonge) alors Ministre de la défense, que c’était un petit conflit Ivoiro-ivoirien entre deux cadres de Lakota, en l’occurrence, Lida Kouassi Moïse et son neveu Maître Emile Boga Doudou, tous deux Ministres d’Etat, l’un chargé de la défense, l’autre de l’Intérieur et de la sécurité. La France, une fois de plus a payé cher. Cette fois, ce n’était plus une tempête mystérieuse, mais un été foudroyant. Durant l’été 2003, ce sont près de 19 500 français que la chaleur torride  a emportés. Les gens ne font jamais de rapprochement entre les faits et les conséquences.

Le coup d’état du 19 Septembre 2002 s’est transformé en une vaste rébellion. La France a fait la partition du pays en deux, 59% à la rébellion et 41% à Gbagbo. Pour un conflit dit-on qui n’avait pas besoin de réponse militaire et après avoir refusé d’appliquer l’accord de défense, Chirac a demandé à Gbagbo de négocier avec ses rebelles en convoquant la mystérieuse table ronde de Marcoussis et le non moins grotesque tribunal international de Kléber, pour dépouiller le Président Gbagbo de tous les pouvoirs, à défaut de l’avoir démis. Et pour un conflit dit-on qui n’avait pas besoin de solution militaire, Jacques Chirac a déployé la force licorne de 6 500 soldats et a sollicité de l’Onu de son ami Kofi Annan de déployer 11 500 casques bleus et a exigé de la Cedeao 5 500 de l’Ecomog, soit un total de 23 500 soldats pour un pays où l’armée, la police et la gendarmerie comptaient au total 16 018 hommes. Tu vois donc le caractère criminel des propos des Ministres de Jacques Chirac. Mais si ces propos ont été tenus suite à un conseil des ministres, il faut savoir que le premier responsable, le détenteur du pouvoir, chef suprême des armées est le seul responsable.

La France ayant refusé de lui vendre des armes, le Président Gbagbo s’est tourné vers d’autres personnes et a pu trouver solution en acquérant des armes en Europe de l’Est, sacrilège pour Chirac ! car selon l’accord de défense que la France a refusé d’appliquer, la Côte d’Ivoire n’a pas le droit d’acheter des armes de guerre sans son autorisation préalable. C’est-à-dire, le Président Gbagbo est tenu d’appliquer ce que le Président Chirac a refusé.

A ton avis, si ce n’est pas de la sorcellerie blanche, cela peut ressembler à quoi ? On me dit que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

La France de Jacques Chirac a donc décidé de détruire les armes acquises en Europe de l’Est. Elle a alors initié comme cela a été dit à l’époque, avec la complicité de l’état-major de l’armée de Gbagbo, « l’opération Dignité » en Novembre 2004. Et le Président français a faussement accusé Gbagbo d’avoir ordonné le bombardement de la base militaire française de Bouaké et a menti sur le bilan de l’attaque, alors qu’il n’y est pour rien. Le Président Gbagbo n’a pu donner un tel ordre et il n’y a pas eu autant de morts, puisque la licorne avait demandé à ses soldats de vider les lieux avant l’attaque. Il n’y a eu que 2 morts qui sont plutôt morts à Vavoua 2 jours plus tôt, le 4 Novembre et non à Bouaké le 6 Novembre. C’est la raison pour laquelle les De Villepin, Alliot-Marie et Barnier ne peuvent pas être poursuivis dans cette affaire. En France, ceux qui doivent savoir qu’il n’y a pas eu de français morts à Bouaké savent. Tout a été monté pour incriminer Laurent Gbagbo. L’histoire de l’américain civil mort dans la base militaire française est une affaire grotesque et ridicule qui n’honore pas la France : un civil américain, dans une base militaire française, en zone de guerre, alors que dans le même moment Chirac avait refusé de cautionner une guerre en Iraq à l’Amérique, c’était simplement enfantin cette affaire du civil américain ! La réaction française malgré le mensonge grossier a été sans commune mesure. La licorne a détruit tous les avions militaires acquis par Gbagbo. La licorne a tiré froidement sur les Ivoiriens à mains nues qui manifestaient leur mécontentement, sur les deux ponts d’Abidjan et à l’esplanade de l’hôtel Ivoire. Les soldats français ont manqué de kidnapper Laurent Gbagbo, disant s’être trompés de route en se rendant à l’Hôtel Ivoire. Bilan humain : 64 morts et 2664 blessés par armes de guerre de destruction massive et 36 autres morts par la suite des suites de leurs blessures. Tu te souviens que, quand André Kieffer a disparu, le clan Gbagbo a été fortement accusé, notamment sa femme, tout simplement parce que Monsieur Légré avec qui il avait un rendez-vous d’affaires (et il n’a pas honoré le rendez-vous et Légré l’a attendu vainement) est un beau-frère de Simone Gbagbo. La France et sa presse soumise ont fabriqué de faux témoins pour cela. Lorsque le journaliste Jean Helenne a été tué, le Président Chirac a littéralement injurié le Président Gbagbo, ce populiste notoire. Il l’a accusé, estimant que Sery Dago Toulou, le policier avec qui le journaliste s’était disputé, a été mandaté par Gbagbo. Le jeune policier a attesté qu’il n’a point tiré, car les 7 cartouches qu’il a reçues au même titre que ses deux autres collègues étaient bien dans son chargeur. Il a écopé de 17 ans de prison ferme, et Gbagbo a limogé son Directeur Général de la police. Il n’y a pas eu t’enquête, cela suppose que le coupable en France, c’est la République. C’est comme ça que la France fonctionne.

Quelques temps après, comme c’est le cas quand on s’attaque à la Côte d’Ivoire, après la tempête mystérieuse de 1999 et l’été foudroyant de 2003, le Président Chirac a été victime d’un Violent AVC. Peu après, il a perdu le pouvoir et a été jeté dans les oubliettes par Dieu le Créateur. Pendant un long moment, il n’était plus compté parmi les vivants, puisque personne n’entendait plus parler de lui. Pour nous, comme tu le sais, il est le responsable de tout le chaos que la Côte d’Ivoire connait depuis 2000. Il est responsable de la souffrance du peuple de Côte d’Ivoire. Il a mis et laissé la Côte d’Ivoire dans la situation d’une décharge publique, pays divisé en deux avec une zone CNO de sans droite sur laquelle l’Etat n’avait aucun pouvoir, une zone où les agences de la Bceao ont été attaquées par les rebelles et soldats français (on en a interpellés certains, mais leur jugement en France est resté sans suite), une zone où l’Etat perdait chaque année l’équivalent de 345 milliards de francs Cfa, une zone où tout (écoles, formations sanitaires, infrastructures d’eau potables dans les villages, bâtiments publics tells Préfectures, Sous-Préfectures, Mairies, Directions Régionales, routes et ponts etc..) est tombé en ruine par manque d’entretien pendant le temps d’occupation par la rébellion, la licorne et l’Onuci. Une zone où pendant 8 ans, les enfants en âge d’aller à l’école n’ont pas été à l’école. Personne ne saura jamais le coût de tout ce que Chirac a causé en Côte d’Ivoire pour l’amour de la France. Il a passé le relai à son fils Sarkozy et Sarkozy a continué son œuvre et l’a même amplifiée. Alors que la licorne et l’Onuci étaient toujours présentes, le pays divisé en deux et qu’il a été demandé à la rébellion de refuser de d’être désarmée, il a obligé Gbagbo à organiser l’élection sous menace. Et alors que Gbagbo a gagné, il a fait certifier un faut résultat qui n’était pas encore proclamé par le Conseil constitutionnel, alors que la résolution 1865 de l’Onu du 29 Janvier 2009 sur laquelle il s’est basé, disait tout simplement, dans son alinéa 8 que « Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire certifiera que toutes les étapes du processus électoral fournissent les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielles et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes ». Rien ne dit dans cette résolution que le résultat de l’élection doit être certifié par le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire. Je ne sais donc pas où il a été dit qu’il certifierait le résultat de l’élection en lieu et place du Conseil constitutionnel. Et sur la base d’un mensonge grossier, car personne n’a jamais su exactement ce que la résolution de l’Onu disait, Nicolas Sarkozy a plongé la Côte d’Ivoire dans une guerre totale ayant fait plus 26 500 morts, plus 700 000 exilés, des milliers de prisonniers dont Simone, parce qu’elle la femme de Gbagbo et Michel, parce qu’il  est fils de Gbagbo et Gbagbo lui-même, parce que c’est Gbagbo, et il a fabriqué des pauvres artificiels en gelant des comptes bancaires de milliers de cadres ivoiriens, parce qu’ils sont considérés comme des pro-Gbagbo. On dit que les forces de Gbagbo ont tiré sur la population qui partait installer le D.G de la RTI, le 16 Décembre 2010. Il y a  eu 32 morts dont 9 policiers. Certains ont été tués dans leurs commissariats à Abobogare, très loin de la RTI. On dit que les forces de Gbagbo ont tiré sur les femmes de l’opposition qui marchaient à Abobogare, le 3 Mars 2011. On a dit que les forces de Gbagbo ont bombardé un marché essentiellement occupé par des femmes dioula à Abobogare, le 17 Mars 2011. Et pour faire face à tout cela, la licorne et l’Onuci ont déversé des milliers de rebelles à Abidjan et ont créé le commando invisible. Et Nicolas Sarkozy, son successeur, depuis la tribune officielle de l’Union européenne à Bruxelles, a demandé à Simone et Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, sinon… ! Et Alain Juppé a déclaré : « Les jours de Gbagbo sont comptés ». Et dès le lendemain jeudi 7 Avril 2011, à partir de 17 heures 30, la résidence présidentielle de Cocody où Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs étaient, et le palais présidentiel du Plateau, siège du pouvoir, ont été pilonnés pendant 5 jours jusqu’au lundi 11 Avril à 7 heures 30. Gbagbo a été pris, conduit à l’Hôtel du Golf, puis jeté en prison dans une cabane à Korhogo où il a passé 7 mois et 17 jours, avant d’être déporté à La Haye, dans la soirée du 29 Novembre. A la CPI à La Haye, malgré 82 témoins, il a été démontré que c’était bien les rebelles appuyés par l’Onuci qui avaient tués le 16 Décembre 2010. Les 3 et 17 Mars 2011, aucun élément de forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire n’était présent à Abobogare où le commando invisible terrorisait tout le monde, donc, que le pouvoir n’avait pu donner d’ordre à aucune force régulière pour commettre les crimes de ces jours-là. Et Gbagbo a été acquitté. Fatou Bensouda dont la nomination a été l’affaire personnelle de Nicolas Sarkozy en qualité de Procureure, s’est battue comme un beau diable. Elle continue à se battre, mais le monde sait que Gbagbo n’a rien fait. La France a honte.

Mon cher Paul, vois-tu, pour revenir à ta question, je dirais que le Président Jacques Chirac a été pour la Côte d’Ivoire et pour le peuple de Côte d’Ivoire, sans cœur et sans foi. Jésus a dit pour ses bourreaux, quand Il était sur la Croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait ». Pour nous, nous sommes convaincus que le Président Chirac savait ce qu’il faisait. Il l’a fait en âme et conscience. C’est pourquoi il ne s’est jamais repenti. Il a été méchant jusqu’à l’extrême et je ne pense que les Ivoiriens aient pu lui pardonner. Ira-t-il au Paradis ? Ça, c’est Dieu seul qui décide. Si j’avais été quelque chose, j’aurais répondu, NON ! Il ne mérite que le brasier de l’Enfer. Je sais que c’est brutal, c’est pourquoi, je ne dis pas cela, laissant tout à Dieu qui, Lui, est plus Juste que moi.

Fraternellement à toi. Que Dieu te bénisse. Bien des choses à Anicia.

 

Jean De Dieu AGNEAU