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mercredi, 25 juillet 2012

MASSACRES DE DUEKOUE: TEXTE INTEGRAL DU POINT DE PRESSE DU FPI, CE MERCREDI 25 JUILLET 2012

 

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Mesdames et messieurs les journalistes de tous les médias de la presse nationale et internationale.


La Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, vit une tragédie sans fin marquée par des exécutions de populations dont la dernière a eu lieu le vendredi 20 juillet 2012 à Duékoué. Le drame que vit Duékoué mérite l’interpellation de la communauté nationale et internationale pour que des mesures appropriées soient prises pour mettre fin aux traumatismes des Ivoiriens.

Il y a peu plus d’un mois, précisément le 15 juin 2012, le Front Populaire Ivoirien vous conviait à une conférence de presse, en ces mêmes lieux, pour vous informer et attirer votre attention sur les massacres des autochtones Wê perpétrés dans l’Ouest de notre pays par les FRCI l’armée privée de M. Alassane Ouattara.

Avant la présentation des nouveaux faits, leur analyse, et les dispositions qu’exige cette situation d’une extrême gravité, il importe de rappeler dès l’abord, le contexte socio économique dramatique ivoirien que nous soulignions à notre conférence de presse du 15 juin dernier.

1. La vérité sur la réalité à l’Ouest : massacrer tous les Wê et vider cette zone des planteurs ivoiriens

La mainmise des multinationales du négoce sur le cacao ivoirien, qui est l’un des fondements de la guerre faite à notre pays, passe par l’expropriation des planteurs nationaux (wê, baoulé). Cela au profit de colons étrangers burkinabé, malien plus malléables qui exerceront comme des ouvriers agricoles dans les plantations industrielles des multinationales à créer.

Ce qui se passe à l’Ouest est une terreur orchestrée par le pouvoir pour accélérer l’expropriation des paysans autochtones dont déjà des milliers d’entre eux ont été froidement exécutés ou se sont exilés. Les maîtres d’œuvre de cette sale besogne au profit du pouvoir et de la colonisation des terres de l’Ouest sont connus de l’ONUCI et des FRCI. Leur chef de file Amadé Ouremi qui a participé à la guerre pour la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, contrôle au vu et au su des nouvelles autorités toute la région ouest, à la tête d’une armée très lourdement équipée. Ils sont au total sept chefs de guerre burkinabé portant des tenues militaires estampillées FRCI, en liaison avec des supplétifs Dozos vivant de prébendes, rançonnant les populations, s’adonnant quotidiennement à des actes de brigandages, coupures de routes, vols à mains armées, assassinats…

Le président de la République, Alassane Ouattara dont la promptitude est devenue légendaire dans la persécution, les accusations fantaisistes, extraditions et détentions extra judiciaires des pro Gbagbo, s’avoue curieusement incapable de faire la différence entre un vrai et un faux FRCI.

De même, le secrétaire général par intérim de son parti le RDR, Amadou Soumahoro qui nous a si funestement habitués à ses surenchères totalitaires avec ses discours ethnocidaires et fpicides, se mure dans un silence, satisfait certainement de pouvoir alimenter les cimetières promis aux pro Gbagbo pendant que son patron poursuit allégrement son séjour à l’étranger.

Ces aveux d’impuissance et/ou de complicité font de M. Alassane Ouattara, en plus de tous les massacres qui ont jalonné sa course au pouvoir, le coupable de tous les crimes commis contre les citoyens de tous ordres de notre pays depuis son accession au pouvoir d’Etat, dans le bain de sang que l’on sait.

Et le récent drame de Duékoué porte tout autant la marque de sa pleine et entière responsabilité.

2. Le drame de Duékoué : les faits, et les responsabilités

Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi du 20 juillet 2012, le quartier Kokoma, sécurisé en permanence par les FRCI et les dozos a été agressé par des hommes armés non identifiés. Cela a occasionné la mort de quatre (04) personnes identifiées, dès le lever du jour, comme des membres de la communauté malinké majoritaire dans ce quartier.

Sans aucune forme de procès, des pensionnaires du camp de refugiés de Nahibly sont accusés d’être les auteurs de ces tueries. S’en suit alors une expédition punitive des FRCI et des dozos appuyés par des centaines de personnes armées (armes de guerre, armes blanches, bidons remplis d’essence, allumettes, etc.). Sur les lieux, une colonne de FRCI, de dozos encercle le camp des réfugiés, tandis qu’une autre colonne y pénètre. Le camp est mis à feu, les occupants tués à vue, ceux qui voulaient fuir sont rattrapés et exécutés soit brûlés vifs. L’on assiste alors à un véritable massacre des femmes, enfants et vieillards, jeunes gens et jeunes filles.

Cette tuerie massive commencée dès neuf (09) heures du matin, s’est poursuivie jusqu’à 16 heures sous le regard et donc la présence des autorités administratives dont le préfet Monsieur Effoli Benjamin, des agents de police et de gendarmerie médusés, écœurés, mais impuissants car dépourvus du minimum de moyens d’intervention. Pis, le détachement des forces de l’ONUCI, posté depuis toujours devant ce camp assiste impassiblement à cette barbarie digne de l’Inquisition (tribunal chargé de réprimer les hérétiques).

Le forfait accompli, les acteurs paradent dans la ville avec les armes en signe de victoire entonnant des chants guerriers et vantant leurs prouesses. A ce jour, le camp de Nahibly est détruit, incendié, ses locataires massacrés, les plus chanceux sont soit blessés, soit contraints à se cacher en brousse où des patrouilles de FRCI/dozos sont à leurs trousses.

Le bilan provisoire indique 211 morts (sources diverses concordantes), une centaine de blessés et des centaines de personnes disparues.

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Suite à ce massacre à grande échelle, le Gouvernement Ouattara, dans une mise en scène ignoble et coupable parle de six (06) morts et de quelques blessés.

Il organise un reportage télévisé visant à minimiser l’ampleur du drame qu’il qualifie de difficultés humanitaires à la place de tueries massives.

Face à ces faits d’une extrême gravité, les autorités nationales et l’ONUCI complices dans le drame ivoirien, n’ont trouvé rien de mieux que de se jeter mutuellement la responsabilité dans un jeu macabre de ping pong.

Alors que le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi déclarait sur les antennes de la RTI « le camp de Nahibly était gardé depuis sa création par les casques bleus de l’ONUCI », Arnauld Akodjenou le numéro 2 de l’ONUCI affirmait pour sa part que « la responsabilité primaire pour la sécurité du camp en incombait aux autorité ivoiriennes. Cela avait été arrêté lors de l’établissement du camp. A aucun moment la sécurité du camp n’a été sous la responsabilité de l’ONUCI ».

Face à la flagrance des faits qui les accablent tous, ils n’ont pas cette fois entonné en chœur leur sempiternelle litanie coup d’étatienne, mais certains thuriféraires du régime que ne visitent jamais, les scrupules, la honte, encore moins la compassion, ont trouvé là matière de dire que les réfugiés pro Gbagbo se sont auto-massacrés. 

Quel délire morbide !

Ceux qui nous dirigent sont-ils encore des humains ?

Pour le Front Populaire Ivoirien aussi bien les autorités ivoiriennes que l’ONUCI sont responsables de ce drame par leur légèreté, pour ne pas dire leur connivence dans la gestion de ces évènements. Complices dans le génocide Wê de mars 2011, les FRCI et l’ONUCI le sont également à fond dans l’expropriation et les massacres des populations autochtones Wê à l’ouest du pays. Et ces forces armées coalisées doivent rendre des comptes pour crimes contre l’humanité.

De nombreux villages et campements Wê ayant été rasés, brûlés durant la guerre, et les plantations occupées par les FRCI et Dozos, les survivants ont été parqués dans le camp de Nahibly situé au milieu de nulle part entre Duékoué et Guiglo, pour être massacrés le moment venu, à l’abri de tout regard, et dans la plus grande discrétion et complicité entre les FRCI et l’ONUCI qui, pour distraire l’opinion nationale et internationale, se rejettent la faute.

Le camp de Nahibly unique refuge des populations Wê détruit, saccagé, anéanti, il ne reste plus aux Wê qu’à fuir massivement leurs terres, abandonnant ainsi l’Ouest du pays aux colons burkinabé, qui une fois bien établis, poursuivront leurs chevauchées macabres vers le sud-est du pays pour assujettir tous les autres peuples ivoiriens. Ce qui se passe à l’ouest n’est que le début, d’une colonisation totale du pays.

Cette assertion repose de manière intangible sur des faits graves qui incriminent au premier chef M. Alassane Ouattara, son régime et son Gouvernement. Relativement aux récents massacres de Duékoué, le FPI rappelle que lors de la visite d’Etat effectué à l’ouest en avril 2012, M. Alassane Ouattara avait publiquement annoncé sa ferme volonté « d’en finir avec le camp des refugiés de Nahibly ». A sa suite et prenant prétexte de l’attaque de Taï, M. Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (parti de Alassane Ouattara) et de surcroît Ministre - Conseiller du président Ouattara avait promis : « l’Ouest sera nettoyé et aseptisé… ». Le préfet de Duékoué, représentant institutionnel du chef de l’Etat semble être soulagé par la disparition du camp des réfugiés et de ses occupants car selon lui « le site est un nid de malfrats ». Ces trois (3) déclarations sont révélatrices d’une action planifiée, de destruction du camp et de ses occupants, sinon comment comprendre que le Gouvernement n’ait jamais mis en place des mesures concrètes et efficaces pour le retour sécurisé des occupants de ce site, pourtant autochtones Wê, dans leurs villages.

Pour le FPI, le traitement infligé aux refugiés du camp de Nahibly, doit être analysé dans le même registre que les massacres de Sabra et Chatila au Liban, en septembre 1982.

Voilà de quoi se rendent coupables depuis le 11 avril 2011 M. Alassane Ouattara et ses alliés de l’ONUCI, dans le génocide programmé des peuples ivoiriens.

Le Front Populaire Ivoirien, accuse de ce fait, Alassane Ouattara, président de la République, ministre de la défense, son gouvernement et l’ONUCI de génocide en Côte d’Ivoire.

3. Pour la fin des massacres et l’avènement d’un état de droit en Côte d’Ivoire : les exigences du FPI

Face à ces douloureux événements, le Front Populaire Ivoirien s’incline devant la mémoire de tous les morts, victimes de la barbarie et de l’incompétence du régime Ouattara. Il adresse ses condoléances les plus attristées à toutes les familles endeuillées et leur témoigne de sa sympathie et de son soutien. Il exprime sa compassion aux blessés à qui il souhaite un prompt rétablissement.

Le FPI condamne avec la dernière énergie les attaques meurtrières perpétrées contre les populations civiles innocentes du camp des refugiés de Nahibly. 

Il s’indigne de l’attitude désinvolte et de la surprenante indifférence du Gouvernement tendant à minimiser cette tragédie qui ajoute au martyr du peuple wê déjà durement éprouvé. 

Il réaffirme que le président Ouattara porte l’entière responsabilité du drame récurrent qui se déroule à l’Ouest avec le massacre ciblé et donc du génocide du peuple wê. 

C’est pourquoi, le Front Populaire Ivoirien :

1- Dans l’immédiat exige :

- des sanctions contre les autorités ministérielles et administratives en charge de la sécurité et de la défense ;

- la mise en place d’une commission d’enquête crédible sur la tragédie de Duékoué;

- la démission du Gouvernement pour incompétence avérée ;

- le démantèlement de la bande à Ouremi, véritable nœud de la sécurité et de la défense ;

2- En appelle à la clairvoyance et à la haute attention du Président de la République Française, M. François Hollande, qui s’apprête à recevoir M. Alassane Ouattara, à l’Elysée pour prendre la pleine mesure de la tragédie des populations ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire du fait de l’insécurité organisée par l’armée ethnocentrique instituée par le régime Ouattara par ordonnance le 17 mars 2011.

3- Réitère son appel :

- au désarmement des ex-combattants et à l’encasernement des militaires ;

- à la démobilisation immédiate des personnes non éligibles à la fonction militaire et à la mise à la retraite de tous les « com’zones » ;

- au désarmement des dozos et leur retrait dans leur aire culturelle ;

- à la réhabilitation de la police et de la gendarmerie nationales dans leur mission régalienne de sécurisation du territoire national ;

- à la création d’une armée véritablement républicaine au service de toute la Nation ;

- à l’application effective de la loi sur le foncier rural de décembre 1998, résultat d’un consensus national.

La Côte d’Ivoire doit cesser d’être l’Etat de non droit qu’elle est devenue depuis le 11 avril 2011. Cela passe inévitablement par l’arrêt immédiat de tous les massacres, persécutions, extraditions, détentions extrajudiciaires, la libération de tous les détenus, à commencer par le Président Laurent Gbagbo, le retour de toutes les filles et de tous les fils de ce pays en exil pour délit d’opinion et d’appartenance politique.

La réconciliation nationale par un vrai et non un simulacre de dialogue républicain, pour la mise en œuvre d’un jeu démocratique juste, équitable et transparent sont des impératifs auxquels nul ne peut se dérober.

Tous unis nous sortirons, avec notre pays libéré de ses prédateurs de tout acabit, vainqueurs de cette douloureuse et tragique situation qui nous est imposée.

Mesdames et messieurs les journalistes, merci de votre aimable attention.



AKOUN Laurent

Secrétaire Général par intérim

GENOCIDE WE A DUEKOUE: LES ELUS ET CADRES WE ACCUSENT DIRECTEMENT LE GOUVERNEMENT DE OUATTARA

 

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"Nous élus et cadres, venons au nom du peuple Wê, crier notre indignation et notre ras-le-bol et dire «trop c’est trop».

Nous accusons formellement l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers son gouvernement, d’être directement responsable des tueries massives dont est victime notre peuple, en particulier pour ce qui concerne les massacres perpétrés par les FRCI et les dozos, le vendredi 20 juillet 2012 à Duékoué.

Nous dénonçons et condamnons l’attitude méprisante du gouvernement qui consiste à justifier l’attaque, l’incendie du camp de Nahibly et surtout les massacres de populations désarmées sous les yeux des autorités préfectorales, par la prétendue présence de bandits dans ce camp.

Cette expédition punitive contre une communauté par l’Etat à travers les FRCI et en présence du préfet est indigne et inadmissible.

Si l’Etat de Côte d’Ivoire à travers son gouvernement, considère les Wê au même titre que les autres citoyens, il a alors le devoir régalien d’assurer leur protection et non les traiter comme de la vermine.


Aussi, le gouvernement doit-il prendre sans délai les mesures suivantes :

1) Relever immédiatement tous les représentants de l’Etat dans le département ;

2) Retirer de toutes les forêts, campements et plantations les seigneurs de guerre tels que Amadé Ourémi et leurs troupes qui les occupent illégalement ;

3) Renvoyer les dozos, sensés être des chasseurs traditionnels, dans leur aire culturelle du nord ;

4) Procéder à l’encasernement des FRCI ;

5) Confier le maintien d’ordre et la sécurité publique aux forces de Police et de Gendarmerie qui ont été formées à cet effet, en les dotant de moyens appropriés ;

6) Mettre en place une commission d’enquête internationale hors CEDEAO afin que les coupables de ces tueries soient recherchés afin que justice soit faite.

La prise de ces mesures constitue pour nous une opération de salubrité publique et est en même temps la condition pour restaurer la confiance entre le peuple Wê et le gouvernement."


Nahi Doh,

Porte-parole des élus et cadres wê

NAHIBLY: INACCEPTABLE ET REVOLTANT!

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Ce qui se passe à l’ouest de la Côte d’Ivoire, depuis l’éclatement de la rébellion en 2002 jusqu’à ce jour, est atroce. Mais les tueries du camp de Nahibly, à Duékoué, sont révoltantes et inacceptables. Non pas qu’elles aient provoqué plus de morts que n’en a fait la guerre qui a servi de prétexte à l’occupation étrangère des terres de la région, mais elles interviennent dans des circonstances qui mettent au jour la responsabilité, la passivité, voire la complicité des autorités administratives, politiques et militaires.

Les massacres de Nahibly sont une confirmation grandeur nature du règne de l’insécurité pour les uns et l’assurance de l’impunité pours les autres. C’est surtout la confirmation que les populations autochtones de l’ouest de la Côte d’Ivoire ne sont plus chez elles sur leurs propres terres et qu’elles se bercent d’illusion lorsqu’elles espèrent que l’Etat, par les moyens qui sont les siens, les aidera un jour à être rétablis dans leurs droits.

Ces pauvres populations souvent chassées des villages, pourchassées à travers champs et forêts, ont pensé, pour les survivants, trouver asile dans ce camp de Duékoué, et se mettre à l’abri des violences, sous la protection de l’Etat et de la communauté internationale au travers de la présence des Forces Républicaines et de l’ONUCI. Mais l’Etat de Côte d’Ivoire et la communauté internationale ont assisté passivement au carnage pour se renvoyer, après coup, des accusations mutuelles. C’est tout simplement révoltant et inadmissible.

Toute mort provoquée, d’où qu’elle vienne, ne peut justifier la tentation d’instrumentaliser la violence. Or les habitants du quartier Cocoman qui se sont déchainés sur Nahibly le Vendredi 21 juillet dernier  ont pris prétexte de la mort de cinq des leurs, suite à un braquage, pour distribuer, sans discernement, la mort au sein d’une population dont la seule vraie richesse aujourd’hui reste justement le souffle de vie.

Et, malgré le caractère atroce des évènements, ils se félicitent, sans remord, d’avoir vengé d’autres morts tout aussi condamnables. Pire, face à cette bêtise humaine, le gouvernement ivoirien n’a pas compris que le temps est d’opportunité pour lui pour montrer son impartialité dans le traitement des questions sécuritaires à l’ouest. Bien au contraire, pris dans son propre piège de la politique de rattrapage, le gouvernement Ouattara  ne peut trouver la vigueur nécessaire au communiqué qui a pourtant  la prétention de stigmatiser les comportements négateurs des  lois de la République.

Croit-il apprendre une nouveauté aux Ivoiriens en affirmant que nul n’a le droit de se faire justice ? Mais il  n’est pas plus dissuasif que n’est aussi engagée l’ouverture d’une enquête à but de rechercher et de retrouver les auteurs des crimes collectifs et odieux sur les réfugiés du camp de Nahibly. N’ont-ils pas été commis en présence des autorités administratives et militaires ?  N’est-il pas  clairement établi par des témoignages concordants que l’action des pyromanes  du camp de Nahibly n’a pas été spontanée mais bien coordonnée par un système de ralliement et que l’exécution du massacre a bénéficié de la participation des dozos et des FRCI ?

La timidité de la réaction du gouvernement est en elle-même une explication qui confirme sa responsabilité et prolonge sa passivité devant le drame continuel des populations de l’ouest. Sa complicité se reflète dans son incapacité à distinguer dans ce no man’s land les plus faibles des plus forts. Cette complicité se remarque aussi dans son incapacité sinon son refus  de percevoir dans le tumulte des cris de détresse ceux qui viennent des nécessiteux absolus et ceux qui proviennent des gorges joyeuses. Cette complicité devient même agissante quand à travers son premier communiqué officiel relatif aux évènements le gouvernement semble comprendre la motivation des auteurs des atrocités de Nahibly. Inacceptable !

 

Dékos Badaud, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".                             

L’HERITAGE D’HOUPHOUET: OSONS EN PARLER!

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Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire, décédé en 1993, aura eu, de son vivant, tous les honneurs. De nombreux Ivoiriens, dont certains le croyaient immortel (sérieusement !), ont versé des torrents de larmes à sa mort. Et les héritiers ont exposé la Côte d’Ivoire à toutes les avidités. Le pays est à présent en proie à la plus grossière imposture que puisse subir un pays. Les Ivoiriens subissent un piétinement sans nom, et les amis, alliés et protégés d’Houphouët hier se sont transformés en bourreaux intraitables de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. « Le Bélier de Yamoussoukro » aura laissé aux Ivoiriens un héritage bien amer à maints égards. 

Une terre sans âme ni propriétaire

La politique d’hégémonie ethnocentriste de l’autocrate Houphouët a fait de la Côte d’Ivoire un espace sans propriétaire où le premier venu peut s’ériger en maître et disposer de tout. La fameuse conception « houphouétienne » selon laquelle «la terre appartient à celui qui la met en valeur », avait pour objectif, entre autres, celui de déposséder de leurs terres les paysans de certaines parties du pays où la terre est généreuse, au profit des ressortissants du centre du pays où la terre est moins prometteuse et d’où l’autocrate était originaire. Evidemment, pour masquer la chose, on a également favorisé les membres de la bourgeoisie mécanique que le président voulait pour le pays, puis des personnes d’ailleurs. On alla jusqu’à faire véhiculer l’idée selon laquelle les ressortissants de l’ouest du pays étaient peu travailleurs, taisant le fait que celui qui laisse sa terre pour aller chercher fortune ailleurs est forcément plus enclin au travail que celui qu’il trouve sur place. Cette vérité est valable partout. Mais en Côte d’Ivoire on avait une vénération sans limite pour Houphouët et on l’a laissé avilir des réalités fondamentales. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, alors qu’on continue de lui conserver sa valeur initiale, de bien ancestral incorruptible dans les autres régions, la terre a perdu toute sa mystique dans les régions où elle est riche. Il n’est pas étonnant maintenant que dans l’ouest du pays, des hordes du Burkinabés et de Maliens, armés par le régime issu du coup d’Etat de la France en Côte d’Ivoire, massacrent les autochtones pour s’installer.

Une ouverture sauvage du pays à l’étranger

Du très long règne de Félix Houphouët-Boigny, l’une des constances les plus indiscutables, c’est qu’il faisait la politique dictée par la France. C’est peu dire ! Mais une des implications de cette réalité, c’est que la France qui se met dans la position de propriétaire de toute l’Afrique francophone, ne fait pas la différence entre les Africains d’un pays ou d’un autre dans la sphère francophone du contient africain. Alors, Houphouët qui était le premier des obligés de la France, s’est trouvé en situation de faire de la Côte d’Ivoire le pays de tous les francophones. Conséquence, il pouvait accorder les mêmes avantages dans son pays à tout le monde, sans distinction d’origine, ce qui n’a jamais été le cas dans aucun pays. Il a ainsi été à la base de certains accords que seule la Côte d’Ivoire applique, les autres pays francophones faisant un protectionnisme en règle chez eux. Par exemple, les activités économiques les plus ordinaires comme être chauffeur de taxi ne sont pas accessibles à un Ivoirien au Sénégal. Aujourd’hui, les chiffres officiels indiquent que plus de 26% des habitants de la Côte d’Ivoire sont étrangers. Mais ce chiffre est en deçà de la réalité, et le plus extraordinaire, c’est que certains de ces immigrés refusent d’être appelés étrangers. Alors se mêlant à et de tout, ils se permettent souvent les pires dérives qu’ils ne se permettraient jamais chez eux.

La promotion de mercenaires politico économiques

Houphouët, en autocrate absolu, se permettait tout en Côte d’Ivoire. Il faisait et défaisait tout. Il nommait qui il voulait au poste qu’il voulait, pourvu, bien entendu que cela soit compatible avec les intérêts de la France. Il mettait ainsi à des postes stratégiques des personnes de son choix sans tenir compte des intérêts du pays. Il pouvait même créer des postes pour caser ceux qu’il voulait. C’est ainsi qu’au soir de sa vie, il créa de toute pièce le poste de « président de comité interministériel » pour nommer Alassane Dramane Ouattara dans la haute sphère de décision du pays, certainement sur incitation et des puissances étrangères, et de Dame Dominique Nouvian, qui servit de liant entre le vieux président et le banquier burkinabé de la BCEAO, lequel banquier Dame Novian avait auparavant convaincu Houphouët de caser au poste de gouverneur, poste normalement dévolu à un Ivoirien. Il créa ensuite, inconstitutionnellement, le poste de Premier Ministre, pour ce même personnage. Aujourd’hui, c’est peu dire que d’affirmer que Félix Houphouët nous a laissé en héritage ce protégé de Dominique Nouvian et des puissances étrangères comme un cadeau empoisonné.

Les difficultés économiques, la mise en lambeaux du tissu social et la perturbation de l’unité nationale, aboutissements logiques de l’héritage d’Houphouët

Certains pourraient croire que ce qui arrive à la Côte d’Ivoire depuis la disparition de Félix Houphouët-Boigny résulte de l’incapacité des Ivoiriens à gérer un patrimoine alléchant à eux légué par le défunt président. C’est une grosse erreur : Félix Houphouët a planté tout le décor de tout ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Rien ne pouvait être évité dans l’état où il a laissé le pays.

Au plan économique, la Côte d’Ivoire avait des difficultés, comme la plupart des pays, à la fin des années 1980. Nous étions dans un virage dangereux qu’une approche plus sérieuse, mais surtout plus généreuse aurait permis de négocier adroitement. Mais le vieil autocrate ne voyait que la floraison de ses choix personnels : il a préféré s’enquiquiner avec un cadre étranger qui ne pouvait que chercher le gain personnel, fût-il recommandé par les puissances occidentales et « la chère amie » Dominique Novian. Résultat, les privatisations assassines et les guerres de déstabilisation par boulimie de grandeur, avec les sabotages multiples dont les dénigrements systématiques : il a sali ce pays jusqu’à faire admettre que c’était des enfants esclaves qui produisaient notre cacao ! La Côte d’Ivoire se retrouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone, avec toute la misère économique actuelle, et ce ne sont pas les voyages à travers le monde qui nous sortiront de là.

Au plan social et à celui de l’unité nationale, toutes les agressions dont notre pays est l’objet depuis la mort de l’autocrate font des plaies avec des cicatrices chaque jour plus nombreuses. La question c’est : lorsqu’on aura rétabli l’ordre et la sérénité, lorsque tous les auteurs des drames inhumains que nous vivons seront repartis chez eux, car il faut bien que cela arrive un jour, comment feront-nous pour revivre harmonieusement ensemble ?

C’est extrêmement déchirant de le dire, mais Félix Houphouët-Boigny est à l’origine de toute la misère actuelle de la Côte d’Ivoire. Le dire n’est pas une insulte à un homme dont tout le monde voudrait conserver un souvenir idyllique, le dire, c’est ouvrir une voie de compréhension de la situation, et peut-être se donner des chances de trouver la voie de sortie.


Que Dieu nous protège !

 

Nda Adjoua Suzanne

MASSACRE DE NAHIBLY: DES CORPS VOLES SUR LE SITE

 

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Si dans les premières heures qui ont suivi l’attaque meurtrière du camp de déplacés de Nahibly, le nombre de morts oscillait entre 12 à 13 personnes, 72 heures après, le décompte macabre est ahurissant, selon plusieurs sources dignes de foi. Certains avancent même le chiffre de 73 morts. Tout compte fait, il y a eu plus de morts qu’on veut le faire croire. Et manifestement, Ndolam Ngowey de l’Onuci partage cet avis. Puisqu’il a révélé à l’émissaire du gouvernement Ouattara, dépêché illico samedi dernier sur les lieux, le ministre des victimes de guerre et des ex-combattants, Babaud Barret, que les services de la Croix Rouge qui s’étaient rendus sur le site de Nahibly pour enlever les corps, après l’attaque meurtrière, ont essuyé des tirs d’inconnus. Dans le but  de les empêcher de ramasser les dépouilles de victimes calcinées, abattues ou découpées à la machette.

Revenus quelques heures plus tard sur les lieux avec des agents des forces de sécurité, les agents de la Croix Rouge se sont rendu compte que des corps qu’ils avaient repérés avaient mystérieusement disparu. Qui a donc intérêt à ce que le nombre exact de victimes de cette folie meurtrière ne soit pas su de tous ? Sans nul doute, il s’agit des auteurs de cette attaque assimilable à un crime contre l’humanité.

Selon les informations en notre possession, le représentant de l’Onuci a traduit au ministre Babaud Barret ses inquiétudes au sujet des milliers de déplacés pensionnaires du camp de Nahibly qui n’ont donné aucun signe de vie depuis l’attaque des partisans du régime Ouattara. A ce jour, seulement un millier d’entre eux ont été repérés. Le chef de canton, Batahi François, a par ailleurs signalé au ministre la disparition de plusieurs élèves, arrêtés par des éléments des Frci, dans le camp. Dépêché par le gouvernement pour exprimer la traditionnelle compassion, le ministre Badaud n’a remis que la somme 100.000 FCFA (cent mille) aux déplacés (au nombre de 8.000 en tout: 5.000 au grand camp et 3.000 au petit camp, soit moins de 13 F CFA par personne!!!, Ndlr). 

 

Franck Toti

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 24 juillet 2012

DUEKOUE - LE PREFET BENJAMIN EFFOLI ETAIT BEL ET BIEN PRESENT ET SPECTATEUR PASSIF DU MASSACRE: LA PREUVE

 

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Un FRCI armé de machette aux côtés du Préfet jouant aussi les spectateurs. Un massacre planifié


Massacre au camp de Nahibly: Le Préfet était de la partie. Benjamin Effoli, le Préfet du département de Duékoué, était spectateur passif du massacre des réfugiés Wê.

Vous pouvez le voir dans les photos, aux côtés des miliciens FRCI armés de machettes. Les tueurs agissaient en toute impunité et à aucun moment les oisifs casques bleus de l'ONU n'ont essayé de les dissuader.

A aucun moment ce représentant de l'Etat n'a empêché les crimes perpétrés, encore moins porté assistance aux réfugiés qui se faisaient massacrer sous ses yeux.

Faites circuler au maximum ces images et merci aux patriotes du blog OUEST DE LA COTE D'IVOIRE  pour ces photos.


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Un jeune malinké menace les filles d'un vieillard agonisant sous le regard du Préfet


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Un vieillard rend l'âme devant les autorités (Préfet et FRCI)

 

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Le Préfet Benjamin Effoli recevant les femmes lors d'une manifestation contre les viols dans la ville de Duékoué

 

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Jeunes malinkés expéditionnaires ayant participé au massacre

 

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Une victime de l'opération d'épuration ethnique

 

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Exode des réfugiés, fuyant par milliers les tueurs à la solde de Ouattara

 

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Jeunes malinkés expéditionnaires autour d'objets pillés dans le camp en flamme

 

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Le camp des réfugiés après le passage des Dozos, des FRCI et des jeunes malinkés pro-Ouattara

 

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Tout s'est passé en présence des soldats de l'ONUCI (contingent marocain), chargés de la protection du camp des réfugiés depuis le début de la crise post-électorale. Ils sont coupables du délit de non-assistance à personnes en danger et complices de génocide


Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire!

CE QUI S'EST REELLEMENT PASSE A DUEKOUE

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Chers tous, Chers Citoyens du monde,

 

Nous, Ivoiriens, sommes vraiment abattus et malheureux pour ce qui arrive à nos frères Wè, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Vous imaginez vous? Les Dozos (chasseurs traditionnels, supplétifs de l'armée d'Alassane Dramane Ouattara) ont encerclé le camp des réfugiés pendant que les FRCI, les jeunes malinkés et d'autres Dozos se sont introduits dans le camp tuant, brûlant, assommant et tirant à bout portant.

Une fois le camp dispersé, la chasse s'est poursuivie dans les brousses environnantes où les réfugiés sont allés se réfugier pour sauver leur vie. Plusieurs portés disparus y ont été découverts morts.

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Comme si cela ne suffisait pas, un frère nous rapporte de source sûre (son épouse, qui était à DUEKOUE ce vendredi-là pour des obsèques et qui a dû fuir la ville en voiture, précipitamment) que la battue s'est transportée ensuite dans la ville où, maison après maison, ils ont traqué les réfugiés et tué d'innocentes personnes. Bon nombre d'entre eux ont pris le chemin de l'exode pour se réfugier dans les villes environnantes.

Et tout ceci, au nez et à la barbe du Préfet Benjamin Efoly et ses collaborateurs présents sur le site selon des témoins, ainsi que des soldats de l'ONUCI.

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Le décompte de 11 morts effectué par le pouvoir Ouattara est une arnaque, une escroquerie morale. La vérité, c'est que le nombre de morts dépasse largement les 100 morts (il faudrait envisager plus de 200 morts), selon des témoignages personnellement reçus dès le premier jour de l'opération d'épuration ethnique (vendredi 20 juillet 2012). La plupart des corps ont été volés et enterrés précipitamment pour empêcher l'éclatement de la vérité.

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Ce qui se passe en ce moment en Côte d'Ivoire est EXTRÊMEMENT grave, chers Ivoiriens et chers Citoyens du monde!!! Les tueurs sont connus, depuis mars 2011. Ce sont les mêmes qui ont récidivé. Et aucune action n'est engagée contre eux.

Ce monde est-il sérieux? Ce monde est-il tombé sur la tête?

 

Que DIEU ait compassion de la Côte d'Ivoire!

ILS SONT CORESPONSABLES DU MASSACRE DE DUEKOUE!

 

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Pour une fois, «la communauté internationale» s’est réveillée. Après le choc du massacre prémédité du camp de déplacés de Nahibly, la Suisse, les Nations unies, les Etats-Unis et l’Union européenne ont élevé la voix pour exprimer leur condamnation sans nuance. On remarquera au passage que la France officielle ne s’est pas exprimée sur le sujet entre vendredi matin et dimanche soir, au moment où nous mettons sous presse… alors que François Hollande recevra Alassane Ouattara cette semaine à l’Elysée. 

Le concert de protestations internationales auquel nous assistons en ce moment ne doit pas nous faire perdre notre lucidité et notre sens critique. Si le régime Ouattara et ses nervis armés sont objectivement les seuls coupables de cette tuerie insensée, les chancelleries occidentales, les organisations internationales et les ONG de défense des droits de l’homme, qui n’ont pas une seule seconde cessé de couvrir les  méfaits des maîtres d’Abidjan de leur complaisance, sont moralement coresponsables de ce qui est arrivé vendredi dernier.

 
Unité d’action entre une communauté ethnique, une milice tribale et «l’armée nationale»

Que s’est-il passé, au fond, au camp de déplacés de Nahibly ? Estimant avoir été braqués par des membres de l’ethnie guéré vivant à Nahibly, certains habitants du quartier majoritairement malinké de Kokoman, aidés d’éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et de miliciens dozos, sont allés, armés jusqu’aux dents, incendier le camp où vivaient plus de 5 000 âmes et assassiner au moins 13 personnes – par balles, par arme blanche, par le feu. Deux choses frappent d’emblée. L’incroyable unité d’action entre une communauté ethnique, une milice tribale (les Dozos), et ce qui est censé être l’armée nationale. Mais aussi la logique, voire l’idéologie pré-génocidaire qui flotte sur le pays des Eléphants. Au-delà de la punition collective, insensée par définition, il s’agissait de faire disparaître du paysage local la part la plus large possible d’une communauté ethnique. Et l’endroit où ce drame s’est produit n’est pas n’importe quel endroit : c’est bien dans la ville de Duékoué que les troupes pro-Ouattara d’alors ont commis, fin mars 2011, le pire massacre de l’histoire de la Côte d’Ivoire – plus de 800 tués en une seule journée. Un massacre à «cadence génocidaire», selon l’expression du jeune universitaire ivoirien Eddie Guipié. Un massacre à ambition génocidaire. Puisque les tueurs se sont fondés sur les cartes d’identité de leurs «proies» pour tuer tout ce qui était mâle et d’ethnie Guéré. C’est l’incroyable réaction de la «communauté internationale» face à ce mal indicible qui a accouché de la tuerie de Nahibly.

Qu’a fait l’ONU en mars 2011 ? Sur le terrain, les Casques bleus ont assisté sans broncher à l’orgie de sang. Ils ont enterré les victimes dans des fosses communes sans respecter les dispositions permettant de les identifier, et d’engager plus facilement des enquêtes et des poursuites judiciaires nationales et internationales. A Abidjan, les communicants de l’ONUCI ont engagé une polémique indécente avec la Croix-Rouge pour pouvoir minimiser le nombre de victimes des forces pro-Ouattara – par la suite, tous les indices ont donné, plus que largement, raison à la Croix-Rouge, obligée de sortir de son légendaire devoir de réserve à cause de la complicité des Nations Unies. Du côté des organisations internationales des droits de l’Homme, si Amnesty International a très vite tiré la sonnette d’alarme, la FIDH s’est déshonorée en défendant la thèse d’un «contre-massacre préventif», comme l’a résumé le site Slate Afrique, avant de se désintéresser du dossier. En mars 2011, le storytelling médiatique pro-Ouattara a pesé plus lourd dans la balance que les centaines, voire les milliers de victimes de l’Ouest ivoirien.
 
L’étrange sens des priorités de la Cour pénale internationale

Quand, finalement, toute la vérité sur l’ampleur et l’horreur du massacre de mars 2011 a été révélée avec du retard par des médias comme Le Nouvel Observateur, La Croix et Associated Press – la BBC en anglais ayant été bien plus réactive –, comment ont réagi les grands de ce monde ? L’Union européenne a relancé sans la moindre conditionnalité sa coopération avec l’Etat ivoirien, alors qu’elle observait d’un œil vigilant, voire suspicieux, la Guinée d’Alpha Condé, où rien de semblable au massacre de Duékoué-Carrefour n’avait pourtant eu lieu. La France de Nicolas Sarkozy et les Etats-Unis de Barack Obama ont déroulé le tapis rouge à un Ouattara qui n’a pourtant eu de cesse de récompenser ses hommes en armes plus que soupçonnés des pires violations des droits de l’Homme.

Dotée d’un étonnant sens des priorités, la Cour pénale internationale (CPI) a jugé urgent de transférer à La Haye le président Laurent Gbagbo, pourtant déjà incarcéré – et dans quelles conditions ! – à Korhogo. Tandis que les tueurs pro-Ouattara de Duékoué et d’ailleurs, ainsi que leurs donneurs d’ordre politiques, étaient non seulement en liberté mais en position de terroriser les victimes et d’éliminer à la fois preuves et témoins. S’il ne s’agit pas là de la célébration la plus indécente de l’impunité des uns et de l’humiliation des autres, de quoi s’agit-il ? 

Alors que la Côte d’Ivoire est censée être sous la surveillance de la justice internationale, des hommes, civils et militaires, sont allés en plein jour détruire un camp de réfugiés et brûler vifs ceux qu’ils ont pu «attraper». Cela signifie bien qu’ils ont intégré mentalement une sorte d’axiome : la CPI, c’est pour Gbagbo et ses semblables ! La vie des pro-Gbagbo a une valeur relative !

Ce qui devait arriver est donc arrivé ! Au-delà des larmes de crocodile des uns et des autres, la seule question qui vaut la peine d’être posée aujourd’hui est : et maintenant ? Va-t-on continuer de célébrer, à longueur de rapports de l’ONU et de prises de parole publiques, le «démocrate» Alassane Ouattara, tout au plus pris au piège d’une armée qu’il n’arrive pas à discipliner ? Va-t-on ignorer le refus forcené de ce régime d’aller à une vraie réconciliation, dont le signe le plus évident est le boycott financier que subit la Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR) dirigée par un Charles Konan Banny qui est pourtant de la même famille idéologique qu’Alassane Ouattara ? Va-t-on continuer d’attribuer, avec lâcheté, les impasses ivoiriennes à une prétendue mauvaise volonté d’une opposition poussée dans ses derniers retranchements ? Ces questions, les déplacés du camp de Nahibly, désormais éparpillés dans les forêts environnantes, ne se les posent pas. Ils tentent aujourd’hui de survivre, et espèrent enterrer leurs morts dans la dignité – donc, pas dans des fosses communes, cette fois-ci.
 


Théophile Kouamouo


lundi, 23 juillet 2012

LE POUVOIR OUATTARA DANS L'INTOX - UN MILITAIRE REVELE: «LES FRCI ONT MASSACRE PLUS DE 60 JEUNES WE»

 

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La vie des Wê a-t-elle encore de la valeur aux yeux du pouvoir Ouattara?

 

Les chiffres officiels parlent de 11 à 13 tués lors de l’expédition punitive des dozos et autres partisans du régime Ouattara contre le camp des déplacés interne de Nahibly à Duékoué.

Pourtant, le bilan pourrait être largement plus lourd. C’est du moins ce que révèle une source militaire contactée sur place. «Plus de 60 jeunes déplacés Wê ont été pris dans le camp de réfugiés, vendredi dernier, aux environs de 12h, et embarqués devant tout le monde dans 3 cargos. Pendant ce temps, les dozos, d’autres Frci et de nombreux jeunes Malinké armés de machettes et de barres de fer commettaient des atrocités dans le camp. C’était à la fois écoeurant et insoutenable mais nous étions impuissants»,révèle la source. Témoin des massacres perpétrés par les forces armées pro-Ouattara (Frci et dozos) sur les réfugiés internes Wê, elle nous a livré, hier, sous le couvert de l’anonymat, des informations ahurissantes. Selon ce militaire, les 60 jeunes Wê ont été amenés vers une destination inconnue par les Frci de Duékoué conduits par leur chef, un certain Lieutenant Konda.

Un ancien adjudant au sein des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) avant de rejoindre la rébellion armée pro-Ouattara. Le lieutenant Konda aurait participé, soutient notre source, au génocide Wê, en mars-avril 2011. «C’est Konda qui conduisait l’opération d’arrestations des jeunes Wê, vendredi dernier. Ils les ont embarqués dans 3 cargos et les ont d’abord envoyés dans le camp Frci situé à proximité de la mairie. Ensuite, ils les ont conduits au quartier Kokoma peuplé en majorité de Malinké. Là où ils savent que s’ils commettent les massacres, on n’ira pas enquêter parce que c’est un quartier fortement hostile où ni nous, ni l’Onuci ne peuvent entrer. Ce quartier est une poudrière à ciel ouvert», soutient le corps habillé. Avant d’ajouter que «les jeunes Wê ont été tous exécutés. Lorsque nous en avons été informés, le CB (Commandant de brigade de la gendarmerie, ndlr) a joint au téléphone le Lieutenant Konda pour lui demander de ramener les jeunes qu’ils ont embarqués.

Konda lui a répondu qu’il les a libérés et qu’il envoie leur liste. Le CB a rétorqué qu’il ne veut pas de liste mais les personnes vivantes. Konda a raccroché». Au dire de notre interlocuteur, à l’instar de la gendarmerie de Duékoué, l’Onuci et les Ong humanitaires présentes dans la localité ont réclamé, sans succès, les jeunes Wê que les Frci ont embarqués. Les Frci présents à Duékoué sont ceux qui ont déjà massacré les populations Wê durant la crise postélectorale. Tant qu’ils seront ici, les massacres ne s’arrêteront pas. Tout ce que le Commandant Allah, porte-parole de l’armée, a dit à la télévision, c’est totalement le contraire de ce qui s’est passé ici à Duékoué», affirme la source militaire.

Pour qui, le massacre des déplacés internes de Duékoué était prémédité. «Il y a longtemps que les Frci et les dozos voulaient attaquer le camp des déplacés Wê. Surtout après la visite du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à l’ouest. M. Ouattara avait demandé aux déplacés Wê de quitter les lieux alors que ces derniers ne savent pas où aller. Leurs villages ont été détruits et leurs terres sont occupées par les dozos.L’Onuci et les humanitaires le savent très bien. Lorsqu’il y a eu les 4 personnes tuées par des braqueurs, les dozos et les Frci ont automatiquement accusé, sans preuve, les déplacés Wê. Les dozos ont encerclé le camp et les massacres ont commencé», précise notre interlocuteur.


Didier Dépry


SourceINFO D'ABIDJAN.NET

DUEKOUE - DERNIER BILAN: PLUS DE 200 CIVILS MASSACRES, DES CORPS VOLES SELON PLUSIEURS TEMOINS

 

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Vue aérienne du camp de Nahibly, après la barbarie de Ouattara


Selon plusieurs témoins contactés sur place, le bilan des massacres perpétrés contre des civils WÊ le week-end dernier au camp de réfugiés de Nahibly à Duékoué est bien plus lourd que les 13 morts précédemment annoncés.

Après recoupement de l’information et en prenant en compte les corps volés pour effacer le maximum de traces du carnage perpetré par les FRCI, les dozos et une partie de la population malinké de Duekoué contre de paisibles civils wê du camp de Nahibly, on aboutit à la conclusion que ce sont plus de 200 personnes qui ont été sauvagement massacrées au nez et à la barbe des forces de l’ONUCI, pourtant commises à la sécurisation des lieux.

Le chiffre de plus de 200 civils tués à Duékoué a été repris par plusieurs confrères

Des corps ont d’ailleurs été trouvés par plusieurs témoins dans la brousse environnante, atrocement mutilés, le crane brisé, visiblement à coups de machette ou de hache.

Le régime Ouattara et l’Onuci se rejettent la responsabilité sur les défaillances en matière de sécurisation des lieux.

Selon le ministère ivoirien de la Défense, le camp de Nahibly, voisin de la ville de Duékoué, était "gardé depuis sa création par les Casques bleus de l'Onuci", la mission onusienne en Côte d'Ivoire.

Mais pour l’ONUCI, c’est un autre son de cloche. Selon Arnauld Akodjénou, numéro 2 de l'Onuci, s’exprimant devant la presse, "pour la sécurité du camp, la responsabilité première n'est pas la responsabilité de l'Onuci, mais nous avions toujours travaillé avec les autorités pour la gestion de ce camp".

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La vague de consternation a atteint l’Union européenne

La chef de la diplomatie européenne a ainsi déploré samedi, l'attaque meurtrière menée la veille contre un camp de déplacés dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire qu`elle a imputée à l'insuffisance de la présence de l'Etat dans cette région.

« La Haute représentante (Catherine Ashton) déplore l'attaque dans le camp de déplacés de Nahibly et demande au gouvernement de Côte d'Ivoire d'ouvrir une enquête et poursuivre les responsables », ont annoncé ses services.

"Cette dernière tragédie illustre l'instabilité chronique qui prévaut à l'ouest de la Côte d'Ivoire où les tensions intercommunautaires, l'insuffisance de la présence de l'Etat et l'impunité qui a prévalu jusqu'à présent alimentent un cycle interminable de représailles et vengeances", a commenté Mme Ashton.

Notons qu’après les violences, le chef d’état major général des Frci, le général Soumaïla Bakayoko, le commandant supérieur de la Gendarmerie, Kouakou Gervais, et le Directeur général de la police nationale, Bredou M’Bia se sont rendus sur les lieux pour constater les dégâts. Car un millier de déplacés se sont réfugiés à la Mairie de Duékoué et à la mission Catholique de la ville.

En visite à l’étranger, Alassane Ouattara a fait convoquer une réunion de crise, le samedi 21 juillet 2012 au Palais présidentiel au Plateau, présidée par le Premier ministre Ahoussou Jeannot. Y ont pris part, le ministre des affaires présidentielles, Ibrahim Ouattara, le Directeur de cabinet du Président de la République, Amon Tanoh Marcel, celui du Ministre d’Etat-ministre de l’intérieur, Bamba Cheick Daniel, un représentant de Paul Koffi Koffi, ministre auprès du président de la République, chargé de la défense, et les chefs des grands commandements.

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ONU, médecin après la mort sur le site sinistré de Duékoué, témoin impassible, complice de génocide

 

Les mesures prises ont été communiquées par le commandant Alla Kouakou Léon, le porte-parole du ministère de la défense, à savoir: "l’appui des forces ivoiriennes à l’Onuci pour assurer la sécurité dans la ville, la mise en place d’un deuxième cordon de sécurité composé des Frci, de la Gendarmerie et de la Police nationale, l’organisation de patrouilles mixtes forces ivoiriennes-forces de l’Onuci pour le rétablissement de l’ordre à travers tous les quartiers de Duékoué".


REMAKE DE LA CRISE POST-ELECTORALE A DUEKOUE

Notons que les 29, 30 et 31 mars 2011, les FRCI appuyées par les dozo, supplétifs de l’armée tribale de Dramane Ouattara ont massacré plus de 850 wê dans la ville de Duékoué.

En outre, le régime a lancé dans l’ouest ivoirien le 15 juin 2012, une opération dite "d’aseptisation et de nettoyage" selon les termes d’Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR, le parti au pouvoir.


Eric Lassale

BENJAMIN EFOLY, LE PREFET DE DUEKOUE ACCUSE DE COMPLICITE PAR LES VICTIMES

 

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Pour nombre de personnes interrogées hier, sur place à Duékoué, par notre correspondant régional,l’incendie criminel provoqué par les Frci et les dozos contre le camp de déplacés wê (Nahibly) de Duékoué, était prémédité. Il y aurait une complicité entre les auteurs de cet incendie qui a ravagé le camp faisant plusieurs morts et le Préfet Benjamin Efoly du département, accusent certains rescapés. « Il y a une semaine, le préfet est venu nous voir en nous demandant de quitter le camp. Et nous lui avons rétorqué que nos villages détruits pendant la guerre ne sont pas encore reconstruits, nous ne savons où aller et ne pouvons pas bouger. Alors il a promis que quelque chose nous fera partir de ces lieux », a confié à Notre Voie, une rescapée en sanglots.

Comme cette dame, bien d’autres sources établissent un lien entre la menace à peine voilée proférée par le Préfet et l’attaque des dozos et Frci. « Je suis gestionnaire du camp, quand on nous évacuait, nous avons trouvé déjà devant le camp tout le corps préfectoral insensible et muet », explique, avec amertume, un humanitaire, sous le couvert de l’anonymat.

Même son de cloche de cette autre source qui va plus loin. « Que ce soit le préfet, la police et d’autres autorités administratives, tout le monde était présent devant le camp mais a laissé faire ». Face à ces accusations graves, nos tentatives pour joindre le Préfet de Duékoué hier ont été vaines.


Félix Téha Dessrait

dessrait@yahoo.fr


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 23 juillet 2012


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LETTRE DE PROTESTATION CONTRE LA RECEPTION A L'ELYSEE D'ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 

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Balié Topla
2020 Pennsylvania Ave
N.W., Suite 162
Washington, DC 20006
Phone: 202 299 4892
 
 
Washington DC, le 20 juillet 2012
 

Monsieur François Hollande
 
Président de la République Palais de l'Elysée 55, rue du faubourg Saint-honoré 75008 Paris

France
 


Objet: Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara
 


Monsieur le Président,
 

Je viens très respectueusement vous signifier mon mécontentement de ce que vous recevrez bientôt Alassane Dramane Ouattara qui fait office de président de la république de Côte d’Ivoire. Vous avez reçu récemment Monsieur Bongo du Gabon. Des informations glanées çà et là, nous font comprendre que l’Elysée ne serait pas tout à fait étranger à la réception de Guillaume Soro par Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale française. Je suis surpris par la qualité des personnes que vous venez de recevoir ou que vous allez recevoir. Je suis d’autant plus surpris que j’ai écouté ces derniers jours l’interview que vous aviez accordée à Jean Michel Aphatie le 22 décembre 2010 sur RTL :

(http://www.youtube.com/watch?v=Kk5Yg1Ylwyg&feature=player_embedded).
 
Au cours de cette interview, Monsieur le Président, vous vous êtes déclaré « intraitable et implacable depuis 2004 quand vous avez vu ce dont il (Monsieur Laurent Gbagbo) était capable ». A la question du journaliste vous rappelant qu’en 2004, vous aviez déjà dit que Monsieur Gbagbo était infréquentable, vous n’avez pas démenti. Vous aviez déclaré aussi qu’il « fallait être d’une clarté parfaite et totale, sans compromission avec ceux qui utilisent la violence ». En faisant allusion à Monsieur Gbagbo, vous aviez aussi fustigé « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir depuis dix ans ».
 
Vous aviez parlé aussi de dictature et d’escadron de la mort. En vous écoutant, Monsieur le Président, on se rend bien compte de votre haine viscérale pour Monsieur Gbagbo mais aussi de votre parfaite méconnaissance des réalités ivoiriennes et africaines. Sinon, comment comprendre que vous prétendiez vous éloigner de la Françafrique alors que votre premier visiteur est Monsieur Ali Bongo, celui-là même qui a hérité du père. Aujourd’hui les diplomates anciens et nouveaux en poste au Gabon, les services de renseignements français ainsi que certains médias, sont tous unanimes pour dire que les résultats des dernières élections présidentielles gabonaises ont été tout simplement inversés pour permettre à Ali Bongo, ami de la France, de succéder à son défunt père, lui aussi grand ami de la France :

(http://www.dailymotion.com/video/xfo101_francafrique-extrait-1_news#).

Cette vidéo sur la Françafrique corrobore cette thèse.
 
Monsieur le Président, vous refusez d’aller en Ukraine car un premier ministre est injustement emprisonné. En Côte d'ivoire, ce sont deux premiers ministres qui sont en prison, Affi Nguessan et Aké Ngbo. Vous voulez chasser le Président Hassad du pouvoir en Syrie parce qu’il tue son peuple ; en Côte d’Ivoire, on tue, on viole et ceux qui sont au pouvoir actuellement n'ont fait que ça avant, pendant et après les élections. Refuser de recevoir des dictateurs et accueillir Alassane Dramane Ouattara qui emprisonne son opposition, cela est difficile à comprendre. Monsieur le Président, le changement a été le thème central de votre campagne présidentielle. Ce changement, il requiert beaucoup de courage et beaucoup d’humilité. Ce changement, il se fait d’abord sur soi-même, en changeant le prisme par lequel vous voyez les autres et la réalité non pas tels qu’ils sont mais tels que vous voudriez qu’ils soient. Ensuite seulement, Monsieur le Président, vous pourrez prétendre changer la France et le reste du monde.
 
Je vous le concède, Monsieur le Président, que le premier secrétaire du parti socialiste n’avait peut-être pas le même niveau d’information que le Président de la République que vous êtes aujourd’hui. A ce stade de mon propos, permettez-moi de faire trois remarques : la première est qu’il me semble, qu’à vos yeux, la vie d’un Noir ne vaut rien, seule la vie d’un Blanc a de la valeur. Sinon, comment comprendre que depuis 2002, les Ivoiriens meurent par milliers sous les balles de ceux qui sont en passe de devenir vos nouveaux amis et que vous, vous n’avez jamais élevé une quelconque protestation. Mais il a fallu la mort de neufs soldats français pour que vous vous indigniez tout à coup.
 
Monsieur le Président, vous avez une indignation sélective.
 
Deuxième remarque, des informations qui nous parviennent de l’instruction de cette malheureuse affaire de mort de neuf soldats français, il s’avère aujourd’hui que Monsieur Gbagbo soit complètement étranger à cette méprise inqualifiable ayant entrainé mort d’hommes. Troisième remarque, vous vous dites intraitable et implacable en parlant du Président Gbagbo comme s’il était tout simplement votre obligé. Devons-nous comprendre que, dans les relations entre la France et l’Afrique, même le premier secrétaire du parti socialiste est toujours supérieur à un chef d’état africain?
 
Monsieur le Président, vous fustigiez ceux qui utilisent la violence alors que vous recevez Guillaume Soro, chef rebelle et chef de guerre, qui est susceptible de poursuites devant le Tribunal Pénal International. Vous fustigiez la violence alors que vous vous apprêteriez à recevoir Alassane Dramane Ouattara, père et seul bénéficiaire des coups d’état et rébellion qui ont eu cours en Côte d’Ivoire depuis 1999.
 
Monsieur le Président, vous fustigiez aussi « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir », allusion claire à Monsieur Gbagbo. Ce jugement définitif est aussi une autre preuve de votre méconnaissance profonde du dossier ivoirien. Au cas où cela vous aurait échappé, la Côte d’Ivoire est un pays souverain, dont la vie politique est rythmée, en principe, par les textes dont le peuple ivoirien s’est librement doté. Une des dispositions de la loi fondamentale ivoirienne stipule qu’aucune élection ne peut se tenir dans le pays si tout ou partie du territoire national est occupé. Et le Président Gbagbo a fait suffisamment de concessions pour que les rebelles déposent les armes mais c’était sans compter avec leur agenda secret et l’hypocrisie de la Communauté Internationale qui exigeait au Président Gbagbo d’organiser des élections sans jamais demander aux rebelles de désarmer.
 
Monsieur le Président, comment pouvez-vous déclarer Monsieur Gbagbo infréquentable, alors même que vous déroulez le tapis rouge aux pires crapules de la région ; faire recevoir Monsieur Soro Guillaume par le président de l’Assemblée Nationale française. Vous a-t-il fait parvenir par le canal de Monsieur Bartolone un exemplaire de son livre intitulé « pourquoi je suis devenu rebelle » ? Cela vous aurait certainement permis de mieux connaitre le personnage. Ayant à peine fini sa deuxième année d’université, Soro Guillaume est le chef de la rébellion qui ensanglante la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002.
 
Monsieur le Président, au moment où la justice française lance un mandat d’arrêt international contre Teodoro Nguema Obiang pour biens mal acquis, vous recevez à l’Elysée Monsieur Bongo du Gabon. Il ne vous aura pas échappé non plus que le système Françafrique des valises d’argent vers l’Hexagone, c’est le Gabon. Pourquoi y a-t-il ceux que vous déclarez infréquentables à vie et ceux que vous tolérez?
 
Monsieur le Président, celui que vous ne devriez pas fréquenter, c’est celui-là même à qui vous vous apprêteriez à ouvrir vos portes ce 26 juillet selon l’information dont nous disposons. J’espère seulement pour vous, Monsieur le Président, qu’une fois votre entretien terminé, vous prendrez bien soin de publier un communiqué de presse de sorte à annoncer clairement ce qui aura été dit et ce qui ne l’aura pas été pour éviter toute affabulation d’après visite car votre prochain invité est menteur, manipulateur et tricheur.
 
Pour vous présenter Alassane Dramane Ouattara, je vais recourir à un premier document que je vous joindrai en annexe de mon courrier (document 1). C’est le discours prononcé par l’ancien Président Bédié pour justifier le mandat d’arrêt qu’il avait lancé contre Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui, pour nationalité douteuse. Ceci expliquant cela, Alassane Dramane Ouattara s’est résolu à recourir aux coups de force pour arriver à ses fins : la Côte d’Ivoire connait son premier coup d’état en 1999, s’ensuivent trois tentatives et le coup d’état du 19 septembre 2002 qui se transforme en une rébellion sanglante. Nous tenons de Koné Zakaria, chef de guerre et commandant de la zone de Bouaké la révélation qu’Alassane Ouattara est bien le père de la rébellion en Côte d’Ivoire.
 
(http://www.youtube.com/watch?v=ZxZ6CURaqs4&feature=player_embedded#!).

Dans cette vidéo réalisée lors d’un meeting qu’il tenait dans le nord du pays sous contrôle de la rébellion, Koné Zakaria demande aux populations de soutenir le MPCI non pas pour sa personne à lui, ni pour la personne de IB, mais bien pour Alassane Dramane Ouattara.qui leur a acheté les armes et qui, durant leur préparation au Burkina Faso, leur a fourni sacs de riz et 25 millions de francs par mois. Dans cette même vidéo, Koné Zakaria confesse aussi qu’il était chargé de recruter les gendarmes pour le compte de la rébellion. Cette débauche d’énergie lui vaut aujourd’hui d’être nommé directeur de la police militaire, bien qu’illettré. On comprend dès lors pourquoi la violence et l’insécurité ne baissent pas en Côte d’Ivoire, car ceux qui sont censés les combattre et protéger les personnes ne s’accommodent que très peu de subtilités en matière de droits de l’homme et des libertés publiques, parce qu’ils n’ont reçu aucune formation adéquate. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant de notre compatriote, Monsieur Dominique Paillé, dont les bras du fils d’un proche ont été coupés.
 
(http://www.wat.tv/video/dominique-paille-fils-mes-3lfhr_2hpbt_.html).

Dans son témoignage, Monsieur Paillé cite nommément les FRCI d’Alassane Dramane Ouattara et se pose à haute voix la question de savoir si la France avait fait le bon Choix en soutenant Alassane Dramane Ouattara. Tout cela se passe de commentaires.
 
1/ En effet, Alassane Dramane Ouattara n’a pas gagné les élections en Côte d’Ivoire, c’est le soutien de la France qui lui vaut d’occuper le fauteuil présidentiel ivoirien. Grace à l’intervention personnelle de Monsieur Sarkozy, les ambassadeurs de France et des Etats-Unis conduisent Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale Indépendante au quartier général du candidat Alassane Dramane Ouattara pour y annoncer des résultats de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire devant la presse internationale, alors que, depuis minuit la veille, cette Commission Electorale Indépendante que dirigeait Monsieur Youssouf Bakayoko était forclose pour n’avoir pas été capable de donner les résultats dans le délai de trois jours qui lui était imparti, voire vidéo témoignage de France 24 .
 
(http://www.youtube.com/watch?v=w3SJ0O-0EsQ&feature=relmfu).
 
2/ Les manipulations d’Alassane Dramane Ouattara qui ont conduit à l’intervention militaire de la communauté internationale. Alassane Dramane Ouattara est un tricheur et un menteur. La seule chose qu’il a trouvée à faire a été de créer l’émotion populaire qui oblige la Communauté Internationale, au nom de la protection des civils, à intervenir militairement en Côte d’Ivoire. La première étape de son plan diabolique se déroule via son journal de propagande « le Patriote » qui barrait sa Une avec l’image d’un homme en feu. La légende qui accompagnait cette scène affreuse disait que c’est Laurent Gbagbo qui brûlait ses opposants (Document3 page 1). Quelques semaines plus tard cette même photo était brandie sur France 24 (Document3 page 2), l’indignation populaire était immédiate. On apprendra plus tard que la scène de l’homme en feu a effectivement eu lieu, mais en Afrique du Sud avec l’intervention de policiers blancs pour sauver la victime (Document3 pages 3-6). Le deuxième élément de cette mise en scène macabre, c’est le cas des femmes tuées d’Abobo, qui auraient été victimes des armes lourdes du Président Gbagbo. Le livre-enquête de Leslie Varenne tend aujourd’hui à prouver le contraire (document 2). Toujours est-il que les mensonges d’Alassane Dramane Ouattara ont suscité l’entrée en guerre de la Communauté Internationale en Côte d’Ivoire pour, selon elle, détruire les armes lourdes du Président Gbagbo, alors même que cette même Communauté Internationale continuait à armer, entrainer et à transporter les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara. Témoignage d’Odile Tobner, présidente de l’association Survie :
 
(http://www.youtube.com/watch?v=hB0_ZXe9bbw).

Bien sûr, tous ces montages réalisés par les officines d’Alassane Dramane Ouattara ont été diffusés largement par les médias européens, ce qui a tout naturellement faussé la perception de la crise ivoirienne au sein de la société française.
 
3/Politique de discrimination et de «rattrapage». Depuis qu’Alassane Dramane Ouattara fait office de président en Côte d’Ivoire, il n’a cessé de discriminer les Ivoiriens. Interrogé à Paris par la presse, il expliquera lui-même cette politique de discrimination qu’il appelle d’ailleurs « politique de rattrapage ».
 
Au nom de ce rattrapage, tout le monde est licencié de l’Hôtel Ivoire, de la Sotra (Société des Transports Abidjanais) ou même de la Télévision Ivoirienne et j’en passe, et tout cela serait pour des raisons économiques. Mais après ces vagues de renvois, ces mêmes entreprises enregistrent immédiatement de nouveaux entrants. Au nom de cette politique de rattrapage, toutes les hautes fonctions dans l’administration sont occupées par des hommes et des femmes aux patronymes du Nord du pays (voire document 4)
 
4/ Une politique de terreur. Alassane Dramane Ouattara gouverne par la peur et la terreur. Il a lâché ses dozos et autres repris de justice à travers tout le pays. Que ceux qui veulent plaider la thèse de bandes incontrôlées comprennent que les rôles sont astucieusement partagés. Aux bandes armées de tétaniser et de maintenir les populations dans la peur et à Alassane Dramane Ouattara de parcourir le monde pour cultiver sa respectabilité. Et puis comment feraient-elles autrement ces bandes armées ?
 
Ces bons petits soldats qu’Alassane Dramane Ouattara n’a jamais payés, et qui ont gardé leurs kalachnikovs dont ils se servent cambrioler et tuer. La nuit venue, certains d’entre ces soldats s’érigent en chefs de gangs. Mais ils tuent surtout les populations qu’ils pensent être favorables au Président Gbagbo.
 
L’arrestation du personnel de la présidence, des dignitaires du régime du Président Gbagbo, la justice-vengeance en quelque sorte (document 3 pages 7-15)
 
Pourquoi les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara se gêneraient-ils, ils ont les soldats français avec eux. Ces soldats, au lieu de protéger les victimes, ils sympathisaient plutôt avec les bourreaux (document 3 page16)
 
Que sont-ils devenus tous ces jeunes arrêtés par les milices d’Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 17-42)
 
Le rodéo meurtrier, la terreur dans la ville, des véhicules passant sur des êtres vivants, grand spectacle en plein jour (document 3 pages 43-49)
 
Tortures et exécutions sommaires sont monnaie courante sous Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 50-54)
 
Scènes de désolation au quotidien (document 3 page 55)
 
Tout cela ne se fait pas au hasard, on prend quand même soin de vérifier les pièces d’identité pour voir qui est-ce qu’on arrête. Ailleurs, on appelle cela «épuration ethnique» (document 3 pages 56-57), mais en Côte d’Ivoire, qui s’en préoccupe ; les Ivoiriens sont bien livrés à leur propre sort. Les biens pensants de ce monde sélectionnent les sujets pour lesquels ils veulent bien s’indigner.

5/Les soldats Burkinabés ayant combattu pour Alassane Dramane Ouattara occupent aujourd’hui les terres de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ayant chassé les propriétaires Wê de leurs villages, les miliciens d’Alassane Dramane Ouattara exploitent leurs plantations, kalachnikovs en bandoulière (document 3 pages 58-61). Cette partie de la Côte d’Ivoire est devenue une colonie de peuplement pour les civils Burkinabés qui viennent occuper non seulement les plantations mais aussi les forêts classées, voir documentaire de TV5 Afrique :

(http://www.youtube.com/watch?v=7jKK0Mnv4Gw).

Par ailleurs, règne sur cette partie du pays, Amadé Ouremi, un chef de guerre d’origine Burkinabé contre qui existent hélas une multitude de rapports de l’ONU, mais ce dernier continue de bénéficier de la protection d’Alassane Dramane Ouattara et de ses soutiens internationaux. Tous ces seigneurs de guerre bénéficient d’une impunité totale. Saviez-vous, Monsieur le Président, que les détenus de Korhogo, dans le nord du pays, sont tous aux mains du chef rebelle Fofié Kouakou, lui-même sous sanctions des Nations Unies ? Telle est la démocratie selon Alassane Dramane Ouattara. Saviez-vous que les chefs de guerre qui détiennent les pro-Gbagbo à Katiola ne sont même pas répertoriés dans l’armée d’Alassane Dramane Ouattara ?
 
Monsieur le Président, au lieu d’accabler Monsieur Gbagbo, et si organiser des élections présidentielles en Cote d’Ivoire était aussi vital pour votre propre survie, pourquoi n’avez-vous pas aidé à libérer le pays et alors le terrain aurait été plus propice à des élections sécurisées et transparentes. Se montrer intraitable, implacable, comme vous le dites, devant une victime déjà éprouvée par une rébellion injuste, c’est se donner bonne conscience à moindre frais. Le courage aurait voulu, Monsieur le Président, que vous affrontiez plutôt ceux qui sont indûment en armes et qui empêchent un retour à une vie politique normale. Monsieur Gbagbo n’a jamais refusé d’aller à des élections. La démocratie et le multipartisme se confondent en Côte d’Ivoire avec la personne de Monsieur Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien. Vous ne le saviez peut être pas, mais les Ivoiriens lui en savent gré de son combat pour les libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire. Il se définit souvent lui même comme un enfant des élections. En effet, le Président Gbagbo a passé 30 années de sa vie comme opposant politique. Il a connu plusieurs fois la prison et l’exil sous Houphouët Boigny. Laurent Gbagbo a échappé à un attentat le 18 février 1992 avant de connaitre à nouveau la prison, cette fois avec son épouse et son fils quand Alassane Dramane Ouattara était Premier Ministre Malgré toutes ces brimades qui ont jalonné la politique de Monsieur Gbagbo, il n’a jamais prôné la violence comme mode d’accession au pouvoir d’Etat. Il a au contraire rédigé un programme de gouvernement, et sollicité le suffrage de ses concitoyens. Quand Laurent Gbagbo est élu pour la première fois en 2000, à l’issue d’une élection qu’il n’a pas organisée, son premier geste a été de nommer un cadre du PDCI comme directeur de cabinet.
 
Ensuite, il a convoqué un forum national de réconciliation avant de mettre en place un gouvernement de large union.
 
Monsieur le Président, Laurent Gbagbo est tout sauf un dictateur. Quand il accède au pouvoir, Monsieur Bédié était déjà en exil en France suite au coup d’état qui a emporté son régime en décembre 1999.
 
Quant à Alassane Dramane Ouattara contre qui courait un mandat d’arrêt international lancé contre lui par Monsieur Bédié pour nationalité douteuse, il était aussi en exil en France. Monsieur Laurent Gbagbo a pris sur lui d’abroger ce mandat d’arrêt contre Alassane Dramane Ouattara et de le faire revenir au pays. Ensuite Monsieur Bédié et Alassane Dramane Ouattara ont été rétablis dans leur traitement d’ancien Président de la République et d’ancien Premier Ministre.
 
Président, Monsieur Laurent Gbagbo a institué les conseils généraux non seulement pour partager la richesse nationale entre l’Etat et les collectivités locales mais aussi et surtout pour rapprocher l’administration des administrés. Sous la présidence de Laurent Gbagbo, le parlement a voté une loi de financement des partis politiques sur fonds publics. Il convient de signaler ici que même le parti d’Alassane Dramane Ouattara qui n’était pas représenté au parlement a pu bénéficier de ce financement. Par ailleurs, sous le Président Laurent Gbagbo, aucun journaliste n’a été mis en prison pour délit de presse. Non seulement, le Président Gbagbo a abrogé le délit de presse, mais il a aussi et surtout doté le Fonds de Soutien à la Presse de moyens conséquents : 1.6 milliards en 2009 et 1.9 en 2010. Mais les deux mesures phares de la présidence de Monsieur Gbagbo auront été l’instauration de l’école gratuite et l’assurance maladie universelle.
 
Monsieur Gbagbo infréquentable, quelle méprise, quelle mauvaise foi ! En Côte d’Ivoire, c’est Monsieur Ouattara, alors Premier Ministre qui a institué la carte de séjour pour les étrangers. En Côte d’Ivoire, c’est le PDCI de Monsieur Bédié qui a inventé le concept d’ivoirité, concept très éloigné de la tradition humaniste de Monsieur Gbagbo. C’est d’ailleurs Monsieur Gbagbo qui, en 2010, a abrogé la carte de séjour imposée aux étrangers.
 
Monsieur le Président, Monsieur Gbagbo n’a pas tué les militaires français de Bouaké, du moins ce sont les rumeurs qui nous parviennent du côté de l’instruction de ce dossier à Paris. Le Président Gbagbo n’est pas non plus à l’origine de la disparition de Monsieur Kieffer. Sinon, Comment expliquez-vous, Monsieur le Président, qu’une année après le départ de Monsieur Gbagbo du pouvoir, cette affaire ne soit toujours pas élucidée, comme si soudain plus personne n’y avait intérêt. Selon nos informations, il existerait des indices sérieux et concordants qui mèneraient vers le camp d’Alassane Dramane Ouattara dans la disparition de Monsieur Kieffer. Par ailleurs, les mots charniers et escadrons de la mort ne sont pas des réalités ivoiriennes, ce sont des inventions d’Alassane Dramane Ouattara, ce ne sont pas des concepts connus en Côte d’Ivoires avant qu’il ne les popularise. Il a toujours une longueur d’avance en matière de manipulation de l’opinion.
 
C’est pourquoi, Monsieur le Président, mon indignation est grande quant à la visite officielle d’Alassane Dramane Ouattara en France. Pendant votre campagne présidentielle, vous aviez dit que vous ne porteriez pas un chef d’état africain à bout de bras. De quoi allez-vous donc parler avec quelqu’un dont les Ivoiriens ne veulent même pas ? Sa dernière élection législative n’a rassemblé que 13% de la population? Voulez-vous parler de coopération militaire ? Voulez-vous donner quelques armes et munitions à ces bandes armées qui n’en font pas toujours bon usage.
 
Le changement, est-il toujours maintenant?
 
 
Je vous remercie.
 
 
Balié TOPLA, DBA
 
Executive Director
Cote d’Ivoire Coalition, Inc.
Washington DC



A télécharger:


Les annexes

PROCHAINE VISITE DE OUATTARA EN FRANCE - LE PARTI DE MELENCHON MONTE AU CRENEAU

 

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Dans un texte au vitriol, Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon, rappelle à François Hollande les problèmes de fond d’une Côte d’Ivoire où la démocratie est piétinée et où la vie chère écrase le bas peuple. Alors que l’actuel maître d’Abidjan se prépare à faire une visite (tardive) sur les bords de Seine. Il a diffusé son texte avant que le dernier massacre perpétré au sein du camp des déplacés de Nahibly (Duékoué) ne jette une lumière crue sur la nature du régime qui domine actuellement sur les Ivoiriens.

"La situation en Côte d’Ivoire se caractérise actuellement par l’absence de respect des règles démocratiques en particulier par l’empêchement de toute expression véritable de l’opposition, mais aussi  par une insécurité générant la peur dans la population. S’ajoutent à cela la vie chère, le manque de monnaie métallique en circulation, des banques prédatrices, une question foncière qui s’aggrave avec l’arrivée de nouveaux occupants, des salaires impayés.  Nicolas Sarkozy avait accueilli  avec un faste déplacé son ami Alassane Ouattara à Paris pour célébrer la «réconciliation» des deux pays. En fait, pour sauver les liens néo-coloniaux : perpétuation de la présence militaire française à Abidjan, contrats importants pour les entreprises françaises, soutien diplomatique réciproque. François Hollande s’apprête à recevoir Alassane Ouattara prochainement et le Parti de Gauche souhaite rappeler à cette occasion au gouvernement français les vraies priorités qui devraient être les siennes vis-à-vis du peuple ivoirien :  cesser son interventionnisme militaire, donner une suite favorable à la demande de  commission d’enquête parlementaire sur les interventions militaires françaises dans la crise ivoirienne, se préoccuper de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, aider au retour des personnes déplacées ou exilées et garantir leur sécurité, engager la Cour Pénale Internationale à juger équitablement les deux camps. C’est à la réconciliation entre les Ivoiriens que doit chercher à contribuer le gouvernement français,  en demandant la libération des prisonniers politiques emprisonnés sans jugement,  en demandant la formation d’un gouvernement plus équilibré sur les plans politique et ethnique et la réintégration des fonctionnaires et forces de l’ordre mis à l’écart pour des raisons politiques. Mais l’exigence première doit être celle du respect des libertés publiques et politiques, de la liberté d’expression, du soutien aux  efforts de la société civile ivoirienne pour occuper la place qui lui revient, de façon à ce que soient créées les conditions d’un vrai dialogue entre l’ensemble des protagonistes".
 


Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon


dimanche, 22 juillet 2012

DRAMANE OUATTARA JUSTIFIE LA SAUVAGERIE DE SES MILITANTS

 

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Dans son édition du 21/07/2012 à 20h, la TCI-RTI a reçu le commandant Alla Léon porte-parole du Ministre de la Défense. Parlant au nom de Dramane Ouattara, actuel ministre de la Défense, Alla Léon a indiqué que « les populations exaspérées par ces actes criminels à répétition, s’est déchainée pour se ruer vers le camp » où s’était selon lui, refugiés les quatre « assaillants » ayant abattu 5 personnes au quartier Kôkôman, quartier peuplé de Dioulas et Guinéens acquis à la cause de Dramane Ouattara. Plus loin il nous dira que des armes et des munitions ont été découvertes dans le camp hautement surveillé par des éléments de l’Onuci !

Que dire après avoir écouté ce communiqué ? La première des choses est que Ouattara approuve le carnage qui a eu lieu au camp des déplacés. Selon ce communiqué, c’est parce que les populations ont été « exaspérées » qu’elles ont tout détruit au camp des déplacés. Comprenons donc que dans ce pays, lorsqu’on est exaspéré, on ignore les forces de l’ordre et la justice on se fait tout simplement justice.

Ensuite, ce communiqué nous fait comprendre que les populations du quartier Kôkôman vivent le martyre à Duékoué puisqu’elles sont quotidiennement soumises à des « actes criminels à répétition ». Voulait-il par ce communiqué nous apprendre que la population Wê a fait des habitants de ce quartier Pro-OUATTARA, des cibles ? Ouattara et son porte-parole font preuve de mauvaise foi. N’est-ce pas leurs partisans qui sont devenus les vrais propriétaires de l’ouest ?

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Enfin comment comprendre que tout le camp et le marché des déplacés soit brulés alors que les habitants de Kôkôman ne cherchaient que les quatre « assaillants » ? Il y avait visiblement une ferme volonté de faire disparaitre ce camp. On aurait compris une telle rage des partisans de Ouattara s’il y avait eu un affrontement au sein du camp. Or rien n’indique qu’il a eu affrontement, c’est tout froidement que le camp et le marché des populations wê déplacées ont été brulés par les partisans de Ouattara.

Le Ministre de la Défense, M. Dramane Ouattara vient de nous révéler qu’il approuve le retour de ses partisans à l’Etat de nature. Amadou Soumahoro avait annoncé que l’ouest serait nettoyé. Le plan est donc en marche.

 

Source: FACEBOOK DEBOUT COTE D'IVOIRE

POURQUOI LA CPI A REFUSE LA LIBERTE PROVISOIRE A GBAGBO


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Plus de deux mois et demi après la requête de la Défense, la juge Silvia Fernandez de Gurmendi de la Cour pénale internationale, a rejeté la demande de mise en liberté provisoire du président Laurent Gbagbo. En usant d’arguments pour le moins contestables. Manifestement trop populaire, et politiquement trop «dangereux» ! A la lecture de la décision du Juge unique de la Cour pénale internationale (CPI) relative à la «requête de la Défense demandant la mise en liberté provisoire du président Gbagbo», qui déboute la Défense et va très largement dans le sens des arguments de l’Accusation, l’on peut avoir l’impression que l’exceptionnel soutien dont jouit le premier président de la Deuxième République ivoirienne fait peur aux magistrats qui siègent à La Haye. En tout cas, l’image d’un Gbagbo jouissant d’un large spectre de soutiens et pouvant renverser la situation à tout moment dès lors qu’il a un minimum de contacts avec ses proches et une once de liberté, apparaît sans arrêt dans ce document de 26 pages dont Le Nouveau Courrier s’est procuré une copie.

Voici les arguments de la Défense

 «Le 1er mai 2012, la Défense a soumis sa requête à la Chambre pour qu’elle ordonne la mise en liberté provisoire de M. Gbagbo sur le territoire de [REDACTED] ; ou, comme alternative, sur le territoire de [REDACTED]», résume le Juge unique Silvia Fernandez De Gurmendi. Le [REDACTED] signifie que le nom des deux pays qui ont visiblement offert l’asile au président Gbagbo ont été «expurgés», volontairement omis. Même si l’Ouganda a souvent été cité comme probable destination du fondateur du FPI. «La Défense soutient  (…) que la libération provisoire est justifiée afin de permettre la récupération physique et psychologique de M. Gbagbo, une condition pour assurer son droit à un procès équitable. (…) La Défense fait valoir que la libération conditionnelle devrait être accordée dans la mesure où un Etat partie au Statut a offert d'accueillir M. Gbagbo et à mettre en œuvre toutes les conditions nécessaires de restriction de liberté qui pourraient être imposées par la Chambre conformément à l'article (…)  A l'appui de son argument selon lequel M. Gbagbo ne se dérobera pas si elle est accordée en liberté provisoire, le Défense soutient que, dans la requête du Procureur pour un mandat d'arrêt contre M. Gbagbo, le Procureur s'est fondé uniquement sur les articles de presse afin de démontrer l'existence d'un risque de fuite. Contestant la valeur probante de ce type d'information, la Défense fait valoir en outre que le Procureur n’a pas présenté d'éléments supplémentaires pour corroborer ses allégations (…) La Défense soutient que M. Gbagbo a exprimé dans une lettre datée du 17 Avril 2012, son engagement à se conformer à toute demande émanant de la Cour ; M. Gbagbo a démontré depuis son arrivée à La Haye ses dispositions à coopérer avec la Cour ; M. Gbagbo a déclaré lors sa première comparution devant la Chambre qu'il se soumettra aux poursuites engagées contre lui jusqu'à la fin, parce qu’elles lui fournissent l'occasion de donner pour la première fois sa version des faits ; fuir serait à l'encontre des principes et des idéaux de M. Gbagbo et exposer inutilement sa famille, en particulier sa femme qui est actuellement détenue par les autorités ivoiriennes, au risque ; (…) M. Gbagbo n’a pas accès à des moyens financiers puisque ses comptes ont été gelés. De plus, les comptes bancaires des personnes qui le soutiennent ont été gelés. Il n’a donc pas les moyens de s’échapper même s’il le voulait», poursuit la juge Gurmendi. Qui a en toute connaissance de cause choisit de s’aligner sur l’argumentaire du bureau du procureur, aujourd’hui dirigé par Fatou Bensouda.

Pourquoi la CPI a dit non

Silvia Fernandez de Gurmendi explique longuement sa décision de refuser au président Gbagbo, pourtant durement éprouvé depuis avril 2011, une liberté provisoire réparatrice. «Le juge unique a pris note des observations de la Défense selon lesquelles, depuis son arrivée à La Haye, M. Gbagbo a démontré sa volonté de coopération et son respect pour la Cour, et en particulier l'engagement personnel de M. Gbagbo à comparaître devant la Chambre autant qu’elle l’estimera nécessaire. (…) Toutefois, le juge unique est d'avis que les assurances de M. Gbagbo ne sont pas en soi suffisantes pour accorder une libération provisoire, et sont compensées par des facteurs en faveur de son maintien en détention. (…) M. Gbagbo est accusé de quatre chefs de crimes contre l'humanité en vertu de l'article 7 du Statut, à savoir meurtre, viol et autres délits sexuels, violence, actes inhumains et persécutions. Le juge unique considère que la gravité des accusations portées contre M. Gbagbo, et la longue peine de prison qui peut s'ensuivre en cas de condamnation, constituent une incitation à prendre la fuite. (…) En outre, le juge unique note que d'autres Chambres de la Cour ont déjà trouvé que les considérations relatives au passé et au présent du suspect, sa position politique et professionnelle, ses contacts internationaux et ses liens, sa situation financière et ses ressources, et la disponibilité des ressources en termes de réseaux et de finances nécessaires sont des facteurs pertinents de détermination de l'existence d'un risque de fuite. (…)»

Fondamentalement, la Juge unique considère l’influence et l’aura de Gbagbo, qui demeurent en dépit de tout, comme un facteur de risque. «En ce qui concerne les moyens à la disposition de M. Gbagbo pour prendre la fuite, la Défense fait valoir que M. Gbagbo a une possibilité d’action limitée. Cependant, cette affirmation de la Défense est contredite par d'autres informations disponibles. Tout d'abord, le juge unique estime pertinente la démonstration du Procureur, étayée par des preuves documentaires, quecertains actifs appartenant à M. Gbagbo ou son épouse ne sont peut-être pas gelés à ce jour. Deuxièmement, et plus important encore, il semble exister en Côte d'Ivoire un réseau vaste et bien organisé de sympathisants politiques de M. Gbagbo (…) De plus, il a des contacts politiques à l'étranger. (…) Il n'y a aucune indication selon laquelle le réseau de soutiens a cessé ses activités (…) Bien au contraire, le Procureur fournit de nouvelles informations sur les membres du réseau, son objectif comme étant la «libération» de M. Gbagbo (…) La capacité du réseau est également forte, ainsi que le prétend le Procureur, du fait qu'il a réussi à mobiliser plus de 140.000 appels téléphoniques à la Cour au cours d'une courte période de temps en Décembre 2011. Le juge unique considère avec un intérêt particulier le communiqué de presse publié le 25 Février 2012 par l'Ordinaire Comité central du Front Populaire ivoirien, parti politique de M. Gbagbo, dans lequel il est indiqué que «le Comité central prend note de l'importance de la période de Janvier à Juin 2012, au cours de laquelle la mobilisation et la vigilance doit être renforcées afin d'obtenir la libération de Laurent Gbagbo, le retour pacifique des exilés, la liberté de tous les prisonniers et le rétablissement de la démocratie.» Dans l'évaluation de la juge unique, il existe un risque que M. Gbagbo utilise les moyens que son réseau de soutien pourrait fournir en vue de se soustraire à la justice dans le cas où il lui est accordé la liberté provisoire. Sur la base de l'analyse ci-dessus, le juge unique conclut que le maintien en détention apparaît nécessaire pour garantir la comparution de M. Gbagbo devant la Cour», peut-on lire. «Le matériel disponible indique que les activités du réseau de soutien de M. Gbagbo, en particulier son parti politique, semblent être orientés vers son retour au pouvoir. (…) Le juge unique est d'avis que M. Gbagbo pourrait en effet utiliser le réseau de ses partisans à commettre des crimes relevant de la compétence de la Cour. Par conséquent, le juge unique est d'avis que le maintien en détention de M. Gbagbo apparaît nécessaire pour l'empêcher de continuer à commettre des crimes relevant de la compétence de la Cour», poursuit la juge argentine.

Gurmendi ne fait pas confiance aux Etats africains

Visiblement, la CPI fait plus confiance aux Pays-Bas, en tant que pays-hôte, qu’aux pays africains ayant ratifié le statut de Rome, quant à leur capacité à rendre disponible un accusé, et donc à leur sérieux. «Le juge unique prend note de l'information et des assurances fournies par [REDACTED, il s’agit d’un Etat africain désireux d’accueillir le président Gbagbo] par rapport aux conditions qu'il est disposé à appliquer l'encontre de M. Gbagbo. Le juge unique note, comme le souligne le Défense, que les autorités de [REDACTED, il s’agit d’un Etat africain disposé à accueillir le président Gbagbo] ont également exprimé leur volonté d'imposer [à Gbagbo, ndlr] d'autres conditions spécifiques (…) Le juge unique est cependant d'avis que, à la lumière des circonstances décrites ci-dessus et qui ont conduit à sa conclusion selon laquelle le maintien en détention est justifiée, les conditions pour atténuer ces risques ne sont pas réunies. En particulier, le juge est attentif à un fait, également noté par le Procureur : la simple possibilité pour M. Gbagbo de communiquer efficacement avec les membres de son réseau lui permettrait de prendre la fuite, d’interférer avec l'enquête ou les procédures judiciaires, ou de commettre des crimes relevant de la compétence de la Cour. La Juge unique est d'avis que les risques existants ne peuvent être efficacement gérés que dans le cadre de la détention au siège de la Cour. En conséquence, la requête de la Défense à la libération conditionnelle est rejetée», peut-on lire dans le document produit par la juge argentine.

Pourquoi la Juge refuse de considérer l’état de santé du président Gbagbo

 «La réglementation 103 (5) du Règlement de la Cour se réfère expressément à des situations où une personne détenue peut nécessiter un traitement médical. En vertu de cette disposition, même si les arguments de la Défense quant à la nécessité pour M. Gbagbo de suivre un traitement ont été considérés comme suffisamment pris en charge, M. Gbagbo doit, autant que possible, être traité dans le centre de détention. Si l'hospitalisation est nécessaire, M. Gbagbo doit être transféré dans un hôpital sans délai (…) En ce qui concerne l'aptitude à subir son procès, le juge unique rappelle que cette question est précisément réglementée par l'article 135 du Règlement, qui est également applicable aux procédures préalables au procès. La règle 135 du Règlement ne prévoit pas la mise en liberté provisoire ou conditionnelle comme un remède pour une personne jugée inapte à subir son procès. En fait, l'article 135 du Règlement prévoit que, lorsqu'une Chambre est convaincue, sur un examen médical, que la personne est inapte à subir son procès, le remède juridique est l'ajournement de la procédure. Si la personne est jugée inapte à subir son procès, l'affaire doit être révisée tous les 120 jours, à moins qu’il y ait des raisons de faire autrement. Le juge unique rappelle que la procédure prévue à l'article 135 du Règlement a été déclenchée par la Défense et que les rapports d'experts sur l’état physique et l’examen psychologique et psychiatrique de M. Gbagbo sont attendus sous peu. À la lumière de ce qui précède, le juge unique estime que la libération provisoire ou conditionnelle ne peut être ordonnée sur la base des conditions de santé présumées de M. Gbagbo», écrit la juge Silvia Fernandez De Gurmendi dans sa décision dont Le Nouveau Courrier a obtenu une copie.


 

Document traduit et présenté par Philippe Brou


SourceLE NOUVEAU COURRIER

FRAYEUR EN COTE D'IVOIRE - OUATTARA A ENCORE TUE A DUEKOUE: 73 MORTS!


DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES.jpg

 

Je dis bien 73 et non 13. Un chiffre que le gouvernement veut cacher et sur lequel le Conseil de sécurité de l’ONU, la Commission des droits de l’homme de l’ONU, Amnesty International, Human Right Watch, se taisent.


Censé être protégé par l’ONU, le camp de déplacés de Niambly, voisin de Duékoué et abritant surtout des autochtones d’ethnie Guéré, a été attaqué très tôt aux environs de 8H, par des FRCI, des dozos et de jeunes malinkés, en représailles, disent-ils, à la mort de quatre personnes tuées durant la nuit par des inconnus, dans un quartier de Duékoué.

Selon de nombreux témoignages concordants, on dénombre 73 morts. Il faut signaler que Ouattara, lors de sa tournée dans cette zone, avait demandé la fermeture de ce camp et qu'Amadou Soumahoro le Secrétaire général de son parti, le RDR, avait publiquement juré de «nettoyer» tout l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Pour notre malheur, les menaces proférées sont mises à exécution sous les yeux complices de l’ONU et de toutes les ONG et organisations de défense des Droits de l’homme.

Ci-dessous, quelques photos de l’horreur: (Ames sensibles, s'abstenir)

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samedi, 21 juillet 2012

LA GUERRE A L’HIVERNAGE

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Nous sommes actuellement dans une vaste opération consistant à tordre le coup à l’histoire. Il s’agit en effet pour les tenants du pouvoir ivoirien et leurs alliés, d’imposer une nouvelle vision du monde ; un monde qui répond bien à leurs aspirations. L’épine dorsale du monde qu’ils tentent ainsi de créer n’est rien d’autre que le mensonge, le faux. C’est donc un combat contre la vérité, une déformation sauvage des faits qui à l’évidence apparait comme une vaine guerre, une guerre à l’hivernage, une guerre perdue d’avance. Dans ce périple organisé par les hommes du pouvoir ivoirien, un autre vient de montrer son zèle : Raphaël Oré Lapké actuel président du Conseil National de la Presse (CNP).

Il est certes vrai qu’il n’a pas eu besoin de succéder à M. Eugène Kacou pour prouver son militantisme et son attachement à Alassane Dramane Ouattara, mais il a fallu qu’il soit à son nouveau poste pour nous situer sur l’idée que le ridicule décrédibilise l’homme. Sa tâche consiste exclusivement à mettre au pas la presse de l’opposition qui semble avoir un peu trop de liberté. Selon lui, Soro Guillaume n’est plus un ex chef rebelle parce qu’une loi d’amnistie lui aurait retiré ce titre. Fort de cette conviction il a intimé l’ordre aux organes de presse de la façon la plus claire : « N’écrivez plus que Guillaume Soro, actuel Président de l’Assemblée Nationale est un ex chef rebelle. C’est un outrage à l’autorité. Cela est interdit pas la loi. » En d’autres termes tous ceux qui s’hasarderont à appeler l’auteur de Pourquoi je suis devenu rebelle, ex rebelle, se verront tout simplement sanctionnés. Quel zèle ! 

Pour la bonne compréhension de tous, il aurait fallu que Raphaël Lakpé présente la loi d’amnistie qui dénie à Soro Guillaume le titre d’ex rebelle. S’il ne l’a pas fait c’est tout simplement parce qu’il sait qu’une loi d’amnistie n’efface que des faits. Et dans le cas ivoirien les faits qualifiés « d’atteinte grave aux droits de l’homme et les crimes économiques » ne sont nullement couverts par la loi d’amnistie. En tout état de cause, les faits, mêmes effacés par la loi, demeurent dans les esprits tout comme le titre de l’auteur des faits. L’amnistie n’est donc pas une amnésie. Mais le service que Raphaël Lakpé avait voulu rendre à Guillaume Soro est refusé par celui-ci. En effet, Soro Guillaume lui-même a écrit un ouvrage intitulé Pourquoi je suis devenu rebelle. Le titre de cet ouvrage nous fait comprendre, sans le lire, que Soro Guillaume ne réprouve pas son activité de déstabilisation menée contre la Cote d’Ivoire.

Comment doit-on l’appeler après avoir visité, ou seulement posé un regard sur l’ouvrage ? Comment doit-on l’appeler après avoir confié à Alain Foccard sur RFI que dans sa rébellion il n’y avait aucune autorité au dessus de lui. N’avait-il pas été nommé premier Ministre parce qu’il était le chef de la rébellion, Secrétaire Général du MPCI, mouvement rebelle? Raphaël Lapké ne nous répondra certainement pas parce que sa guerre à l’hivernage à pour finalité le musellement de la presse de l’opposition, singulièrement celle acquise à la cause du Président Laurent Gbagbo. Cela est d’autant plus vrai que les journalistes du pouvoir bénéficient d’une bénédiction extraordinaire quant il s’agit de dégouliner des monstruosités sur le Président Laurent Gbagbo. Comment cette presse du pouvoir nomme-t-elle Laurent Gbagbo? Pour le quotidien le Nouveau Réveil, Gbagbo est « le colis gênant », l’Expression parle du « Machiavel d’Abidjan », le Patriote, lui, vole d’insanités en insanités sur Gbagbo qui est tantôt le « boucher d’Abidjan », tantôt « Hitler. » Nous n’avons pas connaissance d’une loi qui ôte au Président Laurent Gbagbo, son statut d’ancien chef de l’Etat. Si donc dire de Soro qu’il est un ex chef rebelle est « un outrage à l’autorité », alors dire également de Gbagbo qu’il est « un colis gênant » ou « le Machiavel d’Abidjan » est aussi un outrage à l’autorité, puisque son statut d’ancien chef de l’Etat fait de lui une autorité, tout comme le Président Henri Konan Bédié. Et si dans son entendement, n’est autorité que celui qui est aux affaires, alors qu’il s’empresse de faire abroger la loi portant statut des anciens chefs d’Etat. 

Il y a donc lieu, pour le militant du RDR, Président du CNP, de savoir que la presse ne rend qu’honneur à Soro Guillaume qui lui-même vante ses mérites de chef rebelle dans son ouvrage. On ne peut être plus royaliste que le roi. Si par extraordinaire, cette presse s’alignait sur les positions intéressées du Président du CNP (juste pour éviter les sanctions), les consciences garderont éternellement que Guillaume Soro est un ex chef rebelle. C’est en cela que l’acte de Lakpé est une guerre à l’hivernage.

Quoi qu’il fasse, ce titre de Soro Guillaume est déjà scellé dans l’histoire de notre pays. C’est donc une guerre perdue d’avance.

Cette guerre à l’hivernage épouse également la campagne de communication menée par le RDR ces derniers temps et dont l’objectif est de « désintoxiquer » ceux que les pro-Gbagbo ont, selon eux, « intoxiqué ». Le porte parole principal du RDR, le nommé Joël N’Guessan s’offre des plateaux pour en définitive retourner sans avoir « désintoxiqué ». Cela se comprend certainement parce qu’il n’est tombé amoureux du RDR que le 11 Avril 2011, jour de sa prise controversée du pouvoir. Pour lui, il n’y a pas de rattrapage ethnique en Côte d’Ivoire, le pouvoir n’est pas tribal. Pour se ridiculiser sur Vox Africa, il fait croire que si le rattrapage ethnique existait, lui baoulé, ne serait jamais responsable du Rdr. Avait-il besoin de préciser que le RDR est un parti essentiellement composé de nordistes et qu’il est juste là pour faire « joli » ? Avait-il besoin d’indiquer qu’il existe en Côte d’Ivoire une armée tribale dirigée par des nordistes avec des chasseurs traditionnels tous nordistes ? Etait-il nécessaire de souligner que l’administration est en mode « RDR », donc nordiste ? La liste étant peut être trop longue il a dû prendre un raccourci en se limitant a son ethnie baoulé. A-t-il pour autant convaincu le monde ? Non.

A-t-il convaincu le monde lorsqu’il a lâché qu’il était au gouvernement pour la forme ? Non. Que fait-on lorsqu’au gouvernement, le chef de l’exécutif vous arrache vos prérogatives, vous retire votre budget vous lie les bras ? On démissionne si on a un brin de dignité, à moins qu’on nous dise qu’on est dans l’équipe pour une autre mission, donc un agenda privé. Cette campagne de communication est donc une campagne perdue d’avance et le Professeur Harris Memel Fôté n’a pas eu tord de parler de guerre à l’hivernage. Car, les consciences sont déjà domestiquées par les prouesses du RDR : tribalisme, violence, mauvaise foi, vengeance.

Dans la même veine, le juge unique de la CPI Silvia Fernandez Gurmendi vient de rejeter la requête de mise en liberté provisoire du Président Gbagbo formulée par la défense. Ce qu’il y a lieu de retenir en gros est que Laurent Gbagbo demeure un homme politique bien ancré dans les cœurs des africains. Il est selon le juge un « politicien professionnel » qui a des « contacts internationaux » et des « liens » qui peuvent l’aider à « prendre la fuite ». Le juge établit ainsi la popularité de Gbagbo. Il a donc commis un « délit de popularité » c’est pourquoi sa demande de mise en liberté provisoire lui est refusée. La gravité des chefs d’accusation et la saugrenue idée d’une installation par la force de Gbagbo au pouvoir ne peuvent en aucun cas dissoudre l’idée de fond et la nature du procès. L’idée de fond est que Laurent Gbagbo est un homme politique qui gêne, les forces rétrogrades. Le procès lui, est politique. 

Le juge veut mener un faux combat qui d’ailleurs n’a aucune chance d’aboutir. Il s’agit pour elle de réprimer la popularité de Gbagbo. Comment peut-on légitimement rejeter une requête de mise en liberté provisoire au motif que l’intéressé est populaire ? Est-ce la faute à Gbagbo s’il est adulé par son peuple ? Est-ce la faute à Gbagbo si autour de lui se crée un bouillonnement intellectuel qui nous rappelle bien Nelson Mandela ? Est-ce la faute à Gbagbo si ses adversaires sont incapables d’éveiller les plumes d’intellectuels qui constituent des références au monde? Si son aura dérange la CPI c’est qu’il y a matière à réflexion. La CPI devrait bien s’interroger sur la véracité des faits dont le procureur et sa suite accusent Gbagbo. C’est donc en vain que Silvia Fernandez tente de condamner la popularité de Laurent Gbagbo. Plus les décisions de la CPI sont floues et imprécises, plus la sympathie pour Gbagbo prend l’ascenseur. La CPI pense-t-elle qu’elle parviendra à faire faiblir l’amour que « monsieur tout le monde » porte à Gbagbo ? Non. Tenter de le faire, c’est faire une guerre à l’hivernage et cette guerre est perdue d’avance.

Au-delà de cet aspect, notons que la CPI n’a cessé d’être taxée d’être une justice politique avec une fourrure juridique. Certains croient, sans doute naïvement, que la CPI est indépendante de l’occident, des grandes puissances ou des puissances d’argent. Jusque là, elle peine à le prouver. Malgré toutes ses bonnes déclarations, certaines faites la main sur le cœur, d’autres faites avec entre les mains, un courrier de félicitations destiné à Guillaume Soro, aucun début de signe ne nous permet de croire que l’institution est impartiale. 

Dans l’affaire opposant le procureur de la CPI au Président Laurent Gbagbo, celui-ci est accusé d’avoir à lui seul tué 3000 personnes dans une guerre l’opposant à une autre force militaire soutenue entièrement par l’Onu et ses agents commerciaux. Cette force fidèle à Alassane Dramane Ouattara n’a visiblement tué personne bien qu’elle ait mené une rébellion armée de Septembre 2002 au 11 Avril 2011 ! Fermer hermétiquement les yeux sur les tueries, vols, viols et autres pillages orchestrés par les forces pro-Ouattara pour ne juger que le seul Gbagbo, c’est convaincre le monde qu’il s’agit d’une justice politique donc partiale. Toutes les déclarations et autres incantations déversées ça et là par cette CPI n’est que de la poudre aux yeux. Elle ne fait que faire une guerre à l’hivernage car il est établit que la CPI est « le tribunal » des grandes puissances juste là pour servir leurs intérêts.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant


bouikhalaud10@gmail.com

CPI: LAURENT GBAGBO, L'HOMME AUX 140.000 APPELS

 

LAURENT GBAGBO - PRESIDENTIELLE 2010.jpg



Incroyable mais vrai. Du jamais vu. Le Président Laurent Gbagbo, de l'aveu de la CPI, a fait sauter le répondeur de la CPI, dès son arrivée à la prison de Schevenigen à La Haye, fin novembre 2011. 

En quelques jours, il a reçu « plus de 140.000 appels téléphoniques à la Cour au cours d'une courte période, en Décembre 2011 ». 

Ce sont les aveux de la juge Silvia Fernández de Gurmendi, juge unique exerçant les fonctions de la Chambre préliminaire I, dans sa décision de refus d'accorder la liberté provisoire à GBAGBO, comme demandé par son avocat, Me Emmanuel Altit.

Admirez toute la prestance de l’homme aux 140.000 appels.

C'est un aveu de taille fait par cette dernière au profit de Laurent Gbagbo, car tous les arguments tendant à le faire passer pour un criminel de guerre impopulaire dans son pays, qui s'accrochait au pouvoir après avoir perdu les élections, volent ainsi en éclats, grâce à la CPI elle-même. 

La juge Silvia Fernández vient, sans le savoir, d'avouer que Laurent Gbagbo est l'homme le plus populaire dans son pays, qui a gagné l'élection présidentielle, et qui est aujourd'hui injustement incarcéré à la CPI, sur la base de mensonges montés de toutes pièces par le lobby Sarko-Obama-Ban Ki Moon, dont le valet de service se nomme Alassane Dramane Ouattara, usurpateur de la dignité de chef de l'Etat de Côte d'Ivoire.

Le mensonge court vite mais la vérité finit toujours par le rattraper. 

C'est ce qui vient de se passer avec cette lettre de refus d'accorder la liberté provisoire à Laurent Gbagbo, au motif qu'il est populaire dans son pays et dans le monde entier. Sacré Laurent Gbagbo, l'homme qui a réussi à faire sauter le répondeur de la CPI en recevant 140.000 appels en quelques jours en décembre 2011. Du jamais vu, digne des records Guinness.

 

Michèle Lafont 


Correspondante aux Pays-Bas


Source: FACEBOOK DEBOUT COTE D'IVOIRE

DUEKOUE - UN CAMP DE REFUGIES ATTAQUE PAR LES FRCI, LES DOZOS ET LA POPULATION, AU NEZ ET A LA BARBE DE L'ONUCI

 

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Duékoué: Un camp de réfugiés attaqué par les FRCI, les dozos et la population, au nez et à la barbe de l’ONUCI. 13 morts et des dizaines de blessés

 

Une attaque de grande envergure perpétrée par les FRCI, les chasseurs dozos, et la population, contre le camp de réfugiés de Nahibly à l’entrée de Duékoué, s’est soldée hier par 13 morts et plusieurs blessés.

Cette attaque s’est opérée au nez et à la barbe des soldats de l’ONUCI, pourtant chargés de la sécurisation de l’Ouest ivoirien.

L'ONU, à la manière d’un pompier après le feu, a condamné ces attaques perpétrées hier par les FRCI, les dozos, et la population, contre le camp de Nahibly. Le représentant spécial du secrétaire de général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders n'a pas expliqué pourquoi le contingent de Casques bleus chargé de protéger le camp n'avait pu empêcher cette expédition punitive.

Il a juste "déploré cet acte criminel perpétré en violation flagrante du droit humanitaire international et souligné encore une fois la gravité de la situation dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire".

Il a tenté de dédouaner son organisation de la façon la plus maladroite en appelant à la responsabilité des autorités nationales et locales de faire plus d’efforts pour assurer la sécurité sur place, alors que c’est bien les casques bleus qui étaient chargés de protéger le camp de Nahibly.

"Je n'arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer pour que l'ONU n'ait pas réussi à maintenir (à l'extérieur, ndlr) la foule venue se venger", a confié le père Cyprien Ahouret, curé de la mission catholique de Duékoué. Il a regretté qu'un "braquage" ait mené à ce drame: "Ici, lorsqu'il y a une crise, les ethnies se l'approprient".

Les Malinké sont considérés comme des soutiens d'Alassane Ouattara, tandis que les Guéré sont vus comme favorables au Président Laurent Gbagbo.

Que fait donc l’ONUCI en Côte d’Ivoire si les FRCI, les dozos, et les populations peuvent mettre à feu et à sang, un camp de réfugiés sous leurs yeux ?

Comment en est-on arrivé-là?

Selon nos sources, tout serait parti d’attaques perpétrées dans la nuit du jeudi au vendredi par des bandits à Duékoué, quartier résidentiel extension II, et causant la mort de quatre personnes. C’est aux environs de minuit à 2 heures du matin que l’attaque a eu lieu.

En représailles, les populations de ce quartier également appelé "Kokoma", ont décidé de se faire justice elles-mêmes.

Ainsi, accompagnées de FRCI et de chasseurs Dozos, elles ont lancé une expédition punitive sur le camp des réfugiés de Nahibly, car selon eux, les bandits viendraient de ce camp.

Tout s’est passé au nez et à la barbe des casques bleus de l’Onuci, pourtant commis à la sécurité du camp. Le portail du camp a été forcé et la clôture mise à terre. Le camp ensuite mis à feu et à sang. Les 5.000 réfugiés de ce camp prennent la clé des champs. C’est le branle-le-bas de combat. Des coups de feu fusent de partout ainsi que les coups de machettes, de gourdins, etc…

Après, c’est au tour du petit camp qui abrite 3.000 personnes, et qui est situé derrière la Mission catholique, d’être attaqué par la population, les FRCI et les dozos.

Bilan de la razzia d’hier : 13 morts parmi les réfugiés des deux camps et des dizaines de blessés.

Nous y reviendrons.

 

Serge Touré

vendredi, 20 juillet 2012

L'ADRESSE DU COJEP AU PRESIDENT DE LA CDVR, CHARLES KONAN BANNY


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Monsieur le président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation,
 

Le COJEP, voudrait par ma voix, vous traduire sa gratitude, pour la promptitude avec laquelle vous recevez ses responsables chaque fois que vous avez  été sollicité.
 
Monsieur le président, cette rencontre, la deuxième du genre, depuis que la lourde tâche de réconcilier les ivoiriens vous a été confiée, est une occasion pour nous, de porter à votre connaissance, les préoccupations qui sont les nôtres et tracer ensemble les sillons qui conduisent à la paix dans notre pays.
 
Autrement dit, nous sommes venus traduire en acte, le courrier officiel que le fondateur du COJEP, le président Charles Blé Goudé vous a adressé, depuis son lieu d'exil forcé.
 
Monsieur le président,
 
Le COJEP, est un mouvement responsable, qui a toujours oeuvré pour la paix et la réconciliation dans notre pays. Sa philosophie et sa ligne politique tranchent d'avec l'utilisation des armes et la force comme moyens d'accession au pouvoir. C'est pourquoi, le COJEP et ses responsables ne comprennent pas la traque et la répression systématique dont sont victimes ses responsables et militants.
 
En effet, monsieur le président, en plus du fait que notre siège est toujours occupé par les FRCI, toutes nos manifestations sont systématiquement interdites ou dispersées par les FRCI, malgré toutes les assurances et autorisations obtenues auprès des autorités compétentes, comme l'exige la loi.  Il ne se passe pas une seule semaine, un seul mois, sans qu'un responsable du COJEP ne soit enlevé et incarcéré, avec un chef d'accusation qui, nous en sommes maintenant convaincus, a été taillé à la mesure du COJEP: atteinte à la sûreté de l'Etat. Les cas sont légions, monsieur le président. Le vice-président du COJEP, le camarade YOUAN BI AGENOR, a été enlevé à Aboisso, alors qu'il venait de participer à une cérémonie à laquelle il représentait son supérieur hiérarchique de l'Agence pour la Promotion de l'Emploi (AGEPE). Accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat, Youan Bi Agenor croupit à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA), depuis plus de neuf mois. Tout récemment, alors qu'il venait d'accorder une interview au quotidien "Notre Voie", le président par intérim du COJEP, a été kidnappé par des hommes en tenues qui l'ont conduit au camp Génie d'Adjamé où lui et notre coordinateur d'Oumé ont subi, trois semaines durant, des tortures et autres traitements inhumains.
 
Accusés d'atteinte à la sûreté de l'Etat, Yavo Martial et le coordinateur du COJEP d'Oumé ont rejoint Youan Bi Agenor à la MACA.  Le camarade Zéliahourou, cordinateur adjoint du COJEP de Gagnoa, a été enlevé et se trouve à la direction de la surveillance du territoire.  A sa suite, le camarade Gonto Olivier, coordinateur du COJEP de Daloa a été enlevé, vendredi 13 Juillet 2012, battu à sang avant d'être mis en liberté le lendemain, après une rançon payée par sa famille. À  San Pedro, plusieurs responsables du COJEP sont  portés  disparus et la plupart de nos coordinateurs sont interdits de retourner dans leurs localités respectives où ils vivaient. Monsieur le président, pour leur appartenance au COJEP, beaucoup de nos camarades ont purement et simplement été licenciés de leurs différents services où ils servaient leur pays. Même le domicile de notre leader (Charles Blé Goudé) est jusqu'aujourd'hui occupé par les FRCI, malgré toutes les assurances à nous données par les autorités. Monsieur le président, nous vivons dans la terreur et la hantise. Nous sommes des prisonniers en sursis. C'est à juste titre que nous nous demandons si le COJEP est dissout ou interdit d'activités par les autorités de notre pays. Monsieur le président, non seulement le COJEP n'est pas une milice, mais il n'est associé à aucun projet de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Mouvement de réflexion et de pression, le COJEP, prépare en ce moment son congrès, afin d'adapter ces textes et ses organes dirigeants aux changements socio-politiques dans notre pays.
 
Monsieur le président,
 
Voici exposées, les raisons qui nous ont conduits à vous. Cependant, malgré  toutes les injustices dont nous sommes victimes, nous nous associons à la main tendue de notre leader, pour la réconciliation entre ivoiriens. Nous vous encourageons à créer les conditions pour que se tienne la rencontre qu'il a souhaitée avoir avec vous, car connaissant son engagement et son amour pour la Côte d'Ivoire, nous savons de quoi est capable Charles Blé Goudé. Les mauvaises langues sont aux aguets et nous n'avons pas le droit de leur donner raison. C'est pourquoi, nous souhaitons que vous travailliez à créer un environnement propice à la réconciliation, en intercédant auprès des autorités afin que soient mis en liberté la plupart des prisonniers politiques dont les camarades du COJEP.
 
Monsieur le président,
 
Nous vous sommes reconnaissants, pour le temps que vous avez pris pour nous écouter, et nous vous rassurons de notre disponibilité à vous accompagner dans votre difficile mission, dans l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire. Dans l'espoir que nos propos trouveront auprès de vous un écho favorable, par ma voix, le COJEP vous remercie.
 
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!
 
 
Fait à Abidjan, le 18 Juillet 2012
 

Pour le COJEP,
Le vice-président
 
 
Blé Sépé Mark