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mercredi, 11 juillet 2012

INTERVIEW: «LA DEMOCRATIE SE CONSTRUIT AVEC LES IDEES DE L'OPPOSITION ET PAS AVEC LE SANG DES OPPOSANTS»

 

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Alors que Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) s’apprête à fêter sa première année d’existence, nous nous sommes entretenus avec la Conseillère exécutive du président de LIDER, Nathalie Yamb. Elections municipales, statut de l’opposition, critique du gouvernement, bilan du parti, personnalité de Mamadou Koulibaly, un entretien sans tabous et sans langue de bois.


Dans quelques jours, le 14 juillet 2012, LIDER soufflera sa première bougie. Quel bilan tirez-vous ?

Nathalie Yamb : Un mois après la création de LIDER, nous avons procédé au lancement officiel du parti. Au bout de quatre mois, après l’obtention du récépissé du ministère de l’Intérieur, nous avons organisé notre premier congrès, au cours duquel les textes du parti et sa structure ont été adoptés. Nous avons commencé l’installation du parti sur le territoire national. Nous avons participé aux élections législatives en présentant douze candidats dans huit circonscriptions. Certes, nous n’avons eu aucun élu, mais le parti en a profité pour se faire connaître. Nous étions le seul parti qui expliquait aux électeurs que le rôle du député n’est pas de construire des routes et des hôpitaux, mais de contrôler l’activité gouvernementale. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus et le résultat est que nous nous retrouvons avec un parlement monocolore qui ne touche à aucune loi alors que le gouvernement prend des ordonnances à tour de bras. Nous avons organisé la critique gouvernementale, dénoncé l’hyper-présidence d’Alassane Ouattara, proposé une réforme constitutionnelle pour passer au régime parlementaire, proposer un statut de l’opposition, proposé un chronogramme de dialogue gouvernement / opposition pour aller à la réconciliation. Nous avons organisé et réussi le bilan de l’an 1 de gouvernance RHDP. Nous avons lancé notre site web, notre page Facebook, notre compte Twitter. Le 14 juillet prochain, le Pr. Koulibaly lancera sa propre page Facebook et ouvrira son propre compte Twitter et d’autres innovations suivront. A ce jour, nous avons plus de 50.000 adhérents, même s’il n’y a qu’environ 2.000 qui paient leurs cotisations. Nous avons participé à différents séminaires ici et à l’étranger. Nous avons présenté le parti à la communauté internationale, avons eu des rencontres fructueuses et intéressantes avec les ambassadeurs d’Allemagne, de Suisse, des Etats-Unis, d’Arabie Saoudite, du Japon, de Belgique, du Burkina Faso, du Nigeria, de Chine, de Russie etc. et nous continuons cette intense activité diplomatique. Nous organisons des formations pour nos militants, car il faut savoir que 60% de nos adhérents n’ont jamais fait de politique et trouvent à LIDER le discours et le cadre idoines pour sortir du carcan triangulaire Bédié – Gbagbo – Ouattara qui ne propose que querelles, haine et tribalisme. Nous avons distribué des milliers de manifestes afin de disséminer nos idées et nos propositions aux populations. Nous avons investi des coordinations à Abidjan et à l’intérieur du pays et travaillons à l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora, toute chose nécessaire pour réussir l’alternance en 2015.

Le président de la République vient de saisir le conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir l’appui de l’ONUCI pour l’organisation des élections municipales avant la fin de l’année 2012. Quel est votre avis là-dessus ?

NY : Il y a deux mois, à Grand-Bassam, nous sommes tombés d’accord avec le gouvernement pour convenir que des questions vitales devaient être réglées en urgence afin de paver la route de la réconciliation et de la paix en Côte d’Ivoire, qui sont les conditions nécessaires à la tenue de consultations électorales sereines, inclusives et crédibles. Il s’agissait entre autres, d’effectuer un recensement de la population, à propos duquel le gouvernement nous a informé qu’il serait terminé avant fin 2012 ; d’actualiser la liste électorale élaborée en 2009 en y incluant les nouveaux majeurs ; de recomposer la CEI, au sein de laquelle siègent encore des forces militaires ;  de réaliser effectivement le désarmement et de sécuriser réellement les biens et les personnes sur l’intégralité du territoire national et de mettre en place le statut de l’opposition. Nous pensons qu’il n’y a aucune urgence à organiser les élections municipales en l’absence d’unenvironnement serein et d’un cadre démocratique réel. S’il est vrai que les scrutins locaux n’ont pas un enjeu aussi vital que les élections nationales, les municipales à venir seront considérées par tous comme le socle d’une élection présidentielle de 2015 apaisée. Nous ne comprenons donc pas la volonté du chef de l’Etat à courir aux élections avant la fin de l’année, sauf à penser qu’il a un agenda caché et table à nouveau sur un boycott des élections de la part de l’opposition pour rafler intégralement la mise lors du scrutin, alors que la coalition gouvernementale assure déjà la gestion de la majorité des municipalités depuis 2001.

On sent une obsession et un besoin de statut de l'opposition et de financement public de la part de LIDER.

NY : Le statut de l’opposition n’est pas agencé uniquement autour du financement des partis. Il est construit autour de l’idée que ceux qui gagnent les élections gouvernent et que ceux qui les perdent ont également un rôle à jouer dans la construction démocratique. L’opposition a des droits et des devoirs qui s’exercent dans un cadre spécifique et suivant des règles bien précises. C’est parce que l’opposition n’a pas de statut clair, cohérent, connu et reconnu que la défaite électorale est souvent vécue comme une disgrâce ultime et que les conflits sanglants et crises meurtrières naissent, durent et perdurent en Afrique noire dite francophone. Sous Ouattara, l’opposition  a disparu du parlement ivoirien, pourtant il ne peut y avoir de démocratie s’il n’y a pas d’opposition. La démocratie se construit avec les idées de l’opposition et pas avec le sang des opposants. L’opposition est interdite d’accès aux média d’Etat. Les opposants sont étouffés financièrement. Les salaires et indemnités des députés de la législature sortante sont toujours retenus illégalement par le président de la République. Leur droit à la retraite, pour laquelle ils ont pourtant cotisé, n’est pas encore reconnu. Les avantages liés au statut d’ancien président d’institution, qui fait l’objet d’une loi, sont refusés au président de LIDER, ancien président de l’Assemblée nationale, alors que d’autres en bénéficient sans problème. Pour jouer pleinement leur rôle, les partis d’opposition ont besoin d’un financement clair, pour lequel ils doivent rendre compte. Nous rappelons que le RDR, bien que non représenté au Parlement de 2001 à 2011, a été financé sur fonds publics. Monsieur Ouattara souhaite sûrement que Mamadou Koulibaly vienne nuitamment lui demander de l’argent, comme le font bien d’autres acteurs politiques. Cela nous a d’ailleurs été fortement suggéré, mais nous disons clairement que cela n’arrivera pas. A LIDER, nous disons qu’il faut cesser de nier le rôle de l’opposition. Nous refusons sa clochardisation et la compréhension opportuniste que le gouvernement en a. Le chef d’Etat préfère de loin avoir quelques opposants comme ministres afin de les avoir à sa merci. Tous ceux qui ne sont pas à sa solde courent le risque d’être présentés comme des putschistes putatifs, agents de l’étranger, déstabilisateurs... A LIDER, nous disons que la Côte d’Ivoire n’est pas un gâteau et que les motivations des hommes et femmes politiques ne doivent pas être comment se partager les richesses entre eux, mais comment mettre en place un cadre de développement qui profitera à toutes les populations.

Pourquoi LIDER prend un savant plaisir à critiquer Ouattara et ses actions, plutôt que de mettre l’accent sur ses propres propositions?

NY: En tant que parti d’opposition, le rôle de LIDER est d’informer les Ivoiriens sur ce que le président Ouattara leur cache ou ne leur dit pas et de proposer un programme d’alternance. Notre programme n’a pas à se superposer au sien. L’alternance implique l’altération de la politique du gouvernement. A chaque fois que nous avons critiqué les «solutions» du gouvernement Ouattara, nous avons énoncé les propositions de LIDER comme le meilleur choix alternatif.

Nous avons critiqué les ordonnances illégales dont il raffole, et nous avons recommandé de prendre le chemin de l’Assemblée nationale. Nous avons critiqué son hyper-présidence qui a fini par plonger dans la tyrannie, et nous avons proposé le régime parlementaire pour limiter les dérives de ce genre à l’avenir. Nous avons dénoncé sa vengeance justicière et avons proposé une justice équitable et un système judiciaire réformé et crédible. Nous avons dénoncé sa gouvernance obscure et avons proposé de passer aux appels d’offre ouverts à tous et transparents. Nous avons dénoncé vivement sa politique de rattrapage ethnique et disons que chez LIDER, nous voulons construire une nation cohérente et prospère. Nous avons fait le bilan de sa première année de gouvernance et avons critiqué sa propension systématique à étouffer les Ivoiriens. En parallèle, nous proposons de libérer les énergies. Nous avons critiqué son fourvoiement dans la gestion de la crise malienne en suggérant dès le départ que l’on puisse considérer comme prioritaire la question de la rébellion Touareg et sa résolution. Nous dénonçons le fait que Ouattara fasse croire aux Ivoiriens que l’obtention du PPTE est la panacée et nous expliquons qu’il va falloir rembourser quand  même, autant sinon plus qu’avant et qu’aucun pays émergent n’est jamais passé par le PPTE. Nous critiquons sa politique de décentralisation et nous suggérons un débat public sur le découpage, ce qu’il s’était engagé à faire mais semble avoir oublié. A propos de son programme du «Vivre ensemble», nous disons que les Ivoiriens vivent déjà ensemble, mais que ce qu’il manque, c’est le savoir-vivre.

Ceci ne nous empêche pas, lorsque le gouvernement fait quelque chose de bien, de le reconnaître. Ainsi, lorsqu’il a invité les partis d’opposition au conclave de Grand-Bassam, nous avons salué son initiative et participé aux travaux, qui ont été francs et productifs. Force est cependant de constater que tout cela n’était pas bien sérieux et que le gouvernement cherchait simplement à obtenir une photo de famille pour faire croire à l’opinion publique ivoirienne et à ses créanciers et donneurs d’ordre internationaux qu’un semblant de cadre démocratique existe en Côte d’Ivoire. Deux mois après Grand-Bassam, alors que le gouvernement s’est inscrit aux abonnés absents et qu’aucune des résolutions convenues à l’unanimité n’a été mise en œuvre, nous pouvons affirmer que le président de la République ne veut pas du dialogue républicain et que la perspective d’une décrispation réelle et d’une réconciliation profonde ne l’arrange pas. Mais ne pensez surtout pas que cela nous fait plaisir. A chaque fois que nous devons tirer ce genre de conclusion ou avons matière à critiquer l’action gouvernementale, cela nous attriste parce que cela signifie que les populations sont encore maintenues en otages dans l’insécurité et la pauvreté qu’elles n’ont que trop endurées.

Certains voient en Mamadou Koulibaly une sorte de Bayrou local, c'est-à-dire, un fort en thème et agitateur d'idées, peu enclin à être plus que le troisième homme...

NY : L’analogie avec Bayrou ne me paraît pas claire, mais je suis toujours étonnée quand l’on met idées et actions en opposition. C’est très dramatique, parce que c’est ainsi qu’on voit des gens qui, dans l’opposition, promettent des actions et des solutions irréfléchies, et qui, une fois arrivés au pouvoir, mélangent tout, tournent en rond, ne savent plus quoi faire et se réfugient dans une communication vide de contenu ou dans la violence et l’intimidation.

Mamadou Koulibaly a l’avantage de brasser des idées, des propositions, mais en même temps, il a été ministre du Budget, ministre de l’Economie et des Finances, président de l’Assemblée nationale de ce pays. Il a, en tant que ministre du gouvernement de transition, dans une situation de crise et de tension de trésorerie, conçu et fait exécuter le budget de l’Etat et réussi à organiser les élections de 2000 sans un centime de financement extérieur. C’est du concret. Il a défendu la souveraineté de la Côte d’Ivoire quand elle était mise en danger à Marcoussis ou par le GTI en 2004. C’est du concret. Certaines personnes s’irritent quelques fois du fait que Mamadou Koulibaly a souvent raison, et que si on l’avait écouté, on n’en serait pas là où nous sommes aujourd’hui. Mais ce n’est pas un sorcier. C’est simplement qu’en prenant le temps de réfléchir à une situation, on en cerne tous les contours et on se prépare en conséquence. Et que si on choisit, en tout connaissance de cause, d’entrer dans un tunnel, alors qu’il y a plein de chemins et d’avenues en plein air qui sont disponibles, alors il ne faut pas s’étonner que la seule voie de sortie, c’est le bout du tunnel, sans possibilité de retour.

A LIDER, nous sommes très à l’aise avec le fait de que le programme, les idées et la vision que nous proposons sont pensés, débattus, planifiés. Nos idées font l’objet d’échanges constants avec la société civile : c’est ainsi qu’on a rencontré les quatre grandes centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité, Humanisme), pour exposer notre stratégie de création d’emplois pour les jeunes et de modernisation du système de retraite en Côte d’Ivoire pour les moins jeunes, et recueillir en retour leurs suggestions et conseils au vu de leur plus grande connaissance du terrain. C’est dans le même esprit que nous avons rencontré les associations de commerçants, grossistes et détaillants pour discuter avec eux de notre stratégie de réduction du coût de la vie et des contraintes qui sont les leurs. La réforme du foncier et la remise de la terre kidnappée par l’Etat aux paysans étant au cœur de notre programme, nous nous sommes rapprochés des acteurs majeurs, comme les géomètres-experts de Côte d’Ivoire, qui, bien qu’ils soient les seuls habilités à délimiter le cadastre, n’ont jamais fait l’objet d’aucune consultation par le gouvernement, qui s’est pourtant réuni à Yamoussoukro en séminaire il y a quelques jours pour ne rien dire. Chez nous, les politiques sont agencées sur des idées opérationnelles capables de résoudre effectivement les problèmes qui accablent les Ivoiriens. La liberté et la démocratie sont des thèmes trop importants pour ne pas faire l’objet de profondes et sérieuses réflexions.

Peut-on envisager un retour de Mamadou Koulibaly au FPI, ou à défaut un rapprochement ? D’aucuns évoquent cette perspective parce qu’ils estiment que le FPI n’a plus de candidat de poids.

NY : Non, un retour de Mamadou Koulibaly au sein de son ancienne formation politique est exclu. Par contre, ceux qui disaient au FPI «après Gbagbo, c’est Mamadou Koulibaly», ceux qui se reconnaissaient dans ses idées, dans son franc-parler, dans sa façon de faire la politique, ceux qui sont prêts à laisser les stratégies divisionnistes et les discours sectaires, vindicatifs et violents derrière eux et qui partagent notre vision pour le progrès social en Côte d’Ivoire, tous ceux-là sont les bienvenus à LIDER.

Qui est Nathalie Yamb? Est-il exact que vous avez tout laissé et abandonné pour suivre Mamadou Koulibaly et ensuite LIDER ?

NY : (Rires). C’est bien la première fois que j’entends cela. Le suivisme n’est pas quelque chose qui me caractérise et ce n’est pas une valeur LIDER. On ne vient pas à LIDER pour suivre Koulibaly, mais parce que l’on partage les mêmes idéaux et le même projet de société et que l’on veut contribuer à sa réussite. Si demain, Koulibaly s’éloigne de notre combat, nous ne le suivrons pas dans ses bifurcations et continuerons tout droit, sans lui. 

 

Interview réalisée par Charles Kouassi pour L’Intelligent d’Abidjan le 10 juillet 2012.

 

Source: LIDER-CI.ORG

CPI: CES REVELATIONS DE SORO QUI GENENT OUATTARA

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L’information a été glissée furtivement. Mais elle a retenu l’attention des oreilles exercées. Dans un entretien à bâton rompu accordé à Rfi dimanche dernier, dans le cadre de l’émission « Le débat africain », Guillaume Soro a pour ainsi dire vendu la mèche en faisant cette révélation : « Jusqu’à présent, la Cpi a été appelée à venir investiguer en Côte d’Ivoire. 
 
Mais en ma connaissance, elle n’a émis que quatre mandats d’arrêt, qui évidemment ont été émis contre monsieur Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Blé Goudé et le général Dogbo Blé ». C’est là assurément une information nouvelle qui a dû faire tilt dans la tête de certaines personnalités bien au fait des procédures judiciaires en cours aussi bien sur le plan national qu’international, depuis la fin de la crise post-électorale. Parce que capitale, cette information, lâchée au détour d’une phrase, pourrait mettre à mal ceux qui gèrent les dossiers encore pendant devant les tribunaux nationaux voire internationaux. De quoi s’agit-il ? 

Pour mémoire, il y a quelques mois, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat, Simone Gbagbo, devait comparaître au tribunal d’Odiénné où elle est incarcérée depuis novembre 2011. L’audience, qui avait été annoncée publiquement pour le vendredi 30 mars 2012, a été annulée sine die. Sans la moindre explication officielle. Même les avocats de l’ex-première dame, qui étaient en route pour Odiénné pour assister à l’audience, ont été pris de court, la veille, par la décision d’annulation. Joint par téléphone, voici l’explication que nous avait donné, l’un d’entre eux, Me Serge Gougnon : « Nous sommes en route pour Abidjan, nous sommes présentement à l’entrée de Yamoussoukro. Le Parquet (service du Procureur de la République, ndlr) nous a informés ce matin (jeudi 29 mars) que l’audience est annulée, sans aucune explication. Ils nous ont juste dit que les juges ne viendront plus à Odienné, et que la Première Dame ne sera plus auditionnée, en tout cas demain (vendredi 30 mars, ndlr). Ils nous ont fait savoir qu’ils nous donneront les raisons de cette annulation d’audience quand nous serons à Abidjan »( Cf L’inter du vendredi 30 mars 2012). 

A l’époque, le bruit avait couru qu’il s’agissait en fait, au cours de cette audience, pour le procureur Simplice Kouadio, d’aller notifier à Mme Gbagbo un mandat d’arrêt que la Cour pénale internationale(Cpi) aurait délivré contre elle. Des partisans de l’ancien régime avaient d’ailleurs alerté l’opinion sur cette audience par un tapage médiatique, craignant qu’elle ne vire au scénario vécu par l’époux Gbagbo au sortir d’une brève audience qui s’est tenue à Korhogo. Audience que celui-ci avait qualifiée de « volée » lors de sa première comparution à la Cpi. On se souvient que c’est au sortir de cette audience de Korhogo qu’il a pris le chemin de La Haye. 

Simone, Dogbo Blé: Pourquoi ils ne sont pas encore à la Cpi

En ce mois de mars donc, la rumeur avait couru que l’audience d’Odiénné devait être l’occasion de porter à la connaissance de Mme Gbagbo le mandat d’arrêt délivré contre elle par la Cpi et qu’au final elle devait, à son tour, prendre la route de La Haye au Pays-Bas. Info ou intox ? Il reste qu’à l’époque, l’annulation de cette audience avait nourri des commentaires, surtout qu’aucune explication officielle convaincante n’avait été donnée. 

D’aucuns avaient laissé entendre que le régime Ouattara s’était vu bel et bien signifier un mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo. Information que ni les services du procureur de la République, Simplice Kouadio, ni le président Alassane Ouattara, ni même le procureur Luis-Moreno Ocampo et son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, de passage à Abidjan, n’ont daigné confirmer ; se bornant tous à botter en touche quand ils étaient interpellés sur ce fameux mandat d’arrêt. 

Or, voilà que, trois mois plus tard, on apprend de la bouche du n° 2 du régime, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qu’il y a eu bel et bien un mandat d’arrêt lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et mieux, contre le général Dogbo Blé, le redoutable chef de la Garde républicaine, sous Gbagbo. Or donc, un mandat d’arrêt avait été émis par la Cpi à l’encontre de la célèbre prisonnière d’Odiénné ! Ceux qui avaient flairé que l’audience avortée du 30 mars, qui devait se tenir dans cette cité, visait à porter l’information à Mme Gbagbo, n’étaient donc pas dans le faux. De sources proches de ces procédures judiciaires, il semble que ce sont les autorités gouvernementales, au plus au sommet, qui ont « mis le pied » sur ce mandat d’arrêt en refusant de le mettre à exécution. Et cela, à juste titre. 

En effet, elles craindraient que l’exécution des mandats d’arrêt contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, ouvre la boîte de pandore. En clair, ça pourrait apparaître comme la porte ouverte au transfèrement à La Haye de tous les militaires proches du pouvoir, soupçonnés d’être dans le viseur de la Cpi. Ce qui pourrait être préjudiciable au régime, qui a alors sagement opté pour la traduction de Simone Gbagbo et autres devant les tribunaux ivoiriens. 

En balançant donc l’information selon laquelle un mandat d’arrêt avait été bel et bien lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, Guillaume Soro met les autorités ivoiriennes dans une mauvaise posture : celle de devoir s’expliquer sur la non-exécution de ce mandat d’arrêt depuis son émission. Et ça, c’est bien embarrassant.



Assane Niada, in le quotidien ivoirien L'INTER.

mardi, 10 juillet 2012

LA COTE D'IVOIRE ET LE POINT D'ACHEVEMENT DE L'INITIATIVE PPTE: QU'IL SOIT FAIT DROIT A L'ACTEUR PRINCIPAL

 

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Depuis la fin du mois de juin 2012, la Côte d’Ivoire a enfin atteint le  point de décision de l’initiative PPTE, qui correspond à un abandon substantiel de sa dette extérieure. A l’annonce de cette décision, les nouvelles autorités ivoiriennes dans un euphorisme sans limite, tentent d’une part de s’octroyer la paternité de ce succès, et d’autre part font croire que la Côte d’ivoire est devenue subitement un nouvel eldorado.

Au terme de la réflexion tout à fait personnelle qui suit, l’on se rendra  certainement compte que la vérité est toute autre et qu’elle prend à contrepied le triomphalisme affiché par les autorités ivoiriennes. Le cheminement adopté s’articule autour de trois points essentiels :

v  Le rappel du contexte de l’avènement de l’initiative PPTE

v  Les principes généraux qui gouvernent l’initiative PPTE

v  L’historique de la marche de la Côte d’Ivoire sur le point de l’achèvement de l’initiative PPTE et les effets qui en sont attendus 

 

I – CONTEXTE DE L’AVENEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


Les différents modes de traitement de la dette appliqués depuis l’éclatement de la crise de la dette à partir de septembre 1982, n’ont pu véritablement apporter une solution durable au problème de la dette croissante des pays débiteurs. En effet, de 1982 à 1989, le rééchelonnement classique de la dette pour les pays en programme  d’ajustement structurel avec le Fonds Monétaire International, a simplement accordé au pays une bouffée d’oxygène temporaire et  n’a permis de régler en profondeur le problème de la dette. Le report des échéances dans le futur et les nouveaux prêts d’ajustement structurel ont contribué à l’augmentation du volume de la dette de l’ensemble des pays débiteurs.

A partir de 1989, la Communauté Financière Internationale a admis que la crise de la dette n’était pas un problème temporaire de liquidité et que son traitement nécessitait une solution novatrice. Pour la première fois, la notion de réduction de la dette a été évoquée et intégrée dans la stratégie de traitement de la dette. Ainsi, lors des réunions successives des pays riches les plus industrialisés, pays du G7 qui deviendra par la suite G8, il a été possible d’admettre une réduction de dette au pays débiteur pour réduire le service futur de la dette (rééchelonnement comportant dose d’annulation de dette à partir de 1990 – Termes de Houston, termes de Londres ou Toronto renforcé, termes de Naples, termes de Lyon, termes de Cologne sous IPPTE).

C’est dans cette veine qu’en septembre 1996, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont mis sur pied, l’Initiative d’allégement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE) dont l’objectif principal est de ramener le service de la dette du pays débiteur à un niveau supportable et compatible avec sa capacité de remboursement.

La partie qui suit énonce les principes généraux qui gouvernent l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés, notamment les conditions d’éligibilité, la réduction de la dette accordée au pays récipiendaire par les institutions multilatérales de développement, les pays créanciers membres du Club de Paris et certains créanciers bilatéraux à travers des initiatives unilatérales d’allègement additionnel de la dette. La deuxième partie retrace les différentes étapes franchies par la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus PPTE. 

 

II – PRINCIPES GENERAUX DE L’INITIATIVE PPTE


II.1 – CONDITIONS D’ACCES AU TRAITEMENT PPTE    


Pour être éligible au traitement PPTE, le pays débiteur doit remplir les conditions suivantes :

  • Ø Etre en programme avec le FMI,
  • Ø Avoir son ratio Valeur Actualisée Nette (VAN) dette/ revenus budgétaires > 250 %
  • Ø Avoir son ratio  Service dette/ revenus fiscales > 150 %
  • Ø Avoir un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)


II.2 – TRAITEMENT PPTE OFFERT AU PAYS ELIGIBLE


De façon générale, le pays PPTE bénéficie d’une réduction du flux du service de sa dette entre le point de décision et le point d’achèvement du processus PPTE. L’annulation du stock de la dette n’est accordée qu’au point d’achèvement. Toutes les annulations de dette se font dans la proportion nécessaire pour rendre le service futur de la dette supportable par le pays débiteur.

  • Ø Entre le point de décision et le point d’achèvement : Réduction du flux du service de la dette en valeur actualisée de 90 % (Termes Cologne)
  • Ø Au point d’achèvement : Annulation du stock de la dette 


II.3 – TRAITEMENT OFFERT PAR LES INSTITUTIONS MULTILATERALES


Banque Mondiale, Fonds Monétaire International et Banque Africaine de Développement 

  • Ø A partir du  point de décision : annulation partielle du flux du service de la dette
  • Ø Au point d’achèvement : annulation partielle du stock de la dette à travers l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) 


II.4 – INITIATIVES BILATERALES D’ALLEGEMENT DE LA DETTE ACCORDE PAR LES CREANCIERS DU CLUB DE PARIS


Au point d’achèvement, allègement additionnel de dette au-delà de l’Accord cadre du Club de Paris :

  • Ø France : Contrat Désendettement- Développement (C2D)
  • Ø Royaume Uni : Annulation totale du stock dès le point de décision
  • Ø Autres pays créanciers : Annulation totale ou partielle du stock au cas par cas, mais tendance à l’effacement total de la dette.

Contrairement à tous les autres créanciers, la France n’annule pas immédiatement la dette ; elle conclut un contrat de Désendettement/Développement d’une durée renouvelable de 15 ans aux termes duquel le service de la dette doit normalement être payé. A l’issue du remboursement de l’échéance, la France délivre son allègement de dette à travers le reversement au pays débiteur d’une partie du montant réglé. Ce montant est reversé sur un compte spécial afin de financer des projets sélectionnés par les deux parties et à réaliser dans le pays débiteur dans le cadre de l’IPPTE. 


III- MARCHE DE LA COTE D’IVOIRE VERS L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


III.1 - ELIGIBILITE DE LA COTE D’IVOIRE A L’INITIATIVE PPTE


Le processus PPTE pour la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, commence en 1998 lorsque bénéficiant d’un programme économique triennal (1998-2000) avec le Fonds Monétaire International, le Gouvernement du Président Henri Konan BEDIE, introduit auprès des institutions de Bretton Woods, le dossier de candidature de la Côte d’Ivoire à l’éligibilité à l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). La Côte d’Ivoire est donc déclaré pays PTTE en 1998. Mais les problèmes de gouvernance sous le Régime Bédié; notamment, les dépenses non ordonnancées, le problème de la gestion des fonds de l’Union Européenne, conduisent à la suspension du  programme économique et financier triennal conclu avec le FMI.Le coup d’Etat militaire de décembre 1999 vient définitivement anéantir toutes les chances de la Côte d’Ivoire d’accéder au point de décision de l’Initiative PPTE. Malgré la rupture avec les bailleurs de fonds, le pays a été maintenu au nombre des pays éligibles à l’IPPTE.


III.2- REMISE DU PROGRAMME PPTE SUR LES RAILS PAR LE GOUVERNEMENT GBAGBO DE 2001 A 2010


  • III.2.1 ACTIONS MENEES POUR L’ATTEINTE DU POINT DE DECISION DE L’IPPTE


Dès son accession au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2000, le Président Laurent GBAGBO et son gouvernement travaillent d’arrache-pied à partir de 2001, pour renouer avec la Communauté financière Internationale. L’action du gouvernement est axée prioritairement sur l’assainissement des finances publiques. Des réformes structurelles et sectorielles sont élaborées et mise en œuvre pour relancer l’activité économique rudement éprouvée par une année de pouvoir militaire jalonnée par des tentatives de reprise en main des affaires de l’Etat par d’autres groupes militaires.

Grâce aux réformes engagées, le pays bénéficie progressivement de la confiance des institutions de Bretton Woods qui accordent à la Côte d’Ivoire en 2002, un programme intérimaire sans appui financier. Ce programme permet à la Côte d’Ivoire d’engager des négociations avec les pays créanciers membres du Club de Paris pour la restructuration de sa dette bilatérale. C’est ainsi qu’un accord de restructuration de dette est conclu le 10 avril 2002  avec le  Club de Paris selon les termes de Lyon (annulation des deux tiers du stock des échéances consolidées). Les créanciers du Club de Paris ont dans le cadre de cet accord promis d’accorder à la Côte d’Ivoire le traitement de Cologne (annulation de 90% du stock de dette consolidée) dès que le pays aura franchi le point de décision sous l’Initiative PPTE.

Le point de décision de l’Initiative PPTE n’est pas atteint comme prévu en fin septembre 2002, en raison du déclenchement de la rébellion armée qui a rapidement annexé les régions centre, nord et ouest du pays. En avril 2003, les principaux bailleurs de fonds suspendent tous les décaissements des prêts et dons en faveur de la Côte d’Ivoire.

Malgré les difficultés récurrentes de trésorerie, l’Etat a continué à faire face à  ses engagements au titre du Budget de fonctionnement  et à honorer le service de sa dette envers les principaux bailleurs de fonds jusqu’à la mi-2004, bien que ces transferts restent sans contrepartie.

A la faveur de la normalisation progressive de la situation socio politique liée à la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou en mars 2007, la Côte d’Ivoire est parvenue à exécuter deux programmes d’Aide d’Urgence Post Conflit (AUPC), conclus respectivement en août 2007 et avril 2008 avec le Fonds Monétaire International (FMI). La bonne exécution de ces programmes et l’apurement des arriérés envers respectivement la Banque Mondiale en avril 2008 et la Banque Africaine de Développement en mars 2009, ont permis l’adoption par le Conseil d’Administration du FMI le 27 mars 2009, d’un programme économique et financier sur la période 2009/2011 soutenu par la Facilité pour la  Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), assorti de l’obtention du point de décision de l’Initiative PPTE en faveur de la Côte d’Ivoire le 31 mars 2009.

Ce nouveau programme économique et financier  triennal a ouvert la voie à la Côte d’Ivoire pour engager les négociations avec le Club de Paris et le Club de Londres en vue de l’allègement de sa dette bilatérale d’une part, et de sa dette commerciale d’autre part. Conformément au principe de partage égalitaire du fardeau de la dette entre les créanciers comme le prévoit l’Initiative PPTE, la Côte d’Ivoire a obtenu les niveaux d’allègement de dette suivants de la part de ses créanciers pendant la période intérimaire de l’Initiative PPTE, période qui court entre le point de décision et le point d’achèvement.

Au Club de Paris, les négociations des 14 et 15 mai 2009 ont abouti à un accord de rééchelonnement de dette comportant une annulation de dette d’un montant au moins équivalant à 435 milliards de FCFA et le rééchelonnement de 1820 milliards de FCFA sur un stock total de dette estimé à 2255 milliards de FCFA. Ce stock comprenait  les échéances  tombant du 1er avril 2010 au 31 mars 2012 et les arriérés accumulés au 31 mars 2009.

Au Club de Londres, les négociations débutées en octobre 2008 sont achevées le 31 mars 2010 par une opération d’échange des titres Brady émis en 1998 contre un nouveau titre obligataire libellé en dollar US, d’une durée de 23 ans dont 6 ans de différé, assorti d’un taux d’intérêt fixe et faible. Cette restructuration de dette qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a permis à la Côte d'Ivoire d’obtenir l’annulation de 287 milliards de FCFA de dette sur un stock de dette estimé à 1435 milliards de FCFA  au 31 décembre 2009.

S’inscrivant dans la logique du partage du fardeau de la dette, certains créanciers tels que la Banque Européenne d’Investissement, le Fonds de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ont délivré leur allègement de dette  sur la période intérimaire de l’Initiative PPTE. Au total, c’est au moins 720 milliards de FCFA  de dette qui sont annulés en 2010. 

 

  • III.2.2 L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’IPPTE ET REFLEXIONS

 

La Côte d’Ivoire a mis en œuvre les réformes exigées et a finalisé l’élaboration de son Document  de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en 2010.L’atteinte du point d’achèvement qui était prévue avant la fin 2010 a été reportée en raison de la crise  post-électorale et la guerre qui en a découlé. A la fin juin 2012, la Communauté Financière Internationale a enfin accordé à la Côte d’Ivoire, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

Sur un stock de dette de 6500 milliards de FCFA, l’allègement global de dette attendu est estimé à 2500 milliards de FCFA dont 1500 milliards de FCFA au titre du PPTE et 1000 milliards de FCFA au titre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). 

De ce montant global d’allègement de dette attendu, il convient de déduire les 800 milliards de FCFA d’annulation de dette déjà reçus à travers les dons d’apurement des arriérés octroyés à la Côte d’Ivoire par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement ) d’une part et d’autre part, les annulations de dette consenties par le Club de Paris du 15 mai 2009 et  la restructuration de la dette Brady du 31 Mars 2010.

Le bénéfice de l’annulation du solde restant estimé à 1700 milliards de FCFA dépendra de la capacité du pays à poursuivre sainement les  réformes engagées depuis 2002 pour assainir les finances publiques, les réformes dans le secteur du cacao, les réformes dans le secteur énergétique ; mais aussi et surtout engager des réformes pour relance de la croissance et la réduction de la pauvreté dans les secteurs sensibles tels que la santé, l’éducation.

Si les annulations de dette sont immédiates pour les autres créanciers, elles sont différées pour la France à travers le contrat de Désendettement et Développement communément appelé C2D conclu avec le pays débiteur sur une durée renouvelable de 15 ans. La France qui détient près de la moitié du stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire, environ  3000 milliards de FCFA, aura un rôle important à jouer dans la réussite du processus d’annulation de dette. Le stock de dette due  à la France sera traité dans le cadre du contrat de C2D qui prévoit le reversement au pays débiteur sur un compte spécial, d’une partie du montant de dette remboursée à l’échéance. Le montant ainsi reversé au pays débiteur sert à financer des projets identifiés, sélectionnés et retenus d’accord parties. La mise en œuvre du C2D reste tributaire de la capacité de paiement du pays en ce qu’il exerce les mêmes pressions sur le Budget de l’Etat qu’auparavant.

Par ailleurs, le service de la dette issu du  stock de dette non traité par l’IPPTE et estimé à 4000 milliards de FCFA devra être remboursé à bonne date étant donné que la dette est redevenue supportable selon les projections à long terme réalisées conjointement par les équipes du Fonds Monétaire International et l’Administration ivoirienne. C’est à ce niveau que se situera le problème essentiel. En effet, il faudra faire suffisamment de croissance  pour couvrir le service de la dette extérieure et celui de la dette intérieure galopante, depuis que l’Etat se refinance sur le marché des capitaux. Cette dette intérieure a, elle aussi, atteint 2000 milliards de FCFA. 


CONCLUSION

 

Si le processus PPTE a commencé en 1998 sous le Président BEDIE dont le gouvernement a ardemment travaillé pour obtenir l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’Initiative PPTE, il est largement revenu au gouvernement du Président Laurent GBAGBO, d’élaborer les réformes structurelles et de remplir toutes les conditionnalités économiques et financières, de 2001 à 2010, malgré la crise politico-militaire que traversait le pays, afin que le pays puisse enfin bénéficier en juin 2012, de l’annulation de dette tant espérée.

A ce stade, il convient de reconnaître l’engagement et le soutien total  du Président Laurent GBAGBO aux actes de gestion  posés par les cadres de l’administration des finances et des autres structures de l’Etat sur la voie du PPTE. Il faudrait aussi apprécier à sa juste valeur, la contribution des organisations de la Société Civile de la Côte d’Ivoire pour leur contribution très constructive dans le processus de l’élaboration et la finalisation du Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (DSRP).

Il faut également saluer les différents ministres des économies et des finances qui ont conduit ce projet depuis le gouvernement BEDIE et  notamment le ministre d’Etat  Paul Antoine BOHOUN BOUABRE qui l’a piloté dans les pires des conditions, mais qui ne verra malheusement pas sa finalisation.

Il faut également rendre hommage à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat toutes catégories confondues du ministère de l’Economie et des Finances, qui ont consenti d’énormes sacrifices pour supporter la pression liée à  la mise en œuvre de ce projet.

Enfin, tout le mérite revient a la population ivoirienne qui a tant souffert et à qui l’on promet une pluie de milliards  qui  s’avère être en fin de compte  des milliards issus  des ressources PPTE pour apporter une solution immédiate à tous leurs problèmes quotidiens, notamment, la cherté de la vie, dégradation avancée du système de santé, blocage du système éducatif dans le supérieur, insécurité galopante etc.… Il convient de dire que le PPTE n’est pas la panacée au regard de l’expérience des pays qui ont déjà bénéficié de l’allègement de dette. Citons au passage les cas du Mali et  du Cameroun qui ont des difficultés à mettre en œuvre le C2D et qui ne peuvent de ce fait bénéficier des ressources d’allègement de la dette.

Le point d’achèvement aurait pu être atteint bien plutôt par la Côte d’Ivoire.

v  Déjà sous le règne de BEDIE  

v  Ensuite, dés les premières années de la présidence du Président LAURENT GBAGBO

Mais le coup d’état  de 1999, celui de septembre 2002 mué en rébellion, la guerre inutile livrée à la Côte d’Ivoire depuis 2010 ont empêchés chaque fois notre pays d’atteindre le point d’achèvement. Or il est constant que dans l’opinion majoritaire de la cote d’ivoire, les tenants actuels de la Cote d’Ivoire ne sont pas loin de tous ces mauvais coups. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que la dette asservit un Etat. Elle porte atteinte à sa  souveraineté. L’on se rend compte que bien qu’allégeant de façon substantielle la dette ivoirienne, l’Etat ivoirien n’a pas le libre arbitrage de la gestion des recettes qui en sont induites. A titre d’exemple, en ce qui concerne la dette française, qui constitue la part prépondérante de l’ensemble de la dette ivoirienne,  les règles de gestion prévues par le contrat C2D soumettent les autorités ivoiriennes mains et pieds liés aux autorités françaises.

Prions pour que Le Tout Puissant Dieu, inspire les tenants actuels du pouvoir afin qu’ils ne reconstituent pas, pour le plus grand malheur des générations à venir, un stock de dette encore plus élevé.

Les chiffres que les ivoiriens doivent connaitre.

Au moment où Laurent GBAGBO prend le pouvoir en 2000 le stock de la dette extérieure est de 7180 milliards de FCFA.

Au moment où il est chassé du pouvoir en 2010, malgré l’état de guerre, les 8 dernières années le stock de la dette est ramené à 6500 milliards, soit 680 milliards de remboursement de la dette colossale contractée par ses devanciers.

De 2000 à 2010, la Côte d’Ivoire a signé des prêts pour un moment de 1000 milliards, sur ce stock signé, seulement  3111 milliards de FCFA ont été effectivement décaissés  au profit de la Côte d’Ivoire, ce montant encaissé  fait partie des 6500 milliards. Sur le montant des prêts signé il en reste donc 689 milliards. Ces sommes doivent être décaissées en fin 2010 au point d’achèvement. C’est ce montant qui fait rêver les tenants du pouvoir actuel. Voilà l’origine des pluies de milliards annoncés.

Les ivoiriens sont maintenant situés sur qui a inlassablement œuvré pour l’annulation de leur dette. Même la haine qu’on ressent pour son adversaire ne peut empêcher de reconnaître ses mérites. Rendons à GBAGBO ce qui est à GBAGBO.  



Le Ministre Koné Katinan Justin


Administrateur des Services Financiers

Ancien Ministre délégué au Budget

Porte-parole du Président Laurent GBAGBO

lundi, 09 juillet 2012

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE - SERAPHIN DJAKI KOUDOU: «LE REGIME OUATTARA TORTURE: J'EN SUIS LA PREUVE VIVANTE!»

         

                           

côte d'ivoire,nouveau courier n°559 du lundi 09 juillet 2012,www.nouveaucourrier.info,violation des droits de l’homme en côte d’ivoire,séraphin djaki koudou,‘‘le régime ouattara torture : j’en suis la preuve vivante !’’,propos recueillis par théophile kouamouo

Séraphin Koudou a décidé de témoigner à visage découvert


Le Nouveau Courrier publie aujourd’hui le témoignage particulièrement poignant et les photos de Séraphin Djaki Koudou, qui ose parler à visage découvert. Et raconte les méthodes de torture particulièrement violentes du régime Ouattara qui datent de son avènement, en avril 2011.


Cela fait plusieurs semaines qu’une partie de la presse ivoirienne tente d’alerter l’opinion nationale et internationale sur une affreuse réalité du régime Ouattara que les associations de défense des droits de l’Homme refusent de voir : la torture, qui se pratique aujourd’hui à un rythme industriel, et qui est devenue un élément de domestication mentale de tout un pays. Face aux dénégations de la presse du régime, qui fait cyniquement passer les témoignages concordants sur le caractère massif et préoccupant de ces pratiques pour des «films d’horreur» fabriqués par le FPI, Le Nouveau Courrier rend public aujourd’hui un témoignage d’une importance capitale.

Premièrement, parce qu’il permet de faire un lien entre la manière violente par laquelle Alassane Ouattara a pris le pouvoir et sa pratique quotidienne de ce pouvoir-là.

Deuxièmement, parce que la victime qui se confie à nous a réussi à «sauver» des photographies qui ne laissent pas la place au doute sur la gravité des sévices subis.

Troisièmement, parce que l’histoire de Séraphin Djaki Koudou, qui prend le risque de témoigner à visage découvert, montre également le comportement pour le moins étrange des organisations internationales, plus soucieuses de protéger le régime Ouattara que d’exercer leur mandat de manière impartiale.

Au départ, une dénonciation fallacieuse et la trahison d’un voisin de quartier…

La mésaventure de Séraphin, actif sur le plan social – il a présidé un mouvement des «déguerpis» – et sur le plan politique – il a participé à la campagne électorale du président Laurent Gbagbo sans être le moins du monde impliqué dans la guerre post-électorale – commence le 28 avril 2011. Il se trouve alors vers le «terminus» de la Riviera 2, pas loin de la Résidence d’Alpha Blondy, où il attend un de ses amis qui doit l’y rejoindre. Il est assis non loin d’une cabine téléphonique gérée par un jeune homme auprès duquel il a ses habitudes. Tout à coup, un véhicule 4X4 passe. Puis un deuxième où se trouve quelqu’un qui le désigne du doigt. Puis un troisième, qui dépasse le deuxième. Deux voitures s’arrêtent. «Tu me connais non ? Tu me connais non ?», éructe celui qui le désignait du doigt de l’intérieur d’un des véhicules, et qui en est sorti. «Tu me connais à Abobo, non ?», précise l’accusateur. Séraphin organise sa défense, en notant qu’il vit à la Riviera 2 depuis longtemps et qu’il n’est donc pas d’Abobo. Mais il se souvient bien de celui qui lui fait face. Séraphin vivait à la cité universitaire d’Abobo 1 quand il était étudiant. C’est à Abobo qu’il a battu campagne pour le candidat Laurent Gbagbo, aux côtés de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo. Et il a eu maille à partir avec des éléments fanatisés du camp Ouattara, bien décidés à créer un climat de terreur dans les quartiers où ils étaient majoritaires, pour dissuader les électeurs de Gbagbo de s’aventurer dans les bureaux de vote. 

Le 28 avril 2011, c’est un de ces jeunes du RDR bien décidés à empêcher par tous les moyens les sympathisants LMP de voter qui se retrouve face à lui… à la Riviera 2. Et qui l’accuse d’avoir«tué des gens» à Abobo «avec Simone Gbagbo».

Des accusations aussi vagues que fantaisistes auxquelles le gérant de cabine du quartier, que Séraphin considère comme son ami et dont il est un client fidèle, donne du crédit. «Sans qu’on ne lui demande rien, il a menti en disant qu’on ne me connaissait pas dans mon propre quartier. Comme pour accréditer la thèse selon laquelle je vivais à Abobo. Il a dit que c’est la première fois que je le vois, alors que tous les matins quand j’allais au travail, il me faisait des transferts de crédit. Certaines fois, quand j’étais loin du quartier, je l’appelais, il me faisait des transferts, et je payais à mon retour», se souvient Séraphin. «Beaucoup d’habitants du quartier sortaient la tête de leurs maisons et observaient ce qui se passait. Ce qui a dérangé la patrouille qui m’avait interpellé. J’ai été embarqué dans un des véhicules.»

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Ici le dos méconnaissable de Séraphin Koudou torturé avec du plastique fondu


«Hé, les gars, il s’appelle Koudou hein…»

Le véhicule prend le chemin d’Abobo. «En chemin, mon dénonciateur prétend que j’ai tué ses soeurs et que j’ai volé leurs portables. Je fais remarquer qu’il est étrange que quelqu’un dont les soeurs ont été tuées mette leurs morts sur le même plan qu’une affaire de téléphones mobiles, et j’explique que ce qu’il raconte n’est pas crédible. Parmi les membres de l’équipée qui me séquestre, je connais deux personnes. Un jeune Nigérian nommé Venance, qui est un des syndicalistes qui font payer des jetons aux chauffeurs des gares de wôrô-wôrô et de gbakas. Il y a là également un ancien loubard du PDCI, surnommé YulBrynner et dont le groupe de voyous s’appelait Gestapo. A un moment donné, je pense pouvoir m’en sortir. Quand on arrive à la station Petro-Ivoire d’Angré, mes geôliers s’apprêtent à me libérer au point de me faire descendre du véhicule. Mais l’un des leurs voit que j’ai un paquet de cigarettes. Il me demande une cigarette. Quand je sors le paquet pour la lui donner, il voit que j’ai un billet de 10 000 FCFA. Les gars me fouillent, et prennent tout mon argent. 86 000 FCFA. Ils tombent sur mon portefeuille, dans lequel se trouve ma carte électorale. Sur laquelle mon nom est inscrit.

«Hé le gars-là s’appelle Koudou hein! C’est un gars de Gbagbo», dit l’un d’entre eux, ce qui excite tout le monde. A cause de mon patronyme, on me remet dans le véhicule. Je continue la route vers Abobo. Nous arrivons dans un secteur du quartier Habitat qui s’appelle SOS.»

«Une cour qui empeste la mort, comme si on y avait entassé de la viande pourrie»

L’équipée arrive dans une résidence qui a été transformée en «base» FRCI. «On me fait asseoir. On me pose des questions banales. Je m’évertue à m’expliquer sur mon innocence. Mais je me rends compte que personne n’écoute ce que j’ai à dire. Je parle à quelqu’un, mais je n’ai même pas encore fini qu’il s’en va. Un véhicule arrive. C’est celui du chef «militaire» qui dirige cette base. Il demande des explications sur mon identité. Ses hommes disent que je suis un milicien de Gbagbo et qu’ils vont «m’accompagner », c’est-à-dire m’exécuter. Le chef se met à rire, l’air de rien, comme si c’était une pratique routinière. On m’amène à Abobo- Derrière-Rails, dans une grande cour fermée. Une cour qui empeste la mort, comme si l’on avait entassé de la viande pourrie là-bas. C’est là que la torture a commencé. Ils m’ont tabassé, tabassé, tabassé. J’étais couché sur le gravier. Ils organisaient des concours. Qui peut se tenir en équilibre en se mettant debout au-dessus de ma tête le plus longtemps avec des Rangers au pied ? Ce qui va me sauver, c’est que leur chef arrive. Et m’adresse la parole : «C’est toi le milicien- là ?» Je réponds mais personne n’écoute. Ils rient entre eux. Et à un moment donné, comme par miracle, le chef m’écoute un peu plus. J’essaie de me faire le plus convaincant possible. J’admets que j’ai voté Gbagbo. Je dis même que si on refait l’élection, je vais voter Gbagbo. Mais je dis que je suis loin de toute violence post-électorale. Il rappelle le chef de ceux qui m’ont arrêté. Et il le rabroue.»

«Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaise en plastique sur mon dos… mes ongles ont été arrachés un à un»

Séraphin croit son martyre terminé. Mais l’équipe qui l’a pris à la Riviera 2 le ramène dans la villa du quartier SOS. «De 23 heures à 4 heures du matin, j’ai été tabassé, torturé au delà de ce que l’on peut imaginer. Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaises en plastique pour me brûler le dos, qu’ils frottent à l’aide d’un bâton. Les ongles de mes orteils ont été arrachés un à un. Pourquoi tout ça ? Pour me faire avouer, devant leur magnétophone, que j’ai été formé par le colonel Boniface Konan, qui nous donnait soi-disant 5 000 FCFA par jour, etc.

J’ai une entaille sur la tête qui a «fait» cinq points de suture. Quand le chef arrive, les gars lui expliquent que j’ai avoué que j’étais un élément de Konan. Le chef en question demande qu’on aille me chercher. Mes tortionnaires m’ont au préalable nettoyé de mon sang. Quand le chef a fini de me harceler de questions, j’ôte la casquette qu’ils ont mis sur ma tête, et je montre mes orteils écorchés. Et je lui demande si c’est dans cet état qu’il m’a laissé la veille. Le chef semble convaincu par mon argumentaire», raconte Séraphin. En tout cas, il ne veut plus laisser le jeune homme à ses éléments, qui continuent de faire courir le bruit selon lequel leur supérieur hiérarchique veut empêcher la liquidation physique d’un «milicien». «A l’hôtel du Golf, un féticheur habillé en dozo orchestre un rituel macabre» A bord de la même voiture que «le chef», Séraphin se retrouve à l’hôtel du Golf où son drôle de protecteur a une réunion. Le «chef» le confie à un élément qui se trouve sur les lieux. «Le gars qui est là, garde le pour moi !»

Séraphin est conduit dans un lieu d’incarcération pour «pro-Gbagbo» de l’hôtel du Golf.

«Dans cette salle où il y avait environ trente personnes, j’ai trouvé des jeunes qui, s’ils sont encore en vie, c’est qu’ils sont devenus fous. Tu vois quelqu’un qui reste prostré, dans la même position, pendant de longues heures. Et qui ne sort de son silence que pour tenir des propos incohérents. Des phrases comme «tout le monde à gauche, tout le monde à droite» répétées machinalement. Un événement va me frapper là-bas à l’hôtel du Golf. Un gars dit qu’il a soif. Il y a un cadavre qui flotte dans de l’eau stagnante. Et on puise «l’eau du corps» et on le lui donne.

C’est un féticheur habillé en dozo qui orchestre ce rituel macabre.

Il y a aussi quelque chose qu’un certain F. m’a expliqué. Je ne l’ai pas vécu, mais c’est crédible. Selon ce qu’il m’a expliqué, les gens du Golf ont exigé des jeunes arrêtés et retenus à l’hôtel du Golf de faire des témoignages fabriqués pour accabler Gbagbo et ses hommes. Et ce simulacre était organisé par Guillaume Soro lui-même qui leur indiquait les questions qui allaient être posées et les réponses qu’ils  evaient donner. La promesse était claire : après leurs déclarations arrangées, ils seraient libérés. Des caméras sont venues filmer leurs faux aveux. Quand ils se trompaient dans leurs pseudo-témoignages, les cameramen – des Blancs, notamment – arrêtaient de filmer pour qu’ils fassent des corrections. Comme s’il y avait une sorte de complicité entre les cameramen et les gens du Golf.»

A la recherche d’hypothétiques caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2

Séraphin quitte le Golf en compagnie du «chef» d’Abobo qui est devenu, d’une certaine manière, son protecteur. Motif officiel invoqué devant les dizaines de miliciens des FRCI qui ne comprennent pas pourquoi on ne le tue pas : il doit être le guide permettant de retrouver de prétendues caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2. «Je lui avais pourtant tout expliqué, et là il venait me parler de choses dont nous n’avions jamais parlé et dont je n’avais aucune connaissance. Comme pour lui mettre la pression, les éléments qui m’avaient torturé à Abobo sont venus pour voir ce qui adviendrait de moi», explique Séraphin. Au final, le jeune homme est conduit à la Cité universitaire de la Riviera 2 à la recherche d’hypothétiques caches d’armes. Bien entendu, il n’a aucune idée d’où peuvent se trouver des armes. La Cité est par ailleurs entièrement occupée par des éléments armés des FRCI, qui ont les moyens de la tourner et de la retourner dans tous les sens. Une fois de plus, il est torturé jusqu’à arriver au bord de l’évanouissement. Alors que «le chef» revient auprès de lui et que ses tortionnaires commencent à se désintéresser de son cas, Séraphin réunit ses dernières forces, entre dans un bâtiment de la Cité universitaire, passe par une fenêtre et réussit à s’enfuir. Il va se réfugier dans un célèbre maquis appelé «F 14», puis se cache pendant plusieurs mois à Bingerville. Au moment opportun, il quitte clandestinement la Côte d’Ivoire. Direction le Ghana, puis le Togo.

Au Togo, l’étrange comportement d’une fonctionnaire du HCR

«Quand le responsable des réfugiés ivoiriens au Togo a vu mon état, il a pris mes photos, et il a réussi à me faire obtenir un document de réfugié très rapidement. Mais une chose m’a frappé. Une certaine Nathalie, de nationalité togolaise, chargée de la protection au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), m’a donné rendez-vous dans son bureau. La première chose qu’elle m’a demandé lors de ce rendez-vous, ce sont les photos témoignant des tortures que j’ai subies. Trois ou quatre photos. Des photos où on voit mon visage tuméfié, mon dos écorché et mes ongles de les orteils arrachés. Elle me dit qu’elle va les garder, parce que quand je les ai, elles me traumatisent. Je refuse. Mais elle insiste. Elle dit qu’elle veut joindre ces photos à mon dossier. Je proteste en disant que ces photos avaient déjà été scannées pour être mises dans mon dossier. Elle continue d’insister. Je les lui prête. Deux semaines plus tard, je commence à vouloir les récupérer. Je n’arrive pas à la voir quand je vais à son bureau. Elle me fait marcher, me donne des rendez-vous à plusieurs endroits. Et chaque fois que j’arrive, elle n’est jamais là. La seule fois où je réussis à la voir, c’est un jour où j’ai rendez-vous avec quelqu’un d’autre et où je tombe par hasard sur elle. Elle affirme qu’elle ne sait plus où elle a mis mes photos, et feint de les chercher dans son bureau. Je comprends son jeu. Heureusement que la personne qui les avait prises après mes mésaventures avait gardé certaines d’entre elles dans son appareil photo. Il me les a envoyées par courrier électronique. C’est de cette manière-là que je les ai sauvées», explique Séraphin. Qui a désormais fui le Togo, en raison de la collusion entre les régimes Gnassingbé et Ouattara, qui inquiètent les réfugiés. Quand s’achèvera donc sa fuite éperdue ? Quand pourra-t-il rejoindre un Etat de droit, où les nervis du régime ivoirien ne pourront pas lui faire la peau, le faire taire à jamais ? «Si je suis vivant, c’est vraiment que Dieu l’a voulu. Je Lui fais confiance», répète inlassablement Séraphin.

 


Propos recueillis par Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER 

dimanche, 08 juillet 2012

PDCI-RDR: L'EPREUVE DU FONCIER RURAL

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La réunion du bureau politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) du 2 juin 2012 a été sanctionnée par un  communiqué qui a fait deux recommandations importantes : « la mise en œuvre d’une politique de l’immigration qui en assure le contrôle et la régularité et favorise l’intégration régionale » ainsi que « la gestion et l’exploitation rationnelle des terres agricoles … et l’application effective de la loi de 1998 sur le foncier rural ».

Depuis la publication de ce communiqué, les supputations vont bon train. Et au sein du Rassemblement des Républicains (RDR), l’allié principal du PDCI au sein du RHDP, certains n’ont pas hésité à crier à la trahison, y percevant, les signes d’une fracture probable.

Les divergences sont en effet profondes. Qu’il suffise de rappeler que l’immigration et le foncier rural font partie des sujets qui ont permis à Ouattara et au RDR d’entretenir la fronde contre l’ennemi de l’époque (le Président Bédié) alors au pouvoir. L’ère Bédié (1993-1999) avait en effet été marquée par des lois emblématiques qui, pour  l’essentiel, portaient sur trois points : la suppression du vote des étrangers, l’adoption de conditions d’éligibilité plus contraignantes à la Présidence de la République et l’adoption d’une loi sur le foncier rural en réservant la propriété aux nationaux. Qualifiées d’« ivoiritaires » par le camp Ouattara, lesdites lois avaient fait l’objet de vives critiques, dans une campagne de mobilisation sans précédent de la presse et l’opinion publique nationales et internationales.

Et pourtant, à l’occasion de rencontres de conciliation (forum pour la réconciliation nationale, rencontre des quatre grands leaders, table ronde de Linas Marcoussis), ces lois avaient fait l’objet d’une approbation quasi unanime. Le summum aura été la Table ronde de Linas Marcoussis qui, après s’être livrée à un diagnostic du système juridique ivoirien, a trouvé que les textes tant critiqués étaient soit de référence, soit ouvert et libéral, soit encore constituait un progrès significatif.

C’est pourquoi ces rencontres n’ont jamais préconisé l’abrogation des dites lois. Dans un souci d’apaisement, elles ont néanmoins dégagé des solutions consensuelles : sensibilisation pour une meilleure connaissance de la loi, identification des problèmes en vue de leur apporter des solutions, modifications législatives pour une reconnaissance de certains droits acquis, adoption de mesures visant à combler les lacunes législatives et correction des pratiques administratives.

Les recommandations récentes du PDCI semblent s’inscrire dans la logique de ces solutions, envisageables dans le contexte de personnes dont l’ignorance a conduit parfois à une non sollicitation de certains droits ou à suivre des procédures non légales pour exploiter la terre. De même, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’innove pas. Si l’on s’en tient à son rapport final, il est demeuré dans les lieux communs, en préconisant par exemple « le positionnement du droit au cœur de la question foncière » ainsi que « la libération des terres illégalement occupées dans les forêts classées, parcs, réserves et aires protégées ».

La faiblesse principale de ces récentes propositions réside dans le fait qu’elles ne se semblent pas prendre en compte l’évolution fondamentale intervenue dans le domaine foncier, pourtant perçue par des députés lors de la récente « mission parlementaire à l’ouest ». Car le contexte et la nature des problèmes ayant changé, les solutions devraient s’adapter.

Des colons burkinabè ont envahi l’ouest

En effet, la question foncière rurale ne doit plus être envisagée dans les seuls termes d’immigrants ayant cultivé des portions de terre et qui ont des problèmes divers avec leurs hôtes propriétaires terriens. Un phénomène nouveau s’est introduit, consécutif à l’invasion de l’ouest de la Côte d’Ivoire par des colonies de peuplement et d’exploitation en provenance du Burkina Faso dans leur majorité. Des convois entiers de burkinabè s’y sont installés de force soit dans des forêts classées, soit dans des forêts et plantations appartenant à des populations autochtones à la suite d’exactions diverses, dont des assassinats.

Ces colons se sont installés au bénéfice de la rébellion dont ils ont été des acteurs et depuis l’installation de Ouattara au pouvoir. Leur occupation se conçoit comme une récompense pour service rendu à la rébellion qui a porté Ouattara au pouvoir, un tribut pour d’ex-combattants.

Ces colons sont armés au même titre que les populations étrangères installées dans la zone depuis longtemps. Ils sont en outre protégés par une armée de miliciens bien équipée et installée par la rébellion et qui continue de régner en seigneurs sous le commandement d’Amandè Ouérémi et de Issiaka Tiendrébéogo. Parmi eux, les dozos exploitent des parcelles de forêt où ils se rendent toujours avec leur fusil en bandoulière. Les FRCI (armée nationale sous le régime Ouattara) leur apportent tout l’appui nécessaire dans leur mission de sécurisation de l’ouest, en terrorisant les jeunes Wê, accusés de d’entretenir et de cacher des miliciens pro-Gbagbo. La  connivence entre les « seigneurs » burkinabè et le pouvoir actuel pour laisser l’ouest sous l’administration des envahisseurs ne fait l’ombre d’aucun doute.

L’installation des colons s’accompagne d’une consignation au village ou d’une contrainte à l’exil pour les populations autochtones. Pis, elles sont souvent assassinées pour faire place aux nouveaux arrivants. Commencée dès 2002, l’extermination méthodique des Wê, population autochtone, a connu des pics en 2005 avec le Massacre de petit Duekoué et Guitrozon et le 29 mars 2011 à Duekoué-carrefour où il a été dénombré près d’un millier de morts, dévoilant une politique bien pensée et exécutée froidement. Il y a des raisons de penser que ces faits sont constitutifs du crime  de génocide. Mais il n’y a pas que le peuple wê qui est victime de cette politique d’expropriation et d’extermination. La population baoulé installée dans la zone en subit les affres.

La question se complexifie davantage avec l’attribution de cartes nationales d’identité à ces nouveaux colons et anciens immigrants  ayant permis leur participation au  vote lors de la présidentielle de 2010. Le chiffre de trois millions est avancé. Et ceux qui n’en ont pas encore  revendiquent le précieux sésame comme le gage d’une appropriation durable ou définitive de la terre.

Ainsi, la triptyque Immigration-nationalité-foncier rural se trouve entremêlée sur un terreau électoral pour offrir un cocktail des plus explosifs.

Le séminaire gouvernemental ne préconise pas l’application de la loi foncière de 1998

Devant l’ampleur du phénomène, les analystes, les leaders politiques de l’ouest, tout comme des partis politiques comme le PDCI n’hésitent à exhiber la loi foncière de 1998 comme une solution. Votée à l’unanimité des partis représentés (FPI, PDCI, RDR) à l’hémicycle à l’époque après une tournée de consultation dans toutes les régions de Côte d’Ivoire, elle a été passée au tamis de la Table ronde de Linas Marcoussis qui n’a trouvé à redire que sur une seule disposition (l’article 26) qui a du reste été modifiée en 2004 dans le sens préconisé. Elle présente l’avantage de faire référence aux droits coutumiers pour fonder l’appropriation foncière originelle, tout en traçant un cadre juridique de libre disposition ultérieure.

Mais, elle risque de devenir inapplicable à l’ouest du fait de la politique génocidaire qui y a cours. Bientôt, il risque de ne plus avoir de wê susceptibles de revendiquer un quelconque droit coutumier du fait de  la disparition programmée de ce groupe.

Du reste, même si la non application de la loi foncière de 1998 a été un sujet de préoccupation pour les participants, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’a pas recommandé formellement sa mise en œuvre. Aucun analyste sérieux de la situation politico-foncière ivoirienne ne peut prétendre qu’il s’agit d’un simple oubli, puisque des initiatives suscitées par le pouvoir agissent dans l’ombre pour faire accepter l’idée de son abrogation pure et simple et son remplacement par une autre.

Des questions connexes

Mais quoi qu’il en soit du sort futur de cette loi, elle n’avait pas vocation à résoudre certains problèmes connexes auxquels il faudrait cependant s’attaquer. Peut-on laisser longtemps prospérer cette population en armes à l’ouest de la Côte d’Ivoire sans que cette situation n’incite les populations des autres parties du territoire à en faire de même ? Pense-t-on au bouleversement démographique qui pourrait survenir à l’ouest du fait de la présence burkinabè que l’on veut imposer vaille que vaille à la Côte d'Ivoire, et à laquelle l’on veut attribuer non seulement les meilleurs terres de notre pays, mais aussi une citoyenneté ? Déjà, le jeu démocratique a été faussé lors de la présidentielle par  l’inscription illégale de millions de burkinabè sur la liste électorale, rétablissant du même coup, de manière ignoble le vote étranger. Qu’en sera-t-il demain lorsque le fait colonial burkinabè se sera consolidé ? Car, réaffirmons-le, il ne s’agit pas d’une immigration ordinaire qui a vocation à se laisser contrôler et qu’il faudrait chercher à régulariser. Quand va-t-on mettre fin au supplice des populations de l’ouest et à leur extermination ? Quelle action à l’encontre des génocidaires wê ?

En définitive, il ne faut pas être un démiurge pour noter l’importance des recommandations du bureau politique du PDCI. Marqueraient-elles le point de départ d’une rupture avec son allié de circonstance ? Pour autant, le PDCI va-t-il abandonner la langue de bois pour poser le vrai problème de la colonisation burkinabè rampante à l’ouest ? M. Kablan Ducan du PDCI et ministre des affaires étrangères peut-il solliciter une intervention internationale au Mali contre Ançar dine et autre MLNA et feindre d’ignorer l’occupation de l’ouest de son pays ? Le PDCI peut-il constater ce phénomène et continuer à participer à ce gouvernement sans se rendre complice de cette aventure coloniale d’un autre âge ? On n’imagine en effet difficilement que le parti de l’émancipation politique de la Côte d’Ivoire soit le fossoyeur de l’indépendance en bradant le pays pour quelques postes ministériels et quelques caisses de champagne.

 

Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant 

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DINDE Fernand AGBO

COTE D'IVOIRE: LA REPUBLIQUE DES MENTEURS

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Après le retentissant mensonge d’Etat d’Alassane Dramane Ouattara à propos de l’arrestation imaginaire de Justin Koné Katinan au Cameroun et des contacts imaginaires de Ouattara avec le Président Paul Biya à ce sujet, c’est au tour de Guillaume Soro de servir un des plus gros mensonges à la Côte d’Ivoire.

A la suite de sa visite controversée au Président de l’Assemblée Nationale Française Claude Bartolone, le journal L’INTER dans son édition N°4229 du MERCREDI 04 JUILLET 2012 - en Page 14 a écrit ceci :

SORO ET BARTOLONE : Comment les 2 hommes (se sont connus: d’Archives)

''il faut savoir que Claude Bartolone et Guillaume Soro se connaissent depuis longtemps. C'est le président du Parlement ivoirien lui-même qui le révèle sur son blog officiel. «J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'Unef (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire, ndlr). Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins», a révélé Guillaume Soro. On l'imagine, le président du Parlement ivoirien devait être très à l'aise face à son ami''

Alors quelque chose a fait tilt dans notre tête. Claude Bartolone est né en 1951. Soro est né en 1972 .Comment Bartolone qui avait donc 21 ans et fini ses études alors que Soro n’était pas encore né peut il partager des souvenirs estudiantins avec Soro ???

Nous avons fait des recherches. Voici ce que nous avons trouvé :

Enfance et études de Bartolone …

Cadre de l'industrie pharmaceutique, Claude Bartolone est né le 29 juillet 1951 à Tunis sous le Protectorat français de Tunisie à, dans une famille d'ouvriers agricoles d'origine sicilienne par son père, qui a émigré en Tunisie pour fuir le fascisme, et maltaise par sa mère. La famille Bartolone et leurs trois enfants viennent s'installer en France en 1960 au Pré-Saint-Gervais où ils vivent dans la cité Jean-Jaurès. Claude Bartolone fait sa scolarité au collège Anatole-France et, alors qu'il doit s'inscrire en CAP de mécanique, décide de poursuivre ses études au lycée Turgot à Paris sur les conseils de sa professeur de français qui convainc ses parents, en 1965, des capacités de leur enfant. Après son baccalauréat, en 1968 Claude Bartolone s'inscrit à l'université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, où il obtient une licence de mathématiques en 1971 (à cette date Soro n’était pas encore né)

Les débuts de Bartolone dans la vie politique

Claude Bartolone devient membre du Parti socialiste en 1974 (Soro avait 2 ans) après la défaite de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1974. Il est élu pour la première fois en 1979 comme conseiller général du département 3. (Soro avait 7 ans)

Ancien cadre commercial de l’industrie pharmaceutique, il est élu député en 1981(Soro avait 9 ans) à la surprise générale à la faveur de la vague rose des législatives de 1981. Il est réélu, sans discontinuer et pour la dernière fois le 17 juin 2012, pour la XIVe législature (2012-2017), dans la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis, composée du canton de Bagnolet, des Lilas, du canton de Pantin-Est et de Pantin-Ouest. Il fait partie du groupe socialiste 6.

GUILLAUME SORO a été secrétaire général de la FESCI de 1995 à 1998.

A cette date Bartolone était :

• Du 19 juin 1995 au 9 mars 2008 : membre du conseil municipal du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 19 juin 1995 au 25 octobre 1995 : adjoint au maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 26 octobre 1995 à 1998 : maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 1er juin 1997 au 30 avril 1998 : député de Seine-Saint-Denis
• Du 16 mars 1998 au 28 juin 2002 : membre du conseil régional d'Île-de-France 
• Du 30 mars 1998 au 5 mai 2002 : ministre délégué à la ville du gouvernement de Lionel Jospin.


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Voici donc les faits. Vous en savez désormais un peu plus sur la décence morale des deux personnalités qui dirigent la Cote d’ivoire ; Le chef de l’état Alassane Dramane Ouattara et son dauphin constitutionnel Guillaume Kigbafori Soro .

Les faits on ne le dira jamais assez sont sacrés et les commentaires sont libres …. Dans l’attente du prochain mensonge d’État !!!

Steve Beko

Le mensonge mis à nu de Soro Guillaume vient d'être corrigé sur son blog dans la version suivante

"J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'UNEF (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci. Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins. Mon ami et frère Guillaume Houzel était son adjoint à l'Unef. Il s'agit du député Amirshahi Pouria. Il a participé à l'audience avec M. Claude Bartolone. C'est peu dire que d’affirmer que c'est avec joie que je l'ai revu. "

Nous attendons le rectificatif du journal l’Inter.

 

Source: FACEBOOK Steve Beko 

samedi, 07 juillet 2012

LE COMMANDANT INVISIBLE RACONTE LA BATAILLE D'ABIDJAN


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Nouvel extrait du livre de Germain Séhoué

Au fil des jours et des lectures n°147 : Un livre explosif


Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. «Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

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Bref retour sur le passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer cette pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

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Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui fut majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.


Germain Séhoué. Sa page FACEBOOK.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 06 juillet 2012

KONG ET GBELEBAN, NOS BELLES ELUES

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« Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité… »

Alassane Ouattara,  In L’Express, 25 Janvier 2012

 

Deux de nos plus grandes localités viennent de faire leur entrée triomphale dans le cercle très fermé des départements ivoiriens. Kong, la mythique ville, la ville des grands, celle qui s’était énervée parce que la loi avait vaincu un duc. A l’occasion, les singes et les moutons avaient reçu précairement des cartes d’électeurs pour narguer les gouvernants. « Ce sont les singes et les moutons qui iront voter » avait-on entendu dire. Leur « rébellion » vient de payer cash. Désormais,  Kong est un département. Sa sœur ou mère Gbéléban, a elle aussi été élue. Voici une autre ville, géante, élancée, gravement belle qui avait été injustement abandonnée, déposée dans l’arrière cour de l’affection. Aujourd’hui, « la grande royale », vient d’être réhabilitée. Saluons hautement la famille Kong-Gbéléban !

Certaines langues jalouses disent que ces villes ne méritent pas d’être des départements. Je les regarde, les yeux pleins d’effroi. Mais pourquoi ? Pourquoi toute cette morgue ? Ceux qui ont été incapables de faire de Koukourandoumi, Gouessesso, Gnaliépa, Ouragahio, Mama des départements, retiennent leurs regrets. Mais c’est déjà trop tard. Les temps ont changé, de nouvelles théories ont germé. Il faut tout simplement les appliquer avec dextérité. Chez eux, on ne remet pas à demain, parce qu’à l’affût se trouve le malheur. En même temps est mieux !

Pour rassurer les aigris, les griots du couple leur ont offert un mouchoir sur lequel sont marqués les critères qui ont facilité l’élection de nos belles villes. D’abord sur le plan démographique, il est internationalement reconnu que la population de Gbéléban n’a rien à envier à Yamoussoukro, l’autre ville de notre Allah Gnissan. Cela est valable pour Kong. En effet, les Kongois (1) savent que sous ce critère, aucune autre ville ne peut leur arracher la palme d’or de la densité exemplaire. Kong et Gbéléban ont sous leur coupole, plusieurs grandes sous-préfectures, des villages et campements aussi peuplés qu’Abidjan. Ensuite du point de vue de la superficie, ces deux villes sont aussi vastes que le désert qui abrita Moïse et son peuple. Elles s’étendent à perte de vue, impossible de cerner leurs bornes. Enfin au niveau des infrastructures, les griots de ces deux villes nous ont appris qu’elles réunissent les infrastructures adéquates pour être érigées en département. Voici donc les critères qui ont pesé. Il était même prévu qu’elles deviennent immédiatement des districts autonomes. Mais par pudeur politique, elles ont été élues départements.

A ceux qui s’irritent, dois-je dire que le trône est à cheval entre Kong et Gbéléban ? Non. Ce sont Kong et Gbéléban qui ont les caisses, les signatures. C’est pourquoi, dans l’attribution des dotations, ces deux villes seront bien garnies puisque les critères cités seront pris en compte. Elles auront des budgets que le district d’Abidjan jalousera.

Dois-je encore dire qu’elles ont un statut particulier ? Bien sûr que non. La paire élue n’est pas le nid des « Kafri » (2) et autres « Boussoumani » (3), c’est quand même le grand nord et vous savez que le grand nord, en plus d’être un domaine réservé, il est une principauté tenue par le duc Warifatchè (4) et la duchesse Fanta Gbê (5). C’est ce grand nord qui est actuellement à l’honneur. C’est pour ce grand nord qu’a été conçue la belle théorie du rattrapage ethnique, théorie qui dame le pion à celle de l’ivoirité conçue par la petite rivière et magnifiée par ses petits suiveurs. Il n’y a donc pas lieu de se faire du mauvais sang ou se provoquer des ulcères d’estomac pour rien. Nous sommes à l’heure du rattrapage ethnique. C’est tout. Combien de villes « krafri » ont-elles eu la chance de s’asseoir à côté de dame kong et de « la grande royale » Gbéléban ? Peu. Celles qui ont eu cet honneur jouissent par extension, à titre spécial, des jets du rattrapage ethnique. Ce sont les villes du centre ou celles qui ont des cadres qui exaltent le rattrapage.

Vous souvenez-vous du découpage électoral fait à la veille du « désert électoral » du 11 Décembre 2011 ? Ce découpage qui pue à mille lieues, le rattrapage ethnique, annonçait déjà la nouvelle organisation administrative présentée. C’est cela la nouvelle Côte d’Ivoire.

L’autre nous disait que ceux qui détestent les FRCI quittent la Côte d’Ivoire. Moi je vous dis que si vous détestez le rattrapage ethnique, allez vivre à Banfora ou à Sindou, au moins là- bas, vous vivrez en paix. Mais en attendant d’emprunter le train, saluons hautement Kong et Gbéléban, nos belles élues.

Seul Dieu nous délivrera.

 

(1)  Ressortissants de Kong

(2)  Désigne dans le jargon malinké les non musulmans

(3)  Synonyme de « Kafri», non musulman

(4)  Désigne en Malinké, le diamantaire, riche homme

(5)  Femme de teint clair, femme blanche, Fanta la blanche

 

Les pamphlets d’Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com

jeudi, 05 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, «LE PRESIDENT DE L'ETRANGER»

 

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Il est toujours réjouissant de constater que des médias qui sont à mille lieues de nous au point de vue idéologique finissent par confirmer des informations que nous avons données par le passé. Pour une raison simple : leurs «validations» permettent de clore le débat sur les faits, surtout quand on sait que nos contradicteurs sont des spécialistes du «pas vu, pas pris» et des audacieux négateurs des évidences.

Nous ne boudons pas notre plaisir de voir l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont Alassane Ouattara était jusqu’à une date récente un actionnaire minoritaire, qui l’a soutenu quand il était dans l’opposition et qui le soutient aujourd’hui, énoncer quelques vérités que nous répétons depuis longtemps à propos de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Jugez-en par vousmêmes. «Fidèles à Laurent Gbagbo, les natifs de la région ont beaucoup perdu à la faveur de la crise postélectorale: nombre d’entre eux se sont vus chassés de leurs maisons et de leurs terres, à l’exemple des Oubis, expropriés au profit de nouveaux arrivants. L’installation des étrangers et des travailleurs agricoles originaires du Nord est appuyée par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, dont le commandement est assuré par Losseni Fofana, dit Loss, un ex-rebelle) et par les Dozos, ces chasseurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest qui ont troqué leurs vieux fusils contre des kalachnikovs. Ces derniers seraient aujourd’hui 10 000, contre un petit millier avant la crise : ils règnent en seigneurs de la guerre et font payer un droit de protection aux nouveaux arrivants.

En ville, c’est la même chose. Les commerçants doivent verser leur obole. (…) Il y a aussi les miliciens burkinabè installés avec leurs hommes dans les forêts classées de l’Ouest. Parmi eux : Issiaka Tiendrébéogo et Amadé Ouérémi – lequel est soupçonné par HRW d’avoir joué un rôle dans les massacres de Duékoué, en mars 2011. (…) Surtout, reconnaît-on à Abidjan, ils entretiennent avec les FRCI un système d’activités illégales mais fort lucratives : trafic d’armes, exportation de cacao vers le Burkina Faso, exploitation aurifère forestière, et vente de terres.» Jeune Afrique publie également une infographie qui situe l’implantation de ces miliciens burkinabè sur le territoire ivoirien. Leurs noms se passent de tous commentaires : Sana Salifou, Issa Ouédraogo, Kouanda Lassané, etc…

Le constat est désormais indiscutable. Une opération concertée de colonisation armée des régions les plus convoitées de la Côte d’Ivoire est en cours. Qui dirige cette opération? Difficile de ne pas orienter les regards vers deux hommes : Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Premièrement, parce qu’ils en sont les bénéficiaires politiques. Ouattara profite des miliciens burkinabé pour effrayer voire pousser à l’exil les soutiens politiques de son adversaire embastillé à La Haye, le président Laurent Gbagbo. Quant à Compaoré, c’est son pays qui jouit depuis plusieurs années des filières d’évasion du cacao; il se débarrasse de son trop-plein démographique tout en élargissant son «espace vital» et ses territoires d’influence. En réalité, le président burkinabè est ici dans le même type de stratégie que le Rwandais Paul Kagame en République démocratique du Congo. Et l’Ouest ivoirien est dans la même position géopolitique que la région martyre du Kivu, comme nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes. Il faut toutefois noter qu’Alassane Ouattara s’associe avec entrain à l’opération de colonisation de la Côte d’Ivoire, alors que Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir avec l’aide des Rwandais et des «nouveaux prédateurs» occidentaux, s’est rebellé contre la «prise en main» de son pays. Et est mort en martyr national.

Face à cette incontestable réalité, face à ce danger qui pèse sur la Côte d’Ivoire, que font les consciences morales de la Nation? Rien ou presque. A la fois soucieux de préserver la présence de ses électeurs de plus en plus menacés sur les riches terres de l’Ouest et désireux de continuer à profiter des privilèges du pouvoir, le PDCI porte un regard névrotique sur cet enjeu – et les «Unes» du quotidien qui porte sa voix traduisent bien ce malaise. Complexés par les accusations de xénophobie, de nombreux intellectuels ont capitulé alors que la stature de certains objecteurs de conscience leur permet de s’exprimer clairement et sans haine sur ce qui n’est rien d’autre qu’une vaste stratégie de dépossession.

Une chose est sûre : par son action, Alassane Ouattara donne un caractère prophétique aux propos de campagne du président Laurent Gbagbo qui le qualifiait pendant la campagne en vue de la présidentielle de «candidat de l’étranger». Qu’on en juge. Sans l’aide de forces étrangères, jamais il n’aurait pris le pouvoir, concèdent aujourd’hui tous les analystes sérieux, quel que soit leur bord. Le premier cercle des militaires qui veillent sur sa vie est constitué de soldats burkinabè – comme nous l’a récemment confirmé, effaré, le collaborateur d’un chef d’Etat de la région. Les soudards qui règnent sur son «coffrefort» (l’Ouest minier et cacaoyers) sont burkinabè. Une bonne partie de sa stratégie de persécution de son opposition est fondée sur l’instrumentalisation de ses «relations» avec des chefs d’Etat étrangers. Toutes ses prétentions économiques s’appuient sur ses «relations» à l’étranger et sur un endettement massif qui, comme l’occupation des terres de l’Ouest, participe d’une logique de soumission voire «d’esclavagisation» durable de la Côte d’Ivoire.

Dès lors que l’on se débarrasse de toute complaisance et de notre tendance naturelle à la politique de l’autruche, l’on ne peut pas sérieusement accréditer la thèse généralement véhiculée selon laquelle l’invasion de la Côte d’Ivoire par des hordes armées non conventionnelles est le résultat d’une crise de l’ordre sécuritaire contre laquelle le pouvoir central se bat. De toute façon, cette thèse est absurde. La Côte d’Ivoire est un pays où la police et la gendarmerie ont été désarmées par le pouvoir central. La nature des armes dont sont dotées les milices ethniques qui prolifèrent de toutes parts est telle qu’il n’y a qu’un Etat qui peut les fournir. Le numéro de série de chaque arme permet de connaître sa provenance. Quand on connaît l’acharnement avec lequel le régime traque ses ennemis, prétendre que les ex Forces nouvelles, les Dozos et les Burkinabè de l’Ouest sont armés sans son consentement revient à prendre ses interlocuteurs pour des imbéciles.

Le 15 novembre 2000, avant la guerre donc, Laurent Gbagbo, nouvellement élu, disait : «Un jour viendra où, dans ce pays, il y aura deux camps. D’un côté celui dont le territoire et la Nation se confondent pour la défense de ce que nous sommes et de l’autre, celui pour lequel ni la Nation, ni le territoire, encore moins la République que nous tentons de bâtir n’a de sens, encore moins de valeur». Nous sommes en plein dedans. Ceux qui ne le savent pas sont sans intelligence. Ceux qui le savent et se taisent sont des lâches.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D’IVOIRE: SILENCE, ON TORTURE SOUS DES REGARDS PASSIFS ET COMPLICES!!!

  

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« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

 Article 5, déclaration universelle des droits de l’homme de 1948

  

La Côte d’ivoire, depuis plus d’un an est devenue un Etat d’exception. Tout ce qui choque l’entendement humain est célébré comme un fait heureux. Au delà de la célébration des contre-valeurs, il apparait clairement que l’une des cordes que le régime d’Abidjan manie bien, c’est  la violation des droits de l’homme. Bien que notre Constitution proclame, dans son préambule, « son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 et dans la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples de 1981 », rien n’empêche le pouvoir de Dramane Ouattara de méconnaitre, dans les faits, cette affirmation. Or, le rôle d’un gouvernement sérieux est de veiller à la protection des droits des citoyens, à les promouvoir en vue de permettre l’épanouissement de tous, sans distinction aucune.  Mais en Côte d’Ivoire, ne sont élevés à la dignité d’être humain que les partisans d’Alassane Dramane Ouattara. A l’opposé, les citoyens de « seconde zone » que sont les pro-Gbagbo, ont droit à tous les lots de traitements inhumains et cruels. Ces traitements se déroulent de façon paisible et continue dans l’indifférence totale des organisations de défense des droits de l’homme. En un mot, le régime Ouattara torture sous le regard passif et complice des ONG.

Le régime Ouattara torture…

Le régime de Ouattara, prétendument qualifié par ses amis et partisans, de démocratique, s’est spécialisé dans l’art d’arrêter, torturer, arracher des aveux infondés, exécuter sommairement des citoyens, violer  les domiciles etc. Toutes ces arrestations et perquisitions sont faites en violations flagrantes de règles en vigueur. Les rares témoins qui ont pu échapper miraculeusement à leurs tortionnaires, ont relaté dans la presse de l’opposition, les méthodes et les techniques utilisées par les hommes du régime. Pour procurer du plaisir au régime, tous les traitements cruels sont les bienvenus.

En effet, certains infortunés reçoivent des braises de feu sur le dos, des gouttes de sachets plastics brûlés sur les mains et parties sensibles, d’autres sont marqués au fer rouge. Certains d’entre eux sont enchainés à quatre ou à cinq comme furent les esclaves du temps de la traite négrière. Point n’est besoin de préciser qu’ils sont journellement battus comme des animaux. Tous ces faits se déroulent dans des lieux tenus par les hommes du régime. Yopougon, une commune pro-Gbagbo est présentée comme un super « camp de concentration ». Le régime a transformé, « la place de la liberté », patrimoine du FPI (parti de Laurent Gbagbo), en lieu de torture. Est-il utile de noter que l’activité sordide qui se déroule sur cette place est totalement contraire à l’esprit du lieu. Il s’agit en effet d’une place qui célèbre les libertés et non les exactions.

En dehors de Yopougon, il existe un  autre « camp de concentration » à PK 17, route de Dabou ; ce camp devait servir de site pour le service civique. Les pratiques qui s’y déroulent sont les mêmes constatées dans le camp de Yopougon. Ces deux camps « spécimens » sont les prolongements d’autres lieux tenus par les hommes du pouvoir. Et ces hommes n’ont qu’une seule cible : les pro-Gbagbo ou supposés. Ce sont ces citoyens qui peuplent les camps du régime. Ils viennent principalement des villes qui ont affirmé leur attachement au Président Laurent Gbagbo. Certains sont arrêtés à Abidjan, d’autres à l’intérieur du pays et convoyés soit dans les camps de l’intérieur soit dans ceux de la capitale économique. Ils sont des civils et militaires, tous accusés de vouloir renverser le régime. Ces accusations sont fallacieuses d’où, les traitements inhumains infligés à ces pro-Gbagbo. Car, si elles étaient fondées, le régime ouvrirait un procès qui donnerait l’occasion aux accusés de se défendre.

Ayant choisi la voie des camps de concentration, le régime d’Abidjan avoue le peu d’intérêt qu’il accorde aux droits humains. Cela est d’autant plus vrai que les tortionnaires eux-mêmes sont des ex-rebelles, maîtres dans l’art de la torture, connus pour être des criminels de guerre, des mercenaires, des miliciens tribaux.

Cette addiction à la torture donne du lustre au classement fait par l’Onu. En effet, selon l’organisation mondiale, le régime Ouattara, est un régime autoritaire. La chaine de télévision française France 2 en avait parlé le 26 Mars 2012 (édition de 20h). Mais si la Côte d’Ivoire est devenue championne en tortures et traitements inhumains, c’est bien parce qu’elle peut compter sur  le silence coupable de certaines organisations.

…sous le regard passif et complice des ONG

Le feu de la torture qui s’abat sur les pro-Gbagbo et supposés n’est dénoncé que par les journaux proches du Président Gbagbo. Ces organes se battent en publiant les témoignages des personnes ayant connu les flammes de la torture. Pendant qu’elles donnent de la voix, les ONG de défense des droits de l’homme brillent par leur mutisme. Elles assistent, passives, impassibles au drame que subit une partie des citoyens ivoiriens. Pourtant, elles se disent être équidistantes des pouvoirs politiques.

Notre actualité récente nous permet de dire que certaines ONG nationales sont complices du jeu du pouvoir. En effet, lors de la crise post-électorale, la Présidente du Réseau paix et sécurité des femmes dans l’espace Cedeao côte d’ivoire (Repsfeco-ci) Salimata Porquet, s’était vidée de ses larmes, lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja en Mars 2011. En substance, elle demandait à l’institution d’intervenir pour  sauver « les victimes si nombreuses ». Depuis que son mentor Ouattara est aux affaires, elle a séché ses larmes, plus de pleurs, même pour ceux qui sont torturés par le régime. Ces personnes qui sont torturées ne descendent-elles pas de femmes ? A l’évidence leur vie n’a aucune importance tout simplement parce qu’elles ont eu le tord d’être des « Gbagboïstes ». N’Gouan Patrick, coordinateur national de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), lui et sa « convention » sont muets comme une carpe face au règne des « camps de concentration ». Pourtant, Patrick N’Gouan ne manquait pas de s’offrir en spectacle sur la chaine Africa 24 pour demander le départ de Laurent Gbagbo, il ne manquait pas d’organiser des séminaires pour montrer les tares du régime de Gbagbo. Où se trouve t-il pendant que des citoyens, des contribuables sont arbitrairement détenus dans les fers ? Le Mouvement Ivoirien des droits de l’Homme (MIDH), connu pour être un démembrement du RDR, parce que créé par des pro-Ouattara dont « le Petit Juge militant » Epiphane Zoro Bi Balo (actuel DG de l’AICF), est lui aussi passif. Il a perdu et on le comprend, sa verve des premiers jours. Ce mouvement a été rejoint par la Ligue Ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO). C’est à croire que l’universalité des droits de l’homme est sujette à caution en Côte d’Ivoire. Comme le dirait Mobutu du haut de la tribune de l’Onu en 1973, lorsque qu’on parle des droits de l’homme on doit savoir de quel homme on parle. Est-ce des militants et sympathisants du Rhdp ou des pro-Gbagbo ? S’il s’agit des pro-Gbagbo, alors exit le respect des droits de l’homme et bonjour la torture !

A l’image de ces ONG nationales, celles dites internationales, semblent avoir d’autres préoccupations. En effet, elles ferment royalement les yeux sur cette prouesse du régime d’Abidjan. Amnesty International, Human Right Watch, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), la division des Droits de l’Homme de l’ONUCI, La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), toutes ces organisations sont devenues subitement aphones. Elles sont dans une sorte de complicité qui donne de la graisse à la dictature instaurée par le régime d’Alassane Dramane Ouattara. Pourquoi un tel mutisme ? Tous ceux qui sont torturés dans ces « camps de concentration » devenus un « archipel de torture », sont-ils des sous-hommes ? N’ont-ils pas aussi droit à un brin de dignité ? Qui portera devant l’histoire, la responsabilité des errements du pouvoir d’Abidjan ?

Disons clairement que ces ONG muettes, seront autant responsables que le pouvoir actuel.

Voici donc, sur le chemin de l’hypocrite réconciliation nationale, les actes du pouvoir qui énervent le processus. Les gouvernants ivoiriens  ont les mains dénouées et toujours tendues sur la tête des pro-Gbagbo, comme une épée de Damoclès. Et lorsque cette épée frappe, les ONG applaudissent pas leur mutisme. Il est peut être politiquement correct que les membres et amis du pouvoir s’invitent à ce mutisme, mais il est inacceptable que des ONG, par essence neutres, s’adonnent à ce jeu macabre. L’histoire les jugera avec rigueur.

 

Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com

DEMENTI DE LA FAMILLE GBAGBO AUX ACCUSATIONS D'HAMED BAKAYOKO

 

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Le Premier Ministre Me Joseph KOFFIGOH dément au nom et pour le compte de la famille du Président Laurent Gbagbo les graves accusations portées contre elle par Hamed BAKAYOKO.

 

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Joseph Kokou KOFFIGOH

Avocat à la Cour, Ancien Bâtonnier


Communiqué

 

Nous soussigné, Joseph Kokou KOFFIGOH, Avocat à la Cour, demeurant et domicilié à Lomé,

Agissant au nom et pour le compte de :

 

1- Madame Jeannette KOUDOU, de nationalité ivoirienne, en exil,

2- Monsieur Laurent OTTRO, de nationalité ivoirienne en exil,

3- Monsieur Bertin KADET, de nationalité ivoirienne, en exil

4- Docteur Hervé Brice ABIE, de nationalité ivoirienne en exil,

 

Les requérants ayant tous élu domicile au cabinet du conseil soussigné, à Lomé  Togo Quartier Hédzranawoé, BP : 671, Cel : (228) 90 04 01 58, e-mail : jkkoffigoh@yahoo.fr

Rendons public leur démenti ci-après face aux allégations de complot contre la sureté de l’état de Côte d’Ivoire, telles que formulées le 12 juin 2012 sur les antennes de la RTI, par le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur Monsieur Hamed BAKAYOKO.

  

Démenti des parents du président GBAGBO suite aux allégations de complot

 

« Le 12 Juin 2012 sur les antennes de la Radio Diffusion Télévision Ivoirienne, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Ivoirien, M. Hamed BAKAYOKO, annonce à la Nation, la découverte d’un complot visant à renverser le régime de OUATTARA.

Ce complot selon les informations du Ministre, serait fomenté par les proches du Président GBAGBO. 

1- Les faits:

Suite à l’arrestation de M. OUSMANE SY Savané, journaliste au quotidien "Le Temps", et à la perquisition faite dans ses bureaux, un document de réflexion portant sur la restauration de l’image du Président LAURENT GBAGBO ternie par un vaste complot international aurait été trouvé dans la mémoire de son ordinateur.

Dans ce document des personnes ressources ont été proposées pour animer des activités en vue de la restauration de cette image déformée.

C’est cette note rédigée dans la période de mai à juin 2011, c’est-à-dire deux mois après l’arrestation du Président Laurent GBAGBO donc depuis un an -,  qui sera présentée par le Ministre de l’Intérieur  comme la trame d’une conspiration.

Il est à préciser que les personnes comme Jeannette KOUDOU, Laurent OTTRO, Bertin KADET et Dr Hervé Brice ABIE dont les noms figurent dans ce document n’étaient pas informées de son existence.

En outre, dans son interview télévisée de 52 minutes, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Hamed BAKAYOKO, utilise abondamment l’image de la mère du Président Laurent GBAGBO pour jouer sur les émotions de son public.

Tels sont les faits.

2- Les parents du Président Laurent GBAGBO s’indignent des propos calomnieux du Ministre Hamed BAKAYOKO et du Gouvernement ivoirien qui ne fait rien pour mettre un terme aux mensonges, aux accusations et arrestations arbitraires, aux persécutions, tueries, vols et viols des Ivoiriens, y compris la chasse aux refugiés.

En effet depuis l’arrestation du Président GBAGBO par les Forces Françaises le 11 Avril 2011 et sa remise aux forces rebelles d’Alassane OUATTARA consacrant ainsi le coup d’état de OUATTARA et ses Alliés, la famille toute entière de Laurent GBAGBO avec en tête la mère (88 ans) vit en exil.

M. Hamed BAKAYOKO, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur ne s’est point indigné quand sa troupe de rebelles déversés dans la Côte d’Ivoire, a mis à sac des centaines de maisons avant de les détruire.

Ces actions de pillage ont visé principalement tous les proches du Président GBAGBO, notamment, sa famille, les responsables du Front populaire ivoirien (FPI), son parti politique et tous les responsables de la Majorité Présidentielle (LMP).

Les parents ont trouvé leur salut dans la fuite vers l’exil. Malgré cet exil, la nouvelle administration ivoirienne, dans son œuvre de persécution, les poursuit en gelant leurs avoirs, en dépit des règles élémentaires des droits humains, pour les humilier,  et les amener à l’asphyxie.

Si le Gouvernement de Côte d’Ivoire parvenu au pouvoir  par un coup d’état conduit par la France de SARKOZY, n’a rien d’autre à proposer aux Ivoiriens que la chasse à l’homme, qu’il laisse la paix aux parents du Président Laurent GBAGBO notamment à sa mère suffisamment éprouvée par tant de méchancetés. 

La concorde nationale, le retour à  un régime démocratique apaisé en Côte d’Ivoire passent par la libération du Président Laurent GBAGBO et de tous les prisonniers politiques, la fin de l’exil pour de nombreux Ivoiriens refugiés dans les pays ouest-africains, le déblocage de leurs avoirs et de leurs biens, enfin par une justice équitable, c’est-à-dire une justice qui ne soit pas seulement en faveur des "vainqueurs" de la guerre.

Enfin la Côte d’Ivoire qui assure la présidence de la CEDEAO, se doit de respecter les droits des refugiés dans l’espace sous régional et arrêter de les harceler, en violation des dispositions pertinentes des instruments juridiques régionaux et internationaux »

 

Fait en exil, le 03 juillet 2012 

 

En conséquence, le conseil soussigné notifie le présent démenti à la presse et à qui de droit et se réserve le droit légitime d’agir par les voies légales, y compris des poursuites judiciaires contre les auteurs et les complices de ces diffamations dont le seul objectif est de perpétuer les traitements cruels et inhumains dont ils  accablent les parents et les proches du Président Laurent GBAGBO.

 

Fait à Lomé, le 03 juillet 2012

    

Maître Joseph Kokou KOFFIGOH

mercredi, 04 juillet 2012

REPORTAGE TV5: LES BURKINABES OCCUPENT LES TERRES A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE



Les Ivoiriens perdent leurs terres, avec la bénédiction d'Alassane Ouattara, de la coalition qui l'a installé au pouvoir (France, Etats-Unis, Cedeao, Onu), de certains autres ivoiriens et de la communauté internationale pourtant si prompte à décrier la violation des droits humains et toutes sortes d'abus sous d'autres cieux. Le cas ivoirien avec la dictature en place, le piétinement du droit et de la Constitution, les crimes et les spoliations tous azimuts, n'émeut personne.

Il faudra craindre avec le plus grand effroi et la pire angoisse tout retournement de situation. Une bombe terrifiante se met insidueusement mais très sûrement en place pour la Côte d'Ivoire et pour toute la sous-région ouest-africaine.

Que les voix les plus autorisées parlent maintenant ou se taisent à jamais.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire! 

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - PPTE: LA COTE D'IVOIRE COURT UN TRES GRAND DANGER!

 

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«Les Économistes nous ont trahis. Ils ont poussé le pays dans l’antre du diable. Si les Ivoiriens ne sortent pas immédiatement de l’initiative PPTE, il n’y aura plus de Côte d’Ivoire dans 3 ans».

 

La Révolution Permanente se fait le devoir de porter ce message aux Ivoiriens ce jour, mardi 3 juillet 2012. Ce message est la conclusion à laquelle les analystes de la Révolution Permanente sont parvenus lorsqu’ils ont été alertés par la position de certains pays d’Amérique latine qui ont rejeté systématiquement cette initiative.

Pour vous permettre de comprendre ce cri du cœur, je vous invite à découvrir ce que cache l’initiative PPTE lorsqu’après avoir atteint le point d’achèvement, un instrument du libéralisme usurier est chargé de sa mise en œuvre.

Le HIPC (Heavily Indebted Poor Countries) ou PPTE (Pays Pauvre Très Endetté), cette appellation qui devrait sonner comme une injure,  cache un concept économique mis sur pied par le FMI (Fonds Monétaire International) et la Banque Mondiale en 1996.

L’initiative HIPC ou PPTE a été empiriquement conçue pour être la Phase N°2 du PAS (Programme d’Ajustement Structurel). Il est donc bon de noter que l’initiative PPTE est le prolongement du PAS dont elle achève de réaliser les grands axes.

Officiellement, l’initiative PPTE est un système, je dirais, un engrenage économique, qui vise à assister les pays les plus pauvres du monde en rendant leurs dettes internationales «soutenables».

Si elle était un système conçu de bonne foi, l’initiative PPTE devait être l’équivalent de la procédure judiciaire dite de Règlement préventif. Pour les entreprises qui cumulent des dettes exigibles -que leur trésorerie disponible ou à recouvrer sur le court et moyen terme ne permettra pas d’apurer, alors qu’elles conservent encore des chances de s’en sortir financière-, le déclenchement de la procédure de règlement préventif leur permet de geler la poursuite des créanciers, qui se regroupent pour créer un collectif et signer un concordat et qui s’entendent avec le juge pour planifier de façon supportable, le recouvrement de leurs créances, parfois, en accordant à l’entreprise débitrice des allègements ou des délais de carence. Ainsi, avec un peu de chance, l’entreprise essoufflée réalise des investissements productifs, rembourse à un rythme soutenable ses dettes et retrouve la santé financière.

En principe, c’est ainsi que devait être perçue l’initiative PPTE pour les Etats. C’est également la finalité recherchée par le déclenchement d’une procédure judiciaire de règlement préventif au profit des entreprises en difficulté, que l’initiative PPTE devait viser à atteindre.

Mais que non. L’initiative PPTE cache un lourd secret que très peu de personnes connaissent. C’est ce secret que je vais exposer maintenant.

De façon innocente, les Économistes nous expliquent que pour qu’un pays soit éligible à l’initiative PPTE et PPTE renforcée, il doit respecter quatre critères:

· n’être éligible qu’à une assistance concessionnelle de la part du FMI et de la Banque mondiale (“IDA-only”) ;

· faire face à un niveau d’endettement insoutenable ;

· avoir parfaitement mis en œuvre des réformes et de saines politiques économiques dans le cadre de programmes soutenus par le FMI et la Banque mondiale ;

· avoir formulé un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). (Celui de la Côte d’Ivoire a été élaboré sous la Direction du Ministre d’Etat, feu Bohoun Bouabré. Sa version finale a été rendue publique en janvier 2009)

Mais tout cela est compliqué. Je ne vais pas vous entraîner là-dedans.

Ce qu’il faut savoir de la face cachée de l’iceberg des conditions d’éligibilité d’un pays à l’initiative PPTE, se présente comme ci-après:

- pour qu’un pays fasse partie du programme, il faut qu’il soit listé parmi les pays les plus endettés au monde et incapables de payer ses dettes extérieures. Donc le pays doit être un Etat indigent, un Etat en situation de quasi-faillite;

(Petite parenthèse sur ce point : est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi pendant que Laurent GBAGBO se battait pour payer les dettes extérieures tout en évitant d’endetter la Côte d’Ivoire, il s’est trouvé des individus, anciennement chargé de mettre en œuvre le PAS, qui conjuguaient tous leurs efforts pour lancer des attaques armées, lutter contre l’exportation du café et du cacao, souiller l’image de l’Etat en commettant des meurtres, diviser le pays, saper son potentiel économique en pillant une partie des richesses ? Est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi?)

- les “saines politiques économiques” dont la mise en œuvre conditionne l’éligibilité du pays au programme, sont déterminées par le FMI et la Banque Mondiale, et sont les héritières – bien qu’elles ne s’appellent plus ainsi – des “Programmes d’ajustement structurel” des années 1980 et 1990 d’inspiration libre-échangiste : restriction des interventions de l’État dans l’économie, libéralisations, privatisations, politiques fiscales et monétaires restreintes… (Source: Wikipédia)

(Petite parenthèse sur ce point : Est-ce que vous comprenez maintenant pourquoi au lendemain du 11 avril 2011, toute la Côte d’Ivoire a été mise en vente ? Est-ce que vous comprenez pourquoi les banques appartenant à l’Etat de Côte d’Ivoire que sont la BNI, la BHCI, Versus Bank, bref, tout ce qui appartient à l’Etat est mis à marché depuis le 11 avril 2011 afin que les groupes privés français les achètent ?)

Bien. Vous commencez à tout comprendre

Alors, venons en de façon plus concrète au cas de la Côte d’Ivoire. Et vous comprendrez pourquoi GBAGBO Laurent ne pouvait pas rester Président mais aussi les raisons profondes du repeuplement économique de l’Ouest ivoirien avec la main-d’œuvre voltaïque.

Déjà en 1998, l’éligibilité de la Côte-Ivoire au programme PPTE fut conditionnée par la libéralisation complète du secteur du café pour l’année de récolte 1998-1999. Bédié Konan entre deux verres, a retrouvé un brin de lucidité. Il a refusé cette libéralisation telle que le FMI la lui demandait. Aussitôt, l’affaire des 18 milliards “volés” est sortie sur fausse dénonciation de qui vous savez et, au soir du 24 décembre 1999, le premier coup d’État de l’histoire de la Côte d’Ivoire a été consommé.

Mais après la chute de Bédié, Laurent GBAGBO arrive au pouvoir à la faveur des élections de 2000. La première pression qu’il subira, sera la réforme du secteur café-cacao. Ils n’ont pas utilisé le mot privatisation. Mais la fermeture de la CAISTAB et le retrait de l’Etat conduisaient au même résultat.

Sauf que Laurent GBAGBO est un Patriote ivoirien. Il ne peut pas accepter de vendre l’âme de l’Economie ivoirienne aux prédateurs étrangers. Donc il engage la réforme et aboutit à une libéralisation qui transfèrera la gestion de la filière aux acteurs de la filière.

Cette forme de libéralisation n’est pas celle qui était attendue. Mais elle était un bon pas vers la libération entre les mains des multinationales américaines, anglaises et françaises (Cargill, ADM, Armajaro, etc.) au cas où un homme à tout faire du FMI et de la Banque Mondiale prendrait le pouvoir. Parce qu’à terme, il faudrait atteindre cet objectif.

Nous sommes en 2012. Depuis le 26 juin de l’année, la Côte d’Ivoire a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Mais dans quel contexte et avec quelles ambitions ?

Pour ce qui est du contexte, Alassane Ouattara, celui qui a mis en œuvre pour le compte d’Houphouët-Boigny, la Phase N°1 de la stratégie de contrôle des secteurs clés de l’Economie des pays non occidentaux, cette phase baptisée PAS (Programme d’Ajustement Structurel), est en Côte d’Ivoire et règne en maître des lieux incontestable.

Dès la conquête de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a enclenché un processus vertigineux de ré-endettement du pays. Il a aussitôt vendu tout ce qui appartenait à l’Etat et est en passe de boucler ses dernières ventes avec la privation des banques comme la BNI, la BFA, la BHCI, Versus Bank.

Plus révélateur que de raison, son avènement en Côte d’Ivoire a ouvert la voie à un repeuplement agricole systématique de l’Ouest ivoirien par des Burkinabè. A terme, nous vous le disons chaque jour, ces terres villageoises occupées avec les armes ainsi que les forêts classées contrôlées par les mêmes milices burkinabè pour y cultiver le café et le cacao, seront vendues aux multinationales américaines et françaises afin que les ouvriers burkinabè et les autochtones de l’ouest deviennent des salariés.

Sur ce point, les ambitions de l’initiative PPTE sont claires et doivent l’être pour chacun d’entre nous.

Ce programme n’enrichira personne. Il ne permettra pas à la Côte d’Ivoire de prendre une moindre ascension économique. Non. Ce programme vient parachever la nocivité économique du PAS pour les Etats qui ont commis l’erreur d’y entrer.

L’initiative PPTE ne fera entrer aucune somme d’argent liquide dans les caisses de l’Etat ivoirien. Le ré-endettement massif a porté la dette ivoirienne à son niveau initial. Les remboursements effectués par le Président GBAGBO ont été renouvelés systématiquement par de nouveaux emprunts sur papier. L’argent entre et ressort aussitôt. Ce n’est qu’un jeu d’écriture.

Mais la plus grosse menace dans tout ça, c’est que l’Etat perdra totalement ou presque, ses avoirs sur  le café et le cacao avec la privatisation qui sera réalisée après la modification de la loi de 1998 sur le foncier rural pour permettre aux personnes physiques non ivoiriennes et aux entreprises privées de devenir propriétaires sur le domaine foncier rural. Une telle modification de la loi ouvrira la voie à l’achat de toutes les terres de l’Ouest ivoirien par les multinationales étrangères, d’abord en acquérant les terres occupées illégalement par les Burkinabè, ensuite en contraignant les allochtones baoulé et les autochtones Wè à leur vendre le reste des terres et les vieux vergers.

Une fois le cacao sorti du giron de l’Etat, les droits et taxes d’exportation perçus sur le café et le cacao réduits à des portions congrues, les banques nationales privatisées pour respecter les engagements pris ou imposés avec l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, que restera-t-il encore de la Côte d’Ivoire ? Que restera-t-il de ce pays puisque l’eau, l’électricité, les grands hôtels, les autoroutes et ponts à péage, les richesses du sous-sol, ont déjà été cédés  pour l’essentiel à 1 franc symbolique par Ouattara Alassane aux grands groupes français et américains ?

Si vous avez enfin compris, c’est que vous avez compris pourquoi le combat que la Révolution Permanente mène avec vous est un combat pour la survie du peuple de Côte d’Ivoire. Et l’histoire ne nous pardonnera pas d’avoir échoué.

Que Dieu sauve la Côte d’Ivoire des griffes acérées du diable !

 

A Très bientôt.

 

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°00320/07/12

 

Source: INFO D'ABIDJAN

mardi, 03 juillet 2012

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR GUILLAUME KIGBAFORI SORO, PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DE COTE D’IVOIRE

 

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 Monsieur Guillaume Kigbafori SORO,

 
Je viens d’apprendre, dans un communiqué signé des mains de Madame Fatim Camara, Responsable service Communications et Presse de l’Ambassade de Côte d`Ivoire en France, que vous effectuez une visite de travail en France et que vous serez reçu par votre homologue français, M. Claude BARTOLONE, ce lundi 2 juillet 2012 à 15 heures à l`Hôtel de Lassay, au 128 rue de l`Université Paris 7ème.
 
A l’occasion de cette visite en France, je vous adresse, ce lundi 2 juillet 2012, cette lettre, en espérant qu’elle vous parviendra et que vous la lirez jusqu’au bout.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, comme tout le monde le sait, la rébellion ivoirienne a vu le jour le 19 septembre 2002, avec comme chef, vous-même, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Vous vous êtes alors révélé au monde par ses déclarations ronflantes et parfois tonitruantes dans les medias et dans votre livre intitulé «Pourquoi je suis devenu un rebelle» et sous-titré «La Côte d'Ivoire au bord du gouffre» (Editions Hachette, Paris, 2005).
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, avec cette rébellion, il a été donné aux Ivoiriens de vivre et de subir des horreurs immondes et des violences inouïes d’un groupe d’individus en armes de toutes sortes, pour la plupart analphabètes ou demi lettrés, sans légitimité aucune, sans foi, manquant de bon sens et d'«esprit des lois» (Montesquieu), et prétendant imposer leur volonté et leurs caprices, tels des cow-boys dans les films westerns d'antan, lesquels cow-boys, hors-la-loi et sans civisme ni éducation, défient le Sheriff du District, règnent en maîtres et, par la force de leurs pistolets, dictent leur loi.
 
Vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, et les autres rebelles sembliez ignorer (du moins méconnaître) que cette époque est révolue et que les temps modernes commandent d'utiliser, de nos jours, même dans le Far West, la voie des urnes pour accéder au pouvoir, pour pouvoir marcher sur des tapis rouges et pour pouvoir prétendre diriger les hommes, en vue de contribuer à favoriser leur bien-être et le progrès de l'humanité.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, on peut se demander ce que les populations ivoiriennes et l’Afrique ont gagné, ce que vous avez ajouté à l'humanité, quelle image vous représentez pour le présent et le futur dans l'histoire, quelle leçon la jeunesse africaine peut tirer de vos actes ?... La réponse est claire et nette : du gâchis.
 
Par exemple, en Côte d’Ivoire, on compte plus de huit années de situation de guerre, durant lesquelles le fonctionnement des institutions a été pratiquement en péril, où tout a été considérablement dégradé, où les ressources ont été systématiquement livrées au pillage...
 
Pendant que les autres peuples sont dans des laboratoires et dans les usines pour fabriquer des ordinateurs, des médicaments, des avions, des machines, des appareils…, pour notre confort, pour notre santé…, vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO et les autres rebelles, ainsi que vos alliés (connus et inconnus ou méconnus), vous n’avez eu aucune honte, aucun regret, ni remords de tuer vos propres parents et amis. Vous n’avez éprouvé aucune gêne à basculer notre pays dans un état lamentable de régression, ni aucun dégoût à vous faire payer sans travailler, ni aucun scrupule à piller et à faire piller les ressources de notre pays. Vous avez été toujours fiers de narguer, de troquer les autorités et les élus, fiers de fouler aux pieds nos lois, nos Institutions et notre Constitution, en toute immoralité et en toute impunité.
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, plus que jamais auparavant, le sang a coulé, trop coulé en Côte d’Ivoire, comme dans les autres pays concernés par les rebellions. Du sang des autochtones comme des étrangers. Du sang des forces de l’ordre et des populations civiles comme des rebelles. «Nous avons eu plus de morts entre rebelles qu’entre nous et les Forces loyalistes», avait déclaré sur Radio France Internationales (RFI), votre chargé de communication des rebelles... Ces pertes importantes de vies humaines ont énormément endeuillé les populations ivoiriennes et suscité partout animosité, rancœur, indignation, colère et désirs de vengeance... Tels sont les réalités et les résultats de la rébellion ivoirienne dont vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, êtes un des instigateurs privilégiés.
 
Vous êtes l’un des premiers responsables, devant Dieu et devant les hommes, des exactions, des tueries perpétrées depuis 2002 par les rebelles, rebaptisés « Forces nouvelles » (FN), puis Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
 
Vous avez siégé, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, dans le gouvernement de M. Laurent Gbagbo, en tant que Premier ministre. Vous avez mangé à la même table que M. Laurent Gbagbo que, poussé par vos mandataires (Marcoussis) et voulant emprunter des raccourcis, vous aviez mission, selon vos propres déclarations, d’assassiner, ou tout au moins chasser du pouvoir, pour accéder (vous ou un de vos commanditaires) à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire. C’est aujourd’hui mission accomplie.
 
Mais, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, avez-vous compris que les rebellions africaines rabaissent les Africains au rang de barbares des temps anciens, réduisent l’Afrique à l’état de jungle ou de champ de bataille permanent où le label démocratique est vidé de son contenu ? De plus, avez-vous réalisé que les rebellions africaines enrichissent les fabricants d’armes et ont pour victimes les populations africaines, c'est-à-dire des femmes, des hommes, des enfants innocents qui ne demandent qu’à vivre ?

Avez-vous compris que ceux qui fabriquent les armes, les vendent et ceux qui arment les rebelles ne sont nullement responsables de l’utilisation que l’on en fait ?  Avez-vous compris que, par les rebellions, les Africains se révèlent leurs propres ennemis et que, ceux qui arment et financent les rebellions, s’intéressent, d’abord et avant tout, aux ressources minières et naturelles des régions concernées?...
 
Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, le 22 février 2002, à quelques six mois de son 68ème anniversaire, est tombé au front, les armes à la main, M. Jonas Malheiro Savimbi, un des plus vieux rebelles de l’histoire d’Afrique, chef de l’UNITA, fondée le 13 mars 1966. C’est sur les bords de la rivière Luvuei, dans la province de Moxico, au sud-est de l’Angola, non loin de la frontière zambienne, que ce vieux chef rebelle a livré sa dernière bataille. Surpris par l’armée gouvernementale, il a été abattu, non sans s’être défendu : quinze balles logées dans son corps. Montré le lendemain à la télévision angolaise, son corps gisait sans vie, baignait dans son propre sang, son sang à lui, Jonas Savimbi. Toutefois, il avait le visage serein et intact, les yeux mi-clos. II a fini comme vous finirez, vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Il a fini comme finissent tous les rebelles de son espèce : Samuel Doe, Fodé Sankoh, Ousmane Mané, Joseph Kabila..., qui, eux aussi, avaient défiguré leurs pays respectifs, par des guerres, par des violences inouïes, par des tueries sans nom. En tout cas, tel est le sort de tous les rebelles, c'est-à-dire des individus qui, comme vous, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO, prétendent rétablir leurs concitoyens dans leurs droits humains, et qui, contradictoirement, leur ôtent le premier des droits humains, à savoir : « le droit à la vie ».
 
L’Histoire retient que le leader de l’UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté longtemps, très longtemps, de 1962 à 2002, et qu’il avait été à la fois un chef charismatique, un stratège, un «nationaliste» intransigeant et obstiné avec un parcours exceptionnel, un rebelle jusqu’au bout, du moins jusqu’à la mort. Certes, la mort l’a, finalement, emporté sur le succès qu’il escomptait.
 
Et comme Jonas Savimbi, vous serez, Monsieur Guillaume Kigbafori SORO,  très bientôt rattrapé. Pour les crimes que vous avez commis, ainsi que par vos exactions et vos tueries, perpétrées depuis 2002, que nous gardons en mémoire, et telles qu’elles ont été consignées dans les journaux, dans votre livre et les livres d’histoire.
 
Enfin, que vous soyez Président de l`Assemblée Nationale de Côte d`Ivoire ou pas, vous en rendrez bientôt compte devant la justice, envers et contre vous, même si vous prétendez n’avoir pas de souci à vous faire, ni rien à vous reprocher. Rappelez-vous le cas Maurice Papon, impliqué dans l'arrestation et la déportation des Juifs de la région bordelaise, entre 1942 et 1944. Quoiqu’il eût de très hautes fonctions, il a été inculpé, plus de 40 ans après, notamment en 1983, à la suite de plaintes déposées en 1981, a été jugé à partir d'octobre 1997 et condamné le 2 avril 1998. 
 
Bon séjour à Paris, Monsieur le Président.
 
 
Paris, le 2 juillet 2012
 


Léandre Sahiri, Ecrivain et Enseignant chercheur.

dimanche, 01 juillet 2012

CHRONIQUE DE HASSANE MAGUED - 7 CASQUES BLEUS TUES A L'OUEST: LE RAPPORT DE L'ONUCI N'EST PAS SERIEUX!

 

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Radio France Internationale (RFI) a fait fuiter les grandes lignes de ce que l’ONUCI appelle un rapport d’enquête sur la mort des 7 casques bleus nigériens tombés le 8 juin 2012 dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

A en croire RFI, ce rapport révèle que les assaillants seraient au nombre de 100, qu’ils seraient venus du Libéria et qu’ils auraient confié aux populations qu’ils allaient attaquer les soldats de l’ONUCI pour récupérer leurs armes et venir à Abidjan pour renverser le régime de Dramane Ouattara. Toujours selon ce rapport, les assaillants auraient été en train de s’attaquer aux populations civiles et c’est pour venir secourir ces civils que le contingent nigérien basé à Grand-Lahou serait venu en intervention alors que leurs collègues du contingent marocain basé à Taï, à quelques petits kilomètres du lieu où les soi-disant attaques contre les populations civiles se perpétreraient, sont restés sur leurs positions.

De façon manifeste, ce rapport est un tissu de contradictions et un gros tas de rumeurs collectées ici et là par l’ONUCI pour soutenir les prétextes avancés par le régime Ouattara afin de justifier la purge ethnique contre les Ivoiriens qui ne se reconnaissent pas dans ses choix et dans son aventure ivoirienne.

Il suffit pour s’en convaincre de relever des grandes lignes de ce rapport, les incongruités saillantes ci-après:

1.    pour renverser le régime Ouattara en récupérant les armes de l’ONUCI, pourquoi les assaillants n’attaqueraient-ils pas un dépôt d’armes et de munitions de l’ONUCI et c’est seulement un convoi de 3 véhicules avec au maximum une vingtaine d’armes qu’ils attaquent ? Est-ce, avec seulement une vingtaine d’armes que 100 assaillants vont renverser le régime de Ouattara protégé par 10 000 casques bleus, un peu plus de 1000 soldats français de la Force Licorne, 500 mercenaires togolais, environ 3000 mercenaires et miliciens burkinabè et environ 10 000 bouviers FRCI?

2.    pourquoi les assaillants qui connaissent probablement très bien la région et qui savent que l’ONUCI a une base à Taï ville, n’ont-ils pas attaqué le contingent marocain qui occupe cette base fixe et qui donc dispose de beaucoup plus d’armes, si leur intention était de se doter en armes pour renverser un régime contesté?

3.    pour se doter en armes, pourquoi les assaillants seraient-ils allés attaquer des civils soi-disant ? Est-ce à dire que ces civils disposaient d’un stock important d’armes mis à leur disposition par l’ONUCI ou par le régime Ouattara et qui susciterait la convoitise des assaillants au point qu’ils considéraient ces civils comme une cible prioritaire pour satisfaire leurs besoins en armes?

4.    pourquoi le contingent marocain basé à Taï n’a-t-il pas été informé du mouvement des 100 soi-disant assaillants venus du Libéria afin de les intercepter ou demander du soutien aérien, comme c’est à leur habitude, afin de localiser avec précision lesdits assaillants et anticiper leur neutralisation par une attaque préventive?

5.    pourquoi le même contingent marocain n’a-t-il pas volé au secours des civils qui seraient en train d’être attaqués par des assaillants à la recherche des moyens militaires de l’ONUCI pour venir perpétrer un coup d’Etat à Abidjan?

6.    pourquoi des Libériens, et donc des non Ivoiriens, viendraient-ils renverser un chef d’Etat ivoirien ?S’ils y parvenaient, quel Libérien vont-ils installer à la tête de la Côte d’Ivoire et dans quel but?

7.    l’ONUCI a-t-elle réussi à capturer un des assaillants au point de pouvoir confirmer qu’ils sont venus du Libéria et qu’ils avaient un mobile politique et qu’ils visaient pour cibles, les armes de l’ONUCI et le pouvoir de Ouattara?

Mais bon Dieu ! Pourquoi l’ONU se plaît-elle à être une organisation de moins en moins sérieuse, employant des fonctionnaires corrompus, soutenant des régimes liberticides, se rendant complice de complots politiques, de pillages de ressources naturelles, de crimes contre l’humanité, tout juste dans le but de protéger des intérêts géostratégiques des puissances membres de l’OTAN?

Le soi-disant rapport confidentiel de l’ONUCI est un tissu d’incongruités, de non-sens, de rumeurs, de slogans et de mensonges, qui ne doit émouvoir personne.

Nous insistons et persistons pour dire que ces 7 casques bleus ont été tués par les mercenaires burkinabés dirigés par Amadé  Ourémi et qui organisent le repeuplement et l’invasion des terres de l’Ouest. Ces mercenaires sont des supplétifs de l’armée privée d’Alassane Ouattara baptisée FRCI. Ce sont ces mercenaires qui ont tué les 7 casques bleus. Les patrons de l’ONUCI en Côte d’Ivoire le savent. Les raisons pour lesquelles ils les ont tués sont connues.

Nos sources sont concordantes et formelles : ces mercenaires ont des comptes à régler avec Ouattara. Il leur doit de l’argent et ils ont décidé de se payer en vendant les terres, le bois, le cacao et autres produits récupérés  en chassant les populations autochtones Wè. Certains soldats de l’ONUCI participent à ce trafic illégal. La piste du règlement de compte et de la protection d’un territoire conquis est donc la seule qui donnera un résultat sérieux après une enquête sérieuse.

Jetez donc à la poubelle ce tissu de rumeurs et de slogans appelé rapport de l’ONUCI sur la mort des 7 casques bleus. Il n’honore personne.


A Très bientôt


Hassane Magued

La Révolution Permanente N°00317/06/12


Source: INFO D'ABIDJAN.NET