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mercredi, 07 août 2013

DISCOURS DE PASCAL AFFI NGUESSAN, PRESIDENT DU FPI, APRES SA LIBERATION


AFFI NGUESSAN LIBRE.jpg


Les premiers mots de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, après sa mise en liberté provisoire: «Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit. Nous ne sommes pas des revanchards».

 

«Je voudrais, avant de commencer tout autre discours, d’abord vous saluer et vous remercier chaleureusement. Si nous sommes présents devant vous en ce jour, ne vous y trompez pas. Il n’y a pas trois explications. Il n’y a pas deux explications. Il y a une seule explication. C’est votre mobilisation, c’est votre détermination, c’est votre Résistance, c’est votre refus de la situation injuste qui est faite à la Côte d’Ivoire qui explique que nous soyons aujourd’hui devant vous. Qui explique qu’hier d’autres camarades ont été libérés. Qui explique qu’avant-hier Diabaté Bê et d’autres camarades [...] ont été mis en liberté.

Et c’est cette mobilisation qui expliquera demain la normalisation en Côte d’Ivoire, la libération de tous nos camarades qui sont encore détenus, le retour d’exil de tous les camarades qui sont obligés de fuir leur propre pays, et le retour parmi nous du président Laurent Gbagbo.

Je voudrais remercier profondément, du plus profond de mon cœur, le camarade Miaka Ouretto, président par intérim. Et avec lui remercier tous ceux qui composent la direction intérimaire du FPI à l’heure actuelle. Je voudrais remercier la camarade Marie-Odette Lorougon, le camarade Koua Justin. (…)

Le projet originel n’est pas que le FPI existe en tant que parti politique. L’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons n’est pas de réinstaurer la démocratie. Ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le Front populaire ivoirien. (…)

Chers camarades, vous avez déjoué tous les pronostics. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était intraitable. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était un esprit. Vous avez prouvé que le peuple de Côte d’Ivoire n’a pas envie de faire marche arrière. Et que son parcours est résolu vers la démocratie, vers le progrès, vers les libertés. Et c’est parce que nos adversaires se sont rendus compte de cette réalité, parce que nous avons imposé cette réalité, que nous sommes ici aujourd’hui face à vous.

Aujourd’hui est un jour de réjouissance. Un jour pour célébrer cette étape de notre lutte. C’est pourquoi il serait peut-être trop hasardeux d’aller plus loin. Mais sachez que nous n’avons pas trois programmes, nous n’avons pas deux programmes, nous avons un seul programme. Et ce programme, c’est le programme du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, ce sont les aspirations profondes du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, c’est résoudre tous les problèmes qui empêchent ce pays d’être un pays moderne et prospère. Voilà notre programme !

Nous sommes là pour redresser. Comme le dit le vieux de Ménékré, « Politique tordue », nous sommes là pour redresser.Or aujourd’hui, qu’il s’agisse de la politique, qu’il s’agisse de l’économie, qu’il s’agisse des droits de l’homme, qu’il s’agisse des libertés, la politique ivoirienne est tordue. C’est pourquoi notre mission est encore plus importante. Restons mobilisés. (…)

Notre programme de redressement national, nous ne l’engageons pas contre un individu, une ethnie, une religion. Nous l’engageons au profit de tout le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité. Non dans la violence, mais dans la paix, dans la démocratie, dans la politique. C’est pourquoi nous invitons ceux qui ont la responsabilité de ce pays à l’heure actuelle à savoir que le Front populaire ivoirien est présent et entend prendre sa part dans la restauration de la Côte d’Ivoire. (…)

Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit.

Nous ne sommes pas des revanchards. Les souffrances que nous endurons, nous les endurons au nom de la Côte d’Ivoire. Et nous les portons fièrement comme des décorations. Parce qu’en définitive, personne ne nous a obligés à venir au secours de la Côte d’Ivoire. Et ce travail dans lequel nous nous sommes engagés, nous ne le faisons pas pour des intérêts matériels ou financiers. Nous voulons construire notre pays. Parce que ce ne sont pas les étrangers, des autres pays qui viendront construire la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi nous sommes engagés dans la lutte. Et nous sommes prêts à prendre tous les risques pour que la Côte d’Ivoire avance. Merci donc, chers camarades.

Lorsque le président par intérim nous aura invités à un Forum plus politique et plus élargi, nous aurons à discuter largement et à nous entendre sur les axes de cette nouvelle phase de la lutte.Le pouvoir en place doit savoir que le Front populaire ivoirien, parti d’opposition, est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’ils nous comprennent comme tel, et qu’ils ne cherchent pas à détruire l’opposition. Parce que ce ne sera pas possible ! La situation actuelle le prouve. Et ce ne serait pas dans l’intérêt du pays.

Nous sommes donc ouverts et nous demandons le dialogue. Le dialogue politique franc et sincère ! Parce que la Côte d’Ivoire souffre. Les Ivoiriens souffrent. Ils aspirent à la paix, à la tranquillité, à la démocratie. C’est dans le dialogue que nous devons travailler à résoudre tous les problèmes afin que la Côte d’Ivoire avance.

Merci beaucoup d’être venus.

Merci de votre mobilisation.

La lutte continue !

Je vous remercie.»

 

Propos retranscrits par Djagoyouwle Ogbawoli.

COTE D'IVOIRE: CORRUPTION ET FAVORITISME DEMEURENT (JEUNE AFRIQUE)

 

CORRUPTION. PANCARTE.jpg

Par Julien Clémencot, avec Baudelaire Mieu à Abidjan Jeune-Afrique


Le président Alassane Ouattara l’affirme: l’émergence de la Côte d’Ivoire demeurera un voeu pieu tant que le climat des affaires ne sera pas assaini. Or, plus de deux ans après son arrivée au pouvoir, corruption, favoritisme et pratiques délictueuses demeurent.

Ambassade des États-Unis, du 8 au 11 juillet. La mission diplomatique américaine organise pour une vingtaine d’«éveilleurs de consciences» un séminaire consacré au journalisme d’investigation. L’objectif est à peine voilé: renforcer la mécanique démocratique en poussant quelques enquêteurs à fouiner pour révéler les informations qui dérangent… Après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance. L’ambassade de France a ainsi envoyé un rapport au ministère de l’Économie et des Finances, à Paris, pour attirer l’attention sur ce phénomène. Et l’État français aurait alerté le président, Alassane Dramane Ouattara, sur ce sujet.

Certaines multinationales haussent elles aussi le ton. Le groupe pétrolier Chevron, entré en négociation en 2012 pour obtenir des permis d’exploration, a par exemple fait part de ses difficultés au Congrès américain. Les autorités ivoiriennes elles-mêmes reconnaissent le problème. D’après le Secrétariat national à la gouvernance et au renforcement des capacités (SNGRC), 85 % des Ivoiriens sont confrontés quotidiennement à la corruption, au népotisme et au favoritisme. Début juillet, l’ONG Human Rights Watch dénonçait à son tour un racket à grande échelle imposé par les forces de sécurité dans l’Ouest. Et d’après Méïté Sindou, secrétaire général du SNGRC, la Côte d’Ivoire figurerait parmi les 50 pays les plus corrompus du monde.

Les ambassades s’inquiètent, les groupes étrangers haussent le ton…

Mauvais signal

Classique en Afrique ? Peut-être, mais alors que la Côte d’Ivoire, grâce au soutien des bailleurs, tutoie les 10 % de croissance, ces errances laissent planer le doute sur sa capacité à devenir une économie émergente. Si beaucoup de chefs d’entreprise ont appris à s’accommoder de cette situation, cela reste un très mauvais signal envoyé aux investisseurs potentiels, estime un avocat d’affaires : « Les avions et les hôtels sont pleins, pourtant les nouveaux projets sont rares. J’ai été approché par des entreprises espagnoles, françaises, brésiliennes, mais rien ne s’est concrétisé. Il y a trop de décisions arbitraires. » Pour étayer ses propos, le juriste raconte la colère du chef de l’État après la vente par l’opérateur MTN de ses tours télécoms, en octobre 2012 : « Le directeur des Finances extérieures a dû expliquer illico pourquoi il avait autorisé le transfert de ce résultat vers la maison mère. Il est clair que, si elle avait été mise au courant plus tôt, la présidence aurait bloqué l’opération sans réelle justification. Mais quel message veut-on faire passer aux multinationales qui s’apprêtent à faire des bénéfices ? »

La mauvaise gouvernance pourrait aussi représenter un obstacle à la diversification des partenaires économiques. « De plus en plus de groupes cherchent à prévenir le risque pénal lié à la corruption. Certaines situations, si elles sont identifiées en amont, peuvent justifier l’abandon d’un projet d’investissement », confirme Bénédicte Graulle, une avocate spécialisée en droit pénal des affaires. L’administration ivoirienne figure bien souvent au premier rang des accusés. Même les décisions de justice sont remises en cause par des entreprises publiques. Reconnu propriétaire d’une forêt de 23 000 ha, Adou Nioupin se bat par exemple toujours contre la Société de développement des forêts (Sodefor), qui tente par tous les moyens d’en prendre possession.

Hic

Pourtant, l’assainissement du climat des affaires et l’amélioration de la gouvernance sont des priorités, comme le rappelait le 21 juin le président Ouattara à l’occasion du quatrième Forum des marchés émergents d’Afrique, organisé à Abidjan. « Des avancées ont été réalisées, notamment avec l’instauration d’un guichet unique pour la création d’entreprise et l’entrée en fonction du En 2011, le marché de la rénovation des universités avait été attribué de gré à gré. De quoi alimenter les doutes. © Olivier/JAtribunal de commerce », observe Jean-Noël Amantchi Gogoua, économiste au bureau abidjanais de la Banque mondiale. « Le hic, c’est que ce tribunal peut être contourné, car il n’y a pas, en appel, de juridiction spéciale chargée des affaires commerciales », nuance Laurent Ehounou Malan, président de l’association Transparency Justice.

Principal moteur de la croissance, les investissements publics font l’objet de nombreuses interrogations. Dernière grosse affaire : l’attribution, en avril, de la concession du second terminal à conteneurs du port d’Abidjan au consortium conduit par Bolloré – alors que le groupe français exploite déjà le premier terminal. Non seulement le gouvernement a ainsi entériné la constitution d’un monopole, mais il a sélectionné sur la base d’une offre financière avantageuse le dossier ayant obtenu la moins bonne note technique. Selon Jean-Louis Billon, ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME, l’absence de clarté dans le processus de sélection serait en outre à l’origine du retrait du singapourien PSA, l’un des premiers opérateurs portuaires mondiaux.

Bien avant l’affaire Bolloré, l’attribution, en 2011, du marché de la rénovation des universités avait alimenté les premiers soupçons quant à la survivance de mauvaises pratiques. Désigné vainqueur sans mise en concurrence, l’homme d’affaires Sidi Kagnassi était complètement étranger au secteur du bâtiment. In fine, l’enveloppe budgétaire a explosé : plus de 168 millions d’euros contre une estimation initiale de 72 millions. Depuis, d’autres contrats passés dans les mêmes conditions, comme celui remporté en 2012 par Port Sécurité (entraînant une hausse de plus de 1 000 % des redevances de sécurité et de sûreté portuaires à Abidjan), ont nourri la polémique.

Dénoncée par tous les observateurs, de la Banque mondiale à l’Union européenne, l’inflation des marchés octroyés de gré à gré est devenue phénoménale. L’an dernier, ils représentaient 40 % du montant des contrats publics et ont même atteint 60 % au premier trimestre 2013. Dans une économie saine, cela ne dépasse pas 10 % à 15 %, selon un expert du FMI. Pour le gouvernement, c’est la nécessité de relancer l’économie au plus vite qui justifie la méthode. À cela s’ajoute l’impact de l’aide de la Chine, qui impose ses entreprises pour réaliser les travaux qu’elle finance, explique un conseiller de Kaba Nialé, ministre chargée de l’Économie.

Port d’Abidjan : polémique autour de Port Security
Côte d’Ivoire : Billon se lâche contre Bolloré
Sidi Kagnassi à l’assaut du BTP

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Côte d’Ivoire : corruption et favoritisme demeurent
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Pressions

L’attitude de certains responsables politiques vis-à-vis des instances ayant un droit de regard sur la passation des appels d’offres est préoccupante. Ainsi, le ministère des Transports refuse toujours de confier la manutention aéroportuaire d’Abidjan à Europe Handling, en dépit de l’avis juridiquement exécutoire de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ANRMP). « Nous sommes parfois l’objet de pressions, reconnaît Non Karna Coulibaly, président de l’ANRMP. Mais c’est en prenant des décisions courageuses que nous resterons crédibles. »

Avec l’adoption prochaine d’une loi sur la corruption, le gouvernement pourrait redorer son blason. À moins que l’exécutif ne continue de faire preuve de frilosité. « Si le principe de la déclaration de patrimoine des élus a été retenu, la haute autorité chargée de la lutte contre la corruption est devenue, dans le projet qui doit être soumis au Parlement, une coquille vide privée d’un pouvoir juridictionnel autonome », estime Méïté Sindou, du SNGRC. Quant au délai de prescription, il a été ramené à un an après la révélation des faits, quand il est de plus de dix ans dans d’autres pays…

Faut-il faire le ménage parmi le personnel politique, dont une partie était aux affaires avant la crise postélectorale ? « Le président Ouattara n’est pas du genre à régler des comptes en public, analyse un diplomate européen. Sa méthode consiste plutôt à miser sur les élections, avec l’idée qu’au bout de la deuxième ou troisième échéance, les plus mauvais seront évincés. » Au risque de retarder d´autant l´émergence ivoirienne ?

L’administration peine à faire sa mue

Minée par de mauvaises habitudes, l´administration ivoirienne n´a pas encore entamé sa mue.

Les douaniers, par exemple, sont sous le feu de la critique. Selon un concessionnaire, plus de 100 000 motos chinoises seraient entrées illégalement dans le pays en 2012, faussant le jeu de la concurrence, menaçant la santé du secteur et entraînant un manque à gagner pour l´État de 30 millions d´euros. Et on ne compte plus les cas de sous-déclarations sur les importations et les exportations pour faire baisser les taxes. Autant de manquements à l´éthique souvent justifiés par les faibles traitements perçus par les 100 000 fonctionnaires du pays (les policiers de l´aéroport d´Abidjan ont ainsi longtemps été accusés d´arrondir leurs fins de mois en se livrant au racket). Pour changer la donne, le gouvernement songe à revaloriser les salaires dans la fonction publique, après avoir décidé de rétablir le principe de la notation au mérite. J.C.

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Source: CONNECTION IVOIRIENNE

mardi, 06 août 2013

MICHEL GBAGBO, AFFI NGUESSAN ET 12 AUTRES PRISONNIERS POLITIQUES DE OUATTARA, LIBRES!

 

MICHEL GBAGBO SORTI DE PRISON.jpg

Voici la première image de Michel Gbagbo libre. Pour l'avocate de Michel Gbagbo, sa libération provisoire est une décision "politique" et non "judiciaire" (Le Nouveau Courrier).

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Michel Gbagbo hume l'air frais de la liberté. Après plus de deux ans de prison "cadeau" (Kouamouo).
Michel Gbagbo, obligé d'être exfiltré de la foule en larmes (Franck Toti).

AFFI NGUESSAN LIBRE.jpg

Affi Nguessan enfin libre!

Tous les autres prisonniers politiques et militaires de Ouattara doivent être libérés. La réconciliation nationale ne peut survenir sans cela.

Le régime Ouattara a procédé lundi à la libération provisoire de 14 prisonniers politiques, selon une source officielle.

Les prisonniers libérés sont :

1- Pascal Affi N’guessan
2- Koua Justin
3- Bro Grébé
4- Michel Gbagbo
5- Aboudramane Sangaré
6- Alcide Djédjé
7- Lida Kouassi Moïse
8- Kuyo Téa Narcisse
9- Alphonse Douati
10- Gouverneur Philippe Henri Dacoury Tabley
11- Seka Désiré
12 -Colonel Konandi Kouakou
13-Djro Nomel Jonas
14- Sokoury Bohui

Eric Lassale

Source: IvoireBusiness

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REACTIONS DE LIDER A LA REMISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE 14 PRO-GBAGBO


Réaction de Mamadou Koulibaly, président de LIDER : C’est une bonne nouvelle mais qui interroge nos libertés individuelles et notre conscience démocratique. On ne m’a pas expliqué à l’époque pourquoi ils étaient en prison. On ne nous expliquera pas non plus pourquoi ils sortent de prison sans jugement. Je pense que quand un président et son gouvernement peuvent emprisonner les gens sans raisons valables et les libérer de la même façon nous avons un grave déficit de justice. Libérer ceux qui sont en prison, c’est bien. Mais à quand la libération de ceux qui ne sont pas prison? Le peuple entier attend d’être libéré par une justice juste et une réconciliation vraie. Il faut en finir avec les abus de pouvoir.

Réaction de Benson de Gnacabi, Délégué national à la Communication : Je me rends compte que dans notre pays, il y a des gens qui ont le droit de vie ou de mort sur nous. On peut vous arrêter quand on le veut et vous libérer quand cela nous arrange. Drôle de démocratie !

Réaction de Mohamed Sylla, Délégué national aux Réformes institutionnelles : 14 prisonniers politiques mis en liberté provisoire. C’est un bon pas dans le sens de la décrispation et l’apaisement du débat politique. Cette fois, c’est un bon point pour le gouvernement qui donne pour la première fois un gage de sa volonté à aller vers la réconciliation. Gageons toutefois que la lumière sera faite, un jour, sur tous les crimes des crises successives que nous avons connues, car l’arbre malade et défraîchi de la démocratie ivoirienne s’est suffisamment abreuvé du sang des Ivoiriens. Ravis pour ces prisonniers qui retrouveront leurs familles. Je ne peux cependant m’empêcher d’avoir également une pensée pour tous les Ivoiriens anonymes qui ont perdu la vie, pour toutes ces familles qui ne verront jamais leurs proches revenir. A un moment, il faudra mettre fin à ce cycle macabre. La Côte d’Ivoire nouvelle ne peut résulter que d’une nouvelle volonté politique commune. Ne pas démissionner devant une pareille tâche implique certes un grand effort tant individuel que collectif, mais cet effort est tout simplement le prix du futur.

Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président : C’est une nouvelle preuve de l’arbitraire et de l’aliénation de la justice en Côte d’Ivoire. On arrête des gens sans motif, on les garde en prison sans les juger et on les libère, mais provisoirement, toujours sans motif et sans jugement. Je me réjouis pour ceux qui ont été libérés et leurs familles. Mais c’est un jour noir pour la justice, l’état de droit et la démocratie en Côte d’Ivoire.

Lider 142, militant : Libération des 14 pro-Gbagbo ou la démonstration par l’absurde de l’abus du pourvoir Rdr de Ouattara. Comme un film qu’on regarde pour la énième fois, on savait déjà que ça allait se terminer ainsi. Bien sûr, il faut être heureux pour les élargis car être détenu des années durant, pour rien pourrait-on dire, n’est pas le destin qu’un homme simple ou un homme politique voudrait se tracer. Personnellement, je salue cette libération arrachée par tous ceux qui ont encore le courage de montrer à ce pouvoir sa laideur et ses abus caractériels. Mais derrière cette libération, qui, nous l’espérons, a été arrangée dans un studio politique de bonne foi, se dressent les abus ostentatoires d’un pouvoir qui commence à voir que l’intempérance et les torts inutiles ne sont pas la solution. La liberté est provisoire? Pourquoi et jusqu’à quand? En tout état de cause, il ne faudrait pas que ce soit le « tais-toi si tu veux rester dehors« . Surtout que derrière cette libération provisoire, il ressort clairement l’incapacité révoltante de la justice ivoirienne sous Ouattara à rendre justice. La Solution avait promis une justice qui travaille et non une justice qui circule pour prendre une décision politique à la fin. Que la liberté germe dans ce pays mien!


Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 31 juillet 2013

GUILLAUME SORO, MEDIATEUR DE L’OIF EN EGYPTE: UNE INSULTE A LA CONSCIENCE HUMAINE

 

côte d'ivoire,Guillaume Soro, médiateur de l’OIF en Egypte,Une insulte à la conscience humaine,Benjamin Koré,le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013

 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a décidé d’envoyer une mission d’information et de contact en Egypte afin d’aider au règlement du conflit politique qui secoue ce pays. Selon le communiqué produit à cet effet, le secrétaire général de l’OIF, le controversé Abdou Diouf, a porté son choix sur Guillaume Soro Kigbafori, ex-chef de la rébellion armée ivoirienne et président du Parlement sous le régime Ouattara, pour conduire cette mission au Caire du 16 au 20 juillet 2013.


Toute initiative visant à éteindre le foyer de tension en Egypte est salutaire. Mais le choix porté sur Soro au nom de l’OIF, l’organisation francophone commune, constitue un véritable scandale. D’autant que Soro a dirigé une rébellion qui a commis de pires atrocités et des membres de cette rébellion continuent de sévir en toute impunité. Par ailleurs, M. Diouf dépêche M. Soro en Egypte alors que la Côte d’Ivoire que ce dernier et ses amis rebelles ont martyrisé depuis septembre 2002 est toujours en lambeaux. Parce que la crise sociopolitique ivoirienne demeure. Elle s’est même accrue depuis la guerre postélectorale. Certes les armes se sont tues, mais la fracture sociale est abyssale et les lendemains sont de plus en plus incertains. Les communautés qui peuplent la Côte d’Ivoire continuent de s’affronter à mort

du fait des animosités entre elles. Récemment dans la région de Bouaflé, Baoulé et Burkinabé se sont affrontés faisant plusieurs morts. Le pays est devenu une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment. Insécurité galopante, violations des droits humains, Justice des vainqueurs, réconciliation compromise etc., tout est là pour une déflagration. Il est donc incompréhensible qu’Abdou Diouf dépêche Guillaume Soro Kigbafori

sous d’autres cieux alors que la Côte d’Ivoire, le pays dont Soro est censé être le N°2 du régime en place, est dans la tourmente.  La preuve, le dialogue entre le pouvoir et l’op - position significative est bloqué. Le Fpi, principal parti d’opposition, demande au régime Ouattara la désignation d’un médiateur pour faciliter le dialogue politique. Si Abdou Diouf estime que Guillaume Soro a une âme de médiateur, pourquoi ne lui demande-t-il pas de faciliter le dialogue politique en Côte d’Ivoire ?

Vers la Cpi…

Si Soro est porté au premier plan de la scène politique ivoirienne, c’est parce qu’il a choisi la voie des armes. Il demeure le responsable de l’aile civile de la rébellion armée. En choisissant Soro, Abdou Diouf continue de se révéler comme un soutien de l’ex- rébellion armée en Côte d’Ivoire. On se souvient qu’il était très en verve durant la crise postélectorale ivoirienne en appelant de tous ses vœux d’utiliser la force pour renverser Laurent Gbagbo du pouvoir. On se souvient qu’il avait encouragé Gbagbo à permettre la candidature d’Alassane Ouattara en promettant le désarmement des rebelles. Gbagbo, de bonne foi, l’a fait. En retour, Abdou

Diouf n’a pas exigé des rebelles qu’ils désarment. S’il choisit aujourd’hui Soro pour la mission de l’OIF en Egypte, cela signifie qu’il est dans sa logique de faire chemin avec la rébellion armée qui a déstabilisé la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui que la rébellion est au pouvoir en Côte d’Ivoire, Abdou Diouf tente de donner une carrure internationale à Soro. D’où cette mission égyptienne. Où étaient Abdou Diouf et l’OIF quand un coup d’Etat a emporté Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali ? Diouf était à la tête de l’OIF. Alassane Dramane Ouattara à la tête de la Cedeao et Soro était toujours un des dirigeants de la Côte d’Ivoire. Ils étaient tous là, mais ils n’ont pas levé le petit doigt en faveur d’ATT alors que ce dernier a été démocratiquement élu comme Mohamed Morsi en Egypte. Diouf, Ouattara et Soro ont plutôt œuvré à parachever le coup d’Etat en laissant ATT prendre le chemin de l’exil sénégalais parce que c’était la volonté de la France sous Nicolas Sarkozy. La Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée-Conakry et bien d’autres pays francophones sont en crise. Mais l’OIF reste amorphe et aphone. On a tout compris.


Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013.

lundi, 29 juillet 2013

MAMADOU KOULIBALY: LA COTE D'IVOIRE, PAYS DES MERVEILLES SOUS OUATTARA

 

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Dans une homélie prononcée le samedi 29 juin 2013 à la cathédrale d’Agboville, Mgr Alexis Touably Youlo, l’évêque du diocèse, qui procédait à l’ordination du docteur en économie Abel Béranger Ndjomon comme prêtre de la «Compagnie de Jésus», nous a expliqué combien il était important pour la paix et la réconciliation en nous-mêmes, dans nos familles, dans nos villages et villes et dans notre pays, que nous nous émerveillions les uns les autres. «Emerveillez-vous !» nous a-t-il dit. Il nous a fait répéter à nos voisins «tu m’émerveilles». Il a conseillé que l’époux devrait en permanence s’émerveiller devant l’épouse et vice versa. Que l’homme du sud, du nord, de l’est, de l’ouest ou du centre devrait s’émerveiller devant son semblable d’ailleurs. Que l’Ivoirien devrait s’émerveiller devant le non Ivoirien. Tous, nous sommes des créatures différentes et nos différences doivent toujours être perçues comme des merveilles. En écoutant l’ecclésiastique, je me suis aperçu que nous pouvons tous nous émerveiller devant le personnel politique ivoirien.

Système D comme Démagogie, Déficit, Dette, Désespoir, Désastre, Discrimination, Détournements

N’est-ce pas que les hommes et les femmes qui font la politique chez nous nous émerveillent continuellement ? Mais de quoi viendrait cet émerveillement politique ? Emerveillons-nous devant ce que Jean-Gilles Malliarakis appelait, il y a dix ans déjà, le système D en parlant, à l’époque, dans un autre contexte et d’un autre pays. Pour cet auteur, le système D qu’il évoquait n’a rien à voir avec la débrouillardise et est «l’aboutissement de l’expression d’une démarche perverse à nos yeux mais parfaitement cohérente dans la réaffirmation de vieux dogmes que certains croyaient abandonnés». Hélas, les gouvernements se suivent et se ressemblent et il y a des raisons de s’émerveiller devant le statu quo dynamique qui permet à quelques politiciens de mener la danse, de nous entrainer dans des tangos infinis, de nous donner le vertige, de nous tourner la tête, de nous tourner en rond, toujours. Emerveillez-vous devant ce système D qui permet à ceux qui gouvernent l’Etat de Côte d’Ivoire de régner. Le système D en question se décline en plusieurs aspects tous liés et auto entretenus. D comme Démagogie, D comme Déficit, D comme Dette, D comme Désespoir, D comme Désastre, D comme Discrimination, D comme Détournement de fonds publics. Emerveillez-vous donc chaque jour de la semaine avec un D.

Lorsqu’il était candidat à la Présidence de la République, le programme du Dr Ouattara était celui du «vivre ensemble». Le semestre qui a suivi son arrivée au pouvoir, il a avoué qu’il ne s’attendait pas à trouver une situation plus catastrophique que celle qu’il avait anticipée. Ses calculs se sont donc révélés faux. Le dépérissement de l’Etat était, dit-il, plus profond. La défaillance de l’Etat était au-delà de ce qu’il avait cru, lui qui a été pourtant représenté au gouvernement par plusieurs ministres – et non des moindres –, qui a partagé le pouvoir depuis le 5 août 2002, date d’entrée de son parti au gouvernement ; lui qui a eu depuis janvier 2003 le statut de président d’Institution ; lui qui a participé à la cogestion du pouvoir et dont les hommes ont contrôlé un Etat parallèle à l’Etat de Côte d’Ivoire appelé à l’époque zone Cno ; lui enfin avoue n’avoir rien compris à ce qui se passait alors. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller : constater qu’après dix ans de règne, Ouattara avoue ne rien comprendre au pouvoir en Côte d’Ivoire ? Dès le premier semestre, il a abandonné le programme du «vivre ensemble» pour la chasse aux sorcières de ses présumés adversaires et ennemis. Chasse qu’il a conduit jusqu’à ce qu’il se rende compte que la vengeance ne paye pas toujours en termes de stabilité, d’emploi et de croissance.

Il passe, pendant le second semestre, au programme du «rattrapage ethnique», pour constater, en fin de première année, que le chômage ne baisse pas, bien au contraire, il augmente avec le chômage ethnique et le coût de la vie de plus en plus élevée.

A 30 mois de la fin de son mandat, Ouattara a un nouveau programme de gouvernement: être candidat en 2015

Il abandonne ces premières logiques impuissantes pour passer au programme de «l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020», grâce à de vieux programmes de dépenses publiques d’infrastructures de la fin des années 70 qu’il dénomme Pnd (plan national pour le développement). Il fait des campagnes de communication sur la croissance économique qui serait de retour avec des taux de 10%, mais constate que la pauvreté et le coût de la vie augmentent aussi dans des proportions incalculables. Comme les chiffres qui sont utilisés pour évaluer la croissance sont faux, il lui est difficile de dire que ceux utilisés pour évaluer la pauvreté, le chômage et le coût de la vie sont eux aussi faux. A faussaire, faussaire et demi. Une fois de plus, il change, le Pnd est oublié et on s’engage, trente mois avant les élections, avant même qu’il nous dise combien d’habitants il y a en Côte d’Ivoire, avant qu’il ne mette en place une commission électorale sérieuse, avant qu’il ne nous permette de reconstituer la liste électorale, dans son nouveau programme de gouvernement : il sera candidat en 2015, car il ne peut réaliser ses promesses électorales faites entre 1994 et 2010, en seulement 5 ans. Il lui faut un autre mandat et dans les trente mois à venir, tel sera son programme : convaincre les populations qu’il fera en sept ans ce qu’il n’a pas fait en trois ans. Il ira en campagne ici à l’intérieur du pays et aussi à l’extérieur car, à défaut de travailler pour avoir de l’argent, il ira s’endetter pour y arriver.

Devant notre émerveillement le président passe à la vitesse supérieure. Il faut trouver un thème de campagne qui paye, et qui, par le passé a bien payé. «Je vais régler maintenant les questions de nationalité et de foncier».

Juste pour détourner l’attention des populations sur la mauvaise gouvernance et les grandes déceptions, pour remobiliser un électorat qui, par le passé, a été très sensible à son discours identitaire, la candidature annoncée et appuyée par un projet de règlement présenté comme conjoint entre la nationalité et le foncier rural. Quel émerveillement, quand des gens qui nous disaient il y a quelques temps, lors du conclave de Bassam, être définitivement sortis du cadre de Marcoussis, se retrouvent à invoquer les accords de Marcoussis ! Ces accords, conçus pour un gouvernement de réconciliation nationale, avaient pour but de chasser le détenteur du pouvoir de l’époque. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le cadre d’un gouvernement de transition ou de réconciliation, du moins c’est ce que nous nous autorisons à penser. Marcoussis a été appliqué selon les désidératas de Ouattara et le dossier semblait clos, lorsqu’il est ressorti de nouveau d’une part pour la nationalité et le foncier et d’autre part pour l’âge limite autorisée par l’article 35 de la constitution pour briguer un mandat de la présidence de la république. Emerveillez-vous !

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Une lecture sélective de Marcoussis qui aboutit à la transformation d’une armée nationale en garde prétorienne privée de Ouattara

Marcoussis demandait le désarmement des rebelles dès la mise en place du gouvernement de réconciliation nationale. Ouattara ne l’a jamais accepté et aujourd’hui, pendant sa tournée dans les Savanes, non seulement il a justifié cette rébellion, mais il a proclamé en plus qu’il en est fier dans une région où plus de deux cents (200) personnes ont été assassinées dans un conteneur par le chef de guerre local, promu par Ouattara alors qu’il est sous sanctions onusiennes. Rien n’a été fait pour le désarmement et les élections se sont déroulées contre l’esprit et la lettre de Marcoussis. Les rebelles, après avoir pillé le nord, mettent maintenant à sac toute la Côte d’Ivoire. Le nord aurait donc oublié les crimes de la rébellion ? Quelle merveille !

Marcoussis voulait le désarmement des forces belligérantes, mais Ouattara, après sa victoire militaire, n’a désarmé que les Forces de défense et de sécurité (Fds) de l’Etat de Côte d’Ivoire. La retraite obligatoire et d’office a été imposée aux agents des Fds qui ne le souhaitaient pas. La retraite sans promotion pour certains qui en avaient atteint l’âge. La promotion à des postes diplomatiques pour d’autres enfin, qu’il aurait fallu maintenir pour la mise en place de la nouvelle armée. Le désarmement version Ouattara : transformer l’armée nationale en sa garde prétorienne privée. Quelle merveille !

Marcoussis voulait que les médias d’Etat ne soient pas caporalisés pour le compte d’un parti et qu’il leur soit donné impartialité et indépendance. Ils sont devenus, depuis Marcoussis, et le restent encore, des instruments de propagande du président de la République et du clan le plus fort du pouvoir en place. Quelle merveille !

On peut s’émerveiller de cette lecture sélective de Marcoussis par le personnel politique ivoirien. D’ailleurs , l’émerveillement ne date pas d’aujourd’hui quand on se souvient des métamorphoses des accords de Marcoussis signés le 24 janvier 2003. Aujourd’hui, en juillet 2013, plus de dix ans après, les accords sont passés par différents avatars. Le 30 juillet 2004, on les a renommés accords d’Accra, puis le 6 juin 2005, ils ont été rebaptisés accords de Pretoria, pour finir le 4 mars 2007 comme l’accord politique de Ouagadougou. Emerveillez-vous donc ! Avatars ? Quelle merveille !

Pillage systématique du sol et du sous-sol par des mafias politiques

Faire un traitement conjoint des questions de la nationalité et du foncier rural revient à se lancer dans une mission impossible, mais qui aura l’effet recherché de réveiller les vieux démons de l’ivoirité, de la xénophobie et de l’exclusion dans une ambiance qui suit l’annonce de la candidature du Dr Ouattara, président de la République en exercice.

Depuis les violences de la crise post électorale, de nombreux Ivoiriens sont rejetés par leur État et sont réfugiés au Libéria, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Ghana, au Togo, au Benin et bien plus loin encore. Non content de négliger le phénomène et de se montrer incapable de les rassurer et de les faire revenir, Alassane Dramane Ouattara propose plutôt de régler en urgence de prétendus cas d’apatrides, c’est-à-dire des gens qui vivraient en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance de 1960 et qui ne seraient citoyens de nulle part. Alors qu’il interdit la nationalité à de nombreux citoyens ivoiriens en exil, il cherche de putatifs apatrides auxquels il voudrait donner la nationalité. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller?

Le président Ouattara, face à la déperdition de sa popularité et pour remobiliser ce qui était son électorat traditionnel avant son arrivée au pouvoir, tente de ressortir les démons de la division qui lui avaient été tellement favorables par le passé. Ces démons collectivistes qui entraînent les populations à choisir non plus leurs destinées propres, en tant que citoyens, en tant qu’individus, en tant que personnes humaines, mais à se définir d’abord comme groupes plus ou moins homogènes. Pour Alassane Dramane Ouattara, les habitants de notre pays appartiennent à leurs langues, à leurs ethnies, à leurs tribus, à leurs religions ; ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes. Le démon du repli identitaire qu’il veut attiser est celui qui nous conduit à choisir notre groupe tribal et à nous identifier à ce groupe comme entité homogène autonome. Le résultat est que chacun de nous, les partis politiques en premier, doit définir le groupe qu’il aime et ceux qu’il n’aime pas selon l’humeur du moment, selon les alliances du moment, selon les tactiques politiques du moment. Le gouvernement doit en faire autant et même donner l’exemple. Cet holisme politique, qui instrumentalise l’ethnie, la tribu, la région, la religion en les mettant à la disposition des ambitions politiques, cultive la discrimination collective, oppose les groupes ethniques, nourrit les antagonismes de groupes, les envies, les jalousies, les conflits communautaires. Lorsque vous êtes dans une catégorie peu nombreuse ou peu appréciée par le pouvoir dont la détention donne des forces, vous serez brimé parce que votre seule valeur se trouve dans votre nombre et votre identité collective, tribale. Ce collectivisme définit des catégories importantes et fortes et les impose aux catégories classées comme peu importantes et faibles. Ce système discriminatoire et tribal conduit aux conflits tribaux et ethniques. Faut-il s’en émerveiller ?

Combiner cette approche discriminatoire et les questions foncières, c’est nous éloigner du fond du règlement des questions foncières et, pendant ce temps, mieux organiser le pillage systématique des ressources du sol et du sous-sol par le canal de mafias politiques. Ce constat pousse à espérer que les Ivoiriens prennent conscience des dangers du système D dans la république de Ouattara, et que l’émerveillement béat et fataliste fasse place à l’éveil des consciences et à l’action. Ensemble, nous réussirons.

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER

LES BONS NOIRS DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

Le président du Tchad, Idriss deby.


Il est dans l’ordre des choses que, pour éviter que la Métropole perde la maîtrise des colonies, il soit placé à la tête de celles-ci des Enfants de «La République». En voici quelques-uns des plus grands et fidèles. Source: «Alter Info».

 
Toi, Gnassingbè II, tu es mis au pouvoir dans le territoire du Togo après 39 ans de règne de ton père, fidèle des fidèles enfants de la République. Grâce à ton père et à toi-même, la République conserve sa mainmise sur ce territoire et ses richesses après les « foucades indépendantistes » de Sylvanus Olympio et ses amis. Grâce à toi, le Port Autonome de Lomé, le seul port en eau profonde de l’Afrique Occidentale Française vivifie Bolloré et alimente l’économie de la République. Grand Enfant de la République, peu importe le nombre de morts et de perclus à vie que tu fais pour contrer les Africains du Togo. Tant que c’est pour la bonne cause: la survie de tutelle française, ça passe et passera. Les portes de la République te sont ouvertes le jour comme la nuit, comme ce fut le cas pour ton feu père Etienne Gnassingbè.


Photo du président du Togo, Faure Gnassingbè.

Enfant de la République Ali Bongo, le chemin de la longévité au pouvoir est par ici. François Hollande te l’indique, comme le montre la photo ci-dessous. Toi qui, comme ton feu père, finance la vie politique française de la Gauche à la Droite, tu seras toujours le bienvenu dans la maison de ton père ou de ta mère, la République. La fidélité dans la servitude est une vertu rare. Pour cela, et qu’il pleuve ou qu’il neige au Gabon, reçois les hommages appuyés de la République.


Photo du président du Gabon, Ali Bongo.

Allons ! Enfant de la République, Mamadou Issoufou, les jours d’Aréva au Niger se comptent en milliards d’euros. Merci de continuer à faire d’Aréva et de la France, grâce à l’uranium nigérien, 1er producteur mondial de l’énergie nucléaire! Au nom d’Aréva, François le socialiste vous salue et la France vous bénit. Quelle fidélité ! Quelle régularité ! Toi, enfant de la République, tu es reçu déjà 3 fois par Hollande, le président de la République, depuis son élection. Longue vie à toi, Issoufou, enfant chéri de la République!


Photo du président du niger, Mamadou Issoufou.

Grand enfant de la République, Idriss Déby, plus tu es obéissant, plus ton règne durera dans le territoire du Tchad. La République te dit merci pour ton indéfectible fidélité. Tu as parfaitement compris que plus on s’abaisse devant le maître, plus on monte dans la chaîne des serviteurs ! Attention tout de même au mal de dos, M. Déby.


Photo du président du Tchad, Idriss Deby.

Enfant Officier de la Légion d’honneur de la République, Macky Sall, tu seras toujours parmi les meilleurs élèves. Ta Légion d’honneur, tu l’avais bien mérité car tu maintiens l’un des tout premiers territoires colonisés en Afrique par la France dans le juron de la République. Bravo!
 

Photo du président du Sénégal, Macky Sall.

Ô, fier enfant de la République, Blaise Compaoré, grâce à toi la République a pu se débarrasser de Thomas Sankara qui eut la folie de tenter de construire un État indépendant au Burkina Faso. Ton apport à la République est énorme de ce point de vue. Compaoré, l’incomparable ! Ce n’est donc pour rien que la République a fait de toi le Sage, le Grand Médiateur en Afrique de l’Ouest où tu pilotes guerres et coups d’État en faveur de la République et de ses alliés. Reconnaissance et Fidélité de la République !


Photo du président du Burkina Faso, Blaise Campaoré.

Maître Franc-maçon, Grand Enfant, Grand guerrier de la République, Denis Sassou Nguesso, toi qui a ensanglanté le Congo durant des années pour revenir au pouvoir perdu contre Lissouba, la République te remercie vivement. Le pétrole, le bois et toutes les autres richesses du Congo livrées gracieusement à la République font de toi un de ses serviteurs qui trouvent toujours les portes de l’Élysée ouvertes: en été comme en hiver ! La République te salue et te garantit son soutien indéfectible. Franc-maçonniquement !


Photo du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N'Guesso.

Grand Enfant de la République, Dioncounda Traoré, giflé et humilié à Bamako, soigné et cajolé à Paris. Homme silencieux du sérail, ton heure a sonné. À force de servir dans l’obscurité, on finit par apparaître au grand jour: histoire de fidélité. La République te caresse et t’embrasse chaleureusement, car grâce à toi, elle se redéploie joyeusement en force au Mali en disant que c’est toi qui le lui a demandé. Sans toi, Grand et fidèle enfant de la République, les islamistes auraient coupé tous les pieds et les bras aux africains du Mali. Grâce à toi, la République a acquis un galon supplémentaire dans son oeuvre de « colonisation humanitaire ». Accessoirement, tu as offert un chameau à François Hollande en guise de remerciement. La République te chérit et te seras éternellement reconnaissante.


Photo du président du Mali, Dioncounda Traoré.

Enfant de la République, Alpha Condé, grâce à toi, l’ère Lassana Conté est toujours en cours. La République te laisse faire ce que tu veux en Guinée, en tout cas pour le moment. Tu seras toujours aux rendez-vous du Palais tant que tu ne bousculeras pas les intérêts de la République dans ce territoire que Sékou Touré a appelé «un scandale géologique», car insolemment doté de richesses fabuleuses. La République te gratifie d’un sourire à couper la faim et la soif du peuple africain de Guinée.


Photo du président de la Guinée, Alpha Condé. 

Paul Mvondo Biya
, Grand enfant de « La République » placé au pouvoir depuis 31 ans maintenant, tu as fait et continues de faire le bonheur de Total, de Perenco, de Bolloré, d’Air France, de Vilgrain, d’Orange, de Bouygues… Grâce à toi, le Cameroun est maintenu dans le juron de la République qui, de président en président, manifeste à ton égard une fidélité à toute épreuve. À l’été 2011, pour un séjour d’environ 3 semaines à La Baule où tu t’étais bien reposé avec une forte délégation, Paul Biya, tu as dépensé environ 1 million d’euros. Tu fais aussi partie des meilleurs financiers de la vie politique de la République. Qui est fidèle récolte fidélité ! C’est pourquoi, Grand enfant de la République, tu seras toujours le bienvenu sur les terres de celle-ci.
 

Photo du président du Cameroun, Paul Mvondo Biya.

Alassane Ouattara, fils de la République, grâce à toi, la République a pu se débarrasser du président Laurent Gbagbo. Tu pilotes en parfaite harmonie avec des bandits de grands chemins le Nouvel Ordre français dans le territoire de Côte d’Ivoire qui a tenté de tenir tête à la République. Grâce à toi, la République est en printemps continu dans ce territoire où le pillage à grande échelle s’opère joyeusement. Chacun prend sa part : 150.000 tonnes de cacao par-ci, 200.000 tonnes de noix de cajoux par là en récompense aux criminels de guerre qui ont accompagné l’armée française dans sa reconquête du pays. La République, te trouvant tellement obséquieux, a dit par la voix de Gérard Longuet, ministre de la défense sous Sarkozy, que si tu étais arrivé au pouvoir un peu plus tôt, elle aurait délocalisé sa base militaire au Gabon en Côte d’Ivoire. Grâce à toi, toutes les institutions de la République ont de l’avenir dans la région, à commencer par le Franc CFA. Tu seras toujours le bienvenu à l’Élysée, digne fils de la République.


Photo du président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara.


Auteur: KPOGLI Komla



Cordialement,

La Direction du RESEAU NERRATI-PRESS.

FRANÇAFRIQUE: LES RUSES DE LA RAISON POSTCOLONIALE

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Dans le contexte de l’intervention impérialiste de l’Etat français au Mali, nous republions un texte du militant internationaliste Jean Nanga, initialement paru dans Contretemps (première série) en 2006.

 

Le débat sur le passé colonial de la République française et ses « aspects positifs », gravés dans la loi depuis l’adoption de la loi du 23 février 2005, exprime la persistance de l’idéologie de « la mission civilisatrice ». Mais, il entre aussi en résonance avec le grand succès de librairie qu’a été l’ouvrage de Stephen Smith, Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, dans lequel on peut lire : « Pour le dire brutalement : depuis l’indépendance, l’Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c’était le but, elle ne s’y prendrait pas autrement. Seulement même en cela le continent échoue. Plus personne n’est preneur [de ces pays africains qui survivent grâce à] la pension alimentaire qu’ils tirent de la coulpe de l’Occident »1. La force de l’opinion de S. Smith a été démontrée pendant la crise militaire de novembre 2004 entre l’État français et l’État ivoirien : de l’extrême droite à la gauche, des plumes se sont mobilisées en solidarité avec l’armée républicaine française, agressée de façon meurtrière en Côte d’Ivoire. Un acte criminel exprimant l’ingratitude de l’État ivoirien à l’égard de la République française censée avoir volé au secours du peuple ivoirien menacé de génocide par une élite politique immature et rétive à la démocratie. Mais, ce quasi-consensus semble confirmer l’enracinement de l’idéologie coloniale dans une grande partie de l’élite française voire de la société. Dans les lignes qui suivent, nous allons rappeler la continuité qui existe entre les rapports de l’ère vétéro-coloniale et ceux de l’ère néocoloniale.

Du colonialisme émancipateur

La compréhension du présent des « ex-colonies » africaines-subsahariennes de la France nous semble impossible dans l’ignorance du passé. Une évidence que négligent subtilement S. Smith et bien d’autres qui, parfois en se reniant, conçoivent la décolonisation comme fin de la colonisation et de la domination métropolitaine. Certains ne s’empêchent pas de présenter la décolonisation comme l’aboutissement logique d’un plan de la République émancipatrice. Alors que dans les faits, l’État français était farouchement opposé à l’indépendance des colonies. Albert Sarraut en parlait en des termes qui n’ont cessés d’être repris : « “ce trousseau de servitudes que l’on nomme ’indépendance” selon la formule de Georges Duhamel. C’est bien ce que sentent d’instinct ou que comprennent clairement tous ceux de nos protégés dont la sagesse est faite des leçons du passé et de l’observation attentive du présent. L’idée de l’indépendance, loin de les séduire, les effraie »2. Ne pouvait ainsi être envisagée que la réforme du régime colonial.

Celle qui fut initiée en 1944 ne peut se comprendre en dehors des transformations de la conjoncture internationale. L’après-guerre s’était caractérisée par la montée en force des deux absents du partage colonial, les États-Unis – puissance impérialiste et néocolonialiste en Amérique centrale et du Sud – et l’Union soviétique, lesquels pèsent sur la naissance de l’ONU dont les chapitres 11-13 de la Charte (1945) concernent l’auto-administration par leurs populations des « territoires non-autonomes » – le terme « colonies » est soigneusement évité – et « sous tutelle ». Un principe dont les prémices avaient été perçues par les partisans de la « France Libre » parmi lesquels le général de Gaulle. Par ailleurs, l’anticolonialisme – opportuniste car impérialiste – des États-Unis exerçait une influence sur le colonialisme britannique en Afrique. Bon nombre de colonisé-e-s africain-e-s, sujets britanniques à l’instar de Francis Kwamé Nkrumah, étudiaient aux États-Unis et étaient en contact avec des colonisé-e-s asiatiques mieux organisé-e-s dans la lutte contre le colonialisme britannique. C’est l’évolution de cette conjoncture qui explique la « décolonisation » française que des falsificateurs de l’histoire attribuent à un humanisme imaginaire du général de Gaulle, en dépit du fait que ce dernier avait bien exprimé son opposition à la décolonisation lors de la conférence des gouverneurs généraux à Brazzaville en 1944. Une des recommandations de cette conférence, connue sous le nom de conférence de Brazzaville, avait clairement affirmé le refus de toute émancipation hors de l’empire français : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les Colonies ÉCARTENT TOUTE IDÉE D’AUTONOMIE, TOUTE POSSIBILITÉ D’ÉVOLUTION HORS DU BLOC FRANÇAIS DE L’EMPIRE ; LA CONSTITUTION ÉVENTUELLE, MÊME LOINTAINE DE SELF-GOVERNMENTS DANS LES COLONIES EST À ÉCARTER »3. Comme pour marquer ce refus de l’égalité humaine, l’année qui commence par la conférence de Brazzaville s’achève par le massacre à Thiaroye de « tirailleurs sénégalais » de retour de la Seconde Guerre mondiale et qui revendiquaient le versement de leurs primes.

Cette opposition à l’indépendance persiste dans la Constitution de 1946 qui institutionnalise l’Union française – sémantiquement, l’Empire colonial n’existe plus – comme cadre d’émancipation des colonisé-e-s, lesquel-le-s pouvaient désormais être representé-e-s et élu-e-s au Parlement français. C’est ainsi par la Constitution de la Ive République que les colonies se sont mises à relever de la loi. Jusqu’alors, elles relevaient plutôt du président, du ministre des Colonies, du gouverneur, du commandant et des grandes compagnies coloniales. L’hostilité à l’indépendance est partagée au-delà de la droite coloniale. Ainsi, au lendemain de la répression sanglante de la rébellion malgache, en 1947, François Mitterrand, plusieurs fois ministre de la République coloniale, a pu affirmer : « L’avenir de Madagascar est dans le cadre de la République française. L’évolution des Malgaches doit se faire au sein de la République… les fauteurs de la rébellion de 1947 sont beaucoup plus coupables envers leurs concitoyens qu’envers le pouvoir central »4. C’est sous la pression de la guerre de libération algérienne qu’un deuxième pas est effectué avec la loi-cadre du 23 juin 1956 qui institue des gouvernements autonomes en Afrique équatoriale française (AEF) et en Afrique occidentale française (AOF). Cette réforme est censée «…associer plus étroitement les populations d’outre-mer à la gestion de leurs intérêts propres [sous forme] de décentralisation et de déconcentration administratives » (art. 1er). Mais, le principe demeure impérial comme l’énonce une fois de plus F. Mitterrand : « Un pouvoir central fortement structuré à Paris, des États et territoires autonomes fédérés au sein d’une communauté égalitaire et fraternelle dont les frontières iront des plaines des Flandres aux forêts de l’équateur, telle est la perspective qu’il nous appartient de préciser et de proposer, car sans l’Afrique il n’y aura pas d’histoire de la France au XXIe siècle. (…) Comment en effet la France butant sur ce Rhin où boivent tour à tour les chevaux de l’Europe irait-elle vers le Nord ? ou vers l’Est ? ou vers l’Ouest qui vient plutôt chez elle qu’il ne l’appelle à lui ? Seule la route du Sud est disponible, large, bordée d’innombrables peuples, en même temps que d’espaces inoccupées… Déjà la France sait combien l’Afrique lui est nécessaire »5.

C’est bien cette idée de la France, « communauté égalitaire et fraternelle dont les frontières iront des plaines des Flandres aux forêts de l’équateur », qui est adoptée par voie référendaire en 1958. Le Titre XIII de la Constitution gaullienne établit ainsi la Communauté pour contrecarrer les velléités d’indépendance qui se propagent dans les colonies. Le processus d’autonomie progresse en effet au Ghana anglophone qui accède à l’indépendance en 1957, favorisant l’acquisition par le Togo voisin, territoire sous tutelle française, d’un statut plus autonome que celui des autres pays de l’AOF et incitant le peuple guinéen à rejeter le principe de la Communauté. Dans tous les autres territoires d’AEF et d’AOF, celle-ci est cependant approuvée majoritairement, y compris, dans certains cas, grâce à la fraude, à la corruption et à l’intimidation, supervisées par les autorités coloniales. La période qui s’étend de 1946 à 1960 est une période de transition au néocolonialisme. L’indépendance n’est plus considérée comme incompatible avec l’existence de la Communauté, chère à de Gaulle, Mitterrand et Houphouët-Boigny. « Un État membre de la Communauté, admet désormais l’article 86 de la Constitution révisée, peut également par voie d’accord devenir indépendant sans cesser de ce fait d’appartenir à la Communauté »6. Indépendants mais toujours membres de la Communauté dominée par la France, tel est le statut véritable des nouveaux États7. Le postcolonialisme est ainsi un néocolonialisme. En dépit des nombreuses révisions (8, plus précisément) de la Constitution de la Ve République, le législateur français n’a abrogé la Communauté qu’en 19958 ! Autrement dit, pendant les trente-cinq premières années dites postcoloniales, dont les deux septennats de Mitterrand, la majorité des États africains des ex-AEF et AOF ne disposaient pas d’une pleine souveraineté. La nouveauté se situant dans l’existence d’une certaine marge d’autonomie des gouvernants autochtones et des institutions locales s’articulant avec des mécanismes structurels et des pratiques hérités du vétérocolonialisme. La « décolonisation » est ainsi le fait de la pression de l’environnement international et des luttes au sein de l’empire colonial bien plutôt que l’expression des vertus immanentes à la République, qui auraient fini par surmonter des déviations étrangères à son principe.

Par ruse de la « grammaire coloniale », la Communauté a survécu sous le terme de « Coopération » avec un ministère spécifique qui aurait aussi pu être baptisé ministère de la Communauté postcoloniale, domaine réservé du président de la République française, du général de Gaulle, créateur de la « cellule africaine de l’Élysée », à Jacques Chirac, en passant par François Mitterrand. À travers maints accords (économiques, culturels, militaires, politiques) conclus avec les élites locales, cogestionnaires de la transition au néocolonialisme (1956-1960), et de multiples institutions, la métropole a pu maintenir les liens de dépendance des « ex-colonies ». C’est alors une nécessité pour la puissance moyenne qu’est la France, comparativement aux États-Unis et à l’URSS pendant la guerre froide. Les États-Unis laissent la France jouer le rôle de gendarme du « monde libre » anticommuniste dans ses « ex-colonies ». À en croire J. Foccart9, elle aurait même bénéficié de l’indifférence de l’URSS de Krouchtchev. Par l’existence de cette Communauté, devenue secrétariat aux Affaires africaines et plus tard ministère de la Coopération, la France conserve un poids impérial dans l’arène internationale, par exemple sous forme de voix naturellement acquises aux Nations unies. Dans sa politique coloniale, de l’Algérie à la Nouvelle-Calédonie, elle a ainsi bénéficié du soutien des États membres de ladite Communauté. Il en a été de même pour les essais nucléaires français.

La Francophonie

La colonisation étant justifiée par la « générosité » civilisatrice, la défense de la langue, véhicule de la civilisation, devait occuper une position centrale dans le dispositif de la coopération. Pourtant, le général de Gaulle a plutôt résisté qu’encouragé le projet initié en 1962 par L. S. Senghor instituant la francophonie. Pour lui, il s’agissait d’un fardeau inutile : « Alors, chacun amènerait quelques éléments et c’est nous qui paieront le tout. Il n’en est pas question »10 aurait-il affirmé, selon J. Foccart. La grandeur de la France ne passait pas pour de Gaulle par cette coopération culturelle. Ce n’est qu’en 1969 que se tint la 1ère conférence des États francophones. En 1970 avec la convention de Niamey, va naître l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue Agence de la francophonie. Malgré son extension au-delà du binôme ex-métropole-anciennes colonies d’Afrique, la francophonie reste une pièce importante du dispositif néocolonial en Afrique11. L’annonce concernant les visas faite par Chirac lors du sommet France-Afrique de décembre 2005, à Bamako, l’illustre bien : « Je souhaite que ce partenariat s’incarne également dans l’ouverture d’un espace privilégié d’échange entre la France et les pays africains, notamment francophones. Entrepreneurs, cadres, chercheurs, professeurs, artistes : leurs activités sont, par nature, liées à l’échange. J’ai donc décidé, sur une suggestion du président du Mali, de faciliter pour eux la délivrance de visas de longue durée et à entrées multiples, car c’est indispensable à leurs activités. La France continuera de plus, bien sûr, à accueillir sur son sol de nombreux étudiants africains. » Cette directive en faveur d’une immigration plus sélective révèle que la France est consciente du déclin de son prestige au sein de l’élite africaine francophone de plus en plus sensible à l’offensive anglophone et plus particulièrement étatsunienne.

La francophonie, est-il affirmé à la Xè conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant en partage le français, tenue en novembre 2004, n’est pas seulement un instrument culturel mais une institution globale dont l’un des objectifs est de contribuer à « réguler et humaniser la mondialisation », « renforcer la capacité des États et la mise en place de cadres réglementaires, une gouvernance au développement d’activités économiques et incitatives au développement du secteur privé et de l’investissement »12. Le lien entre la langue et l’économie a également été souligné par le rapporteur d’un débat à l’Assemblée nationale française concernant l’article 2 de la Constitution portant sur le français comme langue de la République : « Le problème de la défense du français se pose aujourd’hui en termes nouveaux. La semaine dernière, l’assemblée des parlementaires francophones a reçu le président Diouf, président de l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française, et il a souligné combien le français était menacé. Gardons à l’esprit le risque d’un monopole de l’anglais, l’impérialisme linguistique reflétant l’impérialisme de la puissance économique dominante » (26 janvier 2005). C’est dans ce but que la francophonie parraine l’institution de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et a créé l’Institut de la francophonie, pour l’entreprenariat (IFE). C’est cette francophonie économique que défend Dominique Wolton du CNRS : les « entreprises classiques (Air France, Renault, Total, etc.) doivent prendre conscience qu’elles sont porteuses d’une identité culturelle et la mettre plus souvent en avant qu’elles ne le font actuellement »13.

L’engagement de l’armée française aux côtés de l’armée rwandaise contre l’armée du FPR, de 1990 au génocide de 1994, a été justifié par l’anglophonie du FPR. On a même parlé à ce propos d’éviter un nouveau Fachoda !

L’assistance militaire

Le colonialisme a été un contrôle militaire des peuples colonisés. La décolonisation ne devait pas le remettre en question. Ainsi, parmi les accords de coopération signés entre la métropole et ses « ex-colonies » au moment des indépendances figurent en bonne place les accords militaires. L’idéal pour la métropole, ce sont les accords de défense qui permettent une présence militaire française sur le territoire de « l’ex-colonie »14 ou le droit d’intervenir en cas de menace de déstabilisation du pouvoir – y compris par les peuples – sur le territoire d’hébergement ou dans un pays du « pré carré ». Ce qui s’est produit une vingtaine de fois depuis 1960. Mais, pour des raisons politiques – internes aux États africains, tels les soubresauts nationalistes des années 1960-1970 –, économiques – coût pour le budget métropolitain – ; pour des raisons liées à la nouvelle configuration internationale – fin de la guerre froide – le nombre des signataires s’est finalement réduit à quelques États (Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Togo). Avec le Tchad, il s’agit clairement d’une « Convention pour le maintien de l’ordre » qui a souvent été appliquée par la République française.

Dans son allocution, à l’ouverture de la 12ème conférence des chefs d’États de France et d’Afrique, F. Mitterrand fait l’éloge de la « coopération » francotchadienne. Il en profite pour déplorer, certes élégamment, la non-signature d’accords du même type par d’autres États : « La France a des accords de coopération et de sécurité, de défense avec un certain nombre d’entre vos pays. À l’égard de ces pays, elle est tenue de respecter ses engagements, et elle les respectera s’il le faut… Que ceux qui ont fait confiance à la France par ces accords continuent d’avoir pleine confiance. Que ceux qui n’ont pas jugé bon d’agir de cette façon – mais c’est leur propre autorité, et bien entendu, ils sont aussi respectables – sachent que la France est leur amie »15. Autrement dit, ces accords rendent certains États plus amis de la France que d’autres. Ceux qui n’ont signé que des accords d’assistance militaire et technique le sont moins que les autres.

Toutefois, ces accords d’assistance militaire et techniques ne sont pas négligeables. Car ils accordent à la France le monopole de l’encadrement des armées de ces États. Avec le Gabon, par exemple, qui constitue un des cas extrêmes de cette assistance technique néocoloniale : « La République française s’engage à apporter son concours à la République gabonaise pour la formation des cadres de son armée. La République gabonaise s’engage en retour à ne faire appel qu’à la République française pour la formation de ses cadres »16. Cette situation explique le long règne de certains autocrates pendant des décennies, les putschs militaires ayant chassé du pouvoir – dans certains cas, de façon tragique – des directions politiques tant soit peu nationalistes et progressistes, les conspirations pour l’ordre établi que sont les mutineries de l’ère dite démocratique consistant à remplacer un autocrate abusant de son autonomie par un officier supérieur, paré pour la circonstance du statut de démocrate. Parmi les derniers en date, le général centrafricain François Bozizé, auprès duquel des généraux français ont été dépêchés comme conseillers au lendemain de son putsch de mars 2003.

La France s’arroge également le monopole de l’approvisionnement. C’est le cas, notamment, des accords signés en 1961 avec le Burkina Faso (ex-HauteVolta) : « La République de Haute-Volta, en vue d’assurer la standardisation des armements, s’adressera en priorité à la République française pour l’entretien et le renouvellement des matériels et équipements de ses forces armées… Pour les fournitures qui, après examen en commun, ne pourraient être faites par la République française, la Haute-Volta se réserve le droit d’accepter l’aide d’autres pays »17. Certes, ces États ne sont pas les plus gros clients en la matière, mais, même pour le troisième marchand mondial d’armes de guerre, il n’y a pas de petits profits !

En effet, si la coopération militaire a servi à l’expérimentation de la doctrine militaire française, du Cameroun (années 1950-1960) au Rwanda (1990-1994), elle a aussi, voire surtout, servi à l’économie française. Car, les accords de défense sont aussi des accords d’approvisionnement préférentiel de la métropole en matières premières stratégiques. Le sceau du secret encore posé sur certains d’entre eux n’est pas sans rapport avec cet aspect. Ainsi, dans l’Annexe II de l’accord de défense signé en avril 1961, entre la France, d’un côte et de l’autre la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin) et le Niger, l’intérêt pour les « matières premières et produits stratégiques » est explicite. Les Républiques africaines signataires « informent la République Française de la politique qu’elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu’elles proposent de prendre pour l’exécution de cette politique… En ce qui concerne ces mêmes produits, [elles] réservent par priorité leur vente à la République française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s’approvisionnent par priorité auprès d’elle » (art. 3, 5). Le Bénin et le Niger ont par la suite abrogé cet accord, sans pour autant que la France ne renonce à contrôler l’uranium nigérien, suscitant en 1974 un putsch militaire pour renverser Hamani Diori coupable d’avoir non seulement demandé le retrait des troupes françaises mais envisagé également une diversification des clients et une hausse du prix de son uranium.

En Côte d’Ivoire, en septembre 2002, lors de sa tentative de putsch, Gbagbo invoque l’accord de défense avec la France pour revendiquer le soutien français en défense de son régime. Quant à l’armée française si elle a opté pour une position de « neutralité » face la fraction de Gbagbo, c’est au nom du non respect des parties annexes de ce même accord et de ses clauses non écrites relatives à l’économique. Il y a plus qu’une corrélation entre les oscillations des rapports entre les deux États – y compris l’apparition de la rébellion armée – et les marchandages économiques liés à la néolibéralisation de la Côte d’Ivoire. L’une des questions en jeu est en effet le quasi-monopole économique de la France en Côte d’Ivoire, pièce maîtresse du dispositif « postcolonial » français en ex-AOF18. Car, en dépit de la guerre, l’économie ivoirienne est encore à 30 % française. Cette crise franco-ivoirienne révèle la ruse néocoloniale consistant à intervenir militairement sous la casquette des Nations unies, avec le soutien des institutions régionales africaines acquises à l’ordre françafricain. Cette quête de légitimité internationale à l’entreprise néocoloniale s’explique aussi par l’intérêt de plus en plus manifeste des Etats-Unis pour la région. Des négociations menées avec la France concernant le départ en exil du Françafricain Charles Taylor à l’opération « Flintock » de l’été 2005 dans le Sahel, en passant par l’ouverture récente d’une base militaire à… Djibouti, la présence des patrouilleurs de l’US Navy dans le golfe de Guinée et l’éventualité d’une base au Sénégal, les États-Unis, peu habitués au second rôle, semblent menacer la quasi-solitude militaire française dans ces régions. D’où l’investissement français dans des initiatives d’encadrement militaire régionales du type RECAMP (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), justifiant le développement des ENVR (École nationale à vocation régionale), afin de ne pas perdre pied dans le « pré carré ». Ce qui n’a pas manqué de susciter la création par les États-Unis de l’ACRI (African Crisis Response Initiative), laquelle s’est finalement greffée au Recamp. Une « collaboration » pour le marché de la paix et de la guerre en Afrique qui pourrait devenir plus importante avec le projet de constitution d’une force armée de l’Union africaine.

« Aide » et souveraineté monétaire partagée

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samedi, 27 juillet 2013

«QUE M. OUATTARA S'OCCUPE DES CENTAINES DE MILLIERS DE REFUGIES IVOIRIENS A L'ETRANGER PLUTOT QUE D'HYPOTHETIQUES APATRIDES»

 

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Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président du Prof. Mamadou Koulibaly, a été interrogée par le quotidien Nord-Sud au sujet du débat sur l’apatridie qui divise les partenaires gouvernementaux du Rhdp.


Question : Quelle est la solution, selon vous, pour régler le problème de l’apatridie ?

Nathalie Yamb: Quel problème de l’apatridie ? Qui a un problème d’apatridie ? En tout cas pas la Côte d’Ivoire. Le code de la nationalité règle la question après la succession d’Etats dès 1961. En 1972, le code de la nationalité redonne une opportunité à ceux qui auraient raté l’échéance de 1961 de se mettre à jour. En 2003, Marcoussis règle une fois encore la question. Enfin, l’accord politique de Ouagadougou, à travers le processus d’identification mené par la Sagem, donne la chance à ceux qui ne l’auraient pas déjà fait de se faire enrôler sur simple présentation de leur acte de naissance et d’obtenir ainsi leur carte d’identité ivoirienne. On veut nous faire croire qu’il y a des apatrides d’avant 1961 en Côte d’Ivoire qui auraient raté les opportunités d’utiliser leur droit d’option en 1961, en 1972, en 2003 et en 2007 ? Que le président Ouattara, son parti le Rdr et son partenaire gouvernemental le Pdci arrêtent de nous tourner en bourriques ! Je pense qu’aujourd’hui comme hier, cette discussion est mal à propos. Il y a des centaines de milliers de réfugiés ivoiriens à l’étranger. Ce sont eux qui devraient préoccuper la coalition gouvernementale, plutôt que d’hypothétiques apatrides dont on nous parle depuis 1960. Il est temps de tourner résolument le dos à ces thématiques divisionnistes et aux acteurs et partis politiques qui les utilisent de façon malsaine pour dresser continuellement les populations les unes contre les autres. Il faut que ça cesse et il faut rompre avec cela tout de suite ! A LIDER, nous disons : Que le gouvernement s’occupe des vrais problèmes : nous voulons que les Ivoiriens qui sont contraints à l’exil depuis trop longtemps puissent sans danger rentrer chez eux. Nous voulons que les paysans puissent devenir propriétaires du sol et du sous-sol. Nous voulons que la capacité de nuisance des politiques à travers un pouvoir présidentiel hypertrophié soit limitée. Nous voulons que les habitants de ce pays soient recensés et que les citoyens qui peuvent prétendre au droit de vote soient inscrits sur les listes électorales, afin qu’on mette fin à l’exclusion de millions de jeunes qui ont atteint leur majorité depuis 2009, date de confection de l’actuelle liste électorale, à laquelle les auteurs du chaos ivoirien s’agrippent encore aujourd’hui de toutes leurs forces. Voilà les problèmes qu’il faut régler en urgence.


Nathalie Yamb

Conseillère exécutive du Président de LIDER
Liberté et Démocratie pour la République


Par Danielle Tagro, in le quotidien ivoirien "Nord-Sud" du 27 juillet 2013.


Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 26 juillet 2013

APATRIDIE - MAMADOU KOULIBALY: «IL N'Y A PAS D'APATRIDES EN COTE D'IVOIRE»

MAMADOU KOULIBALY 1.jpg


Après avoir accusé le gouvernement de chercher des poux dans le code de la nationalité, Mamadou Koulibaly dénonce l’initiative gouvernementale de faire voter, par le parlement, «un projet de lois autorisant le président de la République à ratifier la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridies signée le 30 Août 1961 à New York». «Ce débat, il est faux et il vient compliquer une situation précaire, sans que l’on sache quel est le but poursuivi. Il n’y a pas d’apatrides en Côte d’Ivoire», explique l’ancien président du parlement, dans un échange que nous avons eu avec lui. «La convention sur l’apatridie dit qu’il faut faire une demande mais il ne dit pas qu’il faut leur donner des nationalités», ajoute t il.

Pour lui, en effet, on ne peut parler d’apatridie qu’en cas de «succession d’Etats». Ce fut le cas en 1961, quand la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un code de la nationalité offrant la latitude aux étrangers résidents d’acquérir la nation alité selon le droit du sol ou de conserver la nationalité de leurs pays d’origine.

En 1972, une révision du code a donné la possibilité à ceux qui n’avaient pas pu saisir la perche, de se rattraper, en acquérant la nationalité ivoirienne. «Les cas de ceux, qui jusque-là, n’avaient pas régularisé leur situation, ont été réglés en 2007, à travers l’identification opérée par la société Sagem et les audiences foraines, qui ont consisté à accorder la citoyenneté ivoirienne sur la base d’un simple extrait d’acte de naissance, la carte d’identité, la carte d’électeur», poursuit Mamadou Koulibaly qui rappelle également que les accords de Linas Marcoussis avaient abouti à la cessation des tracasseries dénoncées contre les étrangers ainsi qu’à la suppression de la carte de séjour controversée. «En réalité, l’Afrique n’est pas concernée par cette convention. Tous les codes que nos pays ont adoptés ne laissent personne comme apatride», insiste t il, indiquant que la question d’apatridie proprement dite, s’est posée en Europe, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il rappelle, à cet effet, que diverses conventions ont été concoctées pour résoudre la situation des «peuples dits « errants », tels que les Juifs, les Arméniens, les Romes et autres bosniaques. « Pourquoi vouloir ratifier une convention supplémentaire alors que le gouvernement, lui, cherche à nous détourner des vrais problèmes» ? Fulmine Mamadou Koulibaly. Et d’ailleurs, à l’en croire, la convention sur l’apatridie, même si elle est adoptée, ne sera qu’une convention de plus dans l’ordonnancement des traités non appliqués, tels que les engagements sur la protection de l’enfance ou les chartes des droits de l’homme et du citoyen.


Benoît Hili, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Réveil" du 22 juillet 2013.

jeudi, 25 juillet 2013

MASSACRES PREMEDITES ET CIBLES CONTRE LES REFUGIES AUTOCHTONES WE DE NAHIBLY A DUEKOUE : UN AN DEJA.

 

côte d'ivoire,massacres prémédités et ciblés,contre les réfugiés autochtones wê de nahibly,à duékoué un an déjà,pour le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb abidjan le 19 juillet 2013

 

20 Juillet 2013 : cela fait exactement un an, jour pour jour, que les machines et les bêtes à tuer qui ont accompagné dans une violence inouïe un vrai faux démocrate au pouvoir en Côte d’Ivoire, ont massacré des populations autochtones Wê vivant dans une détresse obligée, suite aux bombardements meurtriers contre ces pauvres victimes de messieurs SARKOZY  et BAN KI MOON.

En ce jour de commémoration de la disparition tragique de ces victimes de la barbarie franco-onusienne et de tous ces autres nombreux morts ivoiriens qui sont tombés depuis Septembre 2002 du fait de la rébellion sauvage parrainée par monsieur Jacques CHIRAC et les réseaux mafieux français, nous voudrions, nous, victimes et «cobayes» involontaires des démons d’une civilisation autoproclamée, dire que nous avons encore discuté de l’inhumanité de ceux qui prétendent nous gouverner et de leurs parrains occidentaux.

En effet, un an après des massacres d’au moins deux centaines de nos parents au camp des réfugiés de NAHIBLY  à DUEKOUE  (lire le rapport d’enquête sur google, en tapant «SI NAHIBLY  M’ETAIT CONTE») , l’impunité tant décriée depuis l’an 2000 par les inventeurs et les tenants des concepts macabres de charnier de Yopougon, de Côte d’Ivoire-poudrière identitaire ou encore des escadrons de la mort (mués en 2010 et 2011 en commando invisible, on le sait tous maintenant), l’impunité, disons-nous, n’a jamais été autant célébrée par la communauté internationale et ses pantins locaux qu’elle a installés par une guerre en Côte d’Ivoire.

Oui, ils sont encore là et bien tous là, tous ceux-là qui ont assassiné nos parents et qui continuent de nous narguer en parlant d’une réconciliation, qui, comme on le vit chaque jour, est précédée du fouet ou de la machette du chasseur traditionnel dozo ou de la kalachninov de quidams-voleurs de parcelles de terre, de résidences privées et même de villages entiers. Des autorités préfectorales aux forces marocaines de l’O.N.U.qui ont tous assisté sans réagir à ce massacre (aller toujours dans google pour  visionner cette vidéo de la honte et de la déchéance humaine),  de toute la racaille analphabète f.r.c.i. et dozo à toute la pègre  pro-A.D.O.locale qui les supplée dans leurs forfaitures dignes du moyen-âge, ils sont là, bien tous là et croient aujourd’hui qu’une simple poignée de main (forcée et lassante, d’ailleurs) leur  suffit pour que leurs victimes oublient d’un trait leur cruauté planifiée par eux depuis de longues années. Les assassins sont là, se pavanent à travers villes et champs, en toute  impunité et sous la très haute et indiscutable protection des soldats de lk’O.N.U. Pour preuve, deux mois après le déménagement forcé d’Amadè Ouérémi, ses lieutenenants et ses troupes continuent d’écumer le Mont-Péko, à telle enseigne qu’on est tous de plus en plus confortés dans l’idée objective que la république est bel et bien morte en notre pays, la Côte d’Ivoire, depuis le 11 Avril 2011 ! D’ailleurs, les directeurs de consciences appointés de la suspecte communauté internationale savent-ils que les hommes d’Amadè lui ont déjà trouvé un successur et que les braquages naguère imputés aux jeunes gens d’ethnie Wè se perpétuent en toute impunité ? Et voici que chaque jour, notre pays est de plus en plus surpeuplé par des mercenaires et esclaves de la prospérité à tous les prix, acquise en versant le sang de nos compatriotes, comme le vampirisme qui s’est honteusement illustré la semaine dernière à ANGOVIA, tout près de BOUAFLE. Encore une fois ici, nous voudrions demander à madame LAGARDE Christine, sur son mensonge éhonté à propos de la croissance économique en Côte  d’Ivoire qui nous exaspère, quel développement,  elle et son poulain au pouvoir par ici envisagent-ils,  dans un pays surpeuplé qui ne maîtrise aucunement tous ces flux d’une immigration sauvage, donc non contrôlée ?

Pour en revenir à notre soif et notre besoin réccurent de justice pour tous nos morts, nous, victimes de DUEKOUE, nous voudrions encore une é-nième fois interpeller les obligés dela communauté internationale que sont BAN KI MOON et FATOU BENSOUDA : que veulent-ils au juste démontrer à la face du monde ? Que l’introuvable communauté internationale, pour parler comme monsieur Bernard HOUDIN, a tellement légalisé la rébellion et l’anarchie qu’ils (BAN KI MOON et BENSOUDA) peuvent en faire à leur tête, au risque et au péril des institutions qu’ils incarnent ? L’O.N.U., la France et la prétendue communauté internationale, dans le but de déstabiliser le président GBAGBO en son temps, ont, dans des mensonges diaboliques et éhontés, inventé et vu des morts partout en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui qu’ils en ont vraiment créés à coups de bombes, de kalachnikovs et de massacres prémédités contre des groupes ethniques et/ou politiques ciblés, les voici coincés et bien coincés par leurs propres entreprises diaboliques, au point de nier ou d’ignorer en toute irresponsabilité les atrocités qu’ils ont recommandées, exécutées et fait exécuter ici en Côte d’Ivoire, en lieu et place d’un recomptage des voix électorales. Et comme ça, ils pensent  ou croient se sortir de l’enfer de leurs propres incohérences et monstruosités sans que justice ne soit rendue aux vraies victimes de la rébellion ivoirienne  qu’ils ont diaboliquement soutenue depuis 2002  jusqu’en 2011 pour faire  faussement croire à un contentieux, après une parodie d’élection.

A tous ces vrais auteurs de notre tragédie collective, nous, victimes de DUEKOUE, voudrions rappeler ceci :

-1° : à monsieur François HOLLANDE, cet indiscutable héritier de la françafrique qui s’est précipité pour que des mains ne soient plus coupées et que des femmes ne soient plus forcées à porter  le voile au Mali voisin,  pendant que des femmes enceintes sont éventrées, des bébés décapités et des familles entières sont brûlées vives en Côte d’Ivoire et que monsieur HOLLANDE n’en a cure, il nous plaît de lui dire en toute sérénité que l’arithmétique hypocritement financière de la France officielle tire à sa fin en Côte d’Ivoire, parce qu’en ayant voulu diaboliser et embastiller GBAGBO à LA HAYE, ce sont des millions de GBAGBO que la France a ainsi suscités et créés en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. L’Histoire dira si nos propos actuels sont gratuits ou erronés car tôt ou tard, il faudra bien que les généraux de l’armée française, experts en génocides planifiés, nous disent , à la face du monde, ce qui les a poussés à bombarder et à massacrer par milliers des civils en Côte d’Ivoire, en Novembre 2004 et en Mars 2011. De même que ces officiers militaires français qui, dans un rituel des plus macabres, se sont lavés les mains - en compagnie de rebelles et de dozo – dans le sang d’un gendarme égorgé par ces derniers à BOUAKE,  en Octobre 2002. Dire ce qui est vrai ou le crier, ce n’est point du tout être arrogant !

-2° : à monsieur OUATTARA, à son gouvernement et à leurs parrains occidentaux, nous, victimes de DUEKOUE, disons aussi qu’il n’y a point de pouvoir qui soit éternel  et que la justice des hommes est bien trop infime devant celle de DIEU, étant entendu qu’aucune créature humaine, à moins d’être imbue d’une hérésie avérée, ne peut prétendre être au-dessus de Celui-là même qui a créé les cieux et la terre ! Quand on colle des chefs d’accusation d’ordre politique à des centaines d’innocentes personnes qu’on emprisonne et qu’on affirme qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, c’est le comble de la vraie bêtise humaine parce que le bourreau qui bande ses muscles et s’en satisfait n’est rien d’autre qu’un pauvre mortel égaré ! Merci à vous de mépriser la vie de tous les Ivoiriens qui, jamais n’accepteront de se soumettre à vous parce que nous sommes de nombreux patriotes qui ne nous reconnaissons pas en vous. Célébrez le mépris tout autant que l’injustice mais en méditant cette assertion d’Hannah ARENDT (cf. «Du mensonge à la violence», H. ARENDT) : «Le mépris est le plus grand ennemi de l’autorité quand le rire (du peuple) est pour cette autorité la plus grande menace». Or, nous, victimes et patriotes ivoiriens, c’est de plus en plus que nous rions de vos carences criardes et de vos errements à répétition. Du charnier de YOPOUGON en l’an 2000 au massacre de NAHIBLY en Juillet 2012 en passant par MONOKO-ZOHI, GUITROZON et les soixante quatre gendarmes égorgés par vos rebelles  à BOUAKE  en Octobre 2002, c’est patiemment que les Ivoiriens, le monde entier et l’Histoire vous attendent, le temps étant l’autre nom de DIEU, d’après Laurent GBAGBO ! 

-3° : à tous nos compatriotes d’ici et à tous ceux qui vivent en Occident, nous adressons  cet appel : de grâce, il est temps, grand temps que ceux qui font de notre tragédie collective leur fond de commerce auprès des O.N.G. et autres institutions se ressaisissent et arrêtent de se faire du beurre sur le dos de nos morts. Nous les invitons à lutter franchement sans recherche de gain, comme le font tous ces patriotes et ces panafricanistes d’autres pays et d’autres continents. S’approprier des rapports, des contributions ou des images (vidéos) à des fins lucratives est bien trop petit par rapport à l’objectif commun que nous visons : notre libération des chaînes de l’esclavage ! Honte à tous ceux qui se disent Wê ou patriotes ivoiriens et qui souscrivent à la détestable arithmétique des croque-morts car il est écrit qu’au seuil de la morale, de la justice et de la vertu, malheur à quiconque aura abdiqué !

Paix sur les morts de NAHIBLY et sur tous les patriotes ivoiriens qui tombés depuis 2002 !

N.B. : à ceux qui s’acharnent à exhumer des corps à Abidjan, nous rappelons que les squelettes du charnier découvert il y a deux mois à DUEKOUE toujours là où ils sont, non loin du camp des soldats marocains de l’O.N.U. et du barrage des f.r.c.i.,  du côté droit de l’usine COOPASAG, corridor de DALOA.

 

Pour le collectif des victimes de DUEKOUE (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel CALEB, Abidjan, le 19 Juillet 2013.

mercredi, 24 juillet 2013

MALI: CHRONIQUE D'UNE ELECTION PIPEE

HOLLANDE ET DIONCOUNDA.jpg

 

De l’illusion d’une libération par Serval à l’aboutissement d’un service pour le chaos total!

 

A Bamako courent de folles rumeurs sur les millions de cartes de vote éditées en surplus (? !), dans la plus grande opacité, par le pouvoir intérimaire, au moment où des électeurs potentiels du même nombre sont privés de leurs droits constitutionnels par défaut de NINA (la carte d’électeur)

Pis, à seulement sept (7) jours du 1er tour de l'élection présidentielle, des militaires aux ordres du Capitaine Sanogo auraient pillé des stocks de cartes de vote aux fins d’utilisation frauduleuse en faveur du "candidat des militaires."

Les jeux semblent faits !

Les élus sont connus d’avance et les élections présidentielles du Mali du 28 juillet 2013, censées restaurer l’ordre républicain et constitutionnel, passeront dans les annales comme la plus grande mascarade de l’histoire politique de la France-Afrique, pourtant riche en événements de ce genre.

Que le Peuple du Mali se le tienne pour dit : Serval lui sera fatal !

Que le Peuple français le sache : l’opération menée à grands frais au Mali, en son nom et pour son idéal, n’est décidément qu’un énorme leurre qui finira par modifier durablement les sentiments et attitudes des Maliens à l’endroit de la France et des Français !

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Les jeux sont faits. Les élus sont connus d’avance et les élections présidentielles du Mali du 28 juillet 2013, censées restaurer l’ordre républicain et constitutionnel, passeront dans les annales comme la plus grande mascarade de l’histoire politique de la France-Afrique, pourtant riche en événements de ce genre.


Que le Peuple du Mali se le tienne pour dit : Serval lui sera fatal !

Que le Peuple français le sache : l’opération menée à grands frais au Mali, en son nom et pour son idéal, n’est décidément qu’un énorme leurre qui finira par modifier durablement les sentiments et attitudes des Maliens à l’endroit de la France et des Français ! 

A – Le tiercé gagnant

Sauf rebondissement, le tiercé gagnant dans l’ordre est le suivant: Ibrahim Boubacar Keita  (IBK), Président, Soumeïlou Boubeye  Maïga, premier ministre, et le capitaine Amadou Aya Sanogo, chef d’état-major occulte de l’armée en dépit de son grade de capitaine.

Le choix peut surprendre mais répond à une logique de prédation :

- IBK n’est pas JFK. Vieux cacique de la vie politique malienne, Ibrahim Boubacar Keita a été pendant six ans premier ministre du président Alpha Omar Konaré, puis président, pendant 5 ans, de l’assemblée nationale sous le dernier président Amadou Toumani Touré (ATT). Autant le dire tout de suite, ce n'est pas un perdreau de l’année. Plus que tout, toutefois, au-delà de son expérience et sa capacité manœuvrière de survie dans le marigot, sa qualité transcendantale qui s’impose à tous et l’impose d’emblée comme le meilleur futur président, sa martingale en somme, est son statut de vice-président de l’internationale socialiste, le parti de François Hollande, le vainqueur de la bataille du Mali.

- Soumeïlou Maïga, ancien ministre des affaires étrangères du planqué de Dakar et ancien directeur général des services secrets du Mali, lui, sera premier ministre, en raison de sa sensibilité pro-algérienne. Un retour d’ascenseur en somme pour un pays qui a autorisé le survol de son territoire par l’aviation française durant l’opération Serval (janvier 2013), aidé les services français à localiser la sépulture de l’otage français Philippe Verdon tué par ses ravisseurs dans le désert, enfin, dernier et non le moindre des éléments, garant, à la demande du MNLA, des futurs accords entre le gouvernement malien et ses contestataires.

- Amadou Aya Sanogo: le responsable majeur de ce désastre national, sera maintenu à son poste, moyennant une vague repentance balbutiée hâtivement à ses compatriotes au début de la campagne électorale, tel un rescapé de la mort. Maintenu à son poste au même grade de capitaine, investi néanmoins de la fonction de chef d’Etat-major occulte de l’armée malienne en reconstruction.

B - IBK versus  Soumaïla Cissé, un remake des compétitions électorales françaises

Le scenario prévoit même un deuxième tour électoral mettant en compétition IBK et Soumaïla Cissé, en un remake des compétitions électorales françaises en ce qu’il opposera IBK, le poulain socialiste, à un ancien cadre supérieur des entreprises françaises, notamment Air Liquide et Pechiney, Soumaïla Cissé, qui passe pour bénéficier des sympathies de la droite française.

Un arrangement scellant la réconciliation entre les anciens frères ennemis de l’ADEMA  (Alliance pour la Démocratie au Mali), l’ossature politique des deux précédentes mandatures présidentielles (Alpha Oumar Konaré et ATT), aurait été conclu sous l’égide du président intérimaire Diougounda Traoré. Il prévoirait d’exclure de la phase finale du processus électoral, Modibo Sidibé, le dernier premier ministre d’ATT, ainsi que Cheikh Modibo Diarra, le spécialiste malien de la Nasa, dont le retour aux affaires signerait la mort politique du putschiste Sanogo. Modibo Sidibé a, en effet, été interpellé à deux reprises par la junte militaire et le scientifique, beau fils de l’ancien dictateur Moussa Traoré, a été évincé sans ménagement de ses fonctions de premier ministre durant la phase intérimaire. 

C - 27 candidats dont une femme, Mme  Haïdara née Cissé Aïchata dite Chato, au titre de la parité.

Vingt-sept (27) candidats postulent à la magistrature suprême malienne, dont une femme, diversité oblige, non pas Aminata Dramane Traoré, l’ancienne ministre de la culture du Mali, interdite de séjour en France pour cause d’hostilité à Serval, mais une candidate inattendue, Mme Haïdara née Cissé Aïchata dite Chato, députée de Bourem originaire du Nord du Mali, ancienne camarade de travail au sein de la compagnie Air Afrique d’Edith Bongo, fille de Sassou Nguessou et épouse de l’ancien président gabonais Omar Bongo, mais surtout ancienne confidente de deux présidents africains, ATT du Mali et Sassou Nguesso du Congo Brazza, qui disposerait d’une force de dissuasion par les secrets d’alcôve qu’elle détiendrait.

Autre curiosité de la campagne, Oumar Mariko, candidat communiste, seul candidat à jouir d’une audience certaine dans le Nord du Mali, a été interdit de faire campagne dans cette zone sous contrôle militaire français, de crainte que ses harangues ne mettent en route un mouvement de protestation contre la présence militaire française au Mali. 

Sous cape, il se murmure que la chancellerie française à Bamako s’active pour dissuader les opposants de contester les résultats de ce simulacre électoral, contre arguments sonnants et trébuchants: le remboursement des frais électoraux, particulièrement la caution de dix millions de Frs CFA bonifiés d’une prime au silence.

Au Parti socialiste, les divergences sur la question  malienne sont tues. Le secteur international du PS est entravé, notamment sur les questions africaines, au bénéfice du cabinet de Harlem Désir qui semble avoir confié cette tâche de façon officieuse a Corinne Bord, laquelle  travaille en étroite collaboration avec Thomas Melonio.

Cette situation est loin de faire l'unanimité au sein du parti où l’on pointe les conséquences de ces élections bâclées sous la pression de la communauté internationale avec ces possibles conséquences sur le Niger, la réhabilitation d’Idriss Deby que Serval a provoqué, de même résultant du rôle ambigüe du président du Burkina Faso,  Blaise Compaoré, ainsi que la gestion du contentieux de  Kidal et du MNLA, qui a demandé à l’Algérie de garantir les futurs accords conclus avec le pouvoir central à Bamako. Autant de signes qui marquent le retour en grâce de la Francafrique et la non prise en compte de l'avis de la diaspora sur les questions politiques.

D - Le RAVEC et Les failles du système électoral.

La prochaine élection présidentielle malienne ignorera des millions de Maliennes et Maliens pourtant désireux d’y prendre part à travers leur vote.

La totalité des habitants de plus de 400 localités où il n’y a pas eu de RAVEC (recensement administratif à vocation d’état civil) constitue le premier lot de ces millions de laissés-pour-compte. Ne voteront pas également les centaines de milliers de jeunes majeurs (18 et 19 ans) non-inscrits pour manque de leurs données biométriques, les réfugiés dans les camps et exilés, et aussi les centaines de milliers de personnes recensées mais omises sur la liste des électeurs pour des raisons encore inconnues et inexpliquées.

Cependant, à Bamako courent de folles rumeurs sur les millions de cartes de vote éditées en surplus (? !), dans la plus grande opacité, par le pouvoir intérimaire, au moment où des électeurs potentiels du même nombre sont privées de leurs droits constitutionnels par défaut de NINA (la carte d’électeur)

Pis, à seulement sept (7) jours du 1er tour de l'élection présidentielle, des militaires aux ordres du Capitaine Sanogo auraient pillé des stocks de cartes de vote aux fins d’utilisation frauduleuse en faveur du "candidat des militaires."  

Le mécontentement populaire est réel et justifié en ce que les luttes pour les Droits et les Libertés en Afrique sont indissociables des combats pour la paix et la justice dans le monde, contre le racisme et toutes formes de discriminations. Elles sont parties intégrantes des grands mouvements universels d’émancipation et d’égalité des peuples. La justice, la paix et la liberté devront, sans condition, s’installer en Afrique et s’y pérenniser. Il y va de la crédibilité des institutions internationales.

Don de l’Union européenne au Mali, à hauteur de 48 milliards de francs CFA à sa réalisation, le RAVEC devrait permettre de fiabiliser l’Etat civil au Mali. Mais sa mise en œuvre  (La prise des empreintes digitales des dix doigts de la main notamment), a suscité des interrogations quant à sa finalité, notamment sur le fait s’il ne s’agissait pas d’une opération détournée de contrôle de l’émigration clandestine à destination de l’Europe.

E – Cheikh Chérif Haidara, le Nasrallah du Mali

Au-delà des suspicions, sur fond de compétition électorale, est engagée une sourde lutte d’influence entre les deux grandes branches de l’islam - conséquence de la talibanisation du Sahel. 

- L’Imam Mahmoud Dicko, Président du Haut Conseil Islamique du Mali,  une organisation sunnite chargée de la gestion des Imams, qui passe pour bénéficier du soutien financier des pétromonarchies du Golfe, prônerait le vote utile en faveur d’IBK, le candidat de la France, par solidarité sectaire d’abord, au nom de la stabilité du pays ensuite. Son mot d’ordre est relayé à travers l’association  SABATI 2012 (sabati signifie stabilité).

- Cheikh Chérif Haïdara, le contrepoint chiite de l’Imam Dicko, prône la stricte séparation de la religion de l’Etat. L’imam chiite préside la formation «Ansar Eddine» (les partisans de la religion), une association existant au Mali depuis un quart de siècle, mais dont le nom a été usurpé par les djihadistes pro Qatar, lors de leur intrusion armée dans le septentrion malien.  Le chiisme est ultra minoritaire au Mali, mais son chef spirituel souvent désigné comme le «Hassan Nasrallah du Mali», par allusion au chef du Hezbollah, jouit d’un prestige certain en ce qu’il est la seule personnalité malienne capable de remplir un stade de 80.000 places.  

F - Le Malien responsable au premier chef de ses maux

La fin du Mali, en tant qu’Etat moderne né en 1960, est intervenue en janvier 2013, 53 ans après l’indépendance formelle, lors de la défaite de Konna face aux djihadistes, donnant un formidable prétexte à la France de revenir en sauveur par la grande porte pour faire du Mali, la plus grande plateforme opérationnelle militaire de l’Afrique occidentale.

Les maux du Mali sont à rechercher dans le Mali lui-même.

« La force du Mali résidait dans sa capacité à transiger. Jusqu’à la caricature. Pouvoir s’asseoir et parler. A chercher à partager, même quand il n’y a rien à partager. Même quand il n’y a plus rien à partager.… Peuple de légende mais aussi de trahison, pratiquant l’esclavage, le Mandingue a ouvert la voie de la colonisation à l’homme blanc, en trahissant Samori Touré, l’adversaire pendant 17 ans des Français…. Le Mandingue a été construit par la guerre, et c’est la guerre qui le détruira » ; ainsi parle Youssouf Tata Cissé, l’universitaire octogénaire malien, auteur d’une œuvre en 16 tomes "Les grands gestes du Mali" (Éditions Karthala).

C’est dire combien l’entente et la cordialité sont vitales pour le Mali et indispensables pour son unité nationale !

La jeunesse malienne, en connaissance de cause, s’impliquera ou pas, mais le FNC aura prévenu et depuis fort longtemps !

Aujourd’hui, seul un électorat conscient et authentiquement patriotique pourra déjouer les plans diaboliques ourdis à l’encontre du Peuple Malien. Mais de cela, l’histoire nous édifiera !


Source: FNC DU MALI

mardi, 23 juillet 2013

CPI - LA LIBERATION DE GBAGBO SE PRECISE

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Fatou Bensouda, depuis Abidjan, avoue ne pas avoir eu les preuves contre Gbagbo et ne pas avoir vu les victimes.


Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale, malgré ses efforts, n’a pas réussi à dissimuler sa colère envers les autorités ivoiriennes, lors de son deuxième séjour à Abidjan, vendredi et samedi derniers. Selon les informations en notre possession, elle s’est fait tout simplement rouler dans la farine par le régime ivoirien concernant les preuves supplémentaires contre Gbagbo, concernant les victimes qu'elle voulait rencontrer, et concernant l’affaire Simone Gbagbo.

Sur ce dernier point, sa déclaration samedi au cours d’une conférence de presse dans la capitale ivoirienne, fut une quasi-injonction au régime ivoirien à coopérer avec la CPI : “Nous ne pensons pas que les autorités ivoiriennes refuseront de transférer Mme Simone Gbagbo à la CPI. Mais aussi, selon le statut de Rome, si les autorités ivoiriennes veulent juger Simone Gbagbo ici, ils ont aussi le droit de défier le cas devant la Cour pénale internationale”, a-t-elle déclaré. Mme Bensouda a clairement réitéré son appel au gouvernement ivoirien à “exécuter dans les plus bref délais possibles”, les “demandes de coopération” de la CPI, notamment “les mandats d’arrêts et les demandes de remise à la Cour émis par les juges de la CPI”.

“Cela vaut donc pour le mandat existant contre madame Simone Gbagbo ainsi que pour tout autre suspect dans l’avenir”, a-t-elle martélé. On ne peut pas être plus clair, même si pour mieux faire passer la pilule très amere aux autorités ivoiriennes, elle a aussi déclaré: « Simone Gbagbo, visée par un mandat d’arrêt de la CPI, peut être jugée en Côte d’Ivoire conformément au statut de Rome ». Vouloir juger Mme Gbagbo en Côte d’Ivoire est “une prérogative que le statut de Rome reconnait aux autorités ivoiriennes”. “Ce sera aux juges de décider si le cas est recevable devant la CPI. Vous verrez que ce fut le cas en Libye”, avec l’affaire Seïf Al Islam, a-t-elle dit.

Concernant l’affaire Laurent Gbagbo et la recherche de preuves supplémentaires, Fatou Bensouda se serait fait rouler dans la farine par le régime ivoirien. Dès son arrivée vendredi à Abidjan, elle avait effectivement planté le décor: « C’est une mission technique. » Une mission pour rencontrer notamment « ceux qui nous assistent pour trouver des informations additionnelles » dans l’affaire Laurent Gbagbo.

En d'autres termes, la procureure de la CPI est venue à Abidjan pour chercher des preuves contre le Président Laurent Gbagbo, preuves promises par le régime ivoirien et manquant cruellement au dossier d'accusation. Les juges de la Cour lui ont dit le 03 juin dernier de revoir sa copie et d'apporter des preuves supplémentaires pouvant étayer ses accusations contre Laurent Gbagbo.

Ces juges on se le rappelle, n’ont pas voulu se prononcer sur la confirmation des charges contre le Président Laurent Gbagbo, car ils avaient estimé que les preuves présentées par la procureure n’étaient pas suffisantes et lui ont demandé de les compléter. Fatou Ben Souda est donc venue à Abidjan pour chercher les preuves complémentaires, et rencontrer les victimes ou associations de victimes. Et selon nos informations, aucune preuve supplémentaire n’a pu être réunie par les autorités ivoiriennes à son arrivée, de même qu’aucune victime ou association de victime n’a pointé le nez devant elle, ce qui a eu le don de l’irriter à l’extrême. C’est donc bredouille que la procureure de la Cpi est retournée à la La Haye après avoir passé 48 heures sur les bords de la lagune ébrié.

Pire, Fatou Bensouda n’a pas du tout goûté l’absence de Ouattara à son arrivée en Côte d’Ivoire. Il était étrangement à Lomé au Togo en réunion de la CEDEAO. Pourtant, sa venue à Abidjan était prévue de longue date, et la rencontre avec le chef de l’Etat était prévue dans son agenda.

Selon nos informations, Alassane Ouattara, dont la volonté de coopération avec la CPI est de plus en plus remise en cause, aurait décidé de prendre ses distances avec la désormais très gênante procureure de la CPI, et aurait de laisser son ministre de la Justice Gnénéma Coulibaly, et sa collègue de la solidarité, de la famille, de la femme et de l`enfant, Anne Désirée Ouloto, la recevoir.

Echec et mat pour Fatou Bensouda à Abidjan qui a avoué n’avoir pas eu les preuves recherchées. Cette dernière, qui joue sa carrière et dont la crédibilité est gravement mise en cause, a exigé du solide de la part des autorités ivoiriennes. Ceux-ci ont préféré la lâcher "en plein vol", car devenue un peu trop exigeante et moins docile comme lors de son premier voyage à Abidjan où elle prenait pour argent comptant, tout ce qui venait du régime Ouattara concernant Laurent Gbagbo.

Comme on le voit, la LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO SE DESSINE A L'HORIZON. Les preuves supplémentaires tant attendues par les juges de la CPI viennent une fois de plus de manquer à l'Appel. Ces derniers n'auront plus d'autre choix que de prononcer la rélaxe pure et simple de Laurent Gbagbo. Me Emmanuel Altit s'était dit confiant il y a peu, sur la libération de son client, avant la fin de l'année 2013.

Avec le terrible revers de Fatou Bensouda à Abidjan, la libération de Laurent Gbagbo avance à pas de géants.

Nous y reviendrons.

 

Eric Lassale avec Parice Lecomte

 

dimanche, 21 juillet 2013

PRESIDENTIELLE - MALI: ET LE NOUVEAU PRESIDENT EST... FRANÇOIS HOLLANDE, ELU AVEC 97% DES SUFFRAGES EXPRIMES


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Il a une dynamique digne d’un footeux comme Cristiano Ronaldo, à la seule différence que, lui, François Hollande, ne marque pas de but. La girouette des lobbies, même comme il s’en défend -n’est-ce pas Delphine Batho?-, est le nec plus ultra de la Françafrique. Ceux qui croyaient à tort que cet épisode tragique de l’Afrique était terminé doivent actuellement manger leur chapeau. Qualifié pour la présidentielle malienne, l’homme qui sans doute a déjà trouvé du pétrole sous l’Élysée, tellement, il est si bas dans les sondages, jubile. Avant l’échéance fatidique, il a déjà gagné haut la main son challenge : avoir la mainmise sur la base de Tessalit en faveur d’AREVA, le cœur du Mali en somme.


Le Mali va élire son nouveau président dès le 28 juillet prochain, date du premier tour. Alors que le pays n’est pas encore stabilisé, le geyser du désert a voulu par tous les moyens cette élection. Dans des salmigondis sans objet, il avait annoncé SA victoire sur le terrorisme le 14 juillet dernier, avant que le couperet ne lui tombe sur sa tête à la tignasse décolorée, attestant l’assassinat macabre de Philippe Verdon. C’est Sarkozy qui a dit que le président teint ses cheveux… Il se pourrait donc que le président de la République ait recours aux colorants de l’Oréal et autres Schwarzkopf, pour cacher ses cheveux gris, pour paraître comme ce brun ténébreux qu’il n’est pas. Passons. A propos du Mali donc, pas de suspense. D’ailleurs, ce n’est que là-bas que l’homme qui rêve de rester 10 ans à l’Élysée peut encore avoir des suffrages. Hélas, le soi-disant sauveur de l’UMP ne lui laissera aucune chance, même comme je préfère Fillon…

Dogmatique et sentencieux, velléitaire à souhait, l’actuel chef de l’État français ne pouvait pas rêver mieux. L’homme qui dit "fixer le cap" sans une résolution courageuse n’a que la force de ses artères de l’autre côté de l’océan. Papa François "Mali" Hollande a le destin tout tracé pour le Mali. L’homme, du haut de ses convictions et de sa normalité, jusqu’au bout des ongles of course, s’est présenté au 89, rue du Cherche-Midi dans le 6e arrondissement de Paris. C’est l’adresse de l’Ambassade du mali en France. La montagne des flamboyances africaines était venu en personne chercher son prix. Fichtre.

C’est bien la première fois dans l’histoire de France qu’un président de la République se déplace dans une ambassade africaine. C’était lundi dernier. Et pourquoi ? Pour la gloriole. Caresser un joujou de tissu « jaune-vert-rouge » accrocher au cou et penser tutoyer les étoiles ou se sentir aimer ou câliner, surtout qu’à la maison, semble-t-il, c’est pas la fête tous les jours avec le « rottweiler », comme la nomme un élu de droite. Elle tiendrait, -conditionnel-, l’homme, en joue. Ma mère quant à elle, à chaque fois qu’elle le voit à la télévision s’esclaffe, avec l’envie de gerber. « Satan ! » crie-t-elle, très à cheval sur ses principes religieux et contre le « mariage pour tous ». Peut-être qu’elle agit ainsi parce qu’elle a voté pour lui. Nous sommes tous de gauche dans la famille. Tous, sauf mon beau-père, qui pleure encore le petit homme aux talonnettes…

Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traore, en remettant sa décoration à  Francois Hollande a déclaré: "Au nom de la République du Mali, nous vous élevons à la dignité de grand-croix de l’Ordre national du Mali". Ajoutant c’est "une très grande joie et une très grande fierté au nom du service exceptionnel rendu à mon pays" et "de la mobilisation exceptionnelle" de la France "en notre faveur". Terminant son propos, il poursuivit : "Notre histoire s’était cabrée mais nous sommes aujourd’hui en mesure de la dompter grâce à l’appui de la France". Ah, bon ?

Quelle bonne nouvelle pour les Maliens! Le général Charles de Gaule revient. Autant pour moi, la Françafrique et François Hollande…


Source: Le blog d'Allain Jules

samedi, 20 juillet 2013

LOI SUR LA NATIONALITE: VOICI LA BOMBE QUE LE PDCI PREPARAIT HIER A L'ASSEMBLEE NATIONALE

 

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La bombe que préparait le PDCI. Ouattara encore mis en difficulté


Les députés du PDCI se sont réunis hier à la maison de leur parti à Cocody pour produire une déclaration relative à l'examen du projet de loi autorisant le président de la République à ratifier la convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie, signée le 30 août 1961 à New York, et qui devait être examinée hier à l'Assemblée nationale. A la dernière minute, le projet de loi a été retiré. Ci-dessous, l'intégralité de la déclaration des députés PDCI qu'ils devaient lire au Parlement.

 
Madame la Présidente,

Le Groupe parlementaire PDCI a examiné avec beaucoup d'attention le présent projet de loi dont l'adoption permettra certainement à la Côte d'Ivoire de parachever son adhésion à la convention de 1961 et contribuer ainsi à la réduction des cas d'apatridie dans notre Pays. Il n'échappe à personne que l'apatridie, le fait pour un individu de n'être reconnu par aucun État comme son ressortissant par application de sa législation, est une question essentielle qui porte sur un droit fondamental qu'est la nationalité. En effet, la déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 énonce en son article 15 que "tout individu a droit à la nationalité". Aucun individu ne peut donc pouvoir vivre sans aucun lien de rattachement à un pays. Et pourtant, les estimations mondiales font état de plus de 12 millions d'individus concernés par l'apatridie.

Dans notre pays, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), on dénombre au moins 950000 cas d'apatrides résultant de causes diverses comme l'immigration, la méconnaissance de la loi, la succession d'état ou encore la défaillance du système de l'état civil. C'est pourquoi, le Groupe parlementaire PDCI-RDA, profondément attaché au respect des droits de l'Homme, est sensible à la volonté du Gouvernement de réduire et de prévenir les cas d'apatrides dans notre Pays.

Cependant, la voie proposée pour remédier à ces situations regrettables à tous égards, aussi bien pour les individus concernés que pour la Côte d'Ivoire elle-même, ne nous semble pas la meilleure. Les réserves du Groupe parlementaire PDCI-RDA sur le présent projet de loi portent sur la procédure utilisée pour l'adoption de cette loi, les contrariétés fondamentales entre les dispositions de cette convention et le code de la nationalité ivoirienne et enfin sur l'impact que la ratification de ce traité pourrait avoir sur le droit foncier rural.

Sur la procédure, le Groupe parlementaire PDCI-RDA s'étonne qu'un projet de loi aussi important soit soumis à la procédure de la discussion immédiate. Procédure d'urgence, procédure sommaire, la discussion immédiate n'offre pas l'occasion aux députés d'examiner avec toute la sérénité requise les projets de loi. Cette urgence est d'autant plus incompréhensible puisqu'il s'agit en l'espèce d'autoriser le Président de la République à ratifier une convention signée en 1961, c'est-à -dire une convention vieille de plus de cinquante deux ans. Notre étonnement est davantage renforcé par le fait qu'il y a de cela quelques mois, précisément le lundi 4 mars 2013 à Bouaflé, 8133 individus

présentés comme des apatrides ont reçu des mains du Ministre de la Justice, des droits de l'Homme et des Liberté publiques, la citoyenneté ivoirienne. C'est dire que, nonobstant la non-ratification de la convention de 1961, les lois nationales permettent de régler le problème des apatrides.

Où est donc l'urgence?

Sur la contrariété avec certaines dispositions du code de la nationalité, l'intimité entre l'apatridie et la nationalité a amené le Groupe parlementaire PDCI-RDA à examiner ce projet de loi à la lumière des dispositions légales dont notre Pays s'est librement dotées pour régir la Nationalité. Il ressort de cet examen que plusieurs dispositions de la Convention de 1961 sont contraires aux lois ivoiriennes sur la nationalité.

A titre d'illustrations on peut citer :

• L'Article premier, paragraphe 1 de la convention qui dispose notamment

que :

"Tout État contractant accorde sa nationalité à l'individu né sur son territoire et qui, autrement, serait apatride. Cette nationalité sera accordée :

a) De plein droit, à la naissance; ou

b) Sur demande souscrite, suivant les modalités prévues par la législation de

l’État en cause, auprès de l'autorité compétente par l'intéressé ou '-en son nom;

sous réserve des dispositions du paragraphe 2 du présent article, la demande ne peut être rejetée .

Aux termes de cet article, la naissance sur le sol de l’État, autrement dit le droit du sol serait une condition suffisante pour attribuer la nationalité. Or le Législateur ivoirien a opté depuis 1972 pour le droit du sang comme condition

d'attribution de la nationalité ivoirienne. C'est ce qui ressort des dispositions pertinentes de l'article 6 de la Loi nO 72-852 du 21/12/1972 portant code de la nationalité ivoirienne qui énonce que :

" Est Ivoirien :

1- l'enfant légitime ou légitimé, né en Côte d'Ivoire, sauf si ses deux parents sont étrangers;

2- l'enfant né hors mariage, en Côte d'Ivoire, sauf si sa filiation est légalement établie à l'égard de ses deux parents étrangers, ou d'un seul parent, également étranger. "

Ces contrariétés sont observées également en ce qui concerne :

• l'enfant trouvé (article 2) ;

• l'enfant né hors du territoire national (article 4)

• la perte ou la privation de la nationalité (Articles 5, 6, 7, 8 et 9)

Le Groupe parlementaire aurait pu passer sous silence ces divergences, si l'Article 3 du code de la nationalité ivoirienne n'était pas libellé de la manière suivante: " Les dispositions relatives à la nationalité contenues dans les traités internationaux dûment ratifiés et publiés s'appliquent, même si elles sont contraires aux dispositions internes. Ce qui signifie que la ratification de cette convention rendra automatiquement applicables ses dispositions qui sont contraires à la loi ivoirienne sans qu'il soit nécessaire de modifier celle-ci. La nationalité est un élément fondamental de la souveraineté nationale, c'est pourquoi son encadrement juridique ne saurait être aussi facilement rendu caduc par l'effet automatique des traités et autres accords mêmes dûment ratifiés. En notre sens, en insérant cette disposition, nos devanciers ont sans nul doute voulu nous inviter à faire preuve d'une vigilance particulière avant d'autoriser la ratification d'instruments légaux internationaux relatifs à la nationalité.

En ce qui concerne l'implication de cette convention sur le droit foncier rural

Dans notre Pays, propriété terrienne et nationalité sont intimement liées, la loi sur le foncier rural de 1998 expose en effet que seuls les Ivoiriens peuvent

être propriétaires terriens. Il va sans dire que les personnes qui auront acquis la nationalité ivoirienne par l'effet de cette Convention pourront légitimement prétendre à la propriété foncière sur des terres qui n'ont été mises à leur disposition qu'en considération du fait qu'ils n'étaient pas Ivoiriens.

Au regard de tout ce qui précède, et convaincu que les questions de la nationalité et du foncier rural, données comme les causes fondamentales de la crise qu'a connue notre Pays dix années durant, ne peuvent être traitées séparément, le Groupe parlementaire PDCI-RDA propose l'ajournement de l'examen de ce texte à la prochaine session ou à une session extraordinaire. Ce report nous permettra non seulement d'examiner ce texte avec toute la sérénité et la sagesse requises du Législateur, mais aussi de procéder à de larges consultations, pour recueillir les observations des populations dont

nous sommes les mandants, sur ces questions importantes que sont, nous le répétons, la nationalité et le foncier rural.



Fait à Abidjan, le 17 juillet 2013

Le Groupe parlementaire PDCI-RDA


In le quotidien ivoirien "L'INTER"


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Dernière heure: Le projet de loi de ratification de la convention sur l'apatridie retirée

 

Le projet de loi a été retirée de l’ordre du jour. Il a été programmé pour une session extraordinaire. Mais il y a lieu de préciser que ce retrait est dû à l’opposition des députés du PDCI, UDPCI et autres indépendants. Ils étaient tous prêts ce matin à sortir de l’hémicycle. Seul les talibets du RDR étaient partant. C’est hier, après la réunion du RDR que tout a été décidé.  

Il y a un front qui se forme contre le RDR au parlement. La grande partie regrette l’absence du FPI. Vu la tendance, je pense qu’il faut faire du lobbying sinon tout est foutu. les gens du RDR sont des automates. Ils lèvent seulement les mains.


Source: EBURNIENEWS

QUI A TUE FOFIE? DES SOUPÇONS PLANENT, DES LANGUES SE DELIENT


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Le site www.eclairdafrique.com, toujours à la pointe de l’info, a annoncé hier la mort du commandant Fofié Kouakou. Aujourd’hui, il révèle selon des témoignages recueillis, les causes de la mort, de ce combattant très très proche de Guillaume Soro.


FOFIE KOUAKOU,  MAITRE A KORHOGO

FOFIE KOUAKOU était commandant de la zone 10 à  Korhogo. Il fait partie de ces Com-zones qui ont fait parler d’eux. La zone  qu’il commande couvre la région située entre les localités de Pogo, ville à la frontière Ivoiro-Malienne, de Laléraba à la frontière Ivoiro-Burkinabé, de Longo plus au sud de Tarato à l'ouest et de Kafolo à l'est. Les villes de Ouangolo, Ferkessédougou, Diawala, Pogo, M’bengué, Dikodougou, Napié, Sinématiali font notamment partie de cette zone. À Korhogo, le chef rebelle se nomme Fofié Kouakou Martin, ancien caporal de l'armée régulière, devenu « commandant ». Martin Kouakou Fofié, l’un des trois Ivoiriens visés par le gel des avoirs à l’étranger et l’interdiction de voyager décidés par l’ONU, commande la zone 10, administrée depuis Korhogo. C'est un homme d'un charisme indiscutable qui a réalisé des vastes chantiers d'assainissement, de reconstruction d'édifices en ruine et sécurisé les  biens et les personnes vivant dans sa zone. Tous ces travaux sont financés par un « impôt » contraignant et parfois exorbitant prélevé sur les opérateurs économiques de la ville. Il est originaire de Bondoukou. Selon la presse burkinabé, le commandant Fofié disposerait des biens à Ouagadougou comme ces frères d’armes de la rébellion ivoirienne.  Sous sanction de l’Onu, il avait utilisé de faux documents burkinabés pour ouvrir un compte dans une banque Ouagalaise. Ce sont plus  de 66 millions de francs CFA  qu’il gardait dans cette banque en violation des sanctions de l’ONU. Malheureusement, pour lui,  les 66 millions ont disparu des caisses de la banque. Cette nouvelle a tellement marqué le commandant Fofié qu’il a entrepris des recherches pour en savoir plus. Après des recherches, l’homme a été informé que c’est en complicité avec Alassane Dramane Ouattara et Blaise Compaoré qui craignaient les représailles de l’ONU qui la banque a fait disparaitre cette importante somme. Dans tous les cas, il ne pouvait se plaindre à cause de la sanction de l’ONU qui planait sur sa tête. Martin Fofié Kouakou, se serait enrichi de façon illicite et  était dans le viseur de l’ONU.  La disparition de cette manne que le chef de guerre a pu économiser pendant des années, a provoqué en lui, une rancune tenace contre Alassane Ouattara et Blaise Compaoré.  En fait, les chefs de guerre demeurent un véritable problème pour le régime de Ouattara et ses soutiens. Leur intégration dans l’armée est un véritable problème. Les commandants ("com-zone") des Forces nouvelles forment un réseau militaro-économique tirant profit de la contrebande et d'un système de taxation parallèle, selon le rapport au Conseil de sécurité des experts chargés de vérifier l'application de l'embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire. Les réseaux politiques et économiques liés aux combattants des ex Forces nouvelles se sont renforcés avec l'intégration dans l'armée ivoirienne d'anciens commandants au lourd passif, affirme un rapport de l’ONU. La nomination à "des postes de commandement stratégiques" de gens comme Martin Kouakou Fofié (déjà sous sanctions de l'ONU), gêne énormément Ouattara. Mais comment se débarrasser de ce combattant gênant?

FOFIE, L’HOMME DE MAIN DE SORO 

Il est vrai que Soro et son mentor ADO marchent aujourd’hui main dans la main. Mais il va sans dire qu’ils visent le même champ politique: le nord.  Alassane veut faire du nord le véritable bastion du RDR.  A côté de lui, Soro qui est inscrit dans une véritable dynamique de quête d’assise politique pour le mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (Mpci) veut conquérir le nord. Sur plan  Soro  avait placé des Com zone qui préparaient le terrain politique pour lui. Le commandant Fofié Kouakou se trouve plus proche de Guillaume Soro puisque Diawala qui est la sous préfecture d’origine de SORO fait partie de la zone 10 qu’il contrôle. Comme on peut le pressentir à l’horizon, il y a une bombe entre Soro et son mentor sur la conquête du nord. Fofié était donc un pion essentiel dans la stratégie de  conquête de la zone 10 pour SORO. Vu l'excellent travail abattu dans la sécurisation de Korhogo, le chef emblématique des mouvements de l'ex-rébellion, Guillaume Soro lui avait même confié la sécurisation des frontières Nord.  Toujours en grande confiance, il a assumé avec brio ces fonctions en préservant intactes l'intégrité de la zone 10 que son « ami »Soro Guillaume veut garder pour lui seul. Les deux hommes étaient très liés. A une question posée à Fofié : « Que pensez-vous de l’action de M. Guillaume Kigbafori Soro au moment où vous étiez ensemble,  pendant ce mouvement armé ? », il a répondu : « Vous savez, il y a le don et il y a le pouvoir. Un pouvoir acheté est un pouvoir éphémère. Mais celui qui a le don, a reçu une chose venue de Dieu. Et quand Dieu donne à quelqu’un le don de commander, je crois que Dieu donne à cette personne la sagesse nécessaire pour encadrer les jeunes. Et c’est ce que j’ai observé en lui, Guillaume  Kigbafori Soro. Il n’a pas acheté son pouvoir, c’est inné. On dit très souvent qu’il y a trois sortes de comportements : le comportement inné, le comportement acquis et le comportement héréditaire. Pour lui, c’est inné. Le sens du commandement est inné en lui. Ce que je voudrais  dire, c’est que je pourrais faire ses éloges pour dire qui il est, mais toute la Côte d’Ivoire, le monde entier sait désormais qui est Soro Kigbafori Guillaume. C’est vrai qu’il est mon patron, mais je dis ce qui est ».  L’objectif visé par Guillaume Soro  n’est pas à portée de main. Il lui sera en effet difficile d’implanter ses hommes sur les terres du Rassemblement des républicains (RDR), premier parti du nord du pays.  Alassane Dramane Ouattara, compte de nombreux partisans chez les com’zone. Certains sont même très proches de lui.  Par exemple, Alassane Dramane Ouattara a assisté au mariage de Chérif Ousmane à Ouagadougou en décembre 2007 et son épouse, Dominique, était témoin de ce mariage. Alors premier ministre de Gbagbo, Chérif Ousmane était farouchement opposé à Soro Guillaume. Il soutenait que le premier ministre de Gbagbo jouait le jeu du président Gbagbo. Soutenu par Alassane, chérif Ousmane et certains « Com-zones » en voulaient terriblement à Soro. Au point même qu’il essuya un attentat le 29 juin 2007.  Beaucoup de sources révèlent que c’étaient les hommes de Chérif Ousmane soutenus par la France et Ouattara qui ont voulu porter le coup fatal à Soro Guillaume. En tout cas, les hommes de Soro  sont dans le viseur des pro-Ouattara.  L’on se souvient de comment IB a été tué à Abidjan.  Ses hommes se sont dispersés et menacent de venger IB qui a été le cerveau de la  rébellion qui a pu apporter Alassane Dramane au pouvoir.

FOFIE AURAIT ETE EMPOISONNE

Ce matin même, nous avons pu joindre un proche De Fofié à Korhogo. « C’est vrai. Il est mort mais nous voulons voir son corps. Le corps de notre commandant ». De quoi est-il vraiment mort ? Selon une source militaire que nous avons contactée à Bouaké, « Fofié  souffrait d’une maladie bizarre qu’il trainait depuis longtemps. Il parlait d’empoisonnement mais moi je ne le croyais pas parce que cet homme était un vrai africain. Il était beaucoup protégé mystiquement…mais la maladie était bizarre. » Empoisonnement ? En tout cas, l’ex commandant rebelle Fofié Kouakou, victime d’un AVC, ne s’est plus remis selon nos sources à Bondoukou où il se soignait entouré de quelques parents. L’homme est beaucoup aimé dans son village.  Depuis hier c’est la consternation à Bondoukou et à Korhogo. La population ne veut pas entendre parler de cette triste disparition.

QUI AURAIT INTERET A EMPOISONNER FOFIE?

FOFIE savait qu’il ne faisait pas toujours l’affaire des politiciens. On lui a maintes fois reproché son attachement à Guillaume Soro. Il était présenté par les ennemis de Soro comme celui là qui lui préparait le chemin. Evidemment, personne en Côte d’Ivoire n’ignore les ambitions de l’actuel président de l’assemblée nationale.  Du coup Korhogo devient  un enjeu politique pour ADO et le président de l’Assemblée nationale, tous les deux ressortissants du nord.

N’est-ce pas à Korhogo que le président Alassane Ouattara a véritablement déclaré sa candidature pour la présidentielle de 2015 au cours de sa récente tournée ?  Un fait a été aussi remarquable à Korhogo : pour l’une des rares fois Soro Guillaume a posé publiquement avec son épouse devant la presse. Ce fait a été interprété de diverses manières : SORO comme un chef d’Etat ! Korhogo est un donc un enjeu pour Soro et Alassane. On comprend alors ceux qui ont intérêt à éliminer Martin FOFIE KOUAKOU, l’homme de main de Soro Kigbafori Guillaume.

 

CHRISTOPHE DESGENS

 

Source: ECLAIR D'AFRIQUE

vendredi, 19 juillet 2013

OUATTARA VEUT FAIRE PASSER EN FORCE A L'ASSEMBLEE NATIONALE LA CONVENTION SUR L'APATRIDIE

 

SORO GUILLAUME. ASSEMBLEE NATIONALE.jpg

 

Ouattara veut faire passer en force, ce matin, à l'Assemblée nationale, la convention sur l'apatridie, devant servir de socle à l'adoption d'une loi pour introduire le droit de sol en Côte d'Ivoire.

 

Il est bien connu: les conventions et les traités internationaux régulièrement ratifiés ont une force supérieure à celle des lois internes. Lorsqu’un Etat adhère donc à un traité, il se voit automatiquement obligé de mettre ses lois en conformité avec ce traité. Or la Convention sur la réduction des cas d’apatridie que Ouattara va ratifier aujourd’hui par un passage en force, dispose en son article premier que: «Tout Etat contractant accorde sa nationalité à l’individu né sur son territoire et qui, autrement, serait apatride. Cette nationalité sera accordée de plein droit, à la naissance».

Depuis toujours, le RDR plaide pour le droit du sol et ses porte-voix n’ont de cesse de répéter que les étrangers venus des pays limitrophes, nés en Côte d’Ivoire doivent devenir Ivoiriens parce que leur pays d’origine ne les reconnaît plus comme étant ses ressortissants. Profitant donc de ce que ces personnes risquent d’être apatrides, la Côte d’Ivoire pourra donc leur attribuer gracieusement sa nationalité. Et le tour est joué. La France, réputée soucieuse du scrupuleux respect des droits de l’Homme, n’a jamais ratifié cette convention sur la réduction de l’apatridie. En ratifiant cette convention, Ouattara se donne une justification pour introduire le droit du sol dans la législation ivoirienne. Ce choix délibéré est en totale opposition avec les aspirations profondes des Ivoiriens qui ont toujours refusé le droit du sol en Côte d'Ivoire. 

MOBILISONS-NOUS POUR DÉNONCER L'IMPOSTURE!!!

ASSEMBLEE NATIONALE CI. HEMICYCLE.jpg


ORDRE DU JOUR DE L'ASSEMBLEE NATIONALE


Monsieur SORO K. Guillaume, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Mesdames et Messieurs les Députés se réuniront en séance publique, le Vendredi 19 Juillet 2013 à 10 heures, au Palais de l’Assemblée nationale.

I - Cette séance a pour ordre du jour, la délibération de l’Assemblée nationale sur les projets de loi suivants

1. Projet de loi de finances rectificative portant budget de l’Etat pour la gestion de l’année 2013;

2. Projet de loi portant Code des Postes;

3. Projet de loi portant sûreté et sécurité nucléaire et protection contre les dangers des rayonnements ionisants;

4. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, adoptée le 30 Janvier 2007 à Addis-Abeba (ETHIOPIE);

5. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Traité portant révision du Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA), adopté le 17 Octobre 2008 à Québec (CANADA);

6. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte Africaine de la Statistique, adoptée le 04 Février 2009 à Addis-Abeba (ETHIOPIE);

7. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte du Conseil de l’Entente, adoptée le 05 Décembre 2011 à Cotonou (BENIN).

II- Examen selon la procédure de discussion immédiate des projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier les Conventions suivantes :


• La Convention du 28 Septembre 1954 relative au statut des apatrides ;

• La Convention du 30 Août 1961 relative à la réduction des cas d’apatridie.

 

NB: Pourquoi la procédure de discussion immédiate pour ces deux conventions ???

 

Annexes


Convention relative au statut des apatrides 1954. PDF

Convention relative au statut des apatrides 1961. PDF

OUATTARA, CHAMPION DU MONDE DES VOYAGES DE CHEFS D'ETATS DU XXIème SIECLE: 19 VOYAGES EN 6 MOIS EN 2013

 

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Ouattara, 19 voyages en 6 mois en 2013 aux frais du contribuable.

 

Rien que pour les six (06) premiers mois de l’année 2013, Alassane Dramane Ouattara a effectué dix-neuf (19) voyages officiels et privés hors de la Côte d’Ivoire. C’est un record qui n’a été égalé nulle part ailleurs au monde, au XXIème siècle. En effet, bien qu’il n’ait été installé au pouvoir par l’armée française que le 11 avril 2011, aucun chef d’Etat au monde n’a effectué autant de voyages en dehors de son pays que Ouattara, depuis le début du troisième millénaire.

A l’échelle de la Côte d’Ivoire, la performance d’Alassane Dramane Ouattara prend des proportions plus exponentielles encore. Depuis l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance politique le 7 août 1960, aucun chef d’Etat ivoirien n’a accumulé une telle pléthore de voyages. Des observateurs avisés de la vie politique ivoirienne estiment même qu’en un peu plus de deux ans seulement (11 avril 2011-30 juin 2013), Ouattara a effectué plus de voyages hors du pays que Félix Houphouët-Boigny en trente-trois ans. Les totaux cumulés des voyages de Ouattara dans cette période dépassent la centaine.

Sous ce rapport des voyages des chefs de l’Etat ivoirien hors de la Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié et Robert Guéï font tout simplement figure de nains à côté d’Alassane Dramane Ouattara. Quant au président Laurent Gbagbo, il est de notoriété qu’il n’était pas un adepte des parades et de la vie de château dans les pays étrangers. Le nombre de ses voyages hors de la Côte d’Ivoire ne s’élève qu’à une dizaine, à peu près, en dix ans.

Afin que nul doute ne subsiste, voici la liste des voyages effectués par Ouattara au cours du premier semestre de l’année 2013.

-7 janvier 2013 : voyage officiel à Accra.

-10 janvier 2013 : voyage privé en France.

-15 au 17 janvier2013 : voyage officiel en République fédérale d’Allemagne, en provenance de la France. Retour à Abidjan le 18 janvier.

-25 au 29 janvier 2013 : voyage officiel à Addis-Abeba, en Ethiopie.

-16 février 2013 : voyage officiel à N’Djamena, au Tchad.

-21 au 23 février 2013 : voyage officiel à Malabo, en Guinée Equatoriale.

- 8 au 9 mars 2013 : voyage officiel au Bénin.

-10 mars 2013 : voyage officiel à Conakry, en Guinée.

-26 au 28 mars 2013 : voyage officiel en Afrique du sud.

-30 mars 2013 : voyage privé en France. Au cours de ce voyage, entretien de Ouattara avec François Hollande, à l’Elysée, le 11 avril 2013.

-30 avril 2013 : voyage officiel à Monrovia, au Libéria.

-12 au 14 mai 2013 : voyage officiel à Doha, au Qatar.

-14 au 15 mai 2013 : voyage officiel à Bruxelles, en Belgique, en provenance du Qatar.

-24 mai 2013 : voyage officiel à Addis-Abeba, en Ethiopie.

-31 mai au 3 juin 2013 : voyage officiel au Japon, en provenance d’Addis-Abeba.

-4 au 6 juin 2013 : voyage officiel en France, en provenance du Japon.

-7 au 9 juin 2013 : voyage officiel au Congo Brazzaville.

-14 au 17 juin 2013 : voyage officiel à Libreville, au Gabon.

-24 au 25 juin 2013 : voyage officiel à Yaoundé, au Cameroun.

Dix-neuf (19) voyages officiels et privés, au moins, en six (6) mois aux frais du contribuable ivoirien saigné à blanc. La moyenne s’établit à 3,16 voyages par mois. Alassane Dramane Ouattara consacre donc près de trois semaines et demie sur quatre par mois à ses voyages. Le total des jours passés dans les pays étrangers en six (6) mois s’élève à soixante-neuf (69), au moins, sans compter les heures passées dans les airs ou entre deux avions.

La perspicacité du lecteur n’a certainement pas manqué de noter que dans cette liste, un voyage peut en cacher un autre, exactement comme les poupées gigognes. Par exemple, Alassane Dramane Ouattara effectue un voyage officiel à Addis-Abeba, le 24 mai 2013. D’Ethiopie il s’envole le 31 mai pour le Japon d’où il atterrit à Paris le 4 juin. En quelques jours, le chef de l’Etat ivoirien a parcouru trois continents. Le voyage à Addis-Abeba en cache donc malicieusement deux autres.

Ouattara est un champion du monde incontestable, car pas un chef d’Etat n’approche ce record de deux mois et neuf jours de voyages en un semestre au XXIème siècle. Même les dérisoires festivités mondaines ou les foires de logorrhée comme le « New York Forum Africa » organisé du 14 au 17 juin à Libreville par Richard Attias, le mari de Cécilia Sarkozy, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, ont exercé un attrait irrépressible sur le chef de l’Etat ivoirien.

La récurrence vertigineuse des voyages d’Alassane Dramane Ouattara lui vaut le surnom de Magellan, du nom d’un navigateur et grand voyageur portugais du XVIème siècle. Ce surnom décerné au chef de l’Etat ivoirien par la presse satirique est si pertinent et lui colle si bien à la peau qu’il n’a eu d’autre choix que de feindre de se l’approprier, voire de le revendiquer. Non pas pour renoncer à ses excès de globe-trotter et à son train de vie dispendieux, mais pour prétendre abusivement qu’il est un Magellan dont le tour du monde enrichit le peuple ivoirien. Mais la tentative de transformation sémantique d’un surnom - Magellan - qui véhicule une représentation péjorative en son contraire est demeurée vaine.

Les clameurs enthousiastes de ses courtisans du Rassemblement des républicains (Rdr) et des médias à sa solde accompagnent systématiquement chaque voyage d’Alassane Dramane Ouattara. Et lorsque surviennent des civilités sur le perron d’un palais présidentiel ou royal, les jubilations des courtisans et le lynchage médiatique ont vite fait d’élever une poignée de main au rang de trophée exceptionnel hors de portée du commun des mortels. Ainsi, pour célébrer l’accueil de Ouattara au Qatar, Le Patriote l’anoblit presque et en fait l’égal d’un prince. « Comme un prince au pays des princes », s’enthousiasme, à la Une, le quotidien du Rdr. (Le Patriote, 13 mai 2013).

Mégalomanie et culte du m’as-tu-vu apparaissent indéniablement comme des fondements objectifs de la pléthore de voyages d’Alassane Dramane Ouattara. Ces activités de globe-trotter engendrent une gabegie sans nom pour un « pays pauvre très endetté » comme la Côte d’Ivoire. Pendant que Ouattara vole de palais en palais à coups de milliards, les conditions d’existence des ouvriers, des paysans pauvres et de l’ensemble des masses laborieuses ivoiriennes se dégradent chaque jour davantage. La terreur et la violence sanglante sont érigées en méthodes de gouvernement par le régime néofasciste pour servir l’impérialisme.

Le XXème siècle offre des exemples de dirigeants africains frappés de mégalomanie qui ont conduit des peuples dans l’abîme.

Jean Bédel Bokassa, l’autoproclamé maréchal et l’auto-couronné empereur de Centrafrique, s’imaginait qu’il entrerait dans la cour des grands en pleurant à chaudes larmes sur le cadavre de son « père » Charles de Gaulle ou en chassant l’éléphant avec Valérie Giscard d’Estaing dans la forêt tropicale.

Bokassa I ou encore Salah Eddine Ahmed Bokassa a fini comme Ubu roi, sous l’œil moqueur de ses maîtres impérialistes, y compris Giscard qu’il avait pourtant couvert de diamants.

Idi Amin Dada, un autre chef d’Etat atteint de folie des grandeurs, s’est cru l’égal de la reine d’Angleterre et des têtes couronnées qui comptent dans le monde, parce qu’il s’est autoproclamé « Dernier roi d’Ecosse » et s’est fait transporter dans une chaise à porteurs par quatre Britanniques. Il est mort en Arabie Saoudite, le seul pays où il a pu trouver refuge quand il s’est enfui d’Ouganda pour échapper à la colère du peuple.

La prétentieuse grenouille de la fable du Français Jean de La Fontaine (1621-1695) « n'était pas grosse en tout comme un œuf » mais elle voulait « se faire aussi grosse que le bœuf ». Alors, « Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille Pour égaler l'animal en grosseur(…)» Mais « La chétive Pécore S'enfla si bien qu'elle creva. » (Jean de La Fontaine. La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.)

Chacun dans son registre, Jean Bédel Bokassa et Idi Amin Dada n’étaient que des laquais sanguinaires auxquels l’impérialisme avait inculqué l’illusion d’une grandeur factice, celle des personnages de pacotilles. Bien des chefs d’Etats d’aujourd’hui mus par le narcissisme et la folie des grandeurs, - Alassane Dramane Ouattara n’est pas le moins concerné - plus commis voyageurs serviles et marionnettes que personnalités respectables, devraient méditer les verdicts implacables de l’Histoire qui se sont abattus sur Bokassa et Idi Amin Dada.

La veille de la publication de ces lignes - mardi 16 juillet 2013 - Alassane Dramane Ouattara s’est envolé le pour Abuja, au Nigéria et Lomé, au Togo. Il ne reviendra à Abidjan que le 19 juillet. Le tour du monde de Ouattara et ses cycles de voyages à tiroirs s’emballe de nouveau.

 

Une contribution de Deuxer Céi Angela - L’œil du juste.


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 17 juillet 2013

FRANCE - DES ASSOCIATIONS DENONCENT UN DEFILE NEOCOLONIAL LE 14 JUILLET

 

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Réunis à l’occasion d’une conférence tenue à Paris le 11 juin dernier, des militants de l’association Survie, de Sortir du Colonialisme et un activiste tchadien ont dénoncé l’organisation par la France le 14 juillet d’un défilé sur les Champs-Élysées mettant à l’honneur des troupes françaises et tchadiennes mobilisées dans la guerre au Mali.


« Ce défilé donne un parfum de victoire à une opération militaire qui est loin de pouvoir être présentée ainsi étant donné les nombreuses zones d’ombre qui l’entourent et les incertitudes qui demeurent sur son issue » a déclaré Fabrice Tarrit, Président de l’association Survie, rappelant que la France était probablement le pays le moins légitime pour intervenir au Mali, du fait de son passif historique dans la sous-région et de la succession d’interventions militaires qu’elle y a mené depuis 50 ans, contribuant à sa déstabilisation. Une publication de l’association, intitulée « La France en guerre au Mali : enjeux et zones d’ombre » apporte de nombreux éclairages sur ces aspects qui ont été jusque-là peu développés dans les médias.

Pour le Président de Survie, « sous couvert de mobilisation en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme, cette intervention sert clairement les intérêts politiques, économiques et militaires de la France au Mali. Un parallèle peut être dressé avec le défilé organisé par Nicolas Sarkozy en 2010, année de commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines, en présence de 10 chefs d’État africains. François Hollande perpétue cette politique, en prenant l’initiative sur des dossiers qui concernent avant tout les africains, en s’entourant d’un aréopage de chefs d’État et dictateurs alliés et en vantant l’ingérence militaire française sur le continent. »

« Cette intervention marque un échec », a renchéri David Mauger, lui aussi membre de Survie, « l’échec du multilatéralisme, tant il est flagrant que la France, concernant le Mali, a tenu le stylo pour toutes les initiatives, toutes les résolutions de l’ONU, qu’elle a dû constater l’incapacité opérationnelle des forces africaines de la Cedeao qu’elle est supposée renforcer depuis des décennies, et que par ailleurs elle n’a trouvé aucun partenaire pour intervenir au niveau de l’OTAN, peinant même à obtenir des soutiens européens à la mission de formation EUTM ». « Nous assistons à un retour du bilatéral entre la France et l’Afrique », a-t-il ajouté.

Ce retour du bilatéralisme est visible concernant la mobilisation des troupes tchadiennes au Mali, qui a fait l’objet de tractations diplomatiques entre la France et le Tchad, pays dirigé par le dictateur Idriss Déby et dont les forces armées sont réputées pour leurs violations des droits de l’homme et le recrutement d’enfants soldats. « La société civile tchadienne, est la victime principale de cette intervention militaire française appuyée par le Tchad » a relevé Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, soulignant la vague de répression qui a suivi ce début de retour en grâce de Déby sur le plan diplomatique, donnant lieu à de très faibles réprobations, de la France en particulier. « Je suis choqué et déçu que les troupes tchadiennes soient mobilisées pour défendre la liberté et la démocratie dans un pays étranger alors qu’elles les refusent à leur propre peuple », Le militant tchadien en a profité pour lancer un appel de soutien à Makaila Nguebla, blogueur poursuivi par le régime tchadien jusqu’au Sénégal, dont il a été récemment expulsé, actuellement en attente d’un visa pour la France.

Le porte-parole de Sortir du Colonialisme, Patrick Farbiaz a appuyé cette demande et exprimé sa préoccupation à propos du refus de visa subi récemment par l’écrivaine malienne Aminata Traoré, jusque-là considérée en France comme une interlocutrice de poids, mais victime de son discours discordant sur l’intervention militaire française.

Le mouvement Sortir du Colonialisme, qui a émis en février un appel intitulé « Mali : la politique de la canonnière n’est pas une solution » voit dans ce défilé du 14 juillet une relégitimation de l’ordre colonial, à travers la mise en scène d’une armée française intervenant en Afrique, de troupes africaines lavées de tout soupçon d’exactions, et plus globalement d’une Françafrique qui a adopté un nouveau look tout en restant dans le giron de l’Élysée, de l’Etat-major et des entreprises françaises. Le nouveau Livre Blanc de la Défense, redonne une légitimité d’intervention militaire française en Afrique, cautionnant cette « stratégie du gendarme ».

Ce défilé intervient en effet à mi-chemin entre deux dates importantes. Le lancement le 1er juillet de la MINUSMA, la mission onusienne censée prendre le relais de Serval pour « pacifier » le pays, au sein de laquelle la France conserve un rôle de commandement, disposant par ailleurs de sa propres force « parallèle » d’intervention. D’autre part la date prévue du premier tour de la Présidentielle malienne, le 28 juillet, date imposée par la France, qui avait menacé d’être « intraitable » selon les propres mots de François Hollande, alors que les conditions d’organisation de l’élection sont bien loin d’être réunies. A la veille de ce scrutin, alors que la France est très investie dans la course aux marchés pour la reconstruction du Mali, qu’elle engrange peu à peu, il y a fort à redouter que le régime qui sera issu de ce processus peine à conquérir une vraie légitimité, continuant ainsi à laisser la part belle à ceux qui, comme la France, ont décidé de maintenir le pays sous tutelle.

Les représentants de l’association Survie, en conclusion de la conférence de presse ont tenu à dénoncer le rôle autoproclamé de gendarme de l’Afrique que la France s’est octroyé au Mali et condamné l’ingérence politique, diplomatique et militaire dont elle a fait preuve depuis le déclenchement de la crise malienne, appelant à un départ des troupes françaises du pays et plus globalement du continent africain.

Un appel à la vigilance et à la mobilisation citoyenne a également été lancé en prévision de l’organisation à Paris les 5 et 6 décembre d’une conférence internationale consacrée à la sécurité en Afrique, initiative pilotée par la France et qui s’apparente à une nouvelle version des Sommets France-Afrique dont les prédécesseurs de François Hollande ont tous usé pour rassembler la « famille françafricaine ».

 

Survie.org


Source: TSIMOKI GASIKARA

mardi, 16 juillet 2013

CALIXTE BEYALA: LE MALI MIS SOUS TUTELLE

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ÇA SE MURMURE... ÇA NE SE DIT PAS À HAUTE VOIX.... Le Mali serait sous tutelle. Trop drôle car ça nous le savions déjà. Nous savions que l'intervention au Mali n'était qu’un prétexte à une ré-colonisation ; mais les Maliens semblaient si heureux en ce jour pas si lointain de janvier 2013 ! Ils disaient qu'ils nommeraient leurs mômes " Hollande-France " ou encore " François Mali Traoré Hollande." Il me souvient alors de les avoir rappelé à la plus grande des prudences concernant cette intervention. Il me souvient aussi que tout Africain qui appelait les Maliens à la plus grande prudence face à cette ré-invasion après cinquante ans des soi disant indépendances était mis à l'indexe, insulté et charrié par ces Maliens qui poussaient le ridicule jusqu'à porter des boubous bleu-blanc-rouge ! Ils n'avaient qu'une seule idée en tête : qu'on chasse les Touaregs, leurs propres frères !

Et bien, nous y voilà ! Le Mali est définitivement sous tutelle française pour X années, voire pour toujours ; je parie que les Touaregs auront une large autonomie pour ensuite avoir leur indépendance ! Tout çà, pour çà ? Quand les noirs comprendront qu'il conviendrait d'avoir un mauvais arrangement avec son compatriote que de faire appel à une force étrangère, alors ça sera déjà un grand pas vers la liberté, la dignité et l'épanouissement du continent.

En attendant, Hollande oblige les Maliens à faire un simulacre d'élection présidentielle, de manière à avoir un bon pantin - qui aura un semblant de légitimité - et qui pourra brader le peu de ressources du Mali sans qu'une voix ne proteste.

C'est le 14 juillet. Vive la France !


Calixte BEYALA

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Mali, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, mali, france, calixte beyala, le mali mis sous tutelle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 15 juillet 2013

LE DESESPOIR DU COMPORTEMENT OCCIDENTAL ET L'EXEMPLE SUD-AMERICAIN POUR L'AFRIQUE


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Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.


Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu'on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu'est l'UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu'on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !