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samedi, 22 juin 2013

LE MINISTRE TOURE AMARA SANS DETOURS: JUSQU’OU IRA OUATTARA AVEC CETTE DICTATURE DE L’EPEE?


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Le Docteur Touré Amara


Dans une interview exclusive parue à  «le quotidien d’Abidjan» du 10 Juin 2013, le Docteur Touré Amara, médecin, ancien Ministre, membre du secrétariat général du FPI, s’exprime sans détours sur la situation sociopolitique ivoirienne. Tout y passe: politique de rattrapage de Ouattara, la grande fracture sociale dans le pays, les déclarations malheureuses de Mamadou Koulibaly , le rôle de la France dans la crise ivoirienne et les conditions du retour des exilés. Une interview à lire et à partager.


Depuis que vous avez quitté le territoire ivoirien, l'on ne vous a plus entendu. Devrait-on comprendre que l'actualité de votre pays ne vous intéresse plus?

Je voudrais tout d’abord vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez pour m’adresser à vos lecteurs. Votre question m’amène à me demander si vous appréciez à sa juste valeur l’ampleur de la question de notre exil. Les responsables politiques que nous sommes dépassions le nombre de 200 cadres et chacun ne peut pas se lever et dire n’importe quoi et n’importe quand. Cela n’est pas responsable et c’est pour cela que nous sommes organisés en coordination du FPI en exil pour éviter la cacophonie. Nous sommes une quarantaine de Ministres, on trouve ici des PCA, DG, Directeurs Centraux et cadres supérieurs de différentes qualifications de l’administration ivoirienne. On ne peut pas avoir servi le pays à un tel niveau et dire que nous nous désintéressons de l’évolution de la vie publique chez nous à l’occasion d’un exil forcé malgré les dispositions pertinentes de notre constitution. Tout ce que je dis a été déjà dit et très souvent bien dit avant moi. Nous sommes en train d’écrire une page de l’histoire de notre pays et il ne faut pas laisser les amalgames de certains aventuriers troubler notre lecture. Je voudrais aussi vous rappeler que l’exil fait malheureusement partie de l’histoire des Peuples et des Hommes.

Vous qui avez appartenu au dernier gouvernement du président Gbagbo, que pouvez-vous dire aux Ivoiriens relativement à sa libération? En d'autres termes, Gbagbo sera-t-il libéré après cette vigoureuse sortie de l'Union africaine contre la CPI?

En tant que Ministre du dernier gouvernement du Président Gbagbo, la pire des choses que je lui souhaite est sa libération qui va en même temps LIBERER la Côte d’Ivoire. La sortie de l’Union Africaine (UA) contre la CPI intervient à un moment opportun mais je la trouve timide et pas très engagée. A mon sens, il aurait fallu réfuter ce Machin Raciste créé dans la logique dominatrice de l’Occident pour asservir l’Afrique et perpétrer  l’exploitation coloniale du continent. La précédente déclaration de Mme Zuma D. O. affirmant que la CPI ne fait pas partie de nos Normes Institutionnelles (UA) me sied mieux. Ainsi, l’UA devait demander la libération de tous les prisonniers Africains de cette prison Impérialiste et néo-colonialiste de La Haye. L’UA doit adopter la méthode chinoise qui consiste à se retirer et ne pas reconnaitre toutes ces organisations qui la méprise.

En tant que fils du nord, quels commentaires faites-vous de la politique de rattrapage initié par le régime Ouattara?

C’est une politique catastrophique et inacceptable pour la nation ivoirienne et pour les peuples du nord. En tant que fils du nord et musulman il y a un peu plus d’un an avant la déportation du Président élu Laurent Gbagbo, j’ai interpellé tous les imams et toutes les associations musulmanes du danger lié à ce transfèrement  forcé et illégal du CHEF, du FAMA à La Haye. J’ai rappelé tout ce que le président Gbagbo a fait pour la communauté musulmane et que leur silence n’était pas juste et justifié car le Révérend Evêque Desmond Tutu disait que dans une situation d’injustice si tu choisis d'être neutre, c’est que tu as choisi le camp de l’oppression. Aucun président, depuis Houphouët jusqu’à Laurent Gbagbo en passant par Bédié et Guéi, n’a eu à appliquer une telle orientation ethniciste, tribaliste, régionaliste et religieuse du pouvoir en Côte d’Ivoire. C’est vraiment malheureux et inapproprié pour un pays qui cherche à se réconcilier depuis une décennie. Je me demande pourquoi??? Il est de notoriété que Mr Ouattara ne connait pas la Côte d’Ivoire, son anthropo-sociologie, ses alliances, ses tabous, interdits et totems mais il est entouré des amis de son parti, de ses alliés et tout ce monde le laisse conduire une politique aussi ignoble. Dieu durcit de plus en plus le cœur de Pharaon. Est-ce pour le perdre? Le Pharaon Ivoirien est-il si inaccessible aux paroles des humains que nous sommes? L’histoire bégaie-t-elle? Veut-il reproduire 1963 car Houphouétiste ? Jusqu’où ira-t-il avec cette dictature de l’épée? L’adage ancien nous enseigne les limites de cette politique de l’épée.

Pour tous les cadres conscients du nord sans distinction de parti et de religion et au-delà d’eux tous les peuples du nord, il faudrait réfléchir aux conséquences néfastes de cette politique hasardeuse dite de rattrapage de Ouattara. Il faut avoir en mémoire que toute médaille a deux faces et s’attendre malheureusement au retour du bâton et rester humble et digne. Chez nous les Malinké, on dit: La vie, c’est aujourd’hui et demain et que le soleil d’un roi ne peut briller toute l’éternité. Nous avons à construire une NATION multi-ethnique, multiraciale, multiconfessionnelle et donc nous ne pouvons nous accommoder avec des pratiques archaïques de «rattrapage». La Côte d’Ivoire a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils sans distinction aucune pour un développement harmonieux équitable et durable.

Tout récemment, Mamadou Koulibaly a fait une sortie dans un journal Camerounais où il a déclaré que Gbagbo n'a pas gagné les élections présidentielles de 2010. Vous qui l'avez côtoyé, quelle analyse faites-vous de cette déclaration?

La récente déclaration de Mamadou Koulibaly dans le journal camerounais n’est pas une surprise, elle est dans l’ordre qu’il s’est fixé et qu’il poursuit. Pour essayer de le comprendre, il faut suivre un tout petit peu sa carrière politique fulgurante. Mamadou Koulibaly, un illustre inconnu dans le milieu politique Ivoirien, nous est présenté au niveau du Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien comme un nouveau membre de cette instance de direction du parti par le président Gbagbo. Il a été coopté par le président après le congrès de 1994 et il était le seul membre de la direction non investi par le congrès. A peine 5 ans plus tard, il fait de lui un Ministre de la république dans le gouvernement de Guéi. Un an après, il est élu député de Koumassi sans y mettre le pied. Et par la volonté de Laurent Gbagbo, il est bombardé président de l'Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Enfin, il est nommé 3ème Vice-Président du parti. Mamadou a gravi tous ces echelons sans faire ses classes et le FPI est une école avec sa culture de lutte. Le petit Madou jouit de la confiance absolue et de l’amitié du Président de la république et de la première dame Simone Ehivet Gbagbo. Mais paradoxalement, il n’est pas enthousiaste au travail. Au niveau du parti, il est absent pratiquement à toutes les réunions du secrétariat général, du secrétariat exécutif, du comité central. Au niveau du parlement, Madame la 1ère Vice-Présidente Agoh Marthe a assuré l’intérim tout le temps. Dans sa circonscription électorale, il n’y mettait jamais les pieds. Mamadou est un solitaire instable et ambitieux, disent ses contemporains. Il croit avoir la science infuse à cause de son agrégation en science économique et ne tolère pas la contradiction et il se croit le nombril du monde, il se croit un infaillible. Il affirme de manière péremptoire que Gbagbo n’a pas gagné les élections. Pourquoi n’a-t-il pas gagné les élections présidentielles de 2010? Aucune preuve scientifique pour un agrégé d’Université. Je ne suis pas le juge des élections, dit-il? Mais dans notre pays, il n'y a qu’un seul juge constitutionnel des présidentielles qui s’est prononcé et a déclaré Gbagbo vainqueur. Pourquoi met-il en cause le verdict du juge? Il se réfère a un panel réclamé par le président pour faire un recomptage des voix, pour éclairer les résultats. Ce recomptage des voix a-t-il été fait, oui ou non? C’est seulement ce résultat qui devait s’imposer à lui et non des décisions politiques farfelues. Cette sortie de Mamadou intervient à un moment qui n’est pas fortuit.

Regarder la période après le coup de Sarkozy; c’est lui qui annonce l’arrivée de Paul Yao Ndré pour la 1ère investiture de Ouattara. Ensuite, il tente en vain la caporalisation du FPI pour accompagner Ouattara. Et aujourd’hui, à quelques heures du verdict de l’audience de confirmation des charges, il fait cette sortie de route. Comme quoi, à chaque fois que Ouattara est en difficulté, il court au secours. Mamadou Koulibaly n’est pas le bouc émissaire de qui que ce soit. Depuis longtemps, il cherche à s’imposer comme alternative au président Gbagbo. C’est ce qui explique son comportement à Marcoussis et sa discourtoisie vis-à-vis d’Affi N’guessan, président du FPI. Peu après Marcoussis, son imam attitré, Doumbia et feu son père géniteur organisent des sacrifices et des prières pour qu’il devienne le prochain président de Côte d’Ivoire. Dès lors, le parricide du père Gbagbo a commencé. Comme Britus, il faut tuer le père et prendre la place. Il faut analyser et comprendre les déclarations et les actes posés par Mamadou Koulibaly sous le prisme de cette nouvelle vision à lui. Pourquoi a-t-il un tel comportement? Il semblerait qu’il soit soutenu par les Occidentaux comme alternative à Ouattara. Après avoir bénéficié 11 années durant de privilèges et honneurs du régime FPI, Mamadou ne peut ni vilipender le Président Gbagbo ni accuser le parti pour quelque raison que ce soit car dauphin constitutionnel, il était au cœur de l’appareil de décision et il n’a pas démissionné. Après la chute du régime, il est facile de jeter l’opprobre sur les autres et se présenter comme le leader parfait et infaillible. Si le président Gbagbo est à La Haye, Mamadou doit être dans la cellule voisine.

Si Simone se retrouve a Odienné dans mon village, Mamadou ne doit pas être loin de là. Si Affi et Sangaré sont en prison, Mamadou doit être aussi en prison. Si par la grâce divine, il est dehors, il devrait normalement se sentir dans les liens de la détention, moralement et psychologiquement tout au moins. Il ne faut pas vendre son âme au diable parce qu’on veut devenir quelqu’un. Il ne faut pas trahir son propre pays parce qu’on aspire à faire partie des servants de l’Occident. ALLAH, le très Miséricordieux, l’Omniscient, l’Omnipotent récompense toujours le bienfait et le bienfaiteur, il n’aime pas les ingrats et leur réserve un châtiment ici-bas et dans l’au-delà. Amina!

Quand est-ce que vous envisagez rentrer dans votre pays ?

Cette question est intimement liée à l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Côte d'Ivoire. En septembre 2002, mon domicile a été pillé à Bouaké par la rébellion. Ils ont emporté tout ce qui s’y trouvait et cinq véhicules. Ma clinique, l’une des plus grande et moderne de Bouaké, a subi le même sort. Tout a été vandalisé et aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Le 30 novembre 2010, avant la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, je répète: avant la proclamation des résultats, mes deux domiciles d’Odienné sont pillés et vandalisés par les mêmes rebelles et ils sont partis avec deux véhicules. Puis à la suite de la guerre postélectorale, mon domicile d’Abidjan est pillé en partie et est actuellement occupé par un chef rebelle, à la Riviera Synacassci. Trois véhicules ont été emportés. Tous mes comptes bancaires sont gelés. Je dois rentrer pour faire quoi? Comme tous les exilés, nous attendons l’aboutissement heureux et raisonnable des discussions entre le parti et le gouvernement pour revenir assumer notre rôle.

Quel est pour vous l'avenir de la Côte d'Ivoire avec Ouattara?

L’avenir de la Côte d’Ivoire avec Ouattara n’est pas du tout prometteur. C’est du remake. Politiquement, on veut nous ramener au monopartisme avec un parti unique tout-puissant et un chef qui a droit de vie et de mort sur ses sujets. Ce qui est inacceptable dans le contexte ivoirien actuel. Sur le plan économique, il s’agit de nous imposer encore une politique d’austérité comme en 1990-1993, avec la destruction de ce qui reste comme biens publics dans le portefeuille de l’Etat. On ne peut pas devenir un pays émergent en limitant de manière drastique le recrutement des enseignants, des médecins, des infirmiers et des sages-femmes à la Fonction publique. On ne peut pas se développer sans la création d’usines, or aujourd’hui, ce n’est pas le cas dans notre pays. On parle plutôt de licenciement massif et abusif. La politique d’endettement et des PAS ne peut nous conduire bien loin. Il s’agit de nous maintenir dans la politique de dépendance du FMI et de la Banque Mondiale, instruments de domination du capitalisme international. Il nous faut sortir de la philosophie occidentale du développement. Socialement, nous avons un pays divisé entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara et entre Musulmans et Chrétiens et la réconciliation ne bouge pas car on refuse d’affronter de manière courageuse les problèmes réels et on joue à un jeu de diversion. Il faut un forum de discussion directe entre le Président Gbagbo et Mr Ouattara pour tout mettre à plat et repartir du bon pied. L'ampleur de la fracture sociale est telle qu’il ne faut pas se leurrer.

Je vais terminer en vous racontant cette histoire réelle vécue à Accra, entre nous, exilés. Un jour, deux amis décident d’aller rendre visite à un autre. Comme par hasard, les deux qui ne sont pas malinké, s’habillent en boubou, portent un bonnet sur la tête et sont tous barbus, comme c’est quelquefois le cas, ici. Ils arrivent chez leur ami et trouvent au salon, son fils de 10 ans. Ils lui demandent où est son père. Le petit hésite à parler et ensuite leur répond que son papa est absent. Ensuite, il s’enfuit dans la chambre de sa tante pour lui dire que les assaillants en boubou sont venus demander après son papa et conseille à sa tante de ne pas dire où se trouve son père. Voilà jusqu’où peut nous amener cette lamentable politique de Ouattara.

Pensez que-vous que la France peut un jour lâcher celui qu'elle a imposé aux Ivoiriens?

L’adage dit que chaque peuple mérite le chef qu’il a. L’histoire de la France devrait plutôt nous inspirer dans la lutte que nous menons pour les libertés, la justice et la démocratie. Votre question nous ramène à la problématique du Maitre et de l’Esclave. Est-il possible que, pour se libérer de ses servitudes, l’Esclave demande au Maitre de l’aider à se libérer? Chaque peuple à son histoire et nous devons assumer la nôtre. Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, notre pays!


Propos recueillis par Simplice  Zahoui.


In le quotidien ivoirien "Le Quotidien d'Abidjan".

vendredi, 21 juin 2013

BOUSSO DRAME, LAUREATE DU CONCOURS NATIONAL D’ORTHOGRAPHE, REFUSE LE VISA DE LA FRANCE A CAUSE DU COMPORTEMENT VEXANT DU CONSULAT DE FRANCE!


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Il existe encore de la bonne graine et de la dignité en Afrique, DIEU soit loué! La nouvelle génération semble s'en porter garante. On peut encore espérer en un avenir prometteur et radieux pour l'Afrique. Merci, chère soeur Bousso Dramé, pour la force impétueuse de ce symbole que tu as si heureusement tenu à marquer. Fasse DIEU qu'il y en aie des millions comme toi, dans toute l'Afrique, pour la résurrection glorieuse et l'ascension de l'Afrique! Merci à toi. Fernand Dindé.

 

A Son Excellence, Monsieur le Consul Général, 
A Monsieur le Directeur de l’Institut Français du Sénégal, 

 

Mon nom est Bousso Dramé et je suis une citoyenne sénégalaise qui, en ce jour, a décidé de prendre sa plume pour porter haut et fort un message me tenant particulièrement à cœur. 

Par intérêt pour la langue de Molière, j’ai décidé de participer en Avril dernier, au Concours National d’Orthographe 2013, organisé par l’Institut Français, dans le cadre des Prix de la Francophonie. Le concours a réuni quelques centaines de candidats, âgés de 18 à 35 ans dans les Instituts Français de Dakar et de Saint-Louis ainsi que les Alliances Françaises de Kaolack et de Ziguinchor. A la suite de joutes portant sur un extrait de L’Art Français de la Guerre d’Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011, j’ai eu l’honneur d’être primée Lauréate dudit Concours. A ce titre, un billet d’avion Dakar-Paris-Dakar et une formation CultureLab en réalisation de film documentaire au Centre Albert Schweitzer m’ont été octroyés. 

Durant ma petite vie, je n’ai eu de cesse, tout en étant ouverte sur le monde dont je suis une citoyenne, de défendre ma fierté d’être noire et africaine. Il va sans dire que je crois résolument à l’avenir radieux de ma chère Afrique. Je suis également d’avis qu’il est impératif que les préjugés qui ont prévalu au sujet des Africains et de l’Afrique, du fait du passé colonial et de la situation contemporaine difficile de ce continent, soient révolus. Il est temps que les Africains se respectent eux-mêmes et exigent d’être respectés par les autres. Cette vision d’une Afrique généreuse et ouverte, certes, mais fière et ferme dans l’exigence du respect qu’on lui doit et qu’on ne lui a que trop longtemps refusé est une conviction forte qui me porte et me transporte, littéralement. 

Cependant, durant mes nombreuses interactions avec, d’une part,  certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. Pas une fois, ni deux fois, mais bien plusieurs fois! Ces attitudes, j’ai vraiment essayé de les ignorer mais l’accueil exécrable dont le Consulat de France a fait montre à mon égard (et à celui de la majorité de Sénégalais demandeurs de visas) a été la goutte d’eau de trop, dans un vase, hélas, déjà plein à ras bord. 

En personne authentique qui ne sait pas tricher, une décision difficile mais nécessaire s’est naturellement imposée à moi. Un voyage tous frais payés, fut-il le plus beau et le plus enchanteur au monde, ne mérite pas que mes compatriotes et moi souffrions de tels agissements de la part du Consulat de France. Une formation aussi passionnante soit-elle, et Dieu sait que celle-ci m’intéresse vraiment, ne vaut pas la peine de subir ces attitudes qu’on retrouve malheureusement à grande échelle sous les cieux africains. Par souci de cohérence avec mon système de valeurs, j’ai, donc, pris la décision de renoncer, malgré l’obtention du visa. 

Renoncer pour le symbole. 

Renoncer au nom de tous ces milliers de Sénégalais qui méritent le respect, un respect qu’on leur refuse au sein de ces représentations de la France, en terre sénégalaise, qui plus est.

Cette décision n’est pas une sanction contre des individualités, mais contre un système généralisé qui, malgré les dénégations de mes concitoyens, semble ne pas avoir l’intention de se remettre en cause. 

Par ailleurs, je trouve particulièrement ironique que l’intitulé partiel de la formation à laquelle je ne prendrai pas part soit : « La France est-elle toujours la Patrie de Droits de l’homme. Jusqu’à quel point les Français sont-ils des citoyens d’Europe, du monde? » Cela aurait, sans aucun doute, fait un intéressant sujet de documentaire vu d’une perspective africaine et j’espère, avoir l’occasion, par d’autres voies et moyens, de participer à une future formation CultureLab. 

Je tiens à remercier, l’Institut Français tout de même, pour l’initiative de ce concours, qui, à mon avis mériterait de continuer à exister, voire se tenir à fréquence plus régulière et ce, pour stimuler l’émulation intellectuelle entre jeunes Sénégalais et pour le plaisir des amoureux de la langue française, dont je fais partie. 

Madame la Préposée au Guichet du Consulat de France - je ne connais pas votre nom, mais je vous dis au sujet de ce visa dont je ne me servirai pas : Non, merci. 

Fièrement, sincèrement et Africainement vôtre. 


Bousso Dramé  

Consultante Internationale 
Récipiendaire de la Bourse d’Excellence du Gouvernement Sénégalais 
Récipiendaire de la Bourse d’Excellence Eiffel du Gouvernement Français pour les étudiants étrangers 
Diplômée de Sciences Po Paris, Master en Affaires Internationales 
Diplômée de la London School of Economics, MSc in International Political Economy 
Nominée “Global Shaper” par le Forum Economique Mondial 


Source: VIPEOPLES.NET

Me EMMANUEL ALTIT: «JE N’AI JAMAIS VU GBAGBO SE PLAINDRE»

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Un homme politique ivoirien bien connu a confié un jour à ses proches: «Si tu veux détester Laurent Gbagbo, évite de l’approcher». Traduction: Tous ceux qui approchent Laurent Gbagbo finissent par découvrir que tous les clichés répandus à son sujet ne sont que des affabulations dont l’unique but est de noircir son image. Maître Emmanuel Altit, qui n’était pas un proche de l’ancien chef de l’Etat ivoirien avant la crise postélectorale en côte d’Ivoire, est certainement de ceux qui ont découvert qui est réellement Gbagbo. De sorte que le regard qu’il pose sur lui dépasse largement celui que le professionnel du droit pose sur un simple client qu’il est chargé de défendre. 

Quand le célèbre avocat français parle de Laurent Gbagbo, on sent parfaitement qu’en quelques mois, il a cerné l’homme et en parle passionnément. « Je vais vous dire quelque chose qui, pour moi, signe sa personnalité, donne à voir sa vraie nature », promet-il d’emblée dans une vidéo publiée, mercredi dernier, sur le site internet de la radio Netherlands internationale (RWN). « Depuis qu’il a été transféré, depuis un an et demi, je ne l’ai jamais entendu se plaindre ; je ne l’ai jamais entendu dire des choses négatives sur tel ou tel ; je ne l’ai jamais entendu tenir des propos désobligeants », confie-t-il parlant de l’homme qu’il dit rencontrer « souvent chaque semaine ».

Lui qui précise qu’il était allé voir son actuel client quand celui-ci était encore emprisonné à Korhogo. «J’étais allé le voir en Côte d’Ivoire avec beaucoup de difficulté dans le nord lorsqu’il était incarcéré dans des conditions extrêmement difficiles », soutient Me Altit. Selon l’avocat, Gbagbo est « toujours positif, toujoursconstructif ». « C’est quelqu’un qui est dans la création, dans la vision ; il est espère que son pays et, au-delà, l’Afrique connaîtra un avenir meilleur et il y travaille », révèle Me Emmanuel Altit. Qui déplore d’ailleurs que les violations de droits de l’homme qui ont accompagné la destitution de Laurent Gbagbo n’aient pas cessé. « Les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire se poursuivent jusqu’à aujourd’hui », note-t-il. 


Augustin Kouyo, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: FACEBOOK

KADHAFI A FINANCE SARKOZY: LA CONFIRMATION


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Sarkozy-Kadhafi : l'interprète confirme le financement

 

Le diplomate Moftah Missouri, ancien interprète de Kadhafi, révèle ce soir, dans l’émission Complément d’enquête (France 2), avoir appris que le régime libyen avait versé « une vingtaine de millions de dollars » à Nicolas Sarkozy, à l'occasion de sa campagne de 2007.

 


Financement libyen de Sarkozy : un témoignage... par Mediapart

 

Le diplomate confirme l’authenticité du document officiel libyen dévoilé par Mediapart le 28 avril 2012. Selon cette note datée du 10 décembre 2006, la Libye avait décidé «d’appuyer la campagne électorale» de M. Sarkozy.

 

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Source: MEDIAPART

jeudi, 20 juin 2013

LA TUBERCULOSE, NOUVELLE «ARME DE GUERRE» CONTRE LES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS?


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Traité sans ménagement à l’hôtel du Golf par les hommes de Ouattara, l’ex-gouverneur de la BCEAO désormais exposé à la tuberculose.


L’entendement humain normal peine à concevoir cette éventualité. Et pourtant, un certain nombre de faits objectifs laissent croire que le régime d’Alassane Ouattara pourrait bien «confier» à la tuberculose le soin d’en finir avec certains d’entre les centaines de prisonniers politiques qui croupissent sans jugement dans ses prisons depuis plus de deux ans. Que l’on en juge.


Quelques jours après la révélation par le quotidien ivoirien L’Inter de la grave épidémie de tuberculose qui fait des ravages à la prison de Katiola – 25 personnes touchées dont 6 prisonniers politiques –, Le Nouveau Courrier en ligne est en mesure d’affirmer que la prison de Boundiali est aujourd’hui sous la même menace. Et ce qui menace les prisonniers politiques qui s’y trouvent – dont l’ancien chef de la diplomatie Alcide Djédjé et l’ex gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) Philippe-Henri Dacoury-Tabley – est le fruit des choix délibérés de l’exécutif ivoirien.

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Le document qui accuse

Tout est parti d’un prisonnier de droit commun dénommé Drissa Konaté, accusé de complicité de parricide, et détenu à Bouaké avant d’être transféré à Boundiali. Depuis plusieurs semaines, le jeune homme traîne un mal sévère, marche à peine, se déplace avec une boîte dans laquelle il crache sans arrêt. Assez vite, les médecins de l’hôpital de Boundiali, qui le suivent, et les membres de l’administration pénitentiaire, n’ignorent rien de ce dont il souffre, et du caractère notoirement contagieux de son mal. Mais ils n’en disent rien.

 Promiscuité

Drissa passe ses journées dans une cellule voisine de celle des prisonniers politiques. Et dort un peu plus loin, dans une cellule plus petite, en principe réservée aux mineurs, mais occupée – en l’absence de pensionnaires de moins de dix-huit ans dans la prison – par les « corvéables » (détenus commis à certaines tâches au sein de la maison d’arrêt). Il faut attendre qu’un des deux frères de Drissa tombe par hasard sur sa carte de traitement pour que les autres prisonniers soient informés de la réalité de l’affection qui ronge l’infortuné, et s’organisent pour l’isoler comme ils peuvent, tout en continuant de s’occuper de lui. Mais il est probablement déjà trop tard : le bacille de Koch a eu le temps de faire son œuvre… Et des mesures improvisées de mise en quarantaine ne valent pas grand-chose dans une telle atmosphère de promiscuité.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

DEBAT SUR LA CPI: LE RWANDA HUMILIE FATOU BENSOUDA

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A l’occasion d’un débat consacré à «l’indépendance» en Afrique, lors de la deuxième édition du New York Forum Africa 2013 à Libreville, au Gabon, le rôle joué par la Cour pénale internationale (Cpi) a été remis en question par la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Présente au débat qui a eu lieu le 15 juin dernier, la procureure de la juridiction internationale Fatou Bensouda a tenté de défendre l’institution judiciaire qu’elle dirige.



«La Cour pénale internationale a été créée par la communauté internationale qui n’est pas sous la houlette des grandes puissances». Cette déclaration est celle de Fatou Bensouda, la procureure de la Cpi, lors du débat placé sous le thème de «La route vers une nouvelle indépendance», au New York Forum Africa 2013, à Libreville, au Gabon, le 15 juin dernier. L’évènement, fondé et dirigé par Richard Attias, a rassemblé, pour cette deuxième session, pas moins de 1500 personnes, selon les organisateurs.

Présente au débat, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé les dirigeants de la Cpi d’être une organisation judiciaire créée spécialement pour traduire en justice les dirigeants et figures politiques africains. « Il n’est pas honnête de dire que la Cpi ne s’acharne pas contre l’Afrique. Je ne suis pas d’accord avec ma sœur Fatou Bensouda lance le chef de la diplomatie rwandaise. Un grand nombre d’Africains croit fortement à cette Cpi, mais il y a un vrai problème aujourd’hui». Un problème qui, selon elle, vient directement d’Europe. Elle accuse les Européens d’utiliser «cette Cpi» pour manipuler la politique africaine. Elle regrette que la Cpi «limite» son champ d’action en Afrique et affirme qu’en dehors des pays africains qui auraient fait appel à la Cpi, seuls deux pays du continent sont visés directement par la Cpi, dont le Soudan.

Fatou Bensouda reprend la parole après les applaudissements de la salle suite au discours de Mushikiwabo : «C’est malheureux qu’un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique». Selon la procureure, des dirigeants africains, au Mali, en Côte d’Ivoire ou encore en République démocratique du Congo, auraient fait appel à la Cpi pour intervenir dans leur pays. «Avec tout le respect que je dois à mon interlocutrice précédente (Louise Mushikiwabo, ndlr), nous savons que l’Afrique a poussé à la création de la Cpi !», a-t-elle lancé, avant de rappeler que «le premier pays à avoir ratifié le traité de Rome est un pays africain et il s’agit du Sénégal».

Pas question de baisser la garde. Après de telles affirmations, Mushikiwabo rebondit : «Ne dites pas que les Africains viennent vous voir (la Cpi) pour être jugés. C’est faux, car l’Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire !», a-t-elle rétorqué sur un ton énervé. Suite à cette conclusion, Bensouda a démenti l’exercice d’un colonialisme judiciaire de la part de la Cpi en Afrique.

Des personnalités de la société civile et politique en Afrique accusent l’Occident d’avoir créé la Cpi dans l’unique but de traquer les bêtes noires de l’Afrique. Fatou Bensouda a, au contraire, assuré que la Cpi a ouvert des dossiers dans d’autres pays hors du continent africain. Oui mais combien comparé aux nombreux dossiers judiciaires ouverts en Afrique par la Cpi ?

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: AFRIK53.COM

mercredi, 19 juin 2013

CORRUPTION ET MAUVAISE GOUVERNANCE SOUS OUATTARA: LES AVEUX DE BILLON METTENT LE POUVOIR A NU


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«Il y a un recours aujourd’hui auprès de l’Uemoa, la Justice a été saisie, il faut attendre sa réponse», a confié, samedi dernier, 15 juin 2013, à la presse, le ministre Jean-Louis Billon qui était présent à Libreville (Gabon) avec Alassane Dramane Ouattara, lors de la 2ème édition du forum économique New York Forum Africa. Le ministre ivoirien du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, évoquait ainsi l’attribution du 2ème terminal à conteneurs du Port autonome d’Abidjan au consortium français Bolloré Africa Logistics-APM (Maersk) et Bouygues Travaux publics.

Une concession dont il dénonce la procédure suspecte. Laissant entrevoir clairement des possibilités de corruption, de dessous-de table et de bakchichs entre des personnalités du régime Ouattara et le consortium Bolloré-Bouygues.

Dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire français «Le Nouvel Observateur» daté du 6 juin dernier, M. Billon affirme même: «Je ne serais pas surpris si demain on me disait qu’il y a eu des problèmes de gouvernance dans l’attribution du deuxième terminal». Une accusation à peine voilée à prendre très au sérieux d’autant qu’elle provient d’un membre du gouvernement Ouattara. Donc d’un sachant de poids. Mais également un homme d’affaires, dont le frère cadet David Billon était candidat à l’acquisition du 2ème terminal à conteneurs à travers la société Movis-Côte d’Ivoire qu’il dirige. C’est d’ailleurs cette entreprise et son partenaire NCT Necotrans qui ont porté plainte, le 26 mai 2013, contre le consortium Bolloré-Bouygues, auprès de la commission de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa). Cela à travers un courrier référencié Fair Value F017/D0479. Movis-Côte d’Ivoire et NCT Necotrans dénoncent des «pratiques anticoncurrentielles dans le cadre de la concession du 2ème terminal à conteneurs du Port d’Abidjan» ayant profité à Bolloré Africa Logistics-APM (Maersk) et Bouygues Travaux publics. De nombreux scandales…

En attendant que la commission de l’Uemoa ait le courage de trancher dans cette affaire qui indexe la mauvaise gouvernance du régime d’Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao, et les pratiques qui ont cours dans le microcosme de la Françafrique, il est nécessaire de noter que cette affaire constitue un nouveau scandale sous l’ère Ouattara. Un scandale que visiblement le régime ivoirien actuel a du mal à étouffer. C’est à juste titre qu’aucune réponse plausible n’est venue de la part du camp Ouattara pour confondre Jean-Louis Billon.

Même «l’allié» de Ouattara, le contesté Henri Konan Bédié, a brassé l’air en tentant de sous-estimer la gravité des révélations de Billon. «Tort ou pas tort (il parlait de Jean-Louis Billon, ndlr), je dis simplement que je ne connais pas le dossier en détail. Mais j’ai confiance au gouvernement auquel appartiennent les ministres Pdci, un gouvernement dirigé d’ailleurs, par un Premier ministre Pdci», a-t-il confié à la radio RFI, le mercredi 12 juin dernier. Peut-on accorder du crédit à des propos de soutien d’un ex-chef de l’Etat dont le régime a été épinglé pour avoir détourné 18 milliards fcfa de l’Union européenne? Comme sous Bédié, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan renoue, sous Ouattara, avec les scandales de mauvaise gouvernance.

Mais avant son arrivée à la Primature, le gouvernement Ouattara était déjà largement abonné aux scandales financiers et à la mauvaise gouvernance. Fait curieux, les ministres indexés dans ces affaires sales n’ont pas été limogés. Seul Adama Bictogo fut «sacrifié», au dire des sources proches du Rdr. Accusé pour détournement de fonds dans l’affaire des déchets toxiques, l’ex-ministre de l’Intégration africaine a été, contre toute attente, «blanchi» par le procureur de la République de l’époque, Simplice Kouadio Koffi. Quant aux ministres Kandia Camara et Sanogo Mamadou (affaire Celpaid), Anne-Désirée Oulotto (affaire Satarem) et Cissé Bacongo (affaire 110 milliards des Universités publiques), ils sont tous encore membres du gouvernement. Aucune procédure judiciaire n’a été ouverte contre eux pour savoir si les accusations sur leur compte sont fondées ou non. Alassane Ouattara, lui-même, n’en dit pas mot depuis environ deux ans.

La charte, une campagne démagogique

Le silence de Ouattara face à toutes ces affaires confirment l’opinion des observateurs avertis à propos de l’objectif visé à travers l’instauration de la charte d’éthique, le 9 août 2011. En effet, à cette date-là, Alassane Ouattara a fait signer, dans une ambiance de théâtralisation exacerbée, à chacun de ses ministres, une charte d’éthique et de bonne gouvernance déclinée en dix points. «Notre pays a souffert pendant trop longtemps de pratiques illicites qui ont porté atteinte à la crédibilité de notre gouvernement. La corruption, la course effrénée à l’enrichissement illicite, le trafic d’influence, les abus de biens sociaux, le népotisme, le clientélisme, les détournements en tous genres, ont été érigés en mode de gestion», a accusé M. Ouattara qui promettait même une rupture.

Moins d’un an plus tard, on découvrira que la charte et les déclarations mielleuses étaient tout simplement de la propagande sans lendemain visant, en vérité, à plaire à la communauté internationale qui a adoubé Alassane Ouattara après le renversement de Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, personne au sein du régime Ouattara ne parle de la fameuse charte d’éthique et de bonne gouvernance. Tout a été jeté aux oubliettes et les pratiques françafricaines faites de clientélisme, de corruption, de mauvaise gouvernance, etc. se sont totalement installées. Et le pays va désespérément à vau-l’eau.

C’est sans doute pour tenter de se désolidariser de cette débâcle que le ministre Billon donne de la voix. D’ailleurs, un de ses proches nous confiait récemment que «Jean-Louis Billon regrette de s’être associé au régime Ouattara».


In le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 18 juin 2013

AHOUA DON MELLO: «M. BILLON IGNORE LES RAISONS DE L'INTERVENTION MILITAIRE DE LA FRANCE»


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Ancien DG du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement), nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello s’est prêté aux questions de Africatime. Depuis son lieu d’exil, l’ancien porte-parole du dernier gouvernement Gbagbo fait des révélations sur les sujets de l’actualité ivoirienne.


Où vivez-vous actuellement ? Au Ghana, en Guinée Equatoriale, au Maroc… ?

Je suis un africain, je vis en Afrique.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui, après plusieurs longs mois hors de votre pays ?

En état de réflexion permanente sur le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique.

De quoi vivez-vous à l’étranger ? L’on vous dit à l’abri du besoin. Vrai ou faux ?

Pas d’importance. Je suis africain et je peux servir partout en Afrique.

Qu’est-ce qui vous empêche de rentrer aujourd’hui, quand on sait que plusieurs cadres de votre parti sont revenus au bercail et sont moins inquiétés ?

Je ne sais pas si on parle du même pays et du même régime. Sachez que comme la plupart des ministres de Gbagbo, un mandat d’arrêt international a été lancé contre moi et que Gbagbo est en prison à la Haye et 700 innocents sont torturés dans différents camps de concentration. Toute la haute direction du FPI est en prison.

N’avez-vous pas votre rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale ?

Je ne sais pas jouer sur un terrain surveillé par des chasseurs traditionnels prêts à tirer et avec des coéquipiers en prison. Si je savais jouer au jeu de chasse, je n’aurai certainement pas hésité.

Que pensez-vous du dialogue engagé entre le FPI et le pouvoir d’Abidjan ?

Faire connaître les attentes du FPI et ses solutions de sortie de crise.

Suite à la crise postélectorale, alors que vous étiez ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement Aké N’gbo, vous vous désolidarisez de vos collègues et prenez la clé des champs. Pourquoi avez-vous quitté votre pays pour l’exil ?

Je ne sais pas si vous étiez un observateur de la vie politique pendant la crise ou si vous racontez une histoire qui vous a été racontée par quelqu’un qui lui aussi a appris par quelqu’un d’autre. J’ai porté la parole du gouvernement jusqu’au 11 avril 2011 et j’étais là où je devais être pour porter la parole sans les autres ministres mais en rapport permanent avec le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’gbo et le Président Gbagbo ainsi que les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Je suis venu en exil lorsqu’un mandat d’arrêt était en préparation contre moi.

Un exercice de souvenir : Pouvez-vous nous dire quelle était l’ambiance dans la résidence du président Gbagbo jusqu’à ce que vous quittiez les lieux ?

Les uns priaient, d’autres géraient la situation de crise.

L’on a appris que le président Gbagbo aurait reconnu sa défaite et qu’il s’apprêtait à lire sa reddition à la télévision, et qu’il a été empêché par son épouse Simone Gbagbo et vous-même, M. Don Mello. Qu’en est-il ?

Les décisions étaient prises démocratiquement au sein du gouvernement. Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Quel a été le rôle de la France dans la crise ivoirienne ?

De maître d’ouvrage au début, elle est devenue maitre d’œuvre et prestataire de service au profit de M. Ouattara.

Qui des forces onusiennes, françaises et républicaines ont procédé à l’arrestation du président Laurent Gbagbo ? Y a-t-il eu des tractations ou pas ?

Exclusivement les forces françaises. D’abord par bombardement des jeunes patriotes devant la résidence du chef de l’Etat comme si pour la France les jeunes patriotes constituaient l’arme lourde du président Gbagbo, ensuite par bombardement de la résidence, enfin par bombardement du portail et pénétration des chars français ayant procédé à l’arrestation du Président et sa remise aux forces rebelles.

Dans quelle circonstance est décédé l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré Tagro ?

Tir à bout portant par les rebelles.

Que pensez-vous de la cohabitation entre les alliés du RHDP actuellement au pouvoir ?

Demandez-leur ce qu’ils en pensent eux-mêmes, chacun est libre de ses choix et prêt à assumer aussi les conséquences.

Les élections régionales et municipales couplées ont montré un fort taux de réussite pour les candidats indépendants. Qu’est-ce que cela explique, selon vous ?

Le peuple a tourné le dos au mensonge, au génocide, à l’expropriation des biens et des terres, et à la répression des innocents par des criminels en liberté.

Le boycott de votre parti de toutes les dernières élections en Côte d’Ivoire (législatives, municipales et régionales) est-il productif ?

Très productif. Il a confirmé que le peuple est avec lui et a tourné le dos aux génocidaires.

Pensez-vous qu’Alassane Ouattara soit capable de résoudre les problèmes des Ivoiriens (santé, éducation, chômage…)

Ce n’est pas sa préoccupation et la France ne l’a pas installé pour cette mission. Il est là pour garantir les intérêts de la France dans l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine) et ceux de ses financiers de sa longue guerre contre la Côte d’Ivoire.

Le chef de guerre Amadé Ouérémi de la forêt du Mont Péko a été arrêté. Faut-il féliciter les autorités ivoiriennes ?

Arrêter les complices, les coauteurs directs et indirects et libérer les terres des Wè (Ndlr: peuple localisé dans l’Ouest ivoirien).

Que pensez-vous de la décision des juges de la CPI de demander des informations complémentaires au procureur Fatou Bensouda ? Cela veut dire concrètement quoi pour vous ?

Que Gbagbo est innocent au vu du dossier constitué. Mais comme cela fragilise la position de la France qui a affirmé à l’ONU qu’elle a vu Gbagbo tirer sur son peuple. Elle a pu obtenir une résolution de l’ONU pour venir exterminer les jeunes patriotes et ouvrir la voie du Palais présidentiel aux chars français remplis de rebelles. La vérité peut avoir des conséquences graves sur la crédibilité de l’ONU et la responsabilité de la France dans les 3.000 morts ainsi que l’ONUCI qui a procédé au ramassage des cadavres pour une destination jusque-là inconnue. Il faut donc maintenir Gbagbo politiquement en prison à défaut de preuves. La recherche des informations complémentaires est une diversion et une posture politique. Bensouda a eu l’assistance de l’ONUCI, la force Licorne, le régime Ouattara et l’ambassade de France et des Etats-Unis sans résultat pendant deux ans. Que peut Bensouda pendant six mois ?

Laurent Gbagbo sera-t-il libre dans 10 mois ?

Il est libre de tout crime, le reste est politique. Il nous revient de faire connaître cette réalité au monde entier pour que Gbagbo soit libéré.

Le FPI souhaite un rapprochement entre lui et le PDCI, que pensez-vous de cela ?

C’est dans l’intérêt du PDCI (Ndlr: Parti de Henri Konan Bédié) de ne pas être complice du génocide et de l’expropriation économique de ses électeurs, et de se mettre à l’abri du jugement du peuple à l’heure venue. Et c’est de la responsabilité du FPI de rassembler toutes les forces politiques et démocratiques pour libérer la Côte d’Ivoire de l’occupation.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, Jean-Louis Billon a fustigé le contrat de cession du marché de l’extension du 2ème terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupe français Bolloré.

M. Billon ignore certainement les raisons de l’intervention militaire de la France dans le conflit et la mission du gouvernement auquel il appartient. Il s’en rendra compte avec le temps.

Les prochaines élections présidentielles se tiennent dans deux ans, le FPI doit-il participer en proposant un candidat ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour tant que les conditions ne sont pas réunies pour un jeu démocratique inclusif sans des chasseurs comme arbitres.


Entretien realisé par le Panafricain.com.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

ELLE ILLUSTRE UN ARTICLE SUR LA CPI ET GBAGBO – LA LEGENDE DE L’HEBDOMADAIRE «MARIANNE» QUI SUSCITE L’INDIGNATION


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Qu’est-ce qui peut bien se passer dans l’esprit d’un secrétaire de rédaction quand il illustre une photographie en tordant le cou à la légende originelle de l’agence qui a fourni l’image à sa publication et se lance dans des accusations douteuses qu’il est incapable de prouver? Son procédé est en tout cas similaire à celui du procureur de la CPI dont l’article qu’il «habille» dénonce justement la démarche…

 

L’article, publié dans la rubrique «Monde» de l’hebdomadaire français Marianne, est plutôt intéressant et équilibré. Intitulé « La justice internationale en procès», il revient, sous la plume d’Alain Léauthier, sur «le cas Gbagbo» qui révèle «toutes les insuffisances et les incohérences, de forme comme de fond, de la Cour pénale internationale, considérée par ses détracteurs comme une justice de ‘’vainqueurs’’». Donnant la parole à des membres de la communauté des défenseurs de la CPI et à Maître Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, il explique clairement que les éléments de Fatou Bensouda, procureur auprès de la CPI, et qui visent à démontrer la culpabilité de l’accusé ont «peu de valeur probante». Il met en lumière les contradictions de fond d’une démarche qui mêle allègrement juridique et politique. Notamment quand il relaie le point de vue de l’avocat Philippe Currat, secrétaire général du Barreau pénal international à Genève, selon lequel « faute de pouvoir établir clairement sa responsabilité dans les centaines d’actes délictueux, on déclare [Gbagbo] coresponsable de tout. »

Des traces de sang révélatrices

Dans ce contexte, la légende de la photo tenant lieu d’illustration principale de ce papier – un jeune homme uniquement vêtu d’un caleçon rouge gisant devant une patrouille de militaires attroupés autour d’une Jeep armée – apparaît comme particulièrement curieuse, en ce qu’elle relaie sans douter le «narratif» du bureau du procureur qui n’a justement pas convaincu les juges de la CPI. On peut lire en effet : « VICTIME D’UN MASSACRE PLANIFIE – Le corps d’un opposant à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo gît dans une rue d’Abidjan, le 2 avril 2011. Laurent Gbagbo est soupçonné d’avoir ordonné des exactions de masse, entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, afin de rester au pouvoir, malgré sa défaite électorale. »

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L’on se demande bien ce qui a inspiré le secrétaire de rédaction qui a rédigé ce petit texte – car il faut savoir que dans les magazines de cette importance, le choix de la « titraille », des photos et des légendes, ne relève généralement pas du rédacteur de l’article. Le Nouveau Courrier a cherché la légende originelle de cette photo dont l’auteur est Emmanuel Braun, de Reuters. Elle indique :«Des forces pro-Ouattara attendent. Au premier plan, un homme blessé, le 2 avril, à Abidjan.» Il n’est absolument pas mentionné que c’est «un opposant à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo».

En réalité, l’observateur attentif a toutes les raisons de croire que le jeune homme, qui semble avoir reçu au moins une balle dans la bouche (ou a été victime d’une lame particulièrement acérée), a la mâchoire explosé – comme l’ancien ministre de Gbagbo, Désiré Tagro, qui succombera d’un «traitement» similaire neuf jours plus tard –  et lutte – pour combien de temps encore ? – contre la mort, est une victime des «soldats pro-Ouattara».

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Les traces de sang que l’on peut voir sur la même image, prise d’un point de vue différent (ci-haut), permettent de se rendre compte que la victime a été «touchée» à deux pas de là où elle git et à trois pas de là où se trouvent les soudards des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Elle se vide lentement de son sang et on peut imaginer que sa mésaventure a eu lieu quelques minutes plus tôt. Ces événements se sont déroulés le 2 avril 2011 au corridor d’Abidjan Nord (Yopougon Gesco) momentanément tenu par des FRCI repoussées le même jour par les Forces de défense et de sécurité (FDS) nationales. Emmanuel Braun, l’auteur de la photo, était «embedded» avec les FRCI – il les suivait dans leur épopée militaire qui devait les conduire du Nord du pays au palais présidentiel d’Abidjan. L’attitude générale des «soldats» qui assistent à l’agonie de l’infortuné laissent à penser qu’il ne s’agit pas d’un des leurs, qu’il soit simple «opposant» civil ou milicien armé.

Un modus operandi typique des soudards pro-Ouattara

De plus, le jeune homme qui gît là a d’abord été déshabillé avant d’être grièvement blessé. Or, déshabiller les suspects avant de les soumettre à la «question» voire de les éliminer a fait partie du modus operandi des miliciens pro-Ouattara durant la crise post-électorale comme le montrent l’image qui suit, dont l’auteur est un photographe de l’agence américaine Associated Press. Le jeune homme menacé d’égorgement, et que l’on a souvent confondu avec celui que l’on voit sur la photo choisie par Marianne – en réalité, la scène se déroule dans la commune de Cocody, à la Riviera, sur la route d’Abatta, et non à Yopougon –, a lui aussi un boxer rouge.

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Une scène similaire – un homme dévêtu et martyrisé par les FRCI – a par ailleurs été filmée par une équipe de la chaîne de télévision Arte le 4 avril 2011, lors du « reflux » des forces pro-Ouattara dans le quartier de Yopougon Gesco, où la scène qui illustre l’article de Marianne s’est nouée…

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Bien entendu, tout ce background qui devait pour le moins inciter à la prudence est inconnu du secrétaire de rédaction qui a rédigé la légende catégorique de l’article de l’hebdomadaire français du samedi. Et son interprétation absolument discutable de la photo de l’agence Reuters témoigne des effets de la «clameur publique» et des préjugés ambiants sur un individu moyennement «informé». La légende de Marianne illustre en tout cas de manière assez ironique l’impasse conceptuelle dans laquelle les accusateurs de Gbagbo se trouvent aujourd’hui. Puisque c’est lui le «méchant» désigné par ceux qui structurent le «récit majoritaire», on lui attribue tout et n’importe quoi, sans trop y penser et sans rien vérifier. Et dès lors qu’un discours opposé, tout aussi légitime mais étouffé ou délégitimé, est convoqué à la barre, l’édifice narratif que l’on ne croyait plus nécessaire d’interroger ou de mettre en cause s’en trouve profondément ébranlé.

 

Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 17 juin 2013

ROLAND DUMAS CONFIRME LA PREPARATION DE LA GUERRE DE SYRIE DEPUIS 2010

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Intervenant dans l’émission « Ça vous regarde » (LCP), l’ancien ministre français des affaires étrangères, Roland Dumas, a indiqué avoir été démarché par les Britanniques en 2010 —c’est-à-dire avant le « printemps arabe »— pour soutenir une guerre contre la Syrie, dans l’intérêt d’Israël.
 
Les révélations de M. Dumas semblent confirmer notre hypothèse que l’attaque de la Syrie était prévue par les clauses secrètes du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010. Ce document, censé organiser la coopération militaire franco-britannique, comportait des clauses secrètes sur l’attaque de la Libye. Or, nous avons toujours souligné que les guerres de Libye et de Syrie avaient été planifiées simultanément.
 

 

MARCHE DES VICTIMES DE LA CRISE POSTELECTORALE IVOIRIENNE: LA HONTE ET LE MENSONGE DU SIECLE

 

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Avec un peu d’attention vous pouvez dénombrer ces obligés de Ouattara devant  Soro Alphonse,  mégaphone  en main.


Voilà, ce 17 Juin à Abidjan – Plateau, les personnes que Soro Alphonse a mobilisé avec ses 33 véhicules de ramassage, les T-Shirt pour appâter des désœuvrés et des miettes en guise de  prime. 

Et voici ce que écrit Agence de Presse Africaine (APA NEWS): "PLUSIEURS CENTAINES DE VICTIMEs de la violente crise postélectorale ivoirienne qui a fait de décembre 2010 à avril 2011 plus de 3.000 morts sont descendus lundi dans les rues d’Abidjan pour manifester leur colère suite à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’ajourner l’audience sur la confirmation des charges contre l’ancien Président, Laurent #Gbagbo pour insuffisance de preuves." [http://bit.ly/19dyO4r]

C'est un mensonge: en outre, sans vergogne, ils se permettent d'utiliser une image d'archive pour illustrer leur article. 

Soro Alphonse même CNNFox News, APA, AFP,… REUTERS ne pourront pas changer la réalité de la situation politique en Côte d’Ivoire.

«Où le mensonge commence et prend corps, où il cesse d'être le consentement à ce qui est, pour devenir le complice de l'erreur, je suis bien incapable de le dire».

Louis Aragon


Source: AFRIK53.COM


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Encore et toujours la même image du faux, venant du Kenya, pour illustrer l’appel de la honte de Soro Alphonse.

 

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On voit bien la touche Kandia Camara. Analphabétisme et mensonge, quand vous nous tenez. Pauvre Côte d’Ivoire!

JOURNEE DE L'INDIGNATION DU LUNDI 17 JUIN, UN VERITABLE FIASCO!

 

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Journée de l'indignation - Soro Alphonse: «Toutes les conditions sécuritaires sont réunies».


Soro Alphonse, député et initiateur de la « journée d’indignation » des victimes de Gbagbo contre la dernière décision de la Cour pénale internationale (Cpi), a confirmé, ce dimanche 16 juin 2013, la tenue de la manifestation prévue ce lundi 17 juin 2013 au Plateau. C’était lors d’une conférence au siège de l’Alliance pour le changement (Apc) à Cocody. Il a en outre, rassuré les Ivoiriens quant à l’aspect sécuritaire autour de cette importante manifestation. «Toutes les conditions sécuritaires sont réunies. Cette manifestation ne ressemblera pas à celle des jeunes Patriotes. Nous avons mené des actions auprès des autorités compétentes pour éviter tout désordre. En plus de cela, nous, victimes, sommes organisées afin de faire barrage aux éventuels infiltrés qui voudraient créer la chienlit. Nous sommes civilisés et tout se passera dans d’excellentes conditions. Les victimes se feront entendre dans le calme », a-t-il dit.


Service communication de l’Apc


Connectionivoirienne.net

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«Nous sommes civilisés et tout se passera dans d’excellentes conditions. Les victimes se feront entendre dans le calme», a dit Soro Alphonse. Et pour cause, les manifestants, 38 au total n’ont pas empêché l’après-midi de se dérouler normalement.

J'ai bien compté, à 13 h 30, lundi 17 juin Abidjan-Plateau. Les victimes alléguées de Gbagbo sont au nombre de 38 personnes s dans leurs tricots honteux.

Reparties en 2 groupes:

- 23 sont assis en face de l'ONI-Plateau, sous le soleil, visiblement des yambros abobolais; 

- Et 15 sont regroupés sous le petit arbre au Feu de CCIA. Ça fait honte!

Le guignol Soro Alphonse, rattrapé de Dramane Ouattara, qui ne connait pas la honte devait comprendrequ'on ne paralyse pas Abidjan avec 38 manifestants.

Dites-lui de venir chercher ses 38 Yambros Abobolais qui sont assis au feu de CCIA Abidjan-Plateau. Tous les passants se moquent d'eux.


Alain Doh Bi

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Selon notre correspondant, un groupuscule de personne s’est retrouvé devant le palais de justice à Abidjan. Suite à l’appel lancé par Alphonse Soro, ces personnes se réclamant être des victimes du président Laurent GBAGBO, était environ une cinquantaine.

Il faut rappeler que le président Laurent GBAGBO, a été déporté a la Haye suite au coup d état perpétré par Alassane Dramane Ouatarra, avec l’aide de la France de Nicolas Sarkozy.
Alphonse Soro avait lancé un appel à mobilisation suite à la déclaration de la chambre préliminaire 1 de la CPI, qui demandait au procureur Bensouda Fatou de fournir encore plus de preuves.

Apres, le fiasco de la mobilisation du jour, nous comprenons aisément que le président Laurent GBAGBO est victime de conspiration, d’affabulation et est une monnaie d’échange face aux intérêts du moment, car son dossier est vide.

Mais si cette non-manifestation due à la très très faible mobilisation traduisait simplement que le bon coupable des crimes post électoraux court toujours et n’a pas encore été arrêté par la justice.


Ainsi donc si ce n’est pas Gbagbo le véritable coupable, qui est-ce?


J’espère que Fatou Bensouda me répondra...


Damana Adia Pickass

Le camouflet: Mobilisation des victimes du "génocidaire" Gbagbo!


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Si tu ne connais pas la honte, regarde le RDR-Rébellion agir!!!

Annoncée à coups de renforts médiatiques, la grande marche des soi-disant victimes de Gbagbo lancée par Soro Alphonse et ses suiveurs a accouché d'une souris.

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Voici les victimes de Gbagbo! Il n'y a pas de quoi conduire quelqu'un à la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Bientôt, la marche des victimes de Dramane Ouattara.

Le monde entier verra où se trouve le camp des victimes de la crise.

Honte au RDR!!!


Joël Curtis

côte d'ivoire,journée de l'indignation lundi 17 juin,soro alphonse,«toutes les conditions sécuritaires sont réunies»,le camouflet: mobilisation des victimes du génocidaire gbagbo!

Retranchez les vendeuses, les passants, les coxers et les Yambros convoyés d'Abobo (J'ai filmé les gbakas déversés les yamboros abobolais http://youtu.be/-V1KLBhHNdA). Dites-moi combien de victimes il y avait à cette honteuse manifestation des victimes alléguées de Gbagbo.

Mais, dès demain la presse pro Ouattara va nous parler des milliers de manifestants. J'ai bien compté à 13H30mn. Il n'avait que 38 malheureux manifestants attendant de rentrer honteusement à chez eux.

Soro Alphonse, le rattrapé ethnique de Ouattara avait prévu une paralysie d'Abidjan, ce 17 juin 2013. Voici la preuve que le régime Ouattara repose sur un groupuscule d'excités criminels de guerre que la France et l'ONU maintiennent au pouvoir dans le sang et la répression en Côte d'Ivoire.

 

Deboutciv

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 16 juin 2013

STEPHANE RICHARD, UN INSTIGATEUR VA TOMBER

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Un des instigateurs de premier plan les plus zélés de l'embargo criminel européen sur les médicaments destinés à la Côte d'Ivoire, de la fermeture des banques françaises, en 2011, et du pillage des fonds déposés par les Ivoiriens dans lesdites banques, est aujourd'hui au ban des accusés, en France, pour "escroquerie en bande organisée". Comme quoi, il y a un DIEU de justice! Ce n'est que le début de la tourmente et de la descente aux enfers. Qui vivra, verra. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 
Il se passe actuellement en France, un événement qui devrait réjouir les ivoiriens. Leurs bourreaux d’hier, sont, lentement mais sûrement, en train payer. Chacun à sa manière. J’étais loin de m’en douté et je ne m’en serais jamais douté. Il faut dire que pour établir ce rapport entre l’affaire Tapie et la Côte d’Ivoire, il faut être un sage de la vie politique ivoirienne. Au sens où il faut être connecté et à cheval entre ce qui se passe en France et en Côte d’Ivoire. Il faut connaitre les deux milieux et connaitre ses ennemis comme aime à le dire cet ami dont je parle. Sans cela on croira que, les gens agissent, font le mal et rien ne se passe. Dieu serait injuste de laisser prospérer les grands criminels de notre époque. 

Non, il ne s’agit pas de Christine Lagarde. Elle est aussi éclaboussée et cela sert notre cause. Mais pour l’heure il s’agit de son directeur de cabinet du temps où elle était ministre de l’économie et des finances en France. Il s’agit de Stéphane Richard. Ce monsieur est Président Directeur Général de Orange, l’une des plus grosses entreprises de France et il a été aussi reconduit par le gouvernement de François Hollande pour service rendu à la nation française. Voila ce qui a été dit sur ce monsieur dans le courant de cette semaine: «Affaire Tapie: Stéphane Richard mit en examen pour escroquerie en bande organisée». À un si haut niveau de responsabilité les autorités judiciaires françaises ne joueraient pas avec les mots. Les juges pèsent bien leurs mots dans cette sentence. Et imaginez avec qui ce monsieur constituerait « cette bande organisée »? Nicolas Sarkozy, l’hyper président à son temps et sa ministre seraient-ils hors de cette bande, ignoreraient ce que Stéphane Richard tramait dans leur dos avec les milliards des contribuables français? Nous nous interrogeons. C’est une somme trop importante qui rend dérisoires les misères de Claude Guéant pour que le sommet de l’Etat ignore les contours de l’affaire et n’en ait pas fixé les règles. Il a même déjà indiqué que l’Elysée était le lieu des réunions de stratégie.

Pour notre part, si la justice française devait aller jusqu’au bout dans cette affaire de détournement sans se sacrifier sur l’autel de la raison d’Etat qui limite quelque peu trop la démocratie dans cet Etat français qui s’en gargarise artificiellement, elle devrait punir la « bande organisée de criminels » qui n’est pas à son premier forfait avec l’affaire Tapie. Ce monsieur est la cheville ouvrière de toute cette machination qui a obtenu de l’Union Européenne l’embargo sur les médicaments et la fermeture de toutes les banques en Côte d’Ivoire pendant la crise dite postélectorale. La cupidité de Stéphane Richard et sa Bande organisée ne se limitait pas seulement à mener une guerre sauvage de prédation en Afrique. Il pompait aussi dans les caisses de l’Etat français pour le compte de qui on sait. 
 

Joseph Marat


LA RAISON FONDAMENTALE DE LA GUERRE FAITE A LA COTE D'IVOIRE: LE TRAITEMENT DE LA QUESTION RELATIVE A LA PREFERENCE NATIONALE

 

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Emission "Raison d'Etat" du 5 mars 2011.


Au moment où monsieur Alassane Ouattara lance son projet relatif à la nationalité et dans peu de temps au code foncier rural, nous vous remettons les différentes séquences de l'émission «Raison d'Etat» consacrée à la résistance ivoirienne le 5 mars 2011 animée par Hermann Aboa qui recevait monsieur NYAMIEN Messou N'Guessan, ministre du travail.

Dans cette émission, l'invité démontre que les différentes crises ivoiriennes depuis une vingtaine d'années sont liées à la volonté de la France et des pays de la sous-région de faire de la Côte d'Ivoire, un Etat qui n'appartient à personne. Ce qui implique une modification profonde des lois sur la nationalité.


Séquence 1:

Après avoir défini les notions de base telles la Nation, l'Etat, le Patriotisme, le Nationalisme, monsieur NYAMIEN Messou N'Guessan a expliqué, en situant l'évolution de la Côte d'Ivoire dans son contexte historique, que la crise ivoirienne est un réajustement de politique coloniale de la France.


Séquence 2:

Il a expliqué que la crise ivoirienne tient essentiellement à 2 raisons :

- Un réajustement de politique coloniale de la France ;

- La volonté de la France de revenir aux paradigmes de gouvernance d'Houphouët.

Il montre que la question centrale est le traitement de la question de la préférence nationale. C'est donc en toute logique, si on suit son raisonnement, que monsieur Ouattara qui est en mission s'attaque aux textes relatifs à la nationalité et au foncier rural.


Séquence 3:

Monsieur NYAMIEN Messou N'Guessan a développé les implications de la question de la préférence nationale. Il a invité les Ivoiriens à ne pas se tromper car la crise ivoirienne n'est pas une banale crise post-électorale. Cette crise est liée au contrôle des richesses. Pour cela, il a fait remarquer que le coup d’État de 1999 et le coup d’État de 2002 tiennent aux mêmes raisons et la crise post-électorale n'est que l'ultime étape de ces deux coups d'Etat.

LE COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE EN COLERE: «IL FAUT QUE MME FATOU BENSOUDA ARRETE DE CHOISIR "SES" VICTIMES A ELLE»

 

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Le collectif des victimes de Duékoué interpelle la Cour pénale internationale.



En arguant d’une insuffisance flagrante de preuves contre le Président GBAGBO, la chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale de La Haye a pris une décision juste et courageuse qui dévoile à la face du monde entier toute la laideur de la méchanceté et de la haine que des hommes peuvent nourrir à l’endroit de leur prochain.

Prenant acte d’une si judicieuse et importante décision, le collectif des victimes de Duékoué voudrait saluer ici la juge de la CPI, son courage et son sens de l’honneur car s’agissant d’honneur, celui de la CPI même est largement entamé dans les consciences et dans les cœurs de l’opinion internationale. Nous voulons saluer ici aussi la détermination et l’expertise de Maître ALTIT, de son équipe et de toutes ces bonnes volontés des quatre coins du monde qui n’ont point ménagé leurs efforts pour qu’on en arrive là, avant la victoire finale. Leur refus de cautionner l’immoralité est, selon notre perception, un vibrant hommage aux grands hommes que sont Abraham LINCOLN, Victor SCHOELCHER, Martin L. KING, Kwame NKRUMAH ou plus près de nous, Nelson MANDELA.

Cela étant dit, à Madame la Procureure de la CPI, nous réitérons notre pressant appel de Duékoué: il faut que Madame Fatou BENSOUDA arrête de choisir «ses» victimes à elle. Le sang des innombrables victimes de la rébellion ivoirienne continue de crier, à n’en point finir, en nos cœurs et en nos consciences.

Dernièrement, nous sommes revenus de Duékoué avec d’autres images d’horreur : à Duékoué, à l’entrée de cette ville (en venant de Daloa), à seulement quelques mètres du poste des Frci et du camp des soldats marocains de l’ONU, gît un charnier (de nombreux ossements sous une bâche), juste derrière un campement d’allogènes (cf. vidéo ci-jointe). Sous un acacia, à deux cents mètres sur la droite de l’usine de cacao COPASAG, vue de face (cf. photo ci-jointe). De quand date un tel charnier? Mars ou Avril 2011, massacre de Nahibly en Juillet 2012 ou exécutions sommaires par des dozo ou des Frci? Attendons le carbone de datation de la CPI pour le savoir, si cette Cour veut bien se décider enfin d’entendre le cri des victimes que nous sommes. Néanmoins, des investigations que nous avons faites, il ressort, à quinze kilomètres à la ronde de ce sinistre charnier qu’en Mars et Avril 2011, beaucoup de personnes d’ethnie guéré qui fuyaient les massacres de Duékoué ont été descendues des véhicules de transport public par les rebelles, emmenées dans les brousses et sont portées disparues à ce jour.

En outre, les ossements sous la bâche sont tellement nombreux, dont certains dispersés par les bêtes sauvages que nous en avons conclu, à la vue de seulement trois crânes humains, que ce sont plus de trois personnes qui ont été froidement exécutées en cet endroit. Des personnes restées à ce jour sans sépulture, dans une totale indifférence d’allogènes vivant près de ce charnier mais aussi au nez et à la barbe des Frci et des soldats marocains qui bien des fois, ont hâtivement joué les croque-morts à Duékoué pour masquer l’ampleur des dégâts humains commis par leurs rebelles d’amis. Notre étonnement et notre indignation s’adressent aussi à ces O.N.G. tellement instrumentalisées, qui ont été informées de l’existence de ce charnier mais se sont tues jusqu’ici sans rien faire d’autre, quand on sait naguère leur activisme et leur nuisance en faveur de la rébellion que refusaient le Président GBAGBO et le peuple ivoirien, depuis 2002.

Oui, Madame la Procureure de la CPI, de grâce, nos appels à vous sont si nombreux que nous nous en trouvons dérangés. Dérangés au point de ne plus vouloir vous laisser dormir. Sinon, nous-mêmes, nous n’aurons pas de repos, tellement nos morts sont nombreux et que refusant toute sorte de vengeance encore moins de résignation, nous attendons toujours que justice soit faite pour tous ceux-là qui sont tombés là où un simple recomptage des voix électorales en Décembre 2010 aurait suffi et bien avant eux, toutes ces nombreuses victimes occasionnées par une rébellion sauvage que la France et l’ONU ont créée, entretenue et protégée pendant au moins dix ans! Et puis, tenez, Madame la Procureure de la CPI, il faut que vous sachiez que ce dernier charnier découvert est bien peu par rapport à tous ces nombreux compatriotes qui ont été exterminés dans les forêts et les brousses de l’ouest ivoirien par les rebelles que vous refusez d’interpeller, mangés qu’ils ont été par les bêtes sauvages et leurs ossements dispersés, n’ayant pas eu la chance, eux, d’avoir été recouverts par une bâche comme c’est ici le cas, dans la vidéo ci-jointe.

Pourtant, c’est bien vous, Fatou BENSOUDA, qui déclariez, en Février dernier sur un ton péremptoire, ceci : «Nous ne sommes pas ici pour savoir qui a gagné les élections de 2010 en Côte d’Ivoire ou qui les a perdues!», comme si cela avait été dicté à la personnalité judiciaire que vous êtes, par on ne sait quel quidam. Or le monde entier vous regarde et s’étonne que vous vous acharniez sur une personnalité que vous accusez d’assassinats contre cent soixante six (166) personnes sur votre total mensonger et inacceptable de trois mille (3000) morts. Quand entendrez-vous les vrais responsables des autres morts dont le nombre réel est honteusement sous-évalué par la communauté internationale qui a attaqué notre pays? Une communauté internationale qui a applaudi quand ici, en Février 2011, l’Union Européenne et l’Organisation Mondiale de la Santé ont occasionné des morts par centaines en décrétant un embargo sur les médicaments à destination de la Côte d’Ivoire et que des banques françaises, par le banditisme colonial, se sont permises de ne pas donner aux travailleurs de ce pays leur propre argent, s’immisçant grossièrement dans le contentieux électoral ivoirien?

Madame la Procureure, les occasions pour réhabiliter la Cour Pénale Internationale existent et elles foisonnent en Côte d’Ivoire : libérez GBAGBO maintenant et venez vite en Côte d’Ivoire, menez des enquêtes dignes de ce nom et réconciliez l’opinion internationale tout vrai démocrate avec votre Cour et ce sera déjà ça de gagné pour tous ces esprits ténébreux qui considèrent nos vies pour moins que rien, sans quoi nous serons toujours fiers, en tant que victimes de la méchanceté des hommes, d’être des humains mais alors profondément déçus et gênés d’être des Africains noirs, comme vous.

En méditant la décision de la juge de la CPI à l’endroit du Président GBAGBO, veuillez bien, Madame la Procureure, faire ce bond qualitatif qu’attendent les démocrates du monde entier pour se réconcilier avec les terminologies lexicales que tous ces néo-impérialistes accordent sous nos yeux aux mots de justice, de paix, de démocratie et de civilisation car leurs faux concepts, plus que jamais, sont les vrais problèmes de l’humanité. Seules de vraies enquêtes de votre part peuvent aider ou contribuer à la restauration de ces principes violés par la pensée et l’action nuisibles des impérialistes qui veulent nous imposer leur vision fâcheuse, dérangeante et décadente du monde.

Tout sauf votre respect, Madame la Procureure, nous vous remercions de votre attention pour cet autre appel à votre endroit.

 

Pour les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly)

Emmanuel CALEB, le 10 Juin 2013.

samedi, 15 juin 2013

LES CONTRE-VERITES DE BEDIE: MARCOUSSIS N'A PAS ABROGE LA CONSTITUTION

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«Il s’agit des dispositions qui ont été prises à l’époque. Mais l’âge de 75 ans a été aboli, au niveau de l’Etat, de l’élection présidentielle à Marcoussis. Pour le prochain congrès, il s’agit de faire comme au niveau de l’élection présidentielle. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de limite d’âge pour la vie politique», répond Aimé Henri Konan Bédié à la question posé par le journaliste de Rfi relativement à la limite d’âge inscrite dans les textes de son parti concernant la présidence du Pdci.

Ainsi, pour Bédié, Marcoussis lève le verrou pour qu’il n’y ait plus de limite d’âge en politique. C’est bien une façon de dire tant qu’il est en vie, il pourra toujours demeurer à la tête de son parti, peu importe la force physique. Le président du Pdci évacue donc tout le doute sur son désir de se porter encore candidat au prochain congrès de son parti.

Bédié a raison, car un parti politique est une association privée. C’est une cuisine interne qui ne concerne que les militants de son parti. Si ceux-ci veulent d’un président à vie, ils s’inscriront dans cette dynamique à leur congrès. Mais il n’est pas normal que Bédié établisse un lien avec l’élection présidentielle. Car Marcoussis avait fait des faveurs momentanées et de façon exceptionnelles en raison de la crise.

Quand le président du Pdci se réfère à Marcoussis, cela voudrait dire que Marcoussis se substitue désormais à la loi fondamentale, la Constitution ivoirienne. Marcoussis ne régit pas le fonctionnement de la Côte d’Ivoire. La preuve, après Marcoussis, Laurent Gbagbo a fait usage de l’article 48 de la Constitution pour permettre à Ouattara d’être candidat de façon exceptionnelle.

Pour dire que Marcoussis ne doit pas servir d’éternelle boussole au fonctionnement de la Côte d’Ivoire. Qu’un ancien président de la République raisonne de la sorte, c’est faire preuve de méconnaissance de son pays et des lois qui le régissent. En tout état de cause, Marcoussis peut abolir la limite d’âge, mais l’être humain peut trouver que ses forces le lâchent et renoncer à un poste.

On l’a vu au Cameroun avec Amadou Ahidjo qui a quitté le pouvoir. En Afrique du Sud, Nelson Mandela s’est contenté d’un seul mandat, avant de renoncer au pouvoir. Tout près de nous, au Ghana, Jerry Rawlings a laissé le pouvoir. Au Sénégal, Léopold S. Senghor a su partir de la présidence de la République. Pourtant, ces personnes avaient la possibilité de mourir au pouvoir, mais elles ont trouvé qu’elles n’avaient plus l’énergie nécessaire pour rester à la tête de l’Etat.

C’est sur la présidentielle de 2015 qu’on attendait une clarification du Pdci. Est-ce que le Pdci, le plus vieux parti, aura un candidat ? «La politique, c’est l’art de l’impossible. Ce qu’on ne peut pas imaginer peut être la réalité». Telle est la réponse du président Bédié. Ce qui voudrait dire que, pour lui, il est fort possible que le Pdci ne présente de candidat pour la présidentielle 2015. C’est là une autre façon de dire que le Pdci peut s’abstenir de présenter un candidat en 2015.

Le raisonnement de Bédié donne raison à ceux qui le soupçonnent de vouloir liquider le Pdci au profit de la candidature d’Alassane Ouattara. Il veut préparer le terrain pour permettre à Ouattara de s’adosser au Pdci afin de se maintenir au pouvoir.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 Juin 2013.


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

vendredi, 14 juin 2013

MANDELA, LE SYMBOLE D'UN «OECUMENISME» AMBIGU, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

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« Il est temps de le laisser partir ». La « Une » de l’hebdomadaire sud-africain Sunday Times traduit très clairement l’état d’esprit des compatriotes de Nelson Mandela alors qu’il semble cheminer lentement vers sa destination éternelle. Dans une atmosphère d’effervescence médiatique assez glauque, les télévisions du monde entier multiplient les directs devant l’hôpital dans lequel il est interné. Le décès à venir de Nelson Mandela – comme hier celui du pape Jean-Paul II ou du leader palestinien Yasser Arafat – est un événement programmé depuis de nombreuses années par les plus grands médias de la planète, qui ont déjà préparé des centaines de minutes de biographies et de papiers d’angle pour les uns, et des hors-série quasiment prêts à être mis sur le marché pour les autres.

Normal, d’un certain point de vue. Nelson Rolihlala Mandela est une icône globale. De son vivant, il a été érigé au rang d’icône laïque universelle. Il le mérite amplement. Cela dit, l’œcuménisme politique qui l’entoure a quelque chose de profondément ambigu. Certes, un seul homme peut jouir du respect et de l’admiration de personnes qui ont des points de vue opposés sur quasiment tous les sujets. Mais en grattant un peu, l’on s’aperçoit vite, en général, que ce ne sont pas les mêmes raisons qui motivent les différentes cohortes de «fans».

- L’Afrique révère Nelson Mandela, le héros intransigeant du combat contre l’apartheid, acceptant de rester en prison durant 27 longues années et refusant d’abandonner la lutte armée tant que l’inique système de ségrégation raciale qui règne sur son pays n’aura pas été démantelé. Que pensait le leadership occidental du Mandela de ces années-là ? Les Etats-Unis se hâtaient d’inscrire le nom de son parti sur la liste des organisations terroristes – l’ANC n’en sera ôtée qu’en 2008. Un député britannique conservateur Teddy Taylor affirmait sans sourciller que Mandela devait « être abattu ». Jacques Chirac, maire de Paris, traitant l’ANC de parti tribal xhosa, quelques mois après l’assassinat aujourd’hui classé sans suites de Dulcie September, sa représentante à Paris. Au moins jusqu’à la fin des années 1980, le premier président de l’Afrique du Sud non raciale était loin d’être un symbole consensuel en Occident. Certes, des progressistes courageux comme l’ancien président Jimmy Carter combattaient, en cohérence avec leurs valeurs, l’odieuse politique ayant cours en Afrique du Sud. Mais les conservateurs de tout poil soutenaient, expliquaient, toléraient ou « comprenaient » l’inacceptable.

- L’Afrique admire le Nelson Mandela qui, en 1997, brave l’embargo aérien qui frappe la Libye de Muammar Kadhafi. Et qui répond aux critiques de Washington par une phrase catégorique et emplie de dignité : « Aucun Etat ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire. » Que pensent donc de ce Mandela ceux qui, aujourd’hui, estiment qu’ils sont dans leur bon droit quand ils « interviennent » en Libye, en Côte d’Ivoire, en Syrie, semant au passage un chaos qu’ils font semblant de ne pas voir ? Il est évident qu’ils sont plus « confortables » avec le symbole muet auprès duquel ils ont tous accouru ces dernières années pour une photo-souvenir. Dans l’espoir d’attirer à eux un peu de lumière.

- L’Afrique respecte Nelson Mandela parce qu’il a su partir, contrairement à ses «tyrans éternels» accrochés au pouvoir après plusieurs décennies, et alors qu’ils sont tellement sclérosés qu’ils ne peuvent plus rien apporter à leurs peuples. Mandela a su passer la main et a, par voie de conséquence, renforcé son parti et fait avancer les notions d’alternance et de modernité politique dans son pays. En principe, l’Occident n’a rien contre cet « art de savoir partir ». Mais il se trouve que les alliés sûrs de la diplomatie française en Afrique – pour prendre un exemple –  sont souvent des hommes qui ont détricoté la Constitution de leurs pays pour pouvoir s’imposer au-delà des termes légaux. En Afrique de l’Ouest, le médiateur attitré est le Burkinabé Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 suite à un coup d’Etat doublé d’un assassinat politique. L’homme fort de l’Afrique centrale est le Tchadien Idriss Déby Itno, qui a conquis le pouvoir à la suite d’une rébellion victorieuse en 1990. Et les Africains se demandent pourquoi la permanence du Zimbabwéen Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe irrite plus, au-delà de la mer Méditerranée, que celle du Camerounais Paul Biya.

- La question de la gestion de la réconciliation en Afrique du Sud concentre à elle seule un grand nombre de « malentendus » au sujet de la perception de Mandela. Les Africains ont plébiscité la formule « vérité-pardon-réconciliation » parce qu’elle leur semblait à même de triompher du cycle de la violence, des représailles et des affrontements à caractère plus ou moins ethnique. En restituant aux peuples, dans la sérénité, la complexité de leur Histoire. Les Occidentaux ont, eux aussi, glorifié la formule de « sortie de crise » sud-africaine. Et pourtant, ils considèrent qu’ailleurs en Afrique, la « justice transitionnelle » telle que pratiquée par Mandela, reviendrait à consacrer « l’impunité ». Inspirés par l’Occident et ses ONG, les tribunaux pénaux internationaux spécialisés sur le Rwanda et la Yougoslavie puis la Cour pénale internationale sont-ils autre chose (et en dehors de toute référence morale) que des « petits Nuremberg » viciés dès le départ, chargés de professer un « plus jamais ça » sélectif et de graver dans le marbre des « récits nationaux » faussés toujours favorables à ceux auprès de qui la « communauté internationale » s’est battue ? Si Mandela avait, à l’image d’un Alassane Ouattara, arrêté son prédécesseur, laissé scalper sa blanche épouse dans sa Résidence, jeté tous les ministres du gouvernement précédent dans des prisons sommaires loin des leurs, pillé les biens de ses opposants, fait occuper leurs résidences, traqué leurs soutiens financiers… aurait-il été adoubé comme l’actuel chef de l’Etat ivoirien l’a été et continue de l’être ? En réalité, Mandela est devenu un héros consensuel en Occident tout simplement parce qu’il a épargné les Blancs et a préservé leurs intérêts économiques. C’est pourtant cette modération qui a préservé la paix et le « vivre ensemble » que certains Africains réprouvent et voudraient voir « corrigée ».

« Pourquoi aimez-vous Nelson Mandela et que lui reprochez-vous éventuellement ? » : posée à un maximum d’hommes politiques, de capitaines d’industrie et de citoyens ordinaires du monde entier, cette question mettrait en lumière le grand malentendu qui flottera sur le concert de louanges excessif donc insignifiant qui commencera dès que Dieu rappellera à Lui « Madiba ».


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

TOUSSAINT ALAIN: «OUATTARA EST UN DESTABILISATEUR», «L'AFFAIRE GBAGBO A LA CPI EST UN DOSSIER POLITIQUE»

 

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J'étais l'invité lundi (10 juin 2013) de «L'entretien du jour» sur TéléSud. Voici l'intégralité de l'émission présentée par Adile Farquane.

Cordialement.

Toussaint Alain


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USA-RUSSIE: DROGUE, PETROLE ET GUERRE

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Les USA ont émergé comme la grande puissance mondiale suite à la chute de l’Union soviétique. Imposer leur suprématie sur l'ex-URSS est devenu une de leurs priorités. Coups d'état, pressions, guerres : ils n'ont renoncé à rien pour y parvenir. Lors d'une conférence à Moscou, Peter Dale Scott a analysé cette stratégie de domination et son financement par les drogues et le pétrole. (IGA)

 

J’ai prononcé le discours suivant à une conférence anti-OTAN, qui fut organisée à Moscou l’année dernière. J’étais le seul intervenant états-unien lors de cet événement. On m’y avait convié suite à la parution en russe de mon livre Drugs, Oil, and War – un ouvrage jamais traduit en français, contrairement à La Route vers le nouveau désordre mondial et à mon dernier livre, La Machine de guerre américaine –. [1] En tant qu’ancien diplomate préoccupé par la paix, j’étais heureux d’y participer. En effet, il me semble que le dialogue entre les intellectuels états-uniens et russes soit moins sérieux aujourd’hui qu’il ne l’était au paroxysme de la guerre froide. Pourtant, les dangers d’une guerre impliquant les deux principales puissances nucléaires n’ont visiblement pas disparu.

En réponse au problème des crises interconnectées que sont la production de drogue afghane et le jihadisme salafiste narco-financé, mon discours exhortait les Russes à coopérer dans un cadre multilatéral avec les États-uniens partageant cette volonté —malgré les activités agressives de la CIA, de l’OTAN et du SOCOM (pour US Special Operations Command) en Asie centrale—. Cette position divergeait de celles des autres intervenants.

Depuis cette conférence, j’ai continué de réfléchir en profondeur sur l’état dégradé des relations entre la Russie et les États-Unis, et sur mes espoirs légèrement utopiques de les restaurer. Malgré les différents points de vue des conférenciers, ils avaient tendance à partager une grande inquiétude sur les intentions états-uniennes envers la Russie et les anciens États de l’URSS. Cette anxiété commune se fondait sur ce qu’ils savaient des actions antérieures des États-Unis, et de leurs engagements non tenus. En effet, contrairement à la plupart des citoyens de ce pays, ils étaient bien informés sur ces questions.

L’assurance que l’OTAN ne profiterait pas de la détente pour s’étendre en Europe de l’Est est un important exemple de promesse non tenue. Évidemment, la Pologne et d’autres anciens membres du Pacte de Varsovie sont aujourd’hui intégrés au sein de l’Alliance atlantique, tout comme les anciennes Républiques socialistes soviétiques de la Baltique. Par ailleurs, des propositions visant à faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN sont toujours d’actualité, ce pays étant le véritable cœur de l’ancienne Union soviétique. Ce mouvement d’extension vers l’Est fut accompagné d’activités et d’opérations conjointes alliant les troupes US aux forces armées et sécuritaires de l’Ouzbékistan —dont certaines furent organisées par l’OTAN—. (Ces deux initiatives commencèrent en 1997, sous l’administration Clinton.)

Nous pouvons citer d’autres ruptures d’engagements, comme la conversion non autorisée d’une force des Nations Unies en Afghanistan (approuvée en 2001 par la Russie) en une coalition militaire dirigée par l’OTAN. Deux intervenants critiquèrent la détermination des États-Unis à installer en Europe de l’Est un bouclier antimissile contre l’Iran, refusant les suggestions russes de le déployer en Asie. Selon eux, cette intransigeance constituait « une menace pour la paix mondiale ».

Les conférenciers percevaient ces mesures comme des extensions agressives du mouvement qui, depuis Washington, visait à détruire l’URSS sous Reagan. Certains des orateurs avec qui j’ai pu échanger considéraient que, pendant les deux décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, la Russie avait été menacée par des plans opérationnels des États-Unis et de l’OTAN pour une première frappe nucléaire contre l’URSS. Ils auraient pu être exécutés avant que la parité nucléaire ne soit atteinte, mais ils ne furent évidemment jamais mis en œuvre. Malgré tout, mes interlocuteurs étaient persuadés que les faucons ayant voulu ces plans n’avaient jamais abandonné leur désir d’humilier la Russie, et de la réduire au rang de tierce puissance. Je ne peux réfuter cette inquiétude. En effet, mon dernier livre, intitulé La Machine de guerre américaine , décrit également des pressions continuelles visant à établir et à maintenir la suprématie des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les discours prononcés à cette conférence ne se limitaient en aucun cas à critiquer les politiques menées par les États-Unis et l’Alliance atlantique. En effet, les intervenants s’opposaient avec une certaine amertume au soutien de Vladimir Poutine pour la campagne militaire de l’OTAN en Afghanistan, qu’il avait exprimé le 11 avril 2012. Ils étaient particulièrement révoltés par le fait que Poutine ait approuvé l’installation d’une base de l’Alliance atlantique à Oulianovsk, située à 900 kilomètres à l’est de Moscou. Bien que cette base ait été « vendue » à l’opinion publique russe comme un moyen de faciliter le retrait états-unien d’Afghanistan, l’un des conférenciers nous assura que l’avant-poste d’Oulianovsk était présenté dans les documents de l’OTAN comme une base militaire. Enfin, les intervenants se montraient hostiles aux sanctions onusiennes contre l’Iran, qui étaient inspirées par les États-Unis. Au contraire, ils considéraient ce pays comme un allié naturel contre les tentatives états-uniennes de concrétiser le projet de domination globale de Washington.

Mis à part le discours suivant, je suis resté silencieux durant la majeure partie de cette conférence. Cependant mon esprit, voire ma conscience, sont perturbés lorsque je songe aux récentes révélations sur Donald Rumsfeld et Dick Cheney. En effet, immédiatement après le 11-Septembre, ces derniers ont mis en œuvre un projet visant à faire tomber de nombreux gouvernements amis de la Russie —dont l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran—. [2] (Dix ans plus tôt, au Pentagone, le néoconservateur Paul Wolfowitz avait déclaré au général Wesley Clark que les États-Unis disposaient d’une fenêtre d’opportunité pour se débarrasser de ces clients de la Russie, dans la période de restructuration de ce pays suite à l’effondrement de l’URSS. [3]) Ce projet n’a toujours pas été finalisé en Syrie et en Iran.

Ce que nous avons pu observer sous Obama ressemble beaucoup à la mise en œuvre progressive de ce plan. Toutefois, il faut admettre qu’en Libye, et à présent en Syrie, Obama a montré de plus grandes réticences que son prédécesseur à envoyer des soldats sur le terrain. (Il a tout de même été rapporté que, sous sa présidence, un nombre restreint de forces spéciales US ont opéré dans ces deux pays, afin d’attiser la résistance contre Kadhafi puis contre Assad.)

Plus particulièrement, l’absence de réaction des citoyens des États-Unis face au militarisme agressif et hégémoniste de leur pays me préoccupe. Ce bellicisme permanent, que j’appellerais le « dominationisme », est prévu sur le long terme dans les plans du Pentagone et de la CIA. [4] Sans aucun doute, de nombreux États-uniens pourraient penser qu’une Pax Americana globale assurerait une ère de paix, à l’image de la Pax Romana deux millénaires auparavant. Je suis persuadé du contraire. En effet, à l’instar de la Pax Britannica du XIXe siècle, ce dominationisme conduira inévitablement à un conflit majeur, potentiellement à une guerre nucléaire. En vérité, la clé de la Pax Romana résidait dans le fait que Rome, sous le règne d’Hadrien, s’était retirée de la Mésopotamie. De plus, elle avait accepté de strictes limitations de son pouvoir dans les régions sur lesquelles elle exerçait son hégémonie. La Grande-Bretagne fit preuve d’une sagesse comparable, mais trop tard. Jusqu’à présent, les États-Unis ne se sont jamais montrés aussi raisonnables.

Par ailleurs, dans ce pays, très peu de monde semble s’intéresser au projet de domination globale de Washington, du moins depuis l’échec des manifestations de masse visant à empêcher la guerre d’Irak. Nous avons pu constater une abondance d’études critiques sur les raisons de l’engagement militaire des États-Unis au Vietnam, et même sur l’implication états-unienne dans des atrocités telles que le massacre indonésien de 1965. Des auteurs comme Noam Chomsky et William Blum [5] ont analysé les actes criminels des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ils ont peu étudié la récente accélération de l’expansionnisme militaire états-unien. Seule une minorité d’auteurs, comme Chalmers Johnson et Andrew Bacevich, ont analysé le renforcement progressif de la Machine de guerre américaine qui domine aujourd’hui les processus politiques des États-Unis.

De plus, il est frappant de constater que le jeune mouvement Occupy se soit si peu exprimé sur les guerres d’agression que mène ce pays. Je doute qu’il ait même dénoncé la militarisation de la surveillance et du maintien de l’ordre, ainsi que les camps de détention. Or, ces mesures sont au cœur du dispositif de répression intérieure qui menace sa propre survie. [6] Je fais ici référence à ce que l’on appelle le programme de « continuité du gouvernement » (COG pour « Continuity of Government »), à travers lequel les planificateurs militaires US ont développé des moyens de neutraliser définitivement tout mouvement antiguerre efficace aux États-Unis. [7]

En tant qu’ancien diplomate canadien, si je devais retourner en Russie, j’en appellerais de nouveau à une collaboration entre les États-Unis et ce pays afin d’affronter les problèmes mondiaux les plus urgents. Notre défi est de dépasser ce compromis rudimentaire qu’est la détente, cette soi-disant « coexistence pacifique » entre les superpuissances. En réalité, cette entente vieille d’un demi-siècle a permis —et même encouragé— les atrocités violentes de dictateurs clients, comme Suharto en Indonésie ou Mahamed Siyaad Barre en Somalie. Il est probable que l’alternative à la détente, qui serait une rupture complète de celle-ci, mène à des confrontations de plus en plus dangereuses en Asie —très certainement en Iran—.

Néanmoins, cette rupture peut-elle être évitée ? Voilà que je me demande si je n’ai pas minimisé l’intransigeance hégémoniste des États-Unis. [8] À Londres, j’ai récemment discuté avec un vieil ami, que j’avais rencontré durant ma carrière diplomatique. Il s’agit d’un diplomate britannique de haut rang, qui est un expert de la Russie. J’espérais qu’il aurait modéré mon évaluation négative des intentions des États-Unis et de l’OTAN contre ce pays. Or, il n’a fait que la renforcer.

Ainsi, j’ai décidé de publier mon discours agrémenté de cette préface, qui est destinée aussi bien aux citoyens US qu’au public international. Je pense qu’aujourd’hui, le plus urgent pour préserver la paix mondiale est de restreindre le mouvement des États-Unis vers l’hégémonie incontestée. Au nom de la coexistence dans un monde pacifié et multilatéral, il faut donc raviver l’interdiction par l’ONU des guerres préemptives et unilatérales.

Dans cet objectif, j’espère que les citoyens des États-Unis se mobiliseront contre le dominationisme de leur pays, et qu’ils en appelleront à une déclaration politique de l’administration ou du Congrès. Cette déclaration :

1) renoncerait explicitement aux appels antérieurs du Pentagone faisant de la « suprématie totale » (« full spectrum dominance ») un objectif militaire central dans la politique étrangère des États-Unis ; [9]

2) rejetterait comme étant inacceptable la pratique des guerres préventives, aujourd’hui profondément enracinée ;

3) renoncerait catégoriquement à tout projet états-unien d’utilisation permanente de bases militaires en Irak, en Afghanistan ou au Kirghizstan ;

4) réengagerait les États-Unis à mener leurs futures opérations militaires en accord avec les procédures établies par la Charte des Nations Unies.

J’encourage mes concitoyens à me rejoindre afin d’exhorter le Congrès à introduire une résolution dans ce but. Initialement, une telle démarche pourrait ne pas aboutir. Cependant, il est possible qu’elle contribue à recentrer le débat politique US vers un sujet qui est selon moi urgent et peu débattu : l’expansionnisme des États-Unis, et la menace contre la paix globale qui en découle aujourd’hui.

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Discours à la conférence d’Invissin sur l’OTAN
(Moscou, 15 mai 2012)

 

Avant tout, je remercie les organisateurs de cette conférence de me permettre de parler du grave problème qu’est le narcotrafic d’Afghanistan. Aujourd’hui, il constitue une menace aussi bien pour la Russie que pour les relations entre ce pays et les États-Unis. Je vais donc discuter de politique profonde selon les perspectives de mon livre Drugs, Oil, and War, mais aussi de mon dernier ouvrage (La Machine de guerre américaine ) et du précédent (La Route vers le nouveau désordre mondial ). Ces livres analysent notamment les facteurs sous-tendant le trafic de drogue international ainsi que les interventions US, deux phénomènes préjudiciables à la fois au peuple russe et au peuple états-unien. Je parlerai également du rôle de l’OTAN dans la facilitation des stratégies visant à établir la suprématie des États-Unis sur le continent asiatique. Mais d’abord, je voudrais analyser le trafic de drogue à l’aune d’un important facteur, qui s’avère déterminant dans mes livres. Il s’agit du rôle du pétrole dans les politiques asiatiques des États-Unis, et également de l’influence d’importantes compagnies pétrolières alignées sur les intérêts de ce pays, dont British Petroleum (BP).

Derrière chaque offensive récente des États-Unis et de l’OTAN, l’industrie pétrolière fut une force profonde déterminante. Pour l’illustrer, songeons simplement aux interventions en Afghanistan (2001), en Irak (2003) et en Libye (2011). [10]

J’ai donc étudié le rôle des compagnies pétrolières et de leurs représentants à Washington —dont les lobbies—, dans chacune des grandes interventions des États-Unis depuis le Vietnam dans les années 1960. [11] Le pouvoir des compagnies pétrolières US nécessiterait quelques explications à un public venant de Russie, où l’État contrôle l’industrie des hydrocarbures. Aux États-Unis, c’est pratiquement l’inverse. En effet, les compagnies pétrolières tendent à dominer aussi bien la politique étrangère de ce pays que le Congrès. [12] Ceci explique pourquoi les présidents successifs, de Kennedy à Obama en passant par Reagan, ont été incapables de limiter les avantages fiscaux des compagnies pétrolières garantis par la « oil depletion allowance » —y compris dans le contexte actuel, où la plupart des États-uniens sombrent dans la pauvreté—. [13]

Les activités US en Asie centrale, dans des zones d’influence traditionnelles de la Russie telles que le Kazakhstan, ont un fondement commun. En effet, depuis une trentaine d’années (voire plus), les compagnies pétrolières et leurs représentants à Washington ont montré un grand intérêt dans le développement, et surtout dans le contrôle des ressources gazières et pétrolières sous-exploitées du bassin Caspien. [14] Dans cet objectif, Washington a développé des politiques ayant eu comme résultat la mise en place de bases avancées au Kirghizstan et, pendant quatre ans, en Ouzbékistan (2001-2005). [15] Le but affiché de ces bases était de soutenir les opérations militaires des États-Unis en Afghanistan. Néanmoins, la présence états-unienne encourage aussi les gouvernements des nations avoisinantes à agir plus indépendamment de la volonté russe. Nous pouvons citer comme exemple le Kazakhstan et le Turkménistan, ces deux pays étant des zones d’investissements gaziers et pétroliers pour les compagnies US.

Washington sert les intérêts des compagnies pétrolières occidentales, pas seulement du fait leur influence corruptrice sur l’administration, mais parce que la survie de l’actuelle pétro-économie US dépend de la domination occidentale du commerce mondial du pétrole. Dans l’un de mes livres, j’analyse cette politique, en expliquant comment elle a contribué aux récentes interventions des États-Unis, mais aussi à l’appauvrissement du Tiers-Monde depuis 1980. En substance, les États-Unis ont géré le quadruplement des prix du pétrole dans les années 1970 en organisant le recyclage des pétrodollars dans l’économie états-unienne, au moyen d’accords secrets avec les Saoudiens. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et continuelle de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar US ; le second sécurisait le soutien permanent de ce pays dans la tarification intégrale du pétrole de l’OPEP en dollars. [16] Ces deux accords garantissaient que l’économie des États-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Le plus lourd fardeau pèserait au contraire sur les économies des pays les moins développés. [17]

Le dollar US, bien qu’étant en cours d’affaiblissement, dépend encore en grande partie de la politique de l’OPEP imposant cette monnaie pour régler le pétrole de cette organisation. Nous pouvons mesurer avec quelle force les États-Unis sont capables d’imposer cette politique en observant le destin des pays ayant décidé de la remettre en cause. « En 2000, Saddam Hussein insista pour que le pétrole irakien soit vendu en euros. Ce fut une manœuvre politique, mais qui augmenta les revenus récents de l’Irak grâce la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar. » [18] Trois ans plus tard, en mars 2003, les États-Unis envahirent ce pays. Deux mois après, le 22 mai 2003, Bush décréta par un ordre exécutif que les ventes de pétrole irakien devaient s’effectuer de nouveau en dollars, et non en euros. [19]

Selon un article russe, peu avant l’intervention de l’OTAN en Libye début 2011, Mouammar Kadhafi avait manœuvré pour refuser le dollar comme monnaie de règlement du pétrole libyen, à l’instar de Saddam Hussein. [20] En février 2009, l’Iran annonça avoir « complètement cessé de conduire les transactions pétrolières en dollars US. » [21] Les véritables conséquences de cette audacieuse décision iranienne n’ont pas encore été observées. [22]

J’insiste sur le point suivant : chaque intervention récente des États-Unis et de l’OTAN a permis de soutenir la suprématie déclinante des compagnies pétrolières occidentales sur le système pétrolier global, donc celui des pétrodollars. Néanmoins, je pense que les compagnies pétrolières elles-mêmes sont capables d’initier, ou au moins de contribuer à des interventions politiques. Comme je l’ai mentionné dans mon livre Drugs, Oil, and Wars (p.8) :

« De façon récurrente, les compagnies pétrolières US sont accusées de se lancer dans des opérations clandestines, soit directement, soit par le biais d’intermédiaires. En Colombie (comme nous le verrons), une entreprise de sécurité états-unienne travaillant pour Occidental Petroleum participa à une opération militaire de l’armée colombienne, ‘qui tua 18 civils par erreur.’ »

Pour citer un exemple plus proche de la Russie, j’évoquerais une opération clandestine de 1991 en Azerbaïdjan, qui est un exemple classique de politique profonde. Dans ce pays, d’anciens collaborateurs de la CIA, qui étaient employés par une entreprise pétrolière douteuse (MEGA Oil), « se lancèrent dans des entraînements militaires, distribuèrent des ‘sacs remplis d’argent liquide’ à des membres du gouvernement, et mirent en place une compagnie aérienne […] qui permit bientôt à des centaines de mercenaires moudjahidines d’être acheminés dans ce pays depuis l’Afghanistan. » [23] À l’origine ces mercenaires, finalement estimés à environ 2 000, furent employés pour combattre les forces arméniennes soutenues par la Russie dans la région disputée du Haut-Karabagh. Mais ils appuyèrent aussi les combattants islamistes en Tchétchénie et au Daguestan. Ils contribuèrent également à faire de Bakou un point de transbordement de l’héroïne afghane à la fois vers le marché urbain de Russie et vers la mafia tchétchène. [24]

En 1993, ils participèrent au renversement d’Abulfaz Elchibey, le premier président élu de l’Azerbaïdjan, et à son remplacement par Heydar Aliyev. Ce dernier signa ensuite un important contrat pétrolier avec BP, incluant ce qui devint finalement l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan reliant ce pays à la Turquie. Il faut souligner que les origines états-uniennes des agents de MEGA Oil sont indiscutables. En revanche, nous ne savons pas exactement qui a financé cette entreprise. Il aurait pu s’agir des majors pétrolières, la plupart d’entre elles disposant (ou ayant disposé) de leurs propres services clandestins. [25] Certaines entreprises pétrolières importantes, incluant Exxon, Mobil et BP, ont été accusées d’être « derrière le coup d’État » ayant conduit au remplacement d’Elchibey par Aliyev. [26]

De toute évidence, Washington et les majors pétrolières pensent que leur survie dépend du maintien de leur actuelle suprématie sur les marchés pétroliers internationaux. Dans les années 1990, alors que l’on localisait généralement les plus grandes réserves non prouvées d’hydrocarbures dans le bassin Caspien, cette région devint centrale à la fois pour les investissements pétroliers des entreprises US et pour l’expansion sécuritaire des États-Unis. [27]

S’exprimant en tant que secrétaire d’État adjoint, Strobe Talbott, un proche ami de Bill Clinton, tenta de mettre en avant une stratégie raisonnable pour assurer cette expansion. Dans un important discours prononcé le 21 juillet 1997,

« Talbott exposa les quatre aspects d’un [potentiel] soutien des États-Unis pour les pays du Caucase et de l’Asie centrale : 1) la promotion de la démocratie ; 2) la création d’économies de marché ; 3) le parrainage de la paix et de la coopération, au sein et parmi les pays de la région et 4) leur intégration dans la plus vaste communauté internationale. […] Critiquant avec virulence ce qu’il considère être une conception dépassée de la compétition dans le Caucase et en Asie centrale, M. Talbott mit en garde quiconque envisagerait le ‘Grand Jeu’ comme grille de lecture de la région. Au contraire, il proposa une entente dans laquelle chacun sortirait gagnant de la coopération. » [28]

Mais cette approche multilatérale fut immédiatement attaquée par des membres des deux partis. Seulement trois jours plus tard, Heritage Foundation, le cercle de réflexion droitisant du Parti républicain, répondit que « [l]’administration Clinton, désireuse d’apaiser Moscou, rechignait à exploiter l’opportunité stratégique de sécuriser les intérêts des États-Unis dans le Caucase.  » [29] En octobre 1997, cette critique trouva son écho dans Le Grand Échiquier, un important ouvrage écrit par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski. Ce dernier est certainement le principal opposant à la Russie au sein du Parti démocrate. Admettant que « la politique étrangère [états-unienne devrait] […] favoriser les liens nécessaires à une vraie coopération mondiale », il défendait toutefois dans son livre la notion de « Grand Jeu  » rejetée par Talbott. Selon Brzezinski, il était impératif d’empêcher « [l]’apparition d’un concurrent en Eurasie, capable de dominer ce continent et de défier [les États-Unis] ». [30]

En arrière-plan de ce débat, la CIA et le Pentagone développaient à travers l’Alliance atlantique une « stratégie de projection » contraire aux propositions de Talbott. En 1997, dans le cadre du programme « Partenariat pour la Paix » de l’OTAN, le Pentagone démarra des exercices militaires avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Ce programme constituait « l’embryon d’une force militaire dirigée par l’OTAN dans cette région ». [31] Baptisés CENTRAZBAT, ces exercices envisageaient de potentiels déploiements de forces combattantes états-uniennes. Catherine Kelleher, une assistante du secrétaire adjoint à la Défense, cita « la présence d’énormes ressources énergétiques » comme justification de l’engagement militaire des États-Unis dans cette région. [32] L’Ouzbékistan, que Brzezinski distingua pour son importance géopolitique, devint un pivot pour les exercices militaires états-uniens, bien que ce pays ait l’un des pires bilans en matière de respect des droits de l’Homme dans cette région. [33]

De toute évidence, la « révolution des tulipes » de mars 2005 au Kirghizstan constitua une autre étape de la doctrine de projection stratégique du Pentagone et de la CIA. Elle s’est déroulée à une époque où George W. Bush parlait fréquemment de « stratégie de projection de la liberté ». Plus tard, alors qu’il visitait la Géorgie, ce dernier approuva ce changement de régime en le présentant comme un exemple de « démocratie et de liberté en pleine expansion ». [34] (En réalité, il ressemblait plus à un coup d’État sanglant qu’à une « révolution ».) Cependant, le régime de Bakiyev « dirigea le pays comme un syndicat du crime », pour reprendre les termes d’Alexander Cooley, un professeur à l’Université de Columbia. En particulier, de nombreux observateurs accusèrent Bakiyev d’avoir pris le contrôle du trafic de drogue local et de le gérer comme une entreprise familiale. [35]

Dans une certaine mesure, l’administration Obama s’est éloignée de cette rhétorique hégémoniste que le Pentagone appelle la « suprématie totale  » (« full-spectrum dominance »). [36] Toutefois, il n’est pas surprenant de constater que sous sa présidence, les pressions visant à réduire l’influence de la Russie se soient maintenues, comme par exemple en Syrie. En réalité, pendant un demi-siècle, Washington a été divisée en deux camps. D’un côté, une minorité évoluant principalement au Département d’État (comme Strobe Talbott), qui avait envisagé un avenir de coopération avec l’Union soviétique. De l’autre, les faucons hégémonistes, travaillant principalement à la CIA et au Pentagone (comme William Casey, Dick Cheney et Donald Rumsfeld). Ces derniers ont continuellement fait pression pour instaurer aux États-Unis une stratégie unipolaire de domination globale. [37] Dans la poursuite de cet objectif inatteignable, ils n’ont pas hésité à s’allier avec des trafiquants de drogue, notamment en Indochine, en Colombie et à présent en Afghanistan. [38]

Par ailleurs, ces faucons ont massivement employé les stratégies d’éradication narcotique de la DEA (Drug Enforcement Administration). [39] Comme je l’ai écrit dans La Machine de guerre américaine (p.43),

«  Le véritable objectif de la plupart de ces campagnes […] n’a jamais été l’idéal sans espoir de l’éradication de la drogue. Il a plutôt consisté à modifier la répartition du marché, c’est-à-dire à cibler des ennemis spécifiques pour s’assurer que le trafic de drogue reste sous le contrôle des trafiquants alliés à l’appareil de la sécurité d’État en Colombie et/ou à la CIA. » [40]

De manière flagrante, cette tendance s’est vérifiée en Afghanistan, où les États-Unis recrutèrent d’anciens trafiquants de drogue pour qu’ils soutiennent leur invasion de 2001. [41] Plus tard, Washington annonça une stratégie de lutte contre la drogue qui se limitait explicitement à attaquer les trafiquants de drogue qui appuyaient les insurgés. [42]

Ainsi, ceux qui comme moi se préoccupent de la réduction des flux de drogue venant d’Afghanistan se retrouvent face à un dilemme. En effet, pour être efficaces, les stratégies de lutte contre le trafic de drogue international doivent être multilatérales. En Asie centrale, elles nécessiteront une plus grande coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais au contraire, les efforts des principales forces pro-US présentes dans cette région —notamment la CIA, l’US Army, l’OTAN et la DEA—, ont été jusqu’à présent concentrés non pas sur la coopération mais sur l’hégémonie états-unienne.

Selon moi, la réponse à ce problème résidera dans l’utilisation conjointe de l’expertise et des ressources des deux pays, dans le cadre d’agences bilatérales ou multilatérales qu’aucune partie ne dominera. Une stratégie anti-drogue réussie devra être pluridimensionnelle, comme la campagne qui a été menée avec succès en Thaïlande. De plus, elle nécessitera probablement que les deux pays envisagent la mise en œuvre de stratégies favorables à la population, ce que ni l’un ni l’autre n’a encore concrétisé. [43]

La Russie et les États-Unis ont beaucoup de caractéristiques communes, et ils partagent de nombreux problèmes. Tous deux sont des super-États, bien que leur prééminence s’affaiblisse face à la Chine émergente. En tant que superpuissances, ces nations cédèrent toutes deux à la tentation de l’aventure afghane, que de nombreux esprits mieux avisés regrettent aujourd’hui. Dans le même temps, ce pays ravagé qu’est devenu l’Afghanistan doit faire face à des problèmes urgents, qui le sont aussi pour ces trois superpuissances. Il s’agit de la menace que constitue la drogue, et du danger correspondant qu’est le terrorisme.

Il est dans l’intérêt du monde entier de voir la Russie et les États-Unis affronter ces périls de façon constructive et désintéressée. Et espérons que chaque progrès dans la réduction de ces menaces communes sera une nouvelle étape dans le difficile processus de renforcement de la paix.

Le siècle dernier fut le théâtre d’une guerre froide entre les États-Unis et la Russie, deux superpuissances qui se sont lourdement armées au nom de la défense de leurs peuples respectifs. L’Union soviétique a perdu, ce qui aboutit à une Pax Americana instable, à l’image de la Pax Britannica du XIXe siècle : un dangereux mélange de globalisation commerciale, d’accroissement des disparités de revenus et de richesses, et d’un militarisme brutalement excessif et expansif. Celui-ci provoque de plus en plus de conflits armés (Somalie, Irak, Yémen, Libye), tout en accentuant la menace d’une possible guerre mondiale (Iran).

Aujourd’hui, afin de préserver leur dangereuse suprématie, les États-Unis sont en train de s’armer contre leur propre population, et plus seulement pour la défendre. [44] Tous les peuples du monde, y compris aux États-Unis, ont comme intérêt l’affaiblissement de cette suprématie en faveur d’un monde plus multipolaire et moins militariste.

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FRANÇAFRIQUE, LE FEU DANS LA SOUPE!

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François Hollande a reçu mercredi dernier à Paris au siège de l’UNESCO, en présence d’une dizaine de Chefs d’Etat africains, le Prix Félix Houphouët-Boigny, pour sa "contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique", nous révèle l’agence de presse africaine.

 

Le prix pour la recherche de la paix est un prix ivoirien. Or lors de la cérémonie de remise du prix, certains regards critiques, au vu des photos et reportages de l’événement, ont décelé que les liens unissant naguère Paris et Abidjan s’étaient distendus. Ainsi, la photo souvenir des couples Ouattara et Hollande nous révèle des sourires gentillets ; mais à y regarder de plus près, madame Ouattara n’arbore pas le sourire éclatant de sa séance de pose avec Bill Clinton il y a trois semaines de cela. Ce dernier avait su la réjouir en la louant pour son abnégation et sa générosité (financées, rappelons-le, sur le trésor Ivoirien), et lui avait dit le plus grand bien de son génial économiste de mari. Mais sur la photo souvenir du 5 juin à l’Unesco, Madame Ouattara ne semble partager avec madame Trierweiler aucune affinité, si ce n’est la blondeur commune de leurs cheveux ! Elle, ordinairement tout sucre et béatitude sur les photos de la Présidence, fixe penaudement le sol, visiblement gênée, un peu absente… Ah, si la remise du prix avait eu lieu ne serait-ce que 48h plus tôt, comme elle aurait pu rayonner de bonheur et de confiance ! Fatou Bensouda, procureure à la Cour Pénale Internationale tenait encore les choses bien en main !

L’unique photo de groupe disponible permet de découvrir un Alassane Ouattara venu honorer son mentor français pour la circonstance, avec d’autres présidents africains. Il a fait un long et beau discours, charmeur, enjôleur, comme de coutume quand il est à l’étranger, lui le Président anticonstitutionnel de la république de Côte d’Ivoire et président en exercice de la CEDEAO; lui qui ne cesse de parcourir les océans et les terres à la recherche de fonds pour sauver "son" "cher" pays complètement en ruine, qui prend l’eau de partout et risque de mourir noyé si l’argent qui circule n’arrive pas à se stabiliser et travailler à colmater des brèches de plus en plus profondes.

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Mais les apparences sont sauves : des poches d'un pays mis en banqueroute par ses soins diligents, l’illusionniste en Economie parvient à sortir, de sous le chapeau du "fonds ivoirien au nom de la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny", une valise de 150 000 Dollars pour honorer le chef d’état français. Sur l’unique photo présentant les huiles africaines autour du roi Hollande, notre Ivoirien d’importation n’est plus assis auprès de son maître ; il a eu son content de caresses et d’os à moëlle ! Il y a maintenant des toutous plus méritants que lui, assis plus près du chef, qui ont à leur tour besoin d’être dressés, à grand renfort de caresses dans le sens du poil : les vassaux du Bénin, du Tchad, du Burkina et de Mauritanie. Ouattara est assis plus loin, à côté du «Protecteur du Prix, l'ancien Président ivoirien, A. H. Konan Bédié» comme le souligne encore l’agence de presse africaine.

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Bédié et son épouse ont eu droit à une photo de famille avec Hollande, flanqué de sa go, beaucoup plus chaleureuse. Autre détail révélateur : le patron du PDCI occupe durant la cérémonie un fauteuil de cuir, alors qu’Alassane, les roitelets, le Roi et la présidente de l’Unesco doivent se contenter du velours, « empire » certes, mais probablement moins confortable. Atmosphère fin de règne, velours rouge et fauteuils en cuir pour les perpétuateurs de la françafrique, et pourtant la galerie de photos de la cérémonie ne présente guère de visages heureux, joyeux… L’ombre du prisonnier de Scheveningen est parvenue à s’infiltrer jusque-là, alourdissant encore cette ambiance poussive et décadente : les économies occidentales sont à bout de souffle, et la paix est célébrée dans une atmosphère de chaos et de guerre partout dans le monde.

«Grâce à la politique d’ouverture, d’accueil et d’hospitalité de Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire peut légitimement s’enorgueillir d’être devenue les Etats-Unis d’Afrique en miniature, le « pays de la vraie fraternité » comme le proclame l’Abidjanaise, notre hymne national. » dira Ouattara dans son discours. Et le pyromane ADO de poursuivre la flatterie en direction du pompier Hollande, qui vient paraît-il de sauver le Mali, « Vous avez manifestement fait vôtre le proverbe africain qui dit que "si vous n’aidez pas votre voisin à éteindre le feu qui brûle sa case, la vôtre ne sera pas épargnée par les flammes" ».Quelle mascarade !

Le feu, on en parle beaucoup, il est très à la mode ! Il ya eu d’abord la supercherie des images kényanes brandies par la Procureure de la CPI, retirées en catimini, mais reprises il y a quelques jours pour la deuxième fois par « Le Patriote », la voix du régime ivoirien, pour enfoncer une fois de plus le président Gbagbo; Puis Le Patriote, ce torchon littéraire cracheur de feu continue sur sa lancée: voici que notre quotidien incendiaire titrait il y a quelques jours : « Libérer Gbagbo c’est brûler la Côte d’Ivoire ! ». Et aujourd’hui il remet le couvert en affichant sur sa manchette « FPI : ils veulent brûler le pays !» En d’autres termes, il faut que LG reste en prison, que la moitié de la population qui a voté pour lui reste muselée, aux arrêts parce que le "salut" de la Côte d’Ivoire et cette "paix" que tout le monde a chantée à Paris dans les locaux de l’Unesco sont à ce prix ! Il faut que le soi-disant pyromane d'avant le 11 avril donne au vrai pyromane l’occasion de louer le Pompier, encore et encore !

Koua Justin, arbitrairement incarcéré sans même une trace de mandat d’arrêt, a-t-il donc été surpris lors d’un meeting une boîte d'allumettes à la main, pour que ce régime aux abois en vienne à en recourir à de tels arguments ? L'implantation, au cœur des forêts classées de l'ouest ivoirien, de milices étrangères surarmées qui, avec l'aval du gouvernement et sous la supervision des forces françaises d'occupation, déforestent à grande échelle et commercialisent l'ivoire de contrebande, n'illustre-elle pas, parmi tant d'autres dénis de justice, la nature d’un régime  capable de mettre le feu SANS ALLUMETTES et de désertifier la Côte d'Ivoire en la bradant ? Et notre ministre de la communication Affoussiata Bamaba-Lamine qui s’inquiète le 6 juin de la violence verbale chez les jeunes : "Il faut, à travers l’école et les médias inculquer  à cette jeunesse la culture de la paix et de la non-violence", commente-t-elle. N’est-ce pas pathétique ? Les pères et les grands-pères «rattrapés» de cette jeunesse rebelle mais libre jouent aux allumettes à longueur de jour, et il faudrait qu’aux enfants des autres, de ceux qui sont morts, en exil, au cachot, ces jeunes sans emplois, sans argent pour étudier, on inculque encore la paix et la non violence par la terreur ? Comment un régime qui assassine, emprisonne et rançonne les gens, pourrait-il parler de paix et de non-violence ?

Et Alassane Ouattara de terminer ainsi son discours : « Nous réitérons notre ferme volonté de promouvoir, avec le concours de l’UNESCO et de la communauté internationale, la culture de la paix et du développement humain en Afrique et partout dans le monde. » La paix ne se cultive pas avec des semences OGM stériles, -comme celles dont Monsanto et ses acolytes sont en train d’inonder le pays - elle n’est pas le résultat d’un processus d’écrasement et d’anéantissement d’un faible par un plus fort épaulé par la dite "communauté internationale"! Avant de cultiver et de récolter, encore faut-il semer cette paix ! Une réconciliation vraie se bâtit à deux, les yeux dans les yeux, main dans la main, en marchant dans la même direction – ce qu'a toujours désiré le président Gbagbo ! –, mais sans que le charognard françafriconusien ne s’invite par la force dans le paysage! Une fois semé ce germe de paix, le développement de la plante ne peut qu'aller de soi si les bonnes conditions sont réunies : oxygène, lumière, eau. Ce n’est pas en asphyxiant les populations, en les emprisonnant dans de sombres cachots, en les exilant, en les privant de travail, de nourriture et de soins que le développement humain se fera !

Ce n’est pas pour rien que le judaïsme parle du « shelom bait », la paix du foyer (dans le couple) qui rejaillit sur la famille, sur l’entourage, puis, de proche en proche, de cercle en cercle. Et que dire du « développement humain » ? J’ai eu froid dans le dos en lisant cette phrase d’Alassane ou de son scribe français. L’humain est beau, crée à l’image de D.ieu, il peut se développer sainement dans une atmosphère saine où les lois des hommes sont en harmonies avec celles du Créateur, et cela quelque soient nos convictions religieuses. Même ceux qui l’appellent le Grand architecte ne diront pas le contraire ! Malheureusement, « Le prix de la recherche de la paix devient ainsi le prix de recherche de la guerre dans les mains d'une Françafrique à l'agonie. » écrit aujourd’hui le ministre Ahoua Don Mello. Le développement humain ne peut se concrétiser qu’à partir de semences de paix : or la bande à Ouattara, au fil de dix ans de rébellion et de deux années de dictature, n’a cessé de semer des graines de haine gratuite, "rattrapage" aidant.

Au lieu de provoquer incendie sur incendie,  “de brûler jusqu’aux cendres qui nous restent” comme l’écrit Eric Kahé, autre exilé sous le coup d'un mandat d’arrêt international – alors que ses dernières fonctions officielles aux côtés du Président Gbagbo remontent à 2005 ! -, ne faudrait-il pas enfin se résoudre à observer les vents, à entendre les cris des agonisants, à ouvrir les yeux sur le désastre humain, l'économie en ruines, et prendre la mesure du feu qui couve! La couverture jetée pour étouffer toute velléité de révolte n’asphyxiera pas le feu, parce que sous la terre, c’est un volcan qui couve; un volcan ivoirien, africain. “Il y a mieux que la haine, c’est la nation” écrit encore cet ancien ministre de Laurent Gbagbo. Jusques à quand l’endurcissement du petit pharaon au service de la France pourra-t-il se développer sur ce terreau de haine? « La Côte d’Ivoire peut légitimement s’enorgueillir d’être devenue les Etats-Unis d’Afrique en miniature, le « pays de la vraie fraternité » Qui peut, sans frémir, accueillir cette phrase de la bouche de Ouattara ? La Côte d'Ivoire, ce désormais ancien phare économique de l’Afrique de l’Ouest, aujourd'hui supplanté par le Ghana, n'a nullement besoin d'un granguignolesque "Obama" local autoproclamé... Tout ce qui reste à Ouattara, en fait d'"Obama", ce sont des cendres au bas mot fumantes, qui ne devront qu'à de vrais gestes d’apaisement et de réconciliation de ne pas se retransformer en brasier au moindre coup de vent à venir ! Comment les membres d'un gouvernement responsable peuvent-il se comporter en loubards, sans foi ni loi? Comment une nation constituée d’hommes et de femmes, de vieux et de jeunes, de pauvres et de riches, d’instruits et d’analphabètes peut elle se construire quand on ne lui propose que la mort, l’exil, l’expropriation, la prison, le chômage? De quelle fraternité s’agit-il? Celle de quelques pseudo-élus africains, maniant la brosse à reluire pour cirer à domicile les pompes d'un roi de France qui avec son peuple se retrouvera bientôt nu, privé de cette couverture que L'Afrique aura enfin à son tour décidé de tirer à elle ?

« Il serait temps de rendre aux africains ce qu’on leur a pris pour éviter les convulsions à venir »: c’est en ces termes que Jacques Chirac s’exprimait lucidement il y a quelques années. A quoi bon trembler encore et se mettre au garde à vous devant une «françafrique à l’agonie»? Le vent tourne, amis ivoiriens et africains. Osez le respirer, l'entendre et déjà le voir à l'œuvre ! C’est maintenant le moment d’éteindre le feu, d'organiser ensemble cette noria de seaux remplis d'une eau capable, non seulement d'achever l’incendie, mais d’arroser la fragile semence d'une paix garantie sans "ingérence humanitaire" et sans "communauté internationale". Pour qu’elle puisse à présent germer, cette semence, puis très bientôt lever, et permettre l'épanouissement d'une culture harmonieuse, prometteuse d'une moisson de vrais lendemains!


Shlomit Abel, le 12 juin 2013


Source: RESISTANCE COTE D'VOIRE ISRAEL