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mercredi, 05 juin 2013

TOUSSAINT ALAIN: «LA CPI N'A PAS D'AUTRE CHOIX QUE DE LIBERER GBAGBO»

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COMMUNIQUE DE PRESSE


Dans un communiqué en date du lundi 3 juin 2013, les juges de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) indiquent ne pas disposer d’informations ou d’éléments suffisants pour décider de mener un éventuel procès contre le président Laurent Gbagbo.

Cette décision est un cinglant désaveu pour le Procureur de la CPI et un coup dur pour le régime de Monsieur Alassane Ouattara, qui a monté un dossier constitué de crimes imaginaires contre son rival politique. C’est surtout un grand pas vers la libération pleine et entière du Président Laurent Gbagbo, injustement incarcéré depuis plus de dix-huit mois par la CPI.

Une manche vient d’être gagnée par les avocats de la défense. Ensemble, poursuivons le plaidoyer partout, notamment dans les cercles de décision politiques et en direction des opinions publiques afin de consolider cet avantage et remporter la victoire finale.

Le Président Laurent Gbagbo est innocent : la CPI, qui joue sa survie et sa crédibilité, n’a pas d’autre choix que de le libérer.

 

Paris, le 4 juin 2013.

 

Toussaint Alain

Ancien conseiller du Président Laurent Gbagbo,
Président de Côte d’Ivoire Coalition, Inc.

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CPI - LE POEME INEDIT DU PREMIER MINISTRE JOSEPH KOKOU KOFFIGOH: «EN ATTENDANT GBAGBO»

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Le dossier est vide vous l'admettez enfin!
Alors que fait Laurent encore dans la galère?
Coupez les chaines de l'innocent dans les fers;
N'imitez pas Pilate en vous lavant les mains.

Depuis plus de deux ans, on a creusé, fouillé
Partout, pour lui coller les trois mille cadavres,
Sous les vieux monuments, déraciné les arbres,
Plongé dans l'Ébrié pour ne rien trouver.

À présent, on donne quelques mois pour chercher 
À tout prix. Dites-moi quoi? Quelle ultime preuve?
Justice mon amour! Tu peux fouiller! Oui creuse!
Oui! Je te demande de ne rien lâcher.

Quand le trou sera grand, très profond et intense,
C'est le Mensonge qui y sera enterré;
Alors vous comprendrez qu'il vous faut libérer
Des mains de l'infamie, ce grand héros immense.

J'entends d'ici trembler les murs de Jéricho;
La Vérité suprême en un sursaut final,
Renverse les remparts érigés par le mal;
Demandez lui pardon en libérant Gbagbo.

 

Joseph Kokou Koffigoh

Lomé, le 4 Juin 2013

CPI - LE BIG BROTHER NE PERD JAMAIS!

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Nous avons une fois encore gagné. Et il ne faut pas bouder sa joie. Notre champion, décidément ne perd pas de procès. Parce qu’il a toujours été convaincu d’une chose : un homme politique, digne de ce nom, doit toujours inscrire son action dans le strict respect du droit et Laurent Gbagbo s’est toujours adossé au droit, et à la constitution de son pays. C’est pourquoi, là où le droit se célèbre, il ne craint rien. Ils lui ont proposé de lui accorder la liberté provisoire à condition qu’il reste déporté dans un autre pays que le sien. Il leur a répondu qu’il préfère plutôt être jugé, condamné et finir ses jours dans une prison selon le verdict du droit ou de la justice, fut-il inique, que de finir ses jours en exil, en violation flagrante de la loi fondamentale de son pays. « Aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil.» Cette posture rappelle bien celle du philosophe Socrate, le Père de la civilisation occidentale. Un ami m’a dit un jour que le cas Gbagbo est un casse-tête pour la communauté internationale parce qu’il leur oppose avec la rigueur juridique qui l’accompagne, les principes élémentaire de la civilisation qu’elle croit détenir et qu’elle croit nous apporter. Elle se rend compte qu’avec ce monsieur, de quelque façon qu’elle veuille le prendre, elle passera pour être le creuset de la sauvagerie.

Le Président Gbagbo a gagné son procès contre les procureurs O Campo et Ben Souda. N’en déplaisent à ceux qui veulent se contenter aujourd’hui du report du procès de confirmation des charges. Ils ont perdu et il devrait avoir honte d’être si indignes de diriger un peuple qui est attaché à son âme, c’est-à-dire au droit. Le droit et la loi sont les éléments constitutifs de l’âme d’un peuple. Ils peuvent être durs, tyranniques, mais c’est son respect qui maintient le peuple dans son concept. Lorsqu’on n’obéit pas aux lois et au droit qu’un peuple s’est librement donné, on ne mérite pas de le diriger parce qu’on est simplement un hors-la-loi. Nulle part dans notre constitution, il n’est dit qu’il faut recourir à la violence pour solder un contentieux électoral. Notre constitution prévoit tous les recours démocratiques possibles. Ce qu’on a vu après les élections de 2010 relève simplement du banditisme.

Qu’on demande aujourd’hui à Fatou Ben Souda de repartir sur les lieux du crime pour ramener plus de preuves qu’elle n’en a déjà produites est tout simplement un aveu d’échec d’une communauté internationale qui ne sait que faire du cas Gbagbo. Le "nègre" a été plus intelligent que la machine civilisatrice. Parce que comment celui ou celle qui n’a pu rassembler des preuves suffisantes sur un lieu de crime encore tout frais, peut-il en trouver quand celui-ci a été souillé ? L’enquêtrice trouvera les preuves qu’elle viendra chercher en Côte d’Ivoire. Le régime actuel est prêt pour ça. On lui connait difficilement d’autres prouesses. Mais comment Ben Souda, qui inventait déjà les preuves, quand elles étaient encore fraiches et disponibles, procédera-t-elle pour démontrer qu’elle n’invente plus rien ? comment a-t-elle fait pour ne pas voir, la première fois, ces preuves accablantes qui devraient condamner Gbagbo dès que possible ? La cause est perdue pour eux. L’habillage temporel dont il recouvre leur décision n’est rien d’autre qu’une façon pour eux de sauver la face.

J’étais dans cette euphorie infantile quand un ami dont j’apprécie la perspicacité m’a appelé pour me dire ceci : « Jeune homme, c’est dans cette posture de vaincu que Big Brother est très dangereux parce que, dans le fond, il ne perd jamais. Ne nous laissons surtout pas endormir par le fumigène. Continuons de rester vigilant en ayant le triomphe modeste et travaillons maintenant à ce que Big Brother se convertisse et change de camp… »


Joseph Marat

 

Source: Le blog de Joseph Marat

mardi, 04 juin 2013

LA JUGE SILVIA FERNANDEZ DE GURMENDI DEMANDE LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO

 

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Urgent!!! Une juge de la CPI demande la libération du président Gbagbo

 

La Cpi vient de renvoyer la décision sur la confirmation des charges contre le président Gbagbo. Dans un communiqué, la Cour pénale internationale affirme en substance qu’au vu des preuves en possession des juges, il n’est pas possible de confirmer les charges contre le président Gbagbo, et les juges accordent au procureur un peu de temps afin d’apporter plus de preuves.

Cette dernière décision des juges a été contestée par la juge Silvia Fernández de Gurmendi qui, arguant du fait que la majorité des juges soient d’accord sur le fait que les preuves soient insuffisantes, a demandé à la cour de prononcer simplement et purement une décision. Prononcer une décision, dans ce cas, aurait voulu dire relaxer purement et simplement le président Gbagbo.

Dans une longue lettre de 20 pages adressée aux autres membres de la cour, la juge Silvia Fernández de Gurmendi donne les raisons de son désaccord avec la décision d’ajourner l’audience qui aurait purement et simplement fait relaxer le président Gbagbo.

Nous reviendrons plus en détails sur cette décision historique qui prouve que le président Gbagbo se trouve à la CPI pour des raisons politiques, et que la majorité des juges fait le jeu de la France et de son pouvoir vassal d’Abidjan, en le maintenant loin de son pays.

 

SourceACC – Côte d’Ivoire

CPI - BERNARD HOUDIN: «TROP, C'EST TROP!»

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Ce lundi 3 juin 2013 la Chambre Préliminaire I de la Cour pénale Internationale (CPI) devait rendre sa décision de confirmation ou d’infirmation des charges que le procureur de la CPI voulait faire peser sur le président Laurent Gbagbo. Cette décision devait clôturer un premier cycle judiciaire qui avait débuté le 3 octobre 2011 avec le lancement d’une procédure contre le président Gbagbo pour, en particulier, «crimes contre l’humanité» et «violences sexuelles», ce qui avait conduit, dès le 29 novembre 2011, à son transfèrement de Korhogo à La Haye.

Depuis cette date la procédure de la CPI s’est déroulée rigoureusement:

-5 décembre 2011: Audience d’identification (au cours de laquelle, d’ailleurs, le président à pris date devant les uns et les autres: «nous irons jusqu’au bout»!),

-18 juin 2012: premier report de l’Audience de confirmation des charges,

-13 août 2012: deuxième report de l’Audience de confirmation des charges,

-19 au 28 février 2013: Audience de confirmation qui s’est déroulée sur huit séances,

-31 mars 2013: date limite de dépôt des dernières observations écrites.

La décision des juges de la Chambre Préliminaire I devant être rendue dans les soixante jours, la date du 3 juin 2013 était donc une date butoir attendue par tous dans la crainte ou l’espérance. Pour notre part, spectateur attentif des audiences de février, il était clair que le dossier juridique étant vide, comme l’avait magistralement démontré la défense du président, toute décision de confirmation des charges ne pourrait qu’être le signe d’une position politique qui serait intenable à terme au regard de la situation que cela créerait dans un avenir proche en Côte d’Ivoire.

En effet, tout au long des débats de février l’accusation qui avait, dès l’ouverture de la première séance, déclaré haut et fort détenir tous les éléments permettant la confirmation des charges pesant sur le président Gbagbo, avait décrit minutieusement sa théorie du «Plan Commun» qui faisait du président «un coupable évident». Cette «démonstration» ayant été systématiquement mise en pièce par la défense, il restait aux juges à dire le Droit ou a se révéler comme les supplétifs d’un Ordre politique obscur. Dans l’un ou l’autre cas la décision des juges aurait permis de clarifier les choses: la CPI était, soit une Cour «indépendante», soit «une Chambre d’enregistrement» de certains pouvoirs à la volonté hégémonique.

La décision est tombée en cette fin de journée du 3 juin 2013, à la limite extrême du délai imparti, comme pour montrer à l’évidence l’irrésolution du tribunal. Après tout ce long processus, des mois d’enquêtes, des dizaines d’heures d’audience et plus de soixante jours de réflexion, la Cour, désunie par la position «dissidente» de sa présidente, au lieu de recaler le dossier vide du Procureur, lui offre une session de rattrapage (décidément, avec le «rattrapage ethnique» d’ADO, cela commence à faire beaucoup!).

J’ai lu attentivement les dizaines de pages de la Décision et de l’Annexe présentant la position dissidente de Madame de Gurmendi. Je laisse le soin à notre défense d’analyser et de tirer toutes les conséquences qui s’imposent sur le plan juridique mais je pense, et cela sera sans doute le cas de millions de personnes, sur le continent africain d’abord, mais dans le reste du monde aussi, que trop, c’est trop!

Le président Gbagbo s’est battu toute sa vie pour défendre la démocratie. Il a été élu en 2000, après une période de transition militaire de sinistre mémoire pour les ivoiriens, il a dès son élection recherché le consensus national, il a été attaqué, en septembre 2002 par ceux-là même qui ont été imposés à la Côte d’Ivoire en avril 2011, il a subi toutes les épreuves physiques et morales de Korhogo à La Haye, il a montré au monde entier sa force de conviction et son sens du devoir, et voilà qu’au terme (!?) d’un douloureux processus où, malgré un acharnement du Procureur à la limite de la forfaiture (les vidéos kenyanes par exemple), une Cour de Justice est incapable de prendre une décision «juste» et perd son âme dans une démarche de fuite en avant, qui va s’avérer être une mortelle randonnée.

Après le camouflet du cas kenyan, avec l’élection d’Uhuru Kenyatta à la tête de son pays, après la position exprimée par les Chefs d’Etats africains au Cinquantenaire de l’Union Africaine, cette manœuvre dilatoire  va, sans doute, achever de discréditer la CPI (même si, formellement, le Statut de Rome prévoit l’éventualité d’une telle décision, son application dans le cas présent est singulièrement équivoque).

Ce 3 juin marque, pour tous les ivoiriens et ivoiriennes attachés à l’Etat de Droit et qui se battent, chacun avec ses moyens, pour un retour à la justice, à la paix sociale et au développement en Côte d’Ivoire, un tournant décisif dans cette lutte qui a pu paraitre souvent inégale et parfois déprimante. La victoire est au bout du chemin, elle est désormais possible. Pour cela il faut redoubler d’effort et de vigilance.

En effet comment, en quelques mois, l’accusation, qui se prévalait pendant l’Audience de février, d’un dossier «accablant», va-t-elle bien fournir les preuves qu’elle n’a pas su apporter en près de deux ans d’enquêtes? Par quel «miracle» le dossier du Procureur, qui s’est avéré être ce que nous dénoncions tous les jours, un copier-coller de rapports d’ONG et de coupures de presse sans valeur juridique, pourrait-il se muer en un document irréfutable?

Je peux en témoigner ici: le président Gbagbo n’a jamais douté car il mène un combat juste. Il m’a seulement souvent répété qu’il fallait être patient, lui qui, enfermé, devrait être le premier «impatient». Je mesure aujourd’hui, une fois encore, la justesse de son jugement et la rigueur de son engagement, qui est de ne jamais dévier de l’objectif dès lors qu’il a été identifié.

Il nous reste, à chacun d’entre nous, qui n’avons pas cessé de croire en l’avenir, à exiger la libération du président Gbagbo pour qu’il participe activement à la Réconciliation nationale et au Renouveau du pays. Il faut rendre le président Gbagbo à la Côte d’Ivoire et rendre aux ivoiriens et ivoiriennes le choix de leur destin dans un véritable processus démocratique.

Trop, c’est trop !

 

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

CHOMAGE GALOPANT SOUS OUATTARA - GNAMIEN KONAN: «NOUS AVONS ECHOUE»


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Gnamien Konan, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, a avoué que le régime Ouattara est impuissance face à l’explosion du chômage, lors des journées d’information et d’orientation qui ont eu lieu, récemment, au ministère des Affaires étrangères.

 
«Nous avons affaire à un gros échec. Nous avons tous échoué, élèves, enseignants, parents d’élèves, gouvernants. 7 millions de chômeurs dans un pays comme la Côte d’Ivoire, c’est un danger. Il faut qu’on s’asseye et qu’on réfléchisse pour trouver des solutions. La masse salariale des fonctionnaires est devenue un problème. On ne peut plus embaucher. Il n’y a plus de possibilité financière», a révélé Gnamien Konan. Il a donc proposé au ministère de l’Enseignement supérieur d’orienter les nouveaux bacheliers dans des UFR qui, à son sens, ne fabriquent pas de chômeurs.
 
«On ne peut plus continuer à former des maitrisards en droit, sociologie, sciences économiques... Tous ces jeunes que nous formons ont une seule destination, grossir la population des chômeurs. Il faut qu’on arrête d’orienter les jeunes vers le chômage. Le système scolaire et universitaire fabrique trop de gestionnaires qui ne créent pas la richesse. L’école doit fabriquer ceux qui produisent la richesse. 7 millions de chômeurs, c’est une bombe à retardement. Le jour où ces 7 millions se lèveront pour dire trop, c’est trop, ce sera compliqué pour tout le monde», a-t-il fait observer.
 
Pour Jean Claude Brou, ministre de l’Industrie, si le secteur privé, pourvoyeur d’emplois a du mal à absorber tous ces chômeurs, c’est parce que la formation est en déphasage avec les besoins de l’économie. 
 

C.B., in le quotidien ivoirien "Notre Voie".
 
 

lundi, 03 juin 2013

URGENT! CPI - LE VERDICT DE GBAGBO AJOURNE (OFFICIEL)

 

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Dans un communiqué de presse [en Anglais] que nous venons à l’instant [3 juin 2013] de recevoir de la CPI, la Chambre préliminaire I décide de reporter le verdict du procès en [non]confirmation des Charges contre l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et demande par la même occasion des investigations supplémentaires au Bureau du Procureur, Fatou Bensouda, au regards de l’article 61(7)(c)(i).

Les demandes d’informations complémentaires concernent selon les juges de la chambre préliminaire I, six points. Sont concernés entre autres la structure de commandement exacte des forces pro-Gbagbo, leur évolution en fonction du conflit et les preuves d’allégations de viols.

La Chambre demande au Bureau du Procureur de fournir un nouveau document d’accusations (charges) au plus tard le 15 novembre 2013. Les pièces à conviction devront être déposées au plus tard le 16 décembre 2013.

Le communiqué de la CPI indique enfin que la Juge Fernández de Gurmendi, se dissociait de la décision d’ajournement du verdict.

Selon nos informations, au vu de cette décision de report du verdict, les Conseils [avocats] de Laurent Gbagbo, pourraient introduire une nouvelle demande de mise en liberté provisoire.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

CPI. Le verdict de la Chambre préliminaire I est une victoire de Gbagbo et des avocats de la Défense. Dans le contexte diplomatique actuel, sachant que ce tribunal est une cour profondément politique, Maître Altit et ses confrères ont obtenu le maximum. La CPI n'a pas voulu aggraver son discrédit. Mais le combat est loin d'être terminé. Notre analyse complète dans Le Nouveau Courrier de demain.


Théophile Kouamouo


Si les juges estiment que le verdict doit être ajourné jusqu'à la fin de l'année 2013 pour insuffisance de preuves, après deux années de joutes judiciaires, c'est qu'il ne reste qu'une décision à prendre, la seule qui vaille: la libération pure et simple de Laurent Gbagbo. Toute autre décision serait du tripatouillage et la mise au jour d'un complot indécent contre une icône africaine. Qu'ils nous prouvent maintenant, mieux que des discours et démentis officiels de non-chasse raciale aux Africains, qu'ils ne sont pas une justice de pacotille en prenant LA décision qui s'impose! Nous attendons de voir.


Fernand Dindé

DECLARATION FINALE DE L'ASSEMBLEE DES MOUVEMENTS SOCIAUX - FORUM SOCIAL MONDIAL, TUNIS 2013

 

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A titre d'information pour les lecteurs de Regards Croisés. Bon à savoir, même si nous sommes loin d'en partager toutes les positions et objets de lutte. Fernand Dindé.


Déclaration finale de l’Assemblée des mouvements sociaux, tenue lors du Forum social mondial 2013 à Tunis, le 29 mars 2013.

Nous, réunies et réunis lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2013 à Tunis affirmons l’apport capital des peuples du Maghreb-Mashrek (du Nord d’Afrique jusqu’au Moyen Orient) dans la construction de la civilisation humaine. Nous affirmons que la décolonisation des peuples opprimés reste pour nous, mouvements sociaux du monde entier, un grand défi à relever.

Au sein du processus FSM, l’Assemblée des mouvements sociaux est l’espace où nous nous réunissons dans le respect de notre diversité, pour construire nos agendas et luttes communes contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination et d’oppression.

Nous avons construit une histoire et un travail communs qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons réussi à freiner des politiques néolibérales et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature.
Ensemble, les peuples de tous les continents mènent des luttes pour s’opposer avec la plus grande énergie à la domination du capital, cachée derrière des promesses de progrès économique et d’apparente stabilité politique.

Maintenant, nous nous trouvons dans un carrefour où les forces conservatrices et rétrogrades veulent arrêter les processus initiés il y a deux années par des soulèvements populaires dans la région du Maghreb-Mashrek qui ont permis de faire chuter des dictatures et de remettre en cause les politiques néolibérales imposées aux peuples. Ces soulèvements se sont étendus à tous les continents du monde en générant le mouvement des indignés et les occupations des places publiques d’Athènes à Wall Street.

Les peuples du monde entier subissent aujourd’hui l’aggravation d’une crise profonde du capitalisme dans laquelle ses agents (banques, transnationales, groupes de médias, institutions internationales et tous les gouvernements complices avec le néolibéralisme) cherchent à accroître leurs bénéfices au prix d’une politique interventionniste et néocolonialiste.

Guerres, occupations militaires, traités néolibéraux de libre-échange et «mesures d’austérité» se voient traduits en paquets économiques qui privatisent les biens communs et les services publics, baissent les salaires, réduisent les droits, augmentent le chômage, augmentent la surcharge des femmes dans le travail de soins et détruisent la nature.

Ces politiques affectent lourdement les pays riches du Nord, augmentent les migrations, les déplacements forcés, les expulsions de logements, l’endettement et les inégalités sociales comme on peut le voir tous les jours en Grèce, à Chypre, au Portugal, en Italie, en Irlande et dans l’Etat Espagnol. Elles renforcent le conservatisme et le contrôle sur le corps et la vie des femmes. En outre, ils tentent de nous imposer « l’économie verte » comme solution à la crise environnementale et alimentaire, ce qui non seulement aggrave le problème, mais débouche sur la marchandisation, la privatisation et la financiarisation de la vie et de la nature.
 
Nous dénonçons l´intensification de la répression des peuples rebelles, l’assassinat de leaders des mouvements sociaux, la criminalisation de nos luttes et de nos propositions.

Nous affirmons que les peuples ne doivent pas payer pour cette crise et qu’il n’y a pas d’issue possible au sein du système capitaliste. Ici, à Tunis, nous réaffirmons notre engagement avec la construction d’ une stratégie commune de lutte contre le capitalisme.  C’est pour ça que, nous, les mouvements sociaux luttons :

- Contre les transnationales et le système financier (FMI, BM et OMC),
 principaux agents du système capitaliste, qui privatisent la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre, les semences, les ressources minérales, promeuvent les guerres et les violations des droits humains. Les transnationales multiplient l’exploitation frénétiques des ressources naturelles en portant atteinte à la vie, accaparent nos terres et développent les semences et les aliments transgéniques qui privent les peuples de leur droit à l’alimentation et détruisent la biodiversité.

Nous luttons pour l´annulation de la dette illégitime et odieuse qui est aujourd´hui un instrument global de domination, de répression et d´asphyxie économique et financière des peuples.

Nous refusons les accords de libre-échange que nous imposent les États et les transnationales et nous affirmons qu’il est possible de construire une mondialisation d’un autre type, par les peuples et pour les peuples, fondée sur la solidarité et sur la liberté de circulation pour tous les êtres humains.

- Pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire. Nous savons que le réchauffement global est le résultat du mode capitaliste de production, de distribution et de consommation. Les transnationales, les institutions financières internationales et les gouvernements qui sont à leur service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous dénonçons l´« économie verte », et refusons les fausses solutions à la crise climatique comme les agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés, la géoingénierie et les mécanismes de marché de carbone, comme le REDD (Réduction des Émissions liées à la Déforestation et à la Dégradation), qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et transformant en marchandises les forêts et les territoires où ces populations ont vécu pendant des millénaires.

Nous défendons la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne qui constituent une solution réelle à la crise alimentaire et climatique et permettent aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent. Pour cela, nous appelons à une grande mobilisation pour stopper l’accaparement des terres et soutenir les luttes paysannes locales.

- Contre la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les territoires occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes sociales. Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée sur elles quand elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand leur souveraineté sur leur corps et leur spiritualité ne sont pas garanties. Nous luttons contre la traite des femmes, des filles et garçons.
Nous défendons la diversité sexuelle, le droit à l’autodétermination du genre, et nous luttons contre l’homophobie et les violences sexistes.

- Pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la militarisation de nos territoires. Nous dénonçons les faux discours sur la défense des droits humains et le combat contre les intégrismes, qui souvent sont utilisés pour justifier des interventions militaires comme à Haïti, en Libye, au Mali et en Syrie. Nous défendons le droit à la souveraineté et à l’autodétermination des peuples notamment en Palestine, au Sahara Occidental et au Kurdistan.

Nous dénonçons l’installation des bases militaires étrangères pour fomenter des conflits, contrôler et piller les ressources naturelles et promouvoir des dictatures en divers endroits du monde.

Nous luttons pour la liberté de nous organiser dans des syndicats, des mouvements sociaux, des associations et toutes autres formes de résistance pacifique.

Renforçons nos instruments de solidarité entre les peuples comme le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël, la lutte contre l’OTAN et pour l’élimination de toutes les armes nucléaires.

- Pour la démocratisation des mass médias et la construction de médias alternatifs, qui sont fondamentaux pour combattre la logique capitaliste.

Inspirée par l’histoire de nos luttes et par la force rénovatrice des peuples quand ils se mobilisent dans les rues, l’Assemblée des mouvements sociaux appelle tous et toutes à développer des actions de mobilisation coordonnées au niveau mondial dans une journée globale de mobilisation à une date à définir.

Mouvements sociaux du monde entier, avançons vers une unité globale pour abattre le système capitaliste ! Assez d'exploitation, assez de patriarcat, de racisme et colonialisme ! Vive la révolution ! Vive la lutte de tous les peuples !


Source: FORUM SOCIAL 06

dimanche, 02 juin 2013

UNE AUTRE VISION DU MONDE - EUX ET NOUS

monde,pas mal perçu,une autre vision du monde,eux et nous,les occidentaux et les africains,racisme



Quand ils font la guerre, elle devient mondiale;
Quand ils ont une opinion, elle est internationale;
Quand ils s'expriment, ils le font au nom de la communauté
internationale.

Quant à leurs valeurs, elles sont universelles.
 
Quand ils ont une crise, elle est mondiale.
 
Quand ils parlent d'eux, c'est une langue. Quand ce sont les autres, c'est forcément des dialectes.
 
Leurs fruits ont des noms du genre pommes, abricots, pèches. Ceux de
l'Afrique sont exotiques, sauvages.
 
Ils se sont installés de force en Amérique, au Canada, en Australie, en
Afrique du sud, en Amérique du sud et ils nous traitent d'immigrés.
Lamentable!
 
Quand ils viennent chez nous, ils disent qu'ils sont expatriés et quand
c'est nous qui allons chez eux, ils nous traitent d'immigrés.
Mesquinerie quand tu nous tiens!
 
Ils disent d'eux qu'ils sont en situation irrégulière dans un autre
pays. Et quand il s'agit de nous, ils disent que nous sommes des sans
papiers, des clandestins.
 
Quand ils s'attaquent à l'occupant, ce sont des résistants et quand
nous on s'attaque à l'occupant, nous sommes des terroristes.
 
Ils sont les seuls à pouvoir se doter des bombes atomiques et,
bizarrement, ce sont les autres qui fabriquent et utilisent des "armes de
destruction massive".
 
Quand ils les combattaient, il y a à peine un demi siècle, on
les appelait homosexuels, pédé. Et maintenant qu'ils les acceptent, on les appelle gays. Moi avant, j'étais un homme, maintenant, je suis un hétéro.

Quand ils croient en Dieu, le monde entier doit croire en Dieu. Et
maintenant qu'ils n'y croient plus, le monde entier devrait accepter le
mariage entre deux personnes de même sexe. Croire en Dieu est devenu ringard.
 
Quand on se met tout nu avec un cache-sexe, nous sommes des sauvages.
Et quand c'est eux, ils font du naturisme.
 
Quand nos femmes se voilent, nous les opprimons. Quand les leurs se
voilent, ce sont des saintes (soeurs).
 
Quand ils y régnaient, on parlait de noble art. Depuis que nous les
terrassons, on parle de boxe tout court.
 
Quand ils nous prêtent de l'argent, ils parlent d'aide. Quand ils
viennent nous piller, ils nous parlent de partenariat ou d'accord de
partenariat.
 
Quand ce sont eux qui le font, c'est du lobbying. Quand c'est nous,
c'est de la corruption, du clientélisme, du népotisme.
 
Ils traitent nos scarifications (marque de reconnaissance ethnique) de
sauvages. Aujourd'hui, ils pratiquent le tatouage à outrance.
 
Ils disent chez eux que la femme est plus libre, mais ils oublient que
le corps de la femme se vend en vitrine à Amsterdam et, aujourd'hui, pour une pub de yaourt, on a droit à un sein nu. Quel culot!
 

Auteur inconnu.

SOUVENONS-NOUS DE CE QUE JEAN-LUC MELENCHON DISAIT SUR LA COTE D'IVOIRE LE 17 AVRIL 2011

 

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Ces propos sont une analyse juste de l'incroyable lâcheté d'un Parti socialiste pour qui ne comptent, en Afrique, que les "réseaux" et la realpolitik".


"Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucun. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. « Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions-nous leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande. Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal.

Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas :

Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne le feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges » des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n’avaient pas désarmé pendant l’élection, contrairement à la demande de l’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l’ONU était de "protéger les civils" et d’"empêcher l’utilisation d’armes lourdes" contre eux, pas d’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Côte d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc la nôtre entre l’Europe qui nous dicte des lois et des astreintes jamais délibérées et un régime présidentiel qui déclenche des guerres à sa guise et sans mandat ni contrôle du parlement ? Il me semble qu’une commission d’enquête parlementaire sur cette intervention est seule capable de faire la lumière sur l’enchainement qui a conduit jusqu’à cette intervention militaire française dans la guerre civile ivoirienne."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 01 juin 2013

UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET-BOIGNY: LES FONDEMENTS DU MALAISE, LA DECOUVERTE DE L'ARNAQUE

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Le ministre Cissé Bacongo de l'Enseignement supérieur

 

Par Professeur Bruno Gnaoulé-Oupoh, U.F.R Langues, Littératures et Civilisations, Département de Lettres Modernes.


Depuis le début de la rentrée universitaire 2012 – 2013, annoncée et effectuée à grand renfort publicitaire et battage médiatique sans précédent, le 03 septembre 2012, le malaise couve. Il résulte du seul constat de l’abîme qu’il y a entre l’université du renouveau annoncé avec tous les équipements électroniques ultra modernes, et le véritable « riz couché » servi dans de vieux plats repeints. Les mêmes bâtiments existants auxquels se sont ajoutés les deux amphithéâtres financés par le district d’Abidjan sous le gouverneur Pierre AMONDJI, constituant l’essentiel des infrastructures.

1. La réalité des faits

Ce constat affligeant, heurte d’autant plus la conscience que quelques semaines avant cette rentrée universitaire relativement aux travaux de construction, un scandale lié à un marché de cent dix milliards (110.000.000.000 frs CFA) passé de gré à gré, entre le ministre de l’enseignement supérieur, Cissé Bacongo, et l’entreprise SIMDCI avait défrayé la chronique. Et le ministre Bacongo interpellé en son temps sur ce délit d’initié, avait cru devoir limoger son directeur des affaires financières (DAF), un second couteau ; il s’était aussi essoufflé en moult explications aussi oiseuses les unes, les autres, sans convaincre. Et l’on attendait impatiemment la rentrée universitaire pour savoir ce qu’il a fait de toute cette fortune. Cette attente était d’autant plus fondée que dans le même temps le gouvernement a multiplié par six (06) les frais d’inscription à l’université qui sont passés de six mille francs (6.000 frs CFA) à trente mille francs (30.000 frs CFA) au premier cycle et par dix, à soixante mille francs (60.000 frs CFA) pour les niveaux supérieures.

Enfin, comme si tous ces problèmes ne suffisaient pas, il y a le nouveau système LMD imposé précipitamment aux étudiants et enseignants, sans qu’ils n’y aient été préparés et surtout sans qu’on ait pourvu aux mesures infrastructurelles et didactiques d’accompagnement nécessaires.

Voilà les fondements du malaise que le fonctionnement bancal, mensonger et approximatif de cette université, exacerbe chaque jour, surtout au regard des sommes colossales, scandaleusement englouties dans sa prétendue rénovation. Jugez-en vous-mêmes, au regard des faits et du témoignage qui suit.

2. Des conditions de vie pénibles

Après leur réhabilitation, les bâtiments de cette université trônent désormais dans un décor désolé, sans connexion les uns avec les autres, sans abri pour faciliter la circulation des usagers (étudiant – enseignants) exposés aux intempéries, soleil et pluies, sur de longues distances. Et comment étancher sa soif ou satisfaire un besoin naturel qui presse, quand les petites vendeuses d’eau glacée sont traquées, battues, et en l’absence de bornes fontaines et de toilettes. Situation très incommodante pour tous (enseignants, enseignés, visiteurs) dans cette université. Ils (les constructeurs gestionnaires de cette université) n’y ont pas pensé.

Ils n’ont pas non plus pensé à comment se procurer des unités quand votre portable vient à en manquer subitement et qu’il vous faut passer un appel urgent. Un besoin devenu banal, très courant mais qui ne peut être satisfait dans l’enceinte de l’université. Il faut en sortir pour effectuer un transfert d’unités sur votre mobile, pour pouvoir effectuer un appel, les bureaux des enseignants n’étant pas équipés de téléphone. Ne parlons pas de connexion internet puisque les ordinateurs et les réseaux Wifi promis n’existent pas non plus.

En lieu et place de ces promesses non tenues, les concepteurs réalisateurs de la rénovation, ont institué de nombreuses contraintes dont la plus absurde est l’improvisation, de deux gares de bus pour les étudiants, l’un sur le trottoir exigu en face du CHU de Cocody, l’autre devant l’Ecole Nationale de police. Des bousculades monstres en ces lieux ont déjà causé d’énormes et inutiles dégâts humains parmi les étudiants, un mort, un mutilé, et des blessés, cela dans l’indifférence froide du ministre Cissé Bacongo. Or les navettes promises pour déposer les étudiants dans l’enceinte de l’université, n’étant pas non plus au rendez-vous, il eut été tout simplement plus sage d’autoriser les autobus à entrer dans l’université pour déposer les étudiants sur l’espace déjà existant, aménager des abris sur les quais en prolongeant l’un de ces abris jusqu’au premier bâtiment de l’U.F.R biosciences. Cela permettra à coup sûr de mettre ces étudiants (nos enfants) à l’abri des intempéries (soleil, pluies) et de la fatigue incompatible avec l’effort intellectuel qu’on attend d’eux.

Deuxième contrainte faite aux usagers de cette université, l’interdiction qui leur est faite d’y entrer avec le taxi qu’ils ont emprunté. Des vigiles doublés d’éléments des FRCI font respecter strictement cette consigne. Obligation vous est donc faite de continuer à pieds. Et tant pis pour vous si vous n’avez pas prévu de parapluie, si vous n’êtes pas très bien portant ou que vous avez ce jour porté des chaussures inappropriées pour une longue marche. C’est à prendre ou à laisser, frustrant forcément. Et c’est le lot quotidien des enseignants et des étudiants. Les motos et autres cycles étant aussi prohibés, on aurait pu écrire au fronton de cette université ceci « Nul ne fréquente aisément ce lieu s’il n’est en, ou n’a une voiture ».

Troisième contrainte, c’est la présence encombrante et inutile d’une police spéciale et des FRCI sur le campus. Ils ne garantissent qu’une seule chose, l’insécurité, comme on s’en rendra compte dans les lignes qui suivent.

3. L’insécurité permanente

Mon bureau de 5m² que je partage avec mes assistants, pour qu’ils aient au moins où s’asseoir, est dépourvu de rideaux et d’antivols aux fenêtres, à l’instar des autres bureaux, dont les vitres coulissantes ne peuvent êtres bloquées de l’intérieur. Ne vous avisez donc pas d’y laisser un outil de travail personnel, de l’argent ou un téléphone portable en charge. Vous êtes sur de ne pas le retrouver une fois que vous avez le dos tourné.

Les vols sont récurrents dans cette université censée être de formule 1, haut de gamme, et s’effectuent même en plein jour par des braquages. Le dernier en date est celui que relate le journaliste Fofana Mambé dans le quotidien « Soir Info » N° 5603 du mardi 28 mai 2013, page 16, sous le titre « attaque à main armée à l’université Félix Houphouët Boigny : une forte somme d’argent emportée ». « Lundi 27 mai 2013 des individus armés de kalachnikovs ont attaqué le service comptabilité de l’U.F.R de sciences économiques de l’université Félix H. Boigny – Cocody. Ils ont emporté un million cinq cent soixante mille francs (1.560.000 frs CFA) représentant les encaissements de la journée du vendredi 24 mai 2013 (…) comme relaté par nos sources, c’est aux environs de 10 H qu’un véhicule (…) gare devant les bureaux de la comptabilité.

Deux hommes en descendent et pénètrent dans lesdits locaux. A l’intérieur ces individus qui n’ont rien d’étudiants, sortent des kalachnikovs. Les criminels accèdent ensuite au bureau du chef de service qu’ils prennent en otage. Puis ils font remettre la somme indiquée avant de quitter les lieux, à bord de leur véhicule, sans la moindre inquiétude alors que des éléments des FRCI armées jusqu’aux dents sont postées devant le campus. La battue, de presque tout le périmètre, effectué immédiatement ne donne hélas rien.

Les gangsters s’étaient déjà évaporés dans la nature. Comment – s’interroge le journaliste Fofana Mambé – des bandits peuvent-ils opérer aussi aisément dans une structure fortement fréquentée et de plus bénéficiant d’une sécurité faisant d’elle une citadelle imprenable ? Vraiment bizarre ». Conclut-il.

Mais il n’y a pas que tout ce qui vient d’être dit qui soit bizarre. Ce qui l’est le plus, est qu’une université dont la vocation première est l’enseignement et la recherche, doit disposer de salles de cours en nombre suffisant et de laboratoires équipés pour fonctionner. Or l’université de Cocody souffre d’un grave déficit de salles de cours et d’équipements didactiques que sa rénovation (?) est loin d’avoir résolu.

4. Une grave pénurie en salles de cours et équipements

Le département de Lettres Modernes dont je suis un des enseignants et qui compte plus de six mille (6.000) étudiants, ne dispose en tout et pour tout que d’un amphithéâtre de trois cents (300) places, l’Amphi 7, pour les cours magistraux et de quatre (4) salles de soixante (60) places, précisément les salles 1, 2, 3 et 4 du bâtiment C pour les travaux dirigés (TD). J’ai dispensé aux mois de janvier et février 2013 mes cours magistraux destinés aux mille six cents (1.600) étudiants de première année (Licence 1) dans cet amphi 7 surpeuplé à l’intérieur, et où pour espérer avoir une place assise, l’étudiant doit se réveiller au moins à 4 H du matin. La climatisation qui fonctionne par intermittence est inopérante face au surpeuplement qui exige que les portes soient ouvertes ; j’ai effectué sur les dix séances de cours magistraux, sept sans micro, dans cet amphi sans tableau avec l’estrade envahie d’étudiants, assis, débout, dans une atmosphère surchauffée, suant et transpirant comme leur maître contraint de hurler son cours pour espérer être au moins entendu, à défaut d’être compris.

Les bureaux des enseignants de l’université de Cocody ne sont équipés de façon sommaire que d’un bureau de travail, de trois fauteuils et un petit meuble de rangement. C’est-à-dire le même équipement qu’un planton de ministère encore que lui, au moins, à un poste de téléphone fixe où il peut être joint en cas de nécessité. Les outils de travail (papier rame, stylos, chemises cartonnées, etc.) sont à la charge des enseignants. Seulement 1/3 sur le millier d’enseignants chercheurs de cette université, a un bureau. Les 2/3 sont dans la nature ne sachant où s’asseoir avant et après un cours.

C’est parce que tous ces problèmes sont restés pendant longtemps irrésolus que nous avions tous espéré que le nouveau pouvoir qui a crié et juré à la face du monde qu’il les résolverait, était attendu sur ce chapitre. Parents, étudiants et enseignants ont pris leur mal en patience. Ils ont accepté, contre mauvaise fortune bon cœur la majoration des frais de scolarité dans les proportions que l’on sait, faisant ainsi leur part de sacrifice.

Au finish, la montagne a accouché d’une souris. Une bien maigre souris. Cela aussi parce que des priorités ont été accordées à des travaux secondaires. Une clôture kilométrique au demeurant inachevée qui ne protège contre rien. Le ver est dans le fruit. Il a pour nom police universitaire et FRCI qui ne voient pas, ou qui refusent de voir les gangsters qui opèrent. Des hectares de pelouses traversés par des pistes bitumées. Des collines rasées à coup de pelleteuses et autres graders budgétivores. Les concepteurs rénovateurs ont misé sur le décor, pour faire bien, éblouir.

Or une école, à plus forte raison une université, c’est d’abord et avant tout des amphithéâtres, des salles de cours de TD et de TP, des laboratoires équipés, des bibliothèques. Tout cela en nombre suffisant pour que les enseignements et la recherche se déroulent sans accroc.

5. Le modèle promis des universités américaines, n’est pas au rendez-vous à Cocody

Le verdict est aujourd’hui implacable. Les concepteurs rénovateurs de l’université de Cocody sont de toute évidence passés à côté de la plaque. Le pot aux roses est découvert. Et dire que dans la communication massive qui a accompagné cette rénovation, le chef de l’Etat, qui est lui-même monté au créneau, avait annoncé créer à Cocody une université avec toutes les commodités des universités nord américaines où il a étudié.

Pour avoir effectué des missions d’enseignement, de recherches et d’encadrement de master et doctorat PHD dans quelques unes de ces universités (Université Laval du Québec au Canada, New-York University etc.), je peux témoigner ici que ce qui nous a été servi à l’université de Cocody est très loin du compte.

Le campus de l’université Laval du Canada où j’ai été logé durant mon séjour dans une grande suite du bâtiment réservé aux professeurs étrangers invités, est relié aux facultés distantes de cinq cent mètres par un vaste réseau de couloirs souterrains qu’empruntent les étudiants pour accéder à leurs facultés respectives. Cela pour les protéger contre le froid. Les températures peuvent descendre à moins trente degrés (-30°C). Ces facultés sont logés dans des immeubles interconnectés où l’on trouve tout – les amphis, salles de cours, laboratoires, bibliothèques et librairies sur les mêmes paliers. Les autres commodités de la vie courante sur d’autres paliers, cafeterias, restaurants, banques, guichets automatiques, bureaux de poste, crèches, pour les nourrissons, garderies, supermarchés, etc. En un mot un monde qui se suffit à lui-même et destiné à créer les conditions idéales pour l’enseignement, les études et la recherche.

L’administration, les centres de recherches et les bureaux des enseignants sont situés sur d’autres paliers. Chaque enseignant est doté d’un bureau très bien équipé. Celui qui m’a été affecté, de 16m² avait une bibliothèque et un équipement complet internet très haut débit permettant de consulter à distance les ouvrages dans toutes les bibliothèques des universités du monde entier connectées au réseau.

Faites-vous-même la comparaison, et vous constaterez aisément qu’il n’y a pas photo. Mais les étudiants et les enseignants d’un PPTE (Pays pauvre très endetté) comme le nôtre n’ont pas forcément besoin de tout cela et peuvent se contenter des infrastructures et équipements indispensables énumérer ci-dessus, pour travailler convenablement. Cela à condition que les dirigeants leur tiennent un discours de vérité humble et honnête. On ne peut pas servir le mensonge à des intellectuels. Ils vont le découvrir aussitôt et gare au retour du bâton.

Parents d’élèves, citoyens, contribuables, nous avons de toute évidence été arnaqués dans la réhabilitation de l’Université F.H.B. Un audit s’impose donc sur les 110 milliards engagés, pour faire la lumière sur les dépenses qui ont été faites afin que tout le monde soit situé.

Pour conclure :

Les récents remous à l’université de Cocody ne sont qu’un signal, une alerte donnée par les étudiants. Elle est symptomatique du malaise ambiant, pour les raisons que j’ai longuement soulignées ci-dessus. Les procès, exclusion et blâme brandis ne constituent qu’un bandage sur un furoncle non crevé. Or il faut courageusement crever l’abcès. Ce n’est pas en coupant des têtes que les problèmes vont se résoudre.

D’autres têtes pousseront. Ce n’est pas non plus en déplaçant des meubles (limogeage de quelques membres du personnel) que les causes du malaise vont disparaître. La dépression systématique dont la gouvernance Ouattara est si coutumière n’a pas sa place à l’université. Alors, Messieurs Alassane Ouattara et Cissé Bacongo, après le rêve revenez sur terre, rectifiez ici et maintenant le tir. Prenez le pouls exact des besoins. Pour cela, il suffit de vous adresser aux doyens des U.F.R, aux syndicats d’enseignants et étudiants qui savent où ils ont mal. Et c’est par là que vous auriez dû commencer. Pour rénover un secteur, il faut s’adresser à ceux qui y travaillent, les professionnels.

Monsieur le ministre Cissé Bacongo, pour l’instant, ce sont les étudiants qui vous parlent. Ecoutez-les. C’est là votre intérêt et celui de notre pays. Leurs maîtres que nous sommes vous ont déjà soumis les problèmes auxquels ils sont confrontés. Très mauvaises conditions de travail, paiement des 50% de salaires qui leurs sont dus. Il est aussi temps de régler ces problèmes avant que le couvercle de la marmite surchauffée ne saute. Avec nous, vous ne pourrez pas exclure, réduire les salaires, à moins de vouloir fermer les universités publiques pour plusieurs années encore. A bon entendeur…


Prof Bruno GNAOULE-OUPOH

U.F.R Langues, Littératures et Civilisations
Département de Lettres Modernes


Source: CONNECTION IVOIRIENNE.NET

INTERVIEW KADER DOUMBIA: «TIKEN JAH FAKOLY A ETE TEMOIN DES CRIMES COMMIS PAR SORO GUILLAUME»


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Une vieille interview (2012), en deux volets, que je vous ai dégotée. Très révélatrice. Bonne lecture!


Plusieurs mois après l’assassinat du sergent chef Ibrahim Coulibaly, ses partisans ont décidé de saisir la Cour pénale internationale en vue d’obtenir justice. Kader Doumbia, porte-parole du collectif pour la justice sur l’assassinat de Ib s’est confié à ivoireinfo.com.


Vous êtes le porte parole du collectif pour la justice sur l’assassinat de IB, vous dites avoir déposé une plainte auprès de la Cpi. Contre qui est-elle adressée et qu’avez-vous obtenu de la part de la CPI?

Je vous remercie, pour l’intérêt que vous nous accordez en nous ouvrant les portes de votre journal. Le CJA-IB a effectivement porté plainte à la Cpi contre x, pour crime de guerre à la suite de l’assassinat extrajudiciaire du général Ibrahima Coulibaly (IB) et de certain de ses proches. En outre, le CJA-IB a demandé à la CPI de prendre en compte tous les crimes commis en Côte d’Ivoire depuis 2002, car cette période a été une des plus meurtrières de l’histoire de notre pays. Nous avons transmis à la Cpi des preuves sur les charniers de Korhogo. En effet, ces crimes sont tellement graves qu’il ne s’agit plus d’une question qui doit se limiter à la Côte d’Ivoire, mais elle doit concerner l’humanité toute entière. L’humanité ne peut pas laisser impunis des individus qui ont ordonné l’assassinat par asphyxie de plus d’une centaine de personnes qui ont étés enfermées dans des conteneurs en fer, exposés au soleil. Les droits de l’homme ne peuvent pas  fermer les yeux sur ces atrocités commises en Côte d’Ivoire, au vu et au su de tous. Ce serait un précédent, un recul regrettable pour la gente humaine.

Des personnes ont été assassinées de Bouaké à Mankono, parce qu’elles étaient tout simplement soupçonnées d’être des proches du général IB ou de ne pas être favorables à Soro. Ce sont là des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, sur lesquelles nous ne saurions nous taire par souci de plaire aux dirigeants actuels du pays ou par appartenance tribale. Des fonctionnaires de l’Etat de Côte d’Ivoire ont été assassinés à Bouaké alors qu’ils n’étaient pas des combattants. Ces fonctionnaires gendarmes avaient été arrêtés et emprisonnés à Bouaké, car ils étaient soupçonnés d’être des pro-Gbagbo. Ce qui est normal en temps de guerre, mais en aucun cas ceux qui les ont arrêtés n’avaient le droit de les assassiner. Il y a un droit international qui dit clairement qu’on ne doit pas assassiner des prisonniers, et pourtant cela a été fait en Côte d’Ivoire sous l’ordre de Soro qui aujourd’hui veut se donner l’ image d’un démocrate. Ceux qui ont été tués ce sont des pères de famille qui ne faisaient que leur travail de fonctionnaires. L’ONU et les organisations de droit de l’ homme ont fait des rapports sur ces crimes de guerre et violations des droits humains. Il va de soi que les auteurs et commanditaires de ces crimes soient entendus et punis. C’est une question de bon sens et c’est la seule réponse que peut apporter l’humanité, contre ceux qui violent les règles et lois qui régissent la vie en société humaine.

Si le droit humanitaire et la communauté internationale laissent ce genre de chose se faire sans réagir, cela ouvrira la porte à d’autres crimes de ce genre. Vous savez que l’impunité entretien le cycle des crimes !

Pouvons-nous avoir des précisions sur les charniers dont vous parlez et qui en sont les auteurs ?

C’est un exercice difficile que vous me demandez-là, à cause des souvenir douloureux que cela évoque en moi. Mais  c’est un simple rappel que je fais lorsque je fais remarquer ce que les populations ivoiriennes du Nord ont vécus pendant près de dix ans et dont ceux du Sud ne voient qu’un échantillon maintenant.

Pendant près de dix ans les populations ont constaté le résultat catastrophique des ambitions insensées des dirigeants des forces nouvelles qui n’avaient cure ni de la justice ni de ce que représente et vaut une vie humaine. Sans aucune retenue, ils ont défié et foulé aux pieds les règles de base de la justice internationale.

Mais ils doivent savoir qu’on ne peut pas impunément défier la conscience humaine et qu’il se trouvera toujours des hommes épris de justice qui leur rappelleront leurs forfaits.

Le 21 juin 2004, une centaine de personnes a été enfermée dans un conteneur de 40’ (pieds) à  Korhogo par les responsables des FN. Ils y ont mis du gaz lacrymogène, de la poudre à minutions et ils ont laissé le conteneur exposé au soleil. Quelques heures plus tard, toutes ces personnes trouvèrent la mort. L’armée française a fait les investigations et a découvert le charnier dans la zone de Ferké ainsi que les pelles estampillées FANSARA 110 (le nom du camp de Fofié Kouakou) qui ont servies pour enterrer les personnes assassinées de cette manière odieuse.

Ce même 21 juin 2004, plusieurs personnes ont été également massacrées à Bouaké et enterrées sur plusieurs sites, les parents de ces disparus n’ont que leurs yeux pour pleurer sans possibilité de faire leur deuil, faute de pouvoir avoir les corps de leurs proches!

Le 22 juin 2004, le chef militaire Djalman et ses éléments ont été arrêtés à Mankono puis emprisonnés, ils seront par la suite exécutés, cela s’appelle crime de guerre car nul n’a le droit de tuer quelqu’un qui est en prison.

Il y a également le cas de l’assassinat de Koné Moussa dit Barbu qui était l’ancien commandant de Ferké. Sous un simple soupçon, ce père de famille a été arrêté puis emprisonné à Bouaké. Son petit frère étant membre de l’équipe musicale du célèbre chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly , ce dernier est personnellement intervenu auprès des autorités des FN pour que monsieur Koné soit épargné. Tiken Jah a lui-même appelé Wattao qui le gardait dans son camp, puis Soro Guilaume, pour leur demander de libérer Koné Moussa. C’était sans compter avec la froideur de Guillaume Soro qui a ordonné à ses chefs de guerre de lui donner la mort, car il ne pouvait plus lui faire confiance, après son arrestation. C’est là un cas palpable de crime extrajudiciaire pour lequel un artiste qui a une réputation mondiale pourra apporter son témoignage et qui montre le visage hideux et l’atrocité de Soro Guillaume dont la véritable place se trouve derrière les barreaux. C’est ce qui explique d’ailleurs la distance prise par Tiken qui, par cette expérience, a pris connaissance de la teneur de la soif de sang de Soro et de ses hommes. Il a compris que ces personnes n’étaient pas fréquentables, puisqu’ils ne se gênent pas pour enlever des vies humaines.

Je ne vous fais pas cas des larmes de cette pauvre dame, la mère de Koné Bakary dit Bakus qui, ayant appris l’arrestation de son fils, est allée elle-même demander pardon aux mêmes nervis de Soro pour que la vie de son unique enfant soit épargnée. Malheureusement cette pauvre mère apprendra quelques heures plus tard l’assassinat de son fils dont le corps a été confisqué.

Le crime reproché à toutes ces personnes tuées était d’avoir partagé les valeurs qu’incarnait IB, souvent même sans le connaître. Le cas de l’étudiant Koné Morel que tout le monde connaît en Côte d’Ivoire est là pour illustrer le caractère criminel et sanguinaire de ces hommes. Ce n’est pas un cas caché, car le cousin de Koné Morel travaille aujourd’hui pour le journal Le Patriote, il se nomme Kigbafori Inza, sa sœur Koné mariam est en France où elle a eu le statut de réfugié politique. Ce pauvre étudiant que Soro a envoyé en mission dans le Nord a été arrêté à Korhogo, puis emprisonné sur simple dénonciation de Konaté, qui est le seul à pouvoir expliquer les raisons de l’arrestation de ce jeune qui pourtant n’a jamais été un combattant ni quelqu’un de dangereux pour eux. Le père de Koné Morel, qui est originaire de la ville de Ferké tout comme Soro lui-même, est allé demander la libération de son fils qui était en prison. Pour seule réponse à sa requête, ils l’ont informé qu’ils ont assassiné son fils, sans même qu’un tribunal l’ait jugé coupable de quoi que ce soit. Le pire c’est qu’ils ont confisqué le corps et ils ont interdit l’accès de la ville de Bouaké au père. Ce dernier est mort par la suite, de chagrin, car il n’a jamais pu avoir le corps de son fils pour faire son deuil.

Je rappelle que les différents massacres et tortures que nous venons de citer ont fait l’objet d’enquêtes par l’Onu et par les forces Licorne. Ces rapports mettent en cause les responsables des FN notamment Guillaume Soro et Fofié Kouakou qui lui a été l’objet d’inculpation par l’ONU pour crime contre l’humanité.

Fofié n’étant qu’un exécutant, vous comprendrez ce que cela veut dire. Cela signifie que les commanditaires doivent passer devant le tribunal pour répondre de ces crimes graves qui ont eu lieu contre l’espèce humaine. Inculpé Fofié et laisser ces chefs politique circuler librement, c’est comme si on inculpait Mangou et qu’on laissait Gbagbo se promener librement.

Ce sont-là de vraies atrocités que vous évoquez, pensez vous qu’on peut aller à la réconciliation sans justice contre les auteurs de ces crimes  ?

Pour un homme comme moi qui me suis toujours battu pour la démocratie et le respect des droits humains, il m’est toujours difficile de parler de ces victimes à cause de la valeur émotionnelle de ces choses. Vous savez que je suis moi-même une des victimes et un rescapé des massacres de Soro et de ses nervis des Forces nouvelles. Je ne dois ma vie qu’à la chance et à la grandeur de Dieu qui m’a permis d’échapper à leur traque dont le but était de mettre fin à ma vie.

La Côte d’Ivoire ne peut pas connaître la démocratie tant que des hommes qui ne connaissent que l’assassinat comme argument seront dans son univers politique. C’est pourquoi il faut qu’ils soient extirpés et remis à la justice pour que la réconciliation soit possible. On ne peut pas d’un côté arrêter Gbagbo pour des crimes qui se sont passés en temps de guerre et de l’autre côté laisser libres des individus qui ont assassinés massivement des citoyens qui étaient à leur merci. Pour la justice et pour l’image de la Côte d’Ivoire, on doit tenir les auteurs de ces graves crimes loin de l’espace démocratique que nous voulons pour notre pays. Tant que ce genre de personnes seront aux affaires, le désir de vengeance rôdera sur le pays et sa stabilité.


Interview recueillie par ADOU Basile pour IvoireInfo


NB: La direction d’Ivoireinfo.com a renoncé à publier la seconde partie de l’interview. Notre confrère Abidjandirect ayant publié une interview qui reprend les mêmes propos de monsieur Kader. La confraternité journalistique nous interdit de publier en doublons des propos d’un même interviewé.

 

Source: IVOIRE INFO.COM

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NICOLE BRICQ ET L'ECONOMIE DE BROC

CHERIF RAHMANI ET NICOLE BRICQ.jpg


Il y a déjà quelques années le code algérien de l’investissement était considéré à juste titre d’ailleurs, comme l’un des plus attractifs au monde. Experts nationaux et étrangers et même des institutions économiques internationales ont régulièrement loué les facilitations que l’Algérie accorde aux investisseurs étrangers.
 
C’est une réalité bien établie et dans les textes. Il se trouve qu’on reparle encore du code de l’investissement qu’on doit réviser pour le mettre à niveau des disiderata sans cesse boulimiques de nos partenaires notamment les français. Pourquoi donc changer un code qui reçoit autant de bonnes notes?
 
A moins de vouloir donner le pays sur un plateau aux entreprises du CAC 40, rien ne justifie l’agitation de certains milieux en panne d’idées à revoir un texte qui se décline comme une invitation à l’eldorado pétrolier algérien.
 
Les voyages successifs de la ministre française du commerce extérieurs Nicole Bricq sont pour le moins suspects.
 
On remarquera qu’elle est chargée de développer le commerce et non pas l’économie. Et quand on sait que l’Algérie ne vend strictement rien sinon ses ressources vitales (le pétrole et le gaz), il est aisé de deviner la mission de Mme Bricq dans une économie de… bric et de broc.
 
L’Algérie un marché pour le CAC 40
 
A chacune de ses interventions devant nos responsables et les chefs d’entreprises, cette Dame d’affaires, donne la nette impression que son pays s’impatiente de prendre une grosse part du gâteau Algérie.
 
«L’Algérie n’est pas un marché, en tout cas, elle ne peut pas être que cela», disait-elle l’autre jour devant les chefs d’entreprises algériens à l’occasion d’une rencontre sur le partenariat bilatéral.
 
C’est tellement facile à le dire par commodité de langage pour titiller l’ego de nos responsables. Mais en y voyant de prés, on ne décèle aucune volonté de la France d’aider l’Algérie à construire une économie par un transfert de technologie mis à part les belles formules discursives de Mme Bricq et ses collègues.
 
La réalité est que les pétrodollars algériens font saliver d’envie la France qui n’est pas encore sortie de sa décrue économique. Il est alors de bon ton d’élever par la magie du discours, l’Algérie au rang de «partenaire». A moins de considérer la réalisation ou la gestion du métro d’Alger, des tramway, de l’aéroport Houari Boumediene, de l’eau dans les plus grandes villes comme un partenariat…
 
La France veut tout prendre
 
On l’aura compris, dans la bouche de Nicole Bricq et même de Raffarin, le partenariat avec l’Algérie est synonyme de bonnes affaires pour les entreprises françaises qui peinent à se placer ailleurs.
 
Il fallait donc rattraper le temps perdu durant les années Sarkozy quitte à sacrifier les formes…Et Nicole Bricq ne s’encombre même pas de formules pour mettre les pieds dans le plat :
 
«Il me paraissait invraisemblable que la France et ses entreprises ne soient pas mobilisées. Quatre entreprises françaises sont présélectionnées dans les appels d’offres en cours», a-t-elle lâché.
 
Cerise sur le gâteau : Le ministre de l’industrie, Chérif Rahmani a défendu publiquement la révision du code des investissement. Son objectif ? «Mettre à plat tout le système et de le rendre cohérent».
 
Il est à espérer qu’il ne s’agira pas de mettre à plat notre économie déjà à genoux…
 
 
Rafik Benasseur, le 29 mai 2013.

Source: ALGERIE1.COM

vendredi, 31 mai 2013

CAMP D’AVEPOZO AU TOGO: INJUSTICE, FAMINE ET DESOLATION TOTALE POUR LES REFUGIES IVOIRIENS

 

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Le vendredi 3 mai 2013, pour avoir manifesté avec leurs concitoyens et compagnons d’infortune, dans le camp d’AVEPOZO pendant plus de 64 jours (sit-in et manifestations de femmes et d’enfants quotidiens), en vue de l’obtention de la reprise de la distribution des vivres suspendue depuis bientôt 6 mois par le HCR Togo, pour l’obtention également d’eau potable et pour des soins plus appropriés, dans un camp qui ne répond plus à aucune norme de salubrité et de sécurité, 5 femmes ivoiriennes et 2 hommes, réfugiés au TOGO, ont été délogés manu militari de leurs tentes par des soldats togolais, traînés à terre, et incarcérés à la prison de LOME. (Il faut indiquer que depuis Janvier 2013, la situation sociale et sanitaire dans le camp s’est de plus en plus dégradée, jusqu’en l’état actuel). Ce qu’on leur reproche ? D’être « des agitateurs politiques ou des politiciens » !

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La grève des femmes d'Avépozo


Ils y croupissent dans le silence le plus total de l’Etat de Côte d’Ivoire (le commanditaire ?), des autres ONG de défense des droits de l’homme et des responsables du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), dont notamment le Responsable HCR local, Monsieur Théophilus VODONO et Monsieur INADJO, Coordinateur de la Coordination Nationale d'Assistance aux Réfugiés.

Aucune autre ONG connue (Croix Rouge, HRW, etc) n’est allée s’enquérir du désastre de ces sœurs et frères Ivoiriens, à part les rares visites du Responsable HCR Togo pour les intimider et les menacer (pour ainsi dire).

Apparemment, le but visé est de contraindre les réfugiés Ivoiriens à rentrer en Côte d’Ivoire. Y compris par les moyens les plus inqualifiables. La dernière fois où le HCR (Togo) a daigné pointer le nez au camp, c’était pour leur faire du chantage, pour qu’ils abandonnent leurs revendications et leurs manifestations en échange de la libération de leurs amis. Un chantage honteux !


Les personnes accusées de ces maux : Le pasteur Gogoua Lévi et sa femme, Pasteur Gogoua Elisabeth, qui s’occupaient de l’organisation du camp, Yéré Prisca, mère au foyer, Mme Gnahoré, mère au foyer, Dago Nathalie, mère au foyer, Yao Laura Florencia, sage-femme, membres actifs de ce mouvement des femmes, Dali Douzoua Jules Arnaud, footballeur.

Agés de 25 à 50 ans, leur tort est d'avoir manifesté et demandé pour le camp des réfugiés, nourriture, eau, soins,... En un mot, des conditions de vie décentes pour tous les réfugiés, et non pas pour eux, personnellement.


L’arrestation des réfugiés ivoiriens au Togo, une cabale

Les autorités togolaises et les autorités du HCR, selon une source crédible et témoin des faits, disent dans les médias (radio et télé), que ce ne sont pas elles qui les accusent et les incriminent mais plutôt les Ivoiriens du camp eux-mêmes, qui ont porté plainte contre eux.

Ils seraient maintenant en train de préparer un piège avec des armes et de la drogue pour les faire accuser et faire une descente musclée, afin d’arrêter les hommes et les jeunes et d'autres femmes, pour les rapatrier de force en Côte d’Ivoire et présenter l’évènement au monde comme le retour des exilés et des ex-combattants pro-Gbagbo. Le pouvoir Ouattara n’annonce-t-il pas déjà, depuis un moment, le retour de 200 ex-combattants ? Prenons donc garde de ne pas nous laisser naïvement abuser par une éventuelle énième manipulation médiatique. Les réfugiés Ivoiriens au TOGO ne désirent pas rentrer car ils ont peur à cause des traumatismes vécus, actuels et anciens. Il n’y a aucune aide psychologique au retour, s’il était  possible, bien évidemment. Nombre de réfugiés ont tout perdu (famille, maison, travail, biens) et sont malades. Des gamins parmi eux essayent d’aller travailler en ville pour quelques pauvres sous. Ils pourraient bien rentrer au bercail, mais en tout cas pas dans cette ambiance et dans ce contexte. Ils ne veulent, actuellement, que de meilleures conditions d’existence – même pas de vie – en exil. Rien de plus. Est-ce un crime ? Apparemment, oui !

Les autorités togolaises présentent les dénonciateurs de ces 5 femmes et de ces 2 hommes comme des Ivoiriens qui vont faire partie du contingent qui retourne à la mère-patrie.

Ces personnes parlent sur les médias locaux et internationaux et dénoncent ces femmes en des termes inqualifiables, et la majorité de ces interviewés sont présentés comme les victimes des « agitateurs politiques ». Il n’en est rien, selon notre source. C’est tout simplement une intox médiatique et de l’escroquerie morale.

Des Ivoiriens qui sont prêts, pour un mieux-être éphémère, à immoler d’autres Ivoiriens, réfugiés dans la détresse comme eux, sur l’autel de l’intérêt personnel.


Ils sont utilisés par les autorités et se font passer pour des victimes du couple Gogoua, en prétextant par exemple (élément vidéo sur YouTube) que ce sont «de jeunes ivoiriens qui ont incendié les tentes après le départ des soldats» alors que l’on voit très  bien dans les images filmées par les réfugiés eux-mêmes que l’incendie a eu lieu concomitamment aux arrestations. Ce ne pouvait donc pas objectivement être de jeunes Ivoiriens qui l’aient fait, pendant que sévissait l’armée togolaise, dans un camp en total désarroi.

C’est une autre forme d’esclavage, le traitement subi par les dénonciateurs, ou pour être plus exact, les calomniateurs : réveiller les plus bas instincts de l’homme et le mettre à la solde d’un pouvoir contre son prochain. Ils sont eux aussi victimes, d’une certaine façon, qu’on les apprécie ou pas. C’est une vieille méthode utilisée dans tous les camps de prisonniers, y compris les camps de concentration, où les nazis employaient des «kapos» de la même communauté que ceux qu’ils surveillaient. Tandis que d’autres se prostituaient.

Les autorités et les responsables du HCR trompent le monde entier et essayent de lui faire croire que c'est un problème entre Ivoiriens et qu'ils ne sont intervenus qu’à la suite d’une plainte déposée par ces Ivoiriens-là contre leurs frères et sœurs. C’est une obscure machination visant en premier à diviser les différentes communautés entre elles, et à  obliger les réfugiés Ivoiriens à rentrer chez eux, comme ne cessent de le clamer à l’unisson certains Togolais, eux-mêmes victimes des mensonges médiatiques, incroyablement remontés contre nos frères, et qui ne leur cachent plus leur hostilité. Ce sont des togolais du camp. Car  il y a aussi des Togolais du Nord dans le camp.

D’autre part, les autorités locales ont interdit à certains Togolais, touchés par tant de misère et qui habitent près du camp, de les aider, sous peine de poursuites judiciaires. Allez-y y comprendre quelque chose ! 

Faire croire qu’il n’y a que des bété et des ex-combattants à Avépozo

Les autorités togolaises veulent fait croire qu’il n’y a que des Bété, ethnie du Président Gbagbo, à AVEPOZO. Ce qui est vraiment à mille lieues de la vérité.

Toute la Côte d’Ivoire est représentée dans le camp, toutes les ethnies de la Côte d’Ivoire, venant d’un peu de toutes les régions.

Les autorités togolaises, proches d’Alassane Ouattara, en complicité avec les responsables du HCR, veulent faire prendre pour parole d’évangile leurs dires selon lesquels le camp n’abriterait que des Bété et des ex-combattants, pour justifier les misères qui sont faites aux réfugiés Ivoiriens et faire passer les vraies victimes pour les coupables.

Au camp d’AVEPOZO, à dire vrai, il y a des Guéré,  des Wobé,  des Yacouba,  des Bété,  des Dida,  des Baoulé,  des Agni, des Abouré, des Adjoukrou, des Abidji, des Aladjan, des Abbey, des Kroumen, des Sénoufo, des  Malinké,  des Ebrié, des Koulango, etc.

Il y a des musulmans et des chrétiens de différentes confessions, qui vont dans les églises togolaises catholiques ou protestantes, évangéliques ou pentecôtistes, quand ils le peuvent.

Nous devons, en tant qu’Ivoiriens, une fière chandelle à certains Togolais (tous ne pouvaient être mauvais !), particulièrement à des pasteurs et des églises qui se sont dévoués pour venir en aide à nos frères et sœurs Ivoiriens en détresse, matériellement, avec leurs faibles moyens, et aussi spirituellement. Il n’y a pas d’églises ivoiriennes dans le camp. Ce sont uniquement des églises installées au Togo et qui apportent de l’aide aux réfugiés comme elles peuvent. Sans leur secours, la situation aurait été bien pire.

L’arrestation de « la responsable GOGOUA Elisabeth », disent les réfugiés Ivoiriens, était comme un acte de guerre ; cette guerre qu’ils avaient déjà vécue en Côte d’Ivoire et dont ils avaient du mal à se remettre.

De nombreuses femmes et des enfants, voire même des hommes, sont encore traumatisés et ont décidé de dormir dans des églises. Plusieurs réfugiés dorment à la belle étoile, de peur que l’armée ou la gendarmerie togolaise ne vienne les surprendre en plein sommeil dans leurs tentes et les conduire en prison. Les Ivoiriens réfugiés au TOGO, pays et peuple frère, avaient-ils besoin de ce nouveau traumatisme ? N’y a-t-il plus d’humanité sur la terre des hommes ?


Une situation plus que jamais précaire dans le camp

« C’est la saison des pluies et lorsqu’il pleut, l’eau pénètre dans les tentes qui sont vieilles et  déchirées. Certaines ont été brûlées par les soldats togolais lors de leur incursion. Nous avons vécu une deuxième guerre et les esprits sont marqués, abattus. On pouvait entendre dans tout le camp, lors de l’arrestation, les femmes pleurer et dirent : ’’Qu’est-ce que vous faites, qu’est-ce qu’on vous a fait ?’’. C’était bouleversant ! », témoigne notre source.

Au camp d’AVEPOZO, tous les services ont été brutalement suspendus : surtout ceux de la sécurité et de la santé. Or il y a encore des femmes enceintes, des enfants malades à cause de la famine dans le camp, des hommes et des femmes traumatisés qui ont besoin de sérénité. Beaucoup d’entre eux sont vulnérables et n’ont pas un kopeck pour se nourrir, se déplacer ou pour aller au centre-ville en vue de recevoir des soins.

La population du camp est essentiellement constituée de femmes et d’enfants, de personnes âgées et de jeunes hommes,  et il y a déjà des épidémies dues aux conditions d’hygiène et à l’eau polluée par les excréments. La famine a également poussé certains enfants (filles) et femmes à la prostitution, parce que le camp ne reçoit plus de nourriture, depuis bientôt 6 mois. Comment comprendre et accepter que des êtres humains soient traités de la sorte ? Fussent-ils affublés de l’épithète « pro-Gbagbo » !

Nos frères d’AVEPOZO vivent un vrai drame au TOGO, en ce moment. Comment peut-on plonger des semblables, qui plus est étrangers en quête de refuge et de quiétude, qui demandent juste un peu d’hospitalité, dans une telle détresse, au nez et à la barbe du HCR et des organisations de défense des droits de l’homme ? Humanité sélective ou impuissance avérée ? Nous aimerions savoir.

Entre temps, les fameux « plaignants » sont invisibles et les procédures judiciaires peinent à avancer, en raison de leur défection ou de leur inexistence. Il n’en demeure pas moins que les accusés sont encore en prison, dans la plus totale légèreté procédurière. Ils ne sont assistés d’aucun avocat ! Même commis d’office. Ils doivent être libérés sans autre forme de procès, si la justice existe au TOGO. Car ce qui s’y déroule, actuellement, est parfaitement inacceptable. Aux dernières nouvelles, ils seraient fatigués et amaigris, même s’ils gardent encore le sourire. Quelques autres réfugiés et pasteurs s’organisent pour les assister, leur donner un peu de nourriture, quand ils le peuvent, et leur rendre visite. Visites, au demeurant, surveillées et contrôlées par des policiers. Bien évidemment !

Pendant ce temps, des émissions radio sont produites par le pouvoir togolais et le HCR au cours desquelles des Ivoiriens à leur solde disent des choses incroyables et étourdissantes, en français, et qui sont reprises en langue locale, à des heures de grande écoute, contre leurs frères Ivoiriens : une véritable campagne d'intoxication, de mensonges et d'accusations farfelues. Il y a même également eu une interview de ce genre sur BBC, le lendemain des exactions ! Quelle cabale !

Ils disent entre autres que le couple pastoral Gogoua est un couple d’arnaqueurs qui prétend pouvoir faire partir des réfugiés en Europe. Et l’une des radios qui leur sert, de façon récurrente, à cette sale besogne est l’ancienne Radio Nostalgie de LOME, Légende FM.


A l’heure actuelle, c’est la famine dans le camp ; c’est un mouroir certain pour les malades. On donne de l’argent, pour le retour en Côte d’Ivoire, à ceux qui veulent rentrer « volontairement » (dans ces conditions ?). Une douzaine sont déjà rentrés, notamment des personnes âgées et des malades ; malheureusement, les autres ont encore peur du contexte sociopolitique qui prévaut et qui les attend en Côte d’Ivoire.

Un agent du HCR est allé, en dernier ressort, comme nous le disions plus haut, voir les femmes du camp qui multipliaient, malgré tout, sit-in et réunions de prière, pour leur dire que si elles arrêtaient leurs sit-in et qu'elles demandaient pardon publiquement à l'Etat togolais pour ce qu'elle ont dit – ce qui sous-entend bien qu'elles reconnaissent qu'elles ont menti sur leurs conditions de vie! – ils libéreraient les prisonniers. Ce chantage est inqualifiable ! Tel est le désastre que vivent nos frères Ivoiriens au TOGO.

 

Que DIEU aie compassion des réfugiés Ivoiriens et que DIEU sauve la Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO 

APPEL

Nous cherchons quelques personnes, ou une église, qui auraient à cœur de s'engager, à leur rythme, pour:

1) Soutenir déjà personnellement le Serviteur de Dieu réfugié qui s'occupe des visites aux prisonniers (besoins estimés à 80 Euros par mois – nourriture et transport pour la prison qui est à plus de 25 Km du camp).

2) Faire face aux besoins essentiels des prisonniers jusqu'à leur libération (dons répartis par l'intermédiaire de ce serviteur. 30 Euros par personne estimés).


Pour la Côte d'Ivoire et les pays africains, uniquement par mandat:

Contacter Dindé Fernand: dindefernand2@yahoo.fr, pour la marche à suivre, avec copie à  eleutherie@gmail.com.


Autres pays:

Pour les dons et tout renseignement et aides pratiques:

Contacter l'association Eleutherie (www.eleutherie.eu), en écrivant à:

eleutherie@gmail.com 

Nous vous enverrons un RIB (numéro international d’un compte bancaire).

Chèques à l'ordre d'Eleutherie, à envoyer à:

Association Eleuthérie 11, rue Dumont 88560, St Maurice-sur-Moselle

(Spécifier le nom des personnes à qui le don est destiné: Pasteur "Avépozo" notre contact, ou "Gogoua" pour les prisonniers, etc).

Si vous connaissez un avocat à Lomé qui serait susceptible de nous aider, écrire à:

eleutherie@gmail.com.


Merci  et que DIEU vous bénisse!

DECERNER LE PRIX FELIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX A FRANÇOIS HOLLANDE: UNE ERREUR DE CASTING OU UNE PREUVE DE CYNISME?

 

 

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François Hollande doit renoncer à ce prix!

 

Le 21 février dernier, François Hollande s’est vu nommé pour recevoir le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[1], décerné chaque année par l’UNESCO. Il le recevra le 5 juin prochain de l’UNESCO.

 Il y a de quoi s’étonner à plus d'un titre.

  • Comment François Hollande peut-il recevoir ce prix alors qu’il a porté et porte toujours la guerre au Mali, qu’il est à la pointe du combat pour livrer des armes aux opposants au régime syrien et que la Force Licorne est toujours active en Côte d’Ivoire alors qu’Amnesty International[2], dès 2011 a signalé que « les forces internationales (à la fois les soldats français de la Force Licorne et les forces de maintien de la paix de l’ONUCI) ont joué un rôle clé en Côte d’Ivoire depuis leur intervention dans cette crise.» Ajoutant que «la légitimité de la présence de ces forces de maintien de la paix a été remise en cause (…) en novembre 2004 et en janvier 2006 » et que par ailleurs ces « forces internationales ont fait usage de la force létale aussi bien en novembre 2004 qu’en janvier 2006 »?  
  • Comment l’UNESCO, qui ne peut ignorer ces éléments, a-t-il pu avaliser la suggestion du jury?

Cette nomination risque d’avoir de sérieuses conséquences sur l’image de l’UNESCO et particulièrement sur la Commission internationale pour la recherche de la paix[3] mais elle porte aussi un nouveau coup à la Charte des Nations Unies et à l’ONU qui n’en ont pas besoin alors qu’elles sont niées, instrumentalisées, bafouées par nombre de membres de la communauté internationale qui, au détriment des peuples, décident de réécrire de nouvelles règles pour les relations internationales au profit de la finance et des multinationales et des nouvelles aspirations impérialistes au prétexte de combattre le terrorisme. 

Elle oblige à constater la rupture qu’il y a, d’un côté, entre le Peuple des Nations et de l’autre, les gouvernants et les institutions internationales.

Depuis 1989, le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix[4] honore par ce titre -composé d’une médaille en or, d’un diplôme de la paix et d’une somme de 150 000 dollars[5]-, « des personnes, institutions ou organisations ayant contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de l'Acte constitutif de l'UNESCO ».

Il est fait référence à deux outils ; l’un est la Charte des nations Unies, acte constitutif et fondamental de ce qui constitue et le Peuple des Nations et la communauté internationale[6], l’autre concerne l’acte constitutif de l’Unesco pensé par les gouvernements des Etats parce que «les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix[7]».

Ce prix a-t-il été décerné à François Hollande au vu de son action au Mali qui garantirait la paix dans le respect de la Charte des Nations unies? «Préserve-t-il les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances »?

Cette action permet-elle de « proclamer à nouveau notre foi dans (…) l'égalité de droits (…) entre les nations, grandes et petites »?  Crée-t-elle «les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, (…)  et à ces fins à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage et à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales[8]»?

Est-ce-que l’intervention armée de la France au Mali mais aussi le maintien de la Force Licorne en Côte d’Ivoire «contribue -selon les critères de l’UNESCO- au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, (…) que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples »? 

Quelle autre action pacifique a menée le Président de la République française depuis son élection ? A-t-il, ainsi qu’il l’avait promis lors de sa campagne, «rompu avec la Françafrique, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité[9]»?

Non, il n’a pas été mis fin à la présence de la Force Licorne en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, il ne cesse de répéter qu’au Mali, « nous sommes en train de gagner cette bataille[10] »;  certains de ses ministres vont même jusqu’à affirmer que la France est en guerre.

Guerre contre qui? Sur quelles bases légales au regard du droit international?

Depuis son non engagement contre l'Irak, la France n’a de cesse d’endosser le statut de va-t-en-guerre. Elle l’a fait en Libye, hors du cadre onusien mais au nom du droit d'ingérence et de la responsabilité de protéger les populations civiles[11]. Elle cherche à prouver à ses alliés favoris qu’elle continue à tenir son rang et qu’elle est à leurs côtés en allant défendre leurs intérêts et les maigres privilèges qui lui restent, même si cela est fait alors qu’elle sait que l'usage de la force ou même la menace de l'usage de la force est interdit par l'article 2 §4 de la Charte des Nations Unies.

Cet article interdit de manière absolue l’usage de la force et de la menace de l’utilisation de la force. Cette interdiction- une des plus grandes conquêtes de l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale- est une garantie normative visant la paix et la sécurité internationales pour tous les Etats et les peuples.

Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée, soit lorsque les mesures de coercition armées sont décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (chapitre VII de la charte), soit parce qu’il s’agit de légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, qui reconnaît, à tous les Etats, le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La France se trouvait-elle dans l’une ou l’autre de ces situations?

L’interdiction absolue -et répétons-le une fois encore, sauf en cas de légitime défense et de l’autorisation du Conseil de sécurité- fait partie, sans aucun doute, des normes impératives du droit international.

En déclenchant une guerre au Mali, les autorités françaises -agissant en tant qu’organes de l’Etat- ont ordonné l’exécution d’opérations militaires qui, de toute évidence, enfreignent les dispositions de la Charte des Nations Unies. Ainsi, les autorités françaises –il est vrai que ce ne sont pas les seules- sont en train de violer l’une des normes les plus fondamentales du droit international, mettant directement en danger la paix et la sécurité internationales dont les conséquences néfastes vont se faire sentir bien au-delà du départ, encore très incertain, des troupes françaises.

Certes, en l'état actuel du dispositif impérialiste, il est somme toute normal que la France, membre du Conseil de Sécurité, ne se soit pas portée garante de cette norme impérative du droit international et ait préféré surfer sur des idées comme le droit de protéger ses otages retenus à l’intérieur de territoires souverains et sur la responsabilité de protéger les populations du Nord Mali et stopper à la fois l’avancée sur le sud du Mali et la destruction de biens culturels d’importance. Elle continue à  ouvrir la porte à ce nouvel ordre mondial de violence et de misère basé sur la loi du plus fort et la déstructuration de l'ensemble des normes impératives du droit international.

Préférer la violence et la guerre à la recherche de moyens pour maintenir la paix et la sécurité internationales pour l'ensemble des peuples, c'est permettre que tout le système multilatéral onusien soit remis en cause alors qu'il aurait fallu trouver d’autres moyens pour mettre fin à ce début de partition du Mali et permettre aux Maliens et aux Maliennes de construire des solutions pour mettre fin aux nombreuses exactions portant atteintes à l’ensemble des droits fondamentaux.

En passant outre certaines des Résolutions[12] adoptées sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, la France ne fait que démontrer que le système onusien a perdu toute sa crédibilité et dès lors qu'il est aisé de le bafouer, de le contourner, de le manipuler, voire de l’ignorer. Cela a été le cas pour la Libye, l’Irak où la culture du mensonge a été portée à un niveau de cynisme qui a coûté et coûte encore la vie à de très nombreux enfants, femmes et hommes.

Le Président de la France, dès lors, mérite-t-il d’être récompensé? Certainement pas!

C’est pourtant bien ce qu’a fait le jury présidé par l'ancien Président du Mozambique, Joaquim Chissano, qui a «condamné la violation de l'intégrité territoriale du Mali, les violations des droits de l'homme, l'enlèvement d'otages et la destruction du patrimoine culturel de l'humanité à Tombouctou » en reconnaissant « la contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique » et « la solidarité manifestée par la France à l'égard des peuples africains ». Si nous sommes tous et toutes d’accord pour condamner, aux côtés des Maliens et des Maliennes, la violation de l’intégrité territoriale, l’enlèvement d’otages et la destruction d’un patrimoine culturel inestimable, il reste une question de taille.

Certes, le peuple malien, grâce aux moyens militaires importants de la France, a été « débarrassé » des groupes semant la violence au Nord Mali ; il aspirait, fort légitimement, à la fin de la terreur ; mais quel prix va-t-il maintenant payer d’une part, à « ses sauveurs » et d’autre part, aux groupes qui vont certainement continuer à semer la terreur une fois les troupes françaises parties? Cela autorisait-il la France à commettre les exactions commises lors de la reprise de Kidal? Comment expliquer que la France a noué  des relations particulières avec le MNLA dans la même ville?

Les questions posées par certains de ces groupes sont-elles résolues? Sera-t-il enfin mis fin au passage de la drogue qui alimente l’Europe dans ces régions? La question touareg trouvera-t-elle une solution? Cette intervention extérieure permettra-t-elle la reconstruction des institutions maliennes de manière durable et avec des moyens suffisants pour assurer une totale souveraineté à un gouvernement qui n’a cessé d’être sous la coupe de ses anciens colonisateurs et des institutions financières internationales? Les pays occidentaux arrêteront-ils de faire croire à l’ensemble des peuples qui se sont libérés de dictature ou qui sont encore sous l’emprise de leurs « suzerains » que le seul modèle démocratique est le leur?

Autant de questions qui restent en suspens et pour lesquelles l’intervention française ne peut apporter de solution tant ces réponses doivent être construites par le peuple malien dans son ensemble en raison de son droit inaliénable à disposer de lui-même et de jouir pleinement de sa souveraineté, sans ingérence extérieure imposée. 

Au regard de tout cela, il y aurait une certaine indécence à remettre le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à François Hollande. 

La Commission internationale pour la recherche de la paix doit revoir son casting et attribuer ce prix à des hommes et des femmes qui se battent au quotidien pour maintenir la paix alors que ce sont les logiques de guerre qui prévalent et envahissent de plus en plus l’espace social mondial.

Face à ces logiques mortifères, le « Peuple des Nations » doit cesser de courber l’échine et doit faire entendre ses voix diverses, son attachement fondamental au droit à disposer de lui-même il doit  aussi faire entendre son refus de la menace d'une guerre permanente et de cet ordre qui les exploite et les exclut du partage du pouvoir et des richesses.

Dans ce contexte, il serait indécent que le Président de la République, François Hollande, soit récompensé pour ses entreprises « guerrières » et reçoive le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

 

Fondation Frantz Fanon

http:// frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com

 



[1] Ce prix a été décerné à de nombreuses personnalités dont Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, Jimmy Carter, Abdoulaye Wade, Martti Ahtisaari, ainsi que Luiz Inácio Lula da Silva.

[2] Rapport -AFR 31/002/2011, Amnesty International, mai 2011.

[3] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/international-commission-for-peace-research/

[4] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/

[5] http://www.unesco.org/new/fr/houphouet-boigny-peace-prize/about-the-prize/presentation/general-conditions-of-the-prize/#c246171

[6] Représentée par « nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants » qui sont dans la majorité des Etats élus par les membres de la société civile, Préambule de la Charte des Nations Unies.

[7] http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=15244&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[8] Préambule de la Charte des Nations Unies.

[9] Proposition 58, Le changement c’est maintenant ; Mes 60 engagements pour la France ; 

http://www.parti-socialiste.fr/dossier/le-projet-de-francois-hollande

 [10] ww.lepoint.fr/monde/mali-nous-sommes-en-train-de-gagner-cette-bataille-selon-hollande-28-01-2013-1621132_24.php

[11] Enfin, la porte est grande ouverte, Mireille Fanon-Mendès-France, 31 mars 2011,

http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/?p=723 

[12] Résolutions 20562071 : votée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de Sécurité et 2085.

LETTRE OUVERTE A L'HUMANITE: LA GRANDE AFFAIRE DU MARIAGE POUR TOUS OU LA CAVALE VERS LE CHAOS

 

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Dr Olivier Bilé, Leader politique et universitaire camerounais
 
 
Chers(es) concitoyens(nes) du monde,
 

Le 12 février 2013, le parlement français a adopté la loi sur le mariage homosexuel, laquelle a été promulguée par François Hollande le mois suivant. Le monde entier a pu constater que cette loi est passée en force, car une bonne frange de la population française y était et y demeure opposée. Les mouvements de contestation dont il faut saluer l’engagement et la détermination, qui ont pris d’assaut la rue française sous la bannière de la « Manif pour tous », réclamaient notamment un référendum, compte tenu de l’ampleur de la portée sociétale de ladite loi. Ils n’ont reçu qu’une fin de non recevoir.

Si la droite française a été soupçonnée de récupérer l’événement à des fins politiciennes, certains de ses membres n’étant pas opposés à ladite loi, il apparait aussi que cette actualité a été loin de donner à la France l’image d’une grande démocratie moderne. Nous nous souvenons que ce jour, des opposants à la loi ont été expulsés par ordre du président de l’assemblée nationale en ces termes : « Mettez moi dehors ces ennemis de la démocratie ».

Dans notre société de la vitesse, l’on est habitué au fait qu’une actualité nouvelle en chasse une moins récente. La question du mariage homosexuel qui touche maintenant quatorze pays à travers le monde, n’est pas une question banale sur laquelle on puisse passer aussi rapidement. Elle engage la communauté mondiale entière et met en jeu le devenir de l’humanité. Raison pour laquelle nous nous permettons de nous inviter au débat mondial relatif à cette question.

Comme l’ont souvent indiqué les opposants à la loi Taubira, toute société est fondée sur la famille qui en constitue la pierre angulaire. S’attaquer à la famille c’est s’engager à saper et pulvériser les bases de la société. Les adeptes de l’homosexualité ont manifestement décidé d’imposer leur préférence sexuelle. Cette tendance à l’effronterie, cette résistance opiniâtre à toutes les normes morales fondamentales, ces assauts répétés et toujours plus virulents contre les repères orthodoxes, nous obligent à nous interroger sur ce qu’il adviendra de nos sociétés dans les âges à venir, si de tels choix sociétaux prospèrent davantage à travers le monde.

Le témoignage de l’histoire nous révèle que l’événement du 12 février 2013 n’est pas une première.

A différentes époques, des inclinations similaires ont été observées parmi les hommes qui, collectivement ou majoritairement, ont adopté des comportements contre-nature, bravant tous les codes moraux et éthiques de leurs époques respectives. N’en déplaise à ceux qui n’y croient pas, le rapport consigné dans la bible révèle la situation du monde antédiluvien à l’époque de Noé. Le cœur des hommes n’était tourné que vers le mal. Cette tendance démocratisée à l’iniquité provoqua le déluge dont seul Noé et sa famille sortirent vivants. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que le peuplement de la terre se refasse et que les groupements humains soient à nouveau constitués. Les peuples de Sodome, Gomorrhe, Adna et Tseboïm s’illustrèrent à leur époque comme des champions de l’homosexualité.

C’était une société émancipée comme la nôtre, aux mœurs libérées et à la sexualité débridée. Les archéologues affirment que la région fut dans un lointain passé, le théâtre d’une extraordinaire déflagration. Le rapport consigné dans la Bible est clair : Dieu sanctionna l’immoralité de ces villes en y faisant pleuvoir du feu alimenté de souffre. Nous savons que la violence et l’immoralité sexuelle furent parmi les causes majeures du déclin de Rome. Malgré toutes ces expériences, les hommes semblent ne pas tirer les leçons de l’histoire. Raison pour laquelle, il convient de leur raffraîchir la mémoire sur cette délicate question.

Il faudrait peut-être à cet égard, commencer à s’interroger sur les causes spirituelles profondes du déclin et des tourments socioéconomiques des sociétés postindustrielles contemporaines. Il faudrait s’interroger sur la prégnance dans ces contextes, des phénomènes d’exclusion sociale, de précarité et de chômage galopants, de suicides et de désespérance, de drogue, de divorces, de violences diverses etc., reflets d’une tendance à la désarticulation continuelle de la structure et des équilibres sociaux traditionnels.

Par invocation des conventions internationales, la pression s’exerce désormais sur les pays du Sud afin que les portes de leurs pays soient plus largement ouvertes à l’homosexualité, ce qui y conduirait à terme, à la légalisation du « mariage pour tous », les mêmes causes produisant les mêmes effets. Rappelons toutefois que cela serait facteur de graves aberrations car ni du point de vue historique, ni du point de vue socio-anthropologique, nos pays africains attestent de traditions susceptibles de justifier et d’intégrer la massification du phénomène de l’homosexualité.

La légalisation du mariage homosexuel est à notre avis, une résultante sur la durée, du paradigme sociétal postmoderniste issu lui-même de la philosophie humaniste moderne d’essence occidentale. Il s’agit d’un humanisme prométhéen qui a déclaré sa haine à l’égard de tous les dieux, allant jusqu’à tuer Dieu selon les termes de Nietzsche. Une fois Dieu écarté, c’est l’homme dans sa volonté de puissance et de domination qui a été instauré. L’homme conquérant aux désirs insatiables qui, pour les assouvir, ne recule devant rien. Dieu écarté, c’est la référence suprême à la morale qui a été éteinte.

Dès lors toute morale devient subjective et relative. On en est arrivé à une société sans repère, produisant des scandales à la pelle. Et si une certaine morale laïque est convoquée pour venir à la rescousse, nous constatons chaque jour à travers le monde à quel point les hommes sont en mal de sens, aveuglés qu’ils sont par leurs inclinations primaires au principe des égoïsmes, des injustices et de l’exploitation des hommes par d’autres, du racisme, du terrorisme, des violences multiformes et de la barbarie qui caractérisent notre époque.

Quand un peuple a majoritairement choisi d’expulser Dieu de ses affaires, sa morale l’entraînera inexorablement vers le précipice. Nous voulons rappeler à ce niveau que pendant la révolution française, la France s’illustra comme la première nation dans l’histoire, à crier à la face du monde qu’elle ne voulait plus de Dieu, et s’engagea dans une violente campagne pour éliminer toute trace de Dieu et de la religion. Les Français d’aujourd’hui doivent savoir ou se souvenir du cri de guerre qui nourrit la révolution sanglante de 1789. Il était lancé par l’un de ses prophètes les plus téméraires, athée jusqu’à la moelle, François Marie Arouet dit Voltaire. Son ordre était simple et des plus explicites: « Eliminez l’infâme! », l’infâme étant Jésus-Christ. La nature ayant horreur du vide, il fallait instaurer un nouvel objet de vénération après avoir rasé l’ancien. Une femme symbolisant la liberté fit l’affaire. Plus tard, la statue de la liberté fut offerte par la France aux Etats-Unis d’Amérique.

Depuis 1789 donc, la liberté est devenue le prétexte par lequel on justifie toutes sortes d’initiatives. L’outil pour y parvenir est celui de la raison. Qui ne se souvient en classe de philosophie, du culte voué à la déesse « raison »? On prétendait alors que grâce à la raison, l’homme est capable des plus grands exploits. Raison pour laquelle il n’a plus besoin de Dieu. L’humanisme prométhéen dans toute sa violence, a fait l’éloge du surhomme nietzschéen qui par sa puissance, doit absolument parvenir à ses fins, de la même manière que les promoteurs de l’ordre homosexuel qui, en utilisant l’arme de l’argent et du pouvoir veulent imposer leur ordre sociétal contre-nature. Pour le moment, nous voulons examiner comment l’Europe et le monde occidental se sont retrouvés captifs d’une idéologie mensongère aux intentions absurdes.

Au XIXe siècle, Charles Darwin publie son ouvrage sur la théorie de l’évolution et l’origine des espèces par la sélection naturelle. Jusqu’aujourd’hui, cela n’est resté qu’une théorie, une doctrine qui recherche des arguments scientifiques en sa faveur. Le fonds de la pensée darwinienne était ailleurs. Les tenants de l’évolutionnisme social l’ont rendue explicite. Dans la société, les plus forts dominent et dictent leurs lois et leur vision du monde aux plus faibles qui ont pour seule option de se plier ou de se faire écraser. La logique des seigneurs de l’homosexualité de masse, ne déroge pas à cette règle. Au nom de la liberté, ils obligent les nations à se convertir à cette pratique. On prétend que l’homosexualité est une inclination naturelle qui ne doit pas être réprimée, au risque de violenter les pulsions internes des individus.

Cet argument nous vient de l’hypothèse de Freud qui a voulu trouver en la liberté, l’origine de toutes les névroses sociales. Il fallait donc libérer la sexualité. Voilà ce en quoi l’Europe a cru aveuglément au nom de la raison. A la limite, on pourrait comprendre que l’homosexualité demeure une pratique minoritaire, confidentielle, sans incidence majeure sur les normes et standards sociétaux universellement reconnus. Mais d’où vient-il que l’on en arrive au mariage officiel et à cette violente et agressive irruption dans l’espace public, avec des notions connotées telle celle d’homophobie de plus en plus usitée pour stigmatiser les défenseurs de la norme et de l’orthodoxie humaine en matière de sexualité?

Assurément, nous n’avons à cet égard ni les mêmes valeurs ni la même culture ni les mêmes conceptions quant aux questions de sexualité. Pourquoi alors porter atteinte à la pudeur des peuples en leur imposant cette absurdité? Si les adeptes de l’homosexualité refusent de reconnaître la violence morale dont ils sont les acteurs, nous nous permettons à notre tour de leur demander au nom de quel argument raisonnable, ils veulent que les hommes introduisent leurs phallus dans l’anus des autres, et ce pour quel intérêt? Non, la campagne en faveur de l’homosexualité est une cabale qui ne répond à aucun argument raisonnable.

Les religieux et les partisans de la droite française s’y sont opposés sans oser aborder le fond de la question, sans jamais soulever le véritable problème qui une fois évoqué, suscite la levée des boucliers: l’homosexualité, du point de vue de la morale divine, est source de destruction et de déchéance sociale. A cet égard, notre regard sur les grandes difficultés actuelles de nombre de pays, nous incline à croire que ces derniers sont intimement liés aux options civilisationnelles et sociétales liées à la légalisation du mariage homo et à la massification de la culture de l’homosexualité.

Avec l’humanisme, c’est l’homme déchu qui s’est érigé en idole dans le monde occidental. Nous le qualifions d’humanisme prométhéen parce qu’il promet aux hommes l’affranchissement de la tutelle divine et l’accès au bonheur terrestre. La notion de Dieu a été tellement érodée dans la mémoire collective occidentale que sa seule évocation met plus d’un mal à l’aise. Dieu et la religion sont acceptés comme phénomène social regrettable ou, pour rependre Freud, « des délires collectifs d’hommes qui cherchent à s’assurer bonheur et protection contre la souffrance au moyen d’une déformation chimérique de la réalité ».

Le rejet de Dieu s’est aussi traduit par l’anti-surnaturalisme. Au nom de la science, on a rejeté tout ce qui se situe au-delà de l’entendement humain. La religion étant une expression de la névrose humaine, tous ceux qui s’y adonnent sont relégués au second rang. C’est pourquoi pour ne pas paraître ringard ou démodé, les européens dans leur grande majorité refusent de s’identifier à Dieu. C’est également la raison pour laquelle le bras de fer contre les promoteurs du mariage homosexuel était voué à l’échec, étranger qu’il était à tout argumentaire basé sur le regard et la norme divine.

Comment en effet mener un combat en faveur de l’orthodoxie morale sans se référer à Dieu ? Nous reprochons aux hommes d’église soit leur déficit de courage, soit leur manque de discernement dans cette affaire. Il était de leur devoir de dire clairement qu’ils rejettent l’homosexualité au nom de Dieu et de sa loi. Il leur revenait de mettre les humanistes au défi d’expliquer pourquoi ils refusent la théonomie pour se forger des lois humanistes qui en fin de compte, se révèlent mécanismes de cautionnement de l’immoralité la plus absurde. Aux acteurs de la droite, nous demandons au nom de quoi ils s’opposaient à l’homosexualité, eux qui ont également embrassé l’anthroponomie humaniste aux dépends de l’héritage judéo-chrétien occidental. C’est pourquoi il est fort aisé de les accuser de faire de la récupération politique.

Le problème fondamental de l’occident c’est l’abandon de son héritage chrétien millénaire. Le plus curieux c’est de voir les rationalistes brandir leurs espoirs en la science tout en fréquentant les cercles ésotériques. Satan étant le père du mensonge, il propage son poison au nom de la liberté. C’est cette illusion de liberté et de puissance qu’il a toujours vendue à l’humanité rebelle pour l’asservir ensuite. La liberté est une notion très noble que nous chérissons tous. Nous aussi, nous l’avons choisie. Nous acceptons la liberté par la soumission à Dieu. Dans nos villes africaines, le phénomène des enfants de la rue va grandissant. Entre l’enfant obéissant aux injonctions de son père à la maison et celui qui flâne dans les rues, qui est le plus libre en réalité? Nous ne voulons pas de l’illusion de liberté dont le mariage homosexuel est une expression. Il est toujours temps de se ressaisir et de prendre une nouvelle orientation.

L’occident a rejeté le christianisme, le qualifiant de superstition, pour embrasser les sciences occultes. Le poison de l’occultisme s’est répandu dans le monde entier. En Afrique, la quasi-totalité des chefs d’Etats sub-sahariens sont rosicruciens ou franc-maçons. Qui servent-ils en réalité? Animés par leur soif bacchanale du pouvoir, les fraters utilisent de nos jours une bonne vieille recette. Elle consiste à corrompre le genre humain par l’immoralité, de sorte à la rendre odieuse aux yeux du seul vrai Dieu créateur des cieux et de la terre. L’immoralité sexuelle fut la cause du déluge. Le peuple d’Israël dans l’Ancien Testament devient la proie de ses ennemis chaque fois qu’il s’adonnait à cette iniquité.

La campagne de mondialisation de l’homosexualité n’est rien moins qu’un effort planifié pour corrompre l’humanité entière. Les humains sont comme des enfants gâtés qui aiment à se permette l’assouvissement de leurs pulsions lascives. Pour nous, la liberté c’est la force que Dieu donne pour contrôler et maîtriser les instincts sexuels afin de les exprimer, le moment venu, dans le cadre du mariage entre deux adultes responsables et de sexes différents. Telle est la sexualité pour laquelle nous militons. L’homosexualité n’est pas recevable comme norme ou modèle, de notre modeste point de vue et ceci n’est point une question de d’évolution ou de niveau de développement comme on l’entend trop souvent encore.

C’est une question de conception et de représentation du monde. La campagne de propagation de la culture homosexuelle est une phase majeure du dessein d’asservissement moral et total du genre humain. A travers cet article, nous ne disons pas seulement notre rejet du mariage homo et de la culture de l’homosexualité de masse. Nous déclarons que la chose ne prospérera pas sous nos cieux, compte tenu des valeurs fondamentales de la vie qui sont nôtres. Il est donc inopportun d’exercer des pressions sur nos Etats en vue de favoriser l’affirmation de cette culture au prétexte de la liberté. Nous affirmons que le vrai espoir consiste à revenir aux normes fondamentales, qui ont préservé la civilisation jusqu’à nous. Dans la même lancée, nous voulons souhaiter que dans un ultime et véritable élan de lucidité et de discernement, d’autres gouvernements auront le courage d’abroger les lois sur ce mariage homosexuel dans les pays où il a hélas déjà été adopté.

Comme nous l’avait suggéré Frantz Fanon, Il nous appartient à nous Africains aujourd’hui, d’inventer et d’affirmer courageusement une conception du monde nouvelle ainsi qu’un paradigme sociétal original, foyiste et théocentriste à l’exclusion de tout fanatisme, seul susceptible de préserver le monde des Voies de la dérive et de l’autodestruction. La construction d’un modèle de société fondé sur la promotion des valeurs de Dieu et de notre riche identité africaine sera notre meilleur cadeau à l’humanité toute entière.

 

Dr Olivier Bilé

jeudi, 30 mai 2013

DESESPERANTE AFRIQUE… 50 ANS APRES LA NAISSANCE DE L’OUA (DEVENUE UA)


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Le Président Français François Hollande est l’invité spécial de Madame Nkosazana Dlamini-Zuma (Présidente de la Commission de l'Union africaine), pour la célébration des 50 ans de l’UA. Et même que Mr Alassane Dramane Ouattara le ‘préfet’ installé par la France à la tête de la Côte d’Ivoire comme Président, devrait prendre la parole devant les membres de cette assemblée du haut de cette tribune continentale. La vivante Françafrique en Force, revigorée par ses dernières victoires néo-colonialistes en Côte d’Ivoire puis au Mali.

C’est à désespérer de cette institution qui se révèle être devenue une coquille vide. Diallo telli doit certainement être en train de se retourner dans sa tombe. Six pieds sous terre, Modibo Keïta et Sylvanus Olympio doivent se demander si ceux qui conduisent cette institution née pour une grande et belle aventure Africaine ont lu la charte qu’ils ont rédigée en 1963. 

La première ligne de la charte de l’OUA dit : ‘Nous, Chefs d’Etat et de Gouvernement africains, réunis à Addis Abéba, Ethiopie ; 

CONVAINCUS QUE LES PEUPLES ONT LE DROIT INALIÉNABLE DE DETERMINER LEUR PROPRE DESTIN […]

Oui… nos peuples Africains ont le droit inaliénable de déterminer leur propre destin, mais nombre d’entre eux ont fait le choix de confier ce destin au vorace Empire Français. 

Finalement, c’est quoi le but de la ‘lutte’ de l’OUA (UA)? 

Nous avons le droit de lutter, mais ne nous trompons pas d’adversaires.

Nous avons le droit de rêver, mais ne dormons pas sur nos lauriers (bien entendu, si nous en avons).

Nous avons le droit de vouloir d’une Afrique plus représentative dans le concert des nations, mais c’est à nous de bâtir cette Afrique-là et ce n’est pas ainsi que nous y parviendrons en reniant les règles de base que nous nous fixons. 

Comme le dit Aimé Césaire dans la Tragédie du Roi Christophe: «Les autres ont fait à petits coups de siècles. Où est pour nous le salut, si ce n’est que nous ferons -nous- à grands coups d’années.» 

Que faut-il faire pour susciter un nouvel élan dans la démarche émancipatrice de l'Afrique (de l’Afrique Noir surtout)?


Source: Le blog de Claudus

CINQUANTENAIRE DE L'UA: POUSSEE D'«AFRICANERIES» SUR FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Voilà que les lampions se sont éteints sur les célébrations marquant le cinquantenaire de l’Union africaine avec pour ancêtre, l’OUA. Réunis à Addis-Abeba dans la cuvette de verre qui sert désormais de siège à l’organisation panafricaine, les chefs d’Etat du continent et leurs invités ont tenu à marquer l’événement d’une pierre blanche. Comme à chaque grand-messe du genre, discours et résolutions ont fusé de la tribune, suscitant parfois dans l’auditoire un air de déjà-vu, pour ne pas dire de déjà-entendu.


S’il est un discours qui n’aura pas laissé les délégués indifférents, c’est bien celui du président français, François Hollande, seul chef d’Etat occidental convié à l’anniversaire de l’illustre quinqua. En effet, c’est sans ambages que le grand chef blanc a convié ses pairs africains sur les rives de la Seine les 6 et 7 décembre prochain pour discuter sécurité et paix. Et comme il fallait s'y attendre, la pilule a été dure à avaler pour certains, qui estiment avoir été mis devant le fait accompli, pour ne pas dire qu’ils se sont sentis purement et simplement convoqués, et cela, sans le moindre préalable. Des grincements de dents qui laissent transparaître en filigrane les vieux réflexes de souverainisme frileux.

L'on a parfois l'impression que nos chefaillons veulent une chose et son contraire. Tant leur attitude envers les anciennes puissances coloniales est pleine de paradoxe. Quand ça ne va pas chez eux, on mendie le soutien de l'Occident. Mais quand ce dernier s'avise de prendre des initiatives les concernant, on crie à l'ingérance et au paternalisme. Où était l'Union africaine et sa fameuse force en attente lorsque les émirs d'Aqmi et leurs alliés menaçaient de mettre le Mali sous leur coupe ? N'est-ce pas la France qui a sauvé ce pays du péril djihadiste? Une chose est d'avoir de l'orgueil, une autre est d'en disposer des moyens.

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’organisation panafricaine ne s’y est pas trompé, lui qui, dès lundi, a salué l’initiative en y ajoutant toutefois un bémol. Pour lui «s’il y a un principe que le cinquantenaire a mis en évidence, c’est certainement le principe de solutions africaines aux problèmes de l’Afrique». Ainsi, pour ne pas tomber à l’eau, la prochaine conférence de Paris devra donc favoriser le leadership du continent en matière de paix et de sécurité.

Mais ne nous y trompons pas. Si à la tribune d’Addis-Abeba le président français a convenu qu’il revenait bien aux Africains d’assurer leur propre sécurité, il n’en demeure pas moins qu’à son sens, un conflit local peut avoir des répercussions à l’échelle mondiale. Raison de plus pour ne pas rejeter la main tendue, surtout si celle-ci va dans le sens d’un accompagnement décomplexé vers la mise en œuvre effective de solutions africaines aux problèmes africains. Si pour l’instant la volonté semble partagée de part et d’autre de la Méditerranée, le plus dur reste à faire.

 

H. Marie Ouédraogo


Source: L'OBSERVATEUR.BF

mercredi, 29 mai 2013

HOLLANDE PERORE A ADDIS-ABEBA DEVANT UNE SALLE VIDE! (VIDEO)

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Hollande n'était pas au sommet d'Addis-Abeba au moment où tous les chefs d'Etats africains y étaient. Son discours était attendu pour 19h, il a été fait à 20h40 devant une salle vide, après que tous les participants au meeting du Cinquantenaire de l'Union Africaine (UA) fussent rentrés chez eux.

Chapeau bas au service de communication de l'Elysée! Vraiment trop fort!

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
 


Source: CANAL PLUS.FR

TOURNEE AFRICAINE DES OBAMA: QUOI, LE GRAND OUATTARA IGNORE!?

 

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Du 26 juin au 3 juillet, le président Barack Obama et son épouse Michelle Obama vont se rendre dans plusieurs pays africains. Cette tournée, la première en terre africaine depuis la réélection du président Obama à la tête de la première puissance mondiale, le conduira en Afrique du Sud, Sénégal et Tanzanie.

Pour la Côte d'Ivoire promise à l’émergence en 2020, il nous faudra attendre. Pourtant cette visite s’inscrit curieusement dans la volonté des USA de « renforcer et développer les relations des états-Unis avec ces pays d’Afrique subsaharienne, en renforçant notamment la croissance économique, les institutions démocratiques, les investissements et le commerce, et en investissant dans la prochaine génération des dirigeants africains » selon un communiqué de la Maison Blanche.

Vous avez dit renforcement de la croissance économique?

Celle de la Côte d'Ivoire frôle officiellement les deux chiffres. Mais l’on sait que ce n’est que très artificiel. Au point que «l’argent travaille sans circuler». La pauvreté a atteint le niveau record des 50 années d’indépendance. Les USA le savent, eux qui écrivent dans leur dernier rapport que «la corruption était omniprésente en 2012».

Institutions démocratiques?

Après avoir entraîné la Côte d'Ivoire dans la guerre par la volonté de son président Wade, le Sénégal a eu l’intelligence d’éviter ces souffrances à son peuple et en recueille aujourd’hui les fruits en matière de coopération internationale. Par ailleurs, la Côte d'Ivoire a eu ses institutions démocratiques par les bombes ; et la justice des vainqueurs en cours dans le pays, conjuguée aux violations quotidiennes et criminelles des droits de l’homme avec des génocides allégués à l’Ouest la rendent indigne de fréquentations politiques officielles, en dehors des contrats nocturnes. Le soufre des odeurs des assassinats est encore trop piquant pour se rendre au bord de lagune Ebrié. L’harmattan, ce vent de poussière et de froid qui souffle du Nord au Sud, y charrie, au propre comme au figuré, des odeurs nauséabondes du sang des campements de l’ouest et du camp de Nahibly.

Investir dans la prochaine génération des dirigeants africains?

Les  dirigeants Ivoiriens se sont autoproclamés d’ossature internationale et la présidence de la CEDEAO (Communauté des états de l’Afrique de l’Ouest) octroyée pour asseoir une légitimité contestée à l’intérieur des frontières nationales est sans doute une veste trop grande pour eux. Obama peut donc passer son chemin. A moins que Barack Obama dont l’Ambassade en Côte d'Ivoire vient  de produire un rapport accablant sur le régime Ivoirien ne sache que «la prochaine génération des dirigeants africains» au titre de la Côte d'Ivoire se trouve en exil. Seuls les "Dozos" à la gâchette facile écume les forêts ivoiriennes en quête de gibier humain.

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En effet, pour Obama et les USA, «Les problèmes de droits de l’homme les plus graves ont été les violations commises par les forces de sécurité et l’incapacité du gouvernement à faire respecter l’état de droit. Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l’armée du pays, se sont rendus coupables d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture et de détentions arbitraires. Bien qu’originaires du Nord du pays, les Dozos, des chasseurs traditionnels qui assumaient souvent des rôles de sécurité non officiels, se retrouvaient dans tout le pays et étaient impliqués dans des violations des droits humains, notamment des meurtres et des cas de détention arbitraire au cours de l’année. Les conditions dans les prisons et centres de détention étaient dures. La corruption a persisté dans l’appareil judiciaire, qui était inefficace et manquait d’indépendance. Le gouvernement a restreint la liberté de la presse et le droit à la vie privée. Les personnes déplacées internes (PDI) ont fait face à des conditions de vie précaires et difficiles.

Le gouvernement a rarement pris des mesures pour poursuivre les responsables qui ont commis des violations, que ce soit dans les services de sécurité ou ailleurs au sein du gouvernement. L’impunité des forces de sécurité, en particulier pour les crimes commis durant la crise postélectorale de 2011, a été un problème». (Extrait de "RAPPORT (USA) 2012 SUR LES DROITS DE L’HOMME EN CÔTE D’IVOIRE").

 

Nelson Degol


Animateur du blog AFRIKEVEIL