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mercredi, 30 décembre 2015

LES ATTENTATS DE PARIS ET DE BAMAKO - LES APPARENCES DE SCENARIOS DE SCIENCE FICTION

 

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En observant de près, avec les images transmises par les médias, les péripéties des attentats perpétrés dans l’agglomération parisienne le 13 novembre dernier et l’examen des comptes rendus de l’attaque contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako, plusieurs éléments nous ont paru invraisemblables ou du moins étranges.

Les attentats « terroristes » de Paris (figures 1 et 2)

Le mystère entourant l’origine du passeport syrien trouvé près d’un kamikaze nous a remis en mémoire le passeport trouvé intact dans les décombres du WTC, la prise de décision précipitée par le Président français de déclarer l’état d’urgence et ce sans avoir en main les résultats d’une première enquête et sans consulter l’Assemblée nationale, l’explosion de deux bombes voire de trois près du stade de France cachée aux yeux du public (aucune image précise n’a été diffusée de ces attaques à part celles de l’intérieur du stade), le discours du Président déjà structuré et préparé selon le modèle de celui de G.W. Bush prononcé en septembre 2001 avec cette déclaration de guerre contre l’EI (l’EI aurait revendiqué les attaques le lendemain seulement), la rapidité (sans enquête préalable) à identifier les djihadistes à l’origine de la tragédie et l’assaut donné au Bataclan caché lui aussi aux yeux du public. Aucune preuve tangible concernant la revendication des attaques par l’EI. Enfin, pourquoi la présence et l’intervention du Secrétaire d’État des USA à cette occasion?

Selon le Procureur de Paris, il s’agit de la pire attaque terroriste qui n’ait jamais frappé la France. Six attaques ont eu lieu simultanément à Paris et à Saint-Denis, vendredi 13 novembre. Un bilan provisoire fait état d’au moins 129 morts et 352 blessés, dont beaucoup dans un état grave, selon le procureur de la République de Paris, François Molins, mais il pourrait s’alourdir. Sept terroristes sont morts, tous après avoir actionné leurs ceintures explosives. L’enquête ne fait que débuter. Nous sommes forcés de penser que les seules preuves des attaques sont basées sur le compte rendu du Procureur de Paris. Ce qui est surprenant c’est que l’on a pu faire une description complète concernant les terroristes alors que l’enquête ne faisait que débuter.

Nous sommes aussi restés perplexes en regardant attentivement les images transmises par les médias mainstream qui n’ont montré aucune trace de morts ou de blessés de même qu’aucune opération majeure leur portant secours. Les attentats de Saint-Denis nous ont laissés dans le doute quand le Procureur de Paris en a fait le compte rendu : Un assaut terrifiant par des forces de l’ordre considérables contre deux ou trois djihadistes se trouvant dans un appartement scellé avec une porte blindée opposant une résistance telle qu’il a fallu utiliser 5000 munitions dans une opération qui a duré sept heures : « Dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 13 novembre, un assaut a été donné à partir de 4 h 20 mercredi 18 novembre, dans un appartement situé rue Corbillon et sur le boulevard Carnot, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au nord de Paris. L’opération, menée par le RAID et la BRI, et impliquant 110 policiers au total, s’est terminée peu après 11 h 45 (http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/18/assaut-a-saint-denis-ce-qu-on-sait-ce-qu-on-ignore_4812399_4809495.html). Ces événements n’ont pas non plus été diffusés clairement à la télévision et ont permis d’attiser  la peur à l’égard des supposés terroristes.

Figure 1. Un blessé évacué du Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris – DOMINIQUE FAGET AFP

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Source :

https://apps.facebook.com/ea_scrabble_closed/?fb_source=notification&fb_ref=YOUR_TURN_WORD_PLAYED&ref=notif&notif_t=app_notification

 

Figure 2. Les forces de l’ordre au cours de l’assaut à Saint-Denis

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Source : http://www.bfmtv.com/diaporama/les-images-de-l-assaut-a-saint-denis-3214/en-plein-centre-ville-3/

 

Les attentats de Bamako (figures 3 et 4)

Les reportages et images transmis concernant les attentats perpétrés à Bamako nous ont laissés aussi dans le doute sur la véracité des faits. Aucune image des morts ou des blessés. Une évacuation ordonnée et sans aucune panique chez les occupants de l’hôtel, aucune ambulance dans les parages de l’hôtel et identification précipitée des assaillants pouvant appartenir à al-Mourabitoun, un groupe d’al-Qaïda. Une revendication de l’attaque non confirmée serait venue via twitter des djihadistes de ce groupe. Ainsi, il y a lieu d’être perplexe devant le contenu de ces descriptions.

 

Figure 3. L’évacuation d’un otage de l’hôtel Radisson Blu à Bamako

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Source : http://www.lepoint.fr/monde/attaque-a-bamako-l-etat-d-urgence-decrete-au-mali-21-11-2015-1983567_24.php

 

Figure 4. Les forces spéciales maliennes, ce 20 novembre, interviennent à l’hôtel Radisson de Bamako au Mali.

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Source : http://www.rfi.fr/afrique/2min/20151120-direct-mali-radisson-blu-hotel-fusillade-bamako

 

Conclusion

À l’instar des attentats du 11 septembre 2001 aux USA plusieurs éléments nous permettent de formuler des questions sur la véracité des faits rapportés par les organismes officiels à Paris comme à Bamako. Nous ne voulons pas tomber dans le piège de la théorie du complot perpétré par les États, mais nous devons admettre qu’un grand nombre de questions peuvent être posées, car les preuves pouvant appuyer les faits rapportés ont été jusqu’à maintenant plutôt rares ou exposées de façon fragmentaire et imprécise.

Semer la peur afin de pouvoir justifier une militarisation accrue des États et des sociétés.

Nous appuyons très fortement les propos de Barry Grey concernant les effets de la campagne mondiale des médias mainstream utilisant les attaques dites terroristes de Paris et ce quels que soient les auteurs présumés de ces attaques :

« les attentats terroristes de vendredi dernier à Paris ont déclenché une campagne médiatique internationale visant à inspirer la panique et justifier une escalade des guerres au Moyen-Orient et l’assaut contre les droits démocratiques aux États-Unis et en Europe. Les principaux médias acceptent sans réserve toutes les affirmations des responsables du gouvernement, ainsi que leurs déclarations cyniques de solidarité avec les victimes et leurs dénonciations intéressées des tueurs comme le mal incarné. Ils œuvrent à utiliser ce dernier attentat pour légitimer les guerres et les mesures répressives qui ont produits ces atrocités et les précédentes, tout en ouvrant la voie à des guerres plus larges et à la dictature pure et simple » (http://www.mondialisation.ca/les-medias-et-les-attentats-terroristes-a-paris/5490157).
Bref, les reportages présentés par les grands médias n’ont pas exposé les faits de façon claire et convaincante. À Paris, il a fallu se contenter des comptes rendus du Procureur qui est resté vague dans ses propos et avare de preuves pouvant appuyer ses affirmations.

 

Jules Dufour

 

 

Références

DINUCCI, Manlio. 2015. 13-Novembre ou le «le 11-Septembre de la France». La stratégie du chaos. Mondialisation.ca et ilmanifesto.info. Le 17 novembre 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/13-novembre-ou-le-le-11-septembre-de-la-france-la-strategie-du-chaos/5489693

DUFOUR, Jules. 2009. La quête de la vérité sur le 11 septembre. Un droit universel à respecter. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 avril 2009. En ligne :http://www.mondialisation.ca/la-qu-te-de-la-v-rit-sur-le-11-septembre-un-droit-universel-respecter/13069

LE MONDE.fr. 2015. Attaques à Paris : le point sur l’enquête et le déroulé des attaques. Le 13 novembre 2015. En ligne : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/13/fusillade-meurtriere-a-paris_4809485_3224.html

LES DÉCODEURS. 2015. Assaut à Saint-Denis : ce que l’on sait, ce que l’on ignore. LeMonde.fr. Le 20 novembre 2015. En ligne : http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/18/assaut-a-saint-denis-ce-qu-on-sait-ce-qu-on-ignore_4812399_4809495.html

ORIENTAL REVIEW. 2015. Massacre du 13-Novembre à Paris: A qui profite le crime ? Montréal, Mondialisation.ca et orientalreview.org, le 16 novembre 2015. En ligne :http://www.mondialisation.ca/massacre-du-1311-a-paris-a-qui-profite-le-crime/5489402

RADIO CANADA. 2015. Mali : attaque armée contre un hôtel de Bamako. Le 20 novembre 2015. En ligne :

https://apps.facebook.com/ea_scrabble_closed/?fb_source=notification&fb_ref=YOUR_TURN_WORD_PLAYED&ref=notif&notif_t=app_notification

RADIO CANADA. 2015. Mali : attaque armée contre un hôtel de Bamako. Le 20 novembre 2015. En ligne : http://ici.radio-canada.ca/breve/35387/assaillants-toujours-retranches-dans-hotel-bamako

RADIO CANADA. 2015. Des assaillants toujours retranchés dans l’hôtel de Bamako, corrige le gouvernement malien. Le 20 novembre 2015. En ligne : http://ici.radio-canada.ca/breve/35387/assaillants-toujours-retranches-dans-hotel-bamako

ROBERTS, Paul Graig. 2015. Les attentats de Paris et «l’histoire officielle» : La Matrice se déploie. Mondialisation.ca et paulgrairoberts.org, Le 17 novembre 2015. En ligne :http://www.mondialisation.ca/les-attentats-de-paris-et-lhistoire-officielle-la-matrice-se-deploie/5489754

VASILESCU, Valentin. 2015. La chronologie des attentats de Paris. Mondialisation.ca et reseauinternational.net, le 17 novembre 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/la-chronologie-des-attentats-de-paris/ 5489747

WIKIPÉDIA. 2015. Attentats du 13 novembre 2015 en France. Dernière mise à jour : Le 22 novembre 2015. En ligne :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_13_novembre_2015_en_France#Identification_des_criminels

 

 

Source: MONDIALISATION.CA

mercredi, 18 novembre 2015

AU COEUR DE LA « PUTSCHTAPE » SORO/BASSOLE QUI HYSTERISE ABIDJAN ET OUAGA

 

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Les attentats qui ont visé Paris vendredi dernier ont procuré un bref répit à Guillaume Soro, ex figure de la rébellion contre Laurent Gbagbo désormais président de l’Assemblée nationale ivoirienne. En effet, ce dernier était confronté à un énorme « bad buzz » depuis jeudi dernier, à la faveur de la révélation des enregistrements d’une conversation présumée entre l’ancien ministre de l’Intérieur burkinabé Djibril Bassolé, aujourd’hui en détention préventive, et lui. Une conversation durant laquelle on entend sa voix proposer une aide à la fois financière et logistique en vue de faire réussir le complot de Gilbert Diendéré, qui est alors dans l’impasse, fin septembre dernier. Plus grave : on entend la même voix assumer, avec un cynisme qui fait froid dans le dos, les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro, et de Ibrahim Coulibaly dit « IB », la figure historique de la rébellion qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui.

D’une certaine manière, j’ai été au cœur de ce « bad buzz », et le cercle rapproché de Guillaume Soro n’en finit pas de me pointer du doigt et de m’insulter depuis. « J’ose dire pourtant que je n’ai mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité », disait Junie dans le Britannicus de Racine. En réalité, je n’ai fait que diffuser sur les réseaux sociaux un fichier MP3 qui venait de déborder du cercle des « initiés » dans lequel il circulait déjà depuis un certain temps, « sous le manteau » des emails et des services de messagerie instantanée.

Pourquoi ai-je choisi de lui donner un écho public en me servant de ma visibilité en ligne ?

Premièrement, parce que je considère la personne qui m’a transmis cet élément audio comme digne de confiance.

Deuxièmement, parce que son contenu est, de manière assez troublante, conforme à ce que décrivaient, selon Jeune Afrique, « des sources au sein de la transition ». Bassolé aurait été avant son arrestation « en contact téléphonique avec Diendéré et surtout avec Guillaume Soro ».

« C’est un de ces appels passés au président de l’Assemblée nationale ivoirienne qui est au cœur de la procédure judiciaire. Il aurait eu lieu deux jours avant l’interpellation de Bassolé et aurait duré une quinzaine de minutes. Cette conversation aurait été enregistrée alors que les unités loyalistes de l’armée contrôlaient la capitale et que le régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’était replié dans son camp de Naaba Kom, derrière le palais de Kosyam. Selon deux sources proches de Zida, qui disent avoir entendu l’enregistrement de cette conversation tout en refusant pour l’instant d’apporter la preuve de son existence, Guillaume Soro aurait offert un appui financier à Djibrill Bassolé pour soutenir les putschistes. Il lui aurait proposé de l’argent pour « remotiver » les hommes du RSP et financer des attaques sporadiques de mercenaires contre des casernes burkinabè, situées notamment près de la frontière ivoirienne, pour forcer les militaires loyalistes à desserrer leur étau autour de Naaba Koom. Les mêmes sources affirment que Bassolé aurait « approuvé » ce plan et suggéré que deux de ses proches se rendent dans le nord de la Côte d’Ivoire pour récupérer l’argent, le 29 septembre. Il sera finalement arrêté le jour même », avait résumé JA.

Troisièmement, parce que j’ai eu la ferme conviction qu’il s’agissait bel et bien des voix de Djibril Bassolé – avec qui j’ai dîné et longuement discuté au cours d’une conversation privée il y a quelques années – et de Guillaume Soro – que tous les journalistes qui ont « couvert » la Côte d’Ivoire des années de guerre ont abondamment pratiqué et observé. En matière de journalisme, science non exacte, il faut savoir se servir aussi de son flair.

Quatrièmement, en raison du profil psychologique de Guillaume Soro tel qu’il se laissait entrevoir dans l’enregistrement. Ceux qui le fréquentent décrivent un homme qui se sent progressivement marginalisé dans le cercle des pouvoirs en Côte d’Ivoire, qui brûle d’exister, qui adore raconter ses « prouesses » passées et peut être assez imprudent dans l’usage de la parole quand il veut impressionner son auditoire.

Cinquièmement, parce que je savais que la diffusion massive de cet enregistrement dont tout le monde parlait et que personne n’avait officiellement entendu créerait un « électrochoc positif ». Elle obligerait les concernés à s’expliquer. Et leur ligne de défense pourrait être riche d’informations.

Sixièmement, parce que la richesse des détails par ailleurs vérifiables donnés par cet enregistrement sur des réalités connues du seul microcosme des affaires et de la politique me faisait penser que si par extraordinaire il était le fruit d’une manipulation, cette manipulation serait le fait de professionnels issus des « services » d’un pays ou d’un autre. Une telle hypothèse ouvrirait un champ d’investigation certain. Il fallait donc ouvrir la marmite !

En adoptant face à la houle médiatique la ligne de défense qu’il a choisie, le camp Guillaume Soro a paradoxalement « authentifié » l’enregistrement qui faisait le buzz. Comment ? Déjà, ses hommes et lui se sont murés de longues heures dans un silence gêné, se refusant à la moindre dénégation, ce qui est pourtant le réflexe naturel et immédiat de quiconque se retrouve ainsi accusé. Par la suite, ils ont relayé un audio mis en ligne par un site Internet [http://www.oeildafrique.com] censé être le VRAI enregistrement de la conversation Soro/Bassolé, contrairement au FAUX partagé par « le délirant Kouamouo ».

Il fallait pourtant réfléchir un tout petit peu pour se rendre compte du caractère grotesque de la manœuvre.

Premièrement, le fichier produit par Soro and Co. n’est en rien conforme à ce dont avaient parlé les autorités burkinabé. Ni au regard de sa durée (moins de deux minutes) ni au regard de son contenu.

Deuxièmement, parce que les rares propos de Djibril Bassolé contenus dans cet audio sont conformes à ce que l’on entend dans la première version. Seuls les propos de Soro sont différents – et ils donnent l’impression de vouloir démontrer son innocence AVANT le scandale. Il « anticipe » même d’autres fuites et se défend par avance en affirmant qu’il a dit à certains interlocuteurs, des « infiltrés », ce qu’ils voulaient entendre. De plus, on « sent » clairement un « cut », un montage, à 1’25’’.

Troisièmement, le site oeildafrique.com dit avoir eu ce fichier des autorités burkinabé. Les mêmes qui ont jeté Djibril Bassolé en prison et accusent bruyamment Guillaume Soro se seraient donc précipitées, toutes affaires cessantes, au secours de ce dernier pour lui sauver la mise ? Difficile à croire !

Tout dans cette affaire donne l’impression que les spin doctors de Guillaume Soro ont, dans la panique, concocté une « pièce » censée les disculper mais qui en réalité, a achevé de les démasquer !

 

Source: LE BLOG DE THEOPHILE KOUAMOUO

ATTENTATS EN FRANCE - L'ELYSEE DOIT REVOIR SA POLITIQUE EXTERIEURE

 

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François Hollande à Versailles le 16 novembre 2015.

AFP Photo / Pool / Michel Euler



Douloureux moment que celui que traverse en ce moment le peuple français. Un peuple endeuillé par six (6) attentats simultanés le vendredi 13 novembre 2015 faisant au moins 129 morts et plus de 350 blessés dont plus de 80 cas critiques. Même si cette horreur a été revendiquée par l’Etat islamique (Daech), l’actualité note qu’il y a parmi les assaillants, djihadistes, trois français. Et selon des témoins, un des assaillants aurait crié que « c’est la faute à Hollande, il n’avait pas à intervenir en Syrie). Allusion faite aux bombardements de l’aviation française des positions et sites de l’Etat islamique en Syrie. Et il a été établi que plus d’un suspect dans ces attentats est entré en Europe à la faveur de la crise des migrants qui préoccupe actuellement l’ensemble des pays d’Europe, tellement le flot est ingérable pour un seul pays. Mais au-delà de l’émotion, faisons appel à la raison pour savoir pourquoi un tel drame peut arriver à la grande France. Ce qui arrive à la France, devrait lui arriver tôt ou tard, bien que cela soit regrettable. Le pouvoir français applique la démocratie dans sa politique intérieure. Mais à l’international, il exporte la violence et sème la terreur. Or, qui sème les bombes ne peut pas recevoir continuellement que la paix et les butins de guerre. Il y a également les représailles qui se manifestent d’une manière ou d’une autre et au moment où l’on s’y attend pas.

L’esprit de domination planétaire

On peut dire que la France se trouve en tête des nations se croyant investie d’une mission divine de jouer les gendarmes du monde. Donc autant Louis XIV, ce pouvoir absolu, disait : « la France, c’est moi », autant un chef de l’Etat de la Ve République française, comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande, peut déclarer en ce qui concerne la politique étrangère de la France : « la France, c’est moi». Parce que le Parlement lui laisse les coudés franches, même s’il massacre d’autres peuples, disloque leur pouvoir, leur administration et crée la désolation à travers le monde. On a l’exemple de la Côte d’Ivoire, la Libye, la Syrie, etc. Mais l’histoire retiendra aussi que Louis XIV aimait tellement la guerre qui l’a considérablement enrichi, que la guerre a fini par provoquer la ruine de la royauté française. C’est à cause de cet esprit va-t-en guerre et du règne absolu de ce tyran, que les philosophes repensant les pouvoirs, ont commencé à établir la nécessité d’une distinction et d’une séparation des pouvoirs et des théories du gouvernement. Le sentiment qui se dégage en voyant les parlementaires français silencieux ou d’accord avec cette politique extérieure de prédation de l’Elysée, c’est que le peuple français aime les présidents qui ont des vertus viriles, des vertus de conquête, de domination et de force. Cela ferait sa fierté de voir que son pays bombarder dans tel endroit du monde, que dans tel autre, il joue les redresseurs de torts, alors qu’au fond, c’est pour régler un compte et soigner ses intérêts impérialistes. Le France aime la guerre hors de ses frontières. Mais la guerre n’est pas toujours du goût de l’ensemble de ses soldats, ses fils, qui vont périr sur le terrain. C’est dans cet esprit qu’après mai 1968, l’armée française dans sa majorité a refusé un conflit avec l’Union soviétique, disant : « Plutôt rouge, que mort ». En clair, les généraux étaient prêts à livrer la France à l’armée soviétique plutôt de se battre et de retomber dans une guerre. On avait alors compris que les valeurs de l’honneur qui animaient les combattants de 1914 étaient dépassées, laissant la place à celles de la liberté, des discussions et du plaisir. Le plaisir de vivre en paix chez soi et chez les autres. Or, le pouvoir français poussé par l’impérialisme (son gagne-pain), pouvoir qui n’a pas l’expérience d’un soldat côtoyant tous les jours la mort sur le théâtre des opérations, multiplie les occasions de guerre.

Des concepts-prétextes pour faire la guerre

C’est ainsi que dans les années 2000, Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères français, développe le concept « devoir d’assistance à peuple en danger » dans le cadre du droit des gens. Un concept où il y a à boire et à manger où l’Elysée peut glisser de projets de conquêtes ou reconquêtes territoriales. Mais si cette politique s’est montrée plus discrète en Yougoslavie sur la question serbe, elle a fait et continue de faire d’énormes dégâts en Libye. Un pays où, en 2010, pour régler leurs comptes à Kadhafi, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre anglais David Cameron, décident une défense du peuple de la ville de Bengazi. C’est sur ce principe de l’assistance à personne en danger, de l’assistance humanitaire, que les Occidentaux bombardent la Libye et tue Mouammar Kadhafi. Voilà donc ce pays disloqué, devenu un port prisé pour de milliers de migrants clandestins pour l’Europe. Migrants dont des milliers, pourtant espoirs de leurs familles, meurent dans la mer. A travers le monde donc, la France a créé des situations de révolte. De même, des milliers de jeune français, les propres fils de l’Hexagone, partis en djihad en Syrie, en Irak, en Afghanistan, etc. qui y ont vécu ou vu l’horreur ont été retournés par l’adversaire ou par leur propre conscience, contre la France, leur patrie. Ceux-là, comme l’enquête vient de le prouver et les autres ressortissants des autres pays où la Franc a mis le feu, peuvent un jour où l’autre, poser un acte comme ceux que vivent en ce moment les Français. Et quand le président syrien Bachar El Assad à l’Elysée : « La France vit ce que le peuple syrien vit depuis 5 ans », cela peut signifier pour les terroristes « voici un exemple de ce que les autres peuples souffrent à cause de notre politique extérieure ». Car les milliers de migrants qui déferlent en Europe ne sont pas des nécessiteux. Il y a parmi eux des médecins, des avocats, des ingénieurs, etc. Mais des gens qui n’ont plus de paix chez eux où la France et ses alliés attisent le feu pour le pétrole ou autres intérêts. La France est donc touché dans sa fragilité, elle si puissante. C’est l’équilibre de la terreur, à telle point que même un coup de pétard met le peuple en émoi. Malheureusement, des Français sont en tête des assaillants. C’est cela, l’ironie du sort.

 

Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr

jeudi, 12 novembre 2015

COUP D'ETAT DU RSP: LES ECOUTES AUDIO QUI ACCUSENT SORO ET BASSOLE (FUITES)

 

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Les services secrets ivoiriens et burkinabés ont fait fuiter la fameuse conversation téléphonique entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé relative au coup d'Etat Diendéré.

Guillaume Soro évoque également la mort de IB et Tagro : "Il fallait qu'on les tue pour qu'on soit en paix". Ovajab Media.

 

Ecouter la conversation sur le blog SoundCloud du journaliste Théophile Kouamouo, en cliquant:

ICI

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© Koaci.com - Jeudi 12 Novembre 2015 - Une fuite de conversation téléphonique transmise à KOACI par des sources proches de l’enquête sur le coup d'Etat au Burkina, de 16 minutes attribuée à Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Djibrill Basolé, l’ex patron de la diplomatie burkinabé, sous l’ère Compaoré, et candidat recalé à la présidentielle au Burkina-Faso crée le choc.

(Écoutez l'intégralité de l'enregistrement transmis en cliquant sur le lien Audio en bas de l'article, ndlr).

Dans l'enregistrement, provenant probablement d'écoutes de services occidentaux (France ou Usa, ndlr), dans lequel les voix du président de l'assemblée nationale ivoirienne et de l'ancien ministre de Compaoré sont assez nettement identifiables, est clairement mise en lumière l'organisation et la planification d'un coup militaire au Burkina à l'époque du siège de l'armée devant le camp du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp) via des actions armées à l'interieur du pays pour faire "paniquer" l'armée et permettre au putschistes pro-Compaoré encerclés de sortir afin d'instaurer un climat d'insécurité et de déstabilisation dans le pays et faire capoter la transition.

L'ancien chef rebelle ivoirien cite tour à tour entre autre, Hamed Bakayoko, Alassane Ouattara, un rapport de Faure Gnassingbé, le candidat à la présidentielle Roch Kaboré, dont il dit que "s'est déjà plié" sous entendant qu'il a déjà gagné l’élection, et un homme d'affaire camerounais Paul Fokam (patron du groupe bancaire Afriland Bank, ndlr) qui, toujours selon les dire de Soro, via l'actuel ministre de l'interieur ivoirien, financerait sa campagne sans que Ouattara en soit informé.

La résidence ouagalaise de Guillaume Soro a été perquisitionnée dans le cadre de l’enquête du coup d'Etat par les autorités burkinabé. Lors de la perquisition ont été retrouvés des lingots d'or, des gilets pare balle et des armes.

La justice burkinabé avait déjà laisser fuiter à la presse dont KOACI, l'existence de plusieurs heures d'écoutes attribuées à Guillaume Soro dont les liens avec Blaise Compaoré sont plus que connus et fraternels.

Le coup d'Etat visait à réinstaller le camp Compaoré, chassé par le peuple, au pouvoir et en finir avec la transition réinstallée depuis lors et en passe d'organiser une élection présidentielle transparente dont la campagne est en cours.

Djibrill Bassolé est à cette heure emprisonné dans le cadre de l’enquête en cours dont le rapport a été remis aux autorités.


Source: KOACI.COM

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Lire aussi l'article de Jeune Afrique publié le 12 octobre 2015: «Burkina: Bassolé dans le collimateur de la justice militaire»: http://bit.ly/1MpONyl

'Pour les magistrats militaires qui enquêtent sur le coup d'État manqué contre le régime de transition burkinabè, aucun doute : Djibrill Bassolé, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, est le complice des putschistes de l'ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP) et de leur chef, le général Gilbert Diendéré.

Les deux hommes, qui sont inculpés d’« attentat à la sûreté de l’État, haute trahison et collusion avec des forces étrangères », ont été placés sous mandat de dépôt le 6 octobre à Ouagadougou. L’ancien chef de la diplomatie aurait été avant son arrestation, le 29 septembre, en contact téléphonique avec Diendéré, mais aussi avec… Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Au cœur de la procédure en cours : un appel présumé d’une quinzaine de minutes entre ce dernier et Bassolé. Il aurait eu lieu alors que les hommes du RSP s’étaient repliés dans leur camp de Naaba Koom, derrière la présidence, et que les unités loyalistes prenaient le contrôle de la capitale.

Cette discussion a évidemment posé un problème aux autorités de la transition. Bassolé a été interpellé deux jours plus tard par la gendarmerie. Selon une source proche de l’enquête, l’ensemble de ces éléments ont été présentés à Bassolé lors de son audition par le juge d’instruction chargé du dossier. Signe de l’intérêt des enquêteurs pour cette piste, la villa ouagalaise de Soro (dont la rébellion contre les autorités ivoiriennes fut soutenue par Compaoré dans les années 2000) a été perquisitionnée le 6 octobre.'

MENTION SPÉCIALE À Théophile Kouamouo qui a pu trouver cette preuve mais surtout pour avoir eu le courage de la publier. Fier de toi mon mentor.

 

Source: Facebook Claudus Kouadio

lundi, 09 novembre 2015

COUPS D'ETAT ELECTORAUX EN AFRIQUE: LE CAS OUATTARA EN COTE D'IVOIRE - PAR LESLIE VARENNE

 

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Après le coup d’Etat manqué du 16 septembre au Burkina Faso – dont il est encore impossible de mesurer les conséquences notamment en ce qui concerne l’implication de plusieurs pays étrangers dans cette affaire -, l’Afrique de l’Ouest vient de réaliser deux magistraux coups d’Etat électoraux. Le premier s’est déroulé le 11 octobre en Guinée Conakry, avec un passage en force d’Alpha Condé, élu en bourrant les urnes et en s’octroyant 60% des voix dès le premier tour. Le second vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara a violé, non seulement les lois du code électoral, mais aussi celles de l’arithmétique !

Le scénario d’une victoire écrasante du président sortant et d’un scrutin à un seul tour était prévu depuis fort longtemps. En février dernier, un spécialiste de l’Afrique de l’Ouest confiait déjà à IVERIS : « la seule crainte du pouvoir est le taux de participation. » Ces inquiétudes étaient fondées et se sont révélées plus désastreuses que ce que le Président sortant et son camp n’avaient anticipé : les Ivoiriens se sont abstenus massivement. C’est ce qui explique l’interminable attente des résultats finaux et surtout du taux réel de participation. Finalement, la Commission électorale indépendante a annoncé qu’il y avait eu 54,63 % de votants. Un chiffre contesté par l’opposition qui, elle, avance un nombre compris entre 15 et 18%. Pourtant ce taux n’aurait dû être l’objet ni d’une polémique, ni d’une attente prolongée, puisque le National Democratic Institute, (NDI), un organisme américain, financé par la NED, était présent en Côte d’Ivoire. En effet, grâce à son système PVT , le NDI a les moyens d’obtenir des données fiables transmises dès la fin du scrutin. L’ex Premier ministre, Charles Konan Banny, a demandé : « instamment au NDI de transmettre le taux de participation ». Il attend toujours. L’ambassadeur américain, Terence McCulley, et la sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Bissa Williams, n’ont pas attendu, eux, les résultats du scrutin pour donner une conférence de presse dès le lundi 26. Ils ont tous deux félicité les Ivoiriens pour cette élection : « crédible, transparente et inclusive ». Alassane Ouattara fait donc mieux que son homologue Alpha Condé et obtient un score à la soviétique : 83,66% ! Petite cerise sur le gâteau, les trois candidats indépendants, Charles Konan Banny, Essy Amara – ancien ministre des Affaires étrangères et ancien président du Conseil de sécurité – et Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale -, qui s’étaient désistés avant le scrutin pour dénoncer l’escroquerie électorale qui s’annonçait, ont été comptabilisés dans le vote ! Bien entendu, ils obtiennent des miettes ; bien entendu, c’est illégal, mais puisque le scrutin a été déclaré crédible, transparent et inclusif … L’Afrique francophone est malheureusement habituée à ce genre de mascarades électorales : en avril dernier, Faure Gnassimbé, qui se représentait pour la troisième fois consécutive à la tête du Togo, a, lui aussi, été élu dès le premier tour avec 55% des voix. En réalité son opposant Jean-Pierre Fabre avait obtenu 60% des suffrages et le président sortant 35%. Mais l’ONU a immédiatement validé la victoire de Faure Gnassimbé…

Quelle légitimité ?

Le taux de participation en Côte d’Ivoire était un point crucial, pas seulement parce que l’opposition fidèle à l’ancien président Laurent Gbagbo avait appelé au boycott des urnes, mais parce qu’Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir par les armes après une élection déjà contestée. Cette élection devait donc lui apporter une vraie légitimité afin d’en finir avec « le président reconnu par la communauté internationale[i] ». Avec la manipulation des chiffres, il n’obtient qu’une légitimité de façade. Personne n’est dupe, ni les Ivoiriens, ni les chancelleries qui connaissent les vrais chiffres. Mais surtout, ces coups d’Etats électoraux, à Abidjan comme ailleurs, ne règlent aucun des problèmes qui se posent à ces Etats : pauvreté, chômage, corruption, réconciliation nationale. Bien au contraire, ils accentuent les frustrations, le ressentiment, les divisions et laissent ces pays assis sur des poudrières. L’Afrique de l’Ouest n’est pas sortie de l’œil du cyclone…

 

[i] « Le Président reconnu par la communauté internationale » était l’appellation consacrée par la presse étrangère pour différencier les deux présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010. Le Premier avait été reconnu par le Conseil constitutionnel ivoirien, le second par la communauté internationale.

 

Une contribution de Leslie Varenne

Institut de Veille et d’Etude des Relations Internationales et Stratégiques (IVERIS).

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 27 octobre 2015

LA CEI, COMME A SES HABITUDES, FALSIFIE ENCORE UNE FOIS LES CHIFFRES DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 

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Au moment où tout le peuple ivoirien et le monde entier ont été témoins du désert électoral qui a, une fois de plus, frappé la troisième élection organisée sous Alassane Ouattara, le dimanche 25 octobre 2015, la CEI, sous la férule de l'inénarrable Youssouf Bakayoko, annonce un taux de participation "autour de 60%", qui pourrait, selon le Secrétaire général du RDR, Monsieur Joël Nguessan, sur France 24, atteindre les 70% ! ! ! C'est absolument impensable ! Un mensonge odieux, flagrant, honteux, accompagné par les mêmes acteurs de la crise ivoirienne de 2010: les Etats-Unis, la France, l'UA, la CEDEAO et les ONG qui émargent discrètement à la Présidence ouattarienne. Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire et lui rende sa liberté et sa souveraineté ! Ici, l'indignation du Parti Communiste Français. Bonne lecture !

 

Côte d'Ivoire : Une mascarade électorale qui s'ajoute à un bilan catastrophique

 

En 2011, Alassane Ouattara a été installé à la présidence ivoirienne par les chars français à l'issue d'une élection contestée. Ce coup de force a eu lieu alors qu'il était possible et souhaitable de recompter les bulletins de vote ou de reprendre le scrutin.

Depuis cette date, le pouvoir renoue avec les pires traditions de la dictature d'Houphouët-Boigny. Il emprisonne, prive de droits, assassine et torture des centaines d'opposants politiques, associatifs et syndicaux. Il interdit leurs manifestations et s’immisce dans les débats internes de leurs organisations en vue de les modeler en faire-valoir démocratiques. Ceux qui ne se résignent pas sont impitoyablement pourchassés. Des centaines de milliers d'ivoiriens ont emprunté les chemins de l'exil et du déplacement intérieur.

La justice des vainqueurs, en Côte d'Ivoire et au niveau international, laisse impunis ceux du camp Ouattara qui depuis 2002 ont commis d'innombrables crimes dont le massacre de Duékoué de 2011. Rien n'est fait pour enquêter sur les responsabilités des puissances, dont la France, et les multinationales dans la crise ivoirienne.

Le pouvoir applique une politique de « rattrapage ethnique » ainsi qu'une introduction de critères ethniques dans le recensement, il aggrave en cela un débat délétère pour la société ivoirienne.

La prédation économique au profit des multinationales et d'une petite clique corrompue et brutale capte une immense partie des richesses.

Alassane Outtara, en complicité avec d'autres gouvernements de la sous-région et de puissants réseaux françafricains, sert de foyer de déstabilisation au Burkina Faso, comme le pouvoir de Blaise Compaoré a servi de base arrière à la rébellion pro-Ouattara dans les années 2000.

Sans espoir de véritable réconciliation, l'opposition significative a décidé de boycotter ce scrutin présidentiel qui s'apparente à une mascarade.

C'est dans ce contexte, avec des institutions électorales complètement inféodées, que s'est déroulé un scrutin joué d'avance, dont le scénario a été validé à Paris. Il n'est alors pas étonnant que la participation ait été si faible, comme l'ont noté tous les observateurs sérieux, contrairement aux chiffres fantaisistes avancés par une Commission électorale aux ordres.

Au lieu d'applaudir à cette ultime forfaiture, qui pèsera lourdement sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, le gouvernement de la France ferait mieux d'agir publiquement en faveur d'une libération des prisonniers politiques, du respect des droits et d'une perspective de réconciliation.


Le 26 octobre 2015

Le Parti Communiste Français.

Côte d’Ivoire : le casse-tête de la CEI – Comment passer de 20-22% à 60% de taux de participation (note éditoriale)

 

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Brève note éditoriale

Par Gbansé Douadé Alexis, Directeur de publication de Connectionivoirienne.net | 26 octobre 2015.

 

La commission électorale en Côte d’Ivoire osera-t-elle donner le vrai taux de participation de la présidentielle du 25 octobre 2015, communiqué par plusieurs ambassades à leurs pays respectifs depuis ce lundi matin ?

Selon toute vraisemblance NON, car le taux réel de participation qui tourne, selon ces notes diplomatiques qui nous ont été rapportées, autour de 20-22% pourrait officiellement passer à 60%, sinon au-delà. «On a été humilié, c’est nul, j’espère qu’ils communiqueront les vrais chiffres au patron afin qu’il comprenne à quoi mène l’arrogance. L’échec est total, c’était le désert électoral», nous a confié un confrère proche du pouvoir, contacté ce lundi (26 octobre 2015) d’après présidentielle, à Abidjan.

 

Source: ALEX GBANSE.COM

PRESIDENTIELLE 2015 - COTE D'IVOIRE: DES CAFOUILLAGES ET UNE PARTICIPATION FAIBLE

 

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LIBERATION.FR - Alors qu'Alassane Ouattara apparaît comme le favori, le scrutin de ce dimanche connaît des difficultés d'organisation et certains électeurs semblent avoir reçu de l'argent pour aller voter.

 

«Jamais on n’avait vu une élection aussi mal organisée en Côte d’Ivoire !» pestent les hommes assis sur les bancs du Café Emergence, une bicoque au toit en paille plantée au milieu d’un vaste terrain vague qui tient lieu de «place», à Abobo, l’un des quartiers populaires les plus densément peuplés d’Abidjan avec près de deux millions d’habitants. Ce dimanche, les Ivoiriens étaient invités à désigner leur président lors du premier scrutin organisé depuis la fin d’une longue période de conflit qui s’était achevée par une explosion de violences lors de la précédente présidentielle, fin 2010. En principe, cette fois, le scrutin de dimanche aurait dû se dérouler sans incidents, malgré les appels au boycott d’une partie de l’opposition, interdite de manifestation voire de médias depuis plusieurs semaines.

Mais à Abobo, un grand nombre de bureaux de vote n’avaient toujours pas ouvert leurs portes dimanche à midi. Comme celui abrité dans le grand lycée technique, juste en face du Café Emergence, où les hommes patientent quelque peu agacés par ces retards inexplicables. «On nous dit que certaines salles ne sont pas équipées de prise électrique pour les tablettes biométriques qui doivent enregistrer les électeurs. Ils n’auraient pas pu vérifier avant ?» s’indigne M. Koulibaly. Autour de lui, les langues claquent, signes d’une colère sourde qui n’ose encore s’exprimer totalement. «La vraie question est ailleurs», interrompt un autre homme la mine renfrognée. Comment se fait-il que dans ce lycée, construit il y a quinze ans, personne n’avait prévu de prises ?» interroge-t-il. «Tu ne sais pas ? s’amuse un autre, goguenard. Ils ont mangé l’argent !» Tous hochent encore la tête, lorsque Bakary s’exclame : «Mais c’est incompréhensible ! Le président pénalise son propre fief !»

«Seuls les idiots sont heureux»

Abobo est en effet traditionnellement une zone favorable au président sortant, Alassane Ouattara. Pendant la crise postélectorale de 2010-2011, ses habitants ont payé un lourd tribut en défendant Ouattara au péril de leurs vies, face aux partisans de son challenger, Laurent Gbagbo.

Ici, les appels au boycott des urnes, lancés par une partie de l’opposition, ne risquaient pas d’être entendus: tous les hommes présents sous le toit de paille du Café Emergence plébiscitent Ouattara. «Je l’aime, c’est un homme bien et qui bosse», confesse Bakary. Mais au fur et à mesure que l’attente s’éternise devant le bureau de vote fermé, les langues se délient : non, rien n’a changé ici depuis qu’il est au pouvoir. Au contraire, en faisant détruire manu militari des zones entières de bidonvilles, le régime a accentué la pression sur le quartier à cause de l’afflux soudain des victimes de ces «déguerpissements». «Désormais, il faut payer 30 000 francs CFA [près de 50 euros, ndlr] pour une simple chambre à peine plus grande qu’un placard», explique un chauffeur de bus au chômage. «Vous voyez la route qui passe devant le lycée technique ? signale Bakary en désignant une bande de goudron déjà abîmée. C’est la seule réalisation ici depuis son arrivée au pouvoir. Et il n’y est pour rien : elle a été financée par la coopération japonaise.»

Pour tous, néanmoins, c’est «l’entourage du Président» qui est responsable de cette indifférence au sort des plus pauvres, fussent-ils des sympathisants. «Tout va changer avec son second mandat», croit savoir un homme, qui comme tout le monde à Abidjan n’envisage même pas un second tour, pariant sur la victoire immédiate de Ouattara. «Ah bon ? Et pourquoi rien n’a été fait lors du premier mandat ?» se moque gentiment son voisin, fustigeant ces «dirigeants africains qui multiplient les promesses sans lendemain». «En Afrique, les gens intelligents souffrent parce qu’ils se posent des questions. Seuls les idiots sont heureux », conclut-il.

«Ouattara compte sur les siens»

Loin des palabres d’Abobo, à Yopougon, un autre grand quartier populaire, c’est le silence qui frappe. Les bureaux de vote sont déserts. Des assesseurs avachis sur des bancs d’école épluchent nonchalamment les listes d’électeurs avant de les diriger vers deux boîtes en carton, empilées l’une sur l’autre, qui tiennent lieu d’isoloirs. Ici, les consignes de boycott semblent avoir été bien suivies. A moins que ce ne soit cette maudite pluie qui transforme les cours d’école en lacs qui ait découragé les électeurs ? Reste que seul 55% des cartes d’électeurs ont été retirées cette semaine en Côte-d’Ivoire, malgré les nombreux appels au civisme de la commission électorale.

Et malgré le peu d’affluence, les problèmes n’ont pas épargné non plus les bureaux de Yopougon. «C’est la tablette qui déconne», explique sans détour l’assesseur d’un bureau de vote dans la zone de Sicogi 7. L’introduction des tablettes électroniques était censée assurer plus de transparence et de rapidité en enregistrant les électeurs par voie biométrique. Mais l’absence de prises électriques, ici aussi, et les bugs à répétition, ont provoqué des retards. Dans une école primaire aux murs délabrés de Sicogi 5, un tableau noir affiche la leçon du jour : «Leçon numéro 1 : être toujours ponctuel», alors que des assesseurs observent, intrigués, la fameuse tablette comme si elle allait redémarrer sous la pression de leurs regards intenses. Dehors, quelques femmes attendent patiemment de pouvoir voter, «depuis 7 heures du matin», souligne l’une d’elles, visiblement fatiguée à la mi-journée. «Ce sont des femmes dioulas, Ouattara compte sur les siens», grince Didier, un instituteur abstentionniste qui traîne devant le bureau de vote et qui se souvient encore des queues immenses qui s’étaient formées lors du précédent scrutin, en 2010.

«On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent !»

Une partie des Ivoiriens n’a jamais reconnu la victoire de Ouattara, à la sortie de la dernière crise postélectorale. Et cinq ans après, le véritable résultat des urnes de cette époque, donnant pour les uns Ouattara vainqueur et pour les autres Gbagbo, ne fait toujours pas consensus en Côte-d’Ivoire. Chaque camp maintient sa version de l’histoire. De manière presque désabusée, certains estiment aussi que «les résultats seront facilement truqués». Dans un pays où règne la méfiance et où les rumeurs gangrènent depuis longtemps les esprits, ce genre de soupçon est certainement inévitable.

Reste cette étrange scène dimanche après-midi dans l’enceinte de l’ancien siège du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI), parti allié à celui de Ouattara au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition présidentielle. Dans la cour du bâtiment au quartier du Plateau, une foule en colère assaille un groupe d’hommes visiblement débordés. Quelle est la raison de ces clameurs qui tranchent avec le silence qui règne dans les bureaux de vote voisins, totalement désertés ? Au début, les visages se détournant à la moindre question. Puis deux hommes aux vêtements usés finissent par lâcher avec l’approbation de la foule, tout en exhibant un doigt bleu d’encre : «On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent qu’ils nous ont promis contre notre soutien !»

 

Maria Malagardis, envoyée spéciale en Côte d'Ivoire.

25 octobre 2015 à 16:13 (mis à jour à 18:13)

 

Source: LIBERATION

vendredi, 23 octobre 2015

ELECTION PRESIDENTIELLE 2015 - KOUADIO KONAN BERTIN DIT «KKB» FACE AUX ELECTEURS: VERITE, PRAGMATISME ET LUCIDITE

 

 

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L'intervention du candidat Kouadio Konan Bertin dit "KKB", le mardi 20 octobre 2015, sur les antennes de la RTI, à l'émission "Face aux Electeurs", est la seule que j'ai suivie plus de 10 minutes, de tous les passages des candidats. En réalité, c'est la seule que j'aie suivi; jusqu'au bout. Deux heures de vérité, de pragmatisme et de lucidité. Voire même de sagesse et de grandeur. Il m'a donné la force de croire que tout n'est pas encore totalement décomposé en Côte d'Ivoire et m'a empêché de désespérer totalement de ce pays. Bravo, KKB ! Ci-dessous, quelques extraits des paroles fortes de ce frère ivoirien. Bonne lecture !

 

Les paroles fortes de "KKB", à l'émission "Face aux Electeurs":

1- « Le monde entier a condamné le coup d’état au Burkina ‪‬ sauf mon pays… ».

2- « Ne faisons pas de la République de Côte d'Ivoire une base arrière de quelques malfrats qui déstabilisent des régimes autour de nous ».

3- « Le candidat des étrangers est président des ivoiriens, le candidat des ivoiriens est prisonnier à l’étranger ».

4- « Daoukro n’est pas une instance du PDCI ».

5- « Les ivoiriens du nord déchirent mes affiches, ce n’est pas ça la Côte d’Ivoire ».

6- « Je vais transformer la Côte d’Ivoire et cela est possible en 5 ans ».

7- « Président, je décide de faire passer le montant de l’allocation familiale de 2.500 F à 5.000 F CFA ».

8- « Je vais combattre toutes les formes de violences faites aux femmes ».

9- « Je vais m’y employer; il faut faire en sorte que toutes nos filles et tous nos fils aillent à l’école ».

10- « A Paris, ce sont des chinois qui ont des magasins d’Attiéké et qui vendent aux Adjoukrou ».

11- « Dans ma vision nouvelle, les jeunes gens sortis de l’école auront des points de chute ».

12- « Je veux transformer la Fête nationale en une Fête de la réconciliation ».

13- « J’adore le travail de la terre. Tout bon Baoulé naît planteur. La terre nourrit son homme ».

14- « Président, j’appliquerai les 3 stratégies: industrialisation, défiscalisation, déréglementation ».

15- « Nous devons faire de la Côte d’Ivoire un pays qui respecte les droits de l’Homme ».

16- « L’ivoirien nouveau est celui qui ne se construit pas dans le sang des autres ».

17- « Nul n’a le droit d’ôter la vie a quelqu’un à cause de ses valeurs politiques ».

18- « Le deuil n’a pas de couleur politique. Un bon ivoirien est humaniste ».

19- « Je ne veux pas participer à la mise à mort du PDCI-RDA ».

20- « Les chiffres avancés sur la croissance économique ivoirienne sont fictifs ».

21- « Depuis la mort d’Houphouët-Boigny, nous avons préféré les coups d’Etat ».

22- « Si nous devons donner une chance à la réconciliation, il faut libérer tous ceux qui sont en prison, en Côte d'Ivoire et ailleurs ».

 

Source: Facebook


Lire la vidéo

 

Konan Kouadio Bertin (KKB) à l’émission "Face aux électeurs": «Le candidat des étrangers est président des ivoiriens, le candidat des ivoiriens est prisonnier à l’étranger».

 

Très incisif, Konan Kouadio Bertin (KKB) a dénoncé mardi soir (20 octobre 2015), en direct sur le Rti, que des nordistes déchiraient ses affiches. « Les ivoiriens du nord déchirent mes affiches, ce n’est pas ça la Côte d’Ivoire » a lancé, celui qui a pris ses distance avec le Pdci de l’appel de Daoukro et qui appelle au retour de Laurent Gbagbo pour réconcilier le pays.

 

Il juge qu’il n’y aura « Pas de paix sans Gbagbo ». Selon KKB qui n’aura eu de cesse de fixer la caméra, la réconciliation est la « chose la plus simple à réaliser » mais il estime que la logique du « c’est notre tour » au pouvoir « tue la Côte d’Ivoire ».

«La Guerre se fait à deux et c’est à deux qu’on doit faire la paix » s’exprimera le candidat indépendant qui souhaite libérer tous les prisonniers politiques et d’opinion, point noir des droits de l’homme dans le pays.

« Si je suis président en une semaine je ferai rentrer tous les fils de la Côte d’Ivoire, je libèrerai tous les prisonniers politiques et d’opinion, ça empoisonne l’atmosphère, raison du non enthousiasme général qu’on constate même pour cette élection. » s’exprimera celui qui pointera du doigt l’attitude d’Alassane Ouattara face au roi de l’Indenié au sujet de l’incarcération à la Maca d’Assoa Adou.

Sur sa vision de la société, le plus jeune des candidats (47 ans, ndlr), estime que prendre les armes n’est pas un exemple, « c’est à ceux qui ont tué et éventré des femmes enceinte qu’on donne tout ».

« Le candidat de l’étranger est président en Côte d’Ivoire et le président des ivoiriens est à l’étranger », a déclaré le candidat évoquant les profits étrangers au regard du gain ivoirien, qui avouera que le jugement du président d’alors était le bon.

Au sujet de la Cei, celui qui usera à de nombreuses reprises de ses expériences de voyages à l’extérieur, estimera qu’au regard du précédent de 2010, le fait d’avoir reconduit la même équipe à la Cei, ayant selon lui, elle aussi sa part de responsabilité dans les morts de la crise, ailleurs sous d’autres cieux cette dernière aurait démissionné.

Sur les raisons de sa rupture avec la dynamique du Pdci de Bédié, KKB qui se réfèrera souvent à Houphouët tel un père spirituel, expliquera qu’il ne peut pas choisir celui qui a été le bourreau du Pdci pour compétir, « Je ne veux pas participer à la mise à mort du Pdci ».

 

Source: EBURNIE NEWS

mercredi, 21 octobre 2015

VOICI LA PLEINE PAGE DU CANDIDAT MAMADOU KOULIBALY CENSUREE PAR LE CNP

 

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Voici (ci-dessus) la pleine page du candidat Mamadou Koulibaly que le Conseil national de la presse (Cnp) a refusé d’autoriser pour l’espace dévolu au candidat de LIDER à la présidentielle de 2015 dans le média d’Etat Fraternité Matin.

Conformément à la loi (article 6 du décret 2015-620 du 9 septembre 2015) tous les candidats définitivement retenus par le Conseil constitutionnel bénéficient d’un égal accès aux organes officiels de presse écrite et audiovisuelle à compter de la date d’ouverture de la campagne électorale (9 octobre 2015). C’est dans ce cadre qu’un tirage au sort avait eu lieu au Cnp, qui avait déterminé l’ordre de parution des messages des candidats dans Fraternité Matin. La parution du Pr. Koulibaly a ainsi été programmée pour ce jour, mercredi 21 octobre 2015.

Au vu de la fraude massive mise en œuvre par le régime en place dans l’organisation du scrutin et du danger que cela implique pour les populations, encore traumatisées par la meurtrière crise post électorale de 2010, ayant (officiellement) causé plus de 3.000 morts, ainsi que d’innombrables vies humaines gâchées et familles détruites, le Pr. Mamadou Koulibaly a décidé d’axer sa campagne sur la nécessité de dire non aux élections truquées.

Les conditions démocratiques, transparentes, inclusives et équitables n’étant pas réunies pour garantir l’expression du suffrage et le calcul du consentement collectif dans notre pays, il encourage les Ivoiriens à choisir l’abstention et à ne pas se rendre dans les bureaux de vote dimanche prochain. La liste électorale qui exclut 3 millions d’électeurs ; la commission électorale inféodée au candidat Ouattara et dirigée par Youssouf Bakayoko, illégalement reconduit comme président pour un second mandat ; le bulletin de vote non conforme à la loi ; les médias de service public caporalisés qui censurent les opposants et se substituent aux institutions de la République ; les violations répétées du code électoral ; le financement opaque des partis politiques et candidats et le non désarmement des milices ne sont en effet pas de nature à permettre la tenue d’un scrutin apaisé.

Le Cnp a justifié son refus en prétextant que le candidat de LIDER devait « argumenter » les points listés dans son annonce.  « Il faut expliquer pourquoi vous dites que la liste électorale n’est pas inclusive, par exemple ». Ahurissant! D’autant que certains candidats peuvent faire paraître, sans problème et sans explications supplémentaires, des promesses virtuelles de changement ou d’émergence.

En procédant de la sorte, le Cnp sort complètement de son rôle, qui consiste à garantir le traitement égal des candidats. Une pratique généralisée dans les médias publics, puisque lundi 19 octobre, le directeur général de la radiotélévision ivoirienne (Rti), Ahmadou Bakayoko, s’est substitué au Conseil constitutionnel pour décréter le retrait du Pr. Koulibaly de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle de 2015, et pour annuler son passage prévu à l’émission en direct «Face aux électeurs».

Ceci vient étayer le constat fait par l’opinion de la panique qui a saisi le camp Ouattara face à l’ampleur du rejet des élections par les populations et qui s’est manifesté par le boycott massif du retrait des cartes d’électeurs (moins de 9% des cartes à la clôture du délai légal). Un abus de plus dans un océan de violations des lois, et des droits et libertés des citoyens et candidats. Ainsi va la Côte d’Ivoire émergente de M. Ouattara.

 

Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 07 octobre 2015

ELECTION PRESIDENTIELLE 2015: LE CANDIDAT ESSY AMARA REFUSE DE PARTICIPER A LA MASCARADE

 

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Pour sûr, la Côte d'Ivoire fonce allègrement vers une crise postélectorale encore plus grave que la précédente, comme cela a toujours été ma conviction, avec la réconciliation nationale à zéro, la souffrance, la misère silencieuses des Ivoiriens, le processus électoral, les conditions de l'élection gravement viciés et l'arrogance suffisante du régime actuel, qui gouverne sans vérité, sans amour ni compassion, qui préfère le béton au pansement des cœurs et l'argent à la guérison des âmes profondément meurtries de la Nation ivoirienne. Un régime qui conduit le pays en marche forcée vers le chaos. Il fallait quelqu'un pour le dire. Le seul candidat à l'élection présidentielle qui a pu exprimer, jusque dans les moindres détails, mes appréhensions et poser un acte conséquent, par la même occasion, ne serait-ce que pour interpeller les Ivoiriens et le monde entier, c'est Essy Amara. Dans une éloquente et dense déclaration, il suspend sa candidature à l'élection présidentielle du 25 octobre 2015, en l'état actuel des choses. Je n'ai vraiment pas pu m'empêcher de la publier, même si depuis un moment, la politique ivoirienne me répugne et m'oblige au silence. Je lui tire, franchement, mon chapeau. Côte d'Ivoire, tu es avertie ! Bonne lecture à tous ! Fernand Dindé.

 

Mes chers compatriotes, peuple de Côte d’Ivoire,

À moins de 72 heures de l’ouverture de la campagne officielle pour l’élection présidentielle, j’observe que les conditions du scrutin transparent et équitable que j’appelais de mes vœux ne sont toujours pas réunies.

En dépit des mises en garde incessantes sur les risques que notre pays encourt, le pouvoir est resté sourd aux revendications démocratiques de notre peuple. Il refuse notre invitation pressante au dialogue et s’enferme dans ses certitudes, dans l’arrogance et dans l’autisme.

J’ai dit à maintes reprises que les conditions d’une élection préfigurent les problèmes qu’il y aura à résoudre. Ce scrutin présidentiel ne s’annonce ni ouvert ni régulier. Si nous n’y prenons garde, nous nous acheminerons vers une crise postélectorale de plus, une crise postélectorale de trop.

Les responsables politiques de ma génération ont bâti, aux côtés du père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne et sous son ombre tutélaire, le crédit de stabilité de notre pays. Le président Houphouët-Boigny a constamment montré parmi nous l’exemple d’un apôtre inlassable de la paix par le dialogue. Avec lui le PDCI-RDA, notre famille politique, a appris à apaiser nos concitoyens parfois habités par une révolte sourde, par une colère froide.

J’étais membre du gouvernement de la Côte d’Ivoire en 1999, lorsque notre incapacité au dialogue a débouché sur le premier coup de force de notre Histoire. La course au développement et au bien-être engagée par notre pays a été durablement freinée par la brutalité de l’irruption d’hommes armés sur notre scène politique. Quinze ans plus tard, nous n’en sommes toujours pas remis.

Ce coup d’arrêt avait été en partie causé par les conditions d’organisation du scrutin. Depuis lors, toutes les élections présidentielles se sont soldées par des contestations violentes. Le traumatisme et les commotions des dernières élections en date sont encore palpables. Les Ivoiriens n’accepteront pas, aujourd’hui plus qu’hier, des résultats préparés d’avance dans un scrutin arrangé, une élection de convenance.

Mes chers compatriotes, je ne prendrai pas le risque, devant l’Histoire, de me présenter pour légitimer le président sortant, dans un processus dont nous avons désormais toutes les preuves qu’il est complètement à sa main. Tous les actes sont signés par lui, avec lui et pour lui, dans son antichambre. De ce point de vue comme à de nombreux autres égards, notre pays avance à reculons. Nous faisons dangereusement marche arrière à toute vitesse.

Mes chers compatriotes, rien n’est fait pour aboutir concrètement à la normalisation proclamée. La participation au financement de campagne des candidats à la présidence de la République est en principe fixée par la loi. L’annonce faite par le gouvernement d’un « financement exceptionnel », à la discrétion du candidat président, souligne une fois de plus la patrimonialisation du bien public que je dénonce sans cesse.

Le soutien de l’État à l’expression pluraliste des opinions ne doit pas être présenté comme s’il s’agissait d’une aumône. Ce n’est pas le meilleur gage de respect des électeurs ni de construction démocratique. Je vais pour ma part restituer à l’État le chèque qu’il a émis au titre du Trésor public en guise de participation à mes frais de campagne.

Peuple de Côte d’Ivoire, je ne me rendrai pas complice d’une mascarade électorale que certains de nos amis ont le bien grand tort de considérer comme une élection de consolidation du pouvoir en place. Je refuse le rôle de figurant dans une élection où les jeux sont faits, sans se préoccuper de notre désir de paix, de vraie paix, de paix juste.

Mes chers compatriotes, je ne me porterai pas caution d’une combine électorale. Les artifices de la propagande d’État supportée par nos deniers publics ne suffiront pas à masquer la fracture béante qui divise notre société et nos forces armées.

Mes chers compatriotes, nous savons tous que la majorité des Ivoiriens ne se sent pas concernée par cette élection. Le nombre très faible de nouveaux inscrits, 367 609, dix fois moins important que les prévisions annoncées par les gouvernants avant la période d’enrôlement, se passe de commentaire. Il laisse toutefois présager une abstention massive.

Au surplus, tout semble mis en place pour un passage en force. Le nombre de lieux de votes, 10 335, et le nombre de bureaux de votes, 19 841, viennent seulement d’être fixés par décret du 29 septembre 2015. Les cartes d’électeurs ne seront distribuées que du 7 au 25 octobre, jour du scrutin, c’est-à-dire à la hâte. L’identification biométrique des votants vient d’être annoncée à la dernière minute, sans être encadrée par la loi électorale. Le fichier électoral lui-même n’a subi le moindre toilettage. Il n’existe aucune garantie d’accès équitable sur toute l’étendue du territoire, pour tous les candidats ou leurs représentants. Cette situation est hautement préoccupante.

Mes chers compatriotes, l’unique façon de renouer avec l’espérance démocratique est de garantir la lisibilité du scrutin en remettant à plat l’ensemble du processus, à commencer par la Commission Électorale et la sécurisation du scrutin. Or nous n’en prenons manifestement pas le chemin. Au contraire, nous avançons à marche forcée, vers le diktat de résultats imposés.

Mes chers compatriotes, en allant à votre rencontre, j’entendais votre aspiration à voir la situation changer, j’entendais votre appel au changement démocratique. Je ne peux ni les trahir ni les ignorer.

Mes chers compatriotes, en allant à votre rencontre, j’entendais exposer vos craintes, j’entendais formuler vos incertitudes, j’entendais exprimer vos doutes sur la fiabilité de l’élection à venir. Je partage votre méfiance. Elle se justifie un peu plus chaque jour. Je refuse pour la Côte d’Ivoire et pour le commis de l’État que je suis, de me conformer au rôle d’opposant choisi pour légitimer un processus dévoyé.

En conséquence, je suspends ma participation à l’élection présidentielle d’octobre 2015 et subordonne un éventuel maintien de ma candidature à la prise en compte effective des légitimes exigences démocratiques et républicaines du peuple ivoirien.

Que vive la Côte d’Ivoire, juste, pacifique, démocratique !

 

Amara ESSY

Le 6 octobre 2015.

jeudi, 17 septembre 2015

Y A-T-IL DES GOUVERNANTS EN AFRIQUE ?

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A première vue, la question peut paraître provocatrice. Cependant, celui qui répondrait par l’affirmative aurait bien du mal à se justifier. Car être un chef, ce n’est pas endosser un titre comme on endosse un manteau ; c’est être chargé d’une fonction supposant des actions concrètes à mener ; c’est avoir la responsabilité de conduire et de protéger ses concitoyens. Et s’agissant justement des gouvernants africains, ce sont les actes qu’exigent leurs responsabilités qui nous obligent à nous demander s’ils exercent réellement leur fonction de gouvernants. Deux exemples suffisent à éclairer le lecteur quant au bien fondé de notre question. 

Depuis que la migration des populations africaines vers l’Europe a pris une dimension qui ne peut plus être qualifiée de « clandestine », compte tenu des milliers de morts qui jonchent, à intervalle régulier, la surface de la Méditerranée et les plages espagnoles et italiennes, le phénomène est devenu un sujet politique qui alimente les échanges entre les chefs d’Etats européens. Depuis les dernières semaines du mois d’août 2015, c’est même l’urgence qui est déclarée, suite à la migration jamais connue de populations blanches sur le flanc est de l’Europe avec également son cortège de morts. Toutes les digues dont l’Europe occidentale s’entourait, comme pour se protéger des guerres qu’elle entretenait hors de ses frontières, ont été rompues. Elle récolte ce qu’elle a semé, le clament certains.

Ce qui est fort étonnant, c’est de constater que dans le concert des cris d’indignations et des lamentations que les nombreux morts de la Méditerranée arrachent régulièrement aux milieux politiques et associatifs occidentaux, aucune voix africaine ne se fasse entendre. Devant les nombreux morts et les souffrances des Noirs en Méditerranée, l’Afrique reste impassible et muette. Alors que les politiques européens s’interpellent les uns les autres et se demandent ce qu’il convient de faire, aucune voix n’émane des gouvernants africains témoignant de la recherche de solution à leur niveau. Et pourtant, tout le monde sait que la prolifération du phénomène de migration a généré une véritable traite négrière dans les pays d’Afrique du nord devenus de véritables îles de Gorée !

Pourquoi donc les chefs d’Etats africains sont-ils si apathiques devant le malheur des leurs ? Mourir par centaines loin de sa terre natale est-il devenu chose si ordinaire sous le ciel d’Afrique au point de ne pas mériter une oraison funèbre, une petite larme de son pays ? 

Par ailleurs, nous assistons depuis un an ou deux à un phénomène dont l’ampleur a dépassé les frontières du pays qui l’a vu naître : la maltraitance des travailleurs domestiques au Liban. 

Depuis les années 60, bon nombre d’Africains avaient constaté que les ressortissants libanais pratiquaient ouvertement – en terre africaine – l’esclavage des jeunes filles noires à leur domicile sans qu’aucune autorité locale ne s’en inquiète. Quand ces filles accompagnaient leur maître ou leur maîtresse en Europe, cet esclavage pratiqué sous la forme de la séquestration en Afrique se doublait de la maltraitance physique sur la terre libanaise. Une domestique noire a eu le sexe brûlé au briquet ; une autre a été allègrement battue par toute la famille, une autre encore a été jetée du quatrième étage d’un immeuble. Chaque jour nous apporte son lot de maltraitances aussi indignes les unes que les autres. Les images de ces agissements inhumains diffusées par les bourreaux tournent toujours en boucle sur Internet. Les jeunes filles humiliées, blessées dans leur chair, ont parfois adressé des appels au secours sur Internet. Mais les gouvernants africains se taisent ; ils semblent ne rien voir et ne rien entendre. 

Le mutisme des autorités africaines devant les souffrances de leurs ressortissants sur les terres étrangères est d’autant plus surprenant que leurs homologues européens ne les laissent guère en paix quand il s’agit de la mort brutale d’un Blanc ou de son implication dans quelque litige ayant abouti à son arrestation ou à son emprisonnement en terre africaine. Les gouvernants européens ont-ils tort de se comporter de la sorte ? Non ! En agissant ainsi, ils se montrent dignes de leur fonction qui exige qu’ils prennent soin de tous leurs citoyens, qu’ils s’inquiètent de tout ce qui leur arrive où qu’ils soient. En d’autres termes, ce sont les gouvernants africains qui n’accomplissent pas leur devoir vis-à-vis des leurs. Ce sont eux qui se montrent indignes de toute considération aux yeux des Africains et du reste du monde.

 

Raphaël ADJOBI

 

SourceLES PAGES POLITIQUES DE RAPHAEL

jeudi, 13 août 2015

FRANC CFA: ARME D’ASSERVISSEMENT AU SERVICE DE L’IMPERIALISME ET DU NEO-COLONIALISME DE L’ETAT FRANÇAIS

 

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La prédation des ressources économiques ainsi que la confiscation de la souveraineté des pays africains de la zone franc à travers le mécanisme du CFA (franc des colonies française d'Afrique)  par la France s'éternisera tant que le système impérialiste et néocolonialiste de l'Etat français ne sera pas démantelé.

 

Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc

 

La zone franc et le franc CFA, un système hérité de la colonisation

La zone franc et sa monnaie le franc CFA constituent le seul système monétaire colonial au monde à avoir survécu à la décolonisation. La mise en place progressive de ce système est le résultat de choix stratégiques de la France mettant l’entreprise de colonisation au service des intérêts économiques français. Les monnaies africaines sont supprimées et des banques privées appartenant aux colons mais contrôlées par la France sont créées.

La puissance coloniale exploite les matières premières des colonies pour alimenter l’industrie française et utilise les colonies comme débouchés pour les produits français. Suite à la crise de 1929, la France accentue son repli sur l’empire colonial pour protéger son économie et son commerce extérieur. La création de la zone franc en 1939 offre le moyen de pérenniser cette stratégie : les échanges avec des pays extérieurs à la zone franc sont interdits, ce qui cimente les liens économiques et commerciaux entre la France et son empire. La monnaie franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique) est quant à elle créée en 1945 afin que la dévaluation du franc français au sortir de la guerre n’affecte pas les marchés des possessions africaines de la France. Celle-ci conserve ainsi le leadership dans le commerce extérieur des colonies et réaffirme sa suprématie sur son empire.

Au moment des indépendances, la quasi-totalité des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne décide de rester dans le giron de la France en signant des accords de coopération monétaire et en adhérant de ce fait à la zone franc. Le franc CFA est d’ailleurs renommé franc de la Communauté Française d’Afrique en 1958. Mais la Guinée refuse cet assujettissement monétaire et sort de la zone franc dans un coup d’éclat. Le président Sékou Touré veut une réelle indépendance politique et économique pour la Guinée, et pour ce faire crée le franc guinéen et quitte la zone en 1960. Au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, des voix s’élèvent également contre le franc CFA en la personne du président Sylvanus Olympio. La sortie de la zone est prévue pour 1963 mais Sylvanus Olympio est assassiné juste avant que l’indépendance monétaire du pays ne soit acquise. Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la zone connaît de nouvelles modifications avec la sortie de la Mauritanie et de Madagascar.

C’est également à la période des indépendances que des banques centrales dont seulement la moitié des administrateurs sont des représentants africains sont créées pour émettre le franc CFA. Les présidents de ces institutions sont néanmoins français et restent maîtres de toute décision. Pendant les années 1970 la zone franc connaît des ajustements à la fois techniques et symboliques : révision des accords de coopération monétaire, déménagement des sièges des banques centrales de Paris à Dakar et Yaoundé, diminution du nombre de représentants français au sein des Conseils d’Administration. D’autre part deux nouveaux pays signent des accords de coopération avec la France et adoptent le franc CFA : la Guinée Équatoriale en 1985 et la Guinée-Bissau en 1997. Malgré ces changements, la France garde la mainmise sur la politique monétaire de la zone franc dont les pays subissent des choix économiques et monétaires dictés par les intérêts français. La France va même jusqu’à décider unilatéralement de la dévaluation du franc CFA en 1994.

La zone franc : une gestion et des principes au service des intérêts français

La zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays : huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad) et les Comores. C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC).

Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc. A ces principes s’ajoutent la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités.

La centralisation des réserves de changes : un principe qui bloque l’économie des pays de la zone franc

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65). Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros. C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros). Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti.

La parité fixe franc CFA-euro : une entrave à la compétitivité des économies africaines dans le monde

 Hier lié au franc français, le franc CFA est aujourd’hui arrimé à l’euro, c’est-à-dire que la valeur du franc CFA sur les marchés mondiaux dépend de celle de l’euro. Autrement dit, les pays africains de la zone franc n’ont pas le contrôle de leur politique de change et subissent les fluctuations du cours de la monnaie unique européenne. Les recettes de leurs exportations doivent être converties en euro avant de l’être en franc CFA, ce qui signifie que si la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères fluctue, les recettes des pays africains de la zone franc fluctuent également. Actuellement la valeur de l’euro se renforce par rapport aux monnaies étrangères. Par conséquent, la compétitivité des pays de la zone euro, et donc de la zone franc, diminue par rapport au reste du monde. Une baisse de la compétitivité signifiant une plus grande difficulté à vendre ses produits sur le marché mondial, les conséquences pour les pays africains de la zone franc d’un arrimage à une monnaie forte comme l’euro sont considérables : les économies restent faibles, et les population se paupérisent car les matières premières qu’elles produisent ne peuvent ni être exportées ni être transformées.

La libre convertibilité franc CFA/Euro et la libre circulation des capitaux ou comment légaliser la fuite des capitaux

 La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges inter-africains.

Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France et les transferts d’argent entre la France et l’Afrique s’opèrent sans entraves au profit des élites françafricaines.

La participation française à la gestion des banques centrales africaines

Dans les trois banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA). Dans les faits, la présence d’administrateurs français garantie par les statuts des banques centrales confère à la France un droit de veto lors de la prise de décision. Au CA de la BCC, 4 administrateurs sur 8 sont français alors que les décisions doivent être votées à la majorité. A la BCEAO seuls 2 administrateurs sur 16 sont français, mais l’unanimité est requise pour toute décision majeure (et notamment la modification des statuts). La situation est la même à la BEAC avec 3 administrateurs français sur 13. Le pouvoir de la France dans ces institutions est donc considérable et la présence de représentants français garantit la mise en œuvre de tous les principes centraux du système CFA.

 Un système monétaire qui constitue une entrave à la souveraineté des États africains de la zone franc

 Le franc CFA est un liant qui cimente les relations économiques entre la France et les pays africains de la zone franc. Ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. Preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France.

Malgré le passage à l’euro, la France garde la mainmise sur la zone franc, alors même qu’elle n’est plus émettrice de la monnaie d’arrimage. L’adoption de l’euro aurait pu se traduire par une disparition du pouvoir tutélaire de la France sur ses anciennes colonies, or la France a obtenu que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par l’intégration européenne.

Cinquante ans après les indépendances, la politique monétaire de la zone franc reste donc décidée par la France en fonction de ses intérêts propres. Cinquante ans pendant lesquels cette politique a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains. Le modèle imposé par le système franc CFA induit une verticalité des échanges (Nord-Sud) au détriment d’une coopération horizontale (Sud-Sud). Un tel système financier, au service des intérêts économiques et politiques de la France, ne peut pas être le vecteur de l’autonomie monétaire et du développement. Il perpétue les relations asymétriques et néocoloniales entre la France et les pays de la zone CFA.

Afrique Expansion


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DUEKOUE: NON AUX EXHUMATIONS SANS ENQUETES

 

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Casques bleus du contingent marocain de l'ONU ramassant les corps après le massacre de Duékoué

 

Les victimes de Duékoué demandent des enquêtes avant toute exhumation.

 

Les 27, 28, 29 et 30 Mars 2011, c’est un véritable déluge de feu de guerre qui s’est abattu sur les populations autochtones de la ville de Duékoué en général, au quartier dénommé Carrefour en particulier. Des douilles de balles de kalachnikov et même de la redoutable arme dite 12-7 trainaient sur le sol partout, comme du gravier. La folie meurtrière qui était passée par-là avait fait plusieurs centaines de morts dans le seul quartier de Carrefour. A cette triste occasion, monsieur Guillaume SORO a dit, sur les antennes d'une sinistre radio internationale, que les milliers de morts à Duékoué sont à mettre au compte de Laurent GBAGBO qui aurait fait perpétrer ces massacres contre son bastion politique qui l'aurait trahi lors du vote de Novembre 2010 au bénéfice de OUATTARA. Le temps a passé mais les victimes n'ont pas oublié cette affirmation. Les premiers chiffres avancés par la Croix-Rouge, la seule ou rare O.N.G. restée sur place en ce temps-là, parlaient d’au moins huit cents (800) morts, c’est-à-dire ceux des cadavres qu’elle a pu retrouver et mettre en terre. Sans parler de tous ceux qui ont été massacrés par les F.r.c.i. et dozos, dans les brousses et villages environnant Duékoué, et donc forcément abandonnés à la consommation par les cochons et les bêtes sauvages. Les forces de l’O.N.U. résidant à Duékoué avaient et ont toujours leur camp à cinq cents mètres du quartier Carrefour mais n’ont pas levé le petit doigt lors de ces massacres.  Bien au contraire, les forces onusiennes ont  prêté main forte aux tueurs en bombardant par hélicoptère, quelques jours auparavant, les forces loyalistes qui ont fini par décrocher sur consigne du président GBAGBO. L’O.N.U. qui pourtant avait signé une résolution (la 1975) en vue de sauver les populations civiles ivoiriennes d’un massacre…

Cinq ans après cet ethnocide révoltant, des croque-morts, sous le couvert de l’Etat, veulent exhumer  les restes de nos parents pour, disent-ils, raison de sécurité sanitaire, ce à quoi nos vaillantes populations se sont vivement opposées la semaine du 23 au 30 Juillet 2015, à leur troisième tentative d’exhumation de ces corps, après 2013 et 2014.

A quoi obéit véritablement cette volonté d’exhumation des corps massacrés par pure haine dans le répugnant espoir de les exproprier de leurs terres et autres biens, quand l'argument perfide et fallacieux de conflit foncier évoqué à cette époque et ayant présidé à ces tueries  massives ne résiste point devant la vérité que tous ces nombreux enfants et femmes lâchement abattus, selon nos coutumes en Wê, ne sauraient être des propriétaires terriens ?

Dans  des pays comme le Rwanda, le Cambodge, la Bosnie ou plus récemment le Yémen, c'est avec soin que les restes des personnes massacrées sont déterrées et conservés parfois dans des musées pour l'Histoire, afin que ces peuples-là, leur postérité et l'Histoire se souviennent des basses horreurs dont l'Humanité est capable, afin aussi de pouvoir nous guérir des affres de l'instinct bestiaire enfoui en nous et toujours prêt à ressurgir dans la grande des brutalités pour frapper notre prochain, tel un ouragan dévastateur.

C'est donc bien pour celà que nous voulons ici saluer la détermination des populations de Duékoué et de tous ces démocrates qui, de par le monde entier, ont fait échec à cette suspecte volonté d'exhumation de ces fosses communes. De nombreux charniers qui, aussi curieux que celà puisse être, n'ont véritablement pas encore suscité l'intérêt mal zélé en bien d'autres cas de la Cour Pénale Internationale, surtout quand on sait que les experts scientifiques de la dite  Cour sont déjà venus visiter ces charniers à Duékoué il y a trois ans, avec drones, scanners et autres instruments de détection et d'évaluation. Or, sur la base d'un grossier mensonge, depuis cinq ans, un peuple tout entier et son leader Laurent GBAGBO sont privés de liberté, à l'instigation d'une plus que jamais introuvable communauté internationale qui s'était invitée dans le déni de souveraineté de la Côte d'Ivoire. Un grave et honteux déni préparé et cautionné par la France depuis 2002 en Côte d'Ivoire, par un exercice qui a consisté à ensevelir la primauté de la vérité et du droit sur le mensonge et la violence gratuite. Un déni dans lequel l'O.N.U. même, en toute inhumanité, s'est laissée embarquer, telle une fille de joie assoiffée d'inceste. Que s'est-il véritablement passé en Côte d'Ivoire depuis quinze ans, pour que, sans vergogne, l'on se plaise à communiquer au monde le chiffre mensonger de trois mille (3 000) morts, un certain 11 Avril 2011, après une pseudo crise postélectorale qui, dans la réalité, n'est que le sombre et abject couronnement de la guerre que la France de monsieur CHIRAC puis monsieur SARKOZY, par rébellion interposée, ont menée contre la Côte d'Ivoire et Laurent GBAGBO ? Oui, en vérité, que s'est-il vraiment passé en ce pays-prison à ciel ouvert, pour que des assassins jouissent de la liberté et que les victimes soient réduites à l'étroitesse du silence et de l'amertume, quand,  comme de lugubres sirènes, les esclaves des finances internationales ou du dieu argent, chantent à tout va que la santé financière de la Côte d'Ivoire est très bonne alors que nous sommes des milliers de victimes expropriées dont les vrais domiciles sont nos vêtements ou guenilles et nos chaussures usées, forcées que nous sommes à une errance qui devrait avoir pris si madame Fatou BENSOUDA, dans son zèle de fausse mulâtre des champs de canne à sucre, se décidait enfin de recompter les voix issues de l'élection présidentielle de 2010 convertie en crise par ses maîtres ?

La présente contribution se veut tributaire d'un seul constat : l'intelligence humaine et la civilisation prônées par les occidentaux sont véritablement en panne. C'est pourquoi, au-delà même de  ce constat, nous voudrions ici, comme le grand VOLTAIRE, lancer un appel capital au monde entier afin que ''les aveugles voient, les sourds entendent et que les muets parlent" ! On ne peut prétendre donner des leçons à autrui si l'on souffre soi-même d'hémiplégie mentale. Les occasions pour savoir la vérité sur les massacres perpétrés en Côte d'Ivoire sont multiples et diverses mais la justice internationale, au lieu de s'attaquer aux causes réelles et vrais auteurs de la guerre de dix ans contre la Côte d'Ivoire, s'acharne sur ses effets bénins et les innocentes victimes que nous sommes, dont Laurent GBAGBO. Au lieu d'intégrer cette vérité, des esprits funestes veulent faire disparaître les preuves matérielles qui ne peuvent que faire éclater la vérité, toute la vérité qui va faire libérer les victimes en prison et permettre l'incarcération de vandales promus à  des fonctions d'Etat, du jamais vu en Occident mais cautionné chez nous par ce même Occident. C'est ça même qui est la vérité ! Simone EHIVET-GBAGBO, n'a pas eu et n'aura jamais tort d'avoir crié, il y a cinq ans : "oh, honte à la communauté internationale" !

Enfin, les victimes de Duékoué disent ceci : nous ne sommes pas des Juifs mais tous, nous savons ce que ce peuple a subi et ce qu'il a entrepris de par le monde pour que justice lui soit rendue. Pour cela, nous en appelons ici et maintenant à toutes les bonnes volontés qui nous ont de tout temps soutenus, de communiquer largement, encore et toujours, sur les atrocités que notre peuple continue de vivre dans l'indifférence du silence de nos agresseurs et leurs parrains que nous connaissons bien et contre lesquels nous porterons bien plainte le moment venu, c'est-à-dire quand le minimum pour nous aura été acquis. Ce minimum, Wê de tous pays du monde, en parlant d'une seule et même voix, doit être la réalisation de monuments là où nos parents ont été jetés ou enfouis comme des bêtes sauvages, la rédaction d'un mémoire collectif pour la postérité et pourquoi pas, la création d'un musée pour la mémoire de nos disparus afin que le monde entier sache et se souvienne.  Autrement dit, le collectif des victimes de Duékoué dit non, non et non à toute exhumation ! Il est temps, grand temps pour des enquêtes, que ce soit à Duékoué, à Akéïkoi, à Adébem, à Yopougon, Dabou et autres contrées du nord de notre pays, afin que la vérité soit sue et que le mensonge de nos agresseurs, étalé une fois pour toutes, les conduise tout droit en prison. Cette dernière exigence nôtre, nous la croyons fermement inscrite dans la destinée prophétique de notre cher et beau pays, avis ici et maintenant à tous les sceptiques, incrédules et bernés ou floués de tous bords ! A tous ces abonnés aux regrettes suicidaires de Juda, les victimes de Duékoué disent : "Allons aux enquêtes sans tergiverser, si nous voulons savoir la vérité" !

Quant à tous ceux qui s'excitent pour des exhumations en évoquant la sécurité sanitaire des riverains des fosses communes, nous les prions d'aider l'Etat ivoirien à sauver la vie de tous ces nombreux Ivoiriens qui consomment chaque jour viande ou beignets dans du papier ciment (vous avez dit amiante?) ou se restaurent par-dessus des caniveaux ou décharges publiques aux odeurs exécrables à rendre malade plus d'un. Encore une fois, non à toute exhumation sans enquête préalable !

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 02/08/2015.

lundi, 10 août 2015

COTE D’IVOIRE – ALASSANE OUATTARA: ARRET SUR IMAGE, ENTRE LE 121ème ET 122ème AVION

 

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A peine la mascarade du 7 août passée, notre président émergent s'envole pour la France... Petites vacances certainement avec un bilan médical à la clé, mais rien ne nous dit que le candidat Ouattara publiera son bulletin de santé, comme l'exigent les textes; d'ailleurs sa déclarations de patrimoine liée à la précédente "élection" attend toujours d'être publiée... Nous savons seulement que son patrimoine a très indécemment grossi depuis sa prise de pouvoir. Mais c'est normal, il travaille tellement; et que dire de son épouse, qui selon ses fans rivaliserait en actes et en miracles avec la sainte Vierge. Il est donc normal que la pluie de milliards tant attendue tombe dans leur escarcelle au lieu de tomber en dehors. 

L'exposition universelle fêtée à Milan cette année, notre élu se doit d'y présider la journée nationale de la Côte d'Ivoire, le mardi 11 août. D'ailleurs l’ambassadeur d’Italie en Côte d’Ivoire, SEM. Alfonso Di Riso a expliqué que cette "journée" sera une opportunité pour les investisseurs italiens de découvrir les potentialités économiques de la Côte d’Ivoire. Une Énième opportunité donc, Ouattara n'ayant pas arrêté de sillonner la planète pour tenter de débusquer enfin ces investisseurs, devenus tellement rares... Et pourtant à l'entendre parler, cette Côte d'Ivoire exceptionnelle louée le 7 août dernier, est un pays de rêve : les hôpitaux, écoles, industries, routes, infrastructures poussent comme des champignons. Plus besoin même d'évoquer le taux de croissance, il a littéralement explosé. Sa réélection est acquise, on se demande même pourquoi des élections sont programmées en pareilles circonstances, avec un "Grand Favori" comme lui à la tête du pays, comme l’annonce l'AFP, version ivoirienne dans son crédo quotidien. 

Et pourtant Pascal Affi N'guessan, lui aussi, croit que son jour de gloire est arrivée. Plus de 4000 personnes ont assisté à son investiture hier. Mamadou Koulibaly, Charles Banny, soutenu par Abou Cissé, -le parent de la mère d'Ado, née à Dabou, aux dernières nouvelles-, Essy Amara, encouragé par Mamadou Ben Soumahourou, KKB et d'autres y croient aussi...

Ainsi va la vie en Côte d'Ivoire. Pour l'instant le gouvernement rapidement expédie les affaires courantes. Tous les grands projets sont reportés après les élections, le métro aérien devrait être lancé pour 37 kilomètres de rails. A Jérusalem nous avons "subi" les travaux du tram pendant plus de 12 ans, sur une ligne de 13,7 kilomètres seulement. Mais chut, dans cette Côte d'Ivoire qui ne peut manquer son Émergence en 2020, il est évident que les travaux seront menés tambour battant, et terminés à cette date ! Il va sans dire que toutes les écoles promises ouvriront en septembre, que les professeurs seront trouvés et rémunérés, que les parents qui ne pourront envoyer leurs enfants à l'école faute de moyens financiers, trouveront une petite obole leur permettant de ne pas passer par la case prison, depuis que notre génie en Chef a lancé le décret de l'école obligatoire, reprenant les dispositions données en leur temps par Laurent Gbagbo qui  avait déjà rendu l'école obligatoire, mais gratuite. Ouattara ne garde que l'obligatoire, oubliant la gratuité. Gratuité des soins aux plus pauvres, un oubli aussi de sa part. 

Octobre sera bientôt à nos portes. La commission CDVR, remplacée par une autre commission, n'a pas accouché de grand-chose; nous n'avons lu aucun chiffre, aucune statistique fournie par Charles Konan Banny. Une cérémonie commémorative des victimes a rassemblé quelques 50 "cas" sur les 3500 recensées. Lors de cette cérémonie, le couple Ouattara a joué les pleureuses, puis les consolateurs, et enfin les artisans de paix. Quelques 1500 Euros ont été distribués aux familles présentes; bien sûr les autres devront attendre un peu, probablement après les élections... Pas un mot sur les morts au sein de l'armée, sur les jeunes qui ont été fait prisonniers, mis dans des containers, ceux qui ont disparu dans la forêt du Banco; pas un mot sur les exilés qui attendent toujours encore que ceux qui squattent leurs maisons et domaines partent pour pouvoir rentrer au pays dans la dignité. Pas un mot pour ces militaires qui pourrissent en prison, sans procès; pas un mot pour ceux qui sont morts de sévices et dérapages en tous genres de la part de cette gent militaire si zélée, appelée FRCI.

Les fournisseurs de l’État nous promettent une manifestation le 15 parce que l’État n'a toujours pas honoré les factures, en attente pour certaines depuis plus de 10 ans. Et pourtant l'état est une continuité, et le gouvernement en place a bien promis de faire le nécessaire. Quand 87% de la Côte d'Ivoire est électrifiée, selon les dires du mari, pourquoi certains beaux "cadeaux" de dame Ouattara à ses sœurs, payés sur les deniers publics, sont-ils encore des machines à coudre à pédalier? Pourquoi y a t-il toujours encore autant d'enfants esclaves, pardon d'enfants déscolarisés qui travaillent au lieu d'aller à l'école ? Madame Ouattara n'a -telle pas eu le temps de se pencher sur la question, elle qui préside une commission sur le travail des enfants?

Comment voteront tous les déguerpis? Il n'y a pas une semaine où les bulldozeurs se reposent : partout il faut présenter un "cadre de vie" exemplaire. La Côte d'Ivoire au travail, en bonne santé ne peut connaitre de quartiers misérables, les bidonvilles ne peuvent figurer sur les clichés de l’Émergence où tout le monde sourit et dit "Merci Ado, on rempile avec toi!"

En attendant, Ouattara va passer quelques jours de repos en France, avant de traquer les investisseurs du monde entier qui pourraient se trouver à Milan et visiter l'exposition universelle lors de leurs vacances. Ce sera son 121ème voyage, puis son 122ème. Avant de rentrer en France, suggérons-lui de faire un petit détour via Turin pour visiter son ami le président Faure Gnassingbé, spécialiste des bidouillages électoraux, qui a même manqué sa troisième investiture prévue pour le 27 juin dernier, un AVC massif l'ayant retenu dans un hôpital italien. Mais peut-être que le dicton "pas de nouvelles, bonnes nouvelles" n'est pas si exact le concernant... Si, bonne nouvelle : le Togo se gouverne tout seul, les petites mains invisibles françaises veillent au grain. Et leur vigilance au Togo confirme celle qui n'a jamais fait défaut en Côte d'Ivoire. Alors, vive la Dépendance présente et à venir !

 

Shlomit Abel, 9 août 2015.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 29 juillet 2015

NAHIBLY, CET AUTRE LOURD ET ENCOMBRANT HERITAGE DE LA NEO-COLONISATION FRANÇAISE

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg

 

On ne le dira jamais assez : le mensonge, l’hypocrisie et la méchanceté gratuite sont les fondamentaux qui ont présidé à la guerre que la France, de CHIRAC à SARKOZY,  menée contre  la Côte d’Ivoire. Sinon, comment comprendre que trois longues années  après, les massacres de Nahibly, ce camp de réfugiés pour autochtones Wê à Duékoué, n’aient point connu la moindre arrestation, alors que les tueurs de nos parents et frères sont bel et bien là, au cœur même du pouvoir en place ou bien en train de nous narguer chaque jour, clamant haut et fort que les crimes qu’ils ont commis l’ont été pour asseoir et solidifier un pouvoir qui a choisi la violence comme mode d’expression en politique ?

Le 20 Juillet 2012, des femmes, des enfants et des vieillards ont été assassinés sur les terres de leurs ancêtres, au camp de Nahibly, sous les regards de la France et de l’O.N.U. Devrions-nous être étonnés, nous Ivoiriens ou Africains, que ces horribles massacres n’aient point encore connu aucune poursuite judiciaire, tout comme ceux perpétrés en direct par les soldats de l’armée française sur les ponts d’Abidjan et à l’Hôtel Ivoire, bien après les abominables horreurs que ces soldats français ont couvertes à Bouaké, Korhogo, Sémien et Monoko-Zohi en Septembre 2002, avec  les tueries de Guitrozon et Petit-Duékoué la nuit du 31 Mai 2005 ?

Pour ce 20 Juillet 2015, trois ans après ces massacres, l’O.N.U., ne serait-ce que par décence feinte, n’a point daigné entendre le moindre de ses soldats sur les circonstances des atrocités commises dans ce camp de réfugiés gardé par un contingent marocain. Or, en Mars 2014, un rapport d’enquête a publié des chiffres,  des révélations à couper le souffle et des images de l'horreur ont circulé sur la toile internet. Les victimes de Duékoué, au-delà d’un devoir de mémoire envers les leurs, voudraient encore une fois ici dénoncer :

- 1° : le rôle de nuisance et d’embrigadement criminel de la France contre le digne peuple de Côte d’Ivoire depuis 2002. Les peuples et gouvernants français cruels crient au terrorisme chez eux? Ils devraient savoir que les présidents CHIRAC et SARKOZY ont instrumentalisé par leurs rebelles la terreur en Côte d’Ivoire mais notre peuple, debout comme un seul homme, a fait front et résisté malgré des têtes de bébés coupées ici à l’ouest ivoirien, des familles entières enfermées et brûlées vives dans leurs maisons, des femmes enceintes éventrées quand on sait l’ampleur de l’émoi et de l’indignation soulevées en France il y a peu, suite à une décapitation (œuvre d’un terroriste) dans l’Isère. Les preuves sont là, innombrables et incontestables que la France, par son armée, a commis trop de crimes en Côte d’Ivoire, en usant de la terreur pour nous obliger à renoncer à notre dignité et notre sens de la patrie. Surprise que sa barbarie n’a fait que renforcer notre esprit de résistance, la France s’est adonnée à des crimes sans nom par ses bras armés de la rébellion ivoirienne, bombardant elle-même les jeunes patriotes ivoiriens quand notre volonté de souveraineté prenait de l'ascendant sur ses coups bas. On ne peut pas être coupable et juge à la fois !

-2° : les victimes de Duékoué dénoncent aussi le rôle perfide et destructeur de vies humaines qui est celui de l’O.N.U. Prétextant sauver la Côte d’Ivoire d’une catastrophe humanitaire en Mars 2011, l’O.N.U. s’est empressée de pondre une résolution, précisément la 1975. Mais alors combien sont morts par ici depuis, sous les regards complices de l’O.N.U., à Carrefour-Duékoué et Nahibly, bien après Guitrozon et Petit-Duékoué ? Combien des nôtres ont été enlevés, déportés pour être assassinés en silence dans les forêts ou les montagnes de chez nous, à commencer par les brousses et campements aux alentours de Nahibly ? Le camp de concentration du chef rebelle Daouda KONE dit Konda pour les jeunes gens d’ethnie Wê, à l’Hôtel Monhésséa de Duékoué, l’O.N.U.C.I.n’était pas au courant ? La vérité sur le terrorisme qui s'est abattu sur la Côte d'Ivoire ne sera sue que quand le désarmement et la mise aux arrêts des chefs rebelles auront lieu. Sinon, tout autre discours ou diversion est un non-sens.

En définitive, les victimes de Duékoué sourient, face aux vaines gesticulations et ennuyeuses élucubrations contre le terrorisme des actuels gouvernants français, eux qui n’ont jamais crié au scandale quand Nahibly  été mis à feu et à sang, le 20 Juillet 2012 mais qui, dans le même temps, recevaient monsieur OUATTARA chez eux. Quant à messieurs CHIRAC et SARKOZY, se sont-ils une seule fois étonnés ou indignés du fait qu’un pays sahélien (le Burkina Faso) leur vende du cacao, fruit des  razzias de la rébellion dans l’ouest ivoirien ? Ont-ils, pour cela, suscité la moindre résolution à l’O.N.U. en son temps contre leur ami Blaise COMPAORE ? Non, non et non, crient les victimes de Duékoué, le terrorisme, même tropicalisé et trempé à la sauce française, n’est rien d’autre que du terrorisme, vu et su que la terreur et la douleur n’ont point de couleur, encore moins de race. C’est pourquoi, depuis qu’ils ont enfermé Laurent GBAGBO à La Haye, nous, victimes de Duékoué, nous chantons et nous dansons d’allégresse : il n’est plus loin, ce jour où la France du crime éhonté et de la basse sottise va être mise à nu, pour que guérissent enfin ces millions de cœurs meurtris d’Africains que nous sommes. "Toujours pour le voleur, un jour pour le propriétaire", aimons-nous répéter en Afrique. Or Dieu seul sait combien la France nous a volés par des massacres tout aussi odieux que grossiers et honteux. Oh, honte à la France des droits de l’homme ! D'ailleurs, à quand ton examen de conscience, de Toussaint LOUVERTURE à Laurent GBAGBO avec tous ces millions de morts en Afrique et dans les départements et territoires d'outremer (*)?

Massacrer autrui pour survivre, sur cette terre des hommes ? En attendant que madame BENSOUDA et sa C.P.I. ouvrent un jour leurs yeux et la primauté du droit sur Nahibly et Carrefour, les victimes de Duékoué s’inclinent devant la mémoire de leurs nombreux disparus. Paix sur Nahibly, paix en Côte d'Ivoire. 

                                                                                                  

 (*) : cf. Le pont de Fengolo, chronique d'un génocide perpétré et tu par la France, manuscrit.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, porte-parole.

lundi, 13 juillet 2015

PRESIDENTIELLE 2010 - MEDIAPART FAIT DE GRAVES REVELATIONS SUR LE "DEAL" ENTRE LA CEI ET CHOI

 

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Notre collaboratrice Fanny Pigeaud sort un livre qui retrace les relations récentes entre Paris et Abidjan. Dans l’extrait que nous publions, elle revient sur l’élection contestée de 2010 qui a vu Alassane Ouattara arriver au pouvoir et Laurent Gbagbo finir dans une geôle à La Haye.

 

Cinquante ans après les indépendances de la plupart des anciennes colonies françaises d’Afrique, Paris continue d’être présent sur le continent africain : économiquement bien sûr, militairement, comme le démontrent la cinquantaine d’interventions tricolores qui ont eu lieu dans l’ancien «pré carré», et bien trop souvent politiquement. Contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy, réitérées par François Hollande, de non-intervention dans les affaires intérieures africaines, l’Élysée continue en effet d’y mettre son nez. L’argument est toujours le même, celui de la «stabilité», qui prend différentes formes. Aujourd’hui, c’est la lutte antiterroriste ou la volonté d’éviter les États faillis. Mais il y a bien souvent des raisons moins avouables publiquement : préservation de certains intérêts économiques, maintien de bases militaires, favoritisme à l’égard de tel ou tel politicien «ami», soutien diplomatique quand la France a besoin de rassembler des votes à l’Onu… En fait, il s’agit ni plus ni moins, pour la France, de continuer à gouverner indirectement ses anciennes colonies, plutôt que de laisser les Africains s’en charger eux-mêmes, avec leurs erreurs et leurs tâtonnements. La Côte d’Ivoire est depuis un demi-siècle le lieu de telles manœuvres. Notre collaboratrice Fanny Pigeaud a fait paraître fin juin un livre qui retrace l’histoire récente des relations entre Paris et Abidjan, France Côte d’Ivoire – Une histoire tronquée (Vents d’ailleurs, 453 pages). Son livre est centré sur l’élection présidentielle de 2010 qui a vu le président sortant Laurent Gbagbo être dé- fait, puis s’accrocher au pouvoir avant d’en être délogé par des bombardements français et onusien, afin que son concurrent, Alassane Ouattara, puisse s’installer au pouvoir. Mais cette histoire officielle tient-elle compte de ce qui s’est réellement passé ? Certainement pas, répond Fanny Pigeaud, comme le montre cet extrait de son ouvrage qui jette une lumière différente sur la régularité de cette fameuse élection de 2010.

UN PROCESSUS OBSCUR

Aucun acteur du processus électoral n’a joué son rôle. La «communauté internationale», suivie par les médias occidentaux, affirme donc que Ouattara est le vainqueur de l’élection présidentielle. Pourtant, tout montre que le processus électoral n’a pas respecté les règles et que chacun de ses principaux acteurs n’a pas joué son rôle : la commission électorale indépendante, le Conseil constitutionnel et le certificateur de l’Onu Young-jin Choi ont failli à leur mission.

LA COMMISSION ÉLECTORALE INDÉPENDANTE

La commission électorale indépendante (Cei) est le premier organe qui n’a pas fait son travail correctement. Nous avons vu qu’il y a eu, avant même le scrutin du second tour, de nombreux dysfonctionnements. D’autres anomalies importantes sont facilement détectables. Le taux de participation donné par la Cei, par exemple, pose beaucoup de questions. Tous les observateurs et acteurs ont annoncé à la sortie des urnes qu’il était inférieur d’environ dix points par rapport à celui du premier tour. Le chef de la délégation des observateurs de la francophonie, Gérard Latortue, a ainsi déclaré le 29 novembre qu’il «pourrait avoisiner les 70 %». Le vice-président de la Cei, Amadou Soumahoro, du RDR, a lui-même expliqué aux médias ce même lundi 29 novembre : «Le taux de participation au second tour de la présidentielle dimanche se situe autour de 70 %, en baisse par rapport au premier tour le 31 octobre, où elle avait atteint 83 %.» Le porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, représentant des Forces nouvelles, a dit le même jour : «Le taux de participation qui est d’environ 70 % est en baisse par rapport à celui du premier tour qui s’élevait à plus de 80 %.» Sur la Rti, Amadou Soumahoro a indiqué, toujours le même jour, à propos du chiffre de 70 % : «Nous sommes surpris que le taux soit aussi élevé, contrairement à ce que nous pensions hier (dimanche). Nous craignions que nous n’atteignions même pas les 60 % de taux de participation.» Or, lorsque le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a proclamé ses résultats provisoires, le 2 décembre, il a donné un taux de 81,1 %, soit 11 points de plus que les 70 % initialement annoncés. Pourquoi cet écart, qui correspondait à un peu plus de 600 000 voix ? Aucune réponse ne sera apportée à cette question. Cette différence a pourtant une incidence importante sur les résultats finaux. Comme d’autres observateurs, l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki soulignera les incohérences dans les chiffres donnés par les uns et les autres : «L’envoyé de l’Onu, le secrétaire général Ban Ki-moon, et son collègue sud-coréen, le Rssg Young-jin Choi, ont […] déterminé que Ouattara avait gagné, mais sur la base de moins de voix que celles annoncées par la Cei, après avoir déterminé que certaines des plaintes déposées par Gbagbo étaient légitimes. En termes de suffrages exprimés pour les deux candidats, la Cei, le Cc et le représentant spécial de l’Onu ont fait trois mesures différentes.» Un autre problème concerne les procès-verbaux (PV) du scrutin et la manière dont le comptage des voix a été effectué. L’Onuci avait des équipes dans 721 des 20 000 bureaux répartis dans tout le pays. Elle pouvait par conséquent certifier la validité des PV issus des bureaux où ses éléments étaient déployés et avaient assisté au dépouillement des voix.

Mais elle n’était pas capable de savoir s’il y avait eu, par exemple, tricherie et entente des acteurs dans les autres bureaux de vote, pour produire des PV ne correspondant pas au choix exprimé par les électeurs. Or, sur beaucoup de PV issus de la zone Cno notamment, des incohérences sont visibles : tout comme l’a relevé Bédié lors du premier tour, de nombreux bulletins de vote comportent plus de votants que d’inscrits. La société chargée de faire le comptage électronique des voix, Sils Technology, a ainsi signalé par écrit à la Cei, le 1er décembre 2010, que son logiciel avait «rejeté un nombre de procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000». En outre, les PV issus de beaucoup de bureaux du Nord indiquent que Gbagbo n’a obtenu aucune voix, ce qui veut dire que ses propres assesseurs n’ont pas voté pour lui. Autre curiosité : selon beaucoup de ces PV, 100 % (voire plus, si l’on compte les votants non inscrits) des électeurs ont voté (souvent à 100 % pour Ouattara), ce qui est extrêmement rare, pour ne pas dire totalement improbable. De plus, on ne sait pas sur quelles bases les résultats donnés par Bakayoko ont été établis : s’appuient-ils sur la compilation des résultats tels que la Cei les a reçus ? Ou bien seulement sur ceux validés par l’ensemble des membres de la Cei ? La proclamation de Bakayoko est elle-même sujette à caution : quelle est sa valeur légale, alors qu’elle a été faite en l’absence des autres membres de la Cei et que ces derniers n’ont en plus pas validé son contenu ? Quelle est sa valeur, alors que le Conseil constitutionnel a retiré à Bakayoko le droit de la faire ? Quelle valeur a-t-elle, alors qu’elle a été formulée non seulement hors délai, mais aussi au Qg de campagne de l’un des candidats, en l’occurrence Ouattara ? Aucune explication valable ne sera donnée à cette dernière incongruité. Youssouf Bakayoko dira juste depuis Paris, le 1er janvier 2011, dans un entretien à Rfi qui lui demandera pourquoi il a fait son annonce dans le «quartier général d’un des candidats, Alassane Ouattara»: «Écoutez, moi, je l’ai su par la suite, je ne savais pas qu’il habitait là.» Alors que RFI insistera, disant: «Mais tout le monde le savait. Pourquoi vous, vous ne le saviez pas ?», Bakayoko répondra : «Je n’ai pas à savoir ce que tout le monde sait parfois.» Notons que, après sa déclaration au Golf Hôtel, Bakayoko y restera pendant une semaine. Il demandera à l’Onuci de le faire partir hors du pays, mais celle-ci refusera. C’est finalement la France qui se chargera de l’exfiltrer discrètement vers Paris. Toutes ces questions concernant les résultats du second tour ne seront pas soulevées par les médias occidentaux. Aucun n’émettra l’hypothèse que les chiffres donnés par Bakayoko aient pu être trafiqués, tout comme l’ensemble du processus. Aucun ne dira ce qui est une évidence pour beaucoup : il y a eu d’importants bourrages d’urnes dans toute la zone Cno – qui représente 30 % des électeurs. «Les Fafnont tout fait pour faire passer leur candidat dans leur zone. Ainsi Yacouba Bamba, membre de la Cei nationale, a été très actif à Bouaké, où il contrôlait la Cei locale», témoignera un fonctionnaire international.

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LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le Conseil constitutionnel et son président ont été sous le feu des critiques des alliés de Ouattara. L’Union européenne a, par la voix de sa mission d’observateurs, résumé les griefs à son égard, en blâmant sa décision d’annuler des votes. Elle l’a accusé de ne pas avoir fait de «vérification préalable des faits allégués» par les requêtes déposées par Gbagbo, disant : «Le Conseil constitutionnel a saisi le pré- texte d’incidents isolés, eux-mêmes insuffisants pour affecter les résultats d’ensemble, aux seules fins de modifier les résultats proclamés par la Cei.» L’UE a aussi assuré que le Conseil n’avait pas respecté l’article 31 de la Constitution, selon lequel «la souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice». Mais en affirmant cela, l’UE s’est contredite : elle a elle-même refusé de reconnaître la disposition constitutionnelle faisant du Conseil constitutionnel la dernière voix qui compte. Selon l’article 98, «les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale». (…)

Cela étant, il est évident que la manière dont le Conseil constitutionnel a travaillé a posé problème. Pourquoi n’a-t-il pas pris plus de temps avant de rendre son verdict, alors qu’il disposait de sept jours pour examiner les irrégularités soulevées par Gbagbo ? Pourquoi, au lieu d’annuler le vote de sept départements, n’a-t-il pas plutôt annulé l’élection dans son ensemble, comme le code électoral lui en donnait la possibilité ? L’article 64 du code stipule en effet : «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le ré- sultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel.» Toutefois, on peut imaginer que la situation serait restée la même si le Conseil avait annulé l’élection : sa décision n’aurait été acceptée ni par les grandes puissances occidentales, ni par Ouattara, ni par les Fafn. Une autre question, plus morale ou philosophique, peut être posée lorsque l’on connaît la suite de l’histoire : Yao N’Dré aurait-il dû accepter les résultats de la commission, même s’il les savait truqués, pour éviter une guerre déclenchée par les Fafn ? Doit-on accepter ce qu’on considère comme une injustice pour avoir la paix ? Plusieurs années après, en 2015, KKB, président de la jeunesse du Pdci, déclarera d’ailleurs à propos du soutien de son parti à Ouattara : «Avions-nous le choix en 2010 si nous voulions la paix ? Croyez-vous que le pays aurait été débarrassé […] des armes si Gbagbo avait été déclaré vainqueur des élections en 2010 ? Si Gbagbo avait été déclaré vainqueur de ces élections, nous serions encore dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, arme au poing. Des personnes tenaient des armes et disaient que tant que Ouattara n’est pas président de la République, ils ne baisseraient pas les armes.»

LE CERTIFICATEUR DE L’ONU, YOUNG-JIN CHOI

Young-jin Choi a quant à lui outrepassé son mandat. Il affirmera : «La seule question qui demeure est de savoir si l’Onuci est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire.» Mais le mandat de Choi ne prévoyait pas qu’il prenne en compte une proclamation de résultats provisoires douteuse (il n’a d’ailleurs rien dit sur l’illégalité de la proclamation de Bakayoko), puis qu’il fasse ses propres calculs, pour finalement donner le nom de celui qui avait, selon lui, remporté le scrutin. D’après la résolution 1765 du Conseil de sécurité de l’ONU, il devait simplement vérifier (et certifier ou non) que «tous les stades du processus électoral [fournissent] toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». À propos des résultats, il devait dire, suivant le critère que l’Onuci avait elle-même fixé, s’ils avaient «été déterminés à l’issue d’un processus transparent et accepté par tous ou contesté de manière pacifique par les voies appropriées». En donnant le nom de celui qui, selon lui, avait gagné, Choi, et avec lui les Nations unies, s’est substitué aux institutions ivoiriennes, pourtant existantes et opérantes, ce qui ne s’était encore jamais vu nulle part ailleurs. Il s’est ainsi érigé en Conseil constitutionnel «bis» pour désigner Ouattara comme vainqueur et annuler la décision d’un organe constitutionnel, dont les décisions ne sont pourtant susceptibles d’aucun recours en vertu de l’article 98 de la Constitution. La résolution 1933 prise le 30 juin 2010 par le Conseil de sécurité n’a en outre pas été appliquée : ce texte précisait que le Conseil devait fonder son évaluation Ouattara. [...] Le rôle que l’Onu a joué dans la validation et la reconnaissance de la «victoire» de Ouattara conduira l’organisation dans une quasi-impasse : en se prononçant en faveur d’un candidat, elle a perdu sa légitimité pour jouer un rôle de médiateur dans la crise et aider à sa résolution, si tel était réellement son objectif. Même si l’entourage de Gbagbo restera toujours en relation avec l’Onuci, via Alcide Djédjé, son ministre des Affaires étrangères, lui-même ne voudra plus avoir de contacts directs avec Choi. En abandonnant sa neutralité, l’ONU s’est condamnée, pour ne pas se dédire, à «travailler activement pour l’installation de Ouattara en tant que président du pays et l’élimination de Gbagbo», soulignera Thabo Mbeki.

Cette dérive de l’organisation ne fera l’objet d’aucun débat public. Fin 2010, il est pourtant évident que l’Onu est en train d’être instrumentalisée par les grandes puissances qui la contrôlent. Qu’aurait pu faire l’Onuci pour éviter que la situation ne s’aggrave ? L’ancien secrétaire général d’Amnesty International et ancien sous-directeur général de l’Unesco Pierre Sané fera une suggestion : «Pourquoi le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies n’at-il pas travaillé sur les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et décidé ou non de les certifier, comme cela a été le cas lors du premier tour. En cas de désaccord persistant, pourquoi n’aurait-il pas procédé à la vérification détaillée des critères d’annulation mis en avant par le Conseil constitutionnel et évalué leur force de justification et même demandé, compte tenu des circonstances exceptionnelles, qu’Alassane Ouattara puisse soumettre des “contestations démocratiques” et ensuite transmettre un rapport au Conseil de sécurité ?» Preuve que le système de certification utilisé en Côte d’Ivoire a été un fiasco, même si cela ne sera pas reconnu officiellement : le Conseil de sécurité des Nations unies ne voudra plus en entendre parler. L’expérience d’un mandat confié à un seul individu ne sera donc vraisemblablement pas renouvelée ailleurs. Début décembre 2010, la situation en Côte d’Ivoire peut se résumer ainsi : le scrutin qui vient de se tenir a une crédibilité faible, voire nulle, bien que l’Onu dise le contraire ; plusieurs résultats ont été donnés : le premier par Youssouf Bakayoko, le deuxième par le Conseil constitutionnel, le troisième par Young-jin Choi ; un candidat, Gbagbo, s’est insuffisamment préparé pour contester le déroulement du scrutin ; l’autre, Ouattara, bénéficie de l’aide de grandes puissances, et plus particulièrement de la France et des États-Unis ; des personnalités clés du processus, Young-jin Choi et Youssouf Bakayoko, ont subi de fortes pressions de la part des diplomates occidentaux et du président français Sarkozy ; la certification onusienne de Choi n’a pas respecté le mandat donné.


In Médiapart

Source: LE CRI D'ABIDJAN

lundi, 22 juin 2015

LE LIVRE DE LAURENT GBAGBO S'ARRACHE COMME DE PETITS PAINS A ABIDJAN

 

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Détenu à la Haye - Grosse révélation sur le livre de Gbagbo à Abidjan: Ce qui s’est passé dans les librairies

 

C’est un grand coup politico-culturel sans précédent dans l’histoire de la librairie de France à Abidjan. Laurent Gbagbo et François Mattei peuvent se frotter les mains. L’ouvrage qu’ils ont co-écrit, «Pour la vérité et la justice » (voir ici), tient le haut du pavé, c’est-à-dire qu’il occupe le premier rang des ventes en librairie en Côte d’Ivoire. Ce livre a en effet, pulvérisé tous les records de vente. Selon la «Lettre du continent (L.C.)» qui rapporte l’information dans son édition du 17 juin 2015, le livre du détenu de Scheveningen (Cpi) s’est vendu comme de petits pains, atteignant la barre des 15.000 exemplaires vendus. «Pour la vérité et la justice », paru en juillet 2014 aux Editions du moment, représente la meilleure vente en Côte d’Ivoire, tous genres confondus», apprend la «Lettre du continent».

Selon LC, ce livre devrait recevoir prochainement le Prix de la Librairie de France, qui couronne chaque année à Abidjan, la meilleure performance commerciale dans le domaine de l’édition. Cette performance devrait rapporter à Laurent Gbagbo et François Mattei, le journaliste français, au bas mot, la bagatelle de 217 millions 500.000 Fcfa. Il faut dire que ce livre se voulait le fruit d’une très longue conversation de deux hommes qui se connaissent depuis plus d’une décennie.

LIVRE GBAGBO. POUR LA VERITE ET LA JUSTICE.jpg

L’ouvrage en question, de 320 pages, raconte, «en adoptant le point de vue de Laurent Gbagbo», ses années de pouvoir, l’élection de 2010 et la crise postélectorale, sa capture et son transfert à La Haye. Dans ce livre, l’ancien chef de l’Etat ivoirien, sans gant, a directement accusé la France officielle incarnée par Nicolas Sarkozy et l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo explique, à travers cet ouvrage, comment il a été capturé dans son bunker de la résidence présidentielle le 11 avril 2011.

Le «Woody de Mama» affirme, par ailleurs, que « cinquante blindés français ont pris la direction de sa résidence et l’ont encerclée». Il a soutenu, en outre, que des hélicoptères français ont mis le feu au bâtiment à l’aide de munitions incendiaires. «Des militaires français sont venus devant le portail, un de leurs chars l’a défoncé à coups de canon. Il y a eu ensuite coups de feu, des rafales, et dans la fumée, j’ai entendu : "On veut Gbagbo ! On veut Gbagbo !" (…) Je me suis levé : "C’est moi Gbagbo." Ils m’ont saisi.». Pathétique !

«Pour la vérité et la justice» sera prochainement traduit en anglais. La maison américaine Next Africa Inc. devrait le publier sous le titre "Truth and Justice".

 

Armand B. DEPEYLA

In Soir-Info N° 6212 du vendredi 19 juin 2015.

Lu sur AfriquEssor

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

livre,LE LIVRE DE LAURENT GBAGBO S'ARRACHE COMME DE PETITS PAINS à ABIDJAN,Grosse révélation sur le livre de Gbagbo à Abidjan, Ce qui s’est passé dans les librairies,Laurent Gbagbo et François Mattéi, Pour la vérité et la justice

Depuis la Haye, les bonnes feuilles du livre de Laurent Gbagbo et François Mattéi

 

Il sera en vente le 26 juin. Récit des visites que rendit François Mattéi à Laurent Gbagbo dans lequel on peut le lire lui, et lire les informations de première mains recueillies par son interlocuteur auprès des acteurs de la crise ivoirienne, c’est un livre à ne pas manquer. Différents extraits sont déjà en ligne, permettant de se faire une idée, notamment sur le site Politicomag.

En avant-goût, cet extrait de Laurent Gbagbo :

J’ai prêté serment le samedi 4 décembre 2010, au Palais, après que le Conseil constitutionnel eut statué sur les recours que nous avions déposés à la suite des fraudes massives constatées dans le Nord du pays et après qu’il eut pris acte de l’incapacité dans laquelle se trouvait la Commission électorale indépendante de se prononcer dans le délai qui lui était imparti. La veille, le vendredi 3, j’ai compris que tout pouvait se terminer très mal. Le Conseil constitutionnel venait de proclamer les résultats, et me désigner comme vainqueur de l’élection. J’ai reçu le jour même un coup de fil de Sarko. Il était furieux : « Il ne fallait pas que le Conseil constitutionnel fasse ça, non, non, il ne fallait pas ! » C’est la démarche d’un fou, pas celle d’un chef d’État. Comment peut-on se permettre aujourd’hui, au XXIe siècle, d’appeler un autre chef d’État pour lui dire une chose pareille ? C’est à ce moment précis, quand j’ai raccroché, que j’ai eu le sentiment que tout pouvait déraper. Je sais que les institutions des pays africains, ils s’en fichent ! Il ne s’agit après tout que de mettre leur homme sur le trône… mais s’asseoir sur le Conseil constitutionnel d’un pays souverain, dont la Constitution est calquée sur celle de la France, avec autant de culot, comme ça, par téléphone, c’est une mauvaise blague. Ce n’est pas un chef d’État que j’ai eu au téléphone…

...

Le samedi, juste avant mon départ pour le Palais, où doit se dérouler la prestation de serment devant le Conseil constitutionnel, mon chef du protocole vient me dire qu’un message nous est parvenu indiquant que Nicolas Sarkozy a demandé que l’on s’oppose physiquement à cette investiture. J’ai décidé d’y aller quand même. Il agit comme voyou, me suis-je dit, je n’ai pas à en tenir compte. C’était du bluff, ou un avertissement…

Le lundi 6 décembre, nous avons formé le gouvernement, un gouvernement de technocrates, et nous avons commencé à travailler.

La France nous avait coupé les robinets de la BCEAO, en espérant que nous ne pourrions pas payer les salaires des fonctionnaires et honorer les factures de l’État, ce qui aurait eu pour effet de dresser la population contre nous. Sarkozy m’a intimé l’ordre de partir dans un discours fait à Bruxelles, sur un ton plus proche de casse-toi de là, pauvre c., que dans le langage maîtrisé d’un chef d’État.

Mais à la fin du mois, à partir du 22 décembre, nous avons payé tous les salaires, idem en janvier. Ils ont compris qu’ils ne nous auraient pas comme ça…

Et on me le reproche aujourd’hui… ! parce que j’ai continué à faire mon travail, et à payer les fonctionnaires. Même motif, même punition pour les mesures que j’ai prises dans le souci du maintien de l’ordre. J’ai utilisé un décret qui existe depuis 1961, et qui permet d’ouvrir la possibilité, ce n’est pas une fatalité, de mettre en état d’alerte les forces de maintien de l’ordre si la situation est telle que des incidents sont à craindre. Bref, je faisais mon métier pour assurer la sécurité de l’État et des populations, je gouvernais. C’est cela, qu’on veut faire passer pour un plan criminel… Les rebelles avaient introduit des commandos armés au cœur d’Abidjan, toute une armée. Ils devaient faire leur jonction avec les centaines de soldats rebelles, des mercenaires burkinabés pour la plupart qui étaient cantonnés à l’Hôtel du Golf, un vaste complexe situé au bord de la lagune, où se trouvaient depuis septembre, les Ouattara et les chefs rebelles.

Dès le début du mois de décembre 2010, les attaques contre la population et les forces de l’ordre ont commencé à Abidjan jusqu’à ce que la stratégie de prise de pouvoir violente par Alassane Ouattara et ses soutiens soit révélée lors de l’attaque générale et concertée, lancée dans tout Abidjan le 16 décembre 2010.

Les hommes politiques de mon parti, de mon gouvernement, mon fils même, et beaucoup d’autres, sont poursuivis en justice, et ont été emprisonnés, pour« atteinte à la Défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’État, constitution de bandes armées, direction ou participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme et xénophobie ». Rien que ça… Ce serait seulement grotesque si cela n’entraînait pas autant de souffrances, de privations de libertés, tant d’injustices. Nous, on nous pourchasse, on nous fait passer pour des criminels. C’est le monde à l’envers.

Il y en a eu des morts, beaucoup de morts, il y a eu tant de morts. N’est-ce pas indigne de vouloir me les attribuer alors que je n’ai cessé de prôner la réconciliation ? Je craignais tellement que le pays soit définitivement coupé en deux, j’étais tellement préoccupé par le fait que la situation pouvait conduire à des tensions profondes et définitives entre Ivoiriens, que j’ai tout fait pour parvenir à une solution pacifique. J’ai accepté tous les compromis. Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais eu d’arme, je n’aime pas les armes, je n’aime pas la guerre, je n’ai jamais fait de coup d’État… J’ai écrit des livres, Pour une alternative démocratique, Agir pour les libertés, et quelques autres. J’ai proposé aux juges de La Haye de les leur faire porter, car c’est dans ces livres que l’on peut me connaître, savoir qui je suis, quel est le sens de ma vie… J’ai toujours entendu sur mon compte des commentaires contradictoires : certains de mes amis m’ont reproché de ne pas être assez dur, et de composer, même avec les adversaires. Mais parler à tout le monde, c’est cela la politique ! Par ailleurs, mes adversaires, eux, prétendent que je serais un dictateur. Toute ma vie j’ai lutté pour la démocratie. J’ai passé des mois en prison et des années en exil du fait de ma lutte pour la démocratie. J’ai refusé le système du parti unique parce que je pensais que l’avenir de l’Afrique ne pouvait s’organiser que dans un cadre démocratique. Lorsque j’étais en exil en France, j’ai refusé les propositions d’Houphouët-Boigny qui cherchait à me récupérer. J’ai toujours joué le jeu des élections, j’ai toujours cru en la volonté populaire. Et finalement, c’est cela que l’on me reproche : être le porte-parole du peuple. Donner voix au peuple de Côte d’Ivoire. Combien sont-ils les dirigeants africains qui représentent le peuple ? Ils se comptent sur les doigts d’une main. Qui a permis à chaque sensibilité de s’exprimer ? Qui a permis aux partis rebelles d’exister sur la scène politique ivoirienne ? Qui a intégré les rebelles au gouvernement et à l’armée ? Qui a organisé les élections ? Qui a permis que Ouattara et Bédié s’y présentent, alors même qu’ils ne remplissaient pas les critères constitutionnels ? Qui a fait en sorte que tous les candidats disposent des mêmes temps de parole et des mêmes moyens ? Il me semble que j’ai toujours agi comme un véritable homme politique, soucieux du bien-être de ses concitoyens, soucieux de laisser le débat démocratique s’installer, à l’écoute des autres. Loin, très loin de ces technocrates sans âme et sans structure morale qui constituent désormais le personnel politique de votre Ve République. Pour revenir aux grandes manoeuvres d’étouffement économique, en 2011, j’ai décidé de couper les ponts avec le siège de la BCEAO, à Dakar. La technique du boa constrictor pour nous étouffer était mise en oeuvre par le patron du Trésor à Paris. [Rémy Rioux, sous-directeur aux Affaires internationales, et représentant de la France au sein de la BCEAO.]

Politicomag continue de feuilleter pour vous le livre "Pour la vérité et la justice" co-écrit par l’ex-président Laurent Gbagbo et le journaliste français François Mattei. En accord avec l’éditeur, PoliticoMag.com propose ce jeudi plusieurs extraits des chapitres-clés du livre "Pour la vérité et la justice - Côte d’Ivoire : Révélations sur un scandale français", de Laurent Gbagbo et François Mattei. Et comme le rappelle en ouverture de l’ouvrage, le texte en gras est celui de Laurent Gbagbo.

Extrait du chapitre n°15 : « Les Ouattara, ce n’est pas un couple, c’est une entreprise »

(...) Les médias n’écrivent pas l’histoire, ils n’en ont ni les moyens, ni le temps, ni la vocation. En France, peu de médias audiovisuels auront déserté l’autoroute de la pensée unique, sécrétée en haut lieu par l’Élysée de Nicolas Sarkozy. L’implication du président français a été plus marquante que celle de Jacques Chirac dans ses démêlés avec Gbagbo, entre 2000 et 2007. Question de style. Son engagement a été aussi plus personnel : l’amitié qui lie Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy date de plus de vingt ans.

(...) Le 24 août 1991, Alassane Ouattara épouse Dominique, veuve Folloroux, à la mairie du 16e arrondissement de Paris. « Martin Bouygues était au premier rang, se souvient Glaser, qui a assisté à la cérémonie. » Mais ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a uni les époux Ouattara. « C’est du grand n’importe quoi cette rumeur ! » dit Antoine Glaser. Contrairement aux rumeurs persistantes qui circulent notamment sur le Web, c’est un adjoint au maire de l’arrondissement qui les a mariés. » « C’est à partir de ce mariage, raconte Le Post, que Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara vont cultiver leur relation sur fond de business et de politique. Via Martin Bouygues, Nicolas et Cécilia Sarkozy deviennent proches du couple Ouattara. »

L’épouse de Ouattara, Française née en Algérie, continue Le Post, devient une amie commune de Martin Bouygues et du couple Sarkozy. Elle se révèle être une femme d’affaires très influente. Elle a bâti sa fortune en gérant le patrimoine immobilier, substantiel, de Félix Houphouët-Boigny. Il est vrai que le premier président de la Côte d’Ivoire, dont la fortune s’élevait à la fin de sa vie entre 7 et 11 milliards de dollars, l’aimait beaucoup. De notoriété publique, ils étaient intimes. Un ancien collaborateur très proche de Houphouët se souvient des parties de flipper qui occupaient cer- tains de ses après-midi au café du coin quand il attendait le vieux président, en visite chez Dominique dans l’appartement qu’elle possédait avenue Victor-Hugo. Ouattara étant devenu Premier ministre, grâce à elle, le jeune couple a fondé son succès financier sur la fortune de l’ancien Président. Lui côté cuisine, elle côté jardin. Jusqu’à la mort du « Vieux », en décembre 1993. Houphouët disparut sans que l’on puisse trouver de testament écrit.

Arrivée en 1975 en Côte d’Ivoire, Dominique Folloroux occupa d’abord des emplois modestes, au bar l’Ascott, puis comme secrétaire à l’ambassade du Canada. Sa farouche détermination à s’en sortir, son charme, ses cheveux d’un blond éclatant, lui attirent très vite l’attention des hommes de pouvoir. Elle crée et développe sa société immobilière AICI (Agence immobilière de la Côte d’Ivoire) dès 1979, grâce à l’appui d’Abdoulaye Fadiga, gou- verneur de la BCEAO, qui devient, lui aussi, un ami intime. Elle récupère les biens immobiliers dont Houphouët-Boigny lui avait confié la charge, à une époque où il n’y avait aucune différence entre la caisse de l’État et la poche du chef de l’État. Elle gère ensuite le portefeuille d’Omar Bongo. Le défunt président gabonais lui confie la gestion de ses « biens mal acquis ». (...)

Le patrimoine d’Alassane Ouattara, et l’énigme de l’origine de l’immense fortune de Dominique restent donc un sujet tabou, qui ne passionne pas les foules. La grande presse ne s’en préoccupe pas. Citant un « ancien conseiller Afrique de l’Élysée » dans le livre Reines d’Afrique : le roman vrai des Premières dames : « [...] il se peut que Dominique ait mis la main sur une partie du grisbi d’Houphouët. C’est du moins ce qu’affirment certains héritiers qui se disent spoliés. » Il est vrai que, en 1993, à la mort de Houphouët, on ne parlait pas encore de biens mal acquis. Seule une biogra- phie complète de Dominique et Alassane Ouattara pourrait démêler les fils dorés tissant leur histoire commune, et dire l’origine de leur fortune et de leur success-story. Les éléments qui existent permettent cependant d’en dessiner quelques contours.

Sur les liaisons prêtées à Dominique Nouvion-Folloroux après le décès de son mari, on a tout dit. Elle a tout nié. Que la jeune veuve blonde se soit retrouvée propulsée à la tête d’une affaire immobilière dotée du patrimoine du chef de l’État n’étonnait pas les proches du président ivoirien. Selon Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de l’Élysée, Houphouët fut très affecté quand Dominique jeta son dévolu sur Alassane Ouattara, puis l’épousa : « Jacques Chirac l’a vu pleurer. [...] De là vient sans doute la méfiance que lui inspira toujours Ouattara, tenu pour celui qui a piqué la femme d’Houphouët. » Dominique Ouattara jure que ces ragots « l’ont tuée », et qu’elle « aimait beaucoup Houphouët », qui la considérait comme « sa fille ».

Avec habileté, les Ouattara sauront se faire des amis utiles : de Michel Camdessus, directeur général du FMI pendant quinze ans, à Martin Bouygues, ou George Soros, célèbre milliardaire et spéculateur : Dominique Ouattara m’a dit elle-même que c’était un de leurs amis proches. Le statut de haut fonctionnaire du Fonds monétaire international d’Alassane Ouattara lui permet de dis- poser d’un cercle d’amis puissants, optimisé par le travail intense de relations publiques de Madame. Cette alchimie donne au couple tous les atouts. Dominique Ouattara communique beaucoup à travers sa fondation Children of Africa, dont la marraine, la princesse Ira von Fürstenberg, et les invités, tous bénévoles, prétend la fondation, comme par exemple Alain Delon, Adriana Karembeu ou MC Solaar, se sont déplacés jusqu’à Abidjan, pour un dîner de charité, le 24 février 2012 à l’Hôtel Ivoire. Le 14 mars 2014, on s’éclate encore à Abidjan. « Maman Dominique », comme l’appelle un article du Figaro daté du vendredi 21 mars 2014, a fait venir un nouveau charter de célébrités, pour un gala de bienfaisance. Il s’agit cette fois de financer la construction d’un hôpital pour enfants de cent quinze lits, à Bingerville, à dix-huit kilomètres d’Abidjan. (...)

Tous les connaisseurs s’accordent à reconnaître à Dominique Ouattara un rôle central dans l’ascension de son mari, et dans son accession au pouvoir, obtenant la nomination de ce dernier à la direction de BCEAO, puis à la Primature. Elle contribue à lui construire un glamour propre à lui attirer toutes les sympathies, qu’elle véhicule dans les médias français. Son continuel travail de relations publiques donne au début de règne de son époux en Côte d’Ivoire un ton très international, bien qu’un peu clinquant. Par ailleurs, classée parmi les vingt-cinq business women les plus influentes du continent par le magazine Jeune Afrique en 2013, l’actuelle Première dame a fondé un groupe très puissant de salons de coiffure, et produits aux États-Unis, géré sous licence de la marque Dessange. Sa sœur, sa fille, son fils sont dans les affaires familiales. Rappelons que Loïc Folloroux fut aussi direc- teur Afrique du groupe anglo-saxon Armajaro, spécialisé dans le commerce du cacao, jusqu’à fin 2013. À ce titre, il eût son mot à dire lors de la nouvelle répartition des bénéfices du cacao à la chute du président Gbagbo. Quant à Ibrahima, véritable sosie de son frère Alassane (d’où son surnom de « Photocopie »), il s’apparente à une sorte de président bis, affecté à la gestion des budgets, et à leur répartition. Les Ouattara, ce n’est pas un couple, c’est une entreprise, commente Gbagbo avec un sourire.

Dominique Ouattara, comme son mari, manie assez bien un langage très policé aux accents de vérité. Un discours qui dit à peu près le contraire des réalités qu’il véhicule. Elle affirme, par exemple, avoir consenti à un grand sacrifice en abandonnant ses affaires dès qu’elle est devenue Première dame. La confusion des genres, très peu pour elle ! Il faut naturellement relativiser son « sacrifice », en précisant qu’à travers quelques inconditionnels et historiques collaborateurs, et surtout les membres de sa famille, elle reste au centre d’un dispositif tentaculaire, qu’elle peut sur- veiller de son cabinet de Première dame, où elle dispose d’une quarantaine de collaborateurs.

Avec Elisabeth Gandon, fidèle entre les fidèles cumulant désormais la direction de Malesherbes Gestion – un bureau de syndic d’immeubles de 250 portefeuilles à ce jour –, celle de l’agence immobilière AICI (avec Nathalie Folloroux-Bejani, fille aînée de la patronne) et figure au conseil d’administration de Children Of Africa, on voit que Dominique n’est jamais loin. Les vases communicants entre les diverses composantes de la galaxie sont assurés. Son fils Loïc ayant quitté le business du cacao, il s’occupe maintenant de diriger le réseau de Radio Nostalgie en Afrique, autre propriété de sa mère. Sa sœur Nathalie, en plus de ses fonctions dans l’immobilier, le seconde.

Quant au gendre de Ouattara, Benedict Senger époux de Fanta Catherine Ouattara-Senger (fille d’Ado), il s’est vu attribuer par gré à gré en 2013 une série de contrats de contrôle des douanes, ports et aéroports, avec sa société Webb Fontaine. Une société enregistrée à Dubaï, avec siège social à Genève. En mars 2014, une mission du FMI en Côte d’Ivoire a pointé du doigt la gestion de cette société et les impor- tantes pertes de recettes qu’elle aurait engendrées pour l’État : 46,36 milliards de francs CFA (70 millions d’euros) manqueraient à l’appel dans les prévisions comptables de la douane ivoirienne.

« Dans la famille Nouvian, les frères [...] Patrick est médecin généraliste à Hyères [Var]. Marc, cinquante-trois ans, a fondé en 2012 [un an après l’élection de son beau-frère Ado à la présidence !] la Sonecei, société de négoce international spécialisé dans le commerce de fèves de cacao (dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial) avec sa sœur Noëlle. Quant à Philippe, quin- quagénaire lui aussi, il a certes quitté la direction de la filiale gabonaise d’AICI, mais préside aux destinées du cabinet Gecmo, rompu aux secrets de ma maîtrise d’ouvrage, de la gestion immobi- lière. C’est à lui qu’échurent notamment le pilotage de l’appel d’offres de l’hôpital de Bingerville, si cher à son aînée, ainsi que le suivi des travaux de rénovation de la présidence. » De la charité au business familial, la boucle est bouclée. Honni soit qui mal y pense... (...)

François Loncle, ancien ministre socialiste, député de l’Eure, s’est exprimé sur les « manœuvres » qui ont contribué à semer le trouble au sein du Parti socialiste sur le dossier de la Côte d’Ivoire, et l’ont fait basculer contre Laurent Gbagbo. Un autre aspect de l’action des Ouattara avant son arrivée au pouvoir. Selon lui, le lobbying intense de Dominique Ouattara, « parvenue à ses fins grâce à sa fortune colossale », dit-il dans une série d’entretiens enregistrée et diffusée sur Internet par la documentariste Nico- letta Fagiolo, aura fait la différence.

François Loncle mentionne le nom de socialistes pro-Ouattara notoires. Par exemple, l’actuel ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, ou Dominique Strauss-Kahn. Ces réseaux amicaux qu’on su tisser les Ouattara expliquent peut-être les refus réitérés, opposés aux tentatives de constitution d’une commission d’enquête sur les agissements de la France en Côte d’Ivoire proposée par le communiste Alain Bocquet. Ou bien encore Jean- Marc Ayrault. Il s’agissait alors d’éclaircir le rôle de la France et de son armée dans le coup d’État lancé contre Gbagbo en sep- tembre 2002. Ne rêvons pas : la transparence dans les relations entre la France et l’Afrique est encore une vue de l’esprit.

« Sarkozy a surtout connu Ouattara en 1993 au moment de la dévaluation du franc CFA », raconte Antoine Glaser. Le chef du gouvernement ivoirien a en effet aidé le Premier ministre français dans cette opération. Ouattara a alors dû traiter avec le ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy.

« En 1997, Nicolas Sarkozy effectue son premier voyage en Côte d’Ivoire. Il y accompagne Martin Bouygues en tant qu’avocat d’affaires pour rencontrer à Abidjan Henri Konan Bédié [président ivoirien de 1993 à 1999] et défendre les contrats noués par son ami dans le pays, témoigne Gilles Labarthe. Ouattara est alors un ami personnel de Sarkozy. Il a intégré ses cercles familiaux et il est possible qu’ils se soient vus lors de cette visite plus économique que politique. »

Ensuite, entre Ouattara et Sarkozy, les liens deviendront de plus en plus étroits. « Quand Sarkozy était ministre de l’Intérieur, avec Cécilia, ils ont reçu le couple Ouattara à plusieurs reprises, précise Antoine Glaser. Et depuis qu’il est devenu président en 2007, Ouattara est passé prendre l’apéro à l’Élysée au moins quatre ou cinq fois », affirme encore le journaliste.

En août 2011, le président Sarkozy se repose dans la villa appartenant à la famille de sa nouvelle épouse, Carla Bruni, au Cap Nègre sur la Côte d’Azur. Il fait une exception à leur isole- ment estival pour le couple Ouattara, qui est reçu à dîner. Le 25 janvier 2012, le président Ouattara est invité en visite d’État en France. Toute la pompe républicaine lui est réservé : la garde républicaine à cheval accompagne le couple de son arrivée aux Invalides, après un transport par hélicoptère depuis l’aéroport, jusqu’à son hôtel. Pour le Nouvel An 2013, c’est au tour de Nicolas et Carla Sarkozy d’être reçus, en privé, par les Ouattara dans leur splendide propriété de bord de mer, à Assinie, un petit paradis situé quelques dizaines de kilomètres à l’Est d’Abidjan. Cette intimité ne s’est jamais démentie, même dans les mauvais moments. Sous le choc de sa défaite électorale du 6 mai 2012, Sarkozy voit un seul chef d’État accourir à l’Élysée pour le réconforter : Alassane Ouattara. D’après Alpha Condé, le président de Guinée-Conakry, Ado n’a tout de même pas fait le voyage pour rien... Condé s’indigne de n’avoir toujours pas reçu les 5 millions d’euros que la France lui a promis. Alors que, affirme-t-il dans le magazine Challenge, Alassane Ouattara « qui a rendu une visite privée à Sarkozy au lendemain de sa défaite, serait reparti avec 150 millions ». Le président guinéen ne sera démenti par personne.

De la même façon, les deux hommes laissent libre cours aux déclarations incendiaires d’El Hadj Abou Cissé, régulièrement reproduites par la presse ivoirienne. Dans son pays, cet homme intenable a la réputation de tout savoir de l’intimité de Ouattara. Comme il l’a souvent raconté, tel le griot de la saga Ado, il est son oncle, non par le sang, mais « à l’africaine ». Sa sœur, Nabintou Cissé, mariée à un Burkinabé – l’oncle biologique de Ouattara – vivait à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, et elle se serait vue confier le petit Alassane Dramane lorsqu’il était devenu orphelin de mère. D’après lui, Il serait venu au monde, dans le village de Sindou, au Burkina, en décembre 1941 – et non à Dimbokro, ou à Kong, en Côte d’Ivoire, comme il est porté sur un second acte de naissance, falsifié pour les besoins de l’élection de 1995 – où il a été élevé jusqu’à ce que son père vienne le récupérer, à l’âge de six ans. Ce qui expliquerait qu’il n’y ait pas trace de la jeunesse de Ouattara en Côte d’Ivoire, puisqu’il a suivi sa scolarité et ses études à Ouagadougou, au Burkina, puis, grâce à une bourse, aux États-Unis, ainsi que ses débuts professionnels, sous nationalité burkinabé, loin de la Côte d’Ivoire. « Tout Ivoirien fait en permanence référence à son village, y retourne souvent, et y construit sa maison », disent les adversaires de Ouattara. « Lui ne le fait pas, parce qu’il ne le peut pas. »

(...) Déchaîné depuis le transfert de Gbagbo à La Haye, qu’il trouve honteux, il ne cesse d’attaquer publiquement celui qu’il appelle « le mendiant d’Abidjan ». Laurent Gbagbo connaît depuis long- temps Abou Cissé, sans l’avoir jamais fréquenté.

[Laurent Gbagbo] Je ne crois pas qu’un autre aurait agi avec autant de brutalité. Sarkozy, c’est quelqu’un qui n’a pas de recul sur les événements. Je me souviens d’une interview que j’ai donnée au journal Le Figaro, le 27 janvier 2011 en pleine crise post-électorale. Il m’a téléphoné le lendemain, très énervé, comme si je m’étais adressé directement à lui, pour me répondre... Si j’avais voulu lui parler, je l’aurais fait. Ce n’était pas mon intention, mais il ramène tout à lui. J’avais le sentiment qu’il traitait tout ce qui concernait la Côte d’Ivoire comme une affaire personnelle, privée...

Il était l’ami de Ouattara, et il ne m’aimait pas, je l’ai toujours su. Je lui avais fait l’affront de ne pas accepter son invitation au sommet France-Afrique de juin 2010 à Nice, et aux festivités du 14 Juillet « pour fêter le cinquantenaire des indépendances » (quelles indépendances ?) africaines, avec défilé des troupes africaines sur les Champs-Élysées. Je suis le seul président africain qui manquait à l’appel. Il s’est vexé. C’est qu’il ne prend pas le temps de réfléchir. J’avais mes raisons : comment se fait-il que soient invitées des troupes ivoiriennes et un président qui sont accusés par les Autorités françaises d’avoir à Bouaké, en novembre 2004, provoqué la mort de neuf soldats français dans un bombardement. Qu’on m’explique ! L’armée française, elle, a massacré des dizaines de manifestants civils dans les heures qui ont suivi dans les rues d’Abidjan. Nous avions donc à avoir quelques discussions, et à faire quelques mises au point, avant d’aller parader à Paris. L’incohérence de Sarkozy m’a étonné. C’était une raison supplémentaire d’avoir ma peau.

 

Laurent Gbagbo et François Mattéi, Pour la vérité et la justice, p. 232 et suite.

 

Source: AEUD.INFO

vendredi, 12 juin 2015

FRANC CFA: UN MINISTRE TOGOLAIS SUR LA SELLETTE

MINISTRE TOGOLAIS SUR LA SELLETTE. FCFA.jpg

 

L’affaire fait grand bruit dans les sphères économiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : un ministre togolais est en pleine tourmente pour avoir mis en cause la conduite de la politique monétaire dans la zone CFA.

Le ministre togolais chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques conservera-t-il son poste dans le nouveau gouvernement que doit former Komi Sélom Klassou, après la polémique suscitée par sa critique de la politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ?

Agrégé en économie formé à l’université Lyon-II, Kako Nubukpo a été macroéconomiste et chef de service au siège de la BCEAO à Dakar (Sénégal) entre 2000 et 2003, il a été nommé en octobre 2013 au sein du gouvernement togolais pour suivre et évaluer l’ensemble des politiques publiques du pays. Au cours de conférences publiques sur l’économie tenues à Lomé (Togo) en février et mars 2015, le ministre a suggéré que de nouvelles mesures soient prises pour favoriser la croissance dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Dans son viseur : les réserves de change que déposent les deux banques centrales BCEAO et BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) auprès du Trésor public français pour assurer la parité du franc CFA avec l’euro.

La règle voudrait que ces réserves de change puissent couvrir au moins 20 % de l’émission monétaire effectuée par les deux banques centrales. Mais, souligne le ministre, « dans les faits, le taux de couverture avoisine 100 % depuis des années ». D’où la nécessité, selon lui, de puiser dans cette marge de 80 % pour accorder des crédits aux petites et moyennes entreprises.  Si une telle solution était adoptée, estime Kako Nubukpo, les pays de la région pourraient connaître une croissance économique annuelle supérieure à 10 %.

Réactions 

Des documents internes à la BCEAO, qui ont fuité dans les médias, révèlent les remous suscités au sein de l’institution par les sorties du ministre togolais. Une note rédigée par Kossi Tenou,  directeur national pour le Togo de la BCEAO a ainsi porté à la connaissance du gouverneur de cette institution, l’Ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, « les critiques formulées par Kako Nubukpo à l’encontre de la BCEAO ».

Des observations inscrites en annexes par des chefs de services indiquent qu’il « s’agit d’un acharnement sur la politique monétaire plutôt que de contributions pour l’amélioration des politiques publiques de l’État ». L’un d’eux a souhaité que le ministre soit rappelé « à l’ordre pour éviter à l’avenir qu’il continue de formuler des critiques qui n’ont aucun lien avec les objectifs poursuivis lors des colloques au cours desquels il intervient ».

Positions

Les propositions du ministre togolais rejoignent pourtant des positions adoptées par plusieurs acteurs de la finance africaine, à l’instar de Jean-Louis Ekra, président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui a émis le souhait qu’une partie des réserves des banques centrales africaines soit mobilisée pour accompagner les économies du continent.

L’économiste bissau-guinéen Paulo Gomes a lui aussi plaidé en faveur d’un changement de politique monétaire au sein de la zone Uemoa. Le « Fonds Afrique 50 » de la Banque africaine de développement (BAD), qui a démarré en 2014, recommande également la mobilisation d’une partie des réserves de change des banques centrales pour financer les infrastructures sur le continent.

Le président Faure Gnassingbé cèdera-t-il aux pressions en limogeant son ministre de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques ? Réponse dans quelques jours avec la publication de la nouvelle équipe gouvernementale au Togo.

 

Source: JEUNE AFRIQUE

mercredi, 03 juin 2015

GBAGBO A EU SES 70 ANS: LE VIBRANT HOMMAGE DE CHARLES BLE GOUDE

 

LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE.jpg

 

Gbagbo a eu ses 70 ans, dimanche 31 Mai 2015 à La Haye.

Le vibrant hommage de Blé Goudé à Gbagbo.

(…en politique, il n’existe pas de victoire ou d’échec définitif : tout est mouvement !)

 

Les partisans du président Laurent Gbagbo, à la faveur de ses 70 ans qu’il vient d’avoir depuis la prison de La Haye, ce 31 mai, lui ont rendu un hommage mérité pour ses actions en faveur de la démocratie en Côte d’Ivoire et en Afrique. Son voisin de cellule Charles Blé Goudé, qui partage son quotidien, n’est pas resté en marge de cette dynamique. Dans une adresse dont Le Nouveau Courrier a reçu copie, il a magnifié une icône dont la jeunesse africaine s’inspire du combat.

 

Excellence Monsieur le président,

Aujourd’hui dimanche 31 mai 2015,vous célébrez la soixante-dixième année de votre passage sur la terre des Hommes. Voici encore un autre 31 mai que vous célébrez entre quatre murs pour la quatrième fois consécutive depuis le 11 avril 2011, loin des personnes qui vous sont chères et pour qui vous comptez. Un passage sur terre plein de peines, de douleurs et de privations. Mais un passage surtout plein de valeurs, d’expériences et d’enseignements. Aux coups durs de la vie, vous avez survécu au point que le nom Gbagbo Laurent se confond désormais avec l’histoire de la Côte d’Ivoire et celle de l’Afrique. N’en déplaise aux myopes politiques qui se contentent de regarder sans jamais voir ! Plus des trois quarts des 70 années que vous fêtez aujourd’hui ont été consacrées au combat pour les libertés et la justice sociale. Pour sauver la vie de vos concitoyens, vous avez sacrifié votre vie. Même certaines formations politiques qui vous jettent aujourd’hui l’anathème vous doivent leur naissance et leur survie face à la répression et autres persécutions auxquelles les soumettaient leurs nouveaux alliés d’aujourd’hui. Ainsi va la vie ! Ce n’est donc pas faux quand un soir vous m’aviez dit :

«Saches jeune homme qu’un leader ne peut pleinement être heureux en sachant que tant d’hommes sont dans le malheur sans qu’il puisse se soucier de ne rien faire pour les aider. Le leader doit se réveiller à des heures qui ne lui conviennent pas, parler à des gens qui ne lui apportent rien, consentir des sacrifices sans rien attendre en retour.»

Mais le conseil qui m’a le plus fait réfléchir toute une nuit reste à jamais cette phrase que vous m’avez lancée à la fin d’une journée où vous m’aviez fait l’honneur de me raconter les pires humiliations que vous ont fait subir vos geôliers pendant votre détention à Korhogo. Face à mes larmes que je n’ai pas pu retenir ce jour, juste avant que les gardes nous enferment chacun dans sa cellule, me tapotant sur l’épaule en guise de consolation, vous m’avez dit :

«Le plus jeune, tu veux cuire du pain ? Alors n’oublie jamais que dans un four ouvert, le pain ne cuit jamais

prison de la haye,gbagbo a eu ses 70 ans: le vibrant hommage de blé goudé,gbagbo a eu ses 70 ans,dimanche 31 mai 2015 à la haye,le vibrant hommage de blé goudé à gbagbo

Toute la nuit durant, je me suis posé toutes les questions existentielles que beaucoup de personnes dans ma situation ont dû se poser avant moi depuis la nuit des temps ou doivent certainement continuer à se poser. Au regard des largesses et de la générosité dont vous avez fait montre en faveur de vos opposants d’hier devenus vos bourreaux d’aujourd’hui, dois-je continuer de croire que l’on récolte ce que l’on a semé ? Président, avez-vous vraiment semé toute cette méchanceté dont vous êtes aujourd’hui victime ? Tout comme les plans les mieux conçus ne sont jamais a l’abri d’une faille que peut commettre un simple mortel contre les caprices de la nature, trop d’eau, un peu d’eau ou pas assez et vous passez du malheur au bonheur ou vice versa. Le rôle de l’homme dans la  semence a-t-il vraiment un impact sur la qualité de la moisson ? Même s’il est vrai que la nature n’est pas encore parvenue à transformer les grains de gombo que vous avez semés en tige de tomate, est on bien certain de récolter un jour du gombo parce que l’on a semé du gombo ? Président, perdu dans ces réflexions drôlement philosophiques qui n’ont pour but en fin de compte que d’apporter plus de mélancolie dans cette triste existence carcérale, j’étais impatient qu’il fessât jour pour vous retrouver afin de m’abreuver à cette source intarissable de connaissances dont vous êtes le détenteur exclusif.

Le matin venu, comme réponse aux questionnements qui ont occupé la place de mon sommeil toute la nuit, vous m’avez, sourire aux lèvres, dit de considérer qu’il nous arrive des moments où la vie ressemble souvent à un arbre qui se vide sa sève. Pendant ces moments où la réalité et nos convictions se livrent un véritable combat, les difficultés nous plongent dans la tentation d’emprunter des raccourcis pour échapper aux responsabilités de l’histoire. Mais la conscience que nous avons de nos devoirs nous oblige à puiser en nous-mêmes pour venir à bout de ces obstacles afin de faire aboutir nos objectifs de départ.

Pour finir, vous m’avez dit que le monde s’apprête à faire le deuil d’une époque. Ainsi, les derniers coups de griffes d’une panthère agonisante faisant très mal, nous devons tenir. Alors que la justice burkinabé vient d’ouvrir le dossier sur l’assassinat de Thomas Sankara, l’ex président Blaise Compaoré se trouve en exil en Côte d’Ivoire. En Egypte, alors que l’ex Président Moubarak et sa famille sortent de prison, Mohamed Morsi vient d’être condamné à vie. Eh bien, Président, vous n’avez pas du tout tort ! Un simple regard sur les récents évènements sur notre continent suffit à conclure qu’en politique, il n’existe pas de victoire ou d’échec définitif : tout est mouvement !

Merci président !

Merci pour nous !

Merci pour les peuples de Côte d’Ivoire et d’Afrique !

 Merci pour toute cette jeunesse africaine qui partout sur le continent est aujourd’hui en lutte, s’inspirant de votre combat !

 Vous êtes certes entre quatre murs, mais monsieur le président, vos idées planent sur toute l’Afrique et se sont enracinées en chaque jeune Africain. De vous, nous sommes et nous resterons toujours fiers. Cet autre icône et combattant de la liberté, fierté à vie de l’Afrique, Nelson Rolihlahla Mandela a eu raison de dire que « les chaînes du corps sont les ailes de l’esprit ».

Joyeux anniversaire, président !

Joyeux anniversaire papa !

 

Fait à La Haye,le 31 Mai 2015

 

Votre voisin de cellule

Charles Blé Goudé

Président fondateur du COJEP

(In Le Nouveau Courrier N° 1284 du 1er juin 2015)

vendredi, 27 mars 2015

CRISE IVOIRIENNE - GILDAS LE LIDEC: UN TEMOIGNAGE ACCABLANT POUR LA FRANCE ET L'OCCIDENT

 

GILDAS LE LIDEC.jpg

 

Interview de Gildas LE LIDEC ambassadeur de CI 2002-2005 par Nicoletta Fagiolo mise en ligne le 27 février 2015 sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=LJLI01pOETI

Avant même de vous inviter à écouter ce témoignage accablant pour les dirigeants français et occidentaux ou à la lire (elle est en grande partie retranscrite ci-dessous), nous exigeons que Gildas LE LIDEC soit cité comme témoin à décharge dans le procès pendant de Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE ainsi que dans les procès politiques de toutes les personnalités jugées pour leurs responsabilités prétendues dans la crise post-électorale tandis que les vrais bourreaux du peuple ivoirien eux continuent de sévir aux responsabilités en toute impunité . Et qu'on ne vienne pas nous parler d'immunité diplomatique ou autres paravents des crimes d'Etat car c'est bien de crimes contre l'Humanité dont il est question. Vous savez ces crimes que la Cour Politique Internationale avait vocation à connaître afin que les coupables soient punis par une justice internationale équitable et universellement reconnue... Mais c'était avant que cette institution porteuse d'espoir sur le papier ne devienne le bras judiciaire de l'Ordre des Nantis Unis qui nous dirigent et spolient les peuples de leur droit à disposer d'eux-mêmes.

Dans cette incroyable vidéo d'un ambassadeur décomplexé de la Françafrique qui a néamnmoins le courage de reconnaître tout haut ce que toutes les instances décisionnaires complices de l'installation par les armes de OUATTARA passent leur temps à occulter quitte à se débarrasser par tous les moyens des témoins gênants :

- On redécouvre que SORO est connu comme un violent, sanguin qui dès 2003 proposait de se débarrasser physiquement de GBAGBO via un coup d'état militaire qu'il proposait de faire avec la FRANCE qui devait lui livrer les armes pour se "débarrasser" de GBAGBO. On reconnaît tout le mépris à peine voilé des dirigeants occidentaux fussent-ils des amis prétendus de l'Afrique : « Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…» ;

- Gildas LE LIDEC, ambassadeur français en CI de 2002 à 2005 reconnaît également les massacres de novembre 2004 qu'il justifie d'une phrase incroyablement anachronique et impérialiste : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN ». Il admet que la FRANCE a fait tuer ses propres soldats à BOUAKE pour justifier l'anéantissement de la flotte aérienne du régime légal de Laurent GBAGBO.
« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français … Ca c’est quand même osé !" ;

-Gildas LE LIDEC réitère très clairement que la FRANCE et la Communauté Internationale ont tout fait pour installer OUATTARA par la force au pouvoir ;

- Il considère que si GBAGBO est en prison à LA HAYE, alors tous les dirigeants africains devraient y être ainsi que SARKOZY !

C'est vous dire la portée des aveux d'un ancien ambassadeur de Côte d'Ivoire qui croit tellement à l'impunité de la FRANCE en particulier et de l'OCCIDENT en général dans le pillage de l'hémisphère sud et la négation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qu'il peut se permettre de tout dire y compris qu'en 2004 la FRANCE a tiré sur une foule au mains nues après avoir assassiné des soldats français ! Quand on a contribué à un tel niveau à renverser un régime certes imparfait mais démocratique pour installer un régime illégitime et démocratique, on n'a pas seulement le devoir de parler, on a celui de réparer le préjudice que l'on a causé à autrui et si ce n'est d'y parvenir, au moins d'essayer !


 

RETRANSCRIPTION QUASI INTEGRALE :


"La Force Licorne est arrivée en CI sans que l’ambassadeur en soit informé. Protection de OUATTARA pour sa sécurité… A quel titre ?"

« Mettez une camionnette et des munitions. Vous me dites juste l’endroit et on se charge du reste » Guillaume SORO ;

« Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…»

Parlant de Pierre MAZEAUD, « il était tombé amoureux de SORO ; il était très proche de SORO »

Sur les rebelles et la crainte qu’ils inspiraient. « Moi j’ai accompagné, j’ai été très ambassadeur de terrain et grâce d’ailleurs aux Généraux, grâce aussi bien à Emmanuel Beth, à Joana qu’à Poncet j’ai pu me rendre avec les généraux français dans les territoire sous rébellion. Je dois vous avouer que j’ai vu des gens, des COMFOR comme ils appellent ça qui étaient totalement hirsutes avec des grigris dans le nez,… Et j’étais très très très content d’être protégé par les forces spéciales françaises, parce que j’ai eu peur. Alors dire que ces gens là appartiennent maintenant à la force républicaine de CI, il aurait fallu qu’ils se transforment considérablement et qu’ils aillent à l’Université pour apprendre ne serait-ce qu’à lire »

Pour justifier le bombardement de la foule et la fusillade de l’Hôtel Ivoire de novembre 2004 : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN »

« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français »… Ca c’est quand même osé !

Gildas LE LIDEC parle de chars en position de guerre, c’est-à-dire l’opercule ouverte au niveau du canon devant la résidence présidentielle, vingtaine ou trentaine de chars (commandés par DESTREMEAU) dont il ne comprend pas la présence à cet endroit rue du bélier tout prêt de la Résidence présidentielle.

« Le lendemain, ils montaient le piège, c’est-à-dire recommencer Tian’anmen. »

« Je suis d’accord un petit peu avec ce que les gens disent. La presse a certainement joué un rôle pro-OUATTARA. Mais déjà dans l’esprit des dirigeants français, on était pro-OUATTARA. Parce que OUATTARA présentait mieux que GBAGBO. D’abord il avait été fonctionnaire international. Il parlait bien anglais. Il connaissait bien SARKOZY. OUATTARA était un peu programmé. Pas pour CHIRAC. Il n’aimait pas OUATTARA. Pour CHIRAC la CI s’était arrêtée à FHB. CHIRAC n’est pas dans le complot pro-OUATTARA parce qu’il se méfiait tout autant de OUATTARA que de GBAGBO. Mais SARKOZY, ça ne fait aucun doute.

SARKOZY était totalement, totalement pro-OUATTARA. […] Certainement les journalistes ont nourri la haine contre GBAGBO et puis ce sentiment pro-OUATTARA, c’est sûr. GBAGBO a fait peur. Et c’est pour cela que je ne comprends pas très franchement : si quelqu’un comme Laurent GBAGBO est à cause de ce qu’il a fait devant la CPI de LA HAYE, à mon avis tous les chefs d’Etat africains doivent y être. Et beaucoup de chefs d’Etat européens. Pourquoi pas mettre SARKOZY compte tenu de beaucoup de choses qui se sont passées ou BERLUSCONI ou… Pourquoi c’est réservé aux Noirs et pas aux Blancs ? GBAGBO fait peur et il n’a pas raison de faire peur. Y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. Pour moi il n’y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. TAYLOR oui. Il est socialiste me dit CHIRAC. Mais monsieur le Président, il est socialiste comme moi je suis Archevêque de CANTURBURRY, un socialiste en Afrique, bon, il est membre de la chaîne des rôtisseurs, du club Air France 2000, ça ne veut rien dire d’être socialiste. Il fait partie de l’Internationale socialiste… L’Internationale socialiste, ça ne veut rien dire. Y a une mésentente… Y’a un énorme quiproquo sur l’image de GBAGBO.

Parce que GBAGBO est un homme extrêmement courtois, extrêmement drôle, extrêmement éduqué qui peut vous faire du charme. Il peut vous faire du charme, vous embarquer… Alors est-ce que c’est la méfiance des gens ? Non le Parti Socialiste français a été très mauvais dans cette affaire-là. Ils se sont totalement trompés. Ils ont eu peur. Le lobby OUATTARA a dû jouer oui. Non il a toujours été occupé à se défendre de la politique intérieure. J’ai rarement discuté avec GBAGBO de problèmes de fond. […] Je n’ai jamais eu en face de moi un chef d’Etat en train de régner. C’était un chef d’Etat en Défense perpétuelle ou en attaque perpétuelle ! En Défense parce qu’il était attaqué, ça c’est sûr.

« Dans cette évolution de la Côte d’Ivoire, vous avez des grands points d’interrogation, des zones d’ombre totale :

- Qu’est-ce qui s’est passé fin septembre 2002 qui fait que Renaud VIGNAL retourne complètement sa veste alors qu’il est le meilleur défenseur de GBAGBO pour être son principal accusateur ? Et à ce moment-là, il vit jour et nuit avec le couple OUATTARA à 60m de GBAGBO… C’est quand même une situation absolument étonnante ;

- Qu’est-ce qui s’est passé réellement avec l’Opération Dignité ? Est-ce que ça a été un échec cuisant pour GBAGBO ? Est-ce que ça a été une victoire avortée ? GBAGBO dit dans son livre qu’il a pris un hélicoptère qu’il est allé demander aux militaires de se calmer. Je n’en crois pas un mot. Je n’ai jamais vu GBAGBO dans un hélicoptère. Il avait peur de l’avion. Il est terrorisé par les avions. […] Et qui a tiré sur les Français ? […] Lors de son dernier repas avec GBAGBO, Gildas LE LIDEC me dit « mais, c’est pas moi. Quel intérêt j’aurais eu de faire ça ? »

Nicoletta interroge Gildas LE LIDEC sur le rôle des Israëliens. Relisez le dernier livre de Pierre Péan conseille Gildas LE LIDEC. D’après lui ça a beaucoup aidé les rebelles. […] « Quand vous voyez Wattao, etc. ces types hirsutes etc., qui aujourd’hui devraient être à LA HAYE. Tous ces gens-là devraient être à LA HAYE. Si on met GBAGBO, il faut mettre tous ces KOMMANFOR, tous ces KOMFOR à qui OUATTARA a donné une totale impunité. Aujourd’hui ils ne sont pas inquiétés. C’est ça qui rend la farce de LA HAYE totalement inutile et totalement scandaleuse, totalement euhhh déséquilibrée. Mais de fait, le nom de OUATTARA avec ce qu’il représente de sérieux, fonctionnaire FMI, bien sur sa personne, etc. a donné un petit peu ses lettres de noblesse aux rebelles. C’est-à-dire se référant à OUATTARA, effectivement, les rebelles ont peut-être été plus facilement acceptés. » « Quand est-ce qu’ils ont fait ce lien ? » demande Nicoletta – « Très vite » répond Gildas LE LIDEC, « à MARCOUSSIS il était presque fait ce lien…Oui oui, il était fait à MARCOUSSIS.

C’est sorti très vite. SORO est sorti comme un fantôme. On ne savait pas d’où il sortait. Il venait de la FESCI SORO. En fait c’est un élève dont GBAGBO a été le Professeur qui est passé ensuite du côté des rebelles, qui est repassé du côté de GBAGBO qui est repassé maintenant du côté de OUATTARA. C’est pour cela que je déteste ce type. C’est un traître. Mais c’est ça. […] Rien n’a changé… Aujourd’hui rien n’a changé. Il y a eu… la CI a perdu 4 ans/5 ans pour rien. La situation est à peu près identique. Il n’y a plus de ligne de confiance mais enfin, il y a une ligne de pauvreté qui est évidente. » Nicoletta rappelle qu’il y a encore au moins 700 prisonniers politiques, le génocide dans l’Ouest. Gildas LE LIDEC répond que c’est pour cela qu’il aime bien les communiqués de victoire de l’Armée française ou du Ministre français de la Défense qui disent « ça y est, nous avons gagné au MALI et nous sommes en train de gagner en République centrafricaine. C’est à hurler de rire. On ne gagne jamais en Afrique… Non, non, on ne gagne jamais et je crois qu’il faut être très modeste et puis laisser les Africains être les vrais acteurs. Quand vous décortiquez effectivement la stratégie française, premièrement nos Diplomates travaillent à l’ONU pour obtenir une résolution qui nous couvre sur le plan international ; deuxièmement, on intervient en disant notre intervention sera de courte durée ; et troisièmement, nous disons que la relève va être prise par les troupes de l’ONU qui vont se mettre en place. Tout le monde sait que les troupes de l’ONU sont incapables et ne peuvent rien faire. Que ces gens qui sont envoyés ne viennent que pour gagner de l’argent. C’est d’ailleurs des gens toujours les mêmes hein du PAKISTAN, du BANGLADESH qui ne sont pas de vrais soldats ; qui se mettent derrière des barbelés et qui ne font rien ; qui ne parlent pas la langue du pays, qui ne s’intéressent pas au pays. Et puis quatrième principe, nous allons former la Nouvelle Armée de CI ou du MALI qui pourra nous remplacer. Donc c’est un espèce de schéma que l’on reproduit. Ca fait 10 ans ou 15 ans . C’est une espèce de schéma que reproduit aussi bien la gauche française que la droite.

 

Retranscription, Christine Tibala.